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Hugues DE PIERREPONT ◉ Sosa : 117 197 806

Hugues DE PIERREPONT

◉ Sosa : 117 197 806

  • Né en 1132 - Pierrepont, 02600, Aisne, Hauts-de-France, FRANCE
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Parents

Parents inconnus.

Union(s) et enfant(s)

Événements

1132 :
Naissance - Pierrepont, 02600, Aisne, Hauts-de-France, FRANCE
Hugues de Pierrepont également connu sous le pseudonyme du troubadour Jean Renart. G.A Beckman [1] pointe l’importance que prend Pierrepont dans l’Aisne dans la branche I de la Karlamagnus saga et les versions flamandes de Flovent et de Renaut de Montauban et en conclut que Hugues de Pierrepont pourrait être pour quelque chose dans les textes français qui ont servi de référence à ses versions étrangères ultérieures. Dans ces textes, le personnage d’Aymon, seigneur de Pierrepont, qu’il a conquit en combattant le traitre Varner et époux de Aye (veuve de ce même Varner et fille de Manasses le comte de Laon ou encore soeur de Charlemagne) joue le rôle principal ce qui devait avantageusement flatter l’orgueil de la famille de Pierrepont qui pouvait se prévaloir ainsi d’un prestige carolingien éclatant. Il y a d’ailleurs un fond de vérité dans cette version puisque le grand-père d’Hugues de Pierrepont, Hugues de Montfélix, a en effet gagné cette terre en épousant Aélis de Pierrepont qui la détenait pour avoir survécu à ses frères morts sans postérité et que leur fils Hugues, en épousant Clémence de Rethel a apporté à ses hoirs le sang carolingien de cette descendante des comtes de Namur. Notons d’ailleurs qu’il n’est pas exclu que Hugues de Montfélix soit lui-même de sang carolingien puisqu’il pourrait bien être parent des chatelains de Vitry.

Cet Hugues de Montfélix semble, de prime abord, un personnage bien obscur qui, vers 1120, s’était emparé, de manière brutale, d’une partie des terres de l’abbaye lorraine de Gorze à Vanault le chatel dans le Perthois pour y construire un chateau. Il nous semble intéressant de souligner, à l’instar de Michel Bur1, [3] que ce personnage était sans doute lié aux chatelains de Vitry par des liens du sang. En effet, l’usurpation des terres de Vanault, si elle n’a pas du être difficile à réaliser pour une troupe d’hommes de guerre face à un prévot isolé de sa lointaine abbaye, s’est révélée difficile à faire entériner sur le terrain du droit lorsque l’abbaye a porté l’affaire devant le pape au concile de Reims de 1131. Même en considérant l’éloignement d’une abbaye située en Lorraine et la situation de Vanault situé dans le royaume de france, un aventurier sans droit sur cette terre n’aurait pas pu réussir un tel coup de force sans des appuis politiques solides car le comte de Champagne n’aurait pas du tolérer une entorse si flagrante au droit féodal sur ses terres. Or c’est ce même comte de Champagne qui attestera l’accord (en compagnie de l’évêque de Chalon) avalisant l’usurpation de Vanault en échange du repentir « sincère » de l’usurpateur en 1138. Ceci laisse à penser que le coup était soutenu puissamment et que les moines de Gorze ont finalement été forcé de reconnaître leur impuissance à le contrer autrement qu’en accordant l’avouerie de Vanault au « voleur » et à ses descendants. En réalité, cette affaire semble avoir des racines temporelles très profondes ; le domaine de Vanault fut donné à l’abbaye de Gorze au VIIIe siècle par Chrodegang évêque de Metz alors que les deux territoires étaient réunis sous la même suzeraineté carolingienne. Par la suite, certaines terres de l’abbaye furent détournées par des abbés laïcs ce qui fut le cas pour Vanault que le comte d’Ardennes, Bivin, abbé laïc de 855 à 863, transmit dans sa famille et notamment à son petit-fils le comte Boson. Ce personnage était le neveu du roi de Provence homonyne, fils d’un duc, neveu d’une impératrice et frère du roi de france Raoul ; il vivait à l’époque où la Lorraine devenait terre d’empire à la suite de sa perte par Charles le simple ; Henri 1er l’oiseleur affermissait son emprise sur ce territoire et Raoul, roi de France, ne parvenait pas à l’éviter. Boson, d’après Jean de Saint Arnoul, [4] ambitionnait de récupérer l’ancien royaume lotharingien et affichait son mépris pour Henri 1er l’oiseleur. Cette disposition d’esprit n’est pas étonnante si l’on considère que Boson était un carolingien et que l’empereur était un saxon d’une nouvelle dynastie ayant précisément remplacé les carolingiens ; Boson, ne réussira pas dans son entreprise de récupérer la vieille terre au centre du pouvoir de ses ancêtres et il mourra dans un combat en 935. [5] Ce comte Boson, persuadé de la valeur de son droit hérité de ses ancêtres, a donc lutté contre l’empereur (a qui il avait prêté hommage) : nous avons là, à nouveau, un vassal révolté contre l’empereur mais, cette fois, il ne s’agit pas d’une chanson de geste ; notons tout de même qu’il s’agit également d’une maison Ardennaise.

