Marie Henriette REICHMANN

Marie Henriette REICHMANN

  • Née le 2 février 1842 (mercredi) - Paris, Seine, Ile-de-France, France
  • Inhumée en 1928 - Paris, Seine, Ile-de-France, France
  • Décédée le 23 mars 1928 (vendredi) - Paris, Seine, Ile-de-France, France, à l'âge de 86 ans
  • Propriétaire
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Parents

Union(s) et enfant(s)

Événements

2 février 1842 :
Naissance - Paris, Seine, Ile-de-France, France
19 rue Saint-Benoît, 6e
25 avril 1863 :
Mariage (avec Joseph Louis Alexis MICHON) - Paris, Seine, Ile-de-France, France
1928 :
Inhumation - Paris, Seine, Ile-de-France, France
Cimetière du Montparnasse
23 mars 1928 :
Décès - Paris, Seine, Ile-de-France, France
33 rue de Babylone, 7e

Notes

Elle voyagea beaucoup avec ses parents qu'elle perdit très tôt. Elle se trouva orpheline âgée de moins de 20 ans . Elle habita d'abord chez son oncle et tuteur Charles-Félix MOISY qui était célibataire et ne la comprenait pas. Il semble qu'il désirait lui voir épouser un cousin qui lui déplaisait.
<p>NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR MARIE REICHMANN Extraits d’un carnet écrit par sa fille Marguerite, Madame Joseph Aubert Ma chère mère, Joseph, Marie-Henriette Reichmann, née à Paris le 2 février 1842, n’est morte que le 23 mars 1928, ayant ainsi atteint l’âge de 86 ans. Pendant cette longue carrière, toute remplie par l’amour du devoir, qu’elle accomplissait simplement, (…), elle exerça une grande influence morale autour d’elle par l’exemple plus que par la parole. (…). Elle n’a cherché qu’indirectement à avoir une influence sur son mari, aux goûts duquel elle s��est entièrement associée pour la forme extérieure de son genre de vie. Elle a élevé très chrétiennement ses quatre enfants, avec fermeté mais en leur laissant en même temps une grande liberté (…). Douée d’une intelligence supérieure, avec de grandes dispositions mathématiques, elle n’en faisait pas étalage et c’était presque à regret qu’elle laissait voir sa profonde instruction, s’en servant seulement pour instruire à son tour ses enfants, petits-enfants et même arrière-petits-enfants. Elle avait la passion de la géographie (…). Dans le monde elle parlait fort peu et laissait briller mon père. (…). Sa sensibilité était très vive et les larmes lui montaient facilement aux yeux, mais elle exprimait peu ce qu’elle sentait. (…). Sa timidité extrême lui donnait l’air d’être froide ; (…). Elle avait un grand amour de l’ordre. (…). Elle n’avait d’ailleurs aucune faiblesse avec ses petits-enfants, ne favorisant en rien la gourmandise. Elle s’étonnait, à La Marrière, de voir consommer plus de tartines beurrées que de tartines non beurrées. (…). Sa piété était profonde ; elle l’avait puisée dans la forte instruction religieuse reçue dans les catéchismes de St Sulpice, où elle avait eu pour chefs de catéchisme des séminaristes qui ont été, plus tard, des membres éminents de l’Eglise de France. (…). Chaque matin elle faisait de très bonne heure, dans son lit où la retenaient ses mauvaises jambes, ses prières et sa méditation, de manière à avoir fini avant l’arrivée de ses enfants et petits-enfants qui venaient, à La Marrière, lui faire une visite avant qu’elle se levât. Dans l’après-midi, elle disait son chapelet. (…). En hiver, elle ne sortait que pour aller en voiture à la messe le dimanche, quand la température n’était pas au dessous de 0°. On était sûr de la trouver chez elle, aussi avait –elle de nombreuses visites en dehors de la famille : Melle Littré, Mme Alfred Moreau, Mme Vieille, Mme Hallé, Mme Lair, etc… Elle avait le culte de la famille et désirait être entourée de tous les siens. (…). En 1917, après la mort de Monsieur Bouchot, Louis et Antonia sont venus habiter le petit hôtel sur la rue, 33 rue de Babylone. (…). Elle ne parlait jamais d’elle même, ni de sa vie antérieure à son mariage, à moins qu’on ne l’interroge��t, (…). (…). Le père de ma mère, Alexandre Reichmann (30 septembre 1812 – 17 février 1862) était, je crois, comme elle, d’une grande intelligence ; il était en outre très artiste et aurait désiré s’adonner à la peinture. A la mort de son frère, il en a fait le sacrifice, ses parents, qui avaient peu de fortune, ayant désiré qu’il entrât dans le commerce, chez M. Frichet qui avait une papeterie rue St Benoît. Cette maison, qui avait des boiseries superbes, s’est trouvée incorporée au Bd St Germain quand celui-ci a été percé. A la mort de M. Frichet, mon grand-père acheta la maison de commerce, dans laquelle il fit une belle fortune ; c’est lui, m’a-t-on dit, qui imagina le papier quadrillé. Il se retira des affaires en 1854 et fit construire, en 1856, une maison 131 rue de Rennes, où mes parents ont habité au début de leur mariage (…). Mon grand-père acheta une ferme dans le Perche, les Coujartières, où il passait fort peu de temps, mais dont maman a gardé bon souvenir.