🌳 Jean-Marc LEGER
par kiwa76
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Gisèle D'ANNAPPES ◉ Sosa : 935 631 275
Parents
- Louis Ier CAROLINGIEN 778-840
- Judith DE BAVIERE ~797-843
Union(s) et enfant(s)
-
Mariée vers 836, Udine, Provincia di Udine, Friuli Venezia Giulia, ITALY, avec
Evrard III FRIOUL 805-866
dont
- Judith FRIOUL ~835-895
- Ingeltrude FRIOUL 836-874
- Helvide DE DAMMARTIN ~840-905
- Guy FRIOUL 840-876
- Unroch III FRIOUL 840-874
- Béranger 1er FRIOUL 843-924
- Hedwige FRIOUL ~846->895
- Mathilde FRIOUL 850-900
-
Mariée en 855, avec
Hubert D'ARLES 830-864
dont
- Thibaud D'ARLES 860-887
-
Avec
Adalbert Ier DE THURGOVIE ~800-846
dont
- Adalbert II DE THURGOVIE ~835-894
Frères et sœurs
- Gisèle D'ANNAPPES ~819-874
- Charles II CAROLINGIEN 823-877
Demi-frères et demi-sœurs
- Lothaire Ier DE LOTHARINGIE 795-855 (par Louis Ier CAROLINGIEN)
- Pépin Ier CAROLINGIEN ~797-838 (par Louis Ier CAROLINGIEN)
- Hildegarde CAROLINGIEN 803-860 (par Louis Ier CAROLINGIEN)
- Louis II CAROLINGIEN 806-876 (par Louis Ier CAROLINGIEN)
- Alpaïde CAROLINGIEN 793-852 (par Louis Ier CAROLINGIEN)
Événements
- vers 819 :
-
Naissance - Frankfurt am Main, Hesse, GERMANY
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gis%C3%A8le_(fille_de_Louis_le_Pieux)
Gisèle (Gisela) (née vers 819/822 - † après 874) est la fille de l'empereur Louis le Pieux et de Judith de Bavière.
Gisèle se maria probablement vers l'an 836 au marquis Évrard de Frioul du clan des Unrochides. En 836, l'empereur Louis le Pieux donne en dot le domaine royal d'Annappes, avec ses dépendances Ascq, Flers et Gruson, à sa fille Gisèle, épouse d'Évrard de Frioul. Elle reçoit aussi Vakaslane (Wasquehal). Gisèle eut dix enfants avec Évrard de Frioul, dont deux (Évrard et Alpais) moururent très jeunes. Évrard et Gisèle sont les parents de Bérenger Ier, roi des Lombards. Évrard et Gisèle fondent l'abbaye Saint-Calixte de Cysoing. Évrard de Frioul dont le corps fut ramené d'Italie par son fils et son épouse Giséle ont été enterrés dans une crypte Après le mort de son mari, elle continua sa vie en tant que religieuse à Denain. Elle mourut en 898 et son corps fut ramené pour reposer auprès de son mari dans la nécropole familiale de l'abbaye Saint-Calixte de Cysoing.
Contrairement aux stéréotypes de la vision de la femme au Moyen Âge, les filles des rois carolingiens savaient lire et écrire le latin. Cette éducation était destiné pour servir la religion chrétienne et leur rôle familial. Les filles et les sœurs des rois carolingiens devaient lire les écrits bibliques pour pratiquer la foi chrétienne. De la même manière que les garçons, les jeunes filles à l'époque carolingienne étudiaient dans les monastères de femmes, d'où les hommes étaient bannis. La passation du savoir se faisait ainsi de femme à femme ; les moniales et religieuses pouvaient faire figure de professeurs, comme le prouve le cas de Dhuoda. Gisèle était une femme instruite qui savait lire et écrire, comme le démontre sa profession de religieuse à la fin de sa vie et son testament. Toutefois, il est difficile d'établir si son éducation est tributaire de l'ordre monastique ou par des maîtres privés de la cour du palais. Le manque d'information a ce sujet laisse place à des hypothèses.Ses enfants furent aussi instruits selon les modèles carolingiens. Les filles de Gisèle héritèrent de nombreux ouvrages précieux de la bibliothèque d'Évrard, dont la plupart sont des livres à caractère religieux.
