Ferdinand,Philippe DE MEEÛS

Ferdinand,Philippe DE MEEÛS

  • Né le 28 mai 1798 (lundi) - Bruxelles, 1000, Bruxelles Capitale, BELGIQUE
  • Décédé le 5 avril 1861 (vendredi) - Bruxelles, 1000, Bruxelles Capitale, BELGIQUE, à l'âge de 62 ans
  • Docteur en Droit, Membre de la Commission de Sûreté publique de la Ville de Bruxelles, Colonel et Trésorier de la Garde bourgeoise de Bruxelles, Conseiller communal de Bruxelles, gouverneur de la Société Générale pour favoriser l'industrie nationale
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Parents

Union(s) et enfant(s)

Frères et sœurs

Événements

28 mai 1798 :
Naissance - Bruxelles, 1000, Bruxelles Capitale, BELGIQUE
8 mai 1822 :
Mariage (avec Anne-Marie MEEUS) - Bruxelles, 1000, Bruxelles Capitale, BELGIQUE
cousins germains
5 avril 1861 :
Décès - Bruxelles, 1000, Bruxelles Capitale, BELGIQUE
Autre événement : Family meeting

Notes

Lors de la Révolution de 1830, il reçut le commandement d’une section de la Garde civique et fut élu ensuite au Congrès National. A la fois libéral modéré sur l’échiquier politique et animé par une profonde foi catholique, il soutenait la politiqueunioniste et siégea à la Chambre de 1832 à 1845 et au Conseil Communal de Bruxelles de 1831 à 1845.

A la révolution de 1830, quoique bien jeune encore, sa conduite pendant les journées de troubles avait été si ferme et si modérée à la fois que des démagogues exaltés, furieux de n'avoir pu faire naître des désordres qui leur permissent d'accomplirleurs mauvais desseins, se ruèrent sur son habitation et la réduisirent en cendres, sous les prétextes les plus absurdes et les plus odieux. Cet acte coupable, accompli à un moment pendant lequel les lois avaient perdu leur empire, fut énergiquement flétri.
Non seulement un acte du gouvernement provisoire nomma Ferdinand de Meeus gouverneur de la Société Générale, dès le lendemain même du sinistre, mais encore l'estime publique le vengea bientôt aussi de la fureur de quelques misérables et de la hainedes envieux
Ferdinand de Meeus, à la chambre des représentants, se distingua par ses talents, par sa droiture et surtout par cette profonde connaissance des chiffres, cette entente merveilleuse des affaires qui ont étendu si loin la réputation du gouverneur dela Société Générale pour favoriser l'industrie.
Le mandat de de Meeus fut successivement renouvelé par les électeurs de Bruxelles jusqu'à l'époque où la faction dite libérale fut assez forte pour renverser du pouvoir ceux qui depuis 17 ans gouvernaient la Belgique d'après les pures doctrines de la constitution, leur oeuvre. Depuis lors, éloigné entièrement des affaires politiques, il emploie toutes les ressources de son intelligence activité à étendre de plus en plus l'action du magnifique établissement qu'il gouverne. Il s'est occupé constamment, et avec un plein succès, à faire renaître l'esprit d'association et d'entreprise qui s'était complétement éteint en Belgique, à relever les affaires de l'état de marasme où elles étaient tombées faute d'ouvrage et de débouchés, à créer enfin la grande industrie belge, qui produit chaque jour de nouvelles merveilles

Dès le premier éveil de son intelligene, il a l'inappréciable avantage de trouver sous son toit paternel l'exemple vivant de toutes les vertus publiques et privées qui devaient un jour illustrer sa propre carrière. Au milieu des orages révolutionnaires et du redoutable bouleversement de la société européenne, son père avait su conserver, dans toute sa ferveur la foi vive et pure qui avait inaltérablement brillé dans ses ancêtres
Envoyé de bonne heure au Lycée impérial de Bruxelles, Ferdinand ne tarda pas à devenir l'un des élèves les plus distingués de cette institution, d'où l'on a vu sortir une foule d'hommes devenus cékèbres dans différentes carrières. Il lut et compritsi bien les écrits des prinipaux apologistes que, loin de perdre les nobles et pures croyances de son enfance, il sortit plus fort et plus ocnvaincu de ces tristes luttes, où les sophismes de l'impiété se trouvaient associés aux passions ardentes du jeune âge. Son esprit aussi pénétrant que juste aperçut clairement la vérité et s'y attacha avec un vigoureux élan qui ne se démentit jamais. C'est même dans ces études religieuses commencées sur les bancs de l'école qu"il faut chercher la causede la prédilection constante, pour les recherches théologiques, qu'il manifesta dans tout le cours de sa belle carrière
Au sortir du lycée, il se rendit à l'université de Louvain où il obtint le grade de docteur en droit. Au lieu de chercher dans les luttes du barreau les succès et la renommée auxquels il pouvait légitimement prétendre, il prit la direction d'une importante maison de banque, qui, à côté d'une réputation traditionnelle de probité scrupuleuse, s'était toujours fait remarquer par les facilités qu'elle savait fournir au commerce de la capitale. Complétement dépourvu d'ambition, tous ses voeux se bornaient à jouri en paix du bonheur qu'il trouvait au sein de sa jeune famille, loin es agitations du bruit des querelles politiques
Mais la Providence en avait autrement décidé car, au moment ou Ferdinand se croyait à jamais fixé dans la carrière qu'il s'était choisie, la révolution de 1830 le jeta brusquement dans la vie publique

