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par marc-gingold
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Jean-Edmond LAROCHE-JOUBERT
Parents
- Jean Baptiste LAROCHE 1779-1853
- Marie JOUBERT 1786-?
Union(s) et enfant(s)
-
Marié le 13 octobre 1842 (jeudi), Nersac, Charente, Poitou-Charentes, France, avec
Marguerite TRIAUD 1823-1907
dont
- Jean Edgar LAROCHE-JOUBERT 1843-1913
- Antoinette LAROCHE-JOUBERT 1850-1869
Frères et sœurs
- Anna LAROCHE 1811-1887
- Jacques Alphonse LAROCHE 1817-1872
- Jean-Edmond LAROCHE-JOUBERT 1820-1884
Événements
- 12 janvier 1820 :
-
Naissance - La Couronne, Charente, Poitou-Charentes, France
Moulin de Beauvais
- 13 octobre 1842 :
- Mariage (avec Marguerite TRIAUD) - Nersac, Charente, Poitou-Charentes, France
- 8 août 1870 :
-
Autre événement : Distinction
Chevalier de la Légion d'honneur
- de 1881 à 1884 :
-
Autre événement : Élection - Edon, Charente, Poitou-Charentes, France
Maire
- 23 juillet 1884 :
-
Décès - La Couronne, Charente, Poitou-Charentes, France
L'Escalier
-
Autre événement : Élection
Député bonapartiste
Notes
Dans son enfance il ne quitte guère le moulin paternel, en dehors des quelques heures par jour qu'il consacre à l'école primaire. La tache du petit Edmond au moulin est celle de tous les fils d'ouvriers embauchés dans les papeteries pour seconder leur père. En particulier, ils sont employés à l'entretien des presses et des cuves, travail que seule leur petite taille leur permet d'effectuer sans trop de difficultés. Edmond va ainsi acquérir une connaissance et une sensibilité au monde ouvrier qu'il revendiquera d'ailleurs par la suite de façon incessante. Son père lui fait ensuite faire de sérieuses mais courtes études à Angoulême jusqu'à l'age de 17 ans. Ses futurs adversaires politiques auront d'ailleurs beau jeu d'attaquer ce soi-disant peu d'éducation, raillant ou simplement ignorant de façon ostentatoire ses discours à la Chambre. Il faut cependant souligner qu'Edmond ne souhaitait pas se mettre en avant comme un orateur ou un professionnel de la politique, mais comme le représentant des classes défavorisées:"Ce n'est pas après des orateurs aussi éloquents que ceux qui ont occupé cette tribune que je voudrais vous fatiguer de mon langage si peu séduisant, si je ne croyais avoir quelque chose d'utile à dire" . Le 8 octobre 1840, Laurent Sazerac des Forges afferme à M. Laroche-Joubert et fils le Moulin de Nersac. C'est à cette époque qu'Edmond entre dans l'entreprise familiale et est émancipé pour avoir la signature, mais il n'en deviendra associé que le 06/07/1842 en signant un nouveau bail. L'entreprise familiale commence alors à prendre de l'ampleur mais, très tôt, Edmond décide de fonder une affaire en dehors du moulin qui n'a pas assez d'envergure pour son ambition. En 1843, il monte à Angoulême, un premier atelier de façonnage du papier. A l'exposition de 1844, l'entreprise reçoit une médaille de bronze pour des "débuts remarquables" grâce à la présentation d'échantillons de papiers faits de nouvelles substances végétales: Les papeteries cherchaient en effet le moyen de se libérer de l'esclavage du chiffon par l'adjonction de produits végétaux (paille, alpha et bois de sapin)... Profitant de la reprise de la consommation après la crise de 1848, la société, qui emploie alors 230 personnes dont beaucoup de femmes, poursuit son expansion et gagne de multiples médailles aux expositions où elle concourt: 1848, 1853,1855: Expositions Universelles de Paris: Médailles de 1ère classe; et 1862: Exposition universelle de Londres: Médaille de 1ère classe. Le papier fabriqué va du papier de qualité (par exemple papier vergé filigramé) au papier de fantaisie qui connaitra une certaine vogue avec l'accroissement de l'alphabétisation et du volume des correspondances. L'entreprise développe ses activités dans toutes les directions: façonnage, glaçage (elle sera une des premières sociétés à implanter cette technique en Charente), fabrication d'enveloppes, de cahiers, impressions de bordereaux de deuils, création de services de vente à