Colard DE BEAUFFORT

Colard DE BEAUFFORT

  • dit « Payen »
  • Né vers 1390
  • Décédé en 1461 - Fosseux, 62810, Pas-de-Calais, Hauts-de-France, FRANCE
  • conseiller et chambellan du Duc de Bourgogne
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Parents

Union(s) et enfant(s)

Frères et sœurs

Demi-frères et demi-sœurs

Événements

vers 1387 :
Mariage (avec Jeanne D'OLHAIN) - Olhain, Nord, Hauts-de-France, FRANCE
vers 1390 :
Naissance
7 février 1460 :
Autre événement
1461 :
Décès - Fosseux, 62810, Pas-de-Calais, Hauts-de-France, FRANCE

Notes

Il est domicilié en l'hôtel particulier de la Quiefvrette à Arras.
Il fut l’un des 121 gentilshommes présents aux états d’Artois tenus en 1414. C’était l’un des plus riches et des plus puissants seigneurs bannerets de la province.
Le Chevalier Colart de BEAUFFORT, dit "Payen", ancien conseiller et chambellan du Duc de Bourgogne, fut victime de l'Inquisition. Elle fut établie en Artois au 13ème siècle.
Philippe Le Bon établit à Arras une chambre ardente sous la direction de l'Inquisiteur Pierre BROUSSART, de l'ordre de Saint Dominique. C'est en 1459 qu'eut lieu la célèbre affaire des Vaudois d'Arras, du nom du principal accusé, Robinetde VAUX, natif deBéthune (Eugène BÉGHIN).
Les héritages furent confisqués au profit du Duc de Bourgogne, et les biens mobiliers au profit de l'Evêque, pas désintéressé...
En 1459, le Tribunal d’inquisition d’Arras, dirigé par le Dominicain Pierre le Broussard, en collaboration avec la justice épiscopale mena une enquête sur la secte des Vaudois, mystérieuse secte satanique originaire des Alpes qui se confond avec lesabbatdes sorciers et des sorcières et dont les adeptes étaient censés se réunir périodiquement en assemblées, gigantesques orgies nocturnes présidées par le diable.
Cette enquête a débouché sur deux vagues d’arrestations : arrestations de prostituées, d’artisans et, fait très rare, de représentants du patriciat urbain c’est à dire des échevins et même un ancien chambellan et conseiller duDuc de Bourgogne : Colart deBeaufort.
Voici quelques extraits du 4ème livre de la chronique de Jacques du Clercq , habitant d’Arras et contemporain des faits ! (le texte complet de cette chronique, ce texte crucial et connu depuis longtemps des érudits, n’a été publié qu’en 1823.)
« Ö1459, le jour de Saint Jean –Baptiste par Robert de Marquais, lieutenant de la ville d’Arras fut pris « Messire Payen de Beaufort chevalier noble et une des plus anciennes bannières d’Artois » âgé de 72 ans environ et riche de5 à 6 mil francs derentes comme accusé d’être Vaudois »
Et nous pouvons lire dans « Histoire d’Artois » (ed.1734) de Don Devienne moine de l’Abbaye de Saint Vaast
« Ö. A la fin de juin 1459, on punit encore à Arras, Colart, Seigneur de Beaufort, âgé d’environ 60 ans, il fût conduit avec plusieurs autres seigneurs dans les prisons de l’Evêque quoiqu’il jurat sur tout ce qu’il avait de plus sacré , ne jamais s’être rendu coupables de tout ce dont on les accusait Ö..Beaufort fût déclaré hérétique , apostat, idolâtreÖ il fût condamné à tenir prisonÖ et de mettre au tronc de Malines cinq mille écu d’or destinés à fournir de l’argent à ceux quivoulaient aller combattre les infidèles + etc.. En tout 9 950 livres d’or Beaufort appela de cette sentence au Parlement de Paris quoiqu’on l’eut mise à exécution. Elle fut déclarée nulle, abusive, injuste, pleine d’excès et d’attentats. ÖMais on continua à luisupposer des crimes. Il fût arrêté sur de nouvelles imputations et les jurés ecclésiastiques l’ayant atteint et convaincu le livrèrent à la justice séculière qui le condamna à mort et fît exécuter cette malheureuse victime du fanatisme et de la vengeance sur la place du Grand Marché, à Arras ou avait été dressé l’échafaud. »
Sa mémoire fut réhabilitée définitivement par un jugement du Parlement de Paris le 20 mai 1491. Il faut ajouter que l’accusation considéra que les avocats de Colart avaient interjeté appel hors délais, à cette époque il fallait interjeter appel immédiatement, à l’intérieur même du tribunal (« de 1ère Instance »)
Pourquoi Colart de Beaufort a-t-il été victime de cette flambée de l’inquisition qui a secoué Arras au 16ème siècle ? Et pourquoi son procès en réhabilitation a-t-il duré trente ans ?
La sorcellerie (pacte avec le démon) était un crime de lèse-majesté non seulement contre Dieu mais contre l’Eglise et par extension le pouvoir politique , et on a vu apparaitre à cette époque le mythe du complot des sorciers qui –croyait-on-menaçait l’ordre de la société et un amalgame s’est établi peu à peu entre rébellion et Vauderie. De ce fait les instances et tribunaux civils confirmaient généralement les verdicts du tribunal de l’Inquisition.
