Jean DELLA FAILLE

Jean DELLA FAILLE

  • Né le 3 juillet 1566 - Anvers, PROVINCE D’ANVERS, Flandre, Belgique
  • Décédé le 14 janvier 1649 (jeudi) - Nevele, 9850, Flandre Orientale, Flandre, BELGIQUE, à l'âge de 82 ans
  • banquier
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Parents

Union(s) et enfant(s)

Frères et sœurs

Demi-frères et demi-sœurs

Événements

3 juillet 1566 :
Naissance - Anvers, PROVINCE D’ANVERS, Flandre, Belgique
11 avril 1614 :
Contrat de mariage (avec Adrienne MAES) - Bruxelles, 1000, Bruxelles Capitale, BELGIQUE
Cause : Me Michel Maurissens
Les futurs époux après avoir signalé le projet de mariage "qu'avec la Grâce de Dieu, ils espèrent célébrer et solemniser en fac de nostre mère la Saincte Eglise catholique, apostolique et romaine" déclarent leurs avoirs. Jean apporte 48000 florins en rentes, terres, meubles, vaisselle et argent comptant, outre sa maison de plaisance et cense de Willebroeck achetée 30000 florins. Martin della Faille signale qu'il a cédé à ses fils, JEan et Georges, la seigneurie, baronnie et terres de NEvèle,plus l'hôtel de Fiennes à Gand avec meubles et vaisselle -- La dontation effective de l'hôtel de Fiennes date du 16 septembre 1610 -- mais il s'en réserve la jouissance, sa vie durant. Ses fils devront ensuite, en contre partie, une rente de 1500 florins au denier et 1600 à leurs soeurs Pascaline et Elisabeth
Adrienne apporte en dot une ferme de 35 bonniers à Hulsele près d'Herenthals, et des rentes. En cas de dissolition du mariage, sans qu'il y ait eu d'enfants, chacune des familles reprendra les biens propres apportés, plus la moitié des acquets. Adrienne avait droit à une douaire de 12000 florins de capital ou 750 florins en rente
12 avril 1614 :
Mariage (avec Adrienne MAES) - Bruxelles-Capitale, Belgique
18 décembre 1648 :
Testament
14 janvier 1649 :
Décès - Nevele, 9850, Flandre Orientale, Flandre, BELGIQUE
Titre : seigneur et baron de Nevele et de Poesele

Notes

Cet enfant a quelques semaines à peine, lorsque le vandalisme des Iconoclastes se déchaîne à travers tout le pays, brisant les statues, les tableaux, les orfévreries précieuses des églises et des monastères. Les sanctuaires d'Anvers sont saccagés, le 20 aoput 1566. La paix et la concorde, si profitables aux marchands anversois, sont bien finies et les premières années de Jean s'écoulent dans un climat d'émeutes, de guerres et de violences.

Jean a 8 ans mais heureusement pour lui, il ne sera plus témoin durant les années suivantes, des luttes fraticides qui ensanglantent sa patrie. A la fin de l'année 1574, avec ses 6 frères et soeurs, il accompagne ses parents à Londres où Martin della Faille va prendre la direction de l'important comptoir commercial qu'y possède Jean le Vieil. La jeunesse des enfants s'écoule apparemment paisible dans la filiale de St Martin's Lane, ou bien, l'été, dans la maison de campagne de Wapping. Ce n'est donc que par oui dire que l'adolescent que devient Jean a pu connaître la mort prématurée de Requesens, la Pacification de Gand, la Furie espagnole à Anvers, le triomphe éphémère du Prince d'Orange, l'arrivée aux Pays Bas de don Juan d'Autriche, la patrie déchirée entre les partis catholiques, orangistes et français, le gouvernement fantoche de l'inconsistant archiduc Mathias, la réconciliation, enfin, des prvinces wallonnes avec le roi à la paix d'Arras
Les choses en sont là lorsque la mort de Jean le Vieil rappelle à Anvers Martin et sa famille, considérablement accrue pendant son séjour en Angleterre, puisqu'elle compte à présent, trize ou quatorze enfants

