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Philippe II DE FRANCE ◉ Sosa : 51 002 208

Philippe II DE FRANCE

◉ Sosa : 51 002 208

  • dit « Philippe Auguste »
  • Né le 29 août 1165 - Gonesse, 95277, Val-d'Oise, Île-de-France, FRANCE
  • Baptisé le 30 août 1165 - Paris, 75000, Paris, Île-de-France, FRANCE
  • Décédé le 21 juillet 1223 - Mantes-la-Jolie, 78361, Yvelines, Île-de-France, FRANCE, à l'âge de 57 ans
  • Inhumé - Saint-Denis, 93200, Seine-Saint-Denis, Île-de-France, FRANCE
  • Comte de Gien, Roi de France associé 1179, Roi de France (1180-1223), Croisé 1189-1191
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Parents

Union(s) et enfant(s)

Frères et sœurs

Demi-frères et demi-sœurs

Événements

29 août 1165 :
Naissance - Gonesse, 95277, Val-d'Oise, Île-de-France, FRANCE
https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_II_Auguste
Philippe II Auguste dit Dieudonné naît :
soit à Melun,
soit au château du Jard (domaine de sa mère),
soit à Gonesse
le 21 ou le 22 août 1165, fils de Louis VII le Jeune et d'Adèle de Champagne.

Il est surnommé Auguste parce qu'il est né en août.
Il est le seul héritier mâle de Louis VII.

Comme toute la France faisait des vœux pour la naissance d'un héritier de la couronne, Philippe reçut en naissant le surnom de Dieudonné.
L'éducation du Prince du royaume est confiée à Clément de Metz;

WIKIPEDIA
Plus généralement, la figure de Philippe II, telle que célébrée par les chroniqueurs du temps, a été en grande partie occultée par la concurrence de Saint Louis, devenu — et pour longtemps — le modèle royal par excellence dès la fin du XIIIe siècle. Il n'en reste pas moins que la victoire de Bouvines reste parmi les éléments les plus essentiels de la mythologie nationale française, grâce aux Grandes Chroniques de France ou, bien plus tard, par les manuels scolaires de la IIIe République. L'église Saint-Pierre de Bouvines, bâtie en 1882, a d'ailleurs été pourvue entre 1887 et 1906, de vingt-et-un vitraux retraçant le déroulement de la bataille, des pièces aujourd'hui classées.

Les autres traces du règne de Philippe Auguste ont quant à elles disparu progressivement. L'enceinte de Philippe Auguste subsiste à l'état de vestiges qui parsèment Paris, le Louvre médiéval a été dégagé et intégré au musée dans les années 1990. Enfin, toujours à Paris, une avenue et une station de métro continuent de commémorer le vainqueur de Bouvines.

La personnalité de Philippe II reste contrastée et énigmatique. Il n'a pas été inféodé ni soumis aux événements qu'il a pourtant souvent lui-même suscités. Il n'a jamais capitulé, et quand il a enduré du fait de ses propres erreurs, il a été capable de réparer pour le bien du Royaume.

Pour se libérer de la tutelle de sa mère et du clan champenois, il se marie alors qu'il est lui-même mineur avec une héritière non pubère qui lui amène dans sa corbeille une dot considérable, l'Artois. Soucieux de sa descendance, d'un tempérament très affirmé mais brouillon, il décide de se séparer d'Isabelle de Hainaut qui ne lui a pas donné d'enfant. Puis, il se ravise comprenant qu'il va commettre l'irréparable comme son père Louis VII le Jeune qui a perdu l'Aquitaine pour avoir laissé partir la duchesse Aliénor. Il se rabiboche avec sa jeune épouse et garde l'Artois, en plus d'un héritier.

Philippe II poursuit un but unique : l'accroissement du Royaume et de ses possessions. Il cherchera toute sa vie à récupérer l'Aquitaine et l'Anjou en jouant pour cela le ferment de la division entre Henri II et ses fils, jusqu'à l'achèvement complet de ses objectifs après Bouvines. D'autre part, il est un suzerain loyal et honnête qui n'use pas de sa puissance pour conquérir par les armes. Ainsi, il défend l'héritage artésien de son fils Louis VIII le Lion et même il cherche à accroître le Comté d'Artois en rachetant des parcelles et en désintéressant les châtelains.
Denier de Philippe II, Laon, 1180-1201.

Philippe II reste marqué par ce qu'il estime être une dépossession territoriale qui réduit le royaume de France au compromis permanent avec des barons plus puissants et plus riches que le roi de France. À l'instar d'un bourgeois ou d'un hobereau, il fait grossir son capital en achetant des terres, contraint les serfs à payer leur affranchissement. Philippe II est l'initiateur de l'état français, pour autant le trésor du royaume est sa fortune personnelle dont il dispose à son gré. Ainsi, dans son testament il répartit la moitié du trésor à des œuvres caritatives de son choix et laisse l'autre moitié à son fils pour qu'il en dispose dans la gestion de l'État.

Ingeburge de Danemark fut une épine dans son talon. Il ne l'aimait pas, il chercha à s'en débarrasser le plus rapidement possible, ce fut sa plus grande erreur car elle tint bon jusqu'au bout dans ses réclamations. Par son refus du divorce, son refus d'entrer en religion, son refus de retourner au Danemark, elle l'empêcha de vivre auprès d'Agnès de Méranie dont il eut des enfants considérés comme illégitimes.

À cet égard, on peut observer qu'il se conduisit envers Ingeburge de Danemark de la même façon qu'il s'était conduit avec Isabelle de Hainaut, avec mépris et arrogance. Isabelle de Hainaut avait su lui tenir tête, elle s'était positionnée en victime n'hésitant pas à mettre le peuple de son côté. C'est sans doute ce qu'a voulu éviter Philippe II en enfermant immédiatement Ingeburge à Étampes, en ne lui laissant pas le temps d'organiser auprès du peuple sa défense. Son rôle de victime serait apparu clairement, il aurait été contraint de la reprendre près de lui comme il l'avait fait avec Isabelle de Hainaut. Or, il ne voulait plus Ingeburge pour épouse et ne voulait pas cette fois se voir contraint à reprendre une épouse dont il ne voulait plus et qui cette fois ne lui rapportait aucune terre. C'est sans doute là qu'Ingeburge a joué de malheur. Ne rapportant qu'une dot assez faible pour un roi de France, et aucune terre, elle n'avait aucun moyen de pression dont elle aurait pu user pour obliger Philippe II à la respecter.

Comme quelques historiens l'ont avancé, le rejet d'Ingeburge pourrait s'expliquer par le fait que ce mariage ne lui rapportait pas tant qu'il l'avait espéré, une alliance notamment pour battre les Plantagenêt. Il n'est pas exclu qu'il ait estimé avoir été filouté sur les termes d'un contrat non écrit entre le Danemark et la France. Toutefois, il faut observer que Valdemar II de Danemark, le frère d'Ingeburge, intercédera sans relâche auprès de la France pour faire libérer sa sœur, et ira même plaider sa cause auprès du Pape, en vain. Secundo, Valdemar II de Danemark épouse en 1214, après la bataille de Bouvines et après la libération de sa sœur Ingeburge, Bérengère de Portugal, sœur de Ferrand de Portugal qui avait rejoint la coalition contre Philippe II à Bouvines. Ce mariage est intéressant car il se conclut à un moment où Ferrand de Flandre est captif dans les geôles du Louvre.

Ingeburge de Danemark n'a été reine de France qu'en titre puisqu'elle n'a jamais exercé et à aucun moment, les fonctions de reine ou de régente. On peut voir le mariage de son frère Valdemar avec la sœur du prisonnier Ferrand de Flandre soit comme un remerciement tacite de la France pour la neutralité du Danemark à la bataille de Bouvines, soit comme une ultime provocation de la part du souverain danois, quoi qu'il en soit la conclusion d'un long épisode de gel diplomatique.

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https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article2308
Surnommé Auguste, Philippe II était le fils de Louis VII, ou le Jeune. Il naquit le 21 août 1165, la cinquième année du mariage de son père avec Adélaïde de Champagne, sa troisième femme. Comme ce monarque n’avait eu que des filles de ses deux premiers mariages, et que toute la France faisait des vœux pour la naissance d’un héritier de la couronne, Philippe reçut en naissant le surnom de Dieudonné.

L’éducation du Prince du royaume (c’était le nom que portait alors le fils aîné du roi), dut répondre au bonheur de sa naissance ; elle fut confiée à Clément de Metz, l’un des hommes les plus vertueux de la cour, et les plus habiles maîtres furent chargés de l’initier, de le perfectionner dans tous les arts et dans toutes les sciences. Le jeune prince profita si bien de leurs leçons qu’il n’avait pas encore quatorze ans lorsque son père voulut l’associer au trône.

Mais cette résolution fut suspendue par un événement funeste. Entraîné par son ardeur à la chasse, Philippe s’égara dans une nuit obscure au milieu de la forêt de Compiègne, où il rencontra un charbonnier d’une taille gigantesque et d’un aspect effrayant. Frappé de terreur, il eut cependant la force de se nommer et de se faire conduire au château ; mais l’impression avait été si forte, qu’en arrivant il fut atteint d’une fièvre violente. Cet événement jeta toute la cour dans les plus vives alarmes.

Le roi, hors de lui, et ne sachant à quels moyens recourir pour sauver des jours si précieux, se rendit en Angleterre, où il implora l’assistance du ciel pour le salut de son fils sur la tombe de saint Thomas de Cantorbéry. Son inquiétude était si grande, qu’il mit à peine six jours pour faire le voyage : le septième, en abordant sur les côtes de Flandre, il apprit que Philippe était sauvé. Cet accident fortifia encore Louis dans la résolution qu’il avait prise de partager le pouvoir avec son fils, et dès la même année (1179) le jeune prince fut sacré à Reims en grande pompe.

Aussitôt après, son père, par une politique fort habile, lui donna pour épouse Isabelle de Hainaut, qui descendait en droite ligne de Charlemagne. Depuis deux siècles, l’illustre dynastie des Carolingiens avait cessé de régner ; mais il en restait de profondes racines dans le cœur des Français, et les peuples l’appelaient encore la race des grands rois. Ce fut donc pour eux un véritable sujet de joie que de voir réuni le sang de Charlemagne à celui de Hugues Capet, et ce ne fut pas le seul avantage de cette union : elle valut encore à la couronne de France le comté d’Artois.

