🌳 AINSI SOIENT ELLES
par POGNICI
🏛️ Patriarche des lignées
Toutes les personnes
Rechercher dans tous les arbres
Robert DE HAUTECLOCQUE
Parents
- François DE HAUTECLOCQUE 1560->1635
- Antoinette DE CAVEREL 1560-?
Union(s) et enfant(s)
- Avec Jossine DE LA TOUR
Frères et sœurs
- Robert DE HAUTECLOCQUE 1594-1620
- Jeanne,Éléonore DE HAUTECLOCQUE 1596-1668
- Madeleine DE HAUTECLOCQUE ~1597-1633
- Jeanne DE HAUTECLOCQUE ~1599-?
- Marie DE HAUTECLOCQUE 1600-?
- Philippe DE HAUTECLOCQUE 1601-1635
- Claude DE HAUTECLOCQUE 1602-1647
Événements
- 1594 :
- Naissance - Wail, 62770, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
- mars 1620 :
-
Décès
Cause : Proximité d'Eggenbourg. Autriche (entre Eggenbourg et Horn) en Bohème
Notes
Le récit ci-dessous, relate un épisode de la guerre de 30 ans, au cours duquel Robert de Hauteclocque, capitaine des mousquetaires Wallons probablement dans le régiment du Comte de Buquois trouva la mort, en 1620, lors d’affrontement avec l’ennemi,en « Bohème ».
Cependant, ce récit le fait mourir à deux reprises. Une première fois à côté d’Eggenbourg (Autriche) vers mars 1620 et une seconde fois à Horn (Basse-Autriche), le 9 septembre de la même année.
Extraits de l’Histoire de l’infanterie Wallone sous la Maison d’Espagne (1500 – 1800)
Par le Baron Guillaume. Tome XII
Chapitre V. Histoire de l'infanterie Wallone pendant la première période de la guerre de trente ans. (1618-1625.)
---
Expédition du comte de Buquoy en Bohême.
Le soulèvement de la Bohême pour la conservation de ses privilèges et pour la défense des doctrines luthériennes constitue la première période de la guerre de Trente ans. Elle embrasse les événements politiques et militaires qui s'accomplirent en Allemagne depuis le jour (23 mai 1618) où les Bohémiens, instigués par le comte de Thurn et pour se conformer, disaient-ils ironiquement, à d'anciens usages nationaux, jetèrent par les fenêtres du château de Prague les conseillers de l'Empereur, jusqu'à la célèbre bataille de Prague qui eut pour conséquence immédiate la dissolution de l’union protestante et aboutit à la ruine définitive du trône de Frédéric, palatin du Rhin, et au transfert de la dignité électorale au duc de Bavière (1623).
C'est la participation des Belges à cette campagne de près de six années qui fait l'objet de ce chapitre
----------
Les Bohémiens, dans l'intérêt de leurs croyances religieuses, avaient appelé au trône le comte Frédéric, palatin du Rhin, à l'exclusion de l'archiduc Ferdinand de Gratz, désigné par l'empereur Mathias et suspect d'intolérance à l'égard de la religion réformée. Décidés à soutenir, les armes à la main, l'acte d'indépendance qu'ils avaient posé par celte élection, les Bohé miens décrétèrent immédiatement une levée en masse et choisirent pour chef militaire le comte de Thurn, auquel fut adjoint,bientôt après, le comte Ernest de Mansfelt.
---------
L'empereur Mathias, --- demanda à son frère, l'archiduc Albert, souverain des Pays-Bas espagnols, un contingent de soldats belges, ainsi qu'un général capable de prendre le commandement de l'armée et la conduite de la guerre.
L'archiduc Albert s'occupa immédiatement de satisfaire à la demande de l'empereur. On en forma deux régiments d'infanterie de quinze compagnies à l'effectif de deux cents hommes.
