🌳 Jean-Marc LEGER par kiwa76 🏛️ Éclaireur des temps anciens Toutes les personnes Rechercher dans tous les arbres
Louis VI DE FRANCE ◉ Sosa : 58 412 640

Louis VI DE FRANCE

◉ Sosa : 58 412 640

  • dit « Le Gros ou le Batailleur »
  • Né le 7 décembre 1081 - Paris, 75000, Paris, Île-de-France, FRANCE
  • Décédé le 8 août 1137 - Béthisy-Saint-Pierre, 60068, Oise, Hauts-de-France, FRANCE, à l'âge de 55 ans
  • Inhumé - Saint-Denis, 93200, Seine-Saint-Denis, Île-de-France, FRANCE
  • Roi des Francs (1108-1137)
Partager : Facebook WhatsApp X E-mail

Parents

Union(s) et enfant(s)

Frères et sœurs

Demi-frères et demi-sœurs

Événements

7 décembre 1081 :
Naissance - Paris, 75000, Paris, Île-de-France, FRANCE
https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_VI_le_Gros
https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_VI_le_Gros
Louis VI, dit « le Gros » ou « le Batailleur », né le 1er décembre 1081 à Paris, mort le 1er août 1137 au château royal de Béthisy-Saint-Pierre, est roi des Francs de juillet 1108 à 1137.

Louis VI de France, dit « le Gros » ou « le Batailleur », né le 1er décembre 1081 à Paris, mort le 1er août 1137 au château royal de Béthisy-Saint-Pierre. Roi des Francs de juillet 1108 à 1137, il est le cinquième roi de la dynastie dite des Capétiens directs

Il est le fils de Philippe Ier (1052-1108), roi des Francs et de sa première épouse Berthe de Hollande3.

Après avoir répudié Berthe en 10924 et malgré les protestations du clergé, son père se remarie la même année5 avec Bertrade de Montfort, comtesse d'Anjou. De cette deuxième union naissent quatre enfants, dont deux fils. Louis, jeune prince issu du premier mariage de son père, est élevé avec Suger, futur abbé de Saint-Denis, qui devient son ami proche, puis son conseiller.

Au service de son père

En 1092, son père l'investit du comté de Vexin et des villes de Mantes et de Pontoise. Il vit éloigné de la cour, sa mère ayant été répudiée et son père remarié à Bertrade de Montfort.

En 1097, à la tête de l'armée royale, il prend part à la guerre, défendant le Vexin contre Guillaume le Roux roi d'Angleterre.

Après avoir été adoubé chevalier le 24 mai 1098 à Abbeville, par Gui Ier comte de Ponthieu, Louis est associé au trône puis combat le duc de Normandie et les sires châtelains du domaine royal qui se montrent souvent rebelles à l'autorité royale.

Enfin son père, devenu impotent, incapable de gouverner et de combattre, se réconcilie avec lui. C'est dans le courant de l'année 11016 ou 11037, qu'il lui confie le gouvernement effectif du royaume en qualité de « rex designatus » (roi désigné) ; cette même année, il l'investit aussi du comté de Vermandois.

Le couronnement de Louis VI à Orléans. Le 29 juillet 1108, son père meurt à Melun, et suivant sa dernière volonté, est inhumé en l'église abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire. Dès l'enterrement terminé, Louis, se doutant que son demi-frère, Philippe de Montlhéry, risque de l'empêcher d'accéder à Reims, se hâte de rejoindre Orléans située à quelques kilomètres de Saint-Benoît, afin de se faire sacrer au plus vite. Une raison supplémentaire de ne pas se rendre à Reims était que l'actuel archevêque de Reims, Raoul le Vert avait été soutenu par le pape Pascal II mais n'avait pas été reconnu par feu Philippe Ier qui lui préférait Gervais de Rethel8.

Le sacre a lieu le 3 août 1108 dans la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans, il reçoit « l’onction très sainte » de la main de Daimbert, l’archevêque de Sens. L'archevêque de Reims, Raoul le Vert envoya des messagers pour contester la validité du sacre, mais il était trop tard.

Règne Louis VI le Gros

Le pouvoir royal s'affirme sur le domaine par l'élimination des seigneurs pillards d'Île-de-France.

Ce domaine est intelligemment mis en valeur suivant les conseils de Suger, abbé de Saint-Denis : création de villes neuves et privilèges fiscaux accordés aux communautés rurales contribuent à peupler l'Île-de-France.

La charte de Lorris en Gâtinais servira de modèle pendant tout le XIIe siècle.

Au-delà du domaine, Louis VI le Gros essaie d'affirmer l'autorité de la justice royale dans les grands fiefs : il intervient avec succès en Bourbonnais et en Auvergne, mais il ne peut s'imposer ni en Normandie, ni en Flandre.

Comme dans son domaine, Louis VI le Gros sait jouer des forces socio-économiques nouvelles : il soutient l'établissement des communes urbaines en Picardie et en Flandre, comme il soutient les efforts des réformateurs grégoriens pour soustraire l'élection des évêques à l'autorité des princes, mais non à la sienne propre.

Louis VI encourage les mouvements communaux, associations professionnelles sociales ou religieuses. Dès 1110, il octroie aux habitants des villes divers avantages fiscaux et le droit de s'administrer sous la direction d'un maire. En 1111, il lutte contre le brigandage perpétré par certains seigneurs, tels que Hugues du Puiset, à l'intérieur du domaine royal.

Dès 1108, il se rendait tous les ans à Saint-Julien-du-Sault et au couvent des Echarlis près de Villefranche (Saint-Phal) afin d'y prendre les eaux minérales de la source et fit de nombreuses donations à l'abbaye9.

Le dimanche des Rameaux 1115, il est présent à Amiens, pour soutenir l'évêque et les habitants de cette ville dans leur conflit avec le célèbre Thomas de Marle, lequel est intervenu militairement à la demande de son père Enguerrand de Boves, comte d'Amiens et seigneur de Coucy. Ce dernier refuse de reconnaître l'octroi d'une charte accordant des privilèges aux habitants de la commune10. Arrivé avec une armée pour aider les bourgeois à faire le siège du Castillon (forteresse dominant la ville d'Amiens, à partir de laquelle le père et le fils partaient en « expéditions punitives »), Louis VI reçoit une flèche dans son haubert, puis part sans vaincre les assiégés réfugiés dans la tour réputée imprenable qui ne tombe que deux années plus tard.

Le 20 août 1119, se déroule la bataille de Brémule entre les rois d'Angleterre, Henri Ier Beauclerc, et de France, Louis VI. Résultat d'une rencontre fortuite, et sévèrement battu, Louis VI est contraint à fuir et à se réfugier aux Andelys.

En août 1124, l’empereur germanique Henri V voulant aider son beau-père Henri Ier d'Angleterre dans le conflit qui l'oppose à Louis VI pour la succession dans le duché de Normandie, envahit la France et avance avec une puissante armée jusqu'à Reims. Face à la menace germanique et pour la première fois en France, Louis VI fait appel à l’ost. Dans un même élan patriotique, tous ses grands vassaux répondent présent : son cousin, le comte de Vermandois Raoul le Borgne, le duc Hugues II de Bourgogne, le duc Guillaume IX d’Aquitaine, le comte Charles Ier de Flandre, le duc Conan III de Bretagne, le comte Foulque V d'Anjou, le comte de Champagne Hugues de Troyes, le comte Guillaume II de Nevers et même le comte de Blois, Thibaud IV. Après avoir été chercher l'oriflamme à Saint-Denis, Louis VI se retrouve à la tête d’une immense armée mais l’affrontement, que tout le monde pensait pourtant inévitable, ne se fait pas. Henri V, certainement impressionné par une telle mobilisation et prétextant des troubles dans sa capitale de Worms, se retire sur Metz le 14 août sans combattre.
Décès

Cause: Dysentrie
Louis VI le Gros meurt à Paris le 1er août 1137.

***
Bilan du règne

Exerçant un pouvoir sans partage, entouré de conseillers comme Yves de Chartres, Étienne de Garlande et surtout Suger, il défendit la paix et le bon droit, protégea les faibles et l'Église, compléta l'œuvre paternelle d'accroissement du domaine royal en intégrant les terres des familles de Rochefort, de la Ferté-Alais, de Montlhéry et du comté de Corbeil, et légua à son fils Louis VII un domaine à peu près pacifié. Comme roi et individu, il se conduisit en chrétien qualifié parfois de rex catholicus et christianissimus, se disant lui-même « propre fils de l'Église romaine21 ». Il fut le premier souverain à toucher les écrouelles de façon habituelle. Il résida à Paris beaucoup plus qu'aucun de ses prédécesseurs.

C’est à partir des règnes de Louis VI et de Louis VII, conseillés par l’abbé Suger, que la royauté commence à exercer un rôle national, en répondant à l’appel de ses sujets. La justice du roi va se mettre à régler les conflits entre différents vassaux, confirmer des chartes communales aux bourgeois des villes et garantir des propriétés d’abbaye.