Jean a donc 17 ans à son retour à Anvers. C'est donc Outre Manche qu'il a dû surtout étudier. Le grand nombre d'ouvrages latins que l'on trouvera pus tard dans sa bibliothèque permet de croire qu'il a pratiqué, de manière approfondie, la langue de Cicéron. Il parlait, en outre, et écrivait parfaitement l'italien et le français et, bien entendu, sa langue maternelle, le flamand. Il s'est aussi, on s'en doute, initié au grand commerce international auquel il va consacrer près de 30 ans de son existence.

Jean poursuit la carrière habituelle de presque tous les jeunes della Faill ; les stages dans les filiales de la firme, comme "glovanni" d'abord, comme facteur ensuite. Jean travaille longtemps en Italie.L'activité de Jean semble avoir été plus bancaire que commerciale. Les opérations financières de Jean n'ont pas l'envergure ni l'importance de celles traitées par son père. Polyglotte, il parle et écrit plusieurs langues. Il n'est pas interdit de croire que Jean a été un marchand consciencieux ùais dépourvu de ce "génie des affaires". Ce génie, son père le possédait à un si haut degré que Jean le Vieil n'avait pas hésité à en faire le chef réel de son entreprise et de sa famille, bien qu'il n'ait pas été l'aîné de ses fils.
Bien sûr, les circonstances politiques du règne des Archiducs ne permettaient plus à un marchand des Pays Bas la même réussite que celle qu'il aurait pu s'assurer sous le règne de Charles Quint. L'Escaut est carrément fermé au commerce maritime, les nombreuses colonies étrangères ont quitté la métropole qui végète le long de ses quais, à présent quasi déserts. Le grand commerce a émigré en Angleterre et dans les Provinces Unies. Seule la banque conserve encore à Anvers une certaine importance.

L'activité de Jean semble avoir été plus bancaire que commerciale. Mais à la différence de son père, qui a été le banquier des Archiducs, des grands seigneurs et des hauts fonctionnaires, les obligés de Jean sont surtout des marchands anversois. Les opérations financières de Jean n'ont donc pas l'envergure ni l'importance de celles traitées par son père

L'essentiel de ses économies de jeune homme, des gains réalisés dans les diverses affaires commerciales auxquelles il a été mélé. Il semble l'avoir investi dans l'acquisition, au début du 17ème siècle, pour la somme de 30 000 florins, d'une maison de plaisance et d'une ferme sise à Willebroeck, où son père possède d'ailleurs de nombreuses terres. Tant avant qu'après son mariage, il y fait chaque année de nombreux séjours qui est vraiment sa résidence de prédilection.

Jean décide de poser sa candidature à l'échevinat d'Anvers. C'est en 1619, ayant déjà, et de loin, dépassé la cinquantaine, qu'il se met sur les rangs. Avec la recommandation du Maregrave et de l'évêque d'Anvers, il présente sa requête aux Archiducs. L'influence du Chef-Président ne dût certes pas être sans rapport avec l'accueil favorable réservé à sa demande. Le 1er mai 1619, il est nommé échevin et confirmé dans cette charge le 1er mai de l'année suivante. Après un hiatus d'un an, le voilà de nouveau échevin le 1er mai 1622, cer en juillet de cette année, la ville lui paye les gages qui lui sont dus.