Juste avant sa mort, en 935, Boson va restituer Vanault à Gorze ce que va confirmer Adalbéron 1er l’évêque de Metz [6] dans une charte de 936. [7] L’histoire de cette restitution est celle d’un miracle ; Boson refuse d’abord de rendre Vanault mais il tombe malade et finit par céder ce dont il se trouvera bien puisqu’il guérira. L’abbé de Gorze fera de lui l’avoué de l’abbaye pour Vanault, c’est à dire exactement le même titre que prendra plus tard Hugues de Montfélix à la fin de sa transaction avec les moines. [8] Bien entendu nous avancons l’hypothèse qu’Hugues de Montfélix a agit en vertu des droits de ses ancêtres sur Vanault en supposant qu’il descende d’une manière où d’une autre du comte Boson. Ceci n’est pas prouvé mais reste probable puisque que le comte Boson détenait le château de Vitry (ce qui renforce la remarque de Michel Bur envisageant qu’Hugues de Montfélix puisse descendre des chatelains de Vitry). Sur le terrain du droit, l’usurpation peut alors être appellée « récupération » et elle s’effectue au moment politique opportun puisque la terre de Vanault est prise à des moines de Lorraine (en terre d’empire) alors qu’elle se situe dans le royaume de France. Le comte de Champagne peut ainsi secouer cette tutelle étrangère sur ses terres en arguant qu’Hugues de Montfélix est fondé dans sa démarche ; il s’empare ainsi de Vanault en sauvegardant les apparences. Il n’est plus besoin de chercher comment un comte de Champagne pouvait cautionner un vol de terre avec violence commis par un aventurier.

Dans cette hypothèse où Hugues de Montfélix descendrait des chatelains de Vitry, le mariage ultérieur de son fils, Hugues de Pierrepont, avec Clémence de Rethel semble également plus facile à comprendre puisque les deux maisons de Rethel et de Vitry viennent de fusionner lors du mariage d’Eudes de Vitry, comte de Rethel (1124 -1158), et Mathilde de Rethel héritière du comté. Hugues de Pierrepont alias Jean Renart descend ainsi de la maison d’Ardenne par sa mère [9] et d’une autre grande maison ardennaise par son père ; [10] maisons dont on sait qu’elles ont tenté vainement (pour certains de ses membres au moins) de conserver l’héritage carolingien de leurs ancêtres face à la dynastie impériale de Saxe. Vanault a peut-être été finalement le seul territoire récupéré par cette famille 200 ans plus tard ce qui a pu faire l’objet de plus d’une histoire à la veillée dans la jeunesse du futur Jean Renart.

Si tout ceci se vérifie il sera intéressant d’étudier de plus près la survivance, au XIIe siècle, d’un noyau de familles carolingiennes se considérant encore spoliées par les avènements de maisons princières plus jeunes et privilégiant les alliances matrimoniales avec des « carolingiens » [11] dans une sorte de réflexe de repli sur soi carolingien face à un nouveau pouvoir ressenti comme hostil
Source : François NEGRONI (fnegroni )
1159 :
Mariage (avec Clémence Agathe RETHEL)

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