Charles,Joseph,Benoît D'ARGENTEAU

Charles,Joseph,Benoît D'ARGENTEAU

  • Né le 17 mars 1787 (samedi) - Liège, WALLONIE, Belgique
  • Décédé le 16 novembre 1879 (dimanche) - Liège, WALLONIE, Belgique, à l'âge de 92 ans
  • Officier, aide de camp du roi des Pays-Bas, puis archevêque de Tyr, chanoine de la cathédrale de Liège, nonce apostolique en Bavière
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Parents

Frères et sœurs

Événements

17 mars 1787 :
Naissance - Liège, WALLONIE, Belgique
28 novembre 1812 :
Autre événement : Honors - Paris, 75000, Île-de-France, FRANCE
16 novembre 1879 :
Décès - Liège, WALLONIE, Belgique

Notes

10 juin 1811 : Distinction
Lieutenant au 1er régiment de hussards
20 mars 1815 : Distinction
Lieutenant-colonel - Major aide de camp du roi Guillaume I des Pays-Bas. Démission le 27 mai 1820.
29 mai 1820 : Distinction
Chambellan du roi Guillaume I des Pays-Bas
5 juillet 1824 : Ordination
Reçoit les ordres mineurs
3 septembre 1824 : Distinction
Prélat domestique de Sa Sainteté
16 novembre 1824 : Distinction
Protonotaire apostolique (16 novembre 1824),
21 mai 1825 : Distinction
Membre de la congrégation pour la reconstruction de la basilique de Saint-Paul-Hors-les-Murs
10 août 1825 : Ordination
Ordonné prêtre (vicaire de Saint-Laurent in Damaso le 22 juillet 1825)
2 septembre 1826 : Distinction
Nonce apostolique à la cour de Munich jusqu'au 14 juillet 1828
8 octobre 1826 : Distinction
Sacré archevêque in partibus infidelium de Tyr (du nom d'un ancien archidiocèse disparu, celui d'une ville du Liban située au sud de Beyrouth)
juillet 1838 : Distinction
Prélat domestique de Sa Sainteté - Évêque assistant au trône pontifical.

Lieutenant au 1er Hussards en 1811. Chef d'escadron au 3e Hussards en 1814. Passe au service des Pays-Bas. Démissionne en 1820 pour rentrer dans les ordres, après le décès subit de sa fiancée, mademoiselle de la Tour du Pin.
GAZETTE DE LIÉGE L'inventaire des fonds d'archives de la famille de Mercy d'Argenteau, aux Archives de l'Etat à Liège, a inspiré à Sébastien Dubois, archiviste, une conférence intitulée "Les comtes d'Argenteau - Histoire d'une grande famille liégeoise à travers ses archives conservées à Liège, Vienne et Washington". (1) Une famille concernée par deux châteaux, Argenteau (Liège) et Ochain près (Clavier). On peut lire à ce sujet le livre très documenté de M. E. Chefneux. (2)

La conférence évoquera certainement "l'ambassadeur" Florimond de Mercy d'Argenteau, diplomate prestigieux en poste pour l'Autriche. Il contribuera à la conclusion du mariage du dauphin Louis avec l'archiduchesse Marie- Antoinette. Célibataire, il lègue son immense fortune à son jeune cousin, François-Joseph-Charles (1780-1869) qui fera, lui aussi, une belle carrière dans la diplomatie et sera gouverneur du Brabant méridional. Et aussi, la belle comtesse Louise d'Argenteau, qui introduisit à Liège la musique russe et invita souvent Lizst à Argenteau. Louise fut un jour la messagère entre Napoléon III et le Kaiser.

Le frère de François est Charles-Joseph-Benoît (1787- 1879). Il entre comme officier au service de l'empereur Napoléon. Attaché à l'état-major de la Grande Armée, il fait toute la campagne de Russie. Pendant la terrible retraite de Russie, il est atteint du typhus. Son ordonnance, un chasseur à cheval, arrive à l'emporter, à travers les patrouilles des cosaques, jusqu'à Vilna puis à Berlin. Il se rétablit, rejoint son régiment et devient capitaine au 1er régiment des gardes d'honneur. Après la bataille de Hanau, Napoléon lui remet la Légion d'honneur. Il est chef d'escadron au 3e Hussards pendant la bataille de France. A l'abdication de Napoléon, il obtient sa démission du service français. De 1815 à 1820, il est lieutenant-colonel, aide de camp du roi Guillaume des Pays-Bas, qui en fait son chambellan. Il se fiance avec la jolie Cécile de la Tour du Pin. Ils vont se marier mais la jeune fille est emportée par une phtisie galopante. Inconsolable, Charles entre les ordres en 1824. En 1826, il est nommé nonce apostolique à la cour de Bavière, à Munich, et sacré archevêque de Tyr, in partibus. A la nonciature, en Bavière, un couple de serviteurs, les De Coster, demande à l'archevêque d'être parrain de leur premier fils. Le filleul du nonce, Charles De Coster, deviendra l'auteur des aventures de Thyl Uilenspiegel.

