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Charles II CAROLINGIEN ◉ Sosa : 467 815 538

Charles II CAROLINGIEN

◉ Sosa : 467 815 538

  • dit « Le Chauve »
  • Né le 17 juin 823 - Francfort sur le Main, ALLEMAGNE
  • Décédé le 10 octobre 877 - Avrieux, 73500, Savoie, Auvergne-Rhône-Alpes, FRANCE, à l'âge de 54 ans
  • Inhumé le 14 octobre 877 - Saint-Denis, 93200, Seine-Saint-Denis, Île-de-France, FRANCE
  • Roi des francs (20 juin 840 au 06 octobre 877), roi d'Aquitaine (832-845), roi de Lotharingie (869-870) (charles Ier), Empereur d'occident (875-877) et roi d’Italie (876-877), Duc de Bourgogne (843-877)
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Parents

Union(s) et enfant(s)

Frères et sœurs

Demi-frères et demi-sœurs

Événements

17 juin 823 :
Naissance - Francfort sur le Main, ALLEMAGNE
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_II_le_Chauve
http://www.histoireeurope.fr/RechercheLocution.php?Locutions=Charles+II+le+Chauve&Date1=&Date2=&maf=
Titre
Roi des Francs (Francie occidentale) août 843 – 6 octobre 877 (34 ans et 2 mois)
Couronnement 6 juin 848 à Orléans
Prédécesseur Louis Ier
Successeur Louis II
Empereur d'Occident 25 décembre 875 – 6 octobre 877 (1 an, 9 mois et 11 jours)
Couronnement 875
Prédécesseur Louis II
Successeur Charles III le Gros

Roi de Francie Occidentale (20 juin 840-6 octobre 877) - Roi d'Aquitaine (848-855) - Roi de Lotharingie (Charles Ier 869-870) - Empereur d'Occident (25 décembre 875-877) - Roi d'Italie (876-877). Comte de Souabe et de Thurgau.
Charles II1 dit le Chauve, né le 13 juin 823 à Francfort-sur-le-Main (Allemagne), mort le 6 octobre 877 à Avrieux (Savoie), est un des petit-fils de Charlemagne qui procèdent au partage de l'Empire en 843. Roi d'Aquitaine dès le règne de Louis le Pieux, il est roi de Francie occidentale de 843 à 877 et devient empereur d'Occident en 875.

Charles II Le Chauve est surnommé « le Chauve » non pas en raison d'une calvitie, mais parce que le 5 mai 877, jour de la consécration par le pape Jean VIII2 de la collégiale Sainte-Marie, future abbaye Saint-Corneille à Compiègne, il se serait fait raser le crâne en signe de soumission à l'Église, malgré la coutume franque exigeant qu'un roi ait les cheveux longs3. Par compensation, il porta de longues « moustaches à la chinoise »4. On peut noter que dès 867, Charlesâetait devenu abbé laïc de Saint-Denis.

Il est le fils de l'empereur Louis le Pieux et de sa seconde épouse Judith de Bavière.
À l'âge de sept ans, il est confié à un précepteur de renom, Walafrid Strabon (v. 808/809-849), moine au monastère de Reichenau, en Alémanie, esprit cultivé attaché au mythe impérial, poète, auteur d'une glose contenant des commentaires de la Bible, sur lesquels se sont fondés durant des siècles les interprétations du livre sacré.
Pendant neuf ans, Strabon assure l'éducation du jeune prince, convaincu de la grande destinée qui attend son élève.

Dès août 829 à Worms, son père le fait duc d'Alémanie, incluant la Rhétie, l'Alsace et une partie de la Bourgogne5.
En septembre 832, il le nomme à Limoges, roi d'Aquitaine en remplacement de son demi-frère Pépin Ier d'Aquitaine ; ce dernier, ayant aidé son père dans la rébellion contre ses fils, récupère son trône le 15 mars 834 à Quierzy.
En 836, Charles II le Chauve est armé chevalier
En 837, à l'assemblée d'Aix-la-Chapelle, son père lui accorde les territoires côtiers situés entre la Frise et la Seine.
En 838, il obtient un territoire assimilé à un royaume incluant le Maine et la région comprise entre la Seine et la Loire.
En 839, le 286 ou le 30 mai, à l'assemblée de Worms, Louis le Pieux lui donne une partie de la Francie occidentale comprise entre la Meuse et la Seine, l'ouest et le sud de la Bourgogne, la Provence, la Neustrie, la Marche de Bretagne, leroyaume d'Aquitaine, la Gascogne et la Septimanie.
Les faveurs accordées à Charles le Chauve, au détriment de ses demi-frères, sont la cause des troubles qui agitent la fin du règne de leur père, et de la mésintelligence qui existe entre ses héritiers.

En 840, à la mort de Louis le Pieux, la guerre commence immédiatement entre ses fils. Charles s'unit à Louis le Germanique, contre Lothaire Ier leur frère aîné, qui veut les exclure du partage de l'Empire. Ensemble, ils remportent en 841 la bataille de Fontenoy-en-Puisaye, en Bourgogne.
Le 14 février 842, ils renforcent leur alliance en prononçant réciproquement les serments de Strasbourg, prononcés en langue romane et en langue tudesque afin d'être compris par les troupes de l'ouest comme de l'est de la Francie.
Les hostilités cessent avec le traité de Verdun en 843 :
Lothaire Ier reçoit la Francie médiane, Francia media (ultérieurement Lotharingie), de la mer du Nord à l'Italie et est nommé Empereur ;
Louis le Germanique reçoit la Francie orientale, Francia orientalis ou Germanie ;
Charles le Chauve reçoit la Francie occidentale, Francia occidentalis, origine du royaume de France.
Cinq ans plus tard, le 6 juin 8488 dans la cathédrale d'Orléans, Charles le Chauve, élu puis acclamé par les grands du royaume, est sacré par l'archevêque de Sens, Wénilon (ou : "Ganelon"), : « Et, dans la ville d'Orléans, presque tous les grands, réunis aux évêques et aux abbés, élisent Charles pour leur roi et le consacrent par l'onction du saint chrême et par la bénédiction épiscopale9 ».

En 841, Charles le Chauve reçoit le serment de Nominoë, missus de Bretagne sous Louis le Pieux. Par ailleurs, il confie à un fidèle aquitain, Bego (Bégon) la défense de la rive sud de la Loire ; Bego installe à quelques kilomètres deNantes une place forte (à l'origine de la localité de Bouguenais), mais il va être victime de dissensions au sein du camp franc.
Dès 843, les hostilités sont déclenchées entre Charles le Chauve et Nominoë. En 845, lors de la bataille de Ballon, Nominoë remporte une victoire sur Charles le Chauve. Un premier traité est conclu en 846 : Nominoë devient souverain de Bretagne.
Lors de la reprise des hostilités en 849, les Bretons mènent de nombreux raids en Francie occidentale (Maine, Anjou, Poitou), et s'emparent des cités de Rennes et Nantes.
Le 22 août 851, Charles le Chauve est battu par Erispoë, lors de la bataille de Jengland. Cette défaite le conduit à signer au mois de septembre suivant le traité d'Angers qui cède à Erispoë les comtés de Rennes et Nantes ainsi que le Pays de Retz, et lui reconnaît le titre de roi en échange de l'hommage.
Quelques années plus tard, sous le règne de Salomon, nouveau roi de Bretagne, Charles est encore obligé d'accepter une extension du royaume breton. Le 1er août10 ou le 25 août 86711,12, par le traité de Compiègne, Charles le Chauve concède à Salomon la péninsule du Cotentin et l'Avranchin

Les Vikings sont prèsents dès les années 840 dans l'Ouest du royaume (pillage de Nantes et mort de l'évêque en 843), ce qui contribue à affaiblir les positions franques face aux Bretons durant cette période.
De 856 à 861, la Francie occidentale est plusieurs fois rançonnée par les Vikings qui multiplient leurs raids. Maintes fois, le roi Charles s'engage à leur donner de grosses sommes afin que ceux-ci se retirent et cessent de piller les riches abbayes. Mais rien n'y fait, les Normands touchent la rançon et reviennent plus tard. En raison de son incapacité à soumettre l'envahisseur, les grands du royaume, ayant à leur tête Robert le Fort, se rebellent contre Charles et demandent l'aide de son frère Louis II de Germanie.
Au cours de l'automne 858, tandis que Charles II assiège l'île d'Oscelle (Oissel) occupée par des Vikings, Louis II quitte Worms et envahit le royaume de Charles13. Il reçoit l'hommage des Aquitains, de la plupart des vassaux de la couronne et d'une faible minorité de prélats sous l'autorité de l'archevêque Wénilon de Sens qui lui donne même l'onction du sacre14. Charles est contraint de se réfugier en Bourgogne ; plusieurs évêques réagissent, sous la conduite de l'archevêque Hincmar de Reims. Réunis à Reims le 25 novembre 858, ils demandent le départ des Germains et le retour de Charles. Louis s'exécute et licencie une partie de son armée. Profitant de la situation, Charles réussit à rassembler des troupes et marche vers le nord. Les deux armées se font face à Jouy, près de Soissons ; voyant que l'armée de Charles est plus importante que la sienne, Louis se retire sans combattre.
Par ailleurs, Charles II a dû soutenir plusieurs guerres contre son neveu Pépin II d'Aquitaine pour conserver son contrôle sur l'Aquitaine.
La Monnaie est instituée en 864 par l'Édit de Pîtres : c'est aujourd'hui l'une des plus anciennes institutions françaises.

