🌳 du Laurent de Montbrun
par Landry
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Gaston Marie Lucien DU LAURENT DE MONTBRUN 10E VICOMTE ◉ Sosa : 4
Gaston Marie Lucien DU LAURENT DE MONTBRUN 10E VICOMTE
◉ Sosa : 4 · génération 3
- Né le 16 février 1901 (samedi) - Saint-Nicolas-Près-Granville, Manche, Normandie, France
- Décédé le 7 décembre 1978 (jeudi) - Granville, Manche, Normandie, France, à l'âge de 77 ans
- Militaire, Officier de l'armée Française
Parents
- Alfred Marie Jean-Baptiste Guy DU LAURENT DE MONTBRUN 9E VICOMTE 1873-1953
- Anna Marie Augustine SALLIEN 1876-1926
Union(s) et enfant(s)
-
Marié (5 févr 1927), Lagny-sur-Marne, 77400, avec
Yvonne Louise Marcelle DEVAUX 1904-1990
dont
- Louise Marie Bernadette Anna DU LAURENT DE MONTBRUN 1929-2007
- Annette Marie Marcelle DU LAURENT DE MONTBRUN 1930-2023
- Guy Marie Gabriel Georges DU LAURENT DE MONTBRUN 11E VICOMTE 1933-1961
- Fiche privée
Frères et sœurs
- Gaston Marie Lucien DU LAURENT DE MONTBRUN 10E VICOMTE 1901-1978 ◉ Sosa 4
- Elisabeth Marie Blanche DU LAURENT DE MONTBRUN 1903-1937
- Germaine Marie Anne DU LAURENT DE MONTBRUN 1906-1985
- Jeanne Marie Marthe DU LAURENT DE MONTBRUN 1911-1921
Événements
- 16 février 1901 :
- Naissance - Saint-Nicolas-Près-Granville, Manche, Normandie, France
- 7 décembre 1978 :
- Décès - Granville, Manche, Normandie, France
-
Profession
Officier
-
Domicile - 50400 Granville France
2 Boulevard Girard Despariries
- Titre : Vicomte
- (5 févr 1927) :
-
Mariage (avec Yvonne Louise Marcelle DEVAUX) - Lagny-sur-Marne, 77400
Arrondissement de Pontoise
Notes
Religion: Catholique Romain
<p><p> </p></p><p><p>Journal de Gaston du Laurent de Montbrun</p></p><p><p> </p></p><p><p>Jusqu’au 10 juin 1940, ma vie a été celle de tous les combattants qui se trouvaient en Alsace à cette époque, une vie de garnison dans une bourgade.</p></p><p><p> </p></p><p><p>J’ai commencé à me replier avec mon C.I.D. faisant des étapes de 30 à 35 km et même de 52 km. Les Allemands nous sont apparus le 13, mais ils n’étaient pas très agressifs. Il n’y avait guère que des escarmouches
d’arrière-garde. Le 19 juin, mon groupement (car je commandais un groupement composé de mon C.I.D., une compagnie hippo. et une compagnie du Q.G.) gagnait en chemin de fer Epinal,
où je devais m’établir en tête de pont, lorsque le chef de gare de Lépanges prévient que les Allemands se trouvent en avant à une dizaine de kilomètres. Je fais faire demi-tour à mon train et nous allons débarquer à Bruyères. J’y retrouve mon général de division qui reprend sa compagnie et m’envoie m’établir en cantonnement d’alerte à Laval pour étayer, si besoin est, le 23</p></p><p><p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">bataillon de chasseurs alpins. Rien ne se passe dans la nuit, mais nous apprenons le soir de la bouche même du maréchal Pétain, par radio, que l’armistice est demandé, mais qu’il faut continuer à combattre. Inutile de dire notre état d’âme. Pour ma part, je n’ai pu m’empêcher de pleurer comme un enfant. Mais enfin, il a fallu se ressaisir car j’avais autour de moi 18 officiers et je commandais à 700 hommes. </span></span></p></p><p><p>Le 10 juin, on
m’enlève la compagnie hippo et je suis renforcé, théoriquement car je ne l’ai jamais vu, par un bataillon régional de protection, qui doit être sous mes ordres et nous nous organisons à Laval que nous quittons à 20 h pour aller boucher la trouée de Neune à Lave-lines devant Bruyeres. Le 21 juin, à 7 h du matin, un colonel d’artillerie prend le commande-ment de la place avec G.R.D., un groupe d’artillerie et mon C.I.D. A 10 h, il me propose de ne pas combattre. Je refuse, car le 19 juin, tout mon bataillon, en quelque sorte, avait chanté la marche lorraine et les Allobroges lorsque je lui avais annoncé que nous allions combattre quoique encerclés.</p></p><p><p> </p></p><p><p>A midi, nous étions attaqués mais bien mollement. A 18 h, je pars faire une reconnaissance de mes compagnies et en revenant, vers 18 h 45, je me jette bêtement sur un petit poste alle-mand qui me lance une grenade, offensive heureusement, qui me couche sur la route que je traversais. Aussitôt, le capitaine allemand se jette sur moi et m’enlève mon révolver avant que j’ai eu le temps de m’en servir. Il se met à côté de moi et me dit : « Mon camarade, c’est la guerre ».</p></p><p><p> </p></p><p><p>A 19 h à peu près, un de mes capitaines, qui me voyait, me cria : « Mon commandant, le co-lonel ordonne de se rendre, faut-il obéir ! ». Je lui réponds : « Vous êtes le plus ancien après moi, prenez le commandement et obéissez ». Puis je me mets à sangloter. Le colonel apparaît bientôt avec un drapeau blanc et parlemente avec l’officier allemand qui était à côté de moi. Le feu cesse progressivement mais, comme à un moment, il avait l’air de reprendre, le