En 1838, Charles d'Argenteau décide de se retirer à Liège. Il devient chanoine honoraire de la cathédrale et doyen du chapitre et s'installe dans une petite maison accolée au couvent des Bénédictines, sur le boulevard d'Avroy. A Liège, sa popularité est très grande, même si la rumeur le dit membre d'une loge maçonnique. C'est probablement exact, la franc-maçonnerie en ce temps-là n'étant pas encore ce qu'elle allait devenir. De sa vie agitée, il a gardé un esprit très ouvert et il est souvent l'intermédiaire dans les conflits qui opposent catholiques et libéraux. C'est dans la petite maison des Bénédictines qu'il meurt en 1879, à l'âge de 92 ans. Après sa mort, un de ses vieux amis intimes aurait raconté qu'il arrivait souvent au vieil archevêque d'ouvrir le grand tiroir d'une des armoires de son bureau. Il y contemplait pendant quelques instants un flot de dentelles jaunies. C'était la robe que devait porter la jeune Cécile pour leur mariage.

Notice biographique tirée de l'inventaire des archives de la famille de Mercy-Argenteau, aux archives de l'État en Belgique
Charles Joseph Benoît, comte d'Argenteau d'Ochain (° Liège, 17 mars 1787 - † idem, 16 novembre 1879). Fils de Joseph d'Argenteau de Dongelberg et de Marie Josèphe de Limburg Styrum. Militaire, nonce apostolique, archevêque de Tyr. Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis ; chevalier de l'ordre de Saint-Hubert ; grand-croix des ordres de la Légion d'honneur, de la Couronne de Bavière et de la Couronne de Chêne des Pays-Bas ; commandeur des ordres du Lion belgique (royaume des Pays-Bas) et de Léopold ; décoré de la médaille de Sainte-Hélène. Nonobstant une tradition contraire, tellement forte que l'erreur sera commise sur la pierre sépulcrale de la chapelle du rosaire à Clavier, son patronyme est simplement d'Argenteau et non de Mercy-Argenteau, comme le confirme la signature de l'intéressé qui aimait rappeler lui-même, avec humour, quand on l'appelait Mercy-Argenteau : " Argenteau seulement, si vous le voulez bien, mais merci quand même pour l'intention ! " Charlesobtint une reconnaissance de noblesse en même temps que son inscription dans le corps équestre du grand-duché de Luxembourg (dont faisait partie Ochain à l'époque) sous le nom de comte d'Argenteau d'Ochain (arrêté collectif du 5 mars 1816). Il figure sur la première liste officielle des nobles, publiée en 1825, avec l'indication que les titres de comte ou de comtesse seront portés par tous ses descendants. Comme nombre de ses ancêtres, Charles embrasse la carrière des armes. À l'âge de dix-sept ans, il entre, grâce à l'intervention de Monseigneur Zaepffel, évêque de Liège, à l'École militaire de Fontainebleau. D'abord sous-lieutenant du 8e régiment de hussards (1er juin 1809), il passe au 1er régiment de hussards, où il est nommé lieutenant (10 juin 1811), puis devient aide de camp du général comte Girardin, lequel était attaché à l'état-major de la Grande Armée (28 mai 1812). Charles participe aux campagnes d'Espagne, du Portugal, de Russie, d'Allemagne et de France. Il échappe au désastre de la bataille de la Bérézina et survit miraculeusement au typhus, qui décime l'armée impériale. Il est ramené jusqu'à Berlin par un soldat originaire d'Alost qui, par une température inférieure à -20 degrés, ne put lui prodiguer comme médication que quelques gorgées de vin. En 1813, il passe comme lieutenant (avec rang de capitaine) au 1er régiment des gardes d'honneur à cheval, avec lequel il fait la campagne de Saxe, et reçoit la croix de la Légion d'Honneur des mains de Napoléon, en récompense de sa conduite exemplaire à la bataille de Hanau. Nommé chef d'escadron au 3e régiment de hussards (24 janvier 1814), il prend part à différentes batailles de la fin du règne de l'empereur et, après l'abdication de ce dernier,obtient sa démission du service de France (25 juin 1814). Au début de l'année 1815, Charles, de retour en Belgique, offre