🌳 Arbre Gingold-Geny
par marc-gingold
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Emilie Mathilde LAUER
Parents
- François Xavier LAUER 1847-?
- Marie Virginie EBER 1854-1948
Union(s) et enfant(s)
-
Mariée le 9 août 1906 (jeudi), Nancy, Meurthe et Moselle, Lorraine, France, avec
Jean Baptiste GENY 1874-1966
dont
- Marcel GENY 1897-1982
Frères et sœurs
- Eugénie Pauline LAUER 1876-?
- Emilie Mathilde LAUER 1878-1962
Événements
- 1er juin 1878 :
- Naissance - Schiltighein, Bas Rhin, Alsace, France
- 9 août 1906 :
- Mariage (avec Jean Baptiste GENY) - Nancy, Meurthe et Moselle, Lorraine, France
- 12 décembre 1962 :
- Décès
-
Autre événement : Distinction
Croix de guerre
Croix de guerre.
<p>Le Pays lorrain (Nancy) 1928, A20</p>
<p>Louis Sadoul : Les Drames de la Vallée de Celles (août et septembre 1914), Le Pays Lorrain, Nancy, 14 pages, 1928</p>
<p></p>
<p>LES DRAMES DE LA VALLÉE DE CELLES</p>
<p>(AOUT 1914)</p>
<p></p>
<p>Le 20 août 1914, après les échecs de Morhauge et de Sarrebourg, la</p>
<p>1re et la 3me armées françaises reculèrent. Les troupes françaises qui tenaient</p>
<p>la région du Donon auraient pu s'y maintenir, mais elles durent obéir à</p>
<p>un ordre de départ géneral.</p>
<p></p>
<p>Les chasseurs de la 13me division et les fantassins des 21~ et Mx)' régi-</p>
<p>ments firent retraite pat la vatlee de CeHes pour ne s'ârj-eter et faire ~t!t</p>
<p>q~'au delà de Ra&n-)'Etp dans les bois de la CMpotte. Oatt& la vallée,</p>
<p>il n'y eut que des engagetReûts d~arriAre-garde.</p>
<p></p>
<p>Le aa août, à T~ heures, les AI!em&nds~ derrière nos tf~Upes en retraite,</p>
<p>entfeat à Racn-sur-Ptsuae~ ils y cantonneront jusqu'au août à 8 heures.</p>
<p>Ce sont les troupes qui ont eotabuttu au Donon~lâ sS~ division de réserve</p>
<p>aux ordres du général von PaweL Elle %ppaït!'eat au XIV' corps de ré-</p>
<p>serve, celui du gr~nd-ducbé de Bade, et se compose des 40~ Mt)~ i ï(~ et</p>
<p>ii~fegi reserve.</p>
<p></p>
<p>...</p>
<p>Dans le même après-midi, la même scène tragique se déroulait à quel-</p>
<p>ques kilomètres de là, à Raon-sur-Plaine. Les deux otages de Luvigny.</p>
<p>le maire Pierre Belle et l'abbé Buecher y étaient arrivés, nous l'avons vu.</p>
<p>à onze heures et demie environ. Vers une heure, l'abbé BirckeL curé de</p>
<p>Raon-sur-Plaine, était allé Jeur porter à manger; il tes avait vus à l'hôtet</p>
<p>du Donon~ au milieu de soldats ivres et surexcités. C'était, a-t-il dit plus</p>
<p>tard. une vraie scène de l'enfer, L'abbé Buecher lui avait exprimé ses</p>
<p>regrets de n'avoir pu célébrer la messe dominicale et il avait ajouté qu'il</p>
<p>ne savait point pourquoi on l'avait ainsi arrêté. Aucune menace jusqu'alors</p>
<p>ne leur avait cependant été adressée.</p>
<p>...</p>
<p>Voilà les premiers drames. D'autres meurtres allaient les suivre et ces</p>
<p>six hommes ne devaient pas être les seules victimes.</p>
<p></p>
<p>De l'autre côté de la montagne, à la scierie de ïhiavîHe, dans le vallon</p>
<p>d'Ailencombe, qui va de la Chapelotte vers Badonviller, habitaient le</p>
<p>sagard Louis Vincent, âgé de 47 ans, et sa mère, la veuve Vincent. Louis</p>
<p>Vincent est infirme, un de ses bras est paralysé, sa mère va avoir 73 ans.</p>
<p>A l'approche des Allemands, tous deux allèrent chercher asile chez</p>
<p>Mme Jean Gény, au chalet d'Herbaville.</p>
