Martin DELLA FAILLE

Martin DELLA FAILLE

  • Né en 1544
  • Décédé le 17 février 1620 (lundi)
  • conseiller de l'amirauté des archiducs Albert et Isabelle
Partager : Facebook WhatsApp X E-mail

Parents

Union(s) et enfant(s)

Frères et sœurs

Demi-frères et demi-sœurs

Événements

1544 :
Naissance
31 juillet 1565 :
Contrat de mariage (avec Sybille STECHERS) - Anvers, FLANDRE
devant Me Gilles van den Bossche
8 août 1565 :
Mariage (avec Sybille STECHERS) - Anvers, FLANDRE
17 février 1620 :
Décès
Titre : seigneur de Nevele
Autre événement : Acquisition
Le château d'Oydonck à Bachte Maria Leerne

Notes

Très tôt, son père l’initie, comme ses autres fils d’ailleurs, aux activités commerciales si diverses de son entreprise et, tout enfant, l'envoie faire des stages dans ses filiales à l'étranger. Le jeune Martin et à Venise lorsque son arrière-grand-père Martin de Hane y meurt en 1556. C'est encore un enfant de 11 à 12 ans. On sait par une lettre adressée plus tard par Martin à son beau-frère van der Meulen qu'il a aussi passé 6 ans au comptoir de Hambourg, avant son départ pour Londres à la fin de 1574.
Avant de convoler en justes noces, Martin avait eu une aventure de jeunesse avec une jeune fille appelée Anne Verdonck. Un fils, Corneille, était né de cette liaison et Martin fit largement son devoir à l'égard de cet enfant en s'efforçant de lui créer plus tard une situation enviable dans ses affaires. L'avenir devait montrer qu'il ne s'agissait là que d'une aventure sans conséquences sérieuses pour la vie sentimentale de Martin. Il se montra par la suite un mari exemplaire et, après la mort de sa femme, un veuf irréprochable.
Est-ce à Hambourg qu’il rencontra Sybille Stecher, sa future épouse ? En tout cas, les Stecher faisaient partie de la colonie allemande établie à Anvers à l'époque de la grande prospérité économique de la métropole. Ils y sont cités, à tort ou à raison, comme calvinistes sur les listes du temps.

Les Stecher étaient donc de bonne origine et, certes, d'aussi bonne naissance que les della Faille. Sans doute, étaient-ils moins fortunés, sinon on ne comprendrait pas l'opposition de Jean le Vieil aux projets matrimoniaux de son fils. Il commençapar refuser son consentement, si l’on en croit ce qu'écrit plus tard Jacques Le jeune. Mais le jeune Martin s’obstina et le mariage fut célébré le 29 juillet 1565, en la cathédrale d'Anvers, avec l'accord de Jean le Vieil, enfin obtenu sans nul doute, puisque Martin, toujours mineur, n'aurait pu se marier sans cet accord.

Deux frères de Sybille, Marcus et Joris Stecher, sont employés dans la filiale de la maison della Faille à Londres. Marcus y séjourne deux ans et demi et aurait pris la fuite avec la caisse. Il avait déjà donné lieu à critiques durant un stage antérieur en Espagne, si l'on en croit les frères de Martin. Une sœur de Sybille épouse le facteur de Martin À Londres, Thomas Cottels. Les Stecher apparaissent donc toujours plutôt comme des employés que comme des collaborateurs des della Faille. Cette quasi certaine différence de fortune n'influa pas sur le bonheur du jeune ménage. Ils vécurent unis durant près de 25 ans, jusqu'au décès de Sybille le 8 juin 1589. Ils eurent de très nombreux enfants, une vingtaine environ. Dans une requête datée de 1587, Martin assure qu'il a 17 enfants. Comme il lui en est encore né deux par la suite et il en avait perdu un au moins avant 1587, le chiffre de vingt paraît encore en dessous de la réalité.