ses services au roi des Pays-Bas, Guillaume Ier, qui en fait son major aide de camp, avec rang de lieutenant-colonel (20 mars1815). Il est ensuite nommé membre des États provinciaux de Liège (20 juin 1816) et lieutenant-colonel à la suite du 3e régiment de cuirassiers (13 novembre 1816). La mort tragique en 1817 de sa fiancée, Cécile, fille du marquis de La Tour du Pin,ancien préfet du département de la Dyle à Bruxelles, ministre plénipotentiaire de France à la cour de La Haye depuis octobre 1815, emportée par la phtisie quelques semaines avant son mariage, semble être à l'origine d'un changement radical dans savie : " Il désire se consacrer à Dieu et être utile à ses concitoyens autant qu'il lui sera possible. " Le 27 mai 1820, Charles donne sa démission de lieutenant-colonel et d'aide de camp du roi, qui le nomme, dès le surlendemain, chambellan. Restéen étroite relation avec la famille de sa défunte fiancée, c'est vraisemblablement après avoir séjourné à Turin en 1824, où le marquis de La Tour du Pin occupe alors l'ambassade de France à la cour de Sardaigne, que Charles prend la décision d'embrasserla carrière ecclésiastique. Il écrit de Turin à Guillaume Ier le 1er juin 1824 pour lui demander à être démis de ses fonctions de chambellan, requête à laquelle le roi accéda par décret du 22 juin suivant. Il semble que Charles d'Argenteau d'Ochain ait séjourné précédemment à Rome afin de s'assurer de sa vocation. Après avoir reçu les ordres mineurs (5 juillet 1824), le comte d'Argenteau se voit rapidement conférer, en raison de son rang et en récompense de son zèle, différents titreshonorifiques : prélat domestique de Sa Sainteté (3 septembre 1824), protonotaire apostolique (16 novembre 1824), membre de la congrégation pour la reconstruction de la basilique de Saint-Paul-Hors-les-Murs (21 mai 1825), vicaire de Saint-Laurent in Damaso (22 juillet 1825). Ordonné prêtre le 10 août 1825, il est nommé nonce apostolique à la cour de Munich le 2 septembre 1826 et le 8 octobre suivant, sacré archevêque in partibus infidelium de Tyr (du nom d'un ancien archidiocèse disparu, celui d'une ville du Liban située au sud de Beyrouth). Cette année-là, il a par ailleurs favorisé à Rome les négociations en vue de la signature d'un concordat entre le Saint-Siège et le souverain protestant des Pays-Bas, en introduisant auprès du souverain pontife le comte de Celles, envoyé en ambassade extraordinaire par Guillaume Ier. Rapprochés par la fraternité maçonnique (sacré chevalier rose-croix en 1811, Charles fut membre de la loge liégeoise La Parfaite Intelligence), les deux hommesentretiennent immédiatement des relations franchement amicales. Un premier accord est signé en février 1827, mais les négociations sont interrompues par la Révolution de 1830. Durant son séjour dans la capitale bavaroise, le comte Charles fait venir de Bruxelles, probablement par l'intermédiaire de sa sœur, la baronne van der Linden d'Hooghvorst, un couple de domestiques, les De Coster. Anne-Marie De Coster donnera naissance en août 1827 à un fils, baptisé Charles en l'honneur de son parrain. Cet enfant n'est autre que le célèbre auteur des Légendes flamandes et de la Légende de Tyl Ulenspiegel. On a du reste parfois laissé entendre que Monseigneur d'Argenteau était le père de son filleul, rumeur qui semble dénuée de fondements. L'archevêquede Tyr reste en poste à Munich jusqu'à ce qu'il soit relevé de ses fonctions, à sa demande, par le pape Grégoire XVI (14 juillet 1838), qui lui conserve les titres de prélat domestique de Sa Sainteté et d'évêque assistant au trône pontifical. De retour en Belgique, il devient chanoine honoraire de la cathédrale de Liège (9 mars 1838). Il est élu doyen du chapitre le 15 janvier 1842. Dès avant la Révolution belge et en 1830 à nouveau, on évoqua à plusieurs reprises la possibilité quele comted'Argenteau d'Ochain fût nommé archevêque à Malines et cardinal à Rome.