Règne Louis VI le Gros
Le pouvoir royal s'affirme sur le domaine par l'élimination des seigneurs pillards d'Île-de-France.
Ce domaine est intelligemment mis en valeur suivant les conseils de Suger, abbé de Saint-Denis : création de villes neuves et privilèges fiscaux accordés aux communautés rurales contribuent à peupler l'Île-de-France.
La charte de Lorris en Gâtinais servira de modèle pendant tout le XIIe siècle.
Au-delà du domaine, Louis VI le Gros essaie d'affirmer l'autorité de la justice royale dans les grands fiefs : il intervient avec succès en Bourbonnais et en Auvergne, mais il ne peut s'imposer ni en Normandie, ni en Flandre.
Comme dans son domaine, Louis VI le Gros sait jouer des forces socio-économiques nouvelles : il soutient l'établissement des communes urbaines en Picardie et en Flandre, comme il soutient les efforts des réformateurs grégoriens pour soustraire l'élection des évêques à l'autorité des princes, mais non à la sienne propre.
Louis VII Le Jeune devient roi de France le 1er août 1137.
Raoul Ier de Vermandois soutient temporairement la cause d'Adélaïde de Maurienne qui craint de voir sa dot utilisée au service de l'État par Louis VII le Jeune.
Louis VII le Jeune écarte Adélaïde de Maurienne, sa mère, de la cour et gouverne avec Suger, le conseiller de son père, abbé de Saint-Denis.

***
https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article2306
Surnommé le Gros ou Thibaut, il fut aussi appelé le Batailleur. Il était fils de Philippe Ier et de la reine Berthe. Né en 1081, il fut associé par son père au gouvernement en l’année 1100, et lui succéda au mois de juillet 1108. Il fut sacré à Orléans par l’archevêque de Sens.

Louis VI monta sur le trône n’ayant que des domaines peu considérables, séparés les uns des autres par des fiefs qui appartenaient à des seigneurs rivaux de leur roi, tyrans de leurs vassaux, ennemis de leurs voisins, et ne reconnaissant d’autre droit que la force, d’autre honte que la défaite, d’autre gloire que le succès. Le monarque devait assistance à ses vassaux, c’est à-dire qu’il était obligé de les secourir

quand ils réclamaient son appui ; de sorte qu’avec peu de forces à sa disposition (puisqu’il ne pouvait lever de troupes que dans ses domaines) il était appelé par les querelles des grands à se mêler de toutes les guerres qui éclataient dans le royaume.

Philippe, qui n’avait jamais eu d’affaires plus importantes que ses plaisirs, était mort généralement méprisé. Louis, son fils, en prenant les rênes du gouvernement, eut pour ennemis tous les seigneurs que par son courage il avait ramenés au devoir pendant l’excommunication de son père ; leurs projets n’allaient pas moins qu’à le priver du trône. Louis les prévint par son activité ; il poussa si rudement les révoltés qu’il les battit, les divisa, et devint en moins de deux ans plus puissant qu’aucun de ses prédécesseurs depuis Hugues Capet.

A peine ce monarque avait-il obligé à se soumettre un de ces petits seigneurs qui de leurs châteaux faisaient sans cesse des incursions dans le voisinage, et pillaient les peuples et les églises, qu’il était obligé de marcher contre un autre de ces véritables tyrans. Comme un nouvel Hercule, il les réduisit tous successivement, ce qui le rendit en même temps le restaurateur de l’autorité royale et le bienfaiteur de ses peuples.

Ce fut ainsi qu’il eut à combattre son propre frère Philippe, comte de Mantes, fils d’une autre mère, Bertrade ; celle-ci poussait Philippe à disputer à Louis le Gros la couronne. Une ligue s’était formée entre le comte de Mantes, son oncle, Amauri, comte de Montfort, et Foulques, comte d’Anjou. Louis cita son frère devant les pairs du duché de France, s’empara de Mantes et d’Arpajon et détermina ses gens de Montlhéry à chasser les gens de Philippe. Louis eut ensuite à combattre Guy de Rochefort, son fils, Hugues de Créci, et Eudes, fils de Bouchard de Montmorency, ainsi que plusieurs autres barons.

Ces guerres toutes de sièges et d’escarmouches se continuèrent pendant toute la première partie du règne du monarque. L’une de ses entreprises les plus difficiles fut l’attaque du château du Puiset, qu’occupait Hugues le Beau, qui exerçait son brigandage dans toute la Beauce : ce seigneur fut fait prisonnier et envoyé à la forteresse de Château-Landon. Enfin tous les seigneurs insurgés furent soumis et firent leur hommage au roi ; la plupart devinrent ses défenseurs les plus zélés.

Sa puissance eût été alors établie sans la moindre contestation ; mais il comptait parmi ses vassaux Henri Ier, roi d’Angleterre, et malheureusement duc de Normandie. Il était de la politique de Henri de seconder tous les mécontents de France, afin de conserver les domaines qu’il y possédait : par le même motif, les possesseurs de grands fiefs s’unissaient volontiers à lui ; car si le duché de Normandie rentrait dans les domaines de la couronne, il n’y avait plus de garantie pour eux contre le pouvoir des rois de France.

Ces intérêts produisirent beaucoup de guerres qui ne furent ni vives, ni longues, et autant de traités qui ne durèrent pas davantage. Si le roi d’Angleterre trouvait des alliés dans les seigneurs français, le roi de France trouvait de puissants appuis dans les neveux du roi d’Angleterre, qui excitaient en leur faveur des révoltes dans cette Normandie, objet de tant de contestations. On laissa d’abord avec trop d’indifférence le monarque anglais s’établir dans le Vexin : il avait promis dès le commencement de raser la forteresse de Gisors ; mais plus tard il s’y refusa, et le roi de France se vit obligé de marcher contre lui en l’an 1109.

Les deux armées étaient en présence à Néaufle, sur la rivière d’Epte, lorsque Louis fait proposer à son ennemi de vider leur différend par un combat singulier de roi à roi, pour épargner le sang de leurs sujets. Le monarque anglais ne répond à ce défi que par une plaisanterie ; et l’on en vient à une bataille, où il est défait et obligé de prendre la fuite. La guerre continua, avec des alternatives de revers et de succès, jusqu’à l’an 1113, où la lassitude des peuples obligea Louis VI d’abandonner Gisors au monarque anglais, et celui-ci d’en faire hommage au roi de France.

Cet arrangement avait mis fin aux hostilités ; mais elles recommencèrent bientôt lorsque Louis voulut prendre sous sa protection Guillaume Cliton, fils de Robert Courtecuisse, qui avait été dépouillé de la Normandie par son frère Henri. Le monarque français, malgré la valeur personnelle qu’il déploya, fut battu au combat de Brenneville en 1119. Après cet échec, Louis consentit à la paix ; mais le roi d’Angleterre ayant perdu toute sa famille et une grande partie de sa noblesse qui périt dans un naufrage, Cliton profita de cette circonstance pour lui faire encore la guerre, qu’appuyait secrètement Louis.

Henri s’en vengea en suscitant au roi de France un ennemi puissant dans la personne de Henri V, empereur, qui haïssait Louis comme protecteur du pape Calixte II, par lequel il avait été excommunié. Henri V leva une armée formidable composée de Lorrains, d’Allemands, de Saxons, de Bavarois et de tous les autres peuples au delà du Rhin, avec l’intention de venir brûler la ville de Reims, où s’était tenu le concile qui avait fulminé contre lui la sentence d’excommunication.

Louis convoqua une assemblée générale des seigneurs, et leur représenta qu’il s’agissait d’une guerre étrangère, dans laquelle les intérêts et l’honneur de la France étaient compromis : il avait de l’éloquence, et passait avec raison pour le plus intrépide soldat de son royaume. Il s’empara si bien des esprits que toutes les querelles particulières cessèrent aussitôt : les seigneurs les plus dévoués au roi d’Angleterre se montrèrent dignes de leur patrie, et la France trouva deux cent mille hommes à opposer à ses ennemis.

D’autres grands vassaux éloignés accouraient encore à la tête de leurs troupes afin de grossir l’armée royale. Pour rencontrer un pareil exemple d’union, de promptitude et de patriotisme, il faudrait remonter jusqu’à Charlemagne. L’empereur, étonné de voir un roi si faible contre ses feudataires déployer tant de forces contre l’étranger, retourna sur ses pas ; et la tranquillité de la France fut assurée sans combat. Louis le Gros aurait bien voulu profiter d’une si belle occasion pour enlever le duché de Normandie au roi d’Angleterre ; mais l’intérêt des grands s’y opposa : ils distinguaient les guerres de la nation d’avec les guerres du prince, et n’étaient pas tentés d’augmenter son pouvoir ; ils intervinrent pour ménager la paix entre les deux royaumes, et cette fois elle fut durable.

Louis ne se reposa cependant point : les querelles entre les grands n’avaient cédé qu’à un intérêt national ; le danger passé, chacun reprit ses animosités, ses prétentions ; et le roi continua d’avoir les armes à la main pour se faire obéir. En 1126 il marcha au secours de l’évêque de Clermont, chassé de son siège par le comte d’Auvergne ; et il fut accompagné dans cette expédition par plusieurs grands seigneurs qui avaient d’abord été ses ennemis, tels que Conan, duc de Bretagne, Foulques d’Anjou et le comte de Nevers. Il força les passages des montagnes, assiégea le château de Montferrand, près de Clermont, qu’il prit, et obligea le comte rebelle à rétablir le prélat.