Philippe fut sacré une seconde fois à Saint-Denis (29 mai 1180) avec la jeune reine, qui fixa tous les regards par ses grâces et sa beauté. Dès lors ce prince fut revêtu en effet de toute l’autorité royale, et, du vivant de son père , il rendit plusieurs édits, entre autres ceux par lesquels les blasphémateurs et les hérétiques furent punis de mort, les histrions et les comédiens expulsés du royaume comme corrupteurs de la morale publique.

Ce fut dans le même temps que, plusieurs grands vassaux, entre autres les comtes de Chalon et de Berry, ayant voulu profiter de sa jeunesse pour l’attaquer, Philippe marcha contre eux et les réduisit en peu de jours. Lorsque Louis VII fut mort (18 septembre 1180), de nouvelles insurrections se manifestèrent encore, et le jeune souverain sut les réprimer avec le même courage et la même fermeté.

Le comte de Sancerre et le duc de Bourgogne, les plus audacieux et les plus puissants de ses ennemis, furent contraints de venir implorer sa clémence à genoux. Le comte de Flandre restitua le Vermandois, et la reine mère, qui s’était réunie aux mécontents, vaincue par la fermeté de son fils, se vit également obligée de se soumettre. Les résolutions du jeune monarque étaient inébranlables, et rien ne put lui faire révoquer l’ordre qu’il donna vers la même époque pour chasser les juifs du royaume.

Toutes leurs propriétés furent impitoyablement confisquées, et leurs nombreux débiteurs se trouvèrent libérés, à la charge de verser dans le trésor royal un cinquième de leurs obligations. Les israélites étaient alors, en France, exclusivement en possession du commerce, et avaient acquis des richesses qui les rendaient très puissants et même redoutables pour le souverain.

On peut donc penser que leur expulsion, loin d’être un acte de superstition et d’ignorance ; fut d’une politique prudente et habile, et l’on peut d’autant moins en douter, que plus tard Philippe permit à quelques-uns d’entre eux de revenir, moyennant de fortes sommes d’argent.

Ce prince ne montra pas moins de fermeté dans un démêlé qu’il eut, vers la même époque, avec la reine. Quelque sincère que fût son attachement pour cette princesse, il n’avait pu voir sans en être vivement offensé que, dans les dissensions qu’il eut avec le comte de Flandre, elle avait pris ouvertement parti pour son oncle. Il lui ordonna de s’éloigner de la cour qu’elle était accusée de trahir, et déjà il avait assemblé un synode pour faire dissoudre son mariage, lorsque Isabelle parvint à le fléchir par une lettre affectueuse et soumise.

Ce fut peu de temps après qu’elle mit au monde un prince dont la naissance combla de joie tous les Français, désormais assurés de voir sur le trône le sang réuni de deux illustres dynasties. Mais cette princesse ne jouit pas longtemps de son bonheur : elle expira l’année suivante, en donnant le jour à deux enfants mâles, qui moururent au berceau. Philippe profita de la paix que sa fermeté et son courage avaient donnée à la France pour embellir sa capitale et assurer la prospérité de son royaume.

Il réprima les déprédations et la tyrannie de la noblesse contre le peuple et le clergé, et il purgea ses provinces des bandes qui les dévastaient. Ce fut par ses soins et à ses frais que l’on pava, pour la première fois, les rues de Paris, en 1182 et 1183 ; que l’on ceignit de murs cette grande cité ; que plusieurs bourgs qui en étaient séparés se trouvèrent compris dans son enceinte, et que la place des Innocents, qui n’avait été jusqu’alors qu’un cloaque impur, fut aussi entourée de murailles et consacrée aux sépultures.

Une rupture de courte durée avec l’Angleterre vint interrompre ces utiles occupations. Henri II, dédaignant un roi de vingt et un ans, refusait de lui rendre le Vexin, qui devait rentrer à la couronne par la mort de Henri, son fils aîné, époux de Marguerite de France, à qui cette province avait été donnée en dot. Il allait résulter de ce refus une guerre sanglante, lorsque le vieux roi d’Angleterre, étonné de la fermeté et des habiles dispositions de son jeune rival, fit lui-même les premières démarches, et demanda la paix, qui fut signée en 1187.

Les deux monarques prirent alors la croix, et résolurent d’aller secourir les chrétiens, qui avaient éprouvé de grandes pertes dans l’Orient ; mais de nouveaux démêlés retardèrent encore ce projet, et ce ne fut qu’après la mort de Henri, lorsque son fils Richard lui eut succédé, qu’il put être exécuté. Les deux jeunes souverains, également grands et généreux, parurent d’abord destinés à vivre dans la meilleure intelligence : ils se rendirent réciproquement les conquêtes faites durant les guerres précédentes, et ce fut dans de telles dispositions qu’ils se préparèrent à partir pour la terre sainte.

Ces expéditions étaient alors dans leur plus grande ferveur. Philippe II ne pouvait plus s’y soustraire ; mais il en profita du moins pour imposer au clergé, sous le nom de dîme saladine, une contribution du dixième de tous les biens, à laquelle il eût été impossible de le soumettre sous d’autres prétextes. L’engagement fut signé entre les deux monarques de la manière suivante : « Moi Philippe, roi des Français, envers Richard, mon ami et mon fidèle vassal ; Moi Richard, roi des Anglais, envers Philippe, mon seigneur et mon ami. »

Philippe laissa la régence à sa mère et à son oncle Guillaume de Champagne, cardinal et archevêque de Reims, l’un des hommes les plus éclairés et les plus vertueux de ce temps-là. Il alla prendre l’oriflamme à Saint-Denis, et conduisit son armée à Vézelay, qui avait été indiqué pour rendez-vous général ; là il se sépara de Richard pour s’embarquer à Gênes, tandis que l’armée anglaise s’embarquait à Marseille.

L’un et l’autre abordèrent en Sicile, où les Français arrivèrent les premiers. D’abord fort bien accueillis par Tancrède, qui en était roi, ils y attendaient paisiblement que les vents devinssent favorables, lorsque l’impétueux Richard vint troubler, par des hostilités imprévues, cette heureuse harmonie. Philippe voulut d’abord n’y prendre aucune part ; mais, provoqué, insulté même à son tour par le monarque anglais, il se crut obligé de faire respecter sa puissance, sans s’écarter toutefois de la prudence et de la modération qui furent dans toutes les occasions les bases de son caractère.

II vit avec calme son impétueux allié se livrer aux derniers emportements, sut repousser avec adresse les dangereuses suggestions du roi de Sicile, et après s’être réconcilié, au moins en apparence, avec Richard, ils mirent à la voile pour la Palestine, où Philippe arriva encore le premier.

Ce fut devant Saint-Jean d’Acre ou Ptolémaïs qu’il débarqua. Déjà cette ville était assiégée depuis deux ans par une armée de chrétiens de toutes les nations, sous les ordres de Guy de Lusignan. Avec un aussi puissant renfort que celui qu’amenait le roi de France, le siège fut poussé très vigoureusement.

Bientôt les brèches furent praticables, et la place pouvait être enlevée d’assaut ; mais par un ménagement que l’on a blâmé avec quelque raison, puisque les musulmans en profitèrent pour se fortifier, Philippe voulut attendre Richard, qui s’était arrêté dans l’île de Chypre. Lorsque ce prince fut arrivé, les assiégés ne purent tenir longtemps contre les efforts réunis de tout ce que l’Occident avait de plus braves guerriers, combattant sous les yeux de leurs souverains. Ptolémaïs tomba donc en leur pouvoir le 13 juillet 1191, et dès lors on dut croire que rien ne résisterait à cette puissante armée.

Cependant tous les succès des croisés se bornèrent pour lors à cette conquête. La division s’introduisit encore une fois parmi eux, et leur armée, partagée entre Conrad de Montferrat et Lusignan, qui se disputaient le vain titre de roi de Jérusalem, ne songea pas même à s’emparer de la cité sainte. Philippe prit parti pour Conrad, Richard pour Lusignan, et plus d’une fois le camp des chrétiens fut près d’être ensanglanté par leurs propres mains.

C’est vers le même temps que Philippe fut atteint d’une maladie si violente, qu’il perdit les cheveux, la barbe, les ongles, les sourcils, et que sa peau se renouvela tout entière. Cet événement ne pouvait manquer de donner lieu à des soupçons d’empoisonnement, et la mésintelligence dans laquelle vivaient les deux souverains ne rendait ces soupçons que trop vraisemblables. Cependant le caractère grand et généreux de Richard ne permet point de les admettre, et il ne paraît pas même que Philippe en ait eu la pensée.

Ses médecins le pressèrent d’aller respirer l’air natal, et voyant d’ailleurs qu’il ne pourrait pas toujours supporter les violences et l’impétuosité du roi d’Angleterre, ou plutôt sentant, par une politique plus habile, qu’il lui serait facile de profiter en Europe de l’absence de ce rival redoutable, il prit le parti d’y retourner, et, pour tranquilliser le roi d’Angleterre, il lui laissa un corps auxiliaire de dix mille hommes, et promit par serment de ne pas attaquer ses États pendant son absence.

Cette promesse fut loin d’être sincère, et le monarque français, ayant passé par Rome, demanda pour toute grâce au pape de l’en relever ; mais le pontife s’y refusa, et Philippe rentra paisiblement dans ses États, qui avaient été parfaitement bien gouvernés pendant son absence.

Ce fut dans ce temps-là qu’il créa, sous le nom de sergents d’armes, la première garde permanente qu’aient eue nos rois. Cette compagnie, composée de gentilshommes armés de massues d’airain, d’arcs et de carquois, ne quittait pas le prince et n’en laissait approcher aucun inconnu. Philippe l’institua pour se défendre des assassins que le Vieux de la Montagne (Hassan-Ben-Sabbah) avait, disait-on, envoyés pour l’immoler. On lui dit même que Richard avait conçu un pareil projet ; mais il est probable que ces bruits ne furent répandus que pour avoir un prétexte d’établir une garde, qui du reste était nécessaire, et que l’on a toujours conservée depuis.