On trouvera des pages touchantes décrivant le jeune officier qui n'était pas encore l'archevêque de Tyr dans la préface du "Journal d'une femme de cinquante ans" (pages XXIV à XXX), de la Marquise de la Tour du Pin - à consulter : Georges de Froidcourt "La vie tumultueuse du comte Charles d'Argenteau, officier d'Empire et archevêque in partibus (1787-1879)", Liège 1959 - Bibliographie : AÉL, " Registres paroissiaux, Sainte-Véronique, Baptêmes ", 1787 ; " Registres aux recensements ", 1840, "Quartier Sud, quai d'Avroy ", n° 579. - " Gazette de Liège ", 17 novembre 1879. " Journal de Liège ", 17 novembre 1879. " La Meuse ", 17 novembre 1879 ; " Annuaire de la noblesse de Belgique ", Bruxelles, 1877, p. 39 ; BASTGEN (P. B.), " Bayern undder Heilige Stuhl in der ersten Hälfte des 19. Jahrhunderts. Nach den Akten des Wiener Nuntius Severoli und der Mün-chener Nuntien Serra-Cassano, Mercy d'Argenteau und Viale Prelà, sowie den Weisungen des römischen Staatssekretariates aus dem vatikanischen Geheimarchiv, Munich ", 1940, 2 vol. (Beitr. zur altbayer. Kirchen-geschichte, 17/18) ; BERLIERE (U.), " Les évêques auxiliaires de Liège ", Bruges, 1919, p. 185-186 ; BERNAERT (F.), " Fastes militaires des Belges au service de la France(1789-1815) ", Bruxelles, 1898, p. 176-177 ; " Biographie générale des Belges morts ou vivants... ", Bruxelles, 1850 ; BRONNE (C.), " La comtesse de Mercy-Argenteau et la musique russe ", Paris, 1935, p. 15-20 ; COLENBRANDER (H. T.), " Gedenkstukkender Algemeene Geschiedenis van Nederland van 1795 tot 1840 ", t. 9, 1re partie, 's Gravenhage, 1916, vol. 1, p. 87, 271 ; vol. 2, p. 88-89, 121, 145-146, 204, 212, 225-230, 292-294 ; COLMAN (P.), " Le trésor de cathédrale Saint-Paul à Liège ", 2e éd., Liège, 1981, p. 19 ; DARIS (J.), " Le diocèse de Liège sous l'épiscopat de Mgr Théodore de Montpellier ", Liège, 1892, p. 196-198 ; DUCHESNE (E.), art. dans " Biogaphie nationale ", t. 14, Bruxelles, 1897, col. 459-460 ; " Feuillets de la cathédrale de Liège ", n° 1, 1991 ; FROIDCOURT (G. de), " La légende de l'origine de Charles De Coster, ou Comment on écrit l'histoire ", Liège, 1960 ; FROIDCOURT (G. de), " La vie tumultueuse du comte Charles d'Argenteau, officier de l'Empire et archevêque 'in partibus' ", 1787-1879, dans Bulletin " Le Vieux-Liège ", t. 5, 1959, n° 214, p. 303-345 ; JADIN (L.), " Procès d'information pour la nomination des évêques de Belgique ", 1802-1848, dans " Bulletin de l'Institut historique belge de Rome ", t. 11, 1931, p. 424 ; LA TOUR DU PIN (H. de), " Journal d'une femme de cinquante ans ", Paris, 1913 ; PLUYMERS (L.), " Le conflit entre Monseigneur van Bommel et son chapitre ", dans " Leodium ", t. 65, p. 1-26 ; PURAYE (J.), " La correspondancede Mgr Zaepffel. Lettres de Mgr Jean-Évangéliste Zaepffel, évêque de Liège, à son neveu Henri Clarke, maréchal et pair de France, 1801-1808 ", Bruges-Paris, 1951, loc. cit. ; STYLO, " Un prélat belge nonce du pape à Munich. La carrière extraor-dinaire de Mgr de Mercy-Argenteau qui mourut nonagénaire à Liège en 1879 ", dans " La Nation belge ", 21 avril 1949 ; THIMISTER (O.-J.), " Histoire de l'église collégiale de Saint-Paul ", 2e éd., Liège, 1890 ; THIMISTER (O.-J.), " Nécrologe du clergé du diocèse de Liège ", 1801-1894, Liège, 1894, p. 200.
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