Évrard et Gisèle fondent l'abbaye Saint-Calixte de Cysoing vers 854. La création de monastères était une pratique courante des familles aristocratiques, et ce depuis le VIIe siècle. La fondation de monastère renforçait l’image de piété de la famille carolingienne et permettait un certain pouvoir politique. Le monastère créait un effet de sacralisation de ses fondateurs et de leurs successeurs. D'ailleurs, la fondation de ce monastère offrit à deux des fils de Gisèle, Raoul et Adalard, l’endroit parfait pour leur profession ecclésiastique. De plus, grâce à la fondation et l’éclosion de ce monastère, un culte de Saint-Évrard s'établit, qui est nul autre que son mari Évrard de Frioul. En rapatriant le corps de son mari dans la crypte funéraire familiale, Gisèle établit les bases d’un culte. Évrard est décédé après une conquête territoriale sous l'ordre des Carolingiens, en Italie vers 866. Les raisons de sa mort restent flous, il meurt dans une demeure familiale en Italie. La sépulture d'Évrard fut installée près de l'autel abbatial, au souhait de Gisèle. Les sépultures créèrent un sentiment de sacralisation des corps des fondateurs et attestent le pouvoir de la famille sur la région. La religion imprègne la famille de Gisèle et son destin. Le testament de Gisèle mentionne aussi une chapelle dont elle serait l'unique fondatrice, puisque cette chapelle n’est pas mentionnée sur le testament d’Évrard. Les filles de Gisèle et elle-même après la mort de son mari trouvèrent refuge et profession dans la religion catholique. La pratique religieuse pour les femmes de noblesse leur permettait de vivre sans la pression d’un deuxième mariage imposé, d’un rapt, viol ou toutes autres stratégies des hommes pour avoir le pouvoir. Ou dans le cas contraire, elles étaient obligées d’adhérer à une vie monastique sur l’ordre du roi, pour ne pas créer de potentiels héritiers ou d’alliance qui mettrait en péril la souveraineté.
Selon la tradition carolingienne, à la fois pour éviter des conflits de succession et de promouvoir la foi chrétienne, le destin des filles de Charlemagne étaient de servir la religion chrétienne. Cette stratégie lui permettait d’éliminer les possibles problèmes de succession et de contrôler la puissance de l’aristocratie ou la noblesse. En effet, puisque la succession posait déjà des conflits au sein de sa propre famille et ses héritiers, Charlemagne préférait ne pas avoir des gendres qui se révéleraient trop ambitieux. Dans le texte Vita Karoli d'Éginhard, celui-ci explique que Charlemagne préférait garder ses filles proches de lui, un comportement excessif selon Éginhard. Louis le Pieux, contrairement à son père Charlemagne, avait pour politique de marier ses filles à l’aristocratie, notamment pour se trouver des alliés puissants. L’alliance de Gisèle et d’Évrard de Frioul du clan des Unrochides permet le soutien de ce clan à Louis le Pieux et à son successeur. Certains historiens placent le mariage de Gisèle et d’Évrard vers 836, alors que d’autres le placeraient davantage vers 840, après la mort de Louis le Pieux. Cela coïnciderait peut-être davantage avec le testament de Gisèle, qui semble posséder sa dot, les terres de Charles le Chauve. Toutefois, cela viendrait à l’encontre de la date de naissance des premiers enfants de Gisèle et d’Évrard. Tout comme son père, Gisèle et Évrard décident de marier leurs filles. Cela pose un problème qu’après leur mort pour la succession de Saint-Calixte de Cysoing, réclamer par le mari d'Heilwich.
