Éplucheuse
Ouvrière du textile qui débarrassait la laine, le coton ou le drap tissé de leurs impuretés (pailles, nœuds, bourres), à la main ou à la pince.
Description du métier
Contrairement à ce que le mot laisse penser, l'éplucheuse des actes n'épluchait pas des légumes : c'était le plus souvent une ouvrière du textile. « Éplucher », dans les ateliers, c'était nettoyer la matière ou le tissu de tout ce qui pouvait l'abîmer.
Le travail se faisait à deux moments :
- avant le filage, sur la laine ou le coton brut : l'éplucheuse triait la fibre à la main et en retirait les brindilles, les graines, les pailles et les saletés restées accrochées ;
- après le tissage, sur la pièce de drap : étalée sur une table ou passée devant la lumière, l'étoffe était inspectée centimètre par centimètre. Avec une petite pince (d'où les noms voisins d'épinceteuse ou d'énoueuse), l'ouvrière arrachait les nœuds, les bouts de fil, les pailles et les bourres, avant que le drap ne parte au foulage et aux apprêts.
C'était un travail de patience et de bons yeux, payé souvent à la pièce, et presque toujours confié à des femmes et à des jeunes filles, parfois à domicile.
Où travaillait-elle ?
Partout où l'on filait et tissait la laine ou le coton : dans les villes drapières (Elbeuf, Louviers, Sedan, Reims, Lodève, Mazamet, Vienne…), dans les filatures du Nord et de Normandie, et dans les campagnes qui travaillaient pour ces fabriques.
Dans les actes
On trouve « éplucheuse », « éplucheuse de laine » ou « éplucheuse en fabrique » dans les actes de mariage et de naissance des enfants, et surtout dans les recensements du XIXe siècle, souvent à côté d'un mari tisserand, fileur ou fouleur. Quand une commune compte beaucoup d'éplucheuses, c'est le signe d'une fabrique proche : les archives de l'entreprise ou les registres du personnel, quand ils ont été conservés, peuvent garder sa trace.
Le mot peut aussi désigner, plus rarement, une femme qui triait et nettoyait d'autres produits (dans l'agriculture ou l'alimentation) : le lieu et le métier du reste de la famille aident à trancher.
Évolution
À partir du XIXe siècle, les machines (ouvreuses et batteurs pour le coton, échardonneuses pour la laine) prennent en charge une partie du nettoyage des fibres. Le contrôle et le nettoyage des pièces tissées restent longtemps manuels, sous le nom de « visite » ou d'« épincetage », jusqu'au XXe siècle.