Après la mort de Lothaire II de Lotharingie, il est couronné roi de Lotharingie le 9 septembre 869 à Metz par l'archevêque Hincmar de Reims15, l'évêque de Metz Advence prétendant que tous les évêques et grands laïcs de Lotharingie souhaitent l'avènement de Charles. Avant le couronnement, Charles doit prendre des engagements envers ses nouveaux sujets16,17.
Mais Louis le Germanique intervient aussi en Lotharingie : en août 870, au traité de Meerssen, Charles doit lui céder une partie du territoire. La frontière entre leurs deux royaumes est placée sur la Moselle. Le traité accorde aussi à Charles le Chauve la partie nord du royaume de Provence, domaine (avec l'Italie) de l'empereur Louis II18, fils aîné de Lothaire Ier.
En 875, après la mort de Louis II, il hérite du trône impérial, ainsi que des royaumes d'Italie et de Provence. Le 25 décembre 875 à Rome, 75 ans exactement après le couronnement de Charlemagne, il est couronné empereur par le pape Jean VIII.
Louis le Germanique meurt à Francfort le 28 août 876. Charles en profite pour envahir la Lotharingie orientale. Mais les fils de Louis lui infligent une sévère défaite le 8 octobre 876 à Andernach près de Coblence.
S'étant ensuite rendu en Italie afin de porter secours au pape Jean VIII en lutte contre les Sarrasins, il est contraint de revenir en France pour faire face à une attaque de Carloman, autre fils de Louis le Germanique.
Sur le chemin du retour, il est atteint d'une pleurésie, se réfugie à Aussois et meurt des suites de cette maladie19, le 6 octobre 877, au village de Brios20, l'actuel Avrieux, au pied du Mont-Cenis. La rumeur publique accuse rapidement Sâedécias (Zédéchias), un de ses médecins juifs de l'avoir empoisonné21, avec la complicité de Richilde.

Au cours du retour vers Paris, en raison de la décomposition du corps, son corps est enterré à Saint-Pierre de Nantua. Selon la tradition, sept ans après sa mort, Charles le Chauve apparaît à un moine de Saint-Denis (et à un moine de Saint-Quentin en Vermandois). À sa requête, le moine demande à son fils Louis II le Bègue de faire rapporter le corps de son père à Saint-Denis22. Finalement, en 884, ses ossements sont ramenés à l'abbatiale de Saint-Denis.
En effet, l'empereur et roi Charles II, avait assumé l'abbatiat de Saint-Denis en 867. C'est pourquoi il avait exprimé le v¶u de reposer dans l'abbatiale, en précisant même l'emplacement de sa future sépulture, derrière l'autel de la Trinité. L'impératrice Ermentrude, son épouse, fut enterrée à Saint-Denis en 869. Un fils du couple impérial, Charles, mourut la même année que son père en 877 et fut inhumé aux côtés de sa mère.
On ignore toutefois quel était l'aspect de ce premier tombeau impérial. C'est trois siècles et demi plus tard que la réalisation d'un nouveau tombeau donne le coup d'envoi à la réorganisation sous Louis IX de France du nouveau transeptet du ch¶ur de la basilique Saint-Denis en lieu mémoriel de la royauté. Lorsque l'abbé Eudes Clément (1229-1245) partit pour Rouen en 1245, le tombeau de Charles II le Chauve était achevé.
Il s'agissait d'un gisant sur dalle en bronze porté par des colonnettes. L'empereur était représenté en demi-relief, sa tête couronnée reposant sur un coussin, ses pieds sur un lion. La main droite tenait un sceptre fleurdelisé, la gauche une sphère. Deux angelots, placés dans les écoinçons du trilobe encadrant la tête du souverain, tenaient des encensoirs et des navettes. Une inscription en creux formait la bordure de la tombe rappelait les bienfaits qu'il avait dispensés à l'abbaye. Le fond de la plaque était entièrement émaillé en bleu, avec fleurs de lis et réseau en or.
Des plaques d'émail incrusté décoraient aussi les bordures des robes et du manteau. Quatre lions de bronze, reposant sur des colonnettes jumelles très-courtes, de pierre, supportaient cette table. Sur les quatre angles les ecclésiastiques mitrés devaient servir à porter des cierges que l'on faisait régulièrement bruler en l'honneur de l'empereur, comme à Saint-Germain-des-Prés pour le roi mérovingien Childebert Ier.
Le monument se trouvait au milieu du ch¶ur des moines, devant la croix que Charles II le Chauve avait offerte à l'abbaye, aligné avec les tombeaux de Philippe II Auguste et de Louis VIII situés devant le maître-autel. Le tombeau de l'empereur marquait la limite occidentale de l'espace funéraire.
Après le 10 août 1792, la convention décida de faire fondre toutes les statues et monuments en bronze de la monarchie abolie. Les statues de bronze des tombeaux ainsi que les gisants en métaux furent enlevés et fondus au cours des journâees de profanation des tombes de la basilique Saint-Denis. Parmi ceux-ci, la tombe de Charles II disparut à tout jamais. Seuls des dessins de François Roger de Gaignières nous en gardent le souvenir ainsi que la description faite par Viollet-le-Duc dans son Dictionnaire raisonné de L'architecture.
La disparition de ce magnifique tombeau, unique en son genre, laisse un vide majeur dans la nécropole royale de Saint-Denis. Eugène Viollet-le-Duc envisagea une restitution au milieu du xixe siècle. Il nous en a laissé des dessins mais ce projet ne fut pas réalisé.

Poursuivant l'oeuvre législatrice et organisatrice de Charlemagne23, Charles II a laissé un grand nombre de capitulaires, dont un particulièrement important pour l'évolution politique et sociale du royaume24.
En 847, il promulgue le capitulaire de Meerssen, qui marque le début de la féodalité. Charles II invite tout homme libre à se choisir un senior, que ce soit le roi ou un autre seigneur :« Volumus ut unusquisque liber homo in nostro RegnoSeniorem, qualem voluerit in nobis & in nostris Senioribus, accipiat » (Nous voulons que chaque homme libre dans notre royaume reçoive pour seigneur celui qu'il aura lui-même choisi, soit nous-même, soit un de nos fidèles) »25.
A la suite de Charlemagne qui avait créé un corps d'officiers chargé de décimer les loups dans l'empire (la louveterie), Charles II crée un corps d'officiers spécialisés (les «bévari» ou «bevarii», officier des bièvres), spécialement chargé de la chasse aux castors, très recherchés pour leur fourrures et depuis l'antiquité pour le castoréum qu'ils produisent (Il est également probable que les moines se soient plaints des castors qui font volontiers des barrages sur les fossés de drainage que l'on creusait alors dans toute l'Europe pour gagner de nouvelles terres sur les marais et forêts inondées) ; on l'accusait aussi de dégrader les cultures faite en bord d'eau26

Le 14 décembre 842 à Quierzy, Charles épouse Ermentrude d'Orléans (cf. Agilolfing). De cette union naquirent huit enfants :
Judith de France (v. 843-870) qui épouse 1) ép. en 856 ¥thelwulf de Wessex (795-† 858), roi de Wessex (856-858), 2) ép. en 858 ¥thelbald de Wessex (829-† 860), fils de son précédent époux, 3) ép. Baudouin Ier dit Bras de Fer (cf. Maison de Flandre)
Louis II dit le Bègue (846-879), roi des Francs (877-879). qui épouse en 862 Ansgarde de Bourgogne et en 878 Adélaïde de Frioul
Charles dit l'Enfant (?-866).
Carloman (fils de Charles le Chauve) (v.847-†876).
Ermentrude (?-?).
Hildegarde (?-?).
Rotrude (?-?).
Lothaire le Boiteux (v.850-†866), abbé de Saint-Germain d'Auxerre.
Charles épouse ensuite Richilde (cf. Bosonides) dont il a une fille :
Rothilde (v.871-v.928). ép. Roger du Maine (cf. Comté du Maine)

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https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article2290
Dit le Chauve, parce qu’il l’était réellement, il était fils de Louis le Débonnaire et de Judith de Bavière, sa seconde femme. Il naquit à Francfort-sur-le-Mein le 13 juin 823. Avant sa naissance, l’empereur, son père, avait déjà distribué ses États entre les trois fils qu’il avait eus de sa première femme, et la nécessité de revenir sur ce partage, pour faire un royaume au jeune Charles, avança le désordre qui devait résulter de la mauvaise situation politique de la France depuis l’usurpation de Pépin le Bref. L’un des fils nés du premier mariage de Louis le Débonnaire étant mort, sans égard pour les enfants qu’il laissait, l’Aquitaine fut donnée à Charles : ce fut une cause de division de plus dans la famille royale.

Aussitôt après la mort de son père, Charles s’unit à Louis le Germanique pour combattre Lothaire, leur frère aîné, qui voulait les exclure du partage de l’empire, et les forcer à reconnaître sa prééminence politique ; ils remportèrent contre lui cette bataille de Fontenay, si sanglante, que les nobles firent passer en loi qu’ils ne devraient dorénavant assistance à leurs souverains que lorsqu’il s’agirait de la défense de l’Etat ; et, dès lors, les hommes de guerre cessèrent de relever directement du monarque, et furent bien plus les soldats des seigneurs que les sujets du roi : ce qui acheva de consolider le régime féodal, dont les grands poursuivaient depuis deux siècles l’établissement avec une constance égale à celle que Pépin avait montrée pour s’emparer de la couronne.