La mort inattendue d’Herman Pottey, le facteur de Jean le Vieil à Londres, survenue le 24 octobre 1574, laisse brusquement sans direction l’important comptoir londonien. Jean le Vieil fait choix de son fils Martin pour reprendre la situation en mains et le ménage s’embarque pour l’Angleterre. Ils y résideront huit ans, jusqu’à la mort du vieux marchand, au siège de la filiale, à St Martin’s Lane. L’été, Martin et sa famille se détendent dans une maison de plaisance acquise à Wapping. Les enfants peuvent s’y ébattre plus à l’aise qu’en ville.
Sitôt réinstallé dans l’hôtel familial de la rue des Tanneurs que lui a légué son père, Martin s’applique à reconstituer son foyer un peu dispersé par suite des événements politiques. Il a, en effet, dû laisser pour quelques temps plusieurs de ses enfants à Londres, sous la garde de son beau-frère et belle-sœur, les époux Cottels – Stecher. Il n’a ramené avec lui que deux fils et deux filles. Durant le siège d’Anvers, il garde momentanément les deux garçons près de lui, pendant que Sybille, qui attend un nouvel enfant, s’est retirée avec les deux fillettes à Dordrecht. Ce n’est qu’après la prise d’Anvers par Farnèse que Sybille reviendra rue des Tanneurs avec ses deux filles, son fils Georges qui l’a rejointe dans l’intervalle et le bébé Hester. La naissance de cette enfant en pays protestant avait posé un grave problème de conscience à Sybille. Comment fallait-il la baptiser ?
Elle écrit à son mari et celui-ci répond, sans se montrer autrement explicite et l’on comprend pourquoi ; « que l’enfant doit être traité comme les autres (donc baptême catholique) et que l’on trouve très facilement le moyen de procéder à un baptême clandestin ».

Martin paraît avoir beaucoup regretté sa femme. Du moins ne se remaria t il jamais. Après le décès de Sybille, on ne lui connaît aucune aventure sentimentale. Il semble que cet homme, jeune encore (il avait à peine 45 ans), se soit voué désormais uniquement à l’affermissement de la position sociale de la famille et à l’éducation de ses enfants.
C’est en effet, après la mort de sa femme, que s’ouvrent pour Martin, les années les plus importantes au cours desquelles sa réussite sociale et financière s’affirme encore plus pleinement
Comme son père, Martin est avant tout un grand marchand, un important brasseur d'affaires ayant de gros intérêts dans l'Europe entière. Mais alors que Jean le Vieil a pu, durant la plus grande partie de sa vie tout au moins, trafiquer à travers l'immense empire de Charles Quint et bénéficier de la paix qui régnait entre les différentes parties de cet empire, les temps ont changé au moment où Martin assume la direction de la firme. La situation commerciale de l'Europe est devenue infiniment complexe, les Pays Bas catholiques sont coupés du reste du monde par la guerre. Il devient impossible de surveiller avec efficacité l'activité de comptoirs fort éloignés, dont on est souvent sans nouvelles pendant de longs mois.
En plus des trois importantes filiales de Londres, de Venise et de Vérone, confiées à ses associés. Martin avait fondé en, 1584 une quatrième filiale à Naples. Peu d'années après, en 1594, Martin fonda une cinquième filiale à Amsterdam. Outre les filiales, Martin avait plusieurs comptoirs en Espagne (Madère, Almeira, Séville, Majorque), en Italie (Livourne), en Allemagne (Staden), sur la côte balte, dans les Provinces Unies et en Ecosse.
Le personnel qu'il emploie est moins nombreux que celui utilisé par Jean le Vieil, mais il est, certes aussi capable. A l'exemple de son père, il tient avec ordre et régularité une série de registres de comptes où il consigne l'actif et le passif de ses clients et les opérations si variées de l'entreprise
Le commerce de la soie double de volume sous Martin. SOies en cartes, au poids, tissus et bas. Il se traite surtout avec les filiales de Naples et de Venise. La firme fait couramment usages de navires français, italiens et même suédois pour transporter les marchandises de Naples à Anvers et vice-versa. Grâce aux sauf-conduits délivrés par Alexandre Farnese en 1585, ou par le roi de Suède, Jean III, Martin minimise au maximum les dangers d'arraisonnement de ses navires, car il emploie surtoutla voie maritime, la "Zeeweg" ou "Straatvaart" pour son trafic avec l'Italie. Sans doute le transport par mer n'est il pas bien rapide, mais le transport par route, plus fréquemment employé précédemment, ne l'est pas plus à cette époque.
TOut aussi important que le chiffre d'affairesde la filiale de Naples est celui de celle de Londres. Martin en reçoit des draps de laine légers, les "karsein", des draps plus lourds, les "lakens". Les toiles de Flandre sont expédiées surtout à Naples, port important sur la route du Levant.