Quelques années plus tard, le même seigneur, oubliant son serment, recommença ses premières vexations contre l’évêque. Le monarque franchit de nouveau les montagnes, et obligea encore le comte à reconnaître son autorité, malgré le duc d’Aquitaine, qui était accouru à son secours, mais qui, ayant vu les forces du roi, se soumit lui-même et lui fit hommage de la manière la plus humble.

Enfin le monarque jouissait des douceurs de la paix, lorsqu’il se vit obligé d’aller punir les assassins du comte de Flandre. Ce comte ne laissant point d’enfants, il lui fit donner pour successeur le fils du duc de Normandie, Cliton, dont il chercha toujours à augmenter la puissance, afin d’en faire au roi d’Angleterre un ennemi plus redoutable. Mais ce jeune prince périt peu de temps après, les armes à la main, en poursuivant les troupes de son compétiteur, le comte d’Alsace, qu’il avait battu dans les plaines d’Alost.

Vers le même temps, l’évêque de Paris, sans aucune considération des services que Louis avait rendus à l’Eglise, se plaignant de la nomination faite par ce monarque à quelques bénéfices, avait été jusqu’à prononcer une excommunication contre son souverain : mais, malgré les plaintes de Bernard, abbé de Clairvaux, qui s’était réuni au prélat, le pape Honoré II déclara l’excommunication abusive, et leva l’interdit. Si l’on en excepte cette circonstance, Louis fut toujours parfaitement d’accord avec l’autorité ecclésiastique.

La pureté de ses mœurs, l’amour qu’il conserva toujours envers Alix ou Adélaïde de Savoie, sa femme, le soin qu’il mit à défendre le clergé de l’avarice et de la brutalité des nobles, le sauvèrent de toute discussion avec la cour de Rome. On vit sous son règne cinq papes venir chercher un asile en France ; et il eut besoin de beaucoup de prudence pour terminer le schisme né de la rivalité d’Innocent II et d’Anaclet, revêtus ensemble, par des partis opposés, de la dignité papale.

En 1128, il fit couronner à Reims son fils aîné, Philippe ; mais ce prince mourut d’une chute de cheval le 13 octobre 1131. Louis avait trop de vertus pour n’être pas un excellent père ; et quoiqu’il eût beaucoup d’enfants, on n’en vit aucun dans ces temps de révoltes prêter son nom aux rebelles. Il se montra fort sensible à la perte de son fils aîné ; mais le pape Innocent II, qui était alors à Paris, l’abbé Suger et ses courtisans intimes lui firent sentir que l’intérêt du royaume exigeait qu’il ne mît aucun retard à désigner son successeur : il choisit Louis, son second fils, qui fut sacré à Reims par le pape Innocent, douze jours après la mort de Philippe.

La dernière expédition de Louis VI eut lieu en 1135, contre le seigneur de Saint-Brisson-sur-Loire, qui exerçait toutes sortes de brigandages dans les environs de son château. Le roi assiégea cette forteresse, et après l’avoir prise d’assaut, il la réduisit en cendres. Mais les fatigues qu’il essuya dans cette occasion lui causèrent une dysenterie qui le conduisit au tombeau, après deux ans de souffrances.

Avant de fermer les yeux, il eut la satisfaction d’apprendre que le duc d’Aquitaine, qui n’avait qu’une fille nommée Eléonore, l’offrait par testament au jeune Louis, avec les immenses domaines qu’il possédait ; il envoya son fils en Guyenne pour accomplir ce mariage, et mourut avant le retour du prince, le 1er août 1137, dans sa 57e année, comblé des bénédictions du peuple, dont il avait toujours été le défenseur. Les historiens ne lui reprochent que d’avoir manqué de cette politique qui ne s’accordait pas toujours avec les vertus qu’il possédait dans un degré éminent.

Il laissa en mourant, outre Louis VII, qui lui succéda, cinq fils et une fille. La reine Adélaïde, sa veuve, épousa Matthieu de Montmorency, connétable de France. On attribue à Louis le Gros l’établissement des communes, desquelles est sorti le tiers état ou troisième ordre ; car il est remarquable que sous la première dynastie il n’y eut qu’un ordre politique, celui des conquérants ou gentilshommes (gentis homines), hommes de la nation.

Sous la seconde dynastie le clergé devint un ordre politique, c’est-à-dire qu’il prit place dans les assemblées nationales ; et ce fut lui particulièrement qui fit passer la couronne sur la tête de Pépin. Sous la troisième dynastie s’éleva le tiers état, qui n’était pas alors composé du peuple, mais des bourgeois (burgenses), des propriétaires en charge, et des chefs de corporations.

Les guerres continuelles des seigneurs et le mouvement donné par les croisades ayant relâché les liens de la servitude, il se forma des bandes de brigands, qui pillaient indistinctement tous les partis : le commerce sentit qu’il le devait attendre de protection que de lui-même ; et l’on vit se relever peu à peu le pouvoir municipal, origine et soutien de toutes les libertés.

Les paysans avaient été organisés par le clergé en communautés paroissiales conduites par leurs curés ; ces communautés prêtèrent plusieurs fois secours au roi, ainsi que cela eut lieu notamment au siège du château de Puiset. Déjà antérieurement à Louis le Gros, Beauvais, St-Quentin, Noyon avaient obtenu de leurs seigneurs des chartes de commune. La ville de Laon eut une charte en 1112 ; et deux ans après, Amiens en eut à son tour. Puis un grand nombre d’autres villes obtinrent des franchises analogues, dont on trouve du reste des traces avant le règne de Louis VI.

Dès lors, le contingent des troupes à fournir, la part à prendre dans les contributions, la police à exercer dans le territoire, le droit même de juger, en un mot tout ce qui constituait le pouvoir des grands passa aux communes, que gagna aussi l’esprit d’indépendance qui régnait à cette époque. L’usage de présenter aux rois les clefs des villes qu’ils traversent rappelle le temps où l’on refusait souvent de les y recevoir. Les villes affranchies devinrent d’autant plus fortes, que les châtelains des environs se faisaient recevoir membres de la cité, afin de profiter des avantages de l’association : ils donnaient leur esprit guerrier aux citadins en échange de l’esprit d’ordre et d’union qu’ils en recevaient.

Le pouvoir municipal existait dans les Gaules lors de la conquête franque, et s’était conservé sous la première dynastie : il se perdit sous la seconde, mais le souvenir n’en fut jamais anéanti. Louis le Gros en a secondé le rétablissement, décidé en grande partie par la force même des circonstances ; car on voit ce pouvoir se reproduire à la même époque en Italie, en Allemagne, en Angleterre où il a gardé le nom de communes : il n’avait jamais été totalement aboli dans la Flandre, où l’activité du commerce rendait les bourgeois des personnages considérables. La preuve s’en trouve dans le règne même de Louis le Gros, qui fut obligé de marcher contre les bourgeois de Bruges, assez puissants en richesses et en nombre pour tenter une révolution contre leur souverain.

Louis VI est le premier de nos rois qui soit allé prendre l’oriflamme à Saint-Denis, à l’occasion de la guerre nationale dont on a parlé. Cette espèce d’étendard rouge, suspendu au bout d’une lance dorée, avait d’abord été porté dans les guerres que le monastère de Saint-Denis soutenait pour la défense de ses domaines avant leur réunion à la couronne. L’oriflamme parut pour la dernière fois à la bataille d’Azincourt, en 1415.

***
Vexin français reste à la Couronne de France
Philippe Ier de France conserve avec peine le Vexin français en 1087. Philippe confie les opérations militaires face aux Anglo-normands à son fils Louis VI Le Gros.

Louis VI Le Gros Comte du Vexin
Louis VI Le Gros devient Comte de Vexin français en 1092.

Louis VI Le Gros associé au trône de France
En 1098, Philippe Ier de France associe au trône son fils Louis VI Le Gros.

Élimination d'Ebbes de Roucy
Louis VI Le Gros élimine Ebbes de Roucy, un seigneur pillard d'Île-de-France en 1102.


Exactions de Èbles II de Montdidier
De retour en Champagne, Èbles II de Montdidier cherche à se tailler une principauté au dépend de ses voisins, et de l'archevêque de Reims.
Suger le qualifie, ainsi que son fils Guiscard, de baron très tyrannique et tumultueux, décrivant les ravages qu'il fait dans le Rémois.
Durant l'été 1102, Louis VI Le Gros doit partir en guerre, pour mettre fin à ses déprédations et le soumettre.

Visite de Pascal II en France
Philippe Ier de France envoie Guy II de Montlhéry en 1107 à la Charité sur Loire pour recevoir le pape Pascal II.
En janvier 1107, le pape Pascal II rencontre à Saint Denis Philippe Ier de France et Louis VI Le Gros, son fils.
Il les rencontre à nouveau à Casale le 4, à Lyon le 29, à Cluny du 4 au 8 février 1107.
Le pape donne l'investiture spirituelle et le roi l'investiture temporelle.