Partisan chaleureuc et convaincu des droits du pays, mais ennemi déclaré de tous les excè révolutionnaires; il lutta contre le désordre avec une persévérance qui fut hautement appréciée
Le 23 septembre, la vaste habitation qu'il occupait en face de la porte de Schaerbeek fut envahie par les hollandais, qui s'y conduisirent avec une incroyable barbarie. Irrités par les obstacles qu'ils avaient rencontrés et les pertes qu'ils avaient subis à l'entrée de la ville, les soldats crurent venger la cause du roi de Guillaume en saccageant la demeure d'un officier supérieur de la garde bourgeoise. Ils ne reculèrent pas même devant l'effusion de sang. Ils tuèrent à cpups de baïonnettedeux employés de la maison et blessèrent grièvement trois servantes qui s'étaient réfugiées dans les caves.

Ferdinand n'attendit pas la fin de l'orage révolutionnaire pour se mettre activement à l'oeuvre. Au sein du Congrès National, on le voyait figurer dans ces débats mémorables d'où sortirent les libertés constitutionnelles qui font aujourd'hui la gloire du pays ; au dehors, il consacrait toutes les forces de son intelligence et toute l'énergie de son âme à la prospérité de l'important établissement financier qu'on venait de placer sous sa direction. Au milieu du désordre, des inquiétudes et des souffrances de toute nature qui suivirent le mouvement populaire de Septembre, l'acceptation du poste de gouverneur de la Société Générale (la seule grande insitution de crédit existant à cette époque) n'était pas uniquement un acte de patriotisme éclairé ; c'était une oeuvre de courage et de dévouement dont peu de notabilités financières se seraient souciées d'assumer la responsabilité.
Les habitants de Bruxelles s'empressèrent de témoigner leur reconnaissance à l'auteur de ces grands résultats magnifiques. Ils ouvrirent à Ferdinand de Meeus, le 10 octobre 1833, le mandat de membre de la Chambre des représentants. Animés du patriotisme le plus dur et le plus généreux, mais malheureusement dépourvus des connaissances spéciales que requièrent les grandes opérations financières, les membres de la Chambre populaire trouvèrent dans Ferdinand un collègue des plus utiles.
Sa parole, exempte de prétentions oratoires, mais toujours nette et franche, toujours appuyée sur des faits constants et des preuves irrécusables, avait l'art de mettre les questions les plus abstraites à la portée de toutes les intelligences. MaisFerdinand avait à la fois trop de franchise et trop de mérite pour ne pas rencontrer ces jalousies et des rancunes. TOute une phalange de députés semblait avoir pris à tâche de contrarier ses vues et de combattre ses arguments avec une véhémence peu commune.
Mais Ferdinand n'avait pas seulement à défendre et à faire prévaloir les saines notions de l'économie sociale ; il se voyait fréquemment obligé de repousser, du haut de la tribune, une interminable série d'accusations dirigées contre la grande compagnie financière placée sous son patronage.

Au dehors du parlement, Ferdinand déployait une activité non moins remarquable. Appelé, par sa position même, à étudier les ressources que le pays offrait au travail et au commerce, il s'apperçut immédiatement que la Belgique était loin de tirer unparti suffisant des richesses minérales de son sol et des aptitudes industrielles de ses habitants.
Dans toutes les parties du vaste domaine de l'industrie nationale, le comte de Meeus exerce désormais une influence décisive. Honoré de l'estime et de la confiance de son souverain, doué d'une intelligence supérieure et d'une infatigable activité, il découvre pour ainsi dire chaque jour une nouvelle source de richesses pour ses concitoyens. Possédant au plus hait degré cet instinct des besoins nouveaux qu'on appelle le génie des affaires, il accomplit rapidement, dans toute son étendue, la promesse solennelle qu'il avait faite en 1833. La grande compagnie financière qu'il dirige figure réellement au premier rang des producteurs nationaux

