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Agnès DE MÉRANIE

Agnès DE MÉRANIE

  • Née en 1172 - Andechs, Regierungsbezirk Oberbayern, Bavaria, GERMANY
  • Décédée le 26 juillet 1201 - Poissy, 78498, Yvelines, Île-de-France, FRANCE
  • Inhumée - Septeuil, 78591, Yvelines, Île-de-France, FRANCE
  • Reine de France (1196-1201)
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Parents

Union(s) et enfant(s)

Événements

1172 :
Naissance - Andechs, Regierungsbezirk Oberbayern, Bavaria, GERMANY
Descendante directe de Ramsès ???
https://fr.wikipedia.org/wiki/Agn%C3%A8s_de_M%C3%A9ranie
Agnès de Méranie ou Agnès d'Andechs, alternativement prénommée Marie, née vers 1172, morte le 19 juillet 1201 à Poissy, est une fille de Berthold IV, duc de Méranie, et d'Agnès de Wettin. Elle est devenue reine des Francs par son mariage avec Philippe II de France tandis que sa sœur Gertrude de Méranie épouse le roi André II de Hongrie. Ces derniers sont les parents de Sainte Élisabeth de Hongrie.
Dynastie Famille d'Andechs et de Méranie

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https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article2264
Après avoir fait prononcé par un concile tenu à Compiègne le 5 novembre 1193 la dissolution de son mariage avec Ingeburge de Danemark qu’il tenait emprisonnée au couvent des Augustins de Cysoing, près de Tournai, Philippe-Auguste se heurta à l’opposition du pape Célestin III, qui cassa cette décision le 13 mars 1195 et ordonna aux prélats d’empêcher la bénédiction d’un éventuel remariage du souverain.

Passant outre, le roi brava ouvertement les foudres de l’Église. Il fit chercher une femme par toute l’Europe ; mais ses premières tentatives ne furent pas heureuses : les trouvères faisaient des malheurs d’Ingeburge le sujet de leurs chants, ils en composaient des complaintes, et les nobles suzeraines pleuraient sur la princesse de Danemark, reléguée de château en château, quelquefois privée de la lumière du jour, quelquefois abandonnée aux soins de gardiens infidèles qui oubliaient de veiller à sa nourriture ; car il était arrivé, et cela était notoire, que la reine avait passé un jour sans manger.

Aussi, malgré les lettres du roi de France et les prières de ses envoyés, les nobles dames craignaient ou d’être répudiées ou de se voir ignominieusement renvoyées ; Clémence en Thuringe, et Alix, fille d’un prince palatin, refusèrent. Philippe écrivit à une princesse de Flandre : « Je jure que je vous épouserai, à moins que vous ne soyez laide à faire peur », nous apprend Guillaume Le Breton dans ses Chroniques. Cette promesse ne parut pas suffisante pour faire agréer la demande. Mais à la fin, Agnès de Méranie, après avoir bien demandé si le roi de France était libre et si son divorce était valable, consentit à devenir sa femme. Son père, Berthold IV, comte de Diessen, duc de Dalmatie, de Croatie et de Méranie, appartenait à la maison d’Andechs, et possédait de vastes seigneuries dans le Tyrol et en Bavière. Sa famille s’était hissée au rang de vassale directe de l’empereur.

Amenée en France, Agnès de Méranie y arriva au milieu de la cour plénière que tenait Philippe à Montreuil pour y recevoir l’hommage du comte de Flandre. Quand elle parut montée sur sa haquenée, entourée de ses damoiselles, toutes les joutes furent suspendues ; un murmure approbateur accueillit sa venue, car sa grâce, sa beauté, ses cheveux bouclés sur ses épaules, l’éclat de son teint, et le charme de sa personne contrastaient avec la raideur d’Ingeburge. Le roi fit asseoir sa fiancée sous la tente qu’il lui avait préparée, et tous les chevaliers s’émerveillaient, disant : « Qu’elle est belle, la nouvelle reine ! Et qu’il est heureux, notre sire, d’avoir une telle dame ! Nous porterions volontiers ses couleurs ». A vingt-quatre ans, la future souveraine non seulement confortait sa famille dans le Saint-Empire en épousant Philippe-Auguste, mais faisait également preuve d’un courage peu commun et d’un mépris des règles ecclésiastiques peu banal, l’union étant proscrite par le pape.