Richard ne quitta la Palestine qu’un an après Philippe, et il fut arrêté dans son chemin par les Allemands, qui le retinrent prisonnier. Dès que le roi de France en reçut la nouvelle, il eut une entrevue avec Jean Sans terre, et ces deux princes convinrent de se partager les dépouilles du roi prisonnier : le frère de Richard dut s’emparer du trône d’Angleterre, Philippe de la Normandie et de quelques autres provinces. Il envoya même des ambassadeurs à l’empereur Henri VI, pour que le monarque mît en son pouvoir la personne de Richard.

N’ayant pu l’obtenir, il entra en campagne, s’empara de plusieurs places dans la Normandie, essuya un échec devant Rouen et consentit à une trêve de six mois. Mais ne pouvant pas renoncer à ses projets d’ambition, et voulant acquérir un titre vieilli de domination sur l’Angleterre, il fit demander en mariage Ingelburge, princesse de Danemark, qui lui fut accordée ; mais Canut, son frère, refusa de faire la guerre à l’Angleterre, et c’est probablement au dépit que Philippe conçut de ce refus qu’on doit attribuer l’aversion qu’il ne cessa de témoigner à Ingelberge, dont la beauté et les vertus méritaient un meilleur sort.

Forcé de renoncer au secours qu’il attendait du Danemark, il employa toute son activité à faire soulever les Anglais pour Jean Sans terre, prince fourbe et cruel, qui trahit à son tour Philippe, lorsqu’il voulut se rapprocher de Richard, sorti enfin de sa prison. On croit que ce fut d’accord avec ce dernier que Jean fit égorger traîtreusement trois cents Français de la garnison d’Evreux, dans un festin auquel il les avait invités.

Outré de cette horrible trahison, Philippe se rendit à Evreux, où il fit massacrer tous les Anglais dont on put se saisir. Sa vengeance se porta jusque sur les églises, qu’il fit brûler, et cette guerre continua avec un caractère de fureur et de cruauté inouïes. On incendiait, on démolissait toutes les maisons et tous les édifices dans les villes, dans les bourgs, dans les villages, et l’on en égorgeait impitoyablement les habitants ; aucun prisonnier n’était épargné. On alla jusqu’à leur brûler les yeux pour les faire souffrir plus longtemps.

Philippe manqua d’être pris dans une embuscade entre Blois et Fréteval, où il perdit son bagage, son trésor et les archives de la couronne, que, suivant l’usage de ces temps-là, les rois faisaient porter à leur suite. Ce fut une perte difficile à réparer. Richard ne voulut pas en rendre la moindre partie, et il y découvrit des secrets d’État d’une grande importance.

Les troupes françaises eurent l’avantage dans d’autres occasions, et le roi y donna de grandes preuves de valeur, surtout à Gisors, où, marchant à la tête d’un faible corps de cavalerie, il tomba sur l’armée anglaise tout entière. La prudence lui prescrivait de se retirer ; mais, entraîné par son ardeur, il s’élança en s’écriant : « Non, Je ne fuirai pas devant mon vassal. » Enfonçant tout ce qui se trouvait devant lui, il allait entrer dans la place, lorsque le pont de l’Epte se rompit sous ses pas, et le précipita dans le fleuve, où il aurait infailliblement péri s’il n’eût eu assez de vigueur et de présence d’esprit pour rester ferme sur son cheval.

La guerre continua ainsi avec une alternative de revers et de succès, et surtout avec une atrocité digne des nations sauvages. Le pape intervint souvent pour amener les deux rivaux à la paix mais ses légats ne purent obtenir que des trêves qui se prolongeaient rarement jusqu’à l’époque convenue. Enfin, le bonheur de Philippe voulut que Richard fût blessé à mort au siège d’un petit château près de Limoges (1199).

N’ayant plus affaire qu’à Jean, prince cruel, mais inhabile, et sur lequel les seigneurs anglais se vengeaient de la soumission où les avaient tenus Richard, le roi de France se vit en état d’accomplir ses projets. Cependant il se mit de lui-même dans un grand embarras en répudiant la reine Ingelburge, pour épouser Agnès de Méranie. Le roi de Danemark s’adressa au pape, qui déclara nul ce nouveau mariage.

Philippe se révolta contre cette sentence : le royaume fut mis en interdit. En vain le roi s’emporta contre ceux qui obéissaient au pape ; en vain il fit saisir le temporel du clergé : plus il usait de rigueur, plus le peuple, privé de sacrements, murmurait contre lui. Enfin, prévoyant qu’il ne pourrait pas éviter d’être condamné par le concile auquel cette affaire avait été renvoyée, il reprit de lui-même la reine Ingelburge, déclara qu’il la reconnaissait pour sa femme légitime, et se sépara d’Agnès de Méranie, qui mourut de chagrin dans la même année.
Le cardinal de Capoue excommunie Philippe II au nom du pape Innocent III et jette l'anathème sur la France en 1200. Gravure extraite de L'Univers Illustré du 22 janvier 1859
Le cardinal de Capoue excommunie Philippe II au nom du pape Innocent III
et jette l’anathème sur la France en 1200. Gravure extraite de
L’Univers Illustré du 22 janvier 1859

Libre alors de toute inquiétude dans ses propres États, le roi de France ne s’occupa plus que des moyens d’enlever aux Anglais les provinces qu’ils possédaient sur le continent. Après quelques alternatives de paix et de guerre avec le roi Jean, ce prince fut cité, en 1203, à la cour des pairs de France, pour y rendre compte de la mort d’Arthus de Bretagne, son neveu.

N’ayant pas comparu, il fut condamné à perdre la vie, et ses domaines sur le continent furent confisqués au profit de la couronne. Philippe parcourut aussitôt la Normandie en vainqueur, et il réunit cette province à son royaume, trois siècles après qu’elle en avait été séparée. Il soumit également, dans l’espace de deux ans, le Maine, la Touraine, l’Anjou et le Poitou.

La Guyenne seule se défendit opiniâtrement, et resta sous la domination anglaise. Ce fut ainsi que le roi Jean, chassé de ses possessions en France, abandonné par les Anglais, excommunié par le pape, reprit le nom de Jean Sans terre, qu’on lui avait donné dans sa jeunesse, parce qu’il n’avait rien eu dans l’héritage de son père. Son royaume d’Angleterre fut offert au roi de France par le pape Innocent III, et Philippe, qui avait résisté avec beaucoup de fermeté à l’excommunication lancée contre lui par le souverain pontife, se garda bien, en ce moment, de contester le droit que ce dernier s’attribuait d’ôter et de donner des royaumes.

Il fit d’immenses préparatifs pour mettre à profit cette faveur du pontife, et l’on porte à dix-sept cents le nombre des bâtiments qui furent construits pour transporter son armée en Angleterre. Mais Jean Sans terre, réduit au désespoir, prit une résolution qui prouve qu’il ne manquait pas toujours d’habileté et de prévoyance.

Tout excommunié qu’il était, il mit son royaume sous la protection de Saint-Pierre, et se déclara vassal et tributaire de Rome. Le légat du pape qui était venu à Londres pour recevoir son serment repassa aussitôt en France pour ordonner à Philippe de cesser ses préparatifs, et de renoncer à ses projets d’invasion. Ce prince, outré de colère, s’y refusa avec beaucoup de force, disant qu’il n’avait commencé cette guerre qu’à la sollicitation du pontife, et qu’il ne pouvait y renoncer sans être indemnisé de ses dépenses (ces dépenses étaient évaluées à soixante mille livres sterling, somme très considérable pour ce temps-là).

N’osant cependant plus tenter une invasion en Angleterre, Philippe voulut que ses préparatifs ne fussent pas entièrement perdus, et il s’en servit contre Ferrand, comte de Flandre, avec lequel il avait d’anciens sujets de plainte ; il lui prit diverses places, et brûla quelques bâtiments dans les ports des Pays-Bas.

Ce seigneur se défendit avec beaucoup de courage et d’activité, et il prit sa revanche dans plusieurs occasions, notamment à Boulogne où, de concert avec les Anglais, il parvint à incendier une grande partie de la flotte française, et réduisit Philippe à brûler le reste, de peur qu’elle ne tombât dans les mains de ses ennemis. Ferrand, encouragé par cet avantage, ne s’occupa plus que de chercher des alliés contre le roi de France, et s’étant adressé à Othon IV, qu’il savait être son ennemi personnel, il parvint à l’entraîner dans une des plus formidables coalitions qu’on eût encore vues en Occident.

On y remarquait les comtes de Boulogne, de Bar, de Namur, le duc de Brabant, tous parents, alliés ou sujets de Philippe, dont ils se partagèrent d’avance les dépouilles dans un congrès qu’ils tinrent à Valenciennes. Ce prince réunit à la hâte toutes les troupes dont il put disposer, et il marcha à leur rencontre avec une armée de cinquante mille hommes.

C’était à peine le tiers des forces de l’ennemi, et encore ne pouvait-il pas compter également sur tous les siens. Ce fut sans doute pour prévenir une défection qu’il avait lieu de craindre que, dans une cérémonie des plus solennelles, il déposa sa couronne en présence de toute l’armée, et s’écria : « S’il en est un parmi vous qui soit plus capable que moi de porter ce diadème, qu’il se présente : je jure de lui obéir ; si au contraire vous pensez que j’en sois le plus digne, jurez, à la face du ciel, de le défendre, de combattre pour votre roi, pour votre patrie ; jurez de vaincre les excommuniés ou de mourir. »

Cette courte harangue électrisa tous les esprits ; les troupes prêtèrent serment à genoux : elles reçurent dans cette attitude la bénédiction royale et ce fut dans d’aussi bonnes dispositions que Philippe les conduisit à la mémorable bataille de Bouvines qui fut livrée le 27 juillet 1214, entre Lille et Tournai, sur les bords de la Marcke.

Le monarque français commandait lui-même le centre ; il avait donné la droite au duc de Bourgogne et le gauche au comte de Dreux et de Ponthieu. Othon, qui avait juré de le prendre mort ou vif, dirigea contre lui tous les efforts de son armée. Après avoir résisté à trois attaques des plus furieuses, Philippe, environné, pressé de toutes parts, avait été renversé et foulé aux pieds des chevaux.