Membre assidu de la Chambre des Représentants, où il était en quelque sorte devenu le guide de ses collègues dans toutes les questions financières ; membre du conseil communal, où il premnait une large part à la discusion de tous les actes importants de l'administration locale ; gouverneur d'une société puissante, qui avait pris l'initiative de la rénovation industrielle du pays ; fondateur et administrateur d'une foule de compagnies influentes, il sut encore, grâce à son intelligence élevée et à son infatigable activité, concevoir et réaliser plusieurs entreprises glorieuses auxquelles son nom restera indissolublement uni.

Dès 1845, le comte de Meeus fut sensible à l'oubli de ses innombrables services qu'il avait rendus depusi 15 ans ; mais, comme tou les hommes supérieurs, il n'eut pas de peine à trouver une large compensation dans le témoignage de sa conscience. Dégagé des soucis parlementaires, il se voua, avec une ardeur toujours croissante, au développement du travail national. Il espérait que, là au moins, il pourrait donner un libre essor à ses facultés puissantes
Possédant au plus haut degré ce coup d'oeil rapide et sûr qui fait marcher droit au but, par le chemin le plus court et par les moyens les plus simples, il savait sans peine trouver le loisir que réclame la méditation des redoutables problèmes qui se rattachent aux destinées finales de l'homme. S'occupant des intérêts matériels par devoir et des plus hautes questions par attrait, il avait clairement aperçu le caractère divin et l'influence éminemment sociale du Christianisme. Au milieu des travaux et des soins de toute nature qu'exigeait la direction d'une foule de compagnies puissantes, la religion occupe toujours la première place dans son âme, dans ses entretiens et dans ses actes

C'est dans ses sentiments profondément qu'il puisa sa charité intelligente et inépuisable qu'on a tant de fois admirée qui sera , elle aussi, l'une des gloires de sa carrière.
A une époque où l'impiété, l'égoïsme et le désordre moral manifestaient partout une déplorable tendance à devenir les compagnes assidues de l'industrie, le Comte de Meeus, faisant un noble usage d'une grande fortune honorablement acquise, protestait, par sa parole et par ses actes, contre cette indifférence dédaigneuse qu'on ne rencontre que trop souvent dans les régions supérieures du corps social. Intimement convaincu que, même au point de vue des intérêts matériels, un enseignement fondé sur la religion est le meilleur moyen d'améliorer l'état des populations laborieuses, il ne cessa pas un seul jour de se préoccuper, avec une sollicitude extrême, du sort des écoles chrétiennes. Grâce aux nombreux et considérables sacrifices qu'il s'était imposés, des milliers d'enfants d'ouvriers se trouvaient à l'abri d'un désoeuvrement plein de dangereux exemples
Ce fut pour atteitndre ce but que le comte de Meeus, toujours infatigable dans son dévouement, imagina l'admirable organisation du Crédit de la Charité ; conception unique, institution sans exemple dans l'histoire, et que, le génie industriel, uni aux élans d'une âme éminemment bienveillante et chrétienne, pouvait seul enfanter. Le fai seul de cette création suffirait pour assurer à jamais au comte de Meeus les sympathies et la vénération de toutes les âmes religieuses. Mais cette conceptionaussi ingénieuse que belle, cette institution sans exemple en Europe, n'est pas un acte isolé dans la vie de l'infatigable gouverneur de la Société Générale. Son empressement à venir en aide à toutes les misères, sa générosité pour toutes les oeuvres de bienfaisance o ude religion, étaient réellement sans limites.

Mettant lui-même la main à l'ouvrage, il prenait une part active à toutes les associations de bienfaisance ou de piété fondées à Bruxelles, telles que les écoles chrétiennes, l'hospice des Petites Soeurs des Pauvres, les établissements des Soeurs de St Vincent de Paul, les oeuvres de l'enfance catholique et de l'adoration perpétuelle, la congrégation de St François Xavier et une foule d'autres d'autres sociétés pieuses conçues dans le même dessein et dirigées vers le même but

Vers la fin de janvier 861, il ressentit les premières atteintes de la maladie qui devait le conduire à la tombe. Peu grave à son début, elle produisit bientôt des lésions considérables, et il ne tarda pas à s'en apercevoir. S'efforçant de cacher son état alarmant à sa famille et à ses nombreux amis, il continuait à s'acquitter, autant que ses forces le lui permettaient, de ses doubles devoirs de chrétien et d'administrateur ; mais il ne se faisait pas d'illusion sur le résultat final.

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