capi-taine allemand me force à prendre le drapeau blanc et à l’agiter, car le colonel avait été em-mené à l’arrière. Enfin le feu cesse et
les allemands commencent à marcher vers Lavelines. Moi, je suis toujours couché sur le sol, perdant mon sang. Mon capitaine, qui m’avait interpel-lé, vient et me fait mon premier pansement. Je vois arriver les premiers prisonniers français. J’étais couché sur une civière après avoir été pansé par le médecin allemand de leur poste de secours. J’avais à côté de moi deux officiers blessés, l’un à la tête, l’autre à un pied. Pour nous</p></p><p><p> </p></p><p><p>garder, un officier allemand, pistolet au poing, se tenait près de nous. J’aperçois tout à coup mes hommes. En tête, marchait un officier
adjoint. Il m’aperçoit et fait le geste de venir vers moi. Mais, voyant l’officier ennemi, il recule. Celui-ci lui fait signe de venir. Il vient et me sert la main. D’autres officiers et beaucoup de mes hommes l’imitent. Ceux-ci voulurent me donner à toutes forces du chocolat, des cigarettes. Puis l’un d’eux me donne son béret car j’étais tête nue, les allemands m’ayant forcé à jeter mon casque, et un autre me donne sa cou-verture. Ces humbles me touchèrent profondément, car ces hommes se dépouillaient pour moi et n’étaient pas certains d’avoir un couvert pour eux. J’eus la satisfaction d’apprendre que le chef de bataillon, qui m’avait attaqué, avait été tué et qu’on venait de l’enterrer pas loin de moi.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Les évacuations commencèrent par les blessés allemands. Ne pouvant être évacué que cou-ché, je partis par le dernier convoi le 22 juin, vers 4 h du matin. Je fus hissé dans un camion et en route pour Colmar où nous arrivâmes vers 6 h du matin à l’hôpital du Bon Pasteur. Après ma reconnaissance d’identité, je fus mené à la salle d’opération où, comme officier, je passais de suite. A 7 h et demi, je me réveillais dans un lit. Pansé et gardé par deux soeurs, une alsa-cienne et une allemande. Ma
réaction à l’éther fut une crise de larmes. Enfin, je réussis à me maitriser et, rejetant les couvertures, je regardais mes jambes. Hélas, elles étaient bandées et le sang apparaissait sur le côté droit. J’eus peur d’une hémorragie mais les soeurs me rassurè-rent et, me voyant éveillé, elles partirent.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Le soir, un docteur allemand vint me voir et parut mécontent de ce que je ne souffrais pas et n’avais pas de fièvre. Il en fût de même le lendemain. Il me donna la signification de son mé-contentement en me disant que puisque je n’avais pas de fièvre et ne souffrais pas, il me fal-lait quitter son hôpital où on ne gardait que les blessés graves. Donc, à 7 h du soir, je partais avec deux blessés allemands pour Fribourg où nous arrivions vers les 10 h du soir. Nous étions admirablement reçus : thé, plum-cake, cigares et cigarettes.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Le lendemain matin, j’étais mené à la
salle de pansement et je me bouchais les narines gêné par l’odeur de mes jambes. Mais ce n’était pas l’infection, c’était uniquement l’odeur de la pommade. On m’enfonçait dans les mollets des mèches trempées dans de l’huile de foie de morue.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Je restais quatre jours dans cette
ville où j’étais, paraît-il, le seul officier français. Ils m’évacuèrent le 28 juin sur Balingen, du côté de la frontière suisse, où, arrivé vers minuit, on me parqua avec d’autres sur des paillasses posées sur le sol du hall d’entrée d’un sanatorium. Enfin le 29, j’allai retrouver d’autres officiers dans une chambre où nous étions cinq. Le commandant de l’hôpital venait causer avec nous le soir. Il cherchait à nous convaincre de la beauté du régime hitlérien. Nous cherchions à le convaincre, par contradiction, de la beauté de notre régime.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Cela dura une
semaine et je fus emmené dans une autre ville, dont je ne puis retrouver le nom dans ma mémoire, le 8 juillet. J’y restai une dizaine de jours et le 17 juillet, sur mes ins-tances, j’accompagnai tous les officiers de l’hôpital (nous étions 12) vers une maison de repos dans la Forêt noire, qui fut l’Oflag VA à Weinsberg, dans le Wurtemberg. Après un court sé-jour de quatre jours à Heilbronn, je revins à l’infirmerie-hôpital de ce camp où je restai jus-qu’au 12 octobre. J’y