Il allait périr, lorsque Montigny, qui portail l’étendard royal, se mit à le hausser et à le baisser, pour avertir du danger où se trouvait le roi, et, se plaçant au-devant de sa personne, il le couvrit de son corps, écartant à coups d’épée tous ceux qui osaient l’approcher. Une foule de chevaliers accoururent bientôt à la défense de Philippe, qui parvint à remonter sur son cheval et, se précipitant contre l’ennemi, entraîna après lui cette foule de braves chevaliers, et culbuta le centre de l’armée impériale. Othon, à son tour, fut près de tomber dans les mains des Français ; il n’échappa que par une fuite précipitée. La déroute de son armée fut complète, et trente mille de ses soldats restèrent sur le champ de bataille.

Cette grande victoire, l’une des plus importantes qui aient été remportées par les armées françaises, fut principalement due au courage du roi et aux bonnes dispositions faites par Guérin, ancien chevalier du Temple, qui s’était distingué dans les guerres d’Orient, et qui venait d’être créé évêque de Senlis, où Philippe fonda, en mémoire de cet événement, l’abbaye de la Victoire. L’évêque de Beauvais s’y distingua aussi par une bravoure extraordinaire.

On cessa à cette bataille de battre tumultueusement, comme on l’avait fait dans les guerres précédentes, et ce fut la première fois qu’on vit les troupes se mouvoir avec une espèce d’ordre et de discipline. Le comte de Boulogne, resté prisonnier de guerre, fut enfermé à la citadelle de Péronne ; le comte de Flandre, qui eut le même sort, fut conduit à Paris les fers aux pieds et aux mains, et suivit en cet état le char du vainqueur, comme lors des triomphes des Romains.

Dans le même temps (quelques auteurs disent que ce fut le même jour), le fils de Philippe Auguste remporta aussi une victoire signalée près de Chinon, contre Jean Sans terre, qui avait cherché à faire, vers la Loire, une diversion en faveur d’Othon, son oncle.

La nouvelle de succès si importants, si inespérés, combla de joie toute la France, et le retour de Philippe offrit véritablement le spectacle d’une marche triomphale. Partout les habitants des campagnes accoururent sur son passage et le saluèrent comme leur libérateur. Des arcs de triomphe furent élevés dans toutes les villes : les chemins étaient jonchés de fleurs, et partout l’air retentissait des plus flatteuses acclamations.

A Paris, toute la population se précipita au-devant du monarque, et pendant sept jours entiers l’allégresse publique ne cessa de se manifester par des illuminations, des danses et des fêtes de tous les genres. Dès lors, aussi redouté de ses ennemis que chéri de ses sujets, Philippe-Auguste n’eut plus à s’occuper que du bonheur des Français.

Déjà il avait refusé de faire partie de la quatrième croisade, et l’on sait que, lors de la précédente, entraîné dans une lutte difficile avec des vassaux trop puissants, ou tout entier à ses projets contre l’Angleterre, il avait tiré grand parti de l’absence de ses ennemis. Ce fut vraisemblablement par les mêmes motifs qu’il refusa longtemps de prendre part à la malheureuse guerre des Albigeois : il se contenta d’y envoyer son fils dans les derniers moments, et lorsqu’il ne s’agit plus que de profiter des événements.

Dès le commencement de son règne, une croisade s’était formée contre ces novateurs menaçant de troubler toute la chrétienté, et leur patrie était devenue le théâtre de cruautés inouïes : plus de trois cent mille de ces malheureux périrent dans les supplices ou par le fer des croisés, dans des expéditions dont le pape Innocent III fut le principal instigateur, Simon de Montfort le chef, et Raimond VI, comte de Toulouse, la plus illustre victime.

Le monarque français tira encore avantage de ces tristes événements pour affermir dans ses provinces l’autorité royale, qui depuis Charlemagne y était presque entièrement méconnue ; mais il refusa avec autant de grandeur que de générosité les États du comte Raimond, son parent, injustement dépouillé, qui lui furent offerts par les croisés. Ce ne fut que sous le règne suivant que la France prit part à cette guerre.

Après la mort d’Amauri, roi de Jérusalem, les seigneurs et barons de la Palestine envoyèrent à Philippe des députés pour le prier de leur donner un roi. Philippe leur désigna Jean de Brienne, qui devint roi de Jérusalem, puis empereur de Constantinople. Philippe-Auguste donna souvent des secours aux colonies chrétiennes d’Orient, et, par son testament, il laissa une somme considérable qui devait être employée à l’entretien des défenseurs de la terre sainte.

Ce prince, craignant les foudres du Vatican, et ne voulant pas troubler la paix de son royaume, refusa d’aider son fils, du moins ostensiblement, dans son expédition en Angleterre, et tandis que le jeune Louis était excommunié à Rome et couronné à Londres, tandis qu’il soutenait un siège dans cette capitale, la France fut calme et heureuse. Philippe s’en servit habilement pour assurer de plus en plus sa prospérité. Peu de princes ont été plus appliqués aux soins du gouvernement.

Sa prévoyance et son activité s’étendirent à tout ce qui pouvait embellir son royaume, comme à tout ce qui devait assurer sa puissance. Pour diminuer l’autorité des seigneurs, il établit des baillis, juges des cas royaux, dans toutes les principales villes. Aucun de ses prédécesseurs n’avait su aussi bien que lui tirer des sommes considérables de ses vassaux, des juifs et de tous ceux auxquels il accordait des grâces et des faveurs, et les impôts n’avaient pas encore été soumis avant lui à l’ordre et à la fixité qu’il leur donna.

Ce fut par là qu’il parvint à fortifier un grand nombre de places, à créer et solder une armée permanente. C’est par ce moyen qu’il imprima à l’autorité royale un caractère de force et de grandeur inconnu des Français depuis la chute des Carolingiens, et qui n’a fait que s’accroître sous ses successeurs. Il créa les maréchaux de France. De nouvelles communications furent ouvertes, et la plupart des villes furent entourées de murs. C’est sous son règne qu’on vit s’élever les églises d’Amiens, de Saint-Remi de Reims, et surtout de Notre-Dame de Paris, commencée sous son prédécesseur, et terminée sous Philippe le Hardi.

Protecteur des lettres, Philippe II fit beaucoup pour l’université, et ce corps acquit un crédit et une influence considérables ; enfin, la conquête du Maine, de la Normandie, celle de l’Anjou, de la Touraine et du Poitou, l’acquisition des comtés d’Auvergne, de l’Artois, de la Picardie et d’un grand nombre de places et de seigneuries, tels sont les faits qui méritèrent à Philippe II les titres de Conquérant, de Magnanime et d’Auguste. Il mourut à Mantes le 14 juillet 1223, à l’âge de 59 ans.

Ce prince n’eut de sa première femme qu’un fils, qui lui succéda sous le nom de Louis VIII. Ingelburge ne lui donna pas d’enfants : il eut un fils et une fille d’Agnès de Méranie, et il obtint du pape qu’ils fussent légitimés. Comme la postérité de Louis VIII fut très nombreuse, les difficultés qui auraient pu résulter de cette légitimation ne se présentèrent pas.

La taille de Philippe Auguste était moyenne, et sa constitution affaiblie par un empoisonnement soupçonné, ou par le climat de la Syrie. L’un de ses yeux était obscurci par une tache blanche. Il aimait les sciences, les arts, et pouvait être considéré comme l’un des hommes les plus instruits de son temps. Les écrivains originaux de l’histoire de ce règne sont Rigord et Guillaume le Breton.

***
Philippe Ier d'Alsace Tuteur de Philippe II Auguste
Couronnement de Philippe II Auguste associé au trône
Louis VII le Jeune, malade, nomme Philippe Ier d'Alsace tuteur de son jeune fils, Philippe II Auguste.
Comme ses prédécesseurs, Louis VII le Jeune associe son fils à la monarchie pour assurer la continuité dynastique. Il le fait sacre à Reims le 1er novembre 1179.
Ce dernier exerce le pouvoir à partir de ce jour car son père est épuisé par la maladie.
Henri Plantagenêt le Jeune assiste au sacre en tant que vassal du Roi de France et rejoint sa femme au grand plaisir de Philippe II Auguste, très inquiet de la puissance de Henri II Plantagenêt.
Henri Ier de Bar est cousin germain de Philippe II Auguste, par sa mère, assiste également au sacre.


Interventions du Roi au Château de Lourdon
Au XIIe siècle, le Château de Lourdon à Lournand suscite la convoitise des seigneurs laïcs.
Louis VII le Jeune et Philippe II Auguste, protecteurs de l'abbaye, interviennent énergiquement. Ils posent ainsi les premiers jalons du rattachement du comté de Mâcon à la couronne.


Albéric II de Dammartin ambassadeur de Philippe II Auguste
En 1180 et 1181, Albéric II de Dammartin est envoyé par Philippe II Auguste à la tête d'une délégation auprès d'Henri II Plantagenêt.


Condamnation des dirigeants de la communauté juive
Le 5 février 1180, Philippe II Auguste condamne les dirigeants de la communauté juive, tenus pour responsables des calamités publiques, à une amende de 15 000 marcs d'argent.


Mort de Louis VII Le Jeune Roi de France
Philippe II Auguste Roi de France
Louis VII Le Jeune meurt à Paris le 18 septembre 1180, après 43 ans de règne.
Adèle de Champagne est écartée du pouvoir par Philippe II Auguste.
Résidant le plus souvent à Paris, il poursuit la politique paternelle de soumission et de mise en valeur du domaine royal : il multiplie les concessions de privilèges aux communautés rurales (Reims, Sens, Compiègne, Auxerre), encourage les défrichements et favorise l'émancipation des serfs. Il prend appui sur les villes en accordant des chartes de bourgeoisie (Étampes, Bourges).
Il soutient l'élection d'évêques dévoués au pouvoir royal.
Philippe II Auguste est couronné, sous le nom de Philippe II, avec son épouse Isabelle de Hainaut le 29 mai 1180 à Saint Denis, par l'Archevêque de Sens et assisté des évêques de Paris et d'Orléans.
Il viole ainsi le droit exclusif de l'Archevêque de Reims.
Philippe II Auguste, âge de 15 ans, hérite à son avènement en 1180 un domaine florissant mais restreint, comprenant l'Île-de-France, l'Orléanais et une partie du Berry.
Le reste du royaume est partagé en une dizaine de fiefs sur lesquels le Roi n'a qu'un droit théorique de suzeraineté, surtout quand il s'agit des provinces de l'Ouest réunies dans la dépendance du Roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt.
Il entreprend immédiatement d'accroître son domaine et de tirer parti des rivalités entre les grands.