Le résultat de la bataille de Fontenay, donnée le 25 juin 842, fut un partage de l’empire entre les trois frères ; Charles eut la France, dont il resta roi, malgré les efforts de Lothaire pour revenir contre cet arrangement, et malgré l’ambition de Louis le Germanique, qui l’attaqua ouvertement en 858, sous prétexte de venir combattre les Normands que Charles n’avait pas su repousser. Celui-ci, après avoir soumis l’Aquitaine, faisait le siège d’Oissel, lorsqu’il apprit que Louis venait d’envahir ses États, et qu’une assemblée d’évêques l’avait déposé en déliant ses sujets du serment de fidélité. « On ne sait, dit l’historien Velly, qu’admirer davantage, ou la hardiesse des prélats, ou la faiblesse du monarque, qui publie dans un manifeste qu’on n’aurait pas dû le déposer sans l’entendre, ou du moins sans un jugement en règle des évêques qui l’ont consacré, et qui sont les trônes où Dieu repose, et dont il se sert pour rendre ses décrets absolus ; qu’il a toujours été prêt à se soumettre à leur correction paternelle, comme il s’y soumet encore actuellement. »

Charles se prépara néanmoins à la résistance, et quelques seigneurs bourguignons s’étant joints à lui, il vint camper devant l’armée de son frère ; mais il se laissa entraîner dans des négociations dont on profita pour ébranler la fidélité de son armée, qui bientôt l’abandonna. Resté seul, il se retira en Bourgogne, d’où il revint peu après, avec une nouvelle armée, surprendre et mettre en fuite les troupes de son frère, qui avait commis la faute d’en renvoyer la plus grande partie.

Quelques années après (869), ils se réunirent pour partager la succession de Lothaire, et ils bravèrent de concert l’autorité ecclésiastique, qu’ils avaient l’un et l’autre invoquée avec tant de soumission. Hincmar, chargé par eux de répondre au pape Adrien II, qui avait mis tout en œuvre pour faire échouer ce partage, s’acquitta de cette commission avec beaucoup de force et de fermeté. Les remontrances ne firent cependant aucune impression sur l’esprit d’Adrien. Peu de temps après, il se déclara contre Charles, en faveur de Carloman, son fils, qui s’était mis à la tête d’une troupe de brigands. Le roi n’ayant pu le réduire, s’adressa aux évêques, qui l’excommunièrent.

Le pape en écrivit à Charles d’un style qui marque le vif ressentiment qu’il avait conçu, de n’avoir pas été écouté sur la succession du royaume de Lorraine ; il le traita d’avare, de parjure, de ravisseur, de père dénaturé, etc. Charles répondit avec fermeté, et déclara « que les rois de France ne s’aviliraient jamais jusqu’à se regarder comme les lieutenants des papes, et qu’il eût, à l’avenir, à se départir de lettres de telle substance. » Cette réponse étonna le saint-père ; il fit des excuses, et abandonna Carloman.

Celui-ci, auquel son père avait pardonné une première révolte, ayant recommencé à brouiller, Charles le fit prendre, dégrader du diaconat qu’il avait reçu, et enfermer dans l’abbaye de Corbie pour faire pénitence, après lui avoir fait crever les yeux en 873. Dès lors le pape se montra dévoué aux intérêts de Charles, et il contribua de tout son pouvoir à mettre sur sa tête la couronne impériale. Après la mort de l’empereur Louis, Charles se hâta de rassembler une armée pour envahir l’Italie ; ce fut en vain que le roi de Germanie envoya son fils à la tête d’une armée pour s’opposer à cette invasion.

Après avoir fait essuyer une défaite au jeune prince, et l’avoir ensuite trompé par de fausses promesses, Charles arriva à Rome, où Jean VIII, qui venait de succéder à Adrien, le couronna empereur et le décora du titre d’Auguste (875), en exigeant qu’il reconnût sa puissance, et qu’il renonçât à la souveraineté que Charlemagne s’était réservée sur les provinces qu’il avait cédées à l’Eglise romaine. Tant de soumission n’était balancée par aucun avantage ; cette couronne n’apportait aucun droit, aucun privilège, et l’on aurait été bien embarrassé d’expliquer ce que signifiait l’empire d’Occident, depuis que l’héritage de Charlemagne avait été divisé et subdivisé entre tant de princes égaux et indépendants.

Charles se mit au-dessous de sa dignité, comme roi ; mais les titres flattent l’ambition, et l’ambition des faibles n’est pas difficile. Sous le règne de Charles, les hommes du Nord, connus dans l’histoire sous le nom de Normands, profitèrent de la division qui régnait entre les héritiers de Charlemagne, pour mettre la France au pillage. L’imagination ne peut s’arrêter sans effroi sur les horreurs qu’ils commirent ; aucune province ne fut épargnée ; les monastères, les églises étaient dévastés ; les hommes, les femmes, les enfants, emmenés en esclavage, et Charles, après avoir abandonné sa capitale, s’était retranché à Saint-Denis, pour en défendre les reliques.

N’ayant pas d’armée à opposer aux barbares, il les accablait de présents, pour les engager à se retirer, tandis qu’il offrait aux Saxons le droit de relever leurs idoles, dans l’espoir de s’en faire des partisans. Deux fois les Normands vinrent tout mettre à feu et à sang jusqu’au milieu de la France, et deux fois Charles acheta d’eux la promesse de se retirer et de ne plus revenir (845 et 861) ; enfin une troisième incursion irrita ce prince, au point qu’il résolut de les exterminer ; mais, après les avoir inutilement assiégés dans Angers (865), et avoir laissé échapper leur flotte, qu’il eût pu détruire, il eut la douleur de les voir se rembarquer, et bientôt manquer encore à leur parole, en recommençant leurs brigandages.

Telle était l’humiliation dans laquelle était tombée la France sous un petit-fils de Charlemagne. Ce n’est pas que Charles le Chauve manquât de courage : il eut toujours les armes à la main pour agrandir ses Etats ; il voulait conquérir, parce que l’esprit de conquête avait été celui de ses aïeux ; il prodiguait les hommes dans des expéditions mal conçues, mais qui offraient aux soldats l’espoir du butin, tandis qu’il restait sans forces pour se défendre, parce que la défense des pays acquis ne présentait aucun avantage aux guerriers.

C’est ainsi qu’il trouva une armée nombreuse pour marcher contre les fils de Louis le Germanique aussitôt après la mort de ce prince, croyant s’emparer de ses Etats ; il fut battu complètement par un de ses neveux, et chercha vainement ensuite des troupes suffisantes pour soumettre les Bretons et pour combattre les Normands. Son royaume d’Aquitaine fut pour lui une source de dissensions et de guerres presque continuelles. Nommé roi de cette contrée, au préjudice de son neveu Pépin II, il en fut chassé et dépossédé à différentes reprises.

Ce fut en vain que, déployant une cruelle sévérité, il fit trancher la tête au comte Bernard, toujours armé pour la défense de Pépin. Guillaume, son fils, s’empara de Toulouse, souleva tout le pays voisin des Pyrénées, et tailla en pièces l’armée de Charles, qui, peu de temps après, fut obligé de reconnaître le jeune Pépin ; mais il le dépouilla plus tard, et s’empara de Toulouse (858), pour l’abandonner encore peu de temps après, lorsqu’il fut pressé par les invasions des Normands.

Le pouvoir politique était alors dans l’assemblée de la nation, et comme les nobles, devenus indépendants, se cantonnaient dans leurs domaines, se fortifiaient dans leurs châteaux, et ne prenaient aucun intérêt aux affaires générales, l’assemblée de la nation n’était plus que l’assemblée des évêques, prononçant pour ou contre le roi, selon qu’il etait heureux ou malheureux. Ce prince fut appelé en Italie en 877 par le pape, effrayé des incursions des Sarrasins. Charles ne put mener à son secours qu’un petit nombre de troupes. Arrivé à Pavie, où le saint-père était venu au-devant de lui, ils concertaient ensemble les moyens d’attaquer les infidèles, lorsqu’ils apprirent que Carloman, roi de Bavière, venait de fondre sur la Lombardie avec une nombreuse armée. Dans l’impossibilité où il était de lui résister, Charles se hâta de revenir en France.

La honte, l’inquiétude et les regrets frappèrent tellement son imagination, qu’il fut attaqué d’une fièvre violente, et qu’il mourut au village de Brios, dans une chaumière de paysan, le 6 octobre 877, dans la 54e année de son âge ; la 37e de son règne en France, et la 2e depuis qu’il avait été couronné empereur. Son corps fut inhumé à Nantua, dans le diocèse de Lyon, d’où, huit ans après, ses os furent transférés à Saint-Denis, qu’il avait désigné pour sa sépulture, parce qu’il en avait été abbé.

Il ne laissa qu’un fils, connu sous le nom de Louis le Bègue, qui lui succéda, et une fille, qui, devenue veuve d’un roi d’Angleterre, fut enlevée et épousée par Baudouin, comte de Flandre, sans que Charles pût s’y opposer. les historiens assurent qu’un juif nommé Sédécias, son médecin et son favori, l’empoisonna. Charles le Chauve a laissé la réputation d’un prince artificieux, sans amour pour ses peuples, ignorant l’art de gouverner, et toujours ambitieux de conquérir. Sa faiblesse pour Richilde, sa seconde femme, allait jusqu’à vouloir qu’elle prît place dans l’assemblée des évêques, et qu’elle présidât un concile, ce qui ne contribua pas peu à lui attirer le mépris des peuples.

Son règne fut cependant remarquable par des choses utiles, et son édit de Pistes, en trente-sept articles, qui rappelle les Capitulaires de Charlemagne et règle plusieurs points de l’administration, renferme un règlement sur la fabrication et la valeur des monnaies, qui est un des plus anciens et des plus curieux monuments de notre législation. Comme il avait de l’instruction, il protégea les savants, les appela auprès de lui, les combla de bienfaits, et les savants lui ont donné le titre de grand ; mais les ouvrages qui contenaient ses louages s’étant perdus, il est resté Charles le Chauve.

***
Naissance de Charles II le Chauve
Charles II le Chauve ou the Bald ou Carolingien naît à Francfort-sur-le-Main le 13 juin 823, fils de Louis Ier le Pieux et de Judith de Bavière.
Il est le filleul de Lothaire Ier.
Dès lors, Judith de Bavière fait tout pour détruire l'Ordinatio.
Elle pousse Louis Ier le Pieux à revenir sur les avantages qu'il avait faits à ses premiers enfants et à former un royaume pour Charles II le Chauve, ce qui produisit une révolte générale.
Lothaire Ier, pour la contrer, fait appel à des partisans, recruté en partie dans l'épiscopat.