Colart fut accusé d’avoir participé à ces réunions de vaudois (sorciers) lors de son exécution, l’inquisiteur de la ville de Cambrai proclama publiquement « que le Seigneur de Beaufort, chevalier qui est là présentement, avait consenti au vouloir de méchantes femmes lesquelles avaient été « ardses » (brulées), comme vaudoises ÖetcÖ »
Ces fausses accusations ont probablement été renforcées sinon inspirées par l’hostilité et la jalousie de certains nobles et grands bourgeois et certainement par la cupidité des accusateurs car : à la condamnation pour hérésie, sorcellerieÖ s’ajoutait automatiquement la séquestration des biens au profit de l’Etat, du tribunal de l’inquisitionÖ et autres organes du pouvoirÖ
Lors du procès de réhabilitation, le principal avocat des plaignants résume la situation en disant : « Tout a esté fait pour avoir de l’argent »
Notons qu’en automne 1560, le tribunal d’Arras (« l’affaire » avait été transférée du tribunal ecclésiastique au Tribunal civil d’Arras) a envoyé des émissaires qui ont présenté copie de son jugement au Duc, ces émissairessont revenus à Arras accompagnésde Adrien Colin, Président du Conseil de Flandres (la plus haute instance juridique de l’espace flamand, établie à Ypres. Et que celui-ci assista aux derniers interrogatoires et couvrit l’ultime sentence des vicaires qui concluait le 22 octobre à la culpabilité des quatre accusés (dont Colart). Dès lors la cour de justice échevinale d’Arras ne pourra plus s’opposer à cette persécution appuyée par le Prince.
Les accusés ou familles des exécutés avaient deux voies de recours : l’une ecclésiastique : l’Evêque de Paris, l’autre séculière : le Parlement de Paris. La Vauderie ne pouvait, semble-t-il, être révisée que par un tribunal ecclésiastique. Cependant la réhabilitation des victimes de la persécution emprunta la voie du Parlement de Paris.
Si le procès en appel auprès du Parlement de Paris a duré trente ans, c’est probablement parce qu’en fait il ne s’agissait pas essentiellement d’un procès en appel de Colart et des autres condamnes exécutés (demande de réhabilitation) ou encore envie mais en réalité, d’un procès entre deux juridictions : celle du roi de France et celle du Duc de Bourgogne.
En 1469 le Parlement de Paris avait déjà enregistré des arrêts en faveur des Vaudois et condamné les acteurs de l’Inquisition à une amende et à la restitution des biens confisquésÖmais il fût incapable d’imposer l’exécutiondel’arrêt.
En 1477, (après la mort de Charles le Téméraire) Louis XI s’empare d’ArrasÖ Arras résiste, se révolte, est vidée puis repeuplée, perd son nom pour devenir franchiseÖ mais sous Charles VIII retrouve le chemin de la grâce et l’arrêt de 1492 (réhabilitationde Colart et autres victimesÖ) en est peut-être sous certains aspects l’une des manifestations. (La population d’Arras avait « murmuré » intensément contre les condamnations des années 1460). « Si laprocédure repart, si le procès trouve enfinune issue judiciaire c’est aussi et peut-être surtout parce que le Parlement de Paris y voit une occasion de manifester le retour de la Justice Royale dans une ville à la fidélité chancelante « (F.Mercier)
Le Parlement rendra son arrêt le 20 mai 1491. L’intention est claire : il s’agit d’effacer symboliquement le jugement antérieur porté contre les victimes de la persécution. La décision du Parlement se présente moins comme un gestede réhabilitationque comme un geste d’annulation. Le Parlement de Paris ne se prononce pas sur le fond de l’affaire, mais se borne à déterminer la validité de la procédure incriminée.
En ce qui concerne Colart, ses avocats ne pouvaient en réalité obtenir sa réhabilitation qu’en démontrant l’illégalité de son inculpation car ses aveux étaient écrits et signés de sa main (proba plenissima). Il fût sans doute l???un des rares accusésà échapper à la torture physique. « Colart avait confessé les cas sans menaces indues, géhines et autrement et en présence de plusieurs notables et clercsÖ ». Ses aveux ne lui auraient pas été arrachés sousla torture mais en lui promettant, via un faux ami, que s’il avouait, il serait libre et invité à un bon diner !
L’ensemble des procès sera déclaré : « abusifs, nuls, faits faussement et autrement que à poinct. Le Parlement annule également toutes sentences, confiscations de biensÖ. »
Il vendit le 10 décembre 1440 à l’abbaye de Saint Vaast d’Arras, certaines rentes que cette abbaye lui devait, acquises par lui à Philippe de WAENCOURT, écuyer

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