Conflit avec le Comte de Flandre
En 1180, Philippe II Auguste entre bientôt en conflit avec Philippe Ier d'Alsace, le Comte de Flandre, oncle de sa femme, et une grande coalition féodale est nouée. La Flandre dévaste la Picardie et le nord de l'Île-de-France. Le conflit se poursuit progressivement à l'avantage du Roi, qui refuse systématiquement le combat, mais manœuvre politiquement. Baudouin V de Hainaut, beau frère du Comte de Flandre, est d'abord son allié de, mais va suivre finalement les intérêts de sa fille Isabelle de Hainaut, Reine de France au bord de la répudiation. La brouille entre les deux comtes est savamment organisée par le Roi de France, qui va jusqu'à nommer (à son insu) le Comte de Hainaut comme son représentant face au Comte de Flandre!

Cession du château de Pierrefonds
Nivelon de Chérisy, Évêque de Soisson, vend le château de Pierrefonds à Philippe II Auguste en 1181.


Cérémonie au Château de Caen
Henri II Plantagenêt, Richard Cœur de Lion et Jean-Sans-Terre, ses fils, organisent au Château de Caen à la Noël 1182 une fastueuse cérémonie afin de démontrer la supériorité de sa cour et donc son prestige à ses adversaires, notamment à Philippe II Auguste.


Prise du château de Dammartin
Albéric II de Dammartin prisonnier
Albéric II de Dammartin participe, au côté de Philippe II Auguste, aux opérations contre le comte Philippe Ier d'Alsace, Comte de Flandre
En 1182, le château de Dammartin est pris et Albéric II de Dammartin est fait prisonnier.


Exil des Juifs
Le 24 juin 1182 par Philippe II Auguste par un édit d'expulsion chasse les Juifs de Paris. Les synagogues sont transformées en églises. Les immeubles des juifs sont vendus par l'autorité royale. Avec les sommes réunies, Philippe II Auguste fait notamment édifier un marché sur l'ancien quartier juif de Champeaux. le roi jette ainsi les bases de ce qui deviendra les Halles de Paris.

Construction d'un mur d'enceinte de la forêt Vincennes
En 1183, Philippe II Auguste fait clore d'un mur d'enceinte le bois de Vincennes, qu'il réserve aux chasses. Philippe II Auguste agrandit le pavillon de chasse de Vincennes, en fait un manoir de pierre. Vincennes devient l'une des résidences de la cour d'Île-de-France et un centre de gouvernement.
Une chapelle est construite, la chapelle de la Pissotte.

Rébellion de Henri II de Champagne et Philippe Ier d'Alsace contre Philippe II Auguste
En 1183, Henri II de Champagne s'allie avec le comte de Flandre Philippe Ier d'Alsace contre le roi de France Philippe II Auguste. À cette coalition participent :
Henri II et sa grand-tante, la reine mère Adèle de Champagne,
Hugues III de Bourgogne et
Baudouin V de Hainaut (beau-père de Philippe II Auguste).
La coalition engage des hostilités contre Philippe II Auguste qui réagit avec beaucoup de vigueur et oblige les coalisés à déposer les armes.

Mariage de Pierre Augustus II de Courtenay avec Agnès Ire de Nevers
Philippe II Auguste apprécie la fidélité de Pierre Augustus II de Courtenay, son cousin. Il lui fait épouser Agnès Ire de Nevers, l'héritière des comtés de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre.
Pierre Augustus II de Courtenay épouse en 1184 Agnès Ire de Nevers. Leur enfant est :
Mahaut ou Mathilde de Courtenay (1186 ou 1188-12 décembre 1256), Comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, qui épousera :
en 1199 Hervé IV de Donzy,
en 1225 ou 1226 Guigues IV d'Albon.
Pierre Augustus II de Courtenay devient Comte de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre. Il le restera jusqu'en 1199.


Bataille d'Issoudun
Rattachement du Vermandois à la couronne de France
Traité de Boves
Rattachement à la couronne des comtés d'Amiens, de Montdidier et des châtellenies de Roye et de Thourotte
Un coup de main de Philippe II Auguste sur Issoudun lui permet d'imposer sa volonté et d'acquérir une partie du Vermandois.
Philippe II Auguste sort vainqueur du conflit avec la coalition fomentée par Philippe Ier d'Alsace, Comte de Flandre depuis 1180. Philippe Ier d'Alsace est obligé de céder l'héritage d'Élisabeth de Vermandois à Philippe II Auguste.
Philippe II Auguste obtient, au traité de Boves de 1185, le rattachement à la couronne des comtés d'Amiens, de Montdidier et des châtellenies de Roye et de Thourotte.


Pavement des rues de Paris
Pour la première fois, Philippe II Auguste fait paver les rues de Paris en 1185.

Velléités de répudiation d'Isabelle de Hainaut
Fine et cultivée, Isabelle de Hainaut protège les poètes et tient une Cour d'Amour.
Mais, paraissant ne pouvoir donner au roi un enfant, elle est à la veille de se trouver répudiée par Philippe II Auguste.
Cela lui permet de s'en prendre à la Flandre.
Odon de Sully est alors en conflit avec Philippe II Auguste.
En 1186, le jour où devait être prononcée la sentence sous prétexte de consanguinité, lors d'une assemblée à Senlis, Isabelle sort du palais, pieds nus, un cierge à la main et parcourt la ville en faisant l'aumône aux mendiants.
Le peuple, qui l'adore, s'émeut et s'assemble devant le palais, demandant à grands cris la grâce de l'enfant reine.
Philippe II Auguste cède !


Paix d'Amiens
Craignant d'être pris définitivement en étau entre le domaine royal et le Hainaut, la paix est signée à Amiens le 10 mars 1186. Philippe Ier d'Alsace, Comte de Flandre, reconnaît la cession du Vermandois à Philippe II Auguste, mais le conserve à titre viager.
Malgré une guerre coûteuse, la Flandre n'a pas cessé son expansion économique (en atteste le nombre de chartes communales que le Comte a signées) et le pays est dans une prospérité sans précédent à la fin du règne de Philippe Ier d'Alsace.
Albéric II de Dammartin avec Renaud de Dammartin et Simon II de Dammartin, ses fils, passent au service d'Henri II Plantagenêt, puisqu'ils réapparaissent comme comtes de Norfolk et de Suffolk.

Bataille d'Hattin
Mort de Renaud de Châtillon
Guillaume V de Montferrat Prisonnier
Prise de Saint Jean-d'Acre par Saladin
Prise de Jérusalem
En 1187, Renaud de Châtillon attaque encore une caravane allant d'Égypte à Damas.
La trêve est rompue et Saladin engage la guerre contre le royaume de Jérusalem.
La bataille entre les deux armées a lieu le 4 juillet 1187 à Hattin.
Les troupes de Saladin écrasent les croisés et les déciment.
Renaud de Châtillon est fait prisonnier et meurt immédiatement décapité d'un coup de sabre par Saladin.
La plupart des barons, dont Guillaume V de Montferrat, Onfroy IV de Toron, Guy de Chypre, Geoffroy Ier de Lusignan et Amaury Ier de Chypre sont capturés par les soldats de Saladin.
Raymond III de Tripoli en réchappe en perçant les lignes ennemies, mais, isolé avec son avant-garde, il fuit vers Tyr, puis il se réfugie à Tripoli.
Saint Jean-d'Acre se rend à Saladin sans combat le 10 juillet 1187.
À la même époque, Conrad Ier de Montferrat, son second fils, arrive à Tyr, met la ville en état de défense et met Saladin en échec.
Saladin tente de faire fléchir Conrad Ier de Montferrat, en lui montrant Guillaume V de Montferrat, son père, prisonnier et en lui promettant la vie sauve et la liberté en échange de la ville, mais le père et le fils refusent l'échange.
N'ayant plus de résistance devant lui, Saladin s'empare de la Galilée dans les jours qui suivent.
Il prend les différents ports de Terre Sainte durant l'été 1187.
Saladin s'empare de la quasi-totalité des places fortes du royaume. Il assiège puis prend Jérusalem, le 2 octobre 1187.
Ses victoires sont à l'origine de la troisième croisade, menée par Philippe II Auguste, Richard Cœur de Lion et Frédéric Ier Barberousse.
Bohémond III de Poitiers résiste victorieusement aux assauts de Saladin à Antioche grâce à l'aide d'une flotte sicilienne.
Le nom de royaume de Jérusalem restera l'appellation officielle du royaume croisé de Terre Sainte, que le titulaire règne ou pas sur la ville sainte.

Traité de Châteauroux
Philippe II Auguste oblige Henri II Plantagenêt à lui céder une partie du Vermandois par le traité de Châteauroux, en 1187.
Le Château de Fréteval fait partie de cette cession.


Reprise de Montrésor aux Anglais
Philippe II Auguste reprend temporairement Montrésor aux Anglais en 1188.


Prise de Vendôme par Philippe II Auguste
Prise de Vendôme par Richard Cœur de Lion
En 1188, Bouchard IV de Vendôme livre la ville de Vendôme, le château et la garnison anglaise à Philippe II Auguste dès le premier assaut.
En août 1188, Richard Cœur de Lion reprend la ville.


Charte communale accordée à Montreuil-sur-mer
En 1188, Philippe II Auguste accorde une charte communale à Montreuil-sur-mer.


Entrevue à Gisors entre Philippe II Auguste et Henri II Plantagenêt
En 1188, Simon IV de Montfort apparaît dans une entrevue à Bonsmoulins près de Gisors, entre Philippe II Auguste et Henri II d'Angleterre.
En 1188 Henri II projette de faire de Jean-Sans-Terre l'héritier de la couronne d'Aquitaine.
Pour s'y opposer, Richard Cœur de Lion s'allie avec Philippe II Auguste, en échange de sa reconnaissance de vassalité pour la Normandie et l'Anjou, et lui rend hommage en novembre 1188.


Organisation de la troisième Croisade
Clément III organise le regroupement des forces de la Chrétienté contre les Sarrasins.
Il incite Philippe II Auguste et Henri II Plantagenêt à entreprendre la troisième Croisade.
Henri Ier de Bar et Thiébaut Ier de Bar partent au milieu de 1189, avant les rois de France et d'Angleterre, et arrive en Terre Sainte, où il rejoint les chevaliers en train d'assiéger Saint-Jean-d'Acre.
Guy de Montfort et Jean Ier de Ponthieu part à la troisième croisade.
Les nobles du sud de la France dont Gaston VI de Béarn, ne prennent pas part à la troisième croisade, parce que la région est alors engagée dans un grand conflit concernant le partage de la Provence confrontant les couronnes d'Aragon-Catalogne d'une part et de Toulouse de l'autre.
Gaston VI de Béarn est du côté aragonais.