Le testament d’Évrard et de Gisèle permet d’établir le rythme de vie et la richesse des couples aristocratique ou de la noblesse. Les nombreuses terres données à leurs enfants expriment le pouvoir territorial du couple. Le mobilier laissé sur le testament est un indice sur le décor et les usages de ces objets dans le quotidien autour de la vie de Gisèle. Pour les garçons de Gisèle et d’Évrard, un nombre surprenant d’objets en or et argent furent légués; épée en pommeau d’or et d’argent (au moins 7 dénombré dans le testament), poignard ornée de gemmes précieuse, tunique et manteau orné d’or, ciboire avec croix en or, bracelets d’or, peigne orné d’or, candélabre d’argent, des cornes à boire en or et argent, calice d’ivoire7 …. Un mélange d’objets usuels; par exemple des cornes pour boire, des cuillers, gobelets et candélabres, d’armes d’apparat… Et de mobilier de la chapelle familiale. Pour les filles, elles héritèrent chacune d’écuelles d’argent, d’un pallium et d’un phylactère d’argent.17 Les filles ont aussi hérité de livre à caractère religieux. Ses legs nous indiquent plusieurs constats; la plus grande partie des richesses du couple revenait aux hommes héritiers. Mais ce legs s’explique si l’on considère que les filles de Gisèle auraient déjà bénéficié d’une dote lors de leurs mariages. Le testament indique aussi une certaine humilité; les objets précieux sont pour la plus grande partie des objets cérémoniels, qui sont placés dans la chapelle familiale. Certains objets du quotidien permettent d’imaginer le décor du manoir seigneurial de Gisèle et d’Évrard; un manoir seigneurial avec des objets précieux, mais dont les véritables trésors sont les objets de culte chrétien.
Généralement, dans le couple ordinaire du Moyen Âge, le mari avait possession des biens offerts et hérités après le mariage. Toutefois, dans certains cas, quand la femme est de lignée royale directe, celle-ci peut posséder des terres. Gisèle survécut à son mari Évrard et après sa mort, ou dû à la négligence de ces biens, Charles le Chauve reprit possession de ces terres données en dot. Ce passage du testament de Gisèle écrit vers 869 en atteste.
« Il m’a semblé convenable, au nom de Dieu, à moi Gisèle, de partager les biens négligés par mon seigneur Évrard, de douce mémoire, puis réunis au domaine royal, mais conservés en bon état par ordre supérieur, eu égard à mon veuvage, et dans le but de me soulager dans mon changement de situation, biens que mon très cher et bienveillant frère, si j’ose appeler ainsi le roi Charles, a daigné dans son immense bonté me retourner augmentés… ».
Toutefois, Charles le Chauve lui laisse le fisc de Somain, qu’elle lègue à son fils Adalard. Elle spécifie qu’après la mort d’Adalard, abbé à l’abbaye de Cysoing, le monastère héritera des terres.
« Je vous donne donc mon très cher fils Adalard, le fisc du nom de Somain au pays d’Ostrevent, dont mon dit bienveillant souverain et frère Charles, si je l’ose nommer ainsi, dans sa grande et tendre largesse, a daigné me faire don. »
« J’y mets cette condition, qu’après votre mort, elle reviendra intégralement audit monastère selon ce qui suit: le manoir seigneurial, avec 179 bonniers de terres labourables, 32 bonniers de près, 561 bonniers de bois, 93 bonniers de dépendances, et aussi 4 bonniers de terre. Ce fisc tout entier, comme il a été dit, sauf ladite chapelle avec 9 manses, je le passe et le constitue intégralement de ma juridiction en vos mains pour votre part, moyennant cette condition: tant que, à la volonté du Seigneur, je serai en vie, il sera considéré comme étant mon bien personnel. »
C’est lorsqu’elle devient veuve qu’elle détient une certaine indépendance financière et la gestion des biens familiaux. L’accord de ses fils n’était pas nécessaire pour qu’elle puisse hériter d’Évrard (et donc du territoire donné en dot à son mariage, repris par Charles et redonné à Gisèle à la mort d’Évrard). Il est toutefois intéressant de percevoir qu’elle ressent le besoin de réclamer cet important fisc comme bien personnel. Selon le testament d’Évrard écrit conjointement avec Gisèle écrit plus tôt vers 865, les biens et les territoires de son mari sont partagés entre ses fils. Ses filles hériteront aussi de quelques biens, dont une partie de la bibliothèque d’Évrard ainsi que quelques terres. Charles le Chauve ne pouvait s’interposer dans cet échange comme il l’a fait dans la reprise de la dot de Gisèle, puisque le compte Évrard provient lui-même d’une famille aristocratique et qu’il n’avait aucun droit à ses terres provenant du clan des Unrochides. La dotation du monastère fut remise à Adalard, puis Raoul son frère qui furent tous deux abbés à Saint-Calixte de Cysoing. À la mort de Raoul, le monastère fut remis aux moines. Ce legs de Raoul, qui exauçait le souhait de Gisèle, fut contesté par le mari de Heilwich. Le monastère était richement doté et amenait jalousie parmi la noblesse.
