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Bathilde D'ASCANIE ◉ Sosa : 14 970 093 661
Bathilde D'ASCANIE
◉ Sosa : 14 970 093 661
- dit « Sainte »
- Née vers 630
- Décédée le 2 février 680 - Chelles, 77500, Seine-et-Marne, Île-de-France, FRANCE
- Inhumée le 20 mars 685 - Chelles, 77500, Seine-et-Marne, Île-de-France, FRANCE
- Reine des Franc (651-657), Régente de France (de 657 à 665)
Parents
- Sisoigne D'ASCANIE 606-649
- ? ?
Union(s) et enfant(s)
-
Mariée le 5 février 649, Chelles, 77500, Seine-et-Marne, Île-de-France, FRANCE, avec
Clovis II DE NEUSTRIE 635-657
dont
- Clotaire III DE NEUSTRIE 652-673
- Childéric II DE NEUSTRIE 653-675
- Thierry III DE NEUSTRIE 654-691
Événements
- vers 630 :
-
Naissance
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bathilde
Bathilde (dite aussi autrefois Bauthieult, Bauteuch ou Baudour), née vers 630 et morte le 30 janvier 6801 à Chelles, est une reine des Francs, épouse de Clovis II.
Elle est reconnue sainte par l'Église catholique.
Elle vint en Gaule vendue comme esclave originaire de l'Angleterre anglo-saxonne.
Elle fut acquise comme servante, encore adolescente, par Erchinoald (ou Archambaut), maire du palais, qui l'employait pour lui servir à boire dans sa chambre (« eam instituit ut sibi in cubiculo pocula porrigeret »). Selon la Vie, après la mort de sa femme, il voulut l'épouser, mais elle se déroba en se cachant. Quelque temps plus tard, elle épousa Clovis II, roi de Neustrie et de Bourgogne (peut-être en 649.
Bathilde (dite aussi autrefois Bathieult, Bateuch ou Baudour), née vers 630 et morte le 30 janvier 680 à Chelles, est une reine des Francs, épouse de Clovis II. Les chroniques mérovingiennes (Chronique de Frédégaire et Liber Historiæ Francorum) disent très peu de choses sur Bathilde.
La principale source biographique est une Vita sanctæ Bathildis anonyme, écrite dès la fin du viie siècle, peu après sa mort (dite Vita A). Une version remaniée de cette hagiographie a été produite au début du ixe siècle (la Vita B) : le remaniement porte sur le style, mais consiste aussi en l'ajout de détails dans le sens de l'exaltation du personnage. Ces Vies ont eu une postérité littéraire dès le Moyen Âge : on conserve une Vie de sainte Baltelt roine, en ancien français et en prose, datant du xiiie siècle, et un Miracle de sainte Bauteuch du xive siècle. Bathilde apparaît aussi comme personnage dans des romans médiévaux comme Theseus de Cologne ou Ciperis de Vignevaux (xive siècle). La Vita A, source primaire, est très succincte sur ses origines : elle vint en Gaule vendue comme esclave (« vili pretio venumdata »), et sa provenance est indiquée par les expressions « de partibus transmarinis » et « ex genere Saxonum » (§ 2).
Cette dernière information est confirmée par le Liber Historiæ Francorum (« accepitque uxorem de genere Saxonorum nomine Bathilde »). On en déduit qu'elle était originaire de l'Angleterre anglo-saxonne. L'hagiographe développe le thème religieux des petits et des humbles élevés aux honneurs par la Providence divine (« qui de parvis efficit magnos, immo qui de stercore elevat pauperem », etc.), ce qui fait penser à une origine très modeste du personnage. L'idée d'une origine plus illustre est glissée au passage parmi les ajouts de la Vita B (« Claro namque sanguine, licet alterius gentis serviret obsequiis »), mais rien n'est précisé. Dans la Vie de sainte Baltelt roine du xiiie siècle, on passe à l'idée d'un lignage royal, dans un scénario romanesque : « Cheste dame fut nee de Sessoigne et estraite de roiale lignie, et fut en sa jonece ravie des mescreans ». Ce qui n'empêche pas l'auteur, peu gêné par la contradiction, de reprendre le même thème religieux que l'hagiographie : « Car il fait des petiz grans [...], si comme nous veons qu'il est aempli en ceste glorieuse roine ». En plus de l'invention d'un lignage royal, on note dans ce texte tardif une confusion entre les Saxons d'Angleterre et la Saxe continentale (Sessoigne, en anglais Saxony), qui au surplus, au viie siècle, n'était pas encore évangélisée. Elle fut acquise comme servante, encore adolescente, par Erchinoald (ou Archambaut), maire du palais, qui l'employait pour lui servir à boire dans sa chambre (« eam instituit ut sibi in cubiculo pocula porrigeret »). Selon la Vie, après la mort de sa femme, il voulut l'épouser, mais elle se déroba en se cachant. Quelque temps plus tard, elle épousa Clovis II, roi de Neustrie et de Bourgogne (peut-être en 6494,5). Quant à la logique de cette série d'événements, l'hagiographe est très vague et se contente d'un commentaire religieux : par sa pudeur et son humilité auprès d'Erchinoald, elle s'est rendue digne d'une élévation encore plus grande. Certains historiens pensent qu'Archambaut l'a présentée au jeune roi (ou à sa mère Nanchtilde) pour favoriser son propre rôle politique.