Prise du château du Ballon
Afin de mettre fin à l'hégémonie des Plantagenêt, Philippe II Auguste se rend dans le Maine. Il s'empare du château du Ballon en 1189.


Bataille d'Azay-le-Rideau
Traité d'Azay le Rideau ou Paix de Colombiers
En 1189, Richard Cœur de Lion se joint à l'expédition de Philippe II Auguste contre son père. Jean-Sans-Terre soutient Richard contre Henri II Plantagenêt.
Se souciait peu de sa sécurité, Richard Cœur de Lion rencontre désarmé Guillaume Ier le Maréchal et doit supplier pour avoir la vie sauve.
Henri II Plantagenêt doit capituler à Azay-le-Rideau.
Le 4 juillet 1189, "la Paix de Colombiers" (nom de Villandry au Moyen-âge), est signée dans une une forteresse du XIIe siècle, dont il ne reste aujourd'hui que les fondations et le donjon. Henri II Plantagenêt, humilié, doit reconnaître comme seul héritier son fils Richard Cœur de Lion. Philippe II Auguste obtient la suzeraineté sur le Berry.


Rotrou IV du Perche en ambassade auprès de Richard Cœur de Lion
En 1189, Philippe II Auguste envoie Rotrou IV du Perche en ambassade auprès de Richard Cœur de Lion pour l'inciter à partir en croisade.


Construction de l'enceinte fortifiée de Paris
En 1189, débute l'édification d'une enceinte fortifiée dite de Philippe II Auguste autour de la ville.
Elle est percée de 10 portes permettant d'entrer et de sortir de Paris.
Philippe II Auguste met la main sur l'Auvergne à partir de 1189.


Échange de terres entre Philippe II Auguste et l'abbaye de Saint-Victor de Paris
En 1190, Philippe II Auguste fait don à l'abbaye de Saint-Victor de Paris de terres situées à Grosbois en échange de terrains situés dans le bois de Vincennes.

Albéric Clément Maréchal de France
Albéric Clément est fait Maréchal de France en 1190 par Philippe II Auguste.
Il est le premier des Maréchaux.

Départ de Philippe II Auguste et de Richard Cœur de Lion pour la troisième Croisade
Indépendance de l'Écosse
Hugues de Durham et Guillaume de Mancheville Régents du Royaume d'Angleterre
Adèle de Champagne Régente du royaume de France
Craignant que Philippe II Auguste n'usurpe ses territoires en son absence, Richard Cœur de Lion le persuade de se joindre à lui.
Les 2 rois prennent la croix le même jour en 1190 pour rejoindre la croisade.
Philippe II Auguste s'embarque à Gênes et Richard à Marseille.
Pons III de Polignac accompagne Philippe II Auguste en Terre Sainte.
Venise ne participe pas à la troisième croisade, ce qui procure d'importants avantages commerciaux à ses rivales Pise et Gênes.
Richard Cœur de Lion siphonne les ressources du royaume en empruntant à des Juifs pour financer ses expéditions en Terre Sainte.
Il relève également les taxes et dépense la majeure partie du trésor de son père.
Richard Cœur de Lion vend nombre de charges officielles et autres droits sur des terres.
C'est lors de cette croisade que la bravoure de Richard lui vaudra son surnom de Cœur de Lion.
Richard Cœur de Lion libère Guillaume Ier Roi d'Écosse de son hommage en échange de 10 000 marcs.
Richard Cœur de Lion laisse Hugues, évêque de Durham, et Guillaume de Mancheville comme régents.
Guillaume de Mancheville meurt rapidement et est remplacé par Guillaume Longchamp.
Jean-Sans-Terre, mécontent de cette décision, se met à manigancer contre Guillaume Longchamp.
Robert II d'Harcourt accompagne Richard Cœur de Lion à la croisade.
Adèle de Champagne est régente du royaume de France.
Alain IV de Rohan, Pierre Augustus II de Courtenay, Raymond-Roger de Foix, Gérard II de Picquigny, Barthélemy de Roye, Raoul Ier de Coucy et Raoul II de Fougères participent à cette croisade.
Guillaume Ier de Joigny part pour la croisade avec Philippe II Auguste.
Pendant ce temps, son comté est administré par son frère Gaucher Ier de Joigny, Seigneur de Châteaurenard.

Séjour de Richard Cœur de Lion et Philippe II Auguste en Sicile
En septembre 1190, Richard Cœur de Lion et Philippe II Auguste arrivent en Sicile.
Richard Cœur de Lion réclame la libération de sa sœur Jeanne et que lui soit remis son héritage.
La présence de deux armées étrangères cause des troubles parmi la population.
En octobre 1190, la population de Messine se révolte, demandant que les étrangers quittent l'île.


Traité de Messine
Tancrède de Lecce accepte finalement de signer un traité avec Richard Cœur de Lion et Philippe II Auguste en mars 1191 qui stipule :
Jeanne doit être libérée, recevoir sa part d'héritage ainsi que la dot que son père avait donnée à feu Guillaume,
Richard Cœur de Lion et Philippe II Auguste reconnaissent Tancrède comme légalement Roi de Sicile et souhaitent conserver la paix entre leurs royaumes,
Richard Cœur de Lion proclame officiellement son neveu Arthur Ier de Bretagne, le fils de son frère Geoffroy IIde Bretagne, comme son héritier, et Tancrède de Lecce promet de marier dans le futur une de ses filles à Arthur (alors âgé de 4 ans) quand il sera majeur.
Le traité ébranle les relations entre l'Angleterre et le Saint Empire romain germanique, et cause la révolte de Jean-Sans-Terre, qui espére être proclamé héritier à la place d'Arthur.
Sa révolte échoue mais à partir de ce moment, Jean continuera de comploter contre son frère.


Philippe II Auguste à Saint-Jean-d'Acre
Philippe II Auguste rejoint le siège de Saint-Jean-d'Acre le 20 avril 1191.

Renoncement de Richard Cœur de Lion à épouser Adèle de France
Brouille de Richard Cœur de Lion avec Philippe II Auguste
En 1191, en Sicile, Richard Cœur de Lion avertit Philippe II Auguste qu'il ne saurait prendre comme femme, Adèle de France, sœur de Philippe II Auguste.
Ils se brouillent et reprennent alors la mer.


Bataille de Saint-Jean d'Acre
Mort de Jean Ier de Ponthieu Comte de Ponthieu et de Montreuil
Mort de Gérard II de Looz
Louis II de Looz Comte de Looz
Mort de Thibault V de Blois
Alix de France Régente des comtés de Blois et de Chartres
Mort de Philippe Ier d'Alsace
Intégration du Vermandois à la couronne de France
Marguerite d'Alsace Comtesse de Flandre
Mort de Raoul Ier de Clermont-en-Beauvaisis
Louis de Blois Comte de Clermont-en-Beauvaisis
Louis de Blois Comte de Blois, de Chartres, de Châteaudun
Mort de Galéran V de Meulan
Mort de Raoul Ier de Coucy
Abandon de la croisade par Philippe II Auguste
Richard Cœur de Lion arrive à Saint-Jean d'Acre le 7 juin 1191.
Jean Ier de Ponthieu meurt le 30 juin 1191 à Acre en Palestine.
Il est inhumé dans l'abbaye Dommartin-des-Prémontrés de Saint-Josse dans le Pas-de-Calais.
Gérard II de Looz meurt à Saint-Jean-d'Acre.
Louis II de Looz devient Comte de Looz.
Richard Cœur de Lion prend Saint-Jean-d'Acre le 13 juillet 1191, mettant fin au siège de la ville par Saladin.
Hugues IV de Saint-Pol, Raymond-Roger de Foix, Robert II de Dreux et Gaucher III de Châtillon-sur-Marne participent au Siège de Saint-Jean-d'Acre.
Philippe d'Aumont est mentionné dans la charte d'Acre.
Il semble donc qu'il participe à ce siège.
Thibault V de Blois participe à la troisième croisade et meurt lors de ce siège.
Il est inhumé dans l'abbaye de Pontigny en Bourgogne.
Alix de France assume la régence des comtés de Blois et de Chartres pendant la minorité de son fils Louis.
Arrivé à Saint-Jean-d'Acre, Philippe Ier d'Alsace est frappé par l'épidémie de peste et meurt le 1er juin ou juillet 1191.
Son corps est rapatrié par Mathilde de Portugal et enterré à Clairvaux.
Philippe Ier d'Alsace conservant le Vermandois à titre viager depuis 1186, le Vermandois revient définitivement à la couronne de France.
Marguerite d'Alsace devient Marguerite Ire de Flandre, Comtesse de Flandre.
Baudouin V de Hainaut dit le Courageux, son mari, devenu Baudouin VIII de Flandre, gouverne le comté.
La Flandre est amputée de l'Artois en 1191.
Connétable de France, Raoul Ier de Clermont-en-Beauvaisis accompagne Philippe II Auguste pendant la Troisième croisade.
Raoul Ier de Clermont-en-Beauvaisis meurt à Acre le 15 octobre 1191.
Louis de Blois devient Comte de Clermont-en-Beauvaisis en 1191.
Louis de Blois devient Comte de Blois, de Chartres, de Châteaudun en 1191.
Galéran V de Meulan, sous les ordres de Richard Cœur de Lion, meurt en 1191, au siège de Saint-Jean-d'Acre.
Raoul Ier de Coucy meurt à Saint-Jean d'Acre (Ptolèmaïs pendant l'antiquité) en novembre 1191 durant le siège.
Son corps est rapporté et il est inhumé en l'abbaye de Foigny en Thiérache.
Philippe II Auguste, soi-disant malade, rentre précipitamment en France en 1191.

Philippe II Auguste à Fontainebleau
À Noël 1191, Philippe II Auguste fête à Fontainebleau le retour de la troisième croisade.