Nouveau partage
Charles II le Chauve Duc de Souabe
En 829, Louis Ier le Pieux change l'Ordinatio en donnant des territoires de Lothaire Ier à Charles II le Chauve, âgé de 7 ans :
l'Alémanie.
la Rhétie.
l'Alsace et
une partie la Bourgogne.
Charles II le Chauve est fait Duc de Souabe en 829.


Rébellion de Lothaire Ier, Pépin Ier d'Aquitaine et Louis II le Germanique contre Louis Ier le Pieux
Louis Ier le Pieux prisonnier
Judith de Bavière et Charles II le Chauve otages
Pépin Ier d'Aquitaine, Lothaire Ier et Louis II le Germanique se rebelle contre Louis Ier le Pieux, leur père
La Loire moyenne est le principal théâtre des guerres durant 5 ans à partir de 830.
Lothaire Ier s'instaure chef de la résistance, soutenu par son frère Pépin Ier d'Aquitaine.
Hugues III d'Alsace et son frère Mainfroi d'Orléans (Les Etichonides) sont pour Lothaire Ier.
Lothaire Ier est marié à Ermengarde de Tours, fille d'Hugues III d'Alsace.
Leurs adversaires, soutenant Louis Ier le Pieux, sont les fils de Guillaume Ier de Gellone :
Bernard Ier de Septimanie.
Gaucelme de Roussillon, Comte de Roussillon,
Bérenger de Toulouse, loyal à Louis Ier le Pieux, entre en guerre contre Bernard Ier de Septimanie et s'empare des comtés de Rousillon, de Razès et de Conflent.
En 830, Pépin Ier d'Aquitaine et Louis II le Germanique capturent leur père qui promet de ne plus rien faire sans l'accord de ses fils.
Ils veulent tonsurer leur père mais Lothaire Ier s'y oppose.
Heribert ou Herbert, fils de Guillaume Ier de Gellone, est aveuglé sur ordre de Lothaire Ier en 830.
Lambert Ier de Nantes prend en otage Judith de Bavière, ainsi que Charles II le Chauve, et les enferme à l'abbaye de Sainte-Croix de Poitiers.
Bernard Ier de Septimanie s'enfuit à Barcelone.
Lothaire Ier entreprend de restaurer le gouvernement et annule le partage qui favorisait Charles II le Chauve.
Pépin Ier d'Aquitaine et Louis II le Germanique sont lésés.
Hilduin de Saint-Denis prend le parti des princes, en particulier de Charles II le Chauve contre Louis Ier le Pieux.
Hilduin de Saint-Denis perd le bénéfice de ses abbayes et est banni.
Il s'enfuit d'abord à Paderborn puis rejoint l'abbaye de Corvey (près d'Höxter sur la Weser), où il est enfermé sur ordre de Louis Ier le Pieux.
En réalité, l'abbé Warin le reçoit généreusement.
En retour, Hilduin de Saint-Denis lui remet des reliques de Saint Vit, qui feront par la suite l'objet d'une vénération particulière à Corvey.
Avant 831, Hilduin de Saint-Denis regagne la faveur de Louis Ier le Pieux.
Hilduin de Saint-Denis retrouve la direction de l'abbaye de Saint-Denis, qu'il réforme.


Reprise du pouvoir par Louis Ier le Pieux
En 831, Louis Ier le Pieux reprend le pouvoir en utilisant Pépin Ier d'Aquitaine et Louis II le Germanique qui trahissent Lothaire Ier pour mieux hériter.
Judith de Bavière et Charles II le Chauve sont rendus à Louis Ier le Pieux.

Rébellion de Lothaire Ier
Exil de Lothaire Ier
Pépin Ier d'Aquitaine et Louis II le Germanique se rebellent pour occuper la première place du royaume.
Ils sont vaincus par leur père.
Judith de Bavière envisage de partager son empire entre Charles II le Chauve et Lothaire Ier, ayant évincé Pépin Ier d'Aquitaine et Louis II le Germanique.


Charles II le Chauve Roi d'Aquitaine
Charles II le Chauve, est nommé roi d'Aquitaine de 832 à 833.
Mainfroi d'Orléans, exilé en Bavière, reprend la lutte en 832 en liaison avec Lambert II de Nantes, Comte de Nantes et des Marches de Bretagne.

Le Champ du Mensonge
Louis Ier le Pieux déposé
Louis Ier le Pieux, Charles II le Chauve et Judith de Bavière prisonniers
Hugues III d'Alsace a pour adversaire Bernard Ier de Septimanie, Gaucelme de Roussillon et leur parent Bernard de Gothie.
Tandis que tous les 3 soutiennent Louis Ier le Pieux, Hugues III d'Alsace soutient son gendre Lothaire Ier.
Lothaire Ier se révolte.
Ses frères se rallient à lui.
Ils sont mécontents du partage successoral.
Lothaire Ier demande au Pape Grégoire IV d'arbitrer le conflit entre son père et lui.
Près de Colmar, en un lieu qui sera appelé Le Champ du Mensonge (Lügenfeld), Louis Ier le Pieux, en mauvaise posture, est déposé par ses fils :
Lothaire Ier,
Pépin Ier d'Aquitaine,
Louis II le Germanique.
En 833, devant l'assemblée de Soissons, Louis Ier le Pieux est enfermé avec Charles II le Chauve.
Judith de Bavière est enfermée à Tortona en Italie.
Grégoire IV séjourne à Colmar en juillet 833.

Prise de Chalon-sur-Saône
Mort de Gaucelme de Rousillon Marquis de Gothie
Mort de Gerberge de Gellone
En 834, soutenant le parti de l'empereur, Guérin de Provence défend Chalon-sur-Saône, sa ville, contre une attaque de Lothaire Ier qui s'en empare après quelques jours de combats.
Gaucelme de Rousillon, fils de Guillaume Ier de Gellone, est au nombre des défenseurs.
Gaucelme de Rousillon meurt décapité sur ordre de Lothaire Ier.
Gerberge de Gellone, fille de Guillaume Ier de Gellone, meurt enfermée dans un tonneau et noyée dans la Saône sur ordre de Lothaire Ier.
Guérin de Provence sauve sa tête en embrassant lâchement le parti de Lothaire Ier.
Cette trahison lui vaut la perte de ses honneurs, retirés par Charles II le Chauve.
Plus tard, Guérin de Provence fait sa soumission et choisit le parti de la fidélité.


Rébellion de Lothaire Ier, Pépin Ier d'Aquitaine et Louis II le Germanique contre Louis Ier le Pieux
Louis Ier le Pieux prisonnier
Judith de Bavière et Charles II le Chauve otages
Pépin Ier d'Aquitaine, Lothaire Ier et Louis II le Germanique se rebelle contre Louis Ier le Pieux, leur père
La Loire moyenne est le principal théâtre des guerres durant 5 ans à partir de 830.
Lothaire Ier s'instaure chef de la résistance, soutenu par son frère Pépin Ier d'Aquitaine.
Hugues III d'Alsace et son frère Mainfroi d'Orléans (Les Etichonides) sont pour Lothaire Ier.
Lothaire Ier est marié à Ermengarde de Tours, fille d'Hugues III d'Alsace.
Leurs adversaires, soutenant Louis Ier le Pieux, sont les fils de Guillaume Ier de Gellone :
Bernard Ier de Septimanie.
Gaucelme de Roussillon, Comte de Roussillon,
Bérenger de Toulouse, loyal à Louis Ier le Pieux, entre en guerre contre Bernard Ier de Septimanie et s'empare des comtés de Rousillon, de Razès et de Conflent.
En 830, Pépin Ier d'Aquitaine et Louis II le Germanique capturent leur père qui promet de ne plus rien faire sans l'accord de ses fils.
Ils veulent tonsurer leur père mais Lothaire Ier s'y oppose.
Heribert ou Herbert, fils de Guillaume Ier de Gellone, est aveuglé sur ordre de Lothaire Ier en 830.
Lambert Ier de Nantes prend en otage Judith de Bavière, ainsi que Charles II le Chauve, et les enferme à l'abbaye de Sainte-Croix de Poitiers.
Bernard Ier de Septimanie s'enfuit à Barcelone.
Lothaire Ier entreprend de restaurer le gouvernement et annule le partage qui favorisait Charles II le Chauve.
Pépin Ier d'Aquitaine et Louis II le Germanique sont lésés.
Hilduin de Saint-Denis prend le parti des princes, en particulier de Charles II le Chauve contre Louis Ier le Pieux.
Hilduin de Saint-Denis perd le bénéfice de ses abbayes et est banni.
Il s'enfuit d'abord à Paderborn puis rejoint l'abbaye de Corvey (près d'Höxter sur la Weser), où il est enfermé sur ordre de Louis Ier le Pieux.
En réalité, l'abbé Warin le reçoit généreusement.
En retour, Hilduin de Saint-Denis lui remet des reliques de Saint Vit, qui feront par la suite l'objet d'une vénération particulière à Corvey.
Avant 831, Hilduin de Saint-Denis regagne la faveur de Louis Ier le Pieux.
Hilduin de Saint-Denis retrouve la direction de l'abbaye de Saint-Denis, qu'il réforme.

Destitution de Robert le Fort
Destitution de Guérin II d'Auvergne
Nouveau couronnement de Louis Ier le Pieux
Lors des luttes de pouvoir entre les fils de Louis Ier le Pieux, Robert le Fort, cité dès 836, prend parti pour Charles II le Chauve, qui était le gendre d'Eudes Ier d'Orléans.
Robert IV de Hesbaye doit abandonner ses terres, incorporées dans le royaume de Lothaire Ier, pour se réfugier à l'Ouest, dans sa famille maternelle.
Ayant pris le parti de Lothaire Ier, Guérin II d'Auvergne est destitué de ses titres par Louis Ier le Pieux vers 836.
Louis Ier le Pieux est couronné de nouveau.