Malgré les doutes de plusieurs évêques, le roi, dès le lendemain, 1er juin 1196, fit célébrer le mariage, et, de ce moment, on reconnut qu’il devenait passionnément épris d’Agnès ; il ne paraissait plus qu’avec ses couleurs, il ne la quittait pas. Elle l’accompagnait dans ses chasses. Tant d’élégance et de légèreté dans sa taille, tant de rapidité dans sa course et de justesse dans les coups qu’elle lançait, la faisaient comparer, par les érudits du temps, à la Camille de Virgile « qui courait sur un champ de blé, sans en courber les épis ». Les poètes célébraient la beauté de la reine, les chevaliers enviaient l’honneur d’être couronnés de sa main. Ingeburge était oubliée, et le mariage du roi semblait avoir fait oublier aussi les doutes élevés sur la sentence du divorce.

Il paraît que, résignée, quand elle apprit le succès de sa rivale, Ingeburge ne songeait plus à se plaindre et qu’elle supportait son sort, lorsque le petit nombre d’amis qui la visitaient l’engagèrent à recourir encore une fois au pape : « Ce sera, lui disait-on, défendre les droits sacrés du mariage, et faire cesser l’injustice du scandale ». Célestin III ne répondit pas aux plaintes de la reine répudiée, et le bonheur d’Agnès et de Philippe ne fut point troublé.

Si les clercs et les évêques rappelaient parfois qu’Agnès ne pouvait être épouse légitime, les seigneurs la tenaient pour leur suzeraine et l’appelaient la fleur des dames ; le roi la menait dans toutes les villes de ses domaines ; sa cour était une fête perpétuelle. Déjà deux fois elle avait été mère : elle portait un troisième enfant dans son sein, et se voyait de plus en plus entourée d’hommages et d’amour, lorsqu’une lettre foudroyante du pape Innocent III, élu le 8 janvier 1198 et succédant à Célestin, vint, comme un coup de tonnerre, renverser tout ce bonheur. Ménageant le monarque en annonçant son élévation au trône pontifical, il s’acharnait cependant sur Agnès de Méranie qu’il qualifiait d’intruse et de femme du dehors. Il déclarait que le roi ne pouvait garder Agnès avant que la parenté d’Ingebruge ne fût mieux prouvée qu’elle ne l’avait été jusque-là, et qu’il fallait préalablement cesser tout rapport avec Agnès.

Philippe dédaigna cette réprimande et ne répondit même pas. Innocent lui envoya un légat avec une seconde lettre. Philippe reçut le légat, lut la missive, et dit : « Agnès est mon épouse, personne ne pourra m’en séparer ». Le cardinal, Pierre de Sainte-Marie, avait le pouvoir et l’ordre de mettre le roi en interdit, mais il n’osa aller plus loin avant d’en avoir écrit au pape qui, excédé, fit réunir un concile à Dijon le 6 décembre 1199 au cours duquel il fut décider de jeter l’interdit sur le royaume de France. Un mois plus tard, l’interdit était effectif, le pape étant persuadé que la voix du peuple forcerait le roi à céder.

En effet le peuple murmura fort, prit hautement parti contre le roi. En septembre, dans certains endroits, les cadavres, que l’on n’avait pas le droit d’enterrer, dégageaient une telle puanteur que des villages entiers étaient incommodés. Le roi savait quels graves ennuis devaient supporter ses sujets, mais ne voulait pas céder. Pourtant, il finit par s’incliner, et envoya des émissaires à Rome supplier le pape de lever l’interdit et de réunir, pour étudier la validité de son union avec Ingeburge, un concile auquel il s’engageait par avance à se soumettre. Le pape exigea avant toute chose le renvoi d’Agnès et le rappel d’Ingeburge. Philippe-Auguste dut céder. La rencontre pour le retour en grâce de la reine emprisonnée eut lieu à Rambouillet le 7 septembre 1200.

Agnès vint à cette assemblée composée de tous les tenanciers de la Couronne de France ; mais sa tristesse, ses vêtements de deuil, les inquiétudes mortelles que décelait sa pâleur, ne purent entrer en balance avec le malheur de l’interdit ; aucun chevalier ne prit sa défense ; l’avis unanime du parlement fut que le roi renvoyât Agnès de Méranie, et reprit Ingeburge jusqu’à ce que le pape eût fait revoir la sentence. Alors Philippe, s’adressant à l’archevêque de Reims : « Il est donc vrai, lui dit-il, que cette sentence de divorce a été annulée par le Saint-Siège ? - Cela est vrai, monseigneur, répondit le prélat. - Eh bien ! sire archevêque, vous qui l’avez prononcée, vous ne saviez donc ce que vous faisiez ? » L’archevêque ne répondit pas un mot, et le roi sortit. Après avoir fait conduire Agnès au château de Poissy, il fit installer la reine répudiée dans le château de Saint-Léger-en-Yvelines, près de Paris. L’interdit fut aussitôt levé.