Suppression de la charge de Sénéchal de France
L'office de sénéchal de France est entre le Xe et le XIIe siècle le premier des grands offices de la couronne de France.
La charge de sénéchal de France est supprimée par Philippe II Auguste en 1191.
Ses pouvoirs sont partagés entre les connétables et les grands-maîtres.

Guillaume de Bournel Maréchal de France
Guillaume de Bournel est fait Maréchal de France en 1192 par Philippe II Auguste.


Retour de Philippe II Auguste en France
Au retour de Philippe II Auguste en France, en 1192, la reine Adèle rentre de nouveau dans l'ombre.

Cession de Gisors à la couronne de France
En 1193, pendant la captivité de Richard Cœur de Lion, Jean-Sans-Terre prend le pouvoir en Normandie avec la complicité de Philippe II Auguste.
Jean-Sans-Terre négocie avec Philippe II Auguste et lui abandonne Gisors.


Prise de la forteresse d'Ivry-la-Bataille,
En 1193, Philippe II Auguste prend la forteresse d'Ivry-la-Bataille.


Paris Capitale
À partir de 1194, la cour se fixe à Paris.
Philippe II Auguste entoure la ville de remparts, fait paver les rues et favorise le commerce.


Hugues IV de Saint-Pol Seigneur de Pont-Sainte-Maxence, de Verneuil et de Pontpoint
Hugues IV de Saint-Pol reçoit en 1194 de Philippe II Auguste, les terres de Pont-Sainte-Maxence, de Verneuil et de Pontpoint, en raison de ses services rendus.


Synode de Compiègne
Au synode de Compiègne les évêques du royaume annulent le mariage de Philippe II Auguste et d'Ingeburge de Danemark en 1194.

Dreux IV de Mello Connétablede France
Dreux IV de Mello, Seigneur de Saint-Bris, est fait Connétable de France en 1194 par Philippe II Auguste.

Construction du château fort d'Anet
Un château fort est bâti à Anet au XIIe siècle, avec d'épaisses murailles, 4 tours et un gros donjon rond.
Philippe II Auguste y fait plusieurs séjours et part de là assaillir la Normandie dont la rivière d'Eure forme à cet endroit la frontière.


Bataille de Fréteval
Création du Trésor des Chartes
Trêve de Verneuil
Jean-Sans-Terre laisse Philippe II Auguste :
prendre pied dans l'est de la Normandie.
attaquer Rouen, profitant de l'absence de son puissant vassal.
Richard Cœur de Lion débarque en France en mai 1194.
Après ce jour, il ne retournera plus en Angleterre.
Philippe II Auguste revient envahir à nouveau la ville Vendôme et assiéger le château mais il doit lever le siège devant l'arrivée de Richard Cœur de Lion.
Le choc entre les deux armées a lieu le 5 juillet 1194 dans la forêt aux alentours de la forteresse de Fréteval.
Philippe II Auguste est vaincu.
Philippe II Auguste perd dans sa fuite son trésor, son sceau et ses archives.
Richard Cœur de Lion s'empresse de les détruire.
Guillaume le Breton, historiographe du roi, rapporte que Philippe II Auguste a ainsi perdu les Livrets de compte du fisc.
Cette perte décide Philippe II Auguste à sédentariser les archives, en rassemblant les documents les plus importants à Paris.
Cela entrainera la création des archives de France et de la fonction de garde des sceaux.
Il charge son conseiller Guérin de créer le Trésor des Chartes.
Richard Cœur de Lion reconquiert ses fiefs normands.
La Campagne se termine par la trêve de Verneuil.
Richard Cœur de Lion reprend le château de Loches.

Mort de Marguerite d'Alsace Comtesse de Flandre
Baudouin VI de Hainaut Comte de Flandre
Hommage de Baudouin VI de Hainaut à Philippe II Auguste
Cession de Boulogne, Guînes et Oisy à la Couronne de France.
Marguerite d'Alsace meurt le 15 novembre 1194 au château de Male.
Baudouin VI de Hainaut, héritier de sa mère, devient Comte de Flandre sous le nom de Baudouin IX de Flandre.
Baudouin VI de Hainaut prête rapidement hommage à Compiègne à Philippe II Auguste mais reste dans une prudente attente dans le conflit franco-anglais.
Baudouin VI de Hainaut est obligé par Philippe II Auguste à donner des garanties supplémentaires à sa foi : le roi reçoit le serment des barons flamands de lui rester fidèle ; la menace d'un anathème plane sur le comte en cas de parjure.
Baudouin VI de Hainaut cède les fiefs de Boulogne, Guînes et Oisy à la Couronne de France.


Demande restitution de Lens, Arras, Hesdin, Bapaume, Saint-Omer et Aire
Alliance de Baudouin VI de Hainaut avec Richard Cœur de Lion
Invasion de l'Artois par Baudouin VI de Hainaut
Siège d'Arras
Inondation du camp français en Yser
Occupation d'Aire et de Saint-Omer
Taxé de faiblesse à son retour par les Flamands, Baudouin VI de Hainaut demande à Philippe II Auguste le retour à la Flandre de Lens, Arras, Hesdin, Bapaume, Saint-Omer et Aire et s'allie alors à Richard Cœur de Lion.
Devant le refus de Philippe II Auguste, Baudouin VI de Hainaut entre en Artois, tandis que le Richard Cœur de Lion occupe les forces françaises en Normandie et met le siège devant Arras.
Philippe II Auguste réagit, repousse Baudouin VI de Hainaut jusqu'à l'Yser, mais le comte fait alors ouvrir les écluses sur le camp français.
Philippe II Auguste, enserré par les ea […]
30 août 1165 :
Baptême - Paris, 75000, Paris, Île-de-France, FRANCE
5 mai 1180 :
Mariage (avec Isabelle DE HAINAUT) - Bapaume, 62080, Pas-de-Calais, Hauts-de-France, FRANCE
Philippe II Auguste cherche l'alliance flamande pour échapper à l'emprise des Champenois menés par sa mère Adèle de Champagne et ses oncles. Philippe II Auguste épouse le 28 avril 1180 à Bapaume Isabelle de Hainaut. Leur enfant est :
Louis VIII le Lion (5 septembre 1187-8 novembre 1226), Roi de France.

Isabelle à 13 ans et lui 15 ! Isabelle de Hainaut est la nièce de Philippe Ier d'Alsace, Comte de Flandre et pair du royaume. Philippe Ier d'Alsace lui donne une dot imprudemment disproportionnée : l'Artois. Isabelle présente de plus l'avantage d'avoir du sang carolingien, les comtes de Hainaut descendant de Charles de Basse-Lorraine et donc de Charlemagne.

Velléités de répudiation d'Isabelle de Hainaut
Fine et cultivée, Isabelle de Hainaut protège les poètes et tient une Cour d'Amour.
Mais, paraissant ne pouvoir donner au roi un enfant, elle est à la veille de se trouver répudiée par Philippe II Auguste.
Cela lui permet de s'en prendre à la Flandre.
Odon de Sully est alors en conflit avec Philippe II Auguste.
En 1186, le jour où devait être prononcée la sentence sous prétexte de consanguinité, lors d'une assemblée à Senlis, Isabelle sort du palais, pieds nus, un cierge à la main et parcourt la ville en faisant l'aumône aux mendiants.
Le peuple, qui l'adore, s'émeut et s'assemble devant le palais, demandant à grands cris la grâce de l'enfant reine.
Philippe II Auguste cède !
21 août 1193 :
Mariage (avec Ingelburge DE DANEMARK) - Amiens, 80021, Somme, Hauts-de-France, FRANCE
Mariage
Le jeune roi de France, veuf d’Isabelle de Hainaut depuis deux ans, cherche une nouvelle reine et une épouse pour consolider sa fragile descendance. Pour s’épargner une toujours possible annulation en consanguinité (cf. Louis VII de France et Aliénor d’Aquitaine), son choix se porte sur le Danemark gouverné par Knud VI de Danemark qui accepte le mariage de sa sœur Ingeburge avec le roi de France. La dot est âprement débattue et fixée à 10 000 marcs d’argent, une lourde charge pour un petit royaume.

La princesse est amenée en France, Philippe la rencontre à Amiens le 14 août 1193, l'épouse le jour même en la cathédrale Notre-Dame d'Amiens.

Sacre et répudiation
Ingeburge fut couronnée reine le lendemain. Les témoins du mariage dirent que le roi était fébrile la veille de la cérémonie et que le lendemain même de ses noces, Philippe, sans qu’il ne s’en explique, demanda aux ambassadeurs du Danemark de repartir avec Ingeburge, ce qu’ils refusèrent en quittant le royaume de France sur-le-champ. La reine fut d’abord conduite au prieuré de Saint-Maur puis à l'abbaye Saint-Calixte de Cysoing et Philippe II entama une procédure d’annulation de mariage.

Le 5 novembre 1193, la dissolution du mariage fut prononcée grâce à la complaisance de Guillaume de Champagne, archevêque de Reims et oncle du roi de France. La reine qui restait seule et sans soutien ne parlait ni français ni latin ; le peu de vocabulaire dont elle disposait dans cette langue lui permit toutefois d’exprimer son désaccord sur l’annulation du mariage par ses mots « mala Francia » « Roma, Roma ». Elle demandait par ces mots l’intervention du pape Célestin III.

***
Philippe II Auguste est veuf d'Isabelle de Hainaut.
Philippe II Auguste épouse en la cathédrale Notre-Dame d'Amiens le 14 août 1193 Ingeburge de Danemark.

À cause du désintérêt inexpliqué que lui porte soudain Philippe II Auguste au lendemain de sa nuit de noces, Ingeburge de Danemark est envoyée à l'abbaye de Saint-Maur puis au prieuré Beaurepaire de Somain, dépendant de l'abbaye de Cysoing.
Elle restera captive 7 ans.
Philippe II Auguste refuse de lui reconnaître sa place de reine.

Pour défendre l'annulation du mariage, Philippe II Auguste souhaite faire valoir un lien de parenté prohibé par l'Église.
Ils divorcent dès le 5 novembre 1193.

Canut VI de Danemark consacrera toute son énergie et son temps à tenter d'obtenir la libération d'Ingeburge de Danemark, sa sœur, en plaidant sa cause auprès du Pape.
Célestin III jette l'interdit sur le royaume de France en 1193.