(…). Ma grand’mère s’installait une partie de l’été à Meudon ou à Bellevue ; mon grand-père y a fait des aquarelles ; il s’y baignait dans la Seine avec Maman qui nageait bien (…). (…) ma grand’mère mourut, le 5 avril 1859. Ma chère maman, âgée de 17 ans, n’avait plus la mère qui l’avait si bien élevée, sans faiblesse, exigeant, en dehors des études classiques, beaucoup de connaissances qui ont fait d’elle une excellente maîtresse de maison. Il lui restait un très bon père qui eût l’idée, sans doute pour la distraire, et aussi pour satisfaire ses goûts artistiques, de beaucoup voyager. Le père et la fille parcoururent ensemble l’Italie et la Sicile du 4 octobre 1859 au 15 mars 1860 puis ils firent un voyage en Bretagne du 1er juillet au 20 août 1860. Enfin leur longue randonnée en Belgique, en Hollande, en Prusse et en Angleterre dura du 1er juin au 19 septembre 1861. (…). Maman a relaté ces voyages dans un journal fort précis, très bien écrit, plein d’anecdotes et ne manquant pas d’humour. (…). Le 17 février 1862, mon grand-père, après peu de jours de maladie, fut enlevé par l’opération d’un anthrax. Maman restait seule, sans père ni mère, sans frères ni sœurs, sans grands-parents. Elle commença par habiter chez son tuteur, son grand-oncle M. Félix Moisy, vieux garçon, puis elle se réinstalla chez elle rue de Rennes, avec une dame de compagnie dont elle a gardé, je crois, bon souvenir. N’ayant pas sur le mariage les mêmes idées que son tuteur qui aurait voulu lui faire épouser un cousin ne lui plaisant pas, elle ne se maria que quand elle fut majeure, quoiqu’on lui eût proposé toutes sortes de partis. Sans la protection divine, elle aurait eu bien des chances de contracter une fâcheuse union. Madame Delacroix, excellente amie de mes grands-parents, (…), était en relations avec Mme Malinenayde, parente ou amie du Dr Basset. Celui-ci était lié avec mes grands-parents Michon, et, par ces intermédiaires, mes parents firent connaissance. Ils s’épousèrent le 27 avril 1863, en l’église St Etienne-du-Mont. La bénédiction nuptiale leur fut donnée par le curé de N.D.-des-Champs, paroisse de ma mère, et, je crois, son confesseur. Le soir de son mariage, ma mère partit, avec mon père et ses parents, pour la propriété de Marly-sous-Issy en Saône- et-Loire, où elle eût à faire la connaissance de toute la famille Michon. Timide comme elle l’était, il me semble que ce que ce dut être une grande épreuve, bien qu’elle en eût subi beaucoup d’autres. Mais le bonheur qu’elle goûta auprès de mon père fut la compensation d’une jeunesse aussi triste. Maman avait une grande affection pour mon grand-père le Docteur Michon ; ma grand’mère était plus froide, et je crois qu’il n’y eut jamais une grande intimité entre elles. J’ai dit, dans les quelques mots que j’ai écrits sur la vie de mon père, quelle a été la vie de mes parents jusqu’au 23 mai 1904, jour où mon cher papa nous a été enlevé. Frappée dans sa plus chère affection, effrayée de ce qu’allait être sa vie sans celui qu���elle aimait d’une si profonde tendresse, ma mère eut l’énergie de se ressaisir ; elle fut une veuve admirable, s’occupa beaucoup de ses enfants et petits-enfants. La première grande joie de ma mère depuis son veuvage a été le mariage de mon frère Bernard. (…). Puis, le 6 mai 1914, ma mère mariait son premier petit-enfant, ma fille Madeleine, avec Paul Deschamps, (…). Cinq jours plus tard, mon neveu Louis Michon épousait Suzanne Thillaye, fille de l’Agent Général de la Caisse d’Epargne et de Mademoiselle Bayard qui s’étaient mariés après Louis et Antonia. (…) ��clata la guerre de 1914. Ma chère maman, qui voyait partir Bernard, qu’elle n’espérait plus revoir, ainsi que mes fils et mon neveu Louis, fut accablée pendant les premiers mois. (…). Après une quinzaine de jours passés à l’hôtel à Nevers, où nous apprîmes la victoire de la Marne, sur les instances de mon cher oncle Louis Michon, nous nous rendîmes (…) à La Forge, où nous reçûmes la