Philippe-Auguste essaya encore un moyen : Agnès écrivit en suppliante au pape Innocent III : « Elle n’était pas coupable, elle s’était informée soigneusement avant de venir en France de la validité du divorce du roi avec Ingeburge ; elle y était venue sur la parole royale ; elle avait été mariée à la face des autels ; elle était reconnue comme reine par toute la nation ; elle était mère de deux enfants, et dans ce moment elle portait dans son sein un troisième gage de cette union qu’elle avait crue légitime. Elle s’était sincèrement attachée à son seigneur ; faudrait-il qu’elle se vît mettre au rang des adultères, et que ses enfants fussent privés de la légitimité de leur naissance ? »

Innocent reçut cette lettre, mais tout fut inutile ; quelque temps plus tard, les deux époux virent arriver un légat chargé d’assembler un concile. Le cardinal Octavien, revêtu de cette mission, ayant convoqué le concile à Soissons, la reine Ingeburge y fut mandée ; on lui prépara un siège à côté de celui du roi, et le légat prenant la parole, demanda à Philippe s’il voulait promettre de reprendre sa femme Ingeburge et de renvoyer Agnès de son palais et de son royaume, jusqu’à ce que la sentence de parenté fût de nouveau examinée et résolue. Le roi promit, mais il ne pouvait retenir les pleurs que le dépit lui arrachait.

Il fit observer qu’Agnès était enceinte, et qu’un voyage pourrait compromettre sa vie. On lui laissa le soin de fixer le lieu de sa retraite pourvu qu’il promît de ne plus la revoir. Il le jura, les mains sur l’Évangile. Le roi revit une fois encore Agnès dans un appartement du palais ; on entendit leurs adieux, et la malheureuse Agnès sortit la nuit pour regagner le château de Poissy, où elle devait rester jusqu’à la naissance de son enfant. Deux mois après, elle mit au monde son troisième fils, image vivante de son père, et que les circonstances de sa douloureuse naissance firent nommer Tristan.

Pour Agnès, trop d’émotion et une trop amère douleur l’avaient frappée dans cette laborieuse grossesse ; elle mourut le 20 juillet 1201, avant la réunion de l’assemblée qui devait enfin décider la question du divorce. Son dernier-né ne lui avait pas survécu. Le roi la pleura amèrement, et pour dernier soin à la mémoire de cette femme qu’il avait tant aimée, il demanda la légitimation des trois enfants qu’elle lui avait donnés, et l’obtint quelques mois plus tard. Désireux de faire la paix avec le roi de France, le pape lui accorda en effet cette faveur par une lettre où Agnès, qu’il appelait autrefois l’intruse était dénommée la noble femme, fille du noble homme, duc de Méranie. Il n’y eut pas d’obsèques solennelles ni de tombeau à Saint-Denis, Agnès de Méranie étant enterrée dans un couvent, à Saint-Corentin près de Mantes.

Agnès de Méranie eut trois enfants avec Philippe-Auguste : Marie, née en 1198 et morte en 1223, qui épousa Philippe, comte de Namur ; Philippe dit Hurepel, né en 1200 et mort en 1234, qui épousa en 1216 Mahaut (Mathilde) de Dammartin, héritière du comté de Boulogne ; Tristan, enfant né et mort en 1201.
8 juin 1196 :
Mariage (avec Philippe II DE FRANCE)
Philippe II Auguste passe outre à la décision de Célestin III.
Philippe II Auguste épouse le 1er juin ou le 14 août 1196 Agnès de Méranie.
Leurs enfants sont :
Marie de France (1198-1224 ou 1238) qui épousera :
en 1206 Philippe Ier de Hainaut, Comte de Namur,
en 1213 Henri Ier de Brabant,
Philippe Ier Hurepel de France (juillet 1200-1234), Comte de Clermont et de Boulogne, qui épousera en 1216 Mathilde II de Dammartin,
Thomas Hurepel (1201-1201).