Le comte de Buquoy et Alexandre de Bournonville, comte de Hennin, furent nommés mestres de camp de ces deux régiments. Le comte de Buquoy ayant en outre été nommé chef du corps expéditionnaire, sur la demande expresse de l'empereur, la conduite de son régiment fut confiée à son sergent-major Claude de Miraulmont---
------
Les troupes d'infanterie et de cavalerie destinées à aller servir en Bohême sous le commandement du comte de Buquoy partirent des Pays-Bas à la fin du mois d'avril 1619 ; le régiment de Buquoy précédait le régiment de
Hennin ---
On traversa le Luxembourg ---; on gagna la Lorraine et la Souabe et on traversa le Rhin à Brizach les 21 et 22 mai. Le 4 juin, la colonne traversa Ulm; peu après, elle atteignit le Danube sur lequel on navigua à l'aide de radeaux, ce qui donna lieuà quelques accidents assez graves
---------
Le comte de Buquoy avait précédé le contingent belge; il était parti des Pays-Bas depuis le mois d'août 1618 et déjà il avait ouvert les hostilités contre les Bohémiens, mais avec des moyens insuffisants.
------
En quelques jours, il (le comte de Buquoy) se rendit maître des villes rebelles de Frauenberg, Rudolphstad, Teyn, etc.; puis il marcha sur Gratz.
Le même jour où le comte de Buquoy remportait la victoire de Nadelitz à l'aide de sa vaillante cavalerie wallone, d'autres soldats belges entraient à Vienne et sauvaient d'une chute certaine la capitale de l'empire.
Peu de jours après la brillante victoire qu'elle avait remportée à Nadelitz sur les troupes de Mansfelt, l'armée du comte de Buquoy s'était renforcée d'une manière notable par l'arrivée du comte de Hennin-Lietard et du colonel
Gaulcher, qui, partis de Belgique le 8 avril 1619, amenaient des Pays-Bas six mille hommes d'infanterie et mille chevaux cuirassiers, indépendamment du régiment d'infanterie basse-allemande du comte de Nassau-Singen qui présentait à lui seul un effectif de trois mille hommes, levés également en Belgique, c'est-à-dire dans les quartiers allemands du pays de Liège et du Luxembourg, comme on l'a vu précédemment.
---
Aidé de ce renfort important, le comte de Buquoy s'empara de Strackonitz et de Novigrod, puis marcha, dans les derniers jours de juin, vers la frontière delà Moravie et assiégea, avec une partie du tercio du comte de Hennin, la ville de Gratz où setrouvait une garnison de trois cents hommes --- Après vingt-quatre heures d'investissement, cette place capitula---
Les compagnies wallones du comte de Hennin, à qui l'on dut la capitulation de Gratz, avaient pour chefs les capitaines Christophe de Bonnours, Adrien de Voocht et Albert de Gavre, baron d'Ugies, fils de Charles de Gavre,
baron de Frezin, ---
Après la prise de Gratz, le comte de Buquoy se dirigea sur Weitracht et s'empara encore de cette position qui lui ouvrait le passage vers l'Autriche.
Il remonta alors vers le Nord, rentra en Bohême et prit d'assaut la place de Bechin (11 août 1619) dans le cercle de Tabor et encore quelques autres villes.
Ce furent encore quatre cents Wallons du régiment de Hennin qui enlevèrent la ville de Bechin. Ils étaient commandés par le sergent-major des Mares et le capitaine Charles de Postel, dit Hurtebise ---
Ce fut au mois d'août seulement que le comte de Buquoy put aller mettre le siège devant Piseck où avaient été enfouis tous les trésors de la noblesse de Bohême..
---
Peu de temps après la prise de Pis.eck, le comte de Buquoy fut informé qu'Ernest de Mansfelt tenait la campagne aux environs de Prague, avec un corps nombreux. Il renonça aussitôt à une tentative projetée contre la ville de Thabor et se décida à marcher au-devant des Bohémiens et de leur livrer une bataille.
On était aux premiers jours du mois de septembre, lorsque Buquoy arriva à deux lieues de l'endroit où Mansfelt s'était établi. Il envoya reconnaître la position de son adversaire. Le prince de Falsenbourg, chargé de cette mission, étant arrivé en face de l'ennemi, ne put résister au désir de tomber sur deux escadrons de cavalerie bohémienne placés aux avant-postes. Il prend avec lui Charles de Bryas, seigneur de Hernicourt, André de Bryarde, seigneur de la Coye, Jean Van der Gracht et quelques gentilshommes de sa suite, et se précipite sur l'ennemi qui l'accueille par une décharge presque à bout portant. Le maître d'hôtel du prince est tué, le capitaine Van der Gracht a les deux cuisses percées d'une balle, mais les escadrons bohémiens sont enfoncés et culbutés.