Notes concernant l'union
Union avec Eberhardt DE FRIOUL
Gisèle épouse, probablement vers 836, Eberhard, marquis de Frioul, avec lequel elle eut dix enfants : 1.Évrard (837- † après le 20 juin 840) ; 2.Ingeltrude de Frioul (v. 836 - † 867), épouse Henri de la Marche (830 – 886), marquis de Neustrie ; 3.Unroch III de Frioul (v. 840 - 874), époux d'Ève de Tours ; 4.Bérenger Ier de Frioul (v. 843 - † 924), époux de Berthe de Spolète, élu roi des Lombards à Pavie en 888, et empereur romain germanique en 915 ; 5.Adahard († après le 1er juillet 874). Abbé de Cysoing ; 6.Raoul / Rodolphe († 1er mai 892). Abbé laïc de Cysoing et de l'abbaye Saint-Vaast d'Arras. En 883, le roi Carloman II de France lui donna l'Artois et le Ternois qui furent saisis à sa mort par le comte Baudouin II de Flandre ; 7.Alpais, morte jeune et inhumée à l'abbaye Saint-Calixte de Cysoing ; 8.Heilwide de Frioul (v. 855 - v. 895), qui épousa vers 874 Huchald (Hucbald) d'Ostrevant (850 - 890) puis peut-être Roger Ier (v. 867 - † 926) comte de Laon ; 9.Gisèle († v. 863). Nonne à l'abbaye Saint-Sauveur de Brescia ; 10.Judith de Frioul (863 - † 881), qui épousa Conrad II de Bourgogne, comte d'Auxerre et duc de Bourgogne Transjurane de 859 à 864
Il est intéressant de constater que les noms des enfants de Gisèle réfèrent tous à des membres proches de la famille; oncle, tante ou grands-parents. Gisèle n’avait pas le droit de nommer ses enfants de nom de la royauté carolingienne; elle nomma ses enfants de la descendance des Unrochides (Unroch, Adalard, Ingeltrude, Bérenger), de son côté maternel (Raoul, Heilwich, Judith et Gisèle) et de son couple en lui-même (Gisèle et Évrard).
En 836, l'empereur Louis le Pieux donne en dot le domaine royal d'Annappes, avec ses dépendances Ascq, Flers et Gruson, à sa fille Gisèle, épouse d'Évrard de Frioul. Elle reçoit aussi Vakaslane (Wasquehal). Gisèle eut dix enfants avec Évrard de Frioul, dont deux (Évrard et Alpais) moururent très jeunes. Évrard et Gisèle sont les parents de Bérenger Ier, roi des Lombards. Évrard et Gisèle fondent l'abbaye Saint-Calixte de Cysoing. Évrard de Frioul dont le corps fut ramené d'Italie par son fils et son épouse Giséle ont été enterrés dans une crypte à Cysoing. Après le mort de son mari, elle continua sa vie en tant que religieuse à Denain. Elle mourut en 898 et son corps fut ramené pour reposer auprès de son mari dans la nécropole familiale de l'abbaye Saint-Calixte de Cysoing1.
Éducation Contrairement aux stéréotypes de la vision de la femme au Moyen Âge, les filles des rois carolingiens savaient lire et écrire le latin. Cette éducation était destiné pour servir la religion chrétienne et leur rôle familial. Les filles et les sœurs des rois carolingiens devaient lire les écrits bibliques pour pratiquer la foi chrétienne. De la même manière que les garçons, les jeunes filles à l'époque carolingienne étudiaient dans les monastères de femmes, d'où les hommes étaient bannis. La passation du savoir se faisait ainsi de femme à femme ; les moniales et religieuses pouvaient faire figure de professeurs, comme le prouve le cas de Dhuoda. Gisèle était une femme instruite qui savait lire et écrire, comme le démontre sa profession de religieuse à la fin de sa vie et son testament. Toutefois, il est difficile d'établir si son éducation est tributaire de l'ordre monastique ou par des maîtres privés de la cour du palais. Le manque d'information a ce sujet laisse place à des hypothèses. Ses enfants furent aussi instruits selon les modèles carolingiens. Les filles de Gisèle héritèrent de nombreux ouvrages précieux de la bibliothèque d'Évrard, dont la plupart sont des livres à caractère religieux.