fus admirablement soigné et traité. Je rentrai alors dans le droit chemin au camp, baraque 6, baraque et chambre que j’avais choisies. J’avais l’espoir, bien petit, de</p></p><p><p> </p></p><p><p>regagner la France lorsque, le 22 octobre, le premier train sanitaire partit. Je n’y étais pas. Il en fut de même pour le second le 15 novembre.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Je désespérais de me voir désigner lorsque, le 4 décembre, à l’appel du matin, on appela le capitaine du Laurent. Je n’entendis pas bien et comme je ne connaissais pas les douze cents officiers du camp, je ne répondis pas « présent ». Heureusement notre chef de baraque, qui lisait également la liste avec l’officier allemand, me dit : « Eh ! de Montbrun, tu t’appelles aussi du Laurent ! ». « Oui », répondis-je. « Alors, c’est toi du Laurent de Montbrun ». Inutile de dire que je criai alors un « Présent » tonitruant. Le 6 décembre, nous allons embarquer à la gare chargés d’adresses et de recommandations de mes camarades moins heureux. Quoique je marchasse encore avec deux cannes, les deux kilomètres qui nous séparaient de la gare ne me parurent pas longs.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Le 7 décembre, à 15 h, nous débarquions à Constance. Ceux qui marchaient difficilement fu-rent transportés dans un car et nous arrivâmes à une école où, désillusion, nous fumes gardés comme nous ne l’étions pas dans le camp. Nous n’avions pas le droit de descendre dans la cour sauf une heure par jour et par étage. Il nous fallait alors tourner en rond. Si près d’être libres, nous ne pouvions songer à nous évader. Enfin, le 10 décembre à 5 h du soir, nous em-barquions dans le train sanitaire et bientôt, la frontière germano-suisse franchie, nous aperce-vions un immense drapeau tricolore éclairé par des réflecteurs, à 100 m à peine de l’Allemagne. La Suisse nous fêta tout le long du trajet. Le 11 décembre au matin, nous étions en France et nous étions accueillis par une vibrante « Marseillaise ». Le 12 à 1 h du matin, nous arrivions à Bergerac, dernier point de destination du train et ville que j’avais demandée. Des autos nous attendaient à la gare et nous emmenaient à l’hôpital. Je passai la visite du mé-decin et fus proposé pour être envoyé devant la commission de réforme de Limoges. Au dé-jeuner, on nous fit un petit festin. Oh ! bien simple, mais bien français : nous eûmes un beefs-teak avec des pommes de terre frites, de la salade et du fromage avec une demi-bouteille de vin fin et du café. L’après-midi, nous nous couchions tous car nous étions « pompettes »
n’ayant plus l’habitude du vin et étant sous-alimentés. Mon poids de 77 kg au moment de ma blessure, était tombé à 55 kg. J’avais rattrapé ma sveltesse de jeune soldat après le peloton d’élèves-caporaux.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Ne pouvant aller à Granville avant ma réforme, je demandai et
obtins un congé de convales-cence pour Nice, chez la tante de ma femme. La pauvre femme avait perdu son mari en juillet. Elle fut toute heureuse de m’héberger surtout pour les fêtes de Noël et premier jour de l’an. Nous allâmes à la messe de minuit, très contents de nous retrouver.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Sur le conseil d’un camarade devenu chef de bataillon et employé à la place de Nice, je ne me présentai pas devant la commission de réforme. Un capitaine adjoint au commissariat d’armes de Bergerac vint me voir à l’hôpital. Je lui fis un compte-rendu des évènements qui m’avaient amené à être prisonnier. Sur son objection de me proposer pour la Légion d’Honneur, j’eus le tort de lui dire, qu’étant officier d’active, j’estimais que ce que j’avais fait ne le méritait pas. Et le commissariat de Bergerac fut trop heureux de trouver un sot comme moi et me proposa que pour la croix-de-guerre. Je regrette maintenant cette parole inconsidé-rée d’autant plus que mon beau-frère Paul, blessé dans son lit par une bombe, a obtenu et la croix-de-guerre et la croix de la Légion d’Honneur comme rapatrié sanitaire.