En Allemagne, l'association formée par Martin della Faille, Jean van den Borne, Jan de Wzle et Thomas Cottels, achète de grosses quantités, achète de grosses quantités de graines de lin et vend la soie qui vient de Naples. Le commerce de Venise et celui de Vérone, si importants sous Jean le Vieil, ont tendance à diminuer.
Les échanges sont assez difficiles pendant le siège d'Anvers. En septembre 1584, malgré un passeport délivré par la Reine Elisabeth, le St Jean est arraisonné par Philippe de Marnix et ne peut continuer son voyage qu'après le versement d'une importante somme à Marnix. Celiu-ci ne la rendit évidemment jamais.
Pour dérouter d'éventuels capitaines ennemis, Martin change de nom. Tantôt; il est Martin Fornari, de COlogne ; tantôt, il est Jean Jacomo Widholtz "in Augusta" ou Jacques Willems
Après 1585, le trafic reprend avec une grande extension jusqu'en 1594. Les navires de Martin sillonnent les mers. En avril 1585, on voit le "St Jean" à Venise. il y amène des laines anglaises. Il est ensuite à Cadix, chargeant pour Venise des caisses de sucre de St Domingue. Il ramène à Anvers du riz, des noix de galle pour la teinturerie et des raisins secs. L'association loue le "Falcon" qui transporte de Londres à Naples, à la fin de 1585, du plomb, du fer, des peaux de mouton, du poisson.

La guerre hispano-anglaise fit évidemment grand tort au trafic commercial avec l'Angleterre, à tel point que Martin envisage de faire partir Cottels pour Hambourg. Ce n'est qu'après la paix que les transactions pourront reprendre, nombreuses avec l'Espagne. On verra revenir les vins et les fruits que Nicolas Anteunis expédie de là-bas jusqu'à Anvers.
Malgré les fluctuations, la réussite de l'association fondée par Martin est éclatante. En 1594, le contrat d'association arrive à son terme. Pourquoi ne fut-il pas reconduit ? Il semble que les agissements de Thomas Cotteels y furent pour quelque chose. La facteur avait perdu sa femme en décembre 1594 et de ce fait ses liens de parenté avec Martin se trouvaient distendus. Faut-il voir là les raisons de son comportement?
Responsable, pour l'association, du commerce de la filiale de Londres, Cotteels trafiquait aussi pour son compte personnel et la tentation était forte d'alimenter son propre comptoir avec les fonds de l'assocation. Lorsqu'il vient à Anvers , en 1593, pour remettre ses comptes ; Jan de Wale, pris de soupçons, se précipite à Londres pour vérifier la comptabilité de la filiale. A cette nouvelle, Cotteels, repart aussitôt pour l'Angleterre. PAs assez vite cependant pour empêcher de Wale de réunir et de ramener à Anvers certains renseignements de nature à mettre Cotteels en fâcheuse position vis à vis de ses associés. Il est convoqué pour s'expliquer, Martin lui ayant donné sa parole qu'il n'aurait pas d'ennuis, Cotteels arrive à ANvers, mais se voit arrêté à la sortie de la Bourse, sur l'ordre de Jan de Wale et de Jan van den Borne. Il est consigné dans une auberge et menacé d'être jeté dans les cachots du Steen.

Martin sera devenu l'un des trois ou quatre hommes les plus fortunés de l'Europe en cette fin du 16ème siècle. Jean le Vieil lui-même n'arriverait qu'au 6ème rang.
Ce qui est certain, c'est que l'association commerciale formée par Martin avait pleinement réussi. En dix ans, il semble avoir presque décuplé la fortune qu'il tenait de ses parents. Une autre raison du non renouvellement de l'association pourrait être les troubles régnant en Europe et spécialement aux Payx Bas et qui rendaient le commerce bien difficile.
Mais Martin allait vivre une aventure bien plus pénible encore. Malgré la guerre ouverte ou larvée entre l'Espagne et l'Angleterre, il était parvenu, du fait de son importance exceptionnelle, à obtenir de la reine Elisabeth, le 19 décembre 1586, une lettre de sauvegarde valable pour lui, ses enfants, facteurs et associés. Ce précieux document devait lui permettre de continuer, malgré les hostilités, son commerce avec l'Angleterre et les provinces des Pays Bas du Nord, Hollande et Zélande, protégées par la Reine.