Charles II le Chauve Armé chevalier
Charles II le Chauve est armé chevalier en 836.


Pouvoir de Charles II le Chauve sur la Frise et le territoire entre Meuse et Seine
En 837, sous l'influence de Judith de Bavière, Louis Ier le Pieux accorde à Charles II le Chauve, la Frise et le territoire entre Meuse et Seine.


Mort de Pépin Ier d'Aquitaine
Pépin II d'Aquitaine Roi d'Aquitaine
Charles II le Chauve Roi d'Aquitaine
Pépin Ier d'Aquitaine meurt le 13 décembre 838.
Pépin II d'Aquitaine devient Roi d'Aquitaine.
En 838, Pépin II d'Aquitaine est destitué par Louis Ier le Pieux au profit de son demi-frère Charles II le Chauve.
Émenon Ier de Poitiers, Comte de Poitou, ainsi que de nombreux autres Comtes, se range aux cotés de Pépin II d'Aquitaine.
Selon le chroniqueur Adémar de Chabannes (vers 989-1034), Bernard II de Poitiers réside à Poitiers.
Émenon Ier de Poitiers est chassé de Poitiers par Louis Ier le Pieux.
Émenon Ier de Poitiers trouve refuge auprès de Turpion, Comte d'Angoulême.
Bernard II de Poitiers se rend auprès de Renaud, comte d'Herbauges.


Assemblée de Worms
En 839, Louis Ier le Pieux se réconcilie avec Lothaire Ier.
Le royaume est de nouveau partagé :
Lothaire Ier reçoit l'Italie et les territoires à l'est de la Meuse,
Charles II le Chauve possède les territoires à l'ouest de la Meuse,
Louis II le Germanique garde la Bavière.
Louis II le Germanique, se sentant lésé, tente de se rebeller mais s'enfuit rapidement.

Alalande Gouverneur de Loches
En 840, Charles II le Chauve nomme Alalande, une de ses lieutenants, gouverneur de Loches.

Prise de la Germanie par Louis II le Germanique
Mort de Louis Ier le Pieux
Lothaire Ier Empereur d'Occident
Louis II le Germanique, voyant Judith de Bavière se rapprocher de l'ambitieux Lothaire Ier, pense que ce rapprochement entre deux ennemis mortels a pour but de l'exclure de l'héritage.
Il se saisit donc de ce qui devait lui revenir et prend les armes contre Louis Ier le Pieux et s'empare, en 840 :
de la Saxe,
de la Thuringe,
de tout le pays au delà du Rhin.
Ainsi on ne lui objectera pas plus tard les prétendues dispositions que l'empereur aurait faites à sa mort.
Il se crée lui-même Roi de Germanie.
Louis II le Germanique hâte ainsi la mort de son père.
Louis Ier le Pieux meurt à sur une île du Rhin à Ingelheim-Am-Rhein près de Mayence le 20 juin 840.
Lothaire Ier devient Empereur d'Occident en 840.
Louis II le Germanique et Charles II le Chauve refusent de reconnaître Lothaire Ier comme suzerain.
Lothaire Ier désire subordonner :
ses frères, Charles II le Chauve et Louis II le Germanique, et
son neveu Pépin II d'Aquitaine.
Il envisage de les combattre et de les vaincre séparément.
Hilduin de Saint-Denis rejoint le camp de Lothaire Ier, l'aîné, qu'il suit à Cologne et à Prüm.
Dès juillet 840, Lothaire Ier arrive en Francie avec une véritable armée et s'enfonce dans les terres de Charles II le Chauve : Reims, la Meuse.
Lothaire Ier essaie de soudoyer les vassaux de Charles II le Chauve et reçoit l'appui des Grands, dont les Bretons et les Aquitains.
Nominoë entre en rébellion contre Charles II le Chauve, Roi de Francie.
Charles II le Chauve revenant d'Aquitaine sillonne son royaume : Tours, Orléans, Quierzy...
Avant l'hiver la situation est telle que Charles II le Chauve négocie avec Lothaire Ier une trêve.
Il lui envoie une assemblée l'exhortant à respecter les dernières volontés de Louis Ier le Pieux.
Charles II le Chauve en profite pour se rapprocher de Lambert II de Nantes et de ses partisans au Mans.

Siège de Poitiers
Bernard de Poitiers Comte de Poitou
Pépin II d'Aquitaine essaie de s'emparer de Poitiers.
Il échoue car Charles II le Chauve et son armée commandée par Adalard de Fézansac l'obligent à lever le siège de la ville.
Face à Ramnulf Ier de Poitou, Bernard de Poitiers, un frère d'Émenon Ier de Poitiers, devient Comte de Poitou en 840 nommé par Pépin II d'Aquitaine.
L'administration de Poitiers et du Comté est en fait assurée par l'Évêque Ebroin qui est apparenté aux Rorgonides.


Garcia Comte de Gascogne de Comminges
Donat Loup de Bigorre Comte de Bigorre
Centulle Ier de Béarn Vicomte de Béarn
Le comté de Comminges, englobant le Couserans, est créé en 840 en faveur de Garcia de Gascogne fils aîné d'Aznar Ier Sanche de Gascogne.
Le comté de Bigorre et le vicomté de Béarn sont créés et donnés par Charles II le Chauve, vers 840 à deux fils de Loup III Centule :
Donat Loup de Bigorre reçoit le comte de Bigorre
Centulle Ier de Béarn devient vicomte de Béarn (né en 819-mort en 866).


Incendie de Rouen
En 841, le royaume de Charles II le Chauve subit l'invasion des Normands.
En 841, l'incendie de Rouen par les Vikings détruit la basilique primitive.
La première cathédrale est édifiée, certainement dans les dernières décennies du IVe siècle, au centre même du castrum gallo-romain.
La basilique primitive était un ensemble d'églises dont les deux plus importantes devaient être séparées par une cour (un atrium).
On a retrouvé les soubassements de l'église nord sous la cour d'Albane.
Elle semble remise en état d'une façon provisoire en attendant le retour de la paix dans la région.


Hommage de Nominoë à Charles II le Chauve
Charles II le Chauve obtient même l'hommage de Nominoë en janvier 841.
Lothaire Ier concède provisoirement l'Aquitaine, la Provence et une partie de la Neustrie à Charles II le Chauve.
Celui-ci accepte l'arrangement tout en s'efforçant de rallier les Grands à sa cause.

Bataille de Fontenay-en-Puisaye
Mort de Gérard Ier de Vergy Comte d'Auvergne
Mort de Gui de Vannes
Mort de Ricouin Préfet de la marche de Bretagne
En 841, Charles II le Chauve et Louis II le Germanique se promettent assistance.
Lothaire Ier marche vers Louis II le Germanique qui fuit en Bavière.
Charles II le Chauve et Louis II le Germanique se dirigent l'un vers l'autre, avec les renforts de Judith de Bavière et se rejoignent à Auxerre.
Ils demandent à négocier avec Lothaire Ier mais celui-ci attend l'arrivée de Pépin II d'Aquitaine pour les attaquer.
L'affrontement a lieu à Fontenay-en-Puisaye ou Fontonoy-en-Puisaye, près d'Auxerre, le 25 juin 841.
Baudouin Ier Bras-de-Fer et Girard II de Paris participe à la bataille, dans le camp de Lothaire Ier.
Charles II le Chauve doit sa victoire à Guérin de Provence.
Lothaire Ier vaincu est obligé de fuir et continue malgré tout à tenter d'attaquer séparément ses frères.
Girard II suit sans aucun doute Lothaire Ier à Aix.
Gérard Ier de Vergy, Comte d'Auvergne, Gui de Vannes, Ricouin, préfet de la marche de Bretagne, meurent lors de la bataille.
Pépin II d'Aquitaine abandonne Lothaire Ier.


Renaud Préfet de la marche de Bretagne
Lambert, fils de Ricouin, demande à reprendre la charge de préfet de la marche de Bretagne de son père.
Charles II le Chauve refuse et nomme à sa place Renaud, Comte d'Herbauge, qui s'est illustré dans la lutte contre les Scandinaves.
Lambert se réfugie en Bretagne.
Pendant que les Francs se battent à Fontenay-en-Puisaye, Nominoë envahit la marche franco-bretonne puis s'allie au comte Lambert, maître de Nantes.

Serment de Strasbourg
Le 14 février 842, à Strasbourg, probablement dans la Cathédrale carolingienne de Strasbourg,
Louis II le Germanique et Charles II le Chauve s'allient contre leur frère aîné Lothaire Ier et se prêtent serment d'assistance mutuelle :
Louis II le Germanique prononce son serment en langue romane (l'ancêtre du français) pour être compris des soldats de son rival et associé.
Charles II le Chauve fait de même en langue tudesque (l'ancêtre de l'allemand).
En prêtant un double serment devant leurs armées, Charles II le Chauve et Louis II le Germanique, sans s'en rendre compte, renforcent le pouvoir des Grands, en ayant associé les troupes et les nobles à leur victoire sur Lothaire Ier.
Le serment est repris par les soldats présents dans leur langue habituelle.
C'est que les habitants du "Regnum francorum" (le royaume des Francs) ont pratiquement oublié le latin et commencent à se distinguer par leurs idiomes selon qu'ils se trouvent à l'ouest ou à l'est de la Meuse.
Ce grand moment de l'Histoire occidentale, qui voit l'émergence des langues européennes, nous a été rapporté par e chroniqueur Nithard, mort en 844, dans son Histoire des fils de Louis Ier le Pieux.
Cette miniature montre Charles II le Chauve béni par la main de Dieu, avec à ses pieds la personnification des principales provinces de son royaume.
Elle est extraite du Codex aureus ou Évangile de saint Emmeran de Rastibonne (Bibliothèque de Munich).
Une assemblée d'évêques décide que Lothaire Ier n'est plus apte à régner et partage son royaume entre Charles II le Chauve et Louis II le Germanique.
Pendant ce temps :
les Normands pillent la Frise et la Neustrie.
les Maures attaquent la Provence et l'Italie du Sud.
les Saxons se rebellent et seront mâtés par Louis II le Germanique.
les Aquitains s'allient aux Bretons contre Charles II le Chauve qui les massacre.
Les Grands sont mécontents.
Les deux frères regrettent d'avoir spolié Lothaire Ier alors que Louis Ier le Pieux avait partagé son royaume entre tous.