Religion Évrard et Gisèle fondent le monastère Saint-Calixte de Cysoing vers 854. La création de monastères était une pratique courante des familles aristocratiques, et ce depuis le VIIe siècle. La fondation de monastère renforçait l’image de piété de la famille carolingienne et permettait un certain pouvoir politique. Le monastère créait un effet de sacralisation de ses fondateurs et de ses successeurs. D’ailleurs, la fondation de ce monastère permit à deux des fils de Gisèle, Raoul et Adalard, l’endroit parfait pour leur profession ecclésiastique. De plus, grâce à la fondation et l’éclosion de ce monastère, un culte de Saint-Évrard s’établit, qui est nul autre que son mari Évrard de Frioul. En rapatriant le corps de son mari dans la crypte funéraire familiale, Gisèle établit les bases d’un culte. Évrard est décédé après une conquête territoriale sous l'ordre des carolingiens, en Italie vers 866. Les raisons de sa mort restent flous, il meurent dans une demeure familiale en Italie. La sépulture d’Évrard fut inhumée près de l’autel du monastère, au souhait de Gisèle. Les sépultures créèrent un sentiment de sacralisation des corps des fondateurs et attestent le pouvoir de la famille sur la région. La religion imprègne la famille de Gisèle et son destin. Le testament de Gisèle mentionne aussi une chapelle dont elle serait l’unique fondatrice, puisque cette chapelle n’est pas mentionnée sur le testament d’Évrard. Les filles de Gisèle et elle-même après la mort de son mari trouvèrent refuge et profession dans la religion catholique. La pratique religieuse pour les femmes de noblesse leur permettait de vivre sans la pression d’un deuxième mariage imposé, d’un rapt, viol ou toutes autres stratégies des hommes pour avoir le pouvoir. Ou dans le cas contraire, elles étaient obligées d’adhérer à une vie monastique sur l’ordre du roi, pour ne pas créer de potentiels héritiers ou d’alliance qui mettrait en péril la souveraineté.
Mariage carolingien Selon la tradition carolingienne, à la fois pour éviter des conflits de succession et de promouvoir la foi chrétienne, le destin des filles de Charlemagne étaient de servir la religion chrétienne. Cette stratégie lui permettait d’éliminer les possibles problèmes de succession et de contrôler la puissance de l’aristocratie ou la noblesse. En effet, puisque la succession posait déjà des conflits au sein de sa propre famille et ses héritiers, Charlemagne préférait ne pas avoir des gendres qui se révéleraient trop ambitieux. Dans le texte Vita Karoli de Éginhard, celui-ci explique que Charlemagne préférait garder ses filles proches de lui, un comportement excessif selon Éginhard. Louis le Pieux, contrairement à son père Charlemagne, avait pour politique de marier ses filles à l’aristocratie, notamment pour se trouver des alliés puissants. L’alliance de Gisèle et d’Évrard de Frioul du clan des Unrochides permet le soutien de ce clan à Louis le Pieux et à son successeur. Certains historiens placent le mariage de Gisele et d’Évrard vers 836, alors que d’autre le placerait davantage vers 840, après la mort de Louis le Pieux. Cela coïnciderait peut-être davantage avec le testament de Gisèle, qui semble posséder sa dot, ses terres de Charles le Chauve. Toutefois, cela viendrait à l’encontre de la date de naissance des premiers enfants de Gisèle et d’Évrard. Tout comme son père, Gisèle et Évrard décident de marier leurs filles. Cela pose un problème qu’après leur mort pour la succession de St-Calixte de Cysoing, réclamer par le mari d’Heilwich.
Possessions et biens Le testament d’Évrard et de Gisèle permet d’établir le rythme de vie et la richesse des couples aristocratique ou de la noblesse. Les nombreuses terres données à leurs enfants expriment le pouvoir territorial du couple. Le mobilier laissé sur le testament est un indice sur le décor et les usages de ces objets dans le quotidien autour de la vie de Gisèle. Pour les garçons de Gisèle et d’Évrard, un nombre surprenant d’objets en or et argent furent légués; épée en pommeau d’or et d’argent (au moins 7 dénombré dans le testament), poignard ornée de gemmes précieuse, tunique et manteau orné d’or, ciboire avec croix en or, bracelets d’or, peigne orné d’or, candélabre d’argent, des cornes à boire en or et argent, calice d’ivoire …. Un mélange d’objets usuels; par exemple des cornes pour boire, des cuillers, gobelets et candélabres, d’armes d’apparat… Et de mobilier de la chapelle familiale. Pour les filles, elles héritèrent chacune d’écuelles d’argent, d’un pallium et d’un phylactère d’argent. Les filles ont aussi hérité de livre à caractère religieux. Ses legs nous indiquent plusieurs constats; la plus grande partie des richesses du couple revenait aux hommes héritiers. Mais ce legs s’explique si l’on considère que les filles de Gisèle auraient déjà bénéficié d’une dot lors de leurs mariages. Le testament indique aussi une certaine humilité; les objets précieux sont pour la plus grande partie des objets cérémoniels, qui sont placés dans la chapelle familiale. Certains objets du quotidien permettent d’imaginer le décor du manoir seigneurial de Gisèle et d’Évrard; un manoir seigneurial avec des objets précieux, mais dont les véritables trésors sont les objets de culte chrétien.