Dans une autre escarmouche, Charles de Bryas eut son cheval tué sous lui, et le capitaine de Longueval reçut un coup de pistolet dans la joue après avoir fort maltraité l'ennemi qui se tint continuellement caché dans un bois.
Le comte de Buquoy établit un camp retranché sous Merowitz, petit village sur la rive gauche de la Moldau, à portée de canon de l'armée d'Ernest de Mansfelt.
---
Sur ces entrefaites, l'archiduc Ferdinand fut élu empereur, mais … il vit tous ses États se mettre en révolte contre lui; en outre, le prince de Transylvanie envahit la Hongrie avec une puissante armée et chercha à unir ses forces à celle du comte de Thurn. Vienne se trouva ainsi menacée pour la seconde fois.
Le comte de Buquoy reçut alors de Ferdinand l'ordre impératif de se retirer dans la basse Autriche. Il leva son camp vers la fin du mois de septembre, repassa par Piseck et se hâta de gagner Budweis … puis il s'avança vers l'archiduché avec seize mille hommes environ.
Cette retraite s'effectua avec un ordre parfait et toujours en présence de l'ennemi. Les impériaux passèrent à Horn, que le sergent-major de Miraulmont, avec vingt hommes de chaque compagnie wallone, prit d'assaut, puis à Rietz, ville qui louche aux confins de la Moravie. Ce fut là que le corps de Dampierre, affaibli par de nombreuses défections, rejoignit l'armée principale.
Le comte de Buquoy désirait vivement en venir aux mains avec les rebelles avant d'atteindre les murs de la capitale de l'empire; il traversa la Theys dans cette intention…Les impériaux ….gagnèrent le plateau où s'élève le château de Bisamberg, devant Vienne. De cette position, ils foudroyèrent l'ennemi pendant quelque temps, puis profitèrent de la confusion que leur artillerie avait jetée dans les rangs des troupes de l'Union, pour franchir l'espace qui les séparait encore du Danube --- l'infanterie wallone était restée intacte; il fait traverser le Danube, lui rappelle, dans la langue de son pays, son ancienne valeur; elle s'élance, arrête la fuite de ses alliés (allemands), les force à reprendre leur poste à la tête du pont, rétablit le combat, et par sa contenance ferme et décidée, elle protège le passage de toute l'armée jusqu'à ce que son illustre général, qui n'a pas cessé de parcourir la plaine à la tête de quelques escadrons flamands, ait lui-même gagné l'autre rive du fleuve.
---
Le capitaine Henri de Haere, seigneur de Noirmont, était mort, et Adrien de Bonnières, seigneur de Nieurlet, avait eu trois chevaux tués sous lui. Les régiments de Buquoy et de Bournonville étaient tellement réduits qu'on dut réformer la moitié descompagnies. Le régiment de Buquoy reçut les compagnies conservées du régiment du comte de Hennin qui ne fut reconstitué qu'en 1625, comme on le verra plus loin.
---
Pendant l'hiver de 1619 à 1620, le comte de Buquoy, qui s'était établi à Mautern, sur la rive droite du Danube, s'occupa de réorganiser et d'augmenter son armée sensiblement affaiblie par les combats et les fatigues de la campagne précédente ---
La nouvelle armée fut complètement organisée dans le courant du mois de janvier (1620). Buquoy se mit alors en campagne et, dès le 12 février, surprit à Langenlois le corps d'armée d'Ernest de Mansfeld, commandé momentanément par le baron de Fels. Il fondit sur l'ennemi avec deux mille chevaux wallons et cinq compagnies de son régiment sous les ordres des capitaines baron d'Ugies, vicomte d'Émerin, d'Arlois, de Villers et Machuré. Ces troupes étaient commandées par le sergent-major de Miraulmont.