plus affectueuse hospitalité jusqu’à notre retour à Paris. Ces quatre années de guerre furent très douloureuses pour maman qui (…) vit partir successivement presque tous ses petits-fils. Pourtant elle se ressaisit. Il lui naquit plusieurs arrières-petits-enfants au cours de la guerre : Jeanne et Pierre Deschamps, Monique et Jacques Michon. (…). Quand on commença à parler de l’armistice, elle n’osait y croire et m’écrivait de Sainte-Vaubourg, le 7 novembre 1918 : « Aujourd’hui, on annonce que les envoyés allemands sont déjà en route vers Foch pour venir demander l’armistice. Je n’avais pas osé y croire à l’avance et je ne comprends pas encore comment un Etat comme l’Allemagne, si lâché qu’il soit par ses alliés, en arrive là sans même attendre d’avoir à défendre ses frontières ! Sera-ce la paix ? J’espère que nous ne nous laisserons pas duper ! Je sais bien que les choses ne peuvent, en tout cas, aller bien vite, et que plusieurs mois se passeront probablement avant la démobilisation ; mais déjà savoir qu’ils ne se battraient plus, j’en ai le vertige ! Je suis cependant plus muette que jamais, ne pouvant suivre Suzanne dans son exaltation, ni même l’enthousiasme plus rassis et plus raisonné d’Antonia et de Pierre. » Le 11 novembre 18, elle m’écrivait : « Quelle émotion intense lorsque Félix, all�� en bicyclette chez le commandant du camp de Biessard, nous en a rapporté, au moment de se mettre à table, la nouvelle qu’il venait de recevoir par téléphone, avis officiel de la signature de l’armistice qu’on n’avait pas encore dans le pays. Je n’ai pu m’empêcher d’en pleurer tout bas, bêtement dans mon coin, pendant le déjeuner, au milieu du bruyant débordement de joie qui m’entourait. Pourquoi ? Je suis trop usée et trop vieille pour supporter ces émotions ! Oui, nous avons bien tous à remercier Dieu de cette fin si prompte, si imprévue il y a peu de mois, de la guerre ! Pour moi, que tous les miens en reviennent, et voir ce jour, c’est plus que je n’ai jamais osé demander dans mes prières !… A l’heure qu’il est les cloches sonnent à toute volée et les premiers bateaux pavoisés ayant quitté Rouen saluent au passage le grand drapeau de Ste-Vaubourg, arboré au balcon aussitôt la nouvelle. » Le remaniement géographique de l’Europe l’intéressait vivement, et ses petits-enfants se cotisèrent pour lui offrir un bel atlas nouveau qui ne quittait pas son bureau et était bien souvent sur sa table à côté du fauteuil où elle se tenait. (…). Tout était à la joie et ma mère était très entourée par sa descendance et par les Edouard Michon qui étaient pour elle de véritables enfants. (…). Ma mère vit successivement avec bonheur les mariages de Félix et de François Michon avec les deux filles des Edouard, (…). Mon frère Louis avait de nombreux petits-enfants : 7 chez leur fils Louis et 2 chez Félix. Ma mère avait atteint une belle vieillesse. Elle lisait et écrivait beaucoup et avait à cœur d’être le trait d’union entre les différentes branches de la famille. Dans l’hiver 1926-27, ses forces physiques s’affaiblirent mais elle eut le courage de continuer jusqu’à la fin du printemps à présider les dîners de famille (…). Une sœur de la Miséricorde restait auprès d’elle. Elle s���installa, comme de coutume, à St-Germain en été, (…), ayant auprès d’elle, la nuit, une Sœur franciscaine. Elle voulut revoir encore une fois La Marrière où mon frère Louis l’accompagna en automobile avec Sœur Marie-Léonard qui y passa avec elle le mois de septembre. (…). Mon neveu Pierre Michon lui amena sa charmante fiancée qu’accompagnait sa mère, Madame Gay-Lussac. Ma mère rentra à Paris vers le mois d’octobre et fut de nouveau soignée par une Sœur de la Miséricorde. Elle demanda à recevoir l’Extrême-Onction qu’on ne lui refusa pas, quoique le danger ne fût pas imminent. Son confesseur, l’excellent Monsieur Catesson, la visitait souvent et M. l’abbé Chazal lui apportait, de St-François-Xavier, la sainte Communion. (…). Dans le courant du mois de mars, la veille d’une communion, elle dit à la religieuse : « je vais faire demain ma dernière communion. Je veux m’y préparer comme à la première ». C’était vrai. Après une courte agonie, sa belle âme alla trouver Dieu, le 27 mars 1928 au matin. Nous avions eu le temps de nous réunir auprès d’elle. Elle nous laissait de beaux exemples. Puissions-nous tous, ses descendants, les suivre fidèlement.
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