La Chronique de Frédégaire qualifie Bathilde de « reginam prudentem et elegantem ». Selon la tradition, elle aurait grandement influencé son époux pour qu'il mène le royaume d'une main ferme. D'après une légende apparue vers le xiie siècle, dite des « énervés de Jumièges », elle le poussa à sanctionner durement ses deux plus jeunes fils qui s'étaient rebellés contre lui : les nerfs des jambes brûlés, ils furent abandonnés dans une barque sur la Seine, et recueillis à l'abbaye de Jumièges. Clovis et Bathilde auraient été présents lors de leur entrée à l'abbaye. Cette histoire est invraisemblable de bout en bout (leur fils aîné Clotaire III avait cinq ans à la mort de son père), mais elle fut insérée à la fin du Moyen Âge dans les Vies latines et françaises de Bathilde.
Elle eut cinq enfants, dont Clotaire III, roi de Neustrie et de Bourgogne, Childéric II, roi d'Austrasie, et Thierry III qui succède à Clotaire III À la mort de son mari elle exerce la régence de 657 à 659, au profit du seul Clotaire et soutenue par Erchinoald, pour éviter le démembrement du royaume. Mais il semble qu'elle doive affronter la fronde des grands d'Austrasie, aspirant à la renaissance du royaume d'Austrasie. Afin de conserver la paix et l'unité du Regnum, elle accepte de laisser Childéric, son second fils, monter sur le trône d'Austrasie, sous la tutelle de Wulfoald6.
La reine s'entoure de conseillers ecclésiastiques, l'évêque de Rouen saint Ouen, l'évêque de Noyon saint Éloi, l'évêque de Paris Chrodobert et l'abbé Genès. Veillant donc au respect des règles dans le clergé, elle comble l’Église de bienfaits, relevant des monastères et en fondant de nouveaux. Elle évite les conflits, veille à l’application de la justice, et envoie des missionnaires en Allemagne.
Bathilde rend la vente et l'achat d'esclaves définitivement illégaux, sans toutefois obliger les propriétaires, souvent d'ancienne origine gallo-romaine, des grandes exploitations d'affranchir les leurs immédiatement. Le système finira par s'éteindre. Quant aux captifs venus de l'étranger et proposées à la vente, elle décrète qu'ils deviennent obligatoirement libres sur le sol Franc. Elle s'efforce d'interdire la vente des enfants, et essai aussi de faire interdire la vente d’esclaves chrétiens sur les marchés extérieurs. La reine rachète alors de nombreux captifs. De plus, elle libère de nombreux chefs de famille emprisonnés pour dette fiscales, dénonçant le principe de l'impôt payé en fonction du nombre de personnes au foyer, ce qui a parfois pour conséquence qu'on laissait mourir les nouveau-nés6. Enfin, elle combat la simonie dans le clergé.
Abbaye de Chelles. Elle fonde deux monastères royaux :
abbaye de Corbie (moines, entre 657 et 661) abbaye de Chelles (moniales, entre 657 et 660). De nombreux établissements religieux sont également soutenus par la reine :
abbayes royales de Saint-Denis, de Saint-Martin de Tours abbayes de Jumièges, de Saint-Wandrille de Fontenelle, de Luxeuil, de Jouarre, de Saint-Benoît-sur-Loire, de Abbaye Saint-Pierre de Montier-la-Celle basiliques de Saint-Germain d'Auxerre, de Saint-Médard de Soissons, de Saint-Aignan d'Orléans Curieusement, la Vie de saint Wilfrid, du moine anglo-saxon Étienne de Ripon, donne de Bathilde une tout autre image : au § 6, le jeune Wilfrid est dit être resté pendant trois ans se former auprès de « Dalfinus », évêque de Lyon, qui voulait faire de lui son héritier, mais la reine Balthide, nouvelle Jézabel, fit à cette époque exécuter neuf évêques, dont Dalfinus, et Wilfrid dut s'enfuir (« Nam illo tempore malivola regina nomine Baldhild Ecclesiam Domini persecuta est : sicut impiissima regina Gezabel prophetas Dei occidit, ita ista [...] novem episcopos occidere jussit, ex quibus unus est iste Dalfinus »). Ce « Dalfinus » n'est sûrement autre que saint Ennemond, qui fut exécuté vers 658, donc sous la régence de Bathilde. Cette histoire est reprise par Bède le Vénérable (Histoire ecclésiastique du peuple anglais, V, 19), qui précise d'ailleurs que l'évêque Dalfinus fut décapité, et qui incrimine aussi nommément Bathilde (« Namque Baldhild regina missis militibus episcopum jussit interfici »). Cependant, il est peu probable qu'une reine qui aurait fait exécuter plusieurs évêques ait été canonisée ; les historiens modernes incriminent plutôt le maire du palais Ébroïn, connu pour ses violences.
La dernière intervention politique de la reine est mentionnée dans une charte de l'évêque d'Amiens Berthefrid datée de 664, au sujet de l'abbaye de Corbie.