Traité de Verdun
Lothaire Ier Empereur d'Occident
Lothaire Ier Roi de Francia Média
Louis II le Germanique Roi de Francia orientalis
Charles II le Chauve Roi de Francia occidentalis
Charles II le Chauve, Louis II le Germanique et Lothaire Ier négocient afin de partager le royaume en 3 parts égales.
En août 843, le conflit entre les trois frères s'achève provisoirement par un compromis : le traité de Verdun.
Lothaire Ier, l'aîné, garde le titre, purement honorifique, d'empereur d'Occident et se contente de la partie centrale de l'empire, la Francia Média.
La Lotharingie, le domaine de Lothaire Ier consiste en une frange de territoires étirée des bouches de l'Escaut à la plaine du Pô, en Italie, en passant par le couloir rhénan et le sillon rhodanien.
Après moult déformations, le nom de Lotharingie deviendra ... Lorraine.
La Provence et la Bourgogne Transjurane sont englobées à la Lotharingie qui suscite la convoitise de ses deux puissants voisins : la Francie occidentale et la Francie orientale.
L'un des vassaux le plus important du roi est Hucbert d'Arles, Marquis de Transjurane, frère de Theutberge de Bourgogne, épouse de Lothaire II de Lotharingie.
Les comtés de la Haute-Bourgogne, c'est à dire Portois, Varais, Escuens, Amous et Ajoie sont incorporés dans le royaume de Lotharingie.
Louis II le Germanique devient Roi de Francia orientalis ou Roi de Germanie.
Son domaine comporte la Bavière, la Carinthie et la Saxe.
Adalard de Fézansac suit alors Louis II le Germanique en Francie Orientale.
Charles II le Chauve a la Francia occidentalis, future France.
Son royaume est délimité entre la Meuse, la Saône, les Cévennes et les Pyrénées.
Il doit son surnom au fait qu'il se soit fait rasé le crâne lors d'une cérémonie religieuse en signe de soumission à l'église, à l'encontre de la tradition franque exigeant que le roi ait les cheveux longs.
Suite au traité de Verdun, Eudes Ier de Troyes-Robertien et Robert IV de Hesbaye, possessionné en Austrasie, quittent leurs biens pour rejoindre Charles II le Chauve.

Assemblée de Coulaines
Dès son avènement, Charles II le Chauve reconnaît aux évêques, lors de l'assemblée de Coulaines, le droit de pouvoir porter un jugement moral sur les actions du gouvernement royal qui s'en trouve ainsi subordonné à l'église.

Hervé d'Herbauges Comte d'Herbauges
Mort de Bernard de Poitiers Comte de Poitou
Mort d'Hervé d'Herbauges Comte d'Herbauges
Lambert II de Nantes occupe brièvement Nantes, que Charles II le Chauve confie rapidement à Hervé, fils aîné de Renaud.
Bernard de Poitiers s'associe à Hervé d'Herbauges, fils de Renaud, Comte d'Herbauges contre Lambert II de Nantes en rébellion contre Charles II le Chauve.
Nominoë appuie Lambert II de Nantes en 844.
Les troupes bretonnes contribuent à la défaite et à la mort d'Hervé d'Herbauges et de Bernard II de Poitiers en février 844.
En campagne en Aquitaine, Charles II le Chauve ne peut réagir.
Apprenant par ailleurs les difficultés que connaît Charles II le Chauve à Toulouse, Nominoë poursuit l'offensive et met le Maine à feu et à sac.
Les alliés Bretons envahissent et pillent le Poitou.


Combat entre Turpion et Guillaume de Septimanie Charles II le Chauve
En 844, Turpion combat aux côtés de Guillaume de Septimanie, son cousin, sous les ordres de Pépin II d'Aquitaine.
Le 14 juin 844, Turpion et Guillaume de Septimanie écrasent l'armée de Charles II le Chauve à proximité d'Angoulême.


Expédition Vikings
En 844, Clisson en Loire-Atlantique est pillée et incendiée de par les Vikings.
Les Vikings, basés sur l'île de Ré, remontent en 844 la Garonne jusqu'à Toulouse, puis la Dordogne.
Leurs drakkars rapides leur confèrent une mobilité terrifiante.
Ils s'en prenaient tout particulièrement aux églises et aux monastères et exigeaient de lourdes rançons de la population.
Sous prétexte de défense contre les Normands, les anciennes murailles gallo-romaines sont reconstruites dès 844 contre l'avis de Charles II le Chauve (capitulaire de Pitres), assurant l'indépendance des comtes et seigneurs locaux
Toulouse est mis à sac et brûlé en 844.

Campagne de Charles II le Chauve contre Pépin II d'Aquitaine
Mort de Bernard Ier de Septimanie Duc de Septimanie, Comte de Barcelone, de Poitiers et de Toulouse
Guillaume Comte de Toulouse
Sunifred Ier de Barcelone Marquis d'Espagne Comte de Barcelone et d'Ausona
Charles II le Chauve doit mener dès 844 une expédition contre Pépin II d'Aquitaine.
Cependant, subissant un véritable désastre en Angoumois aggravé par le pillage de Nantes, Charles II le Chauve parvient à se rétablir en menant le siège de Toulouse.
Bernard Ier de Septimanie participe à la rébellion de Pépin II d'Aquitaine contre Charles II le Chauve
Ayant favorisé la rébellion de Pépin II d'Aquitaine, Bernard Ier de Septimanie est mis à mort à Toulouse par Charles II le Chauve en 844.
Guillaume de Septimanie lui succède comme Comte de Toulouse.
Sunifred Ier de Barcelone devient Marquis d'Espagne et Comte de Barcelone et d'Ausona en 844.

Traité de Saint Benoît sur Loire
Frédelon de Toulouse Comte de Toulouse
Raymond Ier de Toulouse Comte de Quercy
Charles II le Chauve est contraint de reconnaître la souveraineté de Pépin II d'Aquitaine lors du traité de Saint-Benoit-sur-Loire en 845.
Charles II le Chauve es se réconcilie avec Lambert II de Nantes.
Frédelon de Toulouse se rallie à Charles II le Chauve, qui le confirme dans ses fonctions en 845 et nomme Raymond Ier de Toulouse, son frère, Comte de Quercy.


Pillage de Paris par les Vikings
Les vikings, dirigés par Ragnar Lotbrok, sur plus d'une centaine de drakkars, remontent la Seine et pillent Paris en mars 845 en brûlant les monastères et les églises.
Quelques rares seigneurs francs sont en état de leur résister.
Parmi eux Robert IV de Hesbaye.
Charles II le Chauve, n'ayant pas pu lever de troupes à temps, choisit d'acheter leurs retraits en échange de 7 000 livres d'argent (somme très importante à l'époque).
Afin de réunir cette somme, il crée un impôt exceptionnel, le Danegeld.


Bataille de Ballon
En novembre 845, Charles II le Chauve doit se rendre à Tour pour célébrer la Saint-Martin.
Mais il se décommande, ayant été averti qu'un parti de Bretons souhaite faire défection, pourvu qu'il vienne immédiatement à leur aide.
L'ost royal n'est plus au complet à cette époque de l'année et vu le caractère improvisé de l'intervention, les Francs sont sans doute peu nombreux.
Du côté des Bretons commandés par Nominoë, l'armée semble constituée d'une seule cavalerie légère, donc certainement encore bien moins nombreuse.
Charles II le Chauve traverse la Vilaine avec ses troupes, au Pont-Neuf et prend la direction du village de Ballon et de l'abbaye de Ballon, situé près de Bains (aujourd'hui Bains-sur-Oust) non loin de Redon, où s'est embusqué Nominoë.
La bataille a lieu le 22 novembre 845 dans le confluent marécageux de l'Oust et de l'Aff.
C'est un véritable chausse-trape où les Bretons exploitent leur connaissance des marécages pour vaincre les Francs.
Les troupes de Charles II le Chauve subissent de très grosses pertes sous les coups de javelots répétés des cavaliers de Nominoë.
Elles abandonnent la lutte au matin du troisième jour et battent en retraite, laissant sur le terrain leurs morts, leurs blessés et un butin considérable.
Le roi franc, humilié, se sauve, au cours de la nuit, avec sa garde personnelle, sans même prévenir ses lieutenants de son départ.
Cette victoire de Ballon permet à Nominoë d'assurer sa mainmise sur le comté gallo-franc de Vannes (la partie Est du Vannetais).

Nominoë Duc de Bretagne
Après qu'a circulé la rumeur de sa mort, Charles II le Chauve réapparaît dans le Maine.
Il y reconstitue son armée, mais doit attendre après l'assemblée générale d'Épernay pour se diriger de nouveau vers la Bretagne, à la fin de l'été 846.
Charles II le Chauve signe la paix et reconnaît Nominoë comme Duc de Bretagne.
Un climat de guerre froide s'installe.
Un certain Mangil mène des raids dans le Bessin à la Noël 846.
Par sa politique et ses victoires, Nominoë donne à la Bretagne son unité géographique, des institutions durables et une indépendance qui allait perdurer, avec des hauts et des bas, jusqu'en 1532.