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Ne désirant pas rester inactif, je profitai des décrets d’août et septembre pour demander un emploi sédentaire en étant versé dans les adjoints-administratifs. Sur ces entrefaites, ma</p></p><p><p> </p></p><p><p>femme et mes enfants me rejoignirent et ayant pu avoir un appartement, nous attendîmes mon affectation qui tardait bien à venir. Voyant cela, j’allai à Vichy et trouvai, comme directeur de l’infanterie, mon ancien chef de corps, le colonel Lafargue. Il me proposa de me garder à Royat. Mais, à Nice, on manquait de pain. Il fut assez chic pour me laisser gagner l’Afrique du nord. Je fus nommé à Sidi-Bel-Abbès pour occuper l’emploi de major au dépôt commun des régiments étrangers. Nous y trouvâmes du pain blanc à discrétion que les enfants man-geaient comme du gâteau. Mon poids, en raison des restrictions niçoises, était tombé à 53 kg.</p></p><p><p> </p></p><p><p>La séparation du dépôt commun des régiments étrangers d’avec le 1</p></p><p><p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: xx-small;">er </span><span style="font-size: medium;">régiment ne plaisait pas au colonel et il ne voulait pas faire la scission. Je rendis compte, sur ses conseils, au Mi-nistre. Celui-ci fit étudier la question par l’état-major d’Alger et, en février 1942, arriva l’ordre d’opérer la scission. Mais, entre-temps, le 6</span><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">régiment étranger était revenu de Syrie et avait été dissous. Son colonel avait son commandant-major à caser et j’avais eu le grand tort de vouloir rester chasseur. Aussi, je fus proposé par lui comme étant disponible. J’avais été nommé en mars adjoint-administratif de 2</span><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">classe et maintenu à mon poste de major du dépôt commun des régiments étrangers. </span></span></span></p></p><p><p>Sur proposition du commandant du dépôt, je permutai avec le major du 6</p></p><p><p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">régiment étran-ger qui avait été nommé à Vichy major du 6</span><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">tirailleurs à Tlemcen. Mais le capitaine tréso-rier de ce régiment était plus ancien que moi de deux annuités. Le colonel du 6</span><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">tirailleurs rendit compte au Ministre qui nomma un autre commandant et me renvoya au dépôt étranger comme chargé du matériel avec le titulaire comme adjoint. </span></span></span></p></p><p><p>Le colonel du dépôt commun des régiments étrangers intervint à juste titre et fit remarquer que cette nomination aurait l’inconvénient de me placer en sous-ordre dans une administration dont j’avais été le chef. Alors, le directeur de l’infanterie m’envoya au 5</p></p><p><p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">tirailleurs-marocain à Oujda comme chargé du matériel. </span></span></span></p></p><p><p>Je faillis, là encore, ne pas rester car le titulaire de l’emploi, un lieutenant, avait demandé à passer adjoint-administratif et, comme il était connu par son colonel, ce dernier ne tenait pas à le voir partir. Mais en voyant mon dossier du personnel, il lâcha son lieutenant et me garda. Il était temps car Yvonne, enceinte, voyait le terme de sa grossesse approcher et risquait fort de ne pas avoir de logement.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Nous regrettâmes Sidi-Bel-Abbès où nous laissâmes de bons amis et des connaissances bien sympathiques. Depuis, les américains débarquèrent et le 5</p></p><p><p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">régiment de tirailleurs partit pour l’Italie. Inapte à faire campagne, je restai au dépôt qui fut bientôt dissous. Je passai au 51</span><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">bataillon de marche de tirailleurs marocains où je trouvai un chef de bataillon charmant qui, malheureusement, ne resta pas longtemps. Il fut remplacé par un autre avec lequel je ne m’entendis pas. J’en partis heureusement assez vite pour entrer à l’état-major de la subdivi-sion. Mais