Du côté de l'ennemi, six cents hommes restèrent sur le champ de bataille---
Les débris du corps d'Ernest de Mansfelt furent poursuivis pendant trois jours et rejetés au-delà de la ville de Horn.
Après cette victoire, le comte de Buquoy s'établit dans la position que l'ennemi venait d'abandonner, à Langenlois--- et, dès le 1er mars, il se remit à la poursuite des révoltés, dans la direction de Horn.
Il apprit bientôt que les Bohémiens se tenaient en force à Eggenbourg, à une demi-lieue de lui. Il mit à l'avant-garde toute sa cavalerie soutenue par cent mousquetaires wallons et donna au reste de ses troupes l'ordre de suivre la cavalerie à petite distance.
Les cavaliers Wallons en vinrent bientôt aux mains avec les cavaliers ennemis ; --- Le jour était à son déclin, Buquoy voulut s'emparer d'un point fortifié, pour assurer la sécurité de ses troupes pendant la nuit; il chargea le capitaine de Haynin de reconnaître, avec ses cent mousquetaires, un cimetière où l'ennemi avait placé une partie de son infanterie. Mais cette position se trouvait sur une hauteur et était protégée par des murs assez élevés, et comme en outre elle était bien gardée, il fallut renoncer à l'espoir de l'occuper de vive force.
La nuit se passa sans encombre. Le lendemain, au point du jour, les impériaux furent rejoints par le reste de leurs troupes; ils se mirent en bataille et l'artillerie fut disposée dans une excellente position; mais les Bohémiens qui avaient pour principe, d'après les recommandations que leur avait faites Maurice de Nassau, de n'accepter jamais la bataille qu'en cas de nécessité absolue, avaient passé la nuit à préparer leur retraite ; --- toute la journée se passa encore en petits combats sans résultats importants.
Les impériaux avaient devant eux une petite rivière et un village; sur leur droite se trouvait un bois; en outre la pente du terrain à parcourir pour aborder l'ennemi était très-rapide. Le comte de Buquoy jugea qu'il était dangereux d'attaquer de front une position si bien défendue et il résolut, le lendemain matin, de faire un détour d'un quart de lieue afin de trouver un terrain découvert qui permît à ses troupes de marcher en bataille. Dans ce but, il ordonna à M. de Miraulmont de suivre la lisière du bois avec quatre cents mousquetaires wallons des compagnies d'Albert de Gavre, de Ferdinand d'Andelot, de Gilles de Villers, capitaines du régiment de Buquoy. Les Bohémiens adoptèrent les mêmes dispositions : ils jetèrent dans le bois, pour tenir tête aux mousquetaires wallons, des troupes légères protégées par une forte réserve. Ils occupaient d'ailleurs une hauteur qui leur permettait de maltraiter presque impunément les impériaux. Le sergent-major de Miraulmont se vit obligéd'attaquer cette position, mais l'ennemi résista avec opiniâtreté. On en vint à une mêlée dans laquelle le brave de Miraulmont, les capitaines Robert de Hauteclocque, seigneur de Quatrivaux, et de Wael, ainsi que plus de deux cents mousquetaires wallons trouvèrent une mort glorieuse. Les impériaux durent renoncer à cette entreprise meurtrière et reprirent leur position première en attendant des renforts.
Cet échec et surtout la mort de son brave sergent-major de Miraulmont affligèrent beaucoup le comte de Buquoy; il ne voulut pas cependant abandonner son projet et envoya les capitaines François Du Chastel, Eustache d'Artois, de Haynin et Théodore d'Alamont avec six cents mousquetaires pour soutenir les capitaines de Gavre, d'Andelot et de Villers qui continuèrent à tirailler dans le bois.
La nuit survint sans qu'on eût remporté de succès important; l'armée impériale était harassée par trois jours d'action; elle manquait de vivres, Buquoy la fit retirer à un quart de lieue, ne laissant aux avant-postes que quatre cents chevaux avec un soutien d'infanterie.
Le lendemain, une nouvelle tentative eut encore lieu pour attirer les Bohémiens hors de leur position : les capitaines François Dormael, dit Machuré, qui était passé du régiment de Hennin dans celui de Buquoy, et de Haynin, ayant chacun cent mousquetaires, allèrent harceler l'ennemi, mais ce fut encore inutilement. Alors Buquoy se décida à la retraite qui se fit avec beaucoup d'ordre sous la protection des mille chevaux wallons du colonel Gaulcher. Le soir, l'armée impériale rentra à Langenlois.