Attentif à son rôle de chef de famille, Jean est, avec ses frères, exécuteur testame,taire de son frère Daniel. Il est co-tuteur des enfants du défunt et gère leurs biens. Il s'occupe aussi des intérêts de son frère, le prévôt de Cassel

C'est un amateur d'art éclairé et un bibliophile averti. Il achète des scribans et des meubles rares, de beaux tableaux, ces paysages dont un de sa résidence de Willebroeck, ces nombreux portraits qui ornent les murs d'Oydonck et de Willebroeck, à commencer par ceux des Archiducs, les souverains d'hier, ceux du Roi et de la Reine d'Espagne, les souverains d'aujourd'hui.
Il;possède des tapisseries et des tapis dont certains sont "turcs", des nappes de soie posées sur des tables de marbre, des indiennes, des horloges. Les argenteries sont nombreuses et somptueuses, tant celles de table, cuillers, fourchettes, couteaux, plats divers, que celles qui servent à l'ornementation, chandeliers, boîtes de prix, "gevardeerde doosen" et même des objets d'or comme ce "portugalois en or" pesant une once et valant pus de 7 livres, ce chapelet garni de deux médailles ou ce crucifix. L'ensemble de l'argenterie vaut près de 300 livres.
Sa "librairie" est bien fournie pour le temps et formée de livres de prix. Les ouvrages latins sont nombreux et l'on peut croire que Jean aimait les lire.LEs principaux traités religieux du temps se retrouvent sur les rayons. L'histoire a aussi sespréférences. L'histoire ancienne d'abord ; l'histoire moderne ensuite et spécialement celle des Pays Bas, sa patrie. Des ouvrages plus généraux et relatifs aux "Estats, empires et principautés du monde". Quelques livres, peu nombreux d'ailleurs, delittérature d'imagination
Jean est auss iattiré par les sciences exactes. Il possède une dizaine de traités d'architecture et se plait notamment à faire relier un livre sur l'architecture vénitienne, sans doute en souvenir de ses voyages là-bas. Il au aussi des ouvrages de géométrie, d'agriculture, de médeine, de géographie et de droit
Jean était donc certainement un esprit cultivé et sérieux, avide de connaissances historiques et scientifiques et soucieux de spiritualité

A parcouri ses différents registres de comptes, on note la progressivité régulière du budget familial. C'est normal d'ailleurs, puisque les enfants grandissent
On ne peut terminer la lecture de ces registres sans relever l'intérêt avec lequel Jean recueille et note des recettes de cuisine, de ménage ou de médecine domestique. Il nous apprend apprêter le concombre, l'art de faire de la saucisse à la mode de Bologne, de cuire de la viande dans un chaudron de cuivre, comment utiliser des remèdes pour se préserver des maladies de la vessie...

Attentif à son rôle de chef de famille, Jean est, avec ses frères, exécuteur testamentaire de son frère Daniel. Il est co-tuteur des enfants du défunt et gère leurs biens. Il s'occupe aussi des intérêts de son frère, le prévot de Cassel
Après la mort de son frère, Georges ; c'est à dlui qu'incombe la mission de gérer la "Fondation della Faille pour parents pauvres". C'est ainsi qu'il verse à la veuve de Daniel, parce qu'elle s'en occupe, de quoi payer l'entretien du fils simplet de "notre frère Corneille" à Gheel, qu'il donne un secours au curé de St Michel à Gand, pour l'entretien d'un chapelain tombé dans la misère, qu'il accorde un subside à la veuve Creske, pour lui permettre de payer les études de son fils ; qu'il payel'entretien du chapelain Jacques Pinte à l'église St Michel ou les dépenses faites pour enseigner le catéchisle aux enfants de Nevele. Il verse des subsides à ses neveux de Hornes et à un capitiane d'infanterie nommé François Caulier, pour lui permettre d'épouser une jeune fille de la famille, qu'il a séduite.
Il gère ses propres domaines, la seigneurie de Nevele et notamment le beau château d'Oydonck avec ses 85 bonniers de bois, de prés et d'étangs, la warande de Deurle, les seigneuries annexes de Roncheval et d'Estaimpuis, les nombreux fiefs, moulins,rentes féodales qu'elles comportent, sans parler du franc-alleu de Poesele qui constitue une seigneurie distincte, englobée dans celle de Nevele

Jean est le type achevé du seigneur féodal du 17ème siècle vivant entouré du respect de ses nombreux tenanciers et manants

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