les effectifs ayant été réduits, j’allais être obligé de partir ailleurs lorsque la place de commandement de la 81</span><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">compagnie de garnison fut libre. On m’y nomma et j’y étais encore à la fin de la guerre. </span></span></span></p></p><p><p>A la suite de ses blessures, Gaston de Montbrun fut versé dans le cadre des adjoints-administratifs des corps de troupe. Sa femme et ses enfants rejoignaient la France en 1945. Partis d’Oujda le 3 août, ils étaient à Port-Lyautey le 6, s’embarquaient à bord d’un avion américain pour Marseille et rejoignaient Granville où ils arrivaient le 9 août.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Marie Ardaillon est décédée à Amiens en décembre 1943. En 1939, Guy de Montbrun était trop âgé pour reprendre du service dans l’armée. Il continua à jouir de sa retraite à Granville.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Mais il se rendit bientôt compte, après l’invasion allemande et les préparatifs de l’Amérique et de l’Angleterre, que la guerre pourrait passer par sa petite ville. Il reprit donc la rédaction de son journal. Voir ce qu’il a écrit : Annexe V, 2</p></p><p><p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: xx-small;">ème </span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></p></p><p><p><span style="font-size: medium;">partie, page 73. </span></p></p><p><span style="font-size: medium;"> </span></p>
<p><p> </p></p><p><p>Journal de Gaston du Laurent de Montbrun</p></p><p><p> </p></p><p><p>Jusqu’au 10 juin 1940, ma vie a été celle de tous les combattants qui se trouvaient en Alsace à cette époque, une vie de garnison dans une bourgade.</p></p><p><p> </p></p><p><p>J’ai commencé à me replier avec mon C.I.D. faisant des étapes de 30 à 35 km et même de 52 km. Les Allemands nous sont apparus le 13, mais ils n’étaient pas très agressifs. Il n’y avait guère que des escarmouches
d’arrière-garde. Le 19 juin, mon groupement (car je commandais un groupement composé de mon C.I.D., une compagnie hippo. et une compagnie du Q.G.) gagnait en chemin de fer Epinal,
où je devais m’établir en tête de pont, lorsque le chef de gare de Lépanges prévient que les Allemands se trouvent en avant à une dizaine de kilomètres. Je fais faire demi-tour à mon train et nous allons débarquer à Bruyères. J’y retrouve mon général de division qui reprend sa compagnie et m’envoie m’établir en cantonnement d’alerte à Laval pour étayer, si besoin est, le 23</p></p><p><p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">bataillon de chasseurs alpins. Rien ne se passe dans la nuit, mais nous apprenons le soir de la bouche même du maréchal Pétain, par radio, que l’armistice est demandé, mais qu’il faut continuer à combattre. Inutile de dire notre état d’âme. Pour ma part, je n’ai pu m’empêcher de pleurer comme un enfant. Mais enfin, il a fallu se ressaisir car j’avais autour de moi 18 officiers et je commandais à 700 hommes. </span></span></p></p><p><p>Le 10 juin, on
m’enlève la compagnie hippo et je suis renforcé, théoriquement car je ne l’ai jamais vu, par un bataillon régional de protection, qui doit être sous mes ordres et nous nous organisons à Laval que nous quittons à 20 h pour aller boucher la trouée de Neune à Lave-lines devant Bruyeres. Le 21 juin, à 7 h du matin, un colonel d’artillerie prend le commande-ment de la place avec G.R.D., un groupe d’artillerie et mon C.I.D. A 10 h, il me propose de ne pas combattre. Je refuse, car le 19 juin, tout mon bataillon, en quelque sorte, avait chanté la marche lorraine et les Allobroges lorsque je lui avais annoncé que nous allions combattre quoique encerclés.</p></p><p><p> </p></p><p><p>A midi, nous étions attaqués mais bien mollement. A 18 h, je pars faire une reconnaissance de mes compagnies et en revenant, vers 18 h 45, je me jette bêtement sur un petit poste alle-mand qui me lance une grenade, offensive heureusement, qui me couche sur la route que je traversais. Aussitôt, le capitaine allemand se jette sur moi et m’enlève mon révolver avant que j’ai eu le temps de m’en servir. Il se met à côté de moi et me dit : « Mon camarade, c’est la guerre ».</p></p><p><p> </p></p><p><p>A 19 h à peu près, un de mes capitaines, qui me voyait, me cria : « Mon commandant, le co-lonel ordonne de se rendre, faut-il obéir ! ». Je lui réponds : « Vous êtes le plus ancien après moi, prenez le commandement et obéissez ». Puis je me mets à sangloter. Le colonel apparaît bientôt avec un drapeau blanc et parlemente avec l’officier allemand qui était à côté de moi. Le feu cesse progressivement mais, comme à un moment, il avait l’air de reprendre, le
capi-taine allemand me force à prendre le drapeau blanc et à l’agiter, car le colonel avait été em-mené à l’arrière. Enfin le feu cesse et
les allemands commencent à marcher vers Lavelines. Moi, je suis toujours couché sur le sol, perdant mon sang. Mon capitaine, qui m’avait interpel-lé, vient et me fait mon premier pansement. Je vois arriver les premiers prisonniers français. J’étais couché sur une civière après avoir été pansé par le médecin allemand de leur poste de secours. J’avais à côté de moi deux officiers blessés, l’un à la tête, l’autre à un pied. Pour nous</p></p><p><p> </p></p><p><p>garder, un officier allemand, pistolet au poing, se tenait près de nous. J’aperçois tout à coup mes hommes. En tête, marchait un officier