---
L'armée de Buquoy,qui était restée cantonnée dans les environs de Langenlois, se mit donc en marche le 3 septembre (1620). Le 9 les Wallons s'emparèrent de la ville de Horn; ils y perdirent malheureusement un de leurs plus braves officiers, le capitaine Robert de Hauteclocque.
Le jour même de la reddition de Horn, l'armée de Buquoy opéra sa jonction avec les troupes du duc de Bavière (9 septembre).
Cependant, ce récit le fait mourir à deux reprises. Une première fois à côté d’Eggenbourg (Autriche) vers mars 1620 et une seconde fois à Horn (Basse-Autriche), le 9 septembre de la même année.
Extraits de l’Histoire de l’infanterie Wallone sous la Maison d’Espagne (1500 – 1800)
Par le Baron Guillaume. Tome XII
Chapitre V. Histoire de l'infanterie Wallone pendant la première période de la guerre de trente ans. (1618-1625.)
---
Expédition du comte de Buquoy en Bohême.
Le soulèvement de la Bohême pour la conservation de ses privilèges et pour la défense des doctrines luthériennes constitue la première période de la guerre de Trente ans. Elle embrasse les événements politiques et militaires qui s'accomplirent en Allemagne depuis le jour (23 mai 1618) où les Bohémiens, instigués par le comte de Thurn et pour se conformer, disaient-ils ironiquement, à d'anciens usages nationaux, jetèrent par les fenêtres du château de Prague les conseillers de l'Empereur, jusqu'à la célèbre bataille de Prague qui eut pour conséquence immédiate la dissolution de l’union protestante et aboutit à la ruine définitive du trône de Frédéric, palatin du Rhin, et au transfert de la dignité électorale au duc de Bavière (1623).
C'est la participation des Belges à cette campagne de près de six années qui fait l'objet de ce chapitre
----------
Les Bohémiens, dans l'intérêt de leurs croyances religieuses, avaient appelé au trône le comte Frédéric, palatin du Rhin, à l'exclusion de l'archiduc Ferdinand de Gratz, désigné par l'empereur Mathias et suspect d'intolérance à l'égard de la religion réformée. Décidés à soutenir, les armes à la main, l'acte d'indépendance qu'ils avaient posé par celte élection, les Bohé miens décrétèrent immédiatement une levée en masse et choisirent pour chef militaire le comte de Thurn, auquel fut adjoint,bientôt après, le comte Ernest de Mansfelt.
---------
L'empereur Mathias, --- demanda à son frère, l'archiduc Albert, souverain des Pays-Bas espagnols, un contingent de soldats belges, ainsi qu'un général capable de prendre le commandement de l'armée et la conduite de la guerre.
L'archiduc Albert s'occupa immédiatement de satisfaire à la demande de l'empereur. On en forma deux régiments d'infanterie de quinze compagnies à l'effectif de deux cents hommes.
Le comte de Buquoy et Alexandre de Bournonville, comte de Hennin, furent nommés mestres de camp de ces deux régiments. Le comte de Buquoy ayant en outre été nommé chef du corps expéditionnaire, sur la demande expresse de l'empereur, la conduite de son régiment fut confiée à son sergent-major Claude de Miraulmont---
------
Les troupes d'infanterie et de cavalerie destinées à aller servir en Bohême sous le commandement du comte de Buquoy partirent des Pays-Bas à la fin du mois d'avril 1619 ; le régiment de Buquoy précédait le régiment de
Hennin ---
On traversa le Luxembourg ---; on gagna la Lorraine et la Souabe et on traversa le Rhin à Brizach les 21 et 22 mai. Le 4 juin, la colonne traversa Ulm; peu après, elle atteignit le Danube sur lequel on navigua à l'aide de radeaux, ce qui donna lieuà quelques accidents assez graves
---------
Le comte de Buquoy avait précédé le contingent belge; il était parti des Pays-Bas depuis le mois d'août 1618 et déjà il avait ouvert les hostilités contre les Bohémiens, mais avec des moyens insuffisants.