Concile de Troyes
Annulation du mariage de Lucienne de Rochefort avec Louis VI Le Gros
Démission de Guy II de Montlhéry comme Sénéchal de France
En 1107 par le concile de Troyes déclare le mariage de Louis VI Le Gros et de Lucienne de Rochefort dissous, sous prétexte de parenté.
Guy II de Montlhéry est très touché par les intrigues et les complots supportés par sa fille. Il se retire de la cour après avoir donné la démission de sa charge de Sénéchal de France.
Hugues de Crécy est aveuglé par la vengeance pour l'affront fait à sa sœur Lucienne de Rochefort. Il s'égare dans des actes barbares.

Mort de Philippe Ier de France
Louis VI Le Gros roi de France
Sacre de Louis VI Le Gros
Philippe Ier de France meurt le 30 juillet 1108 au château de Melun.
Il est inhumé le 2 août 1108 dans la crypte de la basilique de Saint-Benoît-sur-Loire, les mains jointes sur la poignée de son épée.
Sous son règne se dessinent les grandes lignes de la politique des souverains capétiens du XIIe siècle : assurer une base réelle à la puissance royale en consolidant le domaine, et abaisser ou contenir les trop puissants vassaux.
Il reconstitue progressivement le domaine royal.
Philippe Ier de France développe l'administration royale aux dépens des seigneurs féodaux, et, pour assurer des revenus à la couronne, il dispose des biens d'Église et vend les charges ecclésiastiques, ce qui lui attire les foudres des réformateurs grégoriens.
Louis VI Le Gros devient roi de France en 1108.
Louis VI Le Gros doit se faire sacrer précipitamment le 2 ou le 3 août 1108 en la cathédrale d'Orléans pour ne pas risquer la concurrence d'un fils de la seconde femme de son père, Bertrade de Montfort.
Humbaud d'Auxerre assiste au couronnement de Louis VI Le Gros à Orléans.
Louis VI Le Gros réside à Melun.
Amaury III de Montfort-l'Amaury soutient les fils de Bertrade de Montfort, sa sœur :
Philippe de Mantes (1093-1123),
Florent de Nangis (1093-1147),
contre Louis VI Le Gros, leur demi-frère.
Mais Amaury III de Montfort-l'Amaury se réconcilie avec Louis VI Le Gros.

Échec de Henri Ier Beauclerc devant Paris
Henri Ier Beauclerc envahit le domaine royal de France mais échoue devant Paris.
Hugues II le Pacifique combat sous la bannière de Louis VI Le Gros contre Henri Ier Beauclerc en 1109.
En 1109, Louis VI Le Gros ravage le comté de Meulan car son détenteur est un allié de son ennemi Henri Ier Beauclerc.
Robert Ier de Beaumont-le-Roger reconstruit le château de Meulan.


L'abbaye Saint-Florentin-et-Saint-Hilaire de Bonneval sous la protection de Louis VI Le Gros
En 1110, Louis VI Le Gros, par politique, prend l'abbaye Saint-Florentin-et-Saint-Hilaire de Bonneval sous sa protection.


Charte de l'abbaye de Bonneval
Au palais d'Étampes, le 1er octobre 1110, Louis VI Le Gros donne une charte à l'abbaye de Bonneval. Thibault IV de Blois et son frère Étienne sont témoins.

Dissentiment entre Louis VI Le Gros et Thibault IV de Blois
En 1111, le chevalier Geoffroi Borel (le Bourreau) s'empare de biens appartenant à l'abbaye Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle d'Orléans.
Lors d'un procès, Yves de Chartres excommunie Geoffroi Borel car il ne se présente pas au jour dit.
Louis VI Le Gros écrit à Yves de Chartres pour lui demander de ne pas lever l'excommunication avant que les torts causés à l'abbaye Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle n'aient été réparé.
Geoffroi Borel dit avoir eu un empêchement et est prêt à se présenter à la date souhaitée par Yves de Chartres. Thibault IV de Blois intervient en faveur de Geoffroi Borel auprès d'Yves de Chartres.
Yves de Chartres maintient l'excommunication mais accepte d'entendre Geoffroi Borel la première semaine du Carème.
Le dissentiment ainsi né entre Louis VI Le Gros et Thibault IV de Blois prend ensuite de l'ampleur.


Alliance de Robert II de Flandre avec Louis VI Le Gros
Attaque de la Normandie
Henri Ier Beauclerc refuse de payer les traites de la rente annuelle accordée au Comte de Flandre en échange d'une aide qui lui a apportée. Robert II de Flandre s'allie à Louis VI Le Gros et attaque la Normandie. Robert II de Bellême est du coté du Roi de France avec Foulques V d'Anjou.
En diversion, Thibault IV de Champagne dresse les barons français contre leur roi.

Pillages d'Hugues III du Puiset
Conseil royale à Melun
Construction de la forteresse de Toury
Hugues III du Puiset Prisonnier
Réunion du Puiset au domaine royal
Le quotidien des seigneurs qui tyrannisent l'Ile de France consiste :
à venir coucher et prendre ses repas dans l'abbaye et dans le cloître avec chevaux et chiens de chasse,
à arracher aux paysans et aux moines le vin, le blé et les bestiaux,
à dévaliser les marchands qui se rendent aux foires royales ou ecclésiastiques.
Hugues III du Puiset est l'un des plus célèbres et des plus retors.
De son château situé aux confins de l'Orléanais, Hugues III du Puiset lance des expéditions qui ne sont rien moins que des razzias.
Hugues III du Puiset pille sans vergogne les terres de l'Église et ne craint pas de s'attaquer aux domaines du comte Thibaud IV de Blois, dont il est le vassal.
Voulant augmenter son butin, en 1111, Hugues III du Puiset s'attaque au comté de Chartres, qui est alors le douaire de sa belle-mère, la comtesse Adèle de Normandie, mère de Thibault IV de Blois.
Thibault IV de Blois tente d'envoyer des soldats mater le vassal turbulent, mais arrivés à 6 ou 8 mille de la forteresse du Puiset, ils n'osent pas aller plus loin.
Thibault IV de Blois accompagné d'Adèle de Normandie en appelle alors au roi Louis VI Le Gros.
Il lui rappelle la défaite subie par Philippe Ier de France au pied du Château du Puiset 30 ans plus tôt.
Le roi convoque un conseil à Melun, où l'archevêque de Sens et les évêques d'Orléans et de Chartres témoignent contre Hugues III du Puiset.
Les charges étant accablantes, Louis VI Le Gros décide d'intervenir, mais sachant qu'Hugues III du Puiset dispose d'une armée puissante, Louis VI Le Gros agit avec prudence.
Il cite Hugues III du Puiset à son tribunal, mais ce dernier se garde de se présenter et est condamné par défaut.
Pendant ce temps, avec l'accord de l'abbé de Saint-Denis qui posséde le lieu, Louis VI Le Gros fait édifier une forteresse à Toury, à 2 lieues du Puiset, et administré par Suger.
Les travaux terminés, l'ost royal est convoqué et met le siège devant le Puiset.
Elle comporte la cavalerie féodale et des fantassins roturiers armés d'arc et d'albalètes.
Hugues III du Puiset tente une sortie en rase campagne.
Sous la pluie de projectile, il est incapable de résister et se réfugie au château.
Les assaillants tentent d'incendier la porte du château.
Thibault IV de Blois arrive alors avec ses chevaliers et les paysans spoliés des paroisses voisines.
Ils attaquent le château par le coté opposé ou les défenses sont moins fortes.
Les 2 armées pénètrent au même moment dans le château.
Après s'être réfugié dans le donjon en pierres, Hugues III du Puiset se rend.
Il est incarcéré à Château-Landon.
Hugues III du Puiset doit promettre de ne plus fortifier son château.
Louis VI Le Gros incendie le château, ne conservant que le donjon.
Selon la décision du conseil de Melun, le Puiset est réuni au domaine royal.

Bataille de Meaux
Mort de Robert II de Flandre
Baudouin VII de Flandre Comte de Flandre
Thibault IV de Blois, ne tirant aucun avantage de la campagne contre Hugues III du Puiset, décide de construire un château à Allonnes en Eure-et-Loir, village dépendant de la Chatellenie du Puiset. Cela entraine un conflit avec Louis VI Le Gros.
Une bataille a lieu à Meaux. Vaincu, Thibault IV de Blois se réfugie dans la ville. L'armée de Louis VI Le Gros doit franchir un pont de bois sur la Marne pour y pénétrer. Mais c'est un échec.
Robert II de Flandre, allié de Louis VI Le Gros, meurt le 5 octobre 1111, après voir été renversé de son cheval et écrasé par les chevaux.
Des 3 fils de Robert II de Flandre, seul l'aîné, Baudouin VII survit à l'enfance et devient Comte de Flandre en 1111. Charles Ier de Flandre devient un proche conseiller du nouveau comte Baudouin VII (qui était de plusieurs années plus jeune).


Bataille de Pomponne
Louis VI Le Gros mène une nouvelle expédition contre Thibault IV de Blois.
Une Bataille a lieu à Pomponne où Thibault IV de Blois est vaincu.
Pour se réfugier dans la cité de Lagny-sur-Marne, son armée doit franchir un pont sur la Marne.
Louis VI Le Gros ne parvient à nouveau pas à pénétrer dans la cité
Mais une partie des soldats de Thibault IV de Blois tente de traverser à la nage.
Les chevaliers avec leur lourde cote de maille sont plongés plusieurs fois dans l'eau puis fait prisonnier et alors appelés moqueusement les rebaptisés.