adjoint. Il m’aperçoit et fait le geste de venir vers moi. Mais, voyant l’officier ennemi, il recule. Celui-ci lui fait signe de venir. Il vient et me sert la main. D’autres officiers et beaucoup de mes hommes l’imitent. Ceux-ci voulurent me donner à toutes forces du chocolat, des cigarettes. Puis l’un d’eux me donne son béret car j’étais tête nue, les allemands m’ayant forcé à jeter mon casque, et un autre me donne sa cou-verture. Ces humbles me touchèrent profondément, car ces hommes se dépouillaient pour moi et n’étaient pas certains d’avoir un couvert pour eux. J’eus la satisfaction d’apprendre que le chef de bataillon, qui m’avait attaqué, avait été tué et qu’on venait de l’enterrer pas loin de moi.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Les évacuations commencèrent par les blessés allemands. Ne pouvant être évacué que cou-ché, je partis par le dernier convoi le 22 juin, vers 4 h du matin. Je fus hissé dans un camion et en route pour Colmar où nous arrivâmes vers 6 h du matin à l’hôpital du Bon Pasteur. Après ma reconnaissance d’identité, je fus mené à la salle d’opération où, comme officier, je passais de suite. A 7 h et demi, je me réveillais dans un lit. Pansé et gardé par deux soeurs, une alsa-cienne et une allemande. Ma
réaction à l’éther fut une crise de larmes. Enfin, je réussis à me maitriser et, rejetant les couvertures, je regardais mes jambes. Hélas, elles étaient bandées et le sang apparaissait sur le côté droit. J’eus peur d’une hémorragie mais les soeurs me rassurè-rent et, me voyant éveillé, elles partirent.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Le soir, un docteur allemand vint me voir et parut mécontent de ce que je ne souffrais pas et n’avais pas de fièvre. Il en fût de même le lendemain. Il me donna la signification de son mé-contentement en me disant que puisque je n’avais pas de fièvre et ne souffrais pas, il me fal-lait quitter son hôpital où on ne gardait que les blessés graves. Donc, à 7 h du soir, je partais avec deux blessés allemands pour Fribourg où nous arrivions vers les 10 h du soir. Nous étions admirablement reçus : thé, plum-cake, cigares et cigarettes.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Le lendemain matin, j’étais mené à la
salle de pansement et je me bouchais les narines gêné par l’odeur de mes jambes. Mais ce n’était pas l’infection, c’était uniquement l’odeur de la pommade. On m’enfonçait dans les mollets des mèches trempées dans de l’huile de foie de morue.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Je restais quatre jours dans cette
ville où j’étais, paraît-il, le seul officier français. Ils m’évacuèrent le 28 juin sur Balingen, du côté de la frontière suisse, où, arrivé vers minuit, on me parqua avec d’autres sur des paillasses posées sur le sol du hall d’entrée d’un sanatorium. Enfin le 29, j’allai retrouver d’autres officiers dans une chambre où nous étions cinq. Le commandant de l’hôpital venait causer avec nous le soir. Il cherchait à nous convaincre de la beauté du régime hitlérien. Nous cherchions à le convaincre, par contradiction, de la beauté de notre régime.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Cela dura une
semaine et je fus emmené dans une autre ville, dont je ne puis retrouver le nom dans ma mémoire, le 8 juillet. J’y restai une dizaine de jours et le 17 juillet, sur mes ins-tances, j’accompagnai tous les officiers de l’hôpital (nous étions 12) vers une maison de repos dans la Forêt noire, qui fut l’Oflag VA à Weinsberg, dans le Wurtemberg. Après un court sé-jour de quatre jours à Heilbronn, je revins à l’infirmerie-hôpital de ce camp où je restai jus-qu’au 12 octobre. J’y