------
En quelques jours, il (le comte de Buquoy) se rendit maître des villes rebelles de Frauenberg, Rudolphstad, Teyn, etc.; puis il marcha sur Gratz.
Le même jour où le comte de Buquoy remportait la victoire de Nadelitz à l'aide de sa vaillante cavalerie wallone, d'autres soldats belges entraient à Vienne et sauvaient d'une chute certaine la capitale de l'empire.
Peu de jours après la brillante victoire qu'elle avait remportée à Nadelitz sur les troupes de Mansfelt, l'armée du comte de Buquoy s'était renforcée d'une manière notable par l'arrivée du comte de Hennin-Lietard et du colonel
Gaulcher, qui, partis de Belgique le 8 avril 1619, amenaient des Pays-Bas six mille hommes d'infanterie et mille chevaux cuirassiers, indépendamment du régiment d'infanterie basse-allemande du comte de Nassau-Singen qui présentait à lui seul un effectif de trois mille hommes, levés également en Belgique, c'est-à-dire dans les quartiers allemands du pays de Liège et du Luxembourg, comme on l'a vu précédemment.
---
Aidé de ce renfort important, le comte de Buquoy s'empara de Strackonitz et de Novigrod, puis marcha, dans les derniers jours de juin, vers la frontière delà Moravie et assiégea, avec une partie du tercio du comte de Hennin, la ville de Gratz où setrouvait une garnison de trois cents hommes --- Après vingt-quatre heures d'investissement, cette place capitula---
Les compagnies wallones du comte de Hennin, à qui l'on dut la capitulation de Gratz, avaient pour chefs les capitaines Christophe de Bonnours, Adrien de Voocht et Albert de Gavre, baron d'Ugies, fils de Charles de Gavre,
baron de Frezin, ---
Après la prise de Gratz, le comte de Buquoy se dirigea sur Weitracht et s'empara encore de cette position qui lui ouvrait le passage vers l'Autriche.
Il remonta alors vers le Nord, rentra en Bohême et prit d'assaut la place de Bechin (11 août 1619) dans le cercle de Tabor et encore quelques autres villes.
Ce furent encore quatre cents Wallons du régiment de Hennin qui enlevèrent la ville de Bechin. Ils étaient commandés par le sergent-major des Mares et le capitaine Charles de Postel, dit Hurtebise ---
Ce fut au mois d'août seulement que le comte de Buquoy put aller mettre le siège devant Piseck où avaient été enfouis tous les trésors de la noblesse de Bohême..
---
Peu de temps après la prise de Pis.eck, le comte de Buquoy fut informé qu'Ernest de Mansfelt tenait la campagne aux environs de Prague, avec un corps nombreux. Il renonça aussitôt à une tentative projetée contre la ville de Thabor et se décida à marcher au-devant des Bohémiens et de leur livrer une bataille.
On était aux premiers jours du mois de septembre, lorsque Buquoy arriva à deux lieues de l'endroit où Mansfelt s'était établi. Il envoya reconnaître la position de son adversaire. Le prince de Falsenbourg, chargé de cette mission, étant arrivé en face de l'ennemi, ne put résister au désir de tomber sur deux escadrons de cavalerie bohémienne placés aux avant-postes. Il prend avec lui Charles de Bryas, seigneur de Hernicourt, André de Bryarde, seigneur de la Coye, Jean Van der Gracht et quelques gentilshommes de sa suite, et se précipite sur l'ennemi qui l'accueille par une décharge presque à bout portant. Le maître d'hôtel du prince est tué, le capitaine Van der Gracht a les deux cuisses percées d'une balle, mais les escadrons bohémiens sont enfoncés et culbutés.
Dans une autre escarmouche, Charles de Bryas eut son cheval tué sous lui, et le capitaine de Longueval reçut un coup de pistolet dans la joue après avoir fort maltraité l'ennemi qui se tint continuellement caché dans un bois.
Le comte de Buquoy établit un camp retranché sous Merowitz, petit village sur la rive gauche de la Moldau, à portée de canon de l'armée d'Ernest de Mansfelt.