Opposition à Louis VI Le Gros
Raoul Ier de Beaugency est vassal de Thibault IV de Blois mais par son mariage il est devenu cousin germain de Louis VI Le Gros.
Lancelin de Bulles, Comte de Dammartin, et Albéric dit Payen de Montgé, alliés de Thibault IV de Blois menace Paris par le Nord.
Au sud de Paris, Milon II de Bray, Vicomte de Troyes, Seigneur de Montlhéry fait parti des opposant à Louis VI Le Gros.

Insurrection laonnoise
Mort de Gaudry de Roye
Toujours à court d'argent, Gaudry de Roye essaye par tous les moyens de lever des taxes et des droits supplémentaires.
Le vendredi de Carême, le 19 avril 1112, Gaudry de Roye veut stopper l'organisation de la commune consentie par Louis VI Le Gros.
Les bourgeois tentent de le calmer en lui promettant de belles sommes d'argent.
Devant la colère du peuple qui menace, Louis VI Le Gros préfère quitter la ville.
Le jeudi après Pâques le 25 avril 1112, c'est l'insurrection.
L'évêché est en feu.
Gaudry de Roye se sauve en prenant les vêtements d'un domestique.
Il se cache dans un tonneau au fond de son cellier.
Mais un serf de l'église Saint-Vincent fait sauter le fond du tonneau et demande qui est là.
Gaudry de Roye répond : " C'est un prisonnier ! "
Malgré ses suppliques, un homme s'avance et lui fend la tête en 2 d'un seul coup de hache.
Dépouillé de ses vêtements, son corps est abandonné dans la rue pendant que l'incendie gagne la cathédrale.
La révolte de la commune de Laon est relatée par Guibert, abbé de Nogent-sous-Coucy.


Alliance de Foulques V d'Anjou avec le Louis VI Le Gros
Amaury III de Montfort-l'Amaury réussit en 1112 à convaincre Foulques V d'Anjou à s'allier avec le Louis VI Le Gros contre Henri Ier Beauclerc.

Conservation du Maine par Foulques V d'Anjou
Prise de Brissac
En 1112, avec l'aide de Louis VI Le Gros et contre Henri Ier Beauclerc, Foulques V d'Anjou parvient à conserver le Maine. Foulques V d'Anjou prend Brissac en 1112.


Suger conseiller de Louis VI Le Gros
Suger exerce une grande influence auprès du roi de 1112 à 1137. Suger rédige pour Louis VI une charte de donations à Saint Denis. A partir de 1112, Suger est souvent en contact avec Rome.


Insurrection communale d'Amiens
Réconciliation de Thomas de Marle et d'Enguerrand Ier de Boves
Thomas de Marle Blessé
En 1113, les habitants d'Amiens obtiennent de Louis VI Le Gros la permission de s'établir en commune.
Avec le support de leur évêque, Geoffroy et du vidame Gormond de Picquigny, ils demandent à Thomas de Marle de les soutenir dans leurs œuvres contre :
Adam, le châtelain qui tient la garde de la Tour du Castillon, et,
Enguerrand Ier de Boves, le père de Thomas de Marle.
Mais Thomas de Marle se réconcilie avec Enguerrand Ier de Boves et combat avec lui contre les habitants d'Amiens. Thomas s'empare des terres et villages avoisinants et commet désordres et cruautés.
Sybille, sa belle-mère qui le tient en inimitié, le trahit en avertissant Guermond Ier de Picquigny de ses agissements.
Guermond Ier de Picquigny lui tend une embuscade et le blesse grièvement d'un coup de lance dans le jarret. Thomas de Marle se réfugie en son château de Marle.


Bataille près de Lognes
Une bataille oppose Louis VI Le Gros à Guy de Montlhéry et à Thibault IV de Blois en 1114.
Des armes et des armures ont été retrouvées près de Lognes.

Siège de Gournay-sur-Marne
En 1114, Hugues de Crécy, fils de Guy II de Montlhéry, est accusé de piller les marchands et de mettre son butin dans le château.
Louis VI Le Gros vient en faire le siège, et après de durs combats s'en empare.
Il le confisque et le donne à Anseau Ier de Garlande, gendre de Guy II de Montlhéry, avec le titre de Sénéchal.

Campagne contre Thomas de Marle
Guermond Ier de Picquigny en profite pour attaquer le château d'Amiens où Adam commande.
Guermond Ier de Picquigny obtient le soutien du roi Louis VI Le Gros qui lui envoie du renfort qui entre à Amiens le 11 avril 1115.
Comme continue les méfaits deThomas de Marle, Louis VI Le Gros est contraint de l'assaillir et lui enlève les châteaux de Crécy et de Nouvion et ruine les forts érigés sur les terres appartenant à l'abbaye Saint-Jean de Laon.
Louis VI Le Gros assiège la tour de Castillon, symbole du pouvoir comtal.

Foulques V d'Anjou allié de Louis VI Le Gros
En 1116, Foulques V d'Anjou est de nouveau l'allié du Roi de France Louis VI Le Gros dans la lutte que celui-ci mène contre le Comte Thibault IV de Blois.
Louis VI Le Gros élimine Enguerrand de Coucy, un seigneur pillard d'Île-de-France en 1117.


Rébellion en Normandie soutenue par Louis VI Le Gros
En 1117 et 1118, Foulques V d'Anjou assiste Louis VI Le Gros dans sa lutte contre le Duc de Normandie.


Prise de la tour de Castillon d'Amiens
Après deux ans de siège, en 1117, Louis VI Le Gros s'empare de la tour de Castillon d'Amiens et la rase.
Thomas de Marle fait la paix avec Louis VI Le Gros contre une grande somme de deniers et la promesse qu'il fait de réparer tous les dommages faits à l'église.

Bataille de Bures-en-Brai
Baudouin VII de Flandre Blessé
En septembre 1118, la bataille de Bures-en-Brai ou Bures-en-Bray oppose Henri Ier Beauclerc à Louis VI Le Gros.
Baudouin VII de Flandre est gravement blessé.
La rébellion contre Henri Ier Beauclerc s'arrête dans cette partie du territoire.
Henri Ier d'Eu revient alors aux côtés d'Henri Ier Beauclerc.

Mort de Gélase II
Calixte II Pape
Gélase II vient à Cluny après avoir été chassé de Rome par des troubles civiques.
Gélase II meurt le 28 janvier 1119 dans l'abbaye de Cluny, où sa tombe sera profanée durant la Révolution française.
Selon la tradition, Pons de Melgueil aurait été proposé par Gélase II comme son successeur, mais aurait préféré faire élire son ami Guy de Bourgogne.
Guy de Bourgogne, archevêque de Vienne, est élu 160e Pape le 1er ou le février 1119 à l'Abbaye de Cluny dans le Comté de Bourgogne sous le nom de Calixte II.
Il est consacré le 9 février 1119.
Le premier texte où il est fait référence au mot France remonte à 1119, quand Louis VI Le Gros se proclame dans une lettre au pape Calixte II "Roi de la France, non plus des Francs, et fils particulier de l'Église romaine".


Bataille de Brémule
Suite à une rencontre fortuite des armées royales normandes et françaises, Henri Ier Beauclerc rencontre Louis VI Le Gros à Brémule le 20 août 1119.
Guillaume II de Warenne est commandant pour Henri Ier Beauclerc lors de cette bataille.
Roger de Clare sauve la vie d'Henri Ier Beauclerc lors de cette bataille.
Henri Ier d'Eu est l'un des nombreux barons qui accompagnent Henri Ier Beauclerc
Les Français sont balayés, et Louis VI Le Gros doit s'enfuir et se réfugier dans la forteresse des Andelys.


Siège de Breteuil
En septembre 1119, Henri Ier d'Eu prend part à la défense de la ville de Breteuil, qui est attaquée par Louis VI Le Gros et Amaury III de Montfort-l'Amaury, son allié.
Encore une fois, les Français doivent s'enfuir.

Incendie du château d'Ivry-la-Bataille
En 1119, Louis VI Le Gros incendie le château d'Ivry-la-Bataille.

Mort de Guillaume Aetheling, de Richard
Mort de Mathilde de Normandie
Campagne de Louis VI Le Gros contre les Anglais en Normandie
Guillaume Adelin et Richard, fils légitimes d'Henri Ier Beauclerc, et Mathilde de Normandie, sa fille illégitime, meurent dans le naufrage de la Blanche-Nef le 25 novembre 1120 près des côtes de Normandie.
Mathilde l'Emperesse, fille Henri Ier Beauclerc et épouse de l'Empereur d'Allemagne, devient son héritière.

Guerre de Louis VI Le Gros contre les Anglais en Normandie
Quand il revient de pèlerinage Foulques V d'Anjou aide le Roi Louis VI Le Gros à vaincre la coalition d'Henri Ier Beauclerc et d'Henri V de Franconie.
En 1120, sous la bannière de son suzerain Foulques V d'Anjou, Geoffroy III de Vendôme prend part à la guerre de Louis VI Le Gros contre les Anglais en Normandie.
Ayant réussi à épargner la profanation aux reliques de sainte Opportune et de saint Chrodegand lors du pillage de l'abbaye d'Almenesches près d'Alençon, Geoffroy III de Vendôme obtint le droit de les rapporter à la collégiale Saint Georges.