Angoulême, Paris, Lyon, Marseille, Londres, New-York, Buenos-Aires, Rio de Janeiro, Alexandrie, Moscou, Vienne et Lisbonne, ainsi qu'en Algérie. La fabrication du papier s'effectue dans deux principaux centres: D'une part, Lescalier, qu'Edmond a acheté vers 1852 et qui a trois annexes: Girac, Le petit Rochefort (commune de Puymoyen) et Chantoiseau (commune de Saint-Michel). D'autre part, le Moulin de Nersac qui n'a qu'une annexe à l'Isle d'Espagnac. Le façonnage, quant à lui, s'effectue, comme on l'a vu, sur le plateau d'Angoulême. Des dépôts de papier existent à La Rochandry, Mouthiers, Forge, l'Abbaye et Bouillon... La Société Laroche-Joubert, Dumergue & Cie cède la place, le 2 mars 1863, à Laroche-Joubert & Cie, raison sociale qu'elle conservera jusqu'après le décès d'Edmond. Cependant, dès 1868, elle se fait connaître sous le titre de "Papeterie Coopérative d'Angoulême"... Edmond a un esprit social très en avance sur son époque: en 1847, il avait créé un système de bons permettant aux ouvriers de se voir rembourser tout ce que leur coûtait le pain dit "de ménage" au dessus de 30 cts le kg, afin que ces derniers ne soient pas contraints de s'endetter en période de crise. De plus, il prévoit dans ses statuts de donner comme salaire l'équivalent du plus fort payé dans la région pour le même travail. Edmond souhaite une coopération à l'intérieur de l'entreprise des trois forces qui la composent: travail - intelligence et capital. Dès la création de la société il interesse les ouvriers à la production et fait participer ses principaux collaborateurs aux résultats. La coopération et la participation seront les grand combats de la vie d'Edmond Laroche-Joubert, tant au plan industriel qu'au plan politique et parlementaire. Au niveau de sa carrière politique, il commence par se faire nommer juge au Tribunal de Commerce et en deviendra plus tard Président. Il est élu, en 1855, Conseiller Municipal d'Angoulême où il occupe la place d'adjoint au Maire, en 1858, Conseiller d'Arrondissement dans le premier canton d'Angoulême avec une majorité écrasante malgré sa candidature tardive, le 26/06/1864, Conseiller Général du premier canton d'Angoulême, d'une courte tête après une campagne électorale un peu houleuse (il devient ainsi le premier industriel charentais à siéger au conseil général au milieu d'hommes de loi et de notables traditionnels), puis, en novembre 1868, Député de la Charente au terme d'une campagne très dure où les coups bas et fausses allégations furent de mise de part et d'autre. Ils sont quatre candidats à s'affronter à l'issue du premier tour, représentant chacun une variante de l'opinion politique: Mathieu-Bodet, devenu malgré lui le candidat officiel (13694 voix), Laroche-Joubert, indépendant libéral mais dynastique (8696 voix), Marrot, avocat, même étiquette, mais en fait républicain (4848 voix) et Abert (1050 voix). Au second tour, Laroche-Joubert réunit 17869 voix contre 13705 à Mathieu-Bodet, à qui il n'avait pourtant manqué que 450 voix pour passer au premier tour. Edmond Laroche-Joubert prend place au centre, dans cette fraction de la majorité qui forme le "tiers parti libéral", signe la demande d'interpellation des 116, propose un impôt unique sur le capital acquis, parle sur les grèves et se fait surtout connaître comme un des rares commerçants d'alors partisant résolu du libre échange. Il est réélu aux élections du 23/05/1869 avec 21.639 voix sur 27.789 votants (mais 42713 inscrits). Edmond se présente comme un industriel défenseur des paysans, opposé aux capitalistes, mais gardien de la propriété. Il prêche une foi absolue dans l'empereur, se proclamant bonapartiste libéral, soucieux de concilier les libertés acquises avec l'ordre public, dans le respect du suffrage universel, et attaque ceux qu'il appelle les bonapartistes "du lendemain", agrémentant le tout d'un soupçon d'anticléricalisme qui plaira aux campagnard "irréligieux" de la Charente. Son programme, que l'on peut qualifier sans peine de démagogique (quel programme ne l'est pas?), est assez simple: Tout le monde doit payer des impôts, même