Le pape Célestin III déclare l'annulation du mariage de Philippe II Auguste avec Ingeburge de Danemark illégale le 13 mars 1195.
8 juin 1196 :
Mariage (avec Agnès DE MÉRANIE)
Philippe II Auguste passe outre à la décision de Célestin III.
Philippe II Auguste épouse le 1er juin ou le 14 août 1196 Agnès de Méranie.
Leurs enfants sont :
Marie de France (1198-1224 ou 1238) qui épousera :
en 1206 Philippe Ier de Hainaut, Comte de Namur,
en 1213 Henri Ier de Brabant,
Philippe Ier Hurepel de France (juillet 1200-1234), Comte de Clermont et de Boulogne, qui épousera en 1216 Mathilde II de Dammartin,
Thomas Hurepel (1201-1201).

Divorce de Philippe II Auguste et d'Agnès de Méranie
Levée de l'interdit sur le royaume de France
Philippe II Auguste s'incline devant le Pape qu'en 1213. Philippe II Auguste et Agnès de Méranie divorcent vers 1213. L'interdit sur le royaume de France est alors levé.
21 juillet 1223 :
Décès - Mantes-la-Jolie, 78361, Yvelines, Île-de-France, FRANCE
Philippe II Auguste meurt à Mantes-la-Jolie le 14 juillet 1223. Il est inhumé le 15 juillet à l'abbaye de Saint-Denis.

Philippe II Auguste a régné 43 ans, presque autant que son père Louis VII le Jeune et que son petit-fils Saint-Louis.

À sa mort, Philippe II Auguste est de loin le plus grand seigneur du royaume.

Il a agrandi le domaine royal de 7 provinces : Normandie, Maine, Anjou, Touraine, Poitou, Valois et Vermandois. Il met en place des méthodes nouvelles de gouvernement rendues nécessaires par l'extension du domaine. Il divise la France en bailliages et prévôtés et établit une administration directe par la couronne. Les baillis, officiers nommés et révoqués par le roi, le représentent dans toutes ses fonctions.

Les impôts restent exceptionnels (dîme saladine), mais la collecte plus soigneuse des revenus domaniaux et la vente de privilèges aux communes et aux métiers accroissent considérablement la trésorerie royale confiée aux Templiers.

Ces ressources permettent de rétribuer des mercenaires et d'élever de puissants châteaux (Dourdan, Issoudun, Gisors) : l'art de la guerre féodale en est transformé.

De même, le gouvernement central évolue : les sessions de la cour se spécialisent dans les affaires judiciaires et financières, préfigurant ainsi le Parlement et la Cour des comptes.

Les deux offices les plus importants : sénéchal et chancelier, sont supprimés, et d'une façon générale les grands féodaux laissent la place à des hommes d'extraction plus modeste, reconnus pour leurs compétences.

Ses rapports avec l'Église ont été souvent compliqués, comme ceux de plusieurs rois capétiens, à cause d'affaires de divorce.

Il adoucit les mœurs violentes du temps, en instituant la trêve appelée quarantaine-le-roi, en vertu de laquelle on ne pouvait tirer vengeance d'une injure avant quarante jours écoulés.

Philippe II Auguste embellit Paris, dont il bâtit les premiers remparts, bâtit l'Hôtel-Dieu et acheva Notre-Dame.

Pour la première fois depuis l'avènement des Capétiens, le prince royal n'a pas été associé au trône durant le vivant de son père.

Louis VIII le Lion a déjà 36 ans quand il se fait sacrer sans difficulté Roi à Reims avec sa femme Blanche de Castille, le 6 août 1223.

Cela contribue à asseoir définitivement l'autorité royale.

La cérémonie est aussi fastueuse que l'accueil des époux à Paris, où l'on festoie pendant une semaine.

Maurice du Mans est le premier à prêter serment à Louis VIII le Lion le 23 novembre 1223.

Fort différent de son père, Louis est un être chétif, froid, mais un père prolifique (douze enfants) et un guerrier intrépide.

Il doit d'ailleurs son surnom à la bravoure et à la cruauté, dont il a fait preuve à la guerre :

soit en secondant Philippe II Auguste,
soit en participant à la croisade contre les albigeois.


***
14 juillet 1223
Avènement de Louis VIII le Lion

Le 14 juillet 1223 meurt Philippe Auguste (58 ans) après 42 ans de règne. Le fils qu'il a eu de sa première épouse Isabelle de Hainaut lui succède sous le nom de Louis VIII le Lion.

À la différence des précédents rois capétiens, il n'a pas été sacré du vivant de son père. C'est la preuve que la dynastie est assez respectée pour que la succession héréditaire apparaisse désormais comme allant de soi.
André Larané
Sacre de Louis VIII à Reims le 6 août 1223 (Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris)
Digne héritier de son père

À 36 ans, le nouveau roi a déjà une longue et heureuse expérience des responsabilités. En 1214, tandis que son père affronte à Bouvines les coalisés du nord, lui-même bat le roi d'Angleterre Jean sans Terre à La Roche-aux-Moines, en Anjou (sur la commune actuelle de Savennières). L'année suivante, les barons anglais déposent leur roi et proposent la couronne à Louis. Le prince débarque en Angleterre en mai 1216 mais Jean sans Terre a le bon goût de mourir sur ces entrefaites. Son fils et héritier légitime relève la couronne sous le nom d'Henri III et tout rentre dans l'ordre.

Le 6 août 1223, à Reims, Louis VIII le Lion et son épouse Blanche de Castille, sont couronnés par l'archevêque Guillaume de Joinville, en présence de Hugues IV, duc de Bourgogne, du comte de Flandre et de l'évêque de Beauvais, Grandes Chroniques de France, enluminées par Jean Fouquet, Tours, XVe siècle, Paris, BnF.Louis se fait battre le 20 mai 1217 devant le château de Lincoln par les troupes royales, sous le commandement du régent d'Angleterre Guillaume le Maréchal (70 ans), tournoyeur réputé « le meilleur chevalier du monde ». Le prétendant se retire non sans avoir négocié une forte indemnité par le traité de Kingston. Notons que c'est le seul débarquement armé qui ait eu lieu en Angleterre depuis Guillaume le Conquérant !

Après son accession au trône et son sacre à Reims le 6 août 1223, Louis VIII conserve les conseillers de son père, tous issus de la petite noblesse ou de la bourgeoisie. Enclin à la guerre, il enlève aux Plantagenêt le Poitou et une partie de la Gascogne. Il s'empare de Niort et La Rochelle. Enfin, il repart dans le Midi toulousain pour en finir avec la croisade contre les Albigeois.

Après avoir pris Avignon et ravagé le pays, il meurt sur le retour, à Montpensier, en Auvergne, emporté par une dysenterie aiguë, le 8 novembre 1226...

La chronique raconte que, sur son lit de douleur, ses proches lui auraient suggéré un remède réputé efficace, à savoir déflorer une jeune vierge ! Mais le malheureux souverain aurait rejeté avec indignation ce remède, par piété autant que par fidélité à son épouse Blanche de Castille.
Reddition d'Avignon devant Louis VIII en 1226 (BNF)
Succession délicate

Le roi laisse donc une veuve éplorée, Blanche de Castille, qui songe un moment à se donner la mort, et un fils de seulement douze ans qui devient roi sous le nom de Louis IX. C'est la première fois que la couronne revient à un enfant et celui-ci, pas plus que Louis VIII, n'a été sacré du vivant de son père.

Pour prévenir une quelconque contestation des grands féodaux, le cercle des conseillers royaux le fait prestement sacrer à Reims le 29 novembre 1226 et confie la régence à la reine Blanche. Le nouveau roi restera dans la postérité sous le nom de saint Louis.
https://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=12230714&ID_dossier=3
Inhumation - Saint-Denis, 93200, Seine-Saint-Denis, Île-de-France, FRANCE
Philippe II Auguste (1165-1223) : roi de 1180 à 1223. Inhumé en la basilique Saint-Denis. Il est le premier à avoir eu des funérailles royales extrêmement codifiées et symboliques, qui resteront la norme jusqu’au XVIe siècle. Le tombeau en argent doré édifié pour lui par son petit-fils Saint-Louis fut détruit, non à la Révolution comme on le lit souvent, mais dès le XVe siècle, l’église abbatiale étant ravagée lors de la guerre de Cent ans.

***
Philippe II mourut sur la Seine, où il naviguait pour rejoindre Mantes, la ville où était enterrée sa troisième épouse Agnès de Méranie. Il fut inhumé en la basilique Saint-Denis près de Paris. Guillaume Le Breton, source assez fiable, affirme qu'« une pierre recouvrait son corps à côté de celui de Dagobert ». Le Roi aurait été enterré au sud du maître-autel. Pourtant, une chronique composée par un ecclésiastique bien informé de Saint-Martin de Tours, et qui va jusqu’aux années 1225-1227, nous dit que Philippe Auguste était enterré devant le maître-autel. Le corps du Roi aurait donc été déplacé.

Lors de la réorganisation de la nécropole, sa tombe fut de fait placée au centre, avec celle de son fils Louis VIII, afin de symboliser l'union des lignées mérovingienne (à droite) et capétienne (à gauche), selon l'idée émise à l'origine par Gilles de Paris (Philippe Auguste, descendant plusieurs fois de Charlemagne, ayant épousé en la personne d'Isabelle de Hainaut une descendante directe de Charles de Basse-Lotharingie, prétendant carolingien et rival d'Hugues Capet).

Le tombeau de Philippe Auguste fut cité dans plusieurs chroniques mentionnant sa beauté. Richer de Senones, qui écrit entre 1254 et 1260, est très impressionné par le « tombeau en argent doré avec de nombreuses images » de Philippe Auguste. Le Ménestrel de Reims (vers 1260) décrit ainsi ce tombeau : « ombe de fin or et d’argent où il est tresgeteiz comme rois ; et sont quarante-huit evesques en quatre costeiz de la tombe, enlevei et figurei comme esvesque, revestu si comme pour chanteir messe, les mitres en chiés et les croces es mains ».

Ce tombeau a été détruit, de même que ceux de Louis VIII et de Saint Louis, sous l’occupation anglaise entre 1420 et 1435. L’or et l’argent ont été fondus pour les besoins de la guerre en France menée par le roi Lancastre Henri IV et son oncle, le duc de Bedford. Après la fin de la guerre de Cent ans, il ne restait plus au sol que trois dalles marquant l’emplacement de ces somptueux sépulcres.

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