Le 2 août 1587, Martin se rendait d'Anvers à Bruxelles, par le coche d'eau du canl de Willebroeck. Il était délégué par le Collège des commerçants trafiquant avec l'Angleterre, pour discuter avec le Gouvernement de Bruxelles de leurs intérêts et notamment de la possibilité de continuer le trafic maritime malgré les hostilités. Plusieurs notabilités voyageaient avec lui.
Une bande de brigands de Berg op Zoom, les "Freebrothers", à ce moment dans le Brabant méridionnal, attaquent le coche à l'écluse de Humbeek. Huit voyageurs sonr tués et 17 autres sont faits prisonniers parmi lesquels Martin. Avec les autres captifs, Martin est emmené à travers bois er baies jusqu'à Berg op Zoom où il parvient "après avoir esté d'eulz battu, hurté, brusté et reçen d'eulz une infinie d'indiguitez et d'injures"
Lord Thomas Willoughby, important homme politique anglais, gouverneur de la place, le rachète à vil prix à ses ravisseurs et le fait enfermer dans une chambrette, une cellule plutôt, dont les dimensions ne dépassaient pas celles du corps humain. Ilréclame de Martin une rançon énorme pour le libérer. Martin allègue la lettre de sauvegarde que lui a délivrée la Reine et proteste que la conduite du gouverneur constitue "une manifeste violation, grand déshonnuer de ladite royne et schandal de tout le royaulme et de toute la nation anglaise". S'il faut en croire Martin, son frère Charles (qui avait émigré en Hollande) n'aurait pas été étranger à la rigueur du gouverneur anglais. Poussé par un esprit de vengeance contre son frère et peut être à l'instigation de son autre frère, Jacques le Jeune, établi en Hollande également
Martin est menacé d'être envoyé à Londres, pendu ou égorgé s'il ne paie pas la tançon. Plusieurs de ses amis anglais, dont John Gylles intercèdent en sa faveur ; rien n'y fait.
Après 9 mois de transes et de dure captivité, pensant à sa nombreuse famille, Martin céda et accepta de payer 36 000 gulden, une omme considérable. Martin devait en outre s'engager à comparaître en personne à Londres, le 22 juillet 1588. S'il se présentait, 15 000 florins lui seraient restitués. S'il faisait défaut, son correspondant serait obligé de verser 20 000 florins.
Martin fut enfin relaché en juin 1588. Sitôt rentré chez lui, il proteste auprès du gouvernement de Bruxelles contre l'illégalité du procédé dont il a été victime. Il demande au gouvernement de saisir, par mesures de représailles, les biens des sujets anglais résidant aux Pays Bas, jusqu'à ce qu'il soit indemnisé des 15 000 florins que son correspondant à Londres a du verser.

L'activité commerciale et la richesse donnaient lieu à des difficultés et des dangers, si bien qu'on peut concevoir qu'un père de famille très nombreuse, arrivé à l'âge de 45 ans, ait préféré un champ d'activité moins périlleux.
A partir de 1594, Martin confie progressivement la gestion des filiales et comptoirs à ses fils. Il ressort d'un acte passé le 1er décembre 1604 que JEan, Georges, Martin le jeune et Daniel ont administré une grande partie des intérêts de leur pèreà Anvers, à Vérone, à Naples et à Hambourg, notamment qu'ils ont fait usage des marchandises et du crédit de leur père et ont ainsi fait fructifier ses capitaux

Remplacé dans une large mesure par ses fils dans la gestion de sses nombreuses entreprises commerciales, Martin va pouvoir se consacrer davantageà une remarquable carrière politique qu'il mènera de pair avec celle de banquier. Il y trouvera honneuret considération et assurera ainsi définitivement l'importance de sa famille. S'il faut en croire Jean, fils aîné du nouveau conseiller ; celui-ci n'aurait accepté qu'à contre coeur la charge offerte par l'Archiduc et sous condition d'en être déchargé après deux ans
La charge, dont Martin se voyait investi, allait lui apporter, à côté d'un inévitable surcroît d'occupation, la possibilité de rencontrer plus souvent encore les hommes les plus remarquables de son pays. Elle allait le mêler plus tard à des négociations diplomatiques de première importance pour l'avenir des Pays Bas et lui donner des satisfactions intellectuelles et honorifiques compensant amplement les ennuis inhérents à toute charge publique. JUsqu'à la fin de sa vie, Martin continua à porter le titre de conseiller à l'Amirauté et à jouir des franchises et exemptions attachées à ce titre