<p></p>
<p>Mme Jean Gény a été une vaillante parmi tant de héros de la guerre et</p>
<p>je voudrais pouvoir dire plus longuement quelle, femme admirable elle</p>
<p>fut. A la mobilisation, au départ de son mari, elle est restée seule au</p>
<p>chalet d'Herbaville, maison perdue dans la grande forêt. Energique, d'un</p>
<p>caractère élevé et d'un dévouement sans limite, dès les premiers jours de</p>
<p>guerre, elle guidera nos patrouilles par les sentiers de la montagne, elle</p>
<p>soignera les blessés, elle protégera les habitants. Plus tard, quand les deux</p>
<p>armées s'établiront fàce à face, le chalet d'Herbaville restera entre les</p>
<p>lignes que jalonnent déjà d'infranchissables fils de fer. Mme Jean Gény</p>
<p>se multipliera pour fournir à nos troupes les renseignements nécessaires;</p>
<p>elle risquera la mort pour ptotéger leur marche.</p>
<p>Le 27 février 1915, elle est évacuée à l'arrière, arrêtée peu après. Une</p>
<p>lettre a été trouvée à Herbaville qui ne laisse aucun doute sur ses telations</p>
<p>avec l'état-major français. Le 17 juin, elle comparait devant le conseil</p>
<p>de guerre de la 19e division saxonne ersatz, commandée par le général</p>
<p>Tettenborn. Elle est condamnée à onze années de réclusion pour intelli-</p>
<p>gences avec l'ennemi, Cet ennemi, c'est la France Elle subira sa peine à</p>
<p>Haguenau d'abord, à Valeïicîennes ensuite, dans la prison où les Alle-</p>
<p>mands ont rassemblé toutes les prisonnières françaises des pays envahis.</p>
<p>Valenciennes, terrible bagne où elle restera jusque l'armistice, sans fai-' ></p>
<p>blir un instant, sons la férule des gardiennes allemandes. Mme Jean Gény</p>
<p>peut aujourd'hui porter fièrement la croix de guerre que M a donnée une</p>
<p>bêlle,eitation.à l'ordre de l'armée.</p>
<p></p>
<p>? Le 22 août 1914, les "habitants des fermes écartées, et parmi eux le</p>
<p>sagard Vincent et sa xnere, sont venus lui demander aide et protection.</p>
<p>Le 23 août, à quatre heures du soir. la mère Vincent veut à toute force</p>
<p>retourner à la scierie de Thiaville voir ce que deviennent ses bestiaux le</p>
<p>lendemain matin, à huit heures} le fils Vincent part à son tour»</p>
<p>Vers dix heures, en entendit dans la tdireetion de Thravillé quelques</p>
<p>coups de fusil et peu ^près la fumée d'un incendié s'éleva au-dessus de la</p>
<p>forêt- Et le 26 août, un homme qui passait là apetçut des poules qui</p>
<p>picoraient deux cadavres, ceux de la mèse Vincent et de son Aïs.</p>
<p>Mme Jean Gény partit immédiatement pour leur rendre les derniers</p>
<p>devoirs. Le sagard et sa inere avaient été fusillés devant lettf maison, à</p>
<p>bout portant. La tête était en bouillie^ les corps avaient «te brulés> la</p>
<p>femme en tombant s'était accrochée £ la jambe de son fils, les deux cada-</p>
<p>vres carbonisés, ne formaient plus qu tine niasse horrible qu'il fut impos-</p>
<p>sible de séparer. La mère et le fils furent ensevelis dans la même caisse</p>
<p>fabriquée à la hâte. devant la maison en ruines.</p>
<p></p>
<p>Que s'était-il passé ? On ne le sait exactement. Des soldats allemands</p>
<p>ont raconté dans un village voisin qu'ils avaient fusillé un homme et une</p>
<p>femme qui leur refusaient 4n vin. C'est sans doute là l'originee de ce</p>
<p>sombre drame. Est-il bien utile de le commenter?</p>