Mariage de Guillaume Cliton avec Sybille d'Anjou
Guillaume Cliton Comte de Maine
Nouvelle rébellion en Normandie
Les agents royaux levant trop de taxes sur les terres du comté d'Évreux et contraires à la coutume, Amaury III de Montfort-l'Amaury persuade Foulque V d'Anjou son neveu, à marier sa fille avec Guillaume Cliton.
Guillaume Cliton épouse en 1122 ou 1123 Sybille d'Anjou, fille de Foulques V d'Anjou et d'Eremburge du Maine, Comtesse du Maine.
Guillaume Cliton reçoit le comté du Maine.
Louis VI Le Gros et Foulques V d'Anjou sont de nouveau prêts à attaquer la Normandie, même si Charles Ier de Flandre, Comte de Flandre, ne les soutient pas.
De 1122 à 1124, Louis VI Le Gros mène en vain 3 campagnes contre Henri Ier Beauclerc pour soutenir les prétentions de Robert II Courteheuse et de Guillaume Cliton.
Henri Ier Beauclerc déjoue leurs manœuvres, en demandant à son beau-fils, l'empereur Henri V de Franconie, de harceler Louis VI Le Gros sur le flanc est du royaume franc.

Campagne de Louis VI Le Gros contre Guillaume VI d'Auvergne
Guillaume VI d'Auvergne exerce des violences répétées contre le clergé clermontois qui décident en 1122 d'en appeler au roi Louis VI Le Gros.
Louis VI Le Gros rassemble une armée pour venger sur les auvergnats l'injure faite à l'église, selon Suger.
L'armée royale ravage la Limagne, prend Pont-du-Château et investit Clermont, ce qui oblige Guillaume VI d'Auvergne à rendre ce qu'il a pris.

Guerre entre Henri V de Franconie allié à Henri Ier Beauclerc et Louis VI Le Gros
En 1123, l'empereur Henri V de Franconie, allié de Henri Ier Beauclerc son gendre, déclare la guerre à Louis VI Le Gros et envahit la France.
Charles Ier de Flandre s'allie au roi de France, Louis VI Le Gros, pour repousser l'empereur Henri V de Franconie.

Retraite d'Henri V de Franconie
Hugues II le Pacifique combat contre Henri V de Franconie qui a envahi la Champagne.
En 1124, Louis VI Le Gros obtient l'aide de tous ses grands vassaux, ce qui contraint Henri V de Franconie à se retirer sans combattre.

Nouvelle conspire d'Amaury III de Montfort-l'Amaury
Amaury III de Montfort-l'Amaury conspire encore en 1126, en soutenant Louis VI Le Gros qui cherche à aider Guillaume Cliton.

Nouvelle campagne de Louis VI Le Gros contre Guillaume VI d'Auvergne
En 1126, la querelle avec Aimeri, l'évêque de Clermont, ayant repris, Louis VI Le Gros vient assiéger Montferrand, mais l'armée de Guillaume IX le Troubadour, Duc d'Aquitaine, suzerain de Guillaume VI d'Auvergne, se porte à son secours. Les choses s'arrangent dans le respect du droit féodal, Guillaume IX le Troubadour fait allégeance au roi Louis VI Le Gros, son suzerain, pour les terres de Guillaume VI d'Auvergne, son vassal.

Guillaume Ier de Bures en France
Baudouin de Bourcq n'ayant pas de fils, a besoin d'un héritier pour lui succéder sur le trône de Jérusalem.
En 1127, Baudouin de Bourcq envoie Guillaume Ier de Bures, son connétable, et Gautier de Brisebarre, Seigneur de Beyrouth, demander conseil auprès de Louis VI Le Gros, pour trouver un époux à Mélisende de Jérusalem.
En 1128, Louis VI Le Gros désigne Foulques V d'Anjou.

Charte de Chelles
La charte de la commune de Chelles est signée par Louis VI Le Gros en 1128.

Thierry III d'Alsace reconnu Comte de Flandre par les villes
Daniel de Dendermonde Connétable de Thierry III d'Alsace
Excommunication de Thierry III d'Alsace
Siège de Lille
Bataille de Thielt et du château d'Oostkamp
Siège de la forteresse d'Alost
Mort de Guillaume Cliton
Thierry III d'Alsace Comte de Flandre
Guillaume Cliton ne peut empêcher Gand et Bruges de reconnaître Thierry III d'Alsace comme Comte de Flandre.
En 1128, toute la Flandre impériale se rallie au Lorrain, tout comme la majorité des barons de la Flandre royale, appuyés en sous-main par Henri Ier Beauclerc, qui exploite ces tensions.
Daniel de Dendermonde est connétable de Thierry III d'Alsace.
Henri Ier Beauclerc transmet ses droits sur la Flandre à Thierry III d'Alsace qui gagne la Flandre, se rallie la partie impériale du comté, et engage la lutte contre Guillaume Cliton.
Sur requête de Louis VI Le Gros, l'archevêque de Reims excommunie Thierry III d'Alsace.
Louis VI Le Gros assiège Lille où Thierry III d'Alsace s'est enfermé, mais doit se retirer devant la menace anglaise.
Après avoir levé le siège de Lille, Guillaume Cliton, appuyé par Godefroy Ier de Louvain, remporte la victoire à Thielt ou Tielt ainsi qu'au château d'Oostkamp ou Oostkamp le 21 mai 1128.
Thierry III d'Alsace se réfugie à Bruges, qu'il doit fuir, pour gagner enfin la forteresse d'Alost, où Guillaume Cliton, aidé de Godefroy Ier de Louvain et des Français, l'assiège.
Mais Guillaume Cliton est atteint d'un trait d'arbalète à Alost le 27 juillet 1128.
Guillaume Cliton meurt le 28 juillet 1128.
Il est inhumé à Abbaye de Saint-Bertin de Saint-Omer. Il ne laisse aucun enfant.
Thierry III d'Alsace est alors seul Comte de Flandre en 1128.
Il inaugure son gouvernement à Gand puis se fait reconnaître de toutes les villes du comté ainsi que du Roi d'Angleterre, qui fait prêter aux seigneurs anglais de Flandre l'hommage de vassalité à Thierry III d'Alsace.
Godefroy Ier de Louvain finit par s'allier avec Thierry III d'Alsace.
Baudouin IV de Hainaut tente à nouveau de conquérir la Flandre, mais est repoussé par Thierry III d'Alsace.

Prise de Livry
Raoul Ier de Vermandois soutient les rois Louis VI Le Gros et Louis VII le jeune contre les barons rebelles.
En 1129, à la prise de Livry, Raoul Ier de Vermandois perd un œil.

Mort d'Henri de Vermandois Seigneur de Chaumont en Vexin
Mort de Thomas de Marle
En 1130, Thomas de Marle tue Henri de Vermandois, Seigneur de Chaumont-en-Vexin.
En octobre 1130, Thomas de Marle est grièvement blessé par Raoul Ier de Vermandois lors du siège de son château de Coucy ordonné par Louis VI Le Gros qui veut en finir avec les exactions de son vassal.
Raoul Ier de Vermandois venge ainsi la mort de son frère Henri de Vermandois.
Thomas de Marle meurt à Coucy-le-Château-Auffrique dans l'Aisne le 9 novembre 1130.
Il est inhumé en la Tour de l'église abbatiale de Nogent-sous-Coucy

Raoul Ier de Vermandois Sénéchal
Louis VI Le Gros fait Raoul Ier de Vermandois Sénéchal, en novembre 1131.


Nouvelle libération d'Hugues III du Puiset
Mort d'Hugues III du Puiset
Louis VI Le Gros finit par libérer Hugues III du Puiset qui part combattre en Palestine.
Hugues III du Puiset meurt en Palestine en 1132.


Hommage de Thierry III d'Alsace à Louis VI Le Gros
Dès 1132, Thierry III d'Alsace , Comte de Flandre, prête hommage à Louis VI Le Gros, et les entreprises de Baudouin IV de Hainaut, dernier prétendant au comté de Flandre, sont matées.


Fondation de l'abbaye de Chaalis
Louis VI Le Gros souhaite honorer la mémoire de Charles Ier de Flandre, son cousin. En 1136, il fonde pour cela l'abbaye royale de Chaalis, rattachée à l'abbaye de Cîteaux.
Chaalis ou Chaâlis signifierait Caroli Locus, c'est-à-dire lieu où l'on doit prier pour la mémoire de Charles.
Elle est située dans le diocèse de Senlis, à Fontaine-Chaalis, à l'orée de la forêt d'Ermenonville, face à la mer de Sable, dans le département de l'Oise, à environ quarante kilomètres au nord-est de Paris.
Après avoir obtenu le diplôme de fondation en 1138, l'abbaye de Chaalis prospère très vite, établissant des granges, des domaines agricoles et viticoles en une vingtaine de lieux.


Fondation de Brie-Comte-Robert
En 1136, Louis VI Le Gros donne la seigneurie de Brie à Robert Ier de Dreux, son fils cadet. Brie est à 25 km de la capitale. Robert Ier de Dreux fait dresser une première tour et ajoute ensuite un donjon pour protéger Paris et fonde la ville de Brie-Comte-Robert, ainsi appelée de son nom.