fus admirablement soigné et traité. Je rentrai alors dans le droit chemin au camp, baraque 6, baraque et chambre que j’avais choisies. J’avais l’espoir, bien petit, de</p></p><p><p> </p></p><p><p>regagner la France lorsque, le 22 octobre, le premier train sanitaire partit. Je n’y étais pas. Il en fut de même pour le second le 15 novembre.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Je désespérais de me voir désigner lorsque, le 4 décembre, à l’appel du matin, on appela le capitaine du Laurent. Je n’entendis pas bien et comme je ne connaissais pas les douze cents officiers du camp, je ne répondis pas « présent ». Heureusement notre chef de baraque, qui lisait également la liste avec l’officier allemand, me dit : « Eh ! de Montbrun, tu t’appelles aussi du Laurent ! ». « Oui », répondis-je. « Alors, c’est toi du Laurent de Montbrun ». Inutile de dire que je criai alors un « Présent » tonitruant. Le 6 décembre, nous allons embarquer à la gare chargés d’adresses et de recommandations de mes camarades moins heureux. Quoique je marchasse encore avec deux cannes, les deux kilomètres qui nous séparaient de la gare ne me parurent pas longs.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Le 7 décembre, à 15 h, nous débarquions à Constance. Ceux qui marchaient difficilement fu-rent transportés dans un car et nous arrivâmes à une école où, désillusion, nous fumes gardés comme nous ne l’étions pas dans le camp. Nous n’avions pas le droit de descendre dans la cour sauf une heure par jour et par étage. Il nous fallait alors tourner en rond. Si près d’être libres, nous ne pouvions songer à nous évader. Enfin, le 10 décembre à 5 h du soir, nous em-barquions dans le train sanitaire et bientôt, la frontière germano-suisse franchie, nous aperce-vions un immense drapeau tricolore éclairé par des réflecteurs, à 100 m à peine de l’Allemagne. La Suisse nous fêta tout le long du trajet. Le 11 décembre au matin, nous étions en France et nous étions accueillis par une vibrante « Marseillaise ». Le 12 à 1 h du matin, nous arrivions à Bergerac, dernier point de destination du train et ville que j’avais demandée. Des autos nous attendaient à la gare et nous emmenaient à l’hôpital. Je passai la visite du mé-decin et fus proposé pour être envoyé devant la commission de réforme de Limoges. Au dé-jeuner, on nous fit un petit festin. Oh ! bien simple, mais bien français : nous eûmes un beefs-teak avec des pommes de terre frites, de la salade et du fromage avec une demi-bouteille de vin fin et du café. L’après-midi, nous nous couchions tous car nous étions « pompettes »
n’ayant plus l’habitude du vin et étant sous-alimentés. Mon poids de 77 kg au moment de ma blessure, était tombé à 55 kg. J’avais rattrapé ma sveltesse de jeune soldat après le peloton d’élèves-caporaux.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Ne pouvant aller à Granville avant ma réforme, je demandai et
obtins un congé de convales-cence pour Nice, chez la tante de ma femme. La pauvre femme avait perdu son mari en juillet. Elle fut toute heureuse de m’héberger surtout pour les fêtes de Noël et premier jour de l’an. Nous allâmes à la messe de minuit, très contents de nous retrouver.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Sur le conseil d’un camarade devenu chef de bataillon et employé à la place de Nice, je ne me présentai pas devant la commission de réforme. Un capitaine adjoint au commissariat d’armes de Bergerac vint me voir à l’hôpital. Je lui fis un compte-rendu des évènements qui m’avaient amené à être prisonnier. Sur son objection de me proposer pour la Légion d’Honneur, j’eus le tort de lui dire, qu’étant officier d’active, j’estimais que ce que j’avais fait ne le méritait pas. Et le commissariat de Bergerac fut trop heureux de trouver un sot comme moi et me proposa que pour la croix-de-guerre. Je regrette maintenant cette parole inconsidé-rée d’autant plus que mon beau-frère Paul, blessé dans son lit par une bombe, a obtenu et la croix-de-guerre et la croix de la Légion d’Honneur comme rapatrié sanitaire.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Ne désirant pas rester inactif, je profitai des décrets d’août et septembre pour demander un emploi sédentaire en étant versé dans les adjoints-administratifs. Sur ces entrefaites, ma</p></p><p><p> </p></p><p><p>femme et mes enfants me rejoignirent et ayant pu avoir un appartement, nous attendîmes mon affectation qui tardait bien à venir. Voyant cela, j’allai à Vichy et trouvai, comme directeur de l’infanterie, mon ancien chef de corps, le colonel Lafargue. Il me proposa de me garder à Royat. Mais, à Nice, on manquait de pain. Il fut assez chic pour me laisser gagner l’Afrique du nord. Je fus nommé à Sidi-Bel-Abbès pour occuper l’emploi de major au dépôt commun des régiments étrangers. Nous y trouvâmes du pain blanc à discrétion que les enfants man-geaient comme du gâteau. Mon poids, en raison des restrictions niçoises, était tombé à 53 kg.