Eudes Ier de Troyes-Robertien Comte d'Angers
En 846, Charles II le Chauve fait Eudes Ier de Troyes-Robertien Comte d'Angers.
Eudes Ier de Troyes-Robertien a également des biens dans la région de Châteaudun.

Colloque de Meerssen
Devant les menaces des raids vikings et sarrasins, le colloque de Meerssen se réunit à l'instigation de Lothaire Ier, en 847.
Charles II le Chauve et Louis Ier le Pieux, cherche à rétablir l'unité de l'empire mais leur refus de reconnaître la prééminence de Lothaire Ier en se reconnaissant vassal de se dernier sanctionne au contraire la division.
Ce colloque permet à tout homme libre de pouvoir choisir le suzerain de son choix autre que le roi et libère les hommes d'armes de l'obligation de suivre le roi à la guerre, sauf en cas de guerre contre un ennemi étranger du royaume.
Ainsi le colloque favorise le développement de la féodalité et amoindri le pouvoir militaire du souverain.
Charles II le Chauve nomme 4 évêques, dont l'évêque de Vannes Susan.
Bientôt en guerre ouverte avec Charles II le Chauve, Nominoë les chasse pour cause de simonie vers 847 à Coetlouh.

Révolte des aquitains contre Pépin II d'Aquitaine
Charles II le Chauve Roi d'Aquitaine
En 848, profitant de la révolte des aquitains contre leur roi Pépin II d'Aquitaine, Charles II le Chauve accepte la couronne d'Aquitaine que lui offre l'aristocratie de ce royaume.
Le 6 juin 848 Charles II le Chauve se fait sacrer Roi d'Aquitaine et couronner à Orléans par l'archevêque de Sens Ganelon.
Mais refusant d'être déchut de son trône, Pépin II d'Aquitaine engage la lutte contre Charles II le Chauve.


Réconciliation de Charles II le Chauve avec Lothaire Ier
Devant faire face à sa lutte contre Pépin II d'Aquitaine, Charles II le Chauve se réconcilie avec son frère Lothaire Ier à Péronne en 849.


Prise de Toulouse
Aléran de Troyes Marquis de Gothie
Charles II le Chauve fait prendre Toulouse sans combat en 849 par Frédelon de Toulouse.
Aléran de Troyes accompagne Charles II le Chauve au siège de Toulouse.
Pépin II d'Aquitaine, roi d'Aquitaine est vaincu et Aléran de Troyes est alors nommé marquis de Gothie.

Mort de Guillaume de Septimanie Duc d'Aquitaine Comte d'Agen et de Bordeaux
Aléran de Troyes Marquis de Gothie
Aléran de Troyes Comte de Barcelone, de Narbonne, de Roussillon et d'Empuries
Guillaume de Septimanie meurt à Barcelone en 849 en 850, décapité sur ordre de Charles II le Chauve, pour avoir tenté de s'emparer des marches d'Espagne et de Barcelone.
Aléran de Troyes est alors nommé Marquis de Gothie, Comte de Barcelone, de Narbonne, de Roussillon et d'Empuries


Prise de Rennes et de Nantes par Nominoë
Charles II le Chauve les considérant l'un et l'autre comme trop âgés, Nominoë et Lambert II font alliance contre lui.
En 850, Nominoë et Lambert II forcent les portes de Rennes, la garnison franque laissée dans les murs de la ville par Charles II le Chauve, fait sa reddition.
Puis Nominoë et Lambert II de Nantes s'emparent et annexe Nantes en 850.

Paix entre Semen Garcia et Charles II le Chauve
Semen Garcia combat les Francs puis fait la paix avec Charles II le Chauve en 850.


Mort de Nominoë
Bataille de Jengland-Beslé
Traité d'Angers
Erispoë Roi de Bretagne
Nominoë, après avoir conquis le Maine et l'Anjou, marche en direction de la Seine. Il meurt aux environs de Vendôme le 7 mars 851. Il est inhumé au monastère de Redon
En mars 851, Charles II le Chauve profitant de la mort de Nominoë, mène son armée en Bretagne pour la soumettre. La rencontre avec les armées bretonnes d'Erispoë, fils de Nominoë, et d'Argantael, se fait à Jengland-Beslé, un petit hameau situé sur l'actuelle commune du Grand-Fougeray, près de la rivière Vilaine.
Les Francs y sont sévèrement défaits le 22 août 851.
En septembre 851, à Angers, Charles II le Chauve reconnaît à Erispoë l'autorité anciennement détenue par son père sur le Vannetais et la Bretagne, augmentée de la Marche de Bretagne :
le Rennais,
le Nantais
le pays de Retz.
La partie occidentale de la Neustrie devient la Haute-Bretagne.
La population franque de cette région n'est pas chassée lors de cette annexion et constituera la Bretagne de langue romane ou gallo.
Charles II le Chauve concède à Erispoë le titre de roi, ce qu'aucun empereur carolingien n'avait fait pour un prince étranger à sa famille. Rennes devient bretonne.


Pépin II d'Aquitaine prisonnier de Charles II le Chauve
En 852, Charles II le Chauve lance une seconde campagne militaire en Aquitaine.
Pépin II d'Aquitaine s'enhardit alors et pénètre sur les terres des Vascons, en 852.
Mal lui en prend car Sanche Sancion Mitarra capture Pépin II d'Aquitaine et le livre à Charles II le Chauve.

Création du duché de Gascogne
Le comté de Vasconie citérieure est érigé en duché de Gascogne par Charles II le Chauve en 852.


Robert IV de Hesbaye Recteur de l'abbaye de Marmoutiers
En 852, Charles II le Chauve fait Robert IV de Hesbaye recteur ou abbé laïc de l'abbaye de Marmoutier.


Robert IV de Hesbaye Comte de Tours
En 853, Charles II le Chauve nomme Robert IV de Hesbaye missi dominici des régions de Tours et d'Angers : le Maine, l'Anjou, la Touraine, le Corbonnais et le pays de Seez, et probablement comte de Tours.


Nouvelle invasion des Vikings
Pillage de Nantes
Pillage de St Martin de Tours
Expédition viking vers l'abbaye de Redon
Tandis que Charles II le Chauve pacifie l'Aquitaine, une importante expédition viking, dirigée par Sidroc et comprenant près d'une centaine de Drakkars et 4 000 guerriers s'installe en bord de Seine à Jeufosse, à mi-chemin entre Rouen et Paris. Les Vikings ravagent l'ensemble du bassin de la Seine suivit par le bassin de la Loire. En 853, la ville de Nantes est de nouveau pillée par les Normands.
Robert IV de Hesbaye s'attache à combattre non seulement les vikings mais également les raids bretons qui sévissent en Anjou et en Touraine. Tours est pillé ainsi que la riche abbaye de St Martin de Tours en 853.
En 853, le chef viking Gottfried remonte la Vilaine avec le secret espoir de mettre à sac la riche abbaye de Redon. Les moines implorent la protection de Dieu. Un violent orage, accompagné de grêle, de tonnerre et de véritables trombes d'eau, s'abat sur les vikings. Gottfried et ses hommes, saisis de frayeur, comblent de présents l'abbaye de Redon au lieu de la piller.

Charles l'Enfant d'Aquitaine Roi d'Aquitaine
L'aristocratie aquitaine se cherche un nouveau souverain. En 855, Charles II le Chauve instaure son fils aîné Charles l'Enfant, Roi d'Aquitaine. Il est couronné à Limoges.
Mais son fils Charles dit l'Enfant réclame l'indépendance de l'Aquitaine et se marie à la veuve d'Humbert Comte de Bourges. Charles II le Chauve vient avec son armée et l'Aquitaine se soumet.

Amplification de la menace Viking
La menace Viking ne cesse de s'amplifier. Ils multiplient des raids de plus en plus audacieux et destructeurs.
Les Normands pillent Orléans le 18 avril 856.
En 856, Sidroc, allié à Bjoern, attaquent et dévastent à nouveau Paris. Ils menacent de tout brûler si on ne leur verse pas une forte somme d'argent : Charles II le Chauve s'exécute.


Louis II le Bègue Comte du Mans
Révolte des grands d'Aquitaine contre Charles II le Chauve
En 856, Charles II le Chauve donne à son fils Louis II le Bègue une sorte de vice-royauté sur une Marche à l'est de la Bretagne entre la Seine et la Loire pour défendre le pays contre les Vikings, les Bretons et les Aquitains. Louis II le Bègue devient Comte du Mans.
Mais la présence dans le Maine de l'héritier du trône, Louis II le Bègue, réduit considérablement l'autonomie et le pouvoir des comtes de cette région. C'est le soulèvement général des Grands, dont Eudes Ier de Troyes-Robertien et Robert IV de Hesbaye.
Les Comtes du centre ouest sont pour la plupart apparentés à la femme de Charles II le Chauve, Ermentrude d'Orléans.


Projet avorté de mariage de Louis II le Bègue avec une fille d'Erispoë
Charles II le Chauve entreprend de sceller une alliance avec Erispoë pour faire cesser les raids bretons contre le royaume. Erispoë est marié à Marmohec de Poher et a un fils nommé Conan et une fille. En 856, est négocié le mariage de Louis II le Bègue, fils de Charles II le Chauve, avec la fille d'Erispoë contre une restitution de terres. Le projet n'aboutit pas.