La Vita Bathildis ne précise pas la raison pour laquelle la reine quitta le pouvoir. La situation autour d'elle devenait de plus en plus violente. Vers 665, l'évêques de Paris Sigebrand (Sigobrandus), l'un de ses conseillers, fut assassiné.
Blanson de la ville de Chelles. Aussi en dépit de sa volonté, se retira-t-elle à Chelles dans le monastère fondé par elle auparavant9.
La sœur Bathilde y passa ses dernières années, en tant qu'humble religieuse servant l'abbesse Bertille, d'autres sœurs, les hôtes et notamment les pauvres.
Ayant contracté une grave maladie, elle y mourut le 30 janvier 680 ou 681, vers l'âge de cinquante ans, et fut inhumée dans un mausolée placé au fond de l'abside orientale de l'église de la Sainte-Croix près de l'abbaye de Chelles.
« Post præclara omnium virtutum opera, usque ad evangelicam perfectionem voluntarie se sancto proposito subdidit, ut vera Dei famula sub sancta religione beatam vitam feliciter consummavit. (au terme de ses actes glorieux dans le siècle, elle a recherché la perfection évangélique, et telle une servante de Dieu a achevé sa vie en moniale). »
— antienne du Benedictus de l'office auprès de l'ancienne abbaye de Chelles
Quand l'heure de sa mort arriva, la légende dorée raconte qu'elle eut la vision d'une échelle dressée devant l'autel de la Vierge Marie, touchant ainsi le ciel et pénétrant ses secrets en compagnie des anges. Même si ce récit n'est qu'une légende, l'échelle figure aujourd'hui sur le blason de la ville de Chelles Outre sa politique destinée à maintenir la concorde entre les trois royaumes (Austrasie, Neustrie, Bourgogne), les historiens retiennent de son règne sa lutte avant-gardiste contre l'esclavage :
« Plus âgée que son époux, elle a une grande influence sur le roi, le poussant à gouverner le royaume d'une main de fer. Sous les conseils de Saint Éloi, et très certainement marquée par son enfance, elle va tout faire pour l'interdiction définitive des marchés d'esclaves sur ses terres, provoquant la disparition de l'esclavage dans les royaumes francs. » « À titre privé, elle achète des captifs qu'elle libère ou qu'elle fait entrer dans les monastères. Le concile de Chalon-sur-Saône se fait l'écho de cette sollicitude donnant force de loi canonique à des dispositions légales (comme les prohibitions de ventes d'esclaves). »
Cette sainte reine mérovingienne fut entourée d'un culte par les premiers membres de la maison carolingienne. D'abord, certaines princesses devinrent abbesses de l'abbaye de Chelles fondée par elle. Surtout, le monastère accueillit Gisèle, la sœur de Charlemagne. Ensuite, la translation de ses ossements vers une nouvelle chapelle, en tant que reliques, fut effectuée le 17 mars 833 en présence de l'évêque de Paris. Enfin, la célébration définitive du 30 janvier, déjà mentionnée en 822 par l'abbé de Corbie, ainsi que celle du 17 mars, la fête de la translation, furent établies sous le règne de Louis le Pieux. Une particularité de l'office à Chelles était ses répons avec lesquels était célébrée la vie de cette sainte selon la Vita Bathildis, par exemple « elle qui avait fui le mariage avec un prince, épousa, par la volonté de Dieu, un roi pour le salut du peuple ».
Bathilde fut canonisée définitivement au xie siècle par le pape Nicolas II.
Au regard des antiennes de la fête de sainte Bathilde, le 30 janvier, l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes adopta deux antiennes dans le tome V de l'Antiphonale monasticum sorti en 2008, la première édition critique du chant grégorien14. D'une part, il s'agit d'un autre texte pour le Benedictus. D'autre part, une antienne pour l'hymne Magnificat des vêpres :
« S. BATHILDIS, MONIALIS (In Gallia)
Ad Laudes matutinas - Ad Benedictus (chantée avec notation) : Quam pulchra es Bathildis, et quam decora in deliciis ! in qua incundam sibi Deus habitationem præparavit. E u o u a e.
Ad Vesperas (chanté avec notation) : Ancila fidelis et sponsa electa intravit in cor et gaudium Domini sui, cuius amore languebat. E u o u a e. »
— die 30 ianuarii
(Son Prénom Baldechildis Signifie- Ancienne Esclave)
C'est une anglo-saxonne achetée par Erchinoald. Le maire du palais lui fait épouser Clovis II auquel elle donne trois fils : Clotaire III, Childéric II et Thierry. Après la mort du roi en 657, elle règne au nom de son fils Clotaire, aidée des évêques et d'Erchinoald. Lorsque le maire du palais décède, Ébroïn lui succède et écarte Bathilde du pouvoir en 664. Bathilde se retire au monastère de Chelles qu'elle a fondé ainsi que celui de Corbie. Elle protège les abbayes de Jumièges et de Saint-Wandrille. Elle meurt à Chelles le 30 janvier 680. Bathilde est inhumée à l'église Sainte-Croix. Bathilde