les plus riches et même sur les valeurs mobilières. Il prévoit également l'impôt sur le revenu. Edmond prône la suppresssion des droits de succession, des octrois et douanes (en ligne avec son combat pour le libre échange), de la peine de mort, et du monopole des chemins de fer. Il demande aussi une instruction primaire gratuite, obligatoire et facile à obtenir. Inscrit au tiers-parti, en 1870, il vote la déclaration de guerre à la Prusse, à la suite d'Emile Ollivier. De retour à Angoulême il participe très patriotiquement à l'effort de guerre en fabricant des cartouches dans ses ateliers. Edmond est nommé Chevalier de la Légion d'honneur le 8 août 1870. Il se présente, sous la banière républicaine cette fois, en Charente, aux élections législatives à l'Asemblée Nationale du 02/07/1871 mais c'est un échec cuisant: il ne remporte que 10% des voix. Il n'était pas bon d'avoir voté la guerre... Il fait officiellement modifier son patronyme en LAROCHE-JOUBERT par un jugement du 01/10/1874 transcrivant un décret du 14 Août 1873 (publié au buletin des lois n° 2310 du 03/09/1873 et s'appuyant sur une requête publiée le 18/09/1874). Cette même année il abandonne ses fonctions de gérant de la Papeterie Coopérative et confie ce poste à son fils Edgar tout en restant président du conseil de gérance. Les élections du 4 et 11 octobre 1874 marquent le retour officiel d'Edmond Laroche-Joubert à l'impérialisme, dans un canton rural, Rouillac, où il n'a aucune attache particulière si ce n'est le domaine de la Texanderie. C'est un nouvel échec. Défendant, toujours avec ardeur, sa grande devise: "l'amélioration morale et matérielle du sort du plus grand nombre", avec des opinions bonapartistes, et en employant de grands moyens financiers et logistiques pour les faire connaître, il est élu député de la première circonscription d'Angoulême en mars 1876 par 9221 voix (13392 votats, 19348 inscrits), contre 4010 à M. Broquisse, républicain. Il siège à droite, dans le groupe de l'appel au peuple, avec lequel il vote constamment, et ne se fait pas moins remarquer par la fr��quence de ses interruptions que par le caractère particulier des nombreux projets de loi qu'il dépose. Chacun de ces projets avait pour objet de transformer le système d'impôts, de modifier les lois sur l'enseignement et de favoriser la coopération. Le plus original consistait à réclamer l'organisation de l'enseignemet de la gymnastique dans les prisons: il fut jugé trop favorable à l'escalade des murs par "le plus grand nombre" des prisonniers et écarté... Partisan du gouvernement du 16 mai, Edmond Laroche-Joubert vote contre les 363 et est réélu, avec l'appui officiel, le 14 octobre 1877 par 9190 voix (15292 votants, 20077 inscrits) contre 5954 à M. Guimberteau, républicain. Il reprend alors sa place dans le groupe bonapartiste, poursuit le cours de ses interruptions et vote contre la nomination d'une commission d'enquête parlementaire, pour le cabinet Rochebouët, contre les invalidations des députés de la droite, contre le cabinet Dufaure, et contre les divers minstères qui lui succédent. Il perd les élections cantonales du 4 novembre 1877 dans le canton de Villebois-Lavalette avant de les remporter en juillet 1879 et d'être réélu aux élections législatives du 21/08/1881 par 8394 voix (15026 votants, 20522 inscrits), contre 6443 à M. Guimberteau. Il suit la même ligne politique en combattant les ministères de gauche. Entre autres fonctions, il aura également été Vice-président de la Société de Secours Mutuels des Ouvriers d'Angoulême, Vice-Président du Comité régional des Fabricants de papiers français, Président du Comité central des fabricants de papiers du Sud-Ouest, Administrateur du Bureau de bienfaisance, Vice-président puis Directeur de la Caisse d'épargne et Membre du Conseil d'Hygiène publique et de Salubrité du département de la Charente. Très effecté par le décès de son petit-fils, Jean, il meurt quelques mois plus tard dans sa maison de Lescalier. (Source: Jean-Michel Bédat, Mémoire de Maîtrise, 1986, et "Dictionnaire des Parlementaires").