Hommage d'Eustache IV de Boulogne à Louis VI Le Gros
Étienne de Blois et Eustache IV de Boulogne, son fils, prête hommage au roi Louis VI de France pour la Normandie en 1137.

Charte de succession de Louis VI Le Gros à Louis VII le Jeune
En 1137, le Château de Fontainebleau est mentionné pour la première fois de l'Histoire, dans la charte de succession de Louis VI Le Gros, détaillant les biens dont hérite son fils Louis VII le Jeune.

***
Louis VI de France, dit le Gros ou le Batailleur, né en 1081, mort le 1er août 1137 au château royal de Béthisy-Saint-Pierre. Roi des Francs de juillet 1108 à 1137, il est le cinquième de la dynastie dite des Capétiens directs.

Biographie :

Il est le fils de Philippe Ier (1052-1108), roi des Francs et de sa première épouse Berthe de Hollande.

Après avoir répudié Berthe en 1092 et malgré les protestations du clergé, son père se remarie la même annéeavec Bertrade de Montfort, comtesse d'Anjou. De cette deuxième union naissent quatre enfants, dont deux fils.
Louis, jeune prince issu du premier mariage de son père, est élevé avec Suger, futur abbé de Saint-Denis, qui devient son ami proche, puis son conseiller.

En 1092, son père l'investit du comté de Vexin et des villes de Mantes et de Pontoise. Il vit éloigné de la cour, sa mère ayant été répudiée et son père remarié à Bertrade de Montfort.

En 1097, à la tête de l'armée royale, il prend part à la guerre, défendant le Vexin contre Guillaume le Roux roi d'Angleterre.

Après avoir été adoubé chevalier le 24 mai 1098 à Abbeville, Louis est associé au trône puis combat le duc de Normandie et les sires châtelains du domaine royal qui se montrent souvent rebelles à l'autorité royale.

Enfin son père, devenu impotent, incapable de gouverner et de combattre, se réconcilie avec lui. C'est dans le courant de l'année 1101 ou 1103, qu'il lui confie le gouvernement effectif du royaume en qualité de « rex designatus » (roi désigné) ; cette même année, il l'investit aussi du comté de Vermandois.

Le 29 juillet 1108, son père meurt à Melun, et suivant sa dernière volonté, est inhumé en l'église abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire. Dès l'enterrement terminé, Louis, se doutant que son demi-frère, Philippe de Montlhéry, risque de l'empêcher d'accéder à Reims, se hâte de rejoindre Orléans située à quelques kilomètres de Saint-Benoît, afin de se faire sacrer au plus vite. Une raison supplémentaire de ne pas se rendre à Reims était que l'actuel archevêque de Reims, Raoul le Vert avait été soutenu par le pape Pascal II mais n'avait pas été reconnu par feu Philippe Ier qui lui préférait Gervais de Rethel.

Le sacre a lieu le 3 août 1108 dans la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans, il reçoit « l'onction très sainte » de la main de Daimbert, l'archevêque de Sens. L'archevêque de Reims, Raoul le Vert envoya des messagers pour contester la validité du sacre, mais il était trop tard.

Louis VI encourage les mouvements communaux, associations professionnelles sociales ou religieuses. Dès 1110, il octroie aux habitants des villes divers avantages fiscaux et le droit de s'administrer sous la direction d'un maire. En 1111, il lutte contre le brigandage perpétré par certains seigneurs, tels que Hugues du Puiset, à l'intérieur du domaine royal.

Le dimanche des Rameaux 1115, il est présent à Amiens, pour soutenir l'évêque et les habitants de cette ville dans leur conflit avec le célèbre Thomas de Marle, lequel est intervenu militairement à la demande de son père Enguerrand de Boves, comte d'Amiens et seigneur de Coucy. Ce dernier refuse de reconnaître l'octroi d'une charte accordant des privilèges aux habitants de la commune. Arrivé avec une armée pour aider les bourgeois à faire le siège du Castillon (forteresse dominant la ville d'Amiens, à partir de laquelle le père et le fils partaient en « expéditions punitives »), Louis VI reçoit une flèche dans son haubert, puis part sans vaincre les assiégés réfugiés dans la tour réputée imprenable qui ne tombe que deux années plus tard.

En août 1124, l'empereur germanique Henri V voulant aider son beau-père Henri Ier d'Angleterre dans le conflit qui l'oppose à Louis VI pour la succession dans le duché de Normandie, envahit la France et avance avec une puissante armée jusqu'à Reims. Face à la menace germanique et pour la première fois en France, Louis VI fait appel à l'ost. Dans un même élan patriotique, tous ses grands vassaux répondent présent : son cousin, le comte de Vermandois Raoul le Borgne, le duc Hugues II de Bourgogne, le duc Guillaume IX d'Aquitaine, le comte Charles Ier de Flandre, le duc Conan III de Bretagne, le comte Foulque V d'Anjou, le comte de Champagne Hugues de Troyes, le comte Guillaume II de Nevers et même le comte de Blois, Thibaud IV. Après avoir été chercher l'oriflamme à Saint-Denis, Louis VI se retrouve à la tête d'une immense armée mais l'affrontement, que tout le monde pensait pourtant inévitable, ne se fait pas. Henri V, certainement impressionné par une telle mobilisation et prétextant des troubles dans sa capitale de Worms, se retire sur Metz le 14 août sans combattre.

La succession était destinée à son fils Philippe , couronné roi associé le 14 avril 1129, mais sa mort accidentelle en 1131 amène le cadet, Louis le Jeune , destiné à une carrière écclésiastique et non éduqué à la fonction royale, à devenir l'héritier. Il est donc couronné roi associé à son tour le 25 octobre 1131.

En mai 1137, il conclut la paix avec Étienne de Blois roi d'Angleterre et reçut l'hommage d'Eustache fils de ce dernier, pour la Normandie. Ayant noué des rapports amicaux avec Guillaume X, duc d'Aquitaine, celui-ci avant de mourir, donna sa fille et héritière au fils aîné du roi et lui confia sa terre, recevant ses envoyés début juin 1137, \"permettant\" par là à la dynastie capétienne de reprendre de l'influence dans la France méridionale, par la possession de cet immense fief.

Alors qu'il rentre d'une expédition punitive contre le seigneur pillard de Saint-Brisson-sur-Loire, près de Gien, Louis le Gros tombe soudainement malade au château de Béthisy-Saint-Pierre situé dans la vallée de l'Autonne, en forêt de Compiègne, entre Senlis et Compiègne. Il y trépasse le 1er août 1137 d'une dysenterie causée par l'excès de bonne chère, qui l'avait rendu obèse et fut inhumé en l'église de l'abbaye royale de Saint-Denis. Son fils Louis, âgé de 17 ans et couronné depuis 6 ans, lui succède sans contestation.

Un moyen-relief en pierre calcaire représentant un roi en pied, en position repliée, portant la maquette d'une église qu'il offre à saint Vincent se trouve sur un autel liturgique roman, dans la petite église d'Avenas, commune du Haut-Beaujolais située dans le département du Rhône. Exécuté entre 1118 et 1124 par le "Maître d'Avenas", dont le nom est resté inconnu à ce jour, ce magnifique bas-relief montre un roi, couronné, déjà bedonnant. Une inscription latine, sur la même pierre, le qualifie de "REX LVDOVICVS PIVS" (Roi, Louis le Pieux). Certains disent que ce roi serait Louis VI, d'autres disent qu'il correspond plutôt à Louis Le Pieux ou encore à Louis VII.

Unions et descendance :
En 1104, Louis VI est fiancé à Lucienne de Rochefort, fille de Gui Ier (mort en 1108), comte de Rochefort. Henri d'Arbois de Jubainville, célèbre archiviste paléographe, dit dans son livre que le mariage n'était pas encore consommé qu'il fut cassé par le pape lors du concile de Troyes le 23 mai 1107. La femme « délaissée » se remaria d'ailleurs aussitôt avec Guichard III de Beaujeu.

Entre le 25 et le 30 mars 1115 (sûrement le 28 qui est un dimanche), selon le médiéviste, Andrew W. Lewis, Louis VI épouse à Paris, Adèle de Savoie (v. 1100-1154), fille d'Humbert II de Savoie (mort en 1103), comte de Maurienne, et de Gisèle de Bourgogne (v. 1070-apr. 1133), fille de Guillaume Ier de Bourgogne, surnommé le Grand ou Tête Hardie. De cette seconde union sont issus sept fils et deux filles :

1.Philippe (1116-1131) (à ne pas confondre avec son frère cadet du même nom), mort des suites d'une chute de cheval.
2.Louis VII le Jeune (1120- ? 1180), roi de France ;

3.Henri (vers 1122 - ? 1175), évêque de Beauvais (vers 1149-1161) puis archevêque-duc de Reims (1162-1175) ;

4.Hugues (vers 1122, mort jeune) ;

5.Robert Ier de Dreux (vers 1125 - ? 1188), dit Robert le Grand, comte de Dreux (1152-1184), comte du Perche ;

6.Pierre Ier de Courtenay (vers 1126 - ? entre 1180 et 1183, marié vers 1152 avec Élisabeth de Courtenay (vers 1135 - ? après 1205), dame de Courtenay ;

7.Constance de France (vers 1128 - ? 1180), épouse (1) en 1140 Eustache IV dit Eustache de Blois, comte de Boulogne - sans postérité connue ; épouse (2) en 1154 Raymond V (1134 - ? 1194), comte de Toulouse ;

8.Philippe (vers 1132/1133 - ? 1161), à ne pas confondre avec son frère aîné du même nom. Sans alliance ni postérité. Nommé évêque de Paris, il refusa le poste et resta archidiacre.