Testament de Gisèle Généralement, dans le couple ordinaire du Moyen Âge, le mari avait possession des biens offerts et hérités après le mariage. Toutefois, dans certains cas, quand la femme est de lignée royale directe, celle-ci peut posséder des terres. Gisèle survécu à son mari Évrard et après sa mort, ou dû à la négligence de ces biens, Charles le Chauve repris possession de ces terres données en dote. Ce passage du testament de Gisèle écrit vers 869 en atteste.
« Il m’a semblé convenable, au nom de Dieu, à moi Gisèle, de partager les biens négligés par mon seigneur Évrard, de douce mémoire, puis réunis au domaine royal, mais conservés en bon état par ordre supérieur, eu égard à mon veuvage, et dans le but de me soulager dans mon changement de situation, biens que mon très cher et bienveillant frère, si j’ose appeler ainsi le roi Charles, a daigné dans son immense bonté me retourner augmentés… ».
Toutefois, Charles le Chauve lui laisse le fisc de Somain comme territoire, qu’elle léguera à son fils Adalard. Elle spécifie qu’après la mort d’Adalard, qui était abbé à l’abbaye de Cysoing, le monastère héritera des terres.
« Je vous donne donc mon très cher fils Adalard, le fisc du nom de Somain au pays d’Ostrevent, dont mon dit bienveillant souverain et frère Charles, si je l’ose nommer ainsi, dans sa grande et tendre largesse, a daigné me faire don. »
« J’y mets cette condition, qu’après votre mort, elle reviendra intégralement audit monastère selon ce qui suit: le manoir seigneurial, avec 179 bonniers de terres labourables, 32 bonniers de près, 561 bonniers de bois, 93 bonniers de dépendances, et aussi 4 bonniers de terre. Ce fisc tout entier, comme il a été dit, sauf ladite chapelle avec 9 manses, je le passe et le constitue intégralement de ma juridiction en vos mains pour votre part, moyennant cette condition: tant que, à la volonté du Seigneur, je serai en vie, il sera considéré comme étant mon bien personnel. »
C’est lorsqu’elle devient veuve qu’elle détient une certaine indépendance financière et la gestion des biens familiaux. L’accord de ses fils n’était pas nécessaire pour qu’elle puisse hériter d’Évrard(et donc du territoire donné en dot à son mariage, repris par Charles et redonné à Gisèle à la mort d’Évrard). Il est toutefois intéressant de percevoir qu’elle ressent le besoin de réclamer cet important fisc comme bien personnel. Selon le testament d’Évrard écrit conjointement avec Gisèle écrit plus tôt vers 865, les biens et les territoires de son mari sont partagés entre ses fils. Ses filles hériteront aussi de quelques biens, dont une partie de la bibliothèque d’Évrard ainsi que quelques terres5. Charles le Chauve ne pouvait s’interposer dans cet échange comme il l’a fait dans la reprise de la dot de Gisèle, puisque le compte Évrard provient lui-même d’une famille aristocratique et qu’il n’avait aucun droit à ses terres provenant du clan des Unrochides. La dotation du monastère fut remise à Adalard, puis Raoul son frère qui furent tous deux abbés à St-Calixte de Cysoing. À la mort de Raoul, le monastère fut remis aux moines. Ce legs de Raoul, qui exauçait le souhait de Gisèle, fut contesté par le mari de Heilwich. Le monastère était richement doté et amenait jalousie parmi la noblesse.Sources :- WIKIPEDIA, https://fr.wikipedia.org/wiki/Gis%C3%A8le_(fille_de_Louis_le_Pieux)