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<p>Son père lui fit faire de sérieuses études à Angoulême, jusqu'à l'âge de 17 ans, puis se l'attacha dans l'exploitation du moulin de Nersac, qu'il avait acquis.</p>
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<p>Il est "émancipé" par son père à vingt ans et décide très tôt de fonder une affaire en dehors du moulin qui n'a pas assez d'envergure pour son ambition.</p>
<p>Il monte à Angoulême, dès 1843, un premier atelier de façonnage du papier. L'entreprise se développe rapidement, surtout à partir de 1848 et emploie 230 personnes dont beaucoup de femmes.</p>
<p>Il a un esprit social très en avance sur son époque et souhaite une coopération à l'intérieur de l'entreprise des trois forces qui la composent: travail - intelligence et capital.</p>
<p>Dès la création de l'entreprise il intéresse les ouvriers à la production et fait participer ses principaux collaborateurs aux résultats.</p>
<p>En 1868, la société devient "Papeterie Coopérative d'Angoulême". Par ailleurs, il commence par se faire nommer juge au Tribunal de Commerce et en deviendra plus tard Président. Il est élu, en 1854, Conseiller Municipal, en 1858, Conseiller d'Arrondissement, en 1864, Conseiller Général du premier arrondissement puis, en 1868, Député d'Angoulême, et réélu aux élections du 24/05/1869 avec 21.639 voix sur 27.789 votants (mais 42713 inscrits).
<p>En 1870, il vote la déclaration de guerre à la Prusse, à la suite d'Emile Ollivier. De retour à Angoulême il participe à l'effort de guerre en fabricant des cartouches dans ses ateliers.</p>
<p>Il se présente, en Charente, aux élections à l'Assemblée Nationale du 02/07/1871 mais c'est un échec cuisant. Il n'était pas bon d'avoir voté la guerre.</p>
<p>Il fait officiellement modifier son patronyme en LAROCHE-JOUBERT par un jugement du 01/10/1874 transcrivant un décret du 14 Août 1873 (publié au bulletin des lois n° 2310 du 03/09/1873 et s'appuyant sur une requête publiée le 18/09/1874). Cette même année il abandonne ses fonctions de gérant de la Papeterie Coopérative et confie ce poste à son fils Edgar tout en restant président du conseil de gérance.
<p>Il est élu député de la circonscription d'Angoulême en 1876, 1877 et 1881 avec des opinions bonapartistes. Il intervient souvent à la Chambre, toujours "dans l'intérêt du plus grand nombre". Il meurt dans sa maison de Lescalier.
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<p>Son père lui fit faire de sérieuses études à Angoulême, jusqu'à l'âge de 17 ans, puis se l'attacha dans l'exploitation du moulin de Nersac, qu'il avait acquis.</p>
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<p>Il est "émancipé" par son père à vingt ans et décide très tôt de fonder une affaire en dehors du moulin qui n'a pas assez d'envergure pour son ambition.</p>
<p>Il monte à Angoulême, dès 1843, un premier atelier de façonnage du papier. L'entreprise se développe rapidement, surtout à partir de 1848 et emploie 230 personnes dont beaucoup de femmes.</p>
<p>Il a un esprit social très en avance sur son époque et souhaite une coopération à l'intérieur de l'entreprise des trois forces qui la composent: travail - intelligence et capital.</p>
<p>Dès la création de l'entreprise il intéresse les ouvriers à la production et fait participer ses principaux collaborateurs aux résultats.</p>
<p>En 1868, la société devient "Papeterie Coopérative d'Angoulême". Par ailleurs, il commence par se faire nommer juge au Tribunal de Commerce et en deviendra plus tard Président. Il est élu, en 1854, Conseiller Municipal, en 1858, Conseiller d'Arrondissement, en 1864, Conseiller Général du premier arrondissement puis, en 1868, Député d'Angoulême, et réélu aux élections du 24/05/1869 avec 21.639 voix sur 27.789 votants (mais 42713 inscrits).
<p>En 1870, il vote la déclaration de guerre à la Prusse, à la suite d'Emile Ollivier. De retour à Angoulême il participe à l'effort de guerre en fabricant des cartouches dans ses ateliers.</p>
<p>Il se présente, en Charente, aux élections à l'Assemblée Nationale du 02/07/1871 mais c'est un échec cuisant. Il n'était pas bon d'avoir voté la guerre.</p>
<p>Il fait officiellement modifier son patronyme en LAROCHE-JOUBERT par un jugement du 01/10/1874 transcrivant un décret du 14 Août 1873 (publié au bulletin des lois n° 2310 du 03/09/1873 et s'appuyant sur une requête publiée le 18/09/1874). Cette même année il abandonne ses fonctions de gérant de la Papeterie Coopérative et confie ce poste à son fils Edgar tout en restant président du conseil de gérance.
<p>Il est élu député de la circonscription d'Angoulême en 1876, 1877 et 1881 avec des opinions bonapartistes. Il intervient souvent à la Chambre, toujours "dans l'intérêt du plus grand nombre". Il meurt dans sa maison de Lescalier.