Ses fonctions de conseiller avaient obligé Martin à se procurer un logis à Bruxelles. Il y occupait gratuitement "Int Waermoesbroek" (rue du Marais), un hôtel appartenant à Christian van de Wiele, procureur au Conseil de Brabant, à seule charge d'en payer les réparations et l'entretien. Il est vrai que van de Wiele trouvait de larges compensations dans les affaires judiciaires que on hôte lui confiait.
Installé à Bruxelles, Martin avait l'occasion de voir journellement l'Archiduc et ses principaux conseillers et d'être apprécié d'eux. Il était en excellents termes, non seulement avec le Président Richardot, depuis qu'il l'avait hébergé, à Anvers après la prise de la ville, en 1585, mais avec les personnages les plus importants du pays.
A la fin de l'année 1597, d'accord avec l'Archiduc et peut être même à sa demande, Martin avait invité son beau frère van der Meulen à Bruxelles. Il voulait discuter avec cette personnalité importante et influente des Pays Bas du Nord des possibilités d'amener les Provinces Unies à se soumettre au gouvernement des Archiducs. Cette négociation n'aboutit pas au résultat escompté par l'Archiduc mais elle est révélatrice de la confiance que le gouvernement avait en Martin.

Martin va bientôt recueillir la récompense de tous les services, tant politiques que financiers, qu'il a rendus à ses souverains. Jusqu'alors, les Della Faille, arrivés à un haut degré de puissance financière grâce à Jean le Vieil, confirmés et même renforcés dans cette puissance par le génie de Martin, n'en sont pas moins restés des marchands, des bourgeois, de très grands bourgeois bien sûr, mais rien de plus. A cette époque où les castes ont encore tant d'importance, où la noblesse continue à occuper les grandes charges de l'Etat et les emplois les plus honorifiques, la précision est d'importance
Il appartenait à Martin d'achever l'évolution sociale de sa famille, en un mot, de la faire accéder à la noblesse, tout en continuant, ne fut ce que par personne interposée, à pratiquer la banque et le grand commerce, source et garantie de continuité de sa fortune.

C'est le 28 septembre 1598 que Martin achète à Gand la "Cour de Fiennes", vaste hôtel où il résida souvent et qui lui conviendra particulièrement lorsqu'il obtiendra, à titre héréditaire, le 21 juillet 1605, l'importante charge administrative et judiciaire de bailli du Vieux Bourg de Gand et la faveur de la perception des droits sur les importations de hareng dans différentes villes des environs de Gand. La "Cour de Fiennes", l'une des trois plus belles et vastes demeures gantoises, était située Quai au Blé, au coin de la petite rue du Boudin, non loin de l'église St Michel

Malgré son ascension sociale, sa carrière politique et diplomatique, Martin est resté avant tout un homme d'affaires, précis, actif. A l'exemple de son père, il tient de grands livres de comptes. Ceux-ci sont souvent même rédigés de sa main. Il s'yexprime aussi bien en français qu'en flamand ou en italien et n'oublie jamais de placer ses opérations comptables sous la protection divine. Lorsqu'il s'agit de comptes purement domestiques, Martin fait le plus souvent usage du flamand. Il paraît donc certain que le flamand était sa langue maternelle, celle dont i usait dans l'intimité.
Si Martin est un maître exigeant , surtout sur le chapitres de l'obéissance de son personnel, il sait aussi se montrer humain et même généruex envers un domestique fidèle. Tanneken vna de Kerchove est la femme de chambre de Pascaline, l'une des filles de Martin. Elle a été élevée dans la maison de son maître depuis l'âge de trois ans. Lorsqu'elle a été grande, elle est entrée au ervice de Mademoiselle. Et lorsque Pascaline meurt, Martin note dans son livre de comptes : "Si Tanneken continue à habiter chez nous et se conduit de manière obéissante et vertueuse ; elle recevra 600 florins le jour où elle se mariera. Si elle ne se marie pas et continue à se comporter honorablement, la même somme lui sera remise après ma mort"

PEINTURE :
Martin y apparaît vêtu de noir, sobrement, à l'espagnole. Une fraise à largesgodrons encadre un visage sévère et volontaire. Le front est grand, blanc, bien dégagé. Les cheveux sombres, encore abondants. D'épaix sourcils bien arqués ombragent légèrement des yeux noirs, un peu pensifs. Le nez est fort, légèrement arqué. Le dessin de la bouche se devine mal sous la moustache épaisse et lla barbe bien fournie taillée en pointe, à la mode du temps. Ceet homme de 45 ans apparaît étonnamment jeuneencore, en dépit des nombreux soucis qui ont pesé sur lui

Voir dans l'arbre