9.une fille morte jeune, inhumée à Saint-Victor de Paris.

Avec une certaine maîtresse prénommée Marie, fille de Renaud de Breuillet de Dourdan, Louis VI est le père d'une fille :

Isabelle (vers 1101/1104 - ? après 1175), dame de Liancourt-Saint-Pierre, épouse Guillaume Ier de Chaumont (en Vexin), fils de Osmond Ier de Chaumont, seigneur de Chaumont-Quitry.

Bilan du règne :
Exerçant un pouvoir sans partage, entouré de conseillers comme Yves de Chartres, Étienne de Garlande et surtout Suger, il défendit la paix et le bon droit, protégea les faibles et l'Église, compléta l'oeuvre paternelle d'accroissement du domaine royal en intégrant les terres des familles de Rochefort, de la Ferté-Alais et de Montlhéry, le comté de Corbeil et légua à son fils Louis VII, un domaine à peu près pacifié. Comme roi et individu, il se conduisit en chrétien qualifié parfois de rex catholicus et christianissimus, se disant lui-même « propre fils de l'Église romaine ». Il fut le premier souverrain à toucher les écrouelles de façon habituelle. Il résida à Paris beaucoup plus qu'aucun de ses prédécesseurs.


Source : article Louis VI de France de Wikipedia (auteurs)
Contenu soumis à la licence CC-BY-SA
23 mai 1104 :
Mariage (avec Lucienne DE ROCHEFORT) - Troyes, 10387, Aube, Grand Est, FRANCE
Mariage de Louis VI le Gros avec Lucienne de Rochefort
Louis VI le Gros épouse en 1104 Lucienne de Rochefort.
En 1104, Louis VI est fiancé à Lucienne de Rochefort, fille de Gui Ier (mort en 1108), comte de Rochefort. Henri d'Arbois de Jubainville, célèbre archiviste paléographe, dit dans son livre que le mariage n'était pas encore consommé qu'il fut cassé par le pape lors du concile de Troyes le 23 mai 1107. La femme « délaissée » se remaria d'ailleurs aussitôt avec Guichard III de Beaujeu.
dont
F Isabelle de FRANCE [Capétien] 1105-1175


Concile de Troyes
Annulation du mariage de Lucienne de Rochefort avec Louis VI le Gros
Démission de Guy II de Montlhéry comme Sénéchal de France
En 1107 par le concile de Troyes déclare le mariage de Louis VI le Gros et de Lucienne de Rochefort dissous, sous prétexte de parenté.
Guy II de Montlhéry est très touché par les intrigues et les complots supportés par sa fille. Il se retire de la cour après avoir donné la démission de sa charge de Sénéchal de France.
Hugues de Crécy est aveuglé par la vengeance pour l'affront fait à sa sœur Lucienne de Rochefort. Il s'égare dans des actes barbares.
11 mai 1115 :
Mariage (avec Adélaide DE SAVOIE) - Paris, 75000, Paris, Île-de-France, FRANCE
Louis VI le Gros épouse à Paris le 4 mai 1115 Adélaïde de Maurienne ou de Poitiers, Comtesse de Savoie, nièce de Calixte II.
Leurs enfants sont :
Philippe de France (août 1116-13 octobre 1131),
Louis VII le Jeune (1120-18 novembre 1180), Roi de France, qui épousera :
en 1137 Aliénor d'Aquitaine,
en 1154 Constance de Castille,
en 1160 Adèle de Champagne,
Henri de France (1121-13 novembre 1175), Évêque de Beauvais puis Archevêque de Reims,
Robert Ier de Dreux ou Robert Ier de France, dit le Grand (1123 ou 1125-11 octobre 1188), Comte de Dreux, de Perche et de Braine, qui épousera :
vers 1139 ou 1140 Agnès II de Garlande,
en 1144 ou 1145 Harvise d'Évreux,
en 1152 Agnès de Baudement,
Constance de France (1124 ou 1128-16 août 1176) qui épousera en 1154 Raymond VII de Toulouse,
Philippe (1125 ou vers 1132-1161),
Pierre Ier de France ou Pierre Ier de Courtenay (1126-1180 ou le 10 avril 1183), Seigneur de Courtenay, de Montargis, de Château-Renard, de Champignelles-en-Puisaye, de Tanlau et de Charny.
8 août 1137 :
Décès - Béthisy-Saint-Pierre, 60068, Oise, Hauts-de-France, FRANCE
Cause : Dysentrie
Louis VI le Gros meurt à Paris le 1er août 1137.
***
Alors qu'il rentre d'une expédition punitive contre le seigneur pillard de Saint-Brisson-sur-Loire, près de Gien, Louis le Gros tombe soudainement malade au château de Béthisy-Saint-Pierre situé dans la vallée de l'Automne, en forêt de Compiègne, entre Senlis et Compiègne. Il y trépasse le 1er août 1137 d'une dysenterie causée par l'excès de bonne chère, qui l'avait rendu obèse et fut inhumé en l'église de l'abbaye royale de Saint-Denis. Son fils Louis, âgé de 17 ans et couronné depuis six ans, lui succède sans contestation.

Un moyen-relief en pierre calcaire représentant un roi en pied, en position repliée, portant la maquette d'une église qu'il offre à saint Vincent se trouve sur un autel liturgique roman, dans la petite église d'Avenas, commune du Haut-Beaujolais située dans le département du Rhône. Exécuté entre 1118 et 1124 par le « Maître d'Avenas », dont le nom est resté inconnu à ce jour, ce magnifique bas-relief montre un roi, couronné, déjà bedonnant. Une inscription latine, sur la même pierre, le qualifie de « REX LVDOVICVS PIVS » (Roi, Louis le Pieux). Certains disent que ce roi serait Louis VI, d'autres disent qu'il correspond plutôt à Louis Le Pieux ou encore à Louis VII11,12,13.

***
Bilan du règne

Exerçant un pouvoir sans partage, entouré de conseillers comme Yves de Chartres, Étienne de Garlande et surtout Suger, il défendit la paix et le bon droit, protégea les faibles et l'Église, compléta l'œuvre paternelle d'accroissement du domaine royal en intégrant les terres des familles de Rochefort, de la Ferté-Alais, de Montlhéry et du comté de Corbeil, et légua à son fils Louis VII un domaine à peu près pacifié. Comme roi et individu, il se conduisit en chrétien qualifié parfois de rex catholicus et christianissimus, se disant lui-même « propre fils de l'Église romaine21 ». Il fut le premier souverain à toucher les écrouelles de façon habituelle. Il résida à Paris beaucoup plus qu'aucun de ses prédécesseurs.

C’est à partir des règnes de Louis VI et de Louis VII, conseillés par l’abbé Suger, que la royauté commence à exercer un rôle national, en répondant à l’appel de ses sujets. La justice du roi va se mettre à régler les conflits entre différents vassaux, confirmer des chartes communales aux bourgeois des villes et garantir des propriétés d’abbaye.

Règne Louis VI le Gros
Le pouvoir royal s'affirme sur le domaine par l'élimination des seigneurs pillards d'Île-de-France.
Ce domaine est intelligemment mis en valeur suivant les conseils de Suger, abbé de Saint-Denis : création de villes neuves et privilèges fiscaux accordés aux communautés rurales contribuent à peupler l'Île-de-France.
La charte de Lorris en Gâtinais servira de modèle pendant tout le XIIe siècle.
Au-delà du domaine, Louis VI le Gros essaie d'affirmer l'autorité de la justice royale dans les grands fiefs : il intervient avec succès en Bourbonnais et en Auvergne, mais il ne peut s'imposer ni en Normandie, ni en Flandre.
Comme dans son domaine, Louis VI le Gros sait jouer des forces socio-économiques nouvelles : il soutient l'établissement des communes urbaines en Picardie et en Flandre, comme il soutient les efforts des réformateurs grégoriens pour soustraire l'élection des évêques à l'autorité des princes, mais non à la sienne propre.
Louis VII Le Jeune devient roi de France le 1er août 1137.
Raoul Ier de Vermandois soutient temporairement la cause d'Adélaïde de Maurienne qui craint de voir sa dot utilisée au service de l'État par Louis VII le Jeune.
Louis VII le Jeune écarte Adélaïde de Maurienne, sa mère, de la cour et gouverne avec Suger, le conseiller de son père, abbé de Saint-Denis.
Inhumation - Saint-Denis, 93200, Seine-Saint-Denis, Île-de-France, FRANCE
Basilique

🌳 Aussi dans d'autres arbres

Même nom, même prénom, né à peu près la même année : des cousins ont peut-être retrouvé d'autres ancêtres de cette famille.

› Chercher Louis DE FRANCE dans tous les arbres

Voir dans l'arbre