---
Sur ces entrefaites, l'archiduc Ferdinand fut élu empereur, mais … il vit tous ses États se mettre en révolte contre lui; en outre, le prince de Transylvanie envahit la Hongrie avec une puissante armée et chercha à unir ses forces à celle du comte de Thurn. Vienne se trouva ainsi menacée pour la seconde fois.
Le comte de Buquoy reçut alors de Ferdinand l'ordre impératif de se retirer dans la basse Autriche. Il leva son camp vers la fin du mois de septembre, repassa par Piseck et se hâta de gagner Budweis … puis il s'avança vers l'archiduché avec seize mille hommes environ.
Cette retraite s'effectua avec un ordre parfait et toujours en présence de l'ennemi. Les impériaux passèrent à Horn, que le sergent-major de Miraulmont, avec vingt hommes de chaque compagnie wallone, prit d'assaut, puis à Rietz, ville qui louche aux confins de la Moravie. Ce fut là que le corps de Dampierre, affaibli par de nombreuses défections, rejoignit l'armée principale.
Le comte de Buquoy désirait vivement en venir aux mains avec les rebelles avant d'atteindre les murs de la capitale de l'empire; il traversa la Theys dans cette intention…Les impériaux ….gagnèrent le plateau où s'élève le château de Bisamberg, devant Vienne. De cette position, ils foudroyèrent l'ennemi pendant quelque temps, puis profitèrent de la confusion que leur artillerie avait jetée dans les rangs des troupes de l'Union, pour franchir l'espace qui les séparait encore du Danube --- l'infanterie wallone était restée intacte; il fait traverser le Danube, lui rappelle, dans la langue de son pays, son ancienne valeur; elle s'élance, arrête la fuite de ses alliés (allemands), les force à reprendre leur poste à la tête du pont, rétablit le combat, et par sa contenance ferme et décidée, elle protège le passage de toute l'armée jusqu'à ce que son illustre général, qui n'a pas cessé de parcourir la plaine à la tête de quelques escadrons flamands, ait lui-même gagné l'autre rive du fleuve.
---
Le capitaine Henri de Haere, seigneur de Noirmont, était mort, et Adrien de Bonnières, seigneur de Nieurlet, avait eu trois chevaux tués sous lui. Les régiments de Buquoy et de Bournonville étaient tellement réduits qu'on dut réformer la moitié descompagnies. Le régiment de Buquoy reçut les compagnies conservées du régiment du comte de Hennin qui ne fut reconstitué qu'en 1625, comme on le verra plus loin.
---
Pendant l'hiver de 1619 à 1620, le comte de Buquoy, qui s'était établi à Mautern, sur la rive droite du Danube, s'occupa de réorganiser et d'augmenter son armée sensiblement affaiblie par les combats et les fatigues de la campagne précédente ---
La nouvelle armée fut complètement organisée dans le courant du mois de janvier (1620). Buquoy se mit alors en campagne et, dès le 12 février, surprit à Langenlois le corps d'armée d'Ernest de Mansfeld, commandé momentanément par le baron de Fels. Il fondit sur l'ennemi avec deux mille chevaux wallons et cinq compagnies de son régiment sous les ordres des capitaines baron d'Ugies, vicomte d'Émerin, d'Arlois, de Villers et Machuré. Ces troupes étaient commandées par le sergent-major de Miraulmont.
Du côté de l'ennemi, six cents hommes restèrent sur le champ de bataille---
Les débris du corps d'Ernest de Mansfelt furent poursuivis pendant trois jours et rejetés au-delà de la ville de Horn.
Après cette victoire, le comte de Buquoy s'établit dans la position que l'ennemi venait d'abandonner, à Langenlois--- et, dès le 1er mars, il se remit à la poursuite des révoltés, dans la direction de Horn.
Il apprit bientôt que les Bohémiens se tenaient en force à Eggenbourg, à une demi-lieue de lui. Il mit à l'avant-garde toute sa cavalerie soutenue par cent mousquetaires wallons et donna au reste de ses troupes l'ordre de suivre la cavalerie à petite distance.