- André ALLAIGRE (andreallaigre )
- Bernadette GOMBERT (jeanmariedepinoy )
- vers 836 :
-
Mariage (avec Evrard III FRIOUL) - Udine, Provincia di Udine, Friuli Venezia Giulia, ITALY
Gisèle épouse, probablement vers 836, Eberhard, marquis de Frioul, avec lequel elle eut dix enfants :
1.Évrard (837- † après le 20 juin 840) ;
2.Ingeltrude de Frioul (v. 836 - † 867), épouse Henri de la Marche (830 – 886), marquis de Neustrie ;
3.Unroch III de Frioul (v. 840 - 874), époux d'Ève de Tours ;
4.Bérenger Ier de Frioul (v. 843 - † 924), époux de Berthe de Spolète, élu roi des Lombards à Pavie en 888, et empereur romain germanique en 915 ;
5.Adahard († après le 1er juillet 874). Abbé de Cysoing ;
6.Raoul / Rodolphe († 1er mai 892). Abbé laïc de Cysoing et de l'abbaye Saint-Vaast d'Arras. En 883, le roi Carloman II de France lui donna l'Artois et le Ternois qui furent saisis à sa mort par le comte Baudouin II de Flandre ;
7.Alpais, morte jeune et inhumée à l'abbaye Saint-Calixte de Cysoing ;
8.Heilwide de Frioul (v. 855 - v. 895), qui épousa vers 874 Huchald (Hucbald) d'Ostrevant (850 - 890) puis peut-être Roger Ier (v. 867 - † 926) comte de Laon ;
9.Gisèle († v. 863). Nonne à l'abbaye Saint-Sauveur de Brescia ;
10.Judith de Frioul (863 - † 881), qui épousa Conrad II de Bourgogne, comte d'Auxerre et duc de Bourgogne Transjurane de 859 à 864
Il est intéressant de constater que les noms des enfants de Gisèle réfèrent tous à des membres proches de la famille; oncle, tante ou grands-parents. Gisèle n’avait pas le droit de nommer ses enfants de nom de la royauté carolingienne; elle nomma ses enfants de la descendance des Unrochides (Unroch, Adalard, Ingeltrude, Bérenger), de son côté maternel (Raoul, Heilwich, Judith et Gisèle) et de son couple en lui-même (Gisèle et Évrard).
Éberhard de Frioul épouse vers 836 Gisèle de France, fille de Louis Ier le Pieux et de Judith de Bavière.
Leurs enfants sont :
Évrard (837-après le 20 juin 840),
Ingeltrude de Frioul (vers 836-867) qui épousera Henri de la Marche (830-886), Marquis de Neustrie,
Umruoch ou Unroch III de Frioul (vers 840-1er juillet 874), Comte de Frioul, qui épousera en 857 Ève de Tours,
Berengar ou Bérenger Ier de Frioul (vers 843-7 avril 924), Marquis de Frioul, Roi des Lombards, Empereur des Romains qui épousera vers 880 Berthe de Spolète,
Adahard (mort après le 1 juillet 874), Abbé de Cysoing,
Raoul de Frioul (mort le 1 mai 892), Abbé laïc de Cysoing et Abbé laïc de Saint-Vaast d'Arras, Comte d'Artois et de Ternois,
Alpais (morte jeune) et inhumée à l'abbaye de Cysoing,
Heilwis, ou Helvide ou Hedwige ou Heilwide de Frioul (vers 855-vers 895 ou 896) qui épousera :
vers 874 Huchald ou Hucbald d'Ostrevant (850-890),
peut-être en 891 Roger Ier de Laon (vers 867-926) Comte de Laon,
Gisèle (morte vers 863), Nonne à l'abbaye Saint-Sauveur de Brescia,
Judith de Frioul ou de Sulichgau qui épousera en 915 Arnulf Ier de Bavière.
En 836, Louis Ier le Pieux donne le domaine royal d'Annapes à sa fille Gisèle de France.
Évrard et Gisèle fondent l'abbaye Saint-Calixte de Cysoing, près de Lille.Source : André ALLAIGRE (andreallaigre ) - 855 :
- Mariage (avec Hubert D'ARLES)
- 5 juillet 874 :
- Décès
- Inhumation - Cysoing, 59168, Nord, Hauts-de-France, FRANCE