Divorce de Philippe II Auguste et d'Agnès de Méranie
Levée de l'interdit sur le royaume de France
Philippe II Auguste s'incline devant le Pape qu'en 1213. Philippe II Auguste et Agnès de Méranie divorcent vers 1213. L'interdit sur le royaume de France est alors levé.
26 juillet 1201 :
Décès - Poissy, 78498, Yvelines, Île-de-France, FRANCE
Cause : En couches
En mars 1201, le cardinal Octavien, légat du pape, convoqua un concile à Soissons pour tenir le procès tant attendu auquel Ingeburge assista. Philippe échoua à faire annuler son mariage et dut se résigner à éloigner à Poissy Agnès enceinte de son troisième enfant. Philippe libéra Ingeburge. Toutefois, tout ceci n’était que pour obtenir la légitimation des deux enfants nés hors mariage d’Agnès et de Philippe ; Ingeburge, officiellement épouse et reine incontestée, est envoyée au château d'Étampes, « dans la plus grande solitude et un relatif dénuement »5. Selon une légende du XVIe siècle, Ingeburge eut une relation avec son geôlier et fit même une fausse couche d'une fille en 1203.

Le 20 juillet 1201, Agnès mourut en couches, l’enfant ne survécut pas.
Elle est inhumée en l'abbaye royale de Saint-Corentin à Septeuil à une quinzaine de kilomètres au Sud de Mantes. Son décès causa au roi qui l'aimait une douleur immense.
En novembre 1201, Philippe II Auguste parvient à faire reconnaître du pape la légitimité des enfants nés d'Agnès de Méranie.
La crise avec le Pape est momentanément close et la succession dynastique est assurée.

En novembre 1201, le pape Innocent III accueillit favorablement la demande de légitimation des enfants de Philippe II et d’Agnès de Méranie au motif que cette princesse avait de bonne foi consenti au mariage, dans l’ignorance qu’elle était que l’annulation était illégale.

Dès la fin de l’année 1201, la messe était dite et Ingeburge aurait dû être libérée de sa prison d’Étampes, mais il n’en fut rien car Philippe II s’obstina, d’autant plus rassuré sur sa postérité que son second fils avait été légitimé. Les faits montreront qu’il ne s’interdisait pas de rechercher une nouvelle alliance matrimoniale car il n’avait alors que 36 ans.

À partir de 1202, Ingeburge bénéficiait toujours du soutien du pape Innocent III et des ambassadeurs danois. Son frère le roi Knut VI mourut. Son frère Waldemar II fut couronné roi du Danemark. Philippe II organisa une véritable persécution de la reine, espérant qu’elle finirait par prendre le voile ou demander l’annulation elle-même. Le pape Innocent III se plaignit alors des vexations que subissait la reine, condamnée à une vile existence alors qu’elle était reine de France, fille de roi et sœur de roi.

En 1205, Philippe demanda la séparation cette fois pour non-consommation du mariage, or le pape Innocent III avait prié le roi de France de faire acte de chair avec son épouse répudiée afin de se convaincre que sa répulsion était non fondée, ce que Philippe avait déjà consenti tant à Amiens qu’à Saint-Maur dans les premiers temps de la séparation, qu’à Étampes après le concile de Dijon, ainsi qu'Ingeburge le confirma au cardinal Octavien.

Entre 1205 et 1209 lui naquît un fils, Pierre-Carolus dit Pierre Charlot qui devint plus tard évêque de Noyon et s'illustra pour son soutien à la croisade avec saint Louis. Il aurait envisagé de se remarier une nouvelle fois, peut-être avec la mère de son fils naturel, la mystérieuse « dame d'Arras » de laquelle les sources ne disent rien. Constatant définitivement que ces projets débouchaient sur une impasse, le roi mit fin brutalement aux négociations de rupture en 1212. L'abandon de ces menées de divorce peut être le fait du décès de la candidate.

En 1207, Philippe II visita à nouveau Ingeburge puis conclut à l’impossibilité de lui trouver suffisamment de charmes pour en faire son épouse. L’argument des « aiguillettes nouées8 » ne tenait définitivement plus, même s’il avait pu être la cause de la répulsion que Philippe II avait éprouvée pour son épouse le soir de ses noces.
Inhumation - Septeuil, 78591, Yvelines, Île-de-France, FRANCE
Agnès de Méranie, fut ensevelie dans la collégiale de Poissy (78), avant que son corps ne soit transféré à l’Abbaye royale de Saint Corentin, à Septeuil (78). La dalle funéraire disparut lors de la destruction de l’abbaye.

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