Les cavaliers Wallons en vinrent bientôt aux mains avec les cavaliers ennemis ; --- Le jour était à son déclin, Buquoy voulut s'emparer d'un point fortifié, pour assurer la sécurité de ses troupes pendant la nuit; il chargea le capitaine de Haynin de reconnaître, avec ses cent mousquetaires, un cimetière où l'ennemi avait placé une partie de son infanterie. Mais cette position se trouvait sur une hauteur et était protégée par des murs assez élevés, et comme en outre elle était bien gardée, il fallut renoncer à l'espoir de l'occuper de vive force.
La nuit se passa sans encombre. Le lendemain, au point du jour, les impériaux furent rejoints par le reste de leurs troupes; ils se mirent en bataille et l'artillerie fut disposée dans une excellente position; mais les Bohémiens qui avaient pour principe, d'après les recommandations que leur avait faites Maurice de Nassau, de n'accepter jamais la bataille qu'en cas de nécessité absolue, avaient passé la nuit à préparer leur retraite ; --- toute la journée se passa encore en petits combats sans résultats importants.
Les impériaux avaient devant eux une petite rivière et un village; sur leur droite se trouvait un bois; en outre la pente du terrain à parcourir pour aborder l'ennemi était très-rapide. Le comte de Buquoy jugea qu'il était dangereux d'attaquer de front une position si bien défendue et il résolut, le lendemain matin, de faire un détour d'un quart de lieue afin de trouver un terrain découvert qui permît à ses troupes de marcher en bataille. Dans ce but, il ordonna à M. de Miraulmont de suivre la lisière du bois avec quatre cents mousquetaires wallons des compagnies d'Albert de Gavre, de Ferdinand d'Andelot, de Gilles de Villers, capitaines du régiment de Buquoy. Les Bohémiens adoptèrent les mêmes dispositions : ils jetèrent dans le bois, pour tenir tête aux mousquetaires wallons, des troupes légères protégées par une forte réserve. Ils occupaient d'ailleurs une hauteur qui leur permettait de maltraiter presque impunément les impériaux. Le sergent-major de Miraulmont se vit obligéd'attaquer cette position, mais l'ennemi résista avec opiniâtreté. On en vint à une mêlée dans laquelle le brave de Miraulmont, les capitaines Robert de Hauteclocque, seigneur de Quatrivaux, et de Wael, ainsi que plus de deux cents mousquetaires wallons trouvèrent une mort glorieuse. Les impériaux durent renoncer à cette entreprise meurtrière et reprirent leur position première en attendant des renforts.
Cet échec et surtout la mort de son brave sergent-major de Miraulmont affligèrent beaucoup le comte de Buquoy; il ne voulut pas cependant abandonner son projet et envoya les capitaines François Du Chastel, Eustache d'Artois, de Haynin et Théodore d'Alamont avec six cents mousquetaires pour soutenir les capitaines de Gavre, d'Andelot et de Villers qui continuèrent à tirailler dans le bois.
La nuit survint sans qu'on eût remporté de succès important; l'armée impériale était harassée par trois jours d'action; elle manquait de vivres, Buquoy la fit retirer à un quart de lieue, ne laissant aux avant-postes que quatre cents chevaux avec un soutien d'infanterie.
Le lendemain, une nouvelle tentative eut encore lieu pour attirer les Bohémiens hors de leur position : les capitaines François Dormael, dit Machuré, qui était passé du régiment de Hennin dans celui de Buquoy, et de Haynin, ayant chacun cent mousquetaires, allèrent harceler l'ennemi, mais ce fut encore inutilement. Alors Buquoy se décida à la retraite qui se fit avec beaucoup d'ordre sous la protection des mille chevaux wallons du colonel Gaulcher. Le soir, l'armée impériale rentra à Langenlois.
---
L'armée de Buquoy,qui était restée cantonnée dans les environs de Langenlois, se mit donc en marche le 3 septembre (1620). Le 9 les Wallons s'emparèrent de la ville de Horn; ils y perdirent malheureusement un de leurs plus braves officiers, le capitaine Robert de Hauteclocque.
Le jour même de la reddition de Horn, l'armée de Buquoy opéra sa jonction avec les troupes du duc de Bavière (9 septembre).