</p></p><p><p> </p></p><p><p>La séparation du dépôt commun des régiments étrangers d’avec le 1</p></p><p><p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: xx-small;">er </span><span style="font-size: medium;">régiment ne plaisait pas au colonel et il ne voulait pas faire la scission. Je rendis compte, sur ses conseils, au Mi-nistre. Celui-ci fit étudier la question par l’état-major d’Alger et, en février 1942, arriva l’ordre d’opérer la scission. Mais, entre-temps, le 6</span><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">régiment étranger était revenu de Syrie et avait été dissous. Son colonel avait son commandant-major à caser et j’avais eu le grand tort de vouloir rester chasseur. Aussi, je fus proposé par lui comme étant disponible. J’avais été nommé en mars adjoint-administratif de 2</span><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">classe et maintenu à mon poste de major du dépôt commun des régiments étrangers. </span></span></span></p></p><p><p>Sur proposition du commandant du dépôt, je permutai avec le major du 6</p></p><p><p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">régiment étran-ger qui avait été nommé à Vichy major du 6</span><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">tirailleurs à Tlemcen. Mais le capitaine tréso-rier de ce régiment était plus ancien que moi de deux annuités. Le colonel du 6</span><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">tirailleurs rendit compte au Ministre qui nomma un autre commandant et me renvoya au dépôt étranger comme chargé du matériel avec le titulaire comme adjoint. </span></span></span></p></p><p><p>Le colonel du dépôt commun des régiments étrangers intervint à juste titre et fit remarquer que cette nomination aurait l’inconvénient de me placer en sous-ordre dans une administration dont j’avais été le chef. Alors, le directeur de l’infanterie m’envoya au 5</p></p><p><p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">tirailleurs-marocain à Oujda comme chargé du matériel. </span></span></span></p></p><p><p>Je faillis, là encore, ne pas rester car le titulaire de l’emploi, un lieutenant, avait demandé à passer adjoint-administratif et, comme il était connu par son colonel, ce dernier ne tenait pas à le voir partir. Mais en voyant mon dossier du personnel, il lâcha son lieutenant et me garda. Il était temps car Yvonne, enceinte, voyait le terme de sa grossesse approcher et risquait fort de ne pas avoir de logement.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Nous regrettâmes Sidi-Bel-Abbès où nous laissâmes de bons amis et des connaissances bien sympathiques. Depuis, les américains débarquèrent et le 5</p></p><p><p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">régiment de tirailleurs partit pour l’Italie. Inapte à faire campagne, je restai au dépôt qui fut bientôt dissous. Je passai au 51</span><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">bataillon de marche de tirailleurs marocains où je trouvai un chef de bataillon charmant qui, malheureusement, ne resta pas longtemps. Il fut remplacé par un autre avec lequel je ne m’entendis pas. J’en partis heureusement assez vite pour entrer à l’état-major de la subdivi-sion. Mais
les effectifs ayant été réduits, j’allais être obligé de partir ailleurs lorsque la place de commandement de la 81</span><span style="font-size: xx-small;">ème </span><span style="font-size: medium;">compagnie de garnison fut libre. On m’y nomma et j’y étais encore à la fin de la guerre. </span></span></span></p></p><p><p>A la suite de ses blessures, Gaston de Montbrun fut versé dans le cadre des adjoints-administratifs des corps de troupe. Sa femme et ses enfants rejoignaient la France en 1945. Partis d’Oujda le 3 août, ils étaient à Port-Lyautey le 6, s’embarquaient à bord d’un avion américain pour Marseille et rejoignaient Granville où ils arrivaient le 9 août.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Marie Ardaillon est décédée à Amiens en décembre 1943. En 1939, Guy de Montbrun était trop âgé pour reprendre du service dans l’armée. Il continua à jouir de sa retraite à Granville.</p></p><p><p> </p></p><p><p>Mais il se rendit bientôt compte, après l’invasion allemande et les préparatifs de l’Amérique et de l’Angleterre, que la guerre pourrait passer par sa petite ville. Il reprit donc la rédaction de son journal. Voir ce qu’il a écrit : Annexe V, 2</p></p><p><p><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: medium;"><span style="font-size: xx-small;">ème </span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></span></p></p><p><p><span style="font-size: medium;">partie, page 73. </span></p></p><p><span style="font-size: medium;"> </span></p>