Invasion de la Francia occidentalis par Louis II le Germanique
En 858, Adalard de Fézansac offrent la couronne à Louis II le Germanique. Répondant à cet appel, Louis II le Germanique envahit la Francia occidentalis.
Charles II le Chauve se trouve dans une situation désespérée puisque abandonné par l'ensemble de son aristocratie qui le méprise, et ne disposant d'aucun soutien ni de ressources financières suffisantes.
Échard de Mâcon participe à la révolte des grands du royaume contre Charles II le Chauve.
Charles II le Chauve requiert l'arbitrage de Nicolas Ier.
Louis II le Germanique cherche à acheter les clercs et évêques afin qu'ils acceptent de le sacrer. Hincmer ou Hincmar, archevêque de Reims, reconnu comme le principal chef de l'église après le roi, refuse de le faire.
Hincmar organise la résistance du royaume contre Louis II le Germanique et les Grands.
Il offre au roi une aide précieuse tant financière que militaire.


Destitution de d'Eudes Ier de Troyes-Robertien
Rodolphe de Bavière Comte de Troyes
Charles II le Chauve sanctionne ceux qui l'ont trahi lors de la révolte des grands d'Aquitaine et met en place des membres de la famille de sa mère, les Welfs.
Pour s'être révolté, Eudes Ier de Troyes-Robertien est destitué en 858. Rodolphe de Bavière, Comte de Ponthieu, oncle de Charles II le Chauve, devient Comte de Troyes. Eudes Ier de Troyes-Robertien trouve alors refuge de l'autre côté de la Saône.


Victoire de Charles II le Chauve sur Louis II le Germanique
Cession du pays entre Jura et Alpes au roi d'Italie
En 859, Louis II le Germanique est repoussé par Charles II le Chauve qui le bat.
Louis II le Jeune se fait céder par Charles II le Chauve le pays situé entre le Jura et les Alpes.
Robert IV de Hesbaye est encore allié à Pépin, Roi d'Aquitaine, et à Salomon de Bretagne contre Charles II le Chauve dont il se trouve ainsi être un adversaire dangereux.


Commandement militaire régional contre les vikings
À partir de 860, pour lutter contre les vikings, Charles II le Chauve organise et regroupe de vastes régions menacées sous un même commandement militaire. Il nomme ainsi Baudouin en Flandres et Bernard Plantevelue voit sa puissance s'accroître.
Bernard Plantevelu, comte d'Auvergne, ayant tué le comte de Toulouse, est fait comte de Toulouse par Charles II.
Bernard Plantevelu obtient par la suite le Limousin et le Rouergue puis le Berry, l'Autunois et la Septimanie, puis le […]
17 décembre 842 :
Mariage (avec Ermentrude D'ORLEANS) - Quierzy, 02300, Aisne, Picardie, FRANCE
Adalard de Fézansac incite Charles II le Chauve à épouser la fille de sa sœur Engeltrude de Fezensac.

Charles II le Chauve épouse au Palais de Quierzy ou à à Crécy-en-Ponthieu ou Crécy-sur-Oise le 13 décembre 842 Ermentrude d'Orléans, fille d'Eudes Ier d'Orléans et d'Engeltrude de Fezensac. Leurs enfants sont :
Judith de France (843 ou 846-870 ou 871), Reine de Wessex et Comtesse de Flandres, qui épousera,
en 856 Ethelwulf de Wessex, Roi de Wessex,
en 858 Ethelbald de Wessex, Roi de Wessex (fils de son précédent époux),
en 863 Baudouin Ier Bras-de-Fer, Comte en Flandre,
Louis II le Bègue dit aussi le Fainéant (1er novembre 846-10 ou 11 avril 879), Roi de France en 877, Succéda à son père au Royaume de France.
Charles l'Enfant (vers 847-29 septembre 865 ou 866), Roi d'Aquitaine, qu'il donna pour roi aux Aquitains de 855 à 865 et qui mourut à 18 ans, des suites d'un accident à Buzançais le 29 septembre 865,
Carloman (849-vers 876), qu'il força de se faire clerc en 861, qu'il dépouilla de ses bénéfices ecclésiastiques en 870 pour crime de révolte, et auquel il fit crever les yeux en 873 ; ce prince, enfermé d'abord à Corbie, réussit à se réfugier chez son oncle, Louis le Germanique, qui lui donna l'abbaye d'Eehternacli ou il mourut en 886.
Lothaire le Boiteux (vers 850- à la fin 865 ou 866), Abbé de plusieurs abbayes dont Saint-Germain d'Auxerre et Moutier-Saint-Jean,
Hirmintrudis ou Ermentrude (851-après 877), Abbesse de Hasnon,
Rotrudi ou Rotrude de Poitiers (855-après 912), Abesse
Hildegardim ou Hildegarde,
Gislam ou Gisèle,
Drogo (mort en 865),
Pippin (mort en 865),
Godehilde de France (née en 865).

Ermentrude d'Orléans est couronnée à Saint-Médard de Soissons.

Charles II le Chauve se sépare d'Ermentrude d'Orléans en 867 sans la répudier.

Ermentrude d'Orléans se retire à l'abbaye de Hasnon, près de Valenciennes.
Source : Jean-Sebastien DELATTRE NÉ DEZOTEUX (jsaeba )
16 octobre 869 :
Mariage (avec Richilde DE PROVENCE) - Aachen, Regierungsbezirk Köln, North Rhine-Westphalia, GERMANY
Ermentrude d'Orléans meurt au couvent de Hasnon le 6 octobre 869.

Charles II le Chauve est veuf d'Ermentrude d'Orléans.

Charles II le Chauve épouse le 12 octobre 869 sa concubine Richilde d'Ardennes.
Leurs enfants sont :
Rohilde ou Rothildis ou Rothilde de France ou de Neustrie (vers 871- 22 mars 925 ou en 928), Abbesse en commende de Chelles,
Charles (né en 876).

Le mariage de Charles II le Chauve et de Richilde d'Ardennes est confirmé à Aix-la-Chapelle le 22 janvier ou juin 870.

Charles II le Chauve accorde à son nouveau beau-frère, Boson V de Provence, l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, qui avait été détenue par son oncle maternel Hubert.
10 octobre 877 :
Décès - Avrieux, 73500, Savoie, Auvergne-Rhône-Alpes, FRANCE
Cause : Dysentrie
Mort de dysenterie le 6 octobre 877 à Avrieux près de Modane (Maurienne), il fut d'abord inhumé à Saint-Pierre de Nantua puis à Saint-Denis en 884. Son fils Louis lui succéda.
Les annales de Saint-Bertin prétendent qu'il fut empoisonné par un breuvage que lui administra son médecin juif. Il n'avait que cinquante-quatre ans et en avait régné trente-sept pendant l'une des périodes les plus désastreuses pour l'histoire de France.

Sous son règne, la brillante culture carolingienne connut son apogée notamment grâce à ses largesses.
Prince raffiné et cultivé, il fit de sa cour le plus grand centre culturel de l'époque notamment avec Jean Scot Erigène qui y vécut et enseigna de 845 à 867.
Un nombre très important d'écrits date de cette période.
Il ne faut donc pas trop s'empresser de juger ce règne comme le début de la décadence.
Bien au contraire, la puissance carolingienne dura jusqu'à sa mort.
Les 5 enfants de Charles II le Chauve et Richilde sont morts en bas âge.
Les insurgés sont amenés a priori à refuser la couronne à Louis II le Bègue, qu'une santé faible et l'embarras qu'il a de s'exprimer rendent peu redoutable aux factieux.
Comme Louis II le Bègue n'est pas son fils, et que Richilde, veuve de Charles II le Chauve, a le plus vif désir de voir le duc Boson V de Provence, son frère, s'élever jusqu'à la souveraineté, elle se range du coté des mécontents, dans l'espoir que les divisions qui s'annonce servent l'ambition de son frère.
Louis II le Bègue, apprenant à la fois la mort de son père et les dangers qui menace le trône, part d'Orreville, maison de plaisance entre Arras et Amiens, distribue les places et les trésors de son père en faveur de ceux qu'il rencontre, et prodigue l'argent et les grâces pour se faire des partisans.
Cette conduite devient le premier grief qu'allèguent contre lui les seigneurs, convaincus qu'il ne peut rien accorder sans leur consentement.
En effet, depuis l'usurpation de Pépin III le Bref la couronne était devenue élective, et le sacre était regardé comme une condition nécessaire du pouvoir royal.
Louis, non reconnu par les seigneurs, non sacré par les évêques, n'est rien.
Ainsi la France est deux mois dans l'incertitude.
L'impératrice Richilde, s'aperçoit que les mécontents ne la flattent que pour l'éloigner du roi.
Craignant d'avancer la ruine de Boson V de Provence en se pressant trop de l'élever, Richilde montre le testament par lequel Charles II le Chauve appelle son fils Louis à lui succéder.
Richilde lui remit l'épée de Charlemagne, la couronne, le sceptre, le manteau royal.
Ces signes du pouvoir ayant rapproché de lui les esprits divisés, Louis II le Bègue est sacré à Compiègne par Hincmar, Archevêque de Reims, le 8 décembre 877.
Hincmar garde toute son influence.
Théodebert, frère d'Anscharic Évêque de Paris, succède à Louis II le Bègue comme Comte de Meaux en 877.
Carloman Ier de Bavière hérite et devient Roi d'Italie en 877.
14 octobre 877 :
Inhumation - Saint-Denis, 93200, Seine-Saint-Denis, Île-de-France, FRANCE
Il est inhumé à Saint-Denis (Basilique), en Seine-Saint-Denis
Charles II le Chauve (823-877) : roi de Francie occidentale puis empereur des Francs. Ayant reçu en partage la partie occidentale de l’Empire, c’est assez naturellement qu’il fut inhumé en la basilique Saint-Denis, tout comme sa première épouse, Ermentrude, qui contrairement à lui possède un gisant à Saint-Denis commandé par Saint-Louis vers 1263. Charles II avait néanmoins été primitivement inhumé en l’abbaye bénédictine de Nantua (01), d’où il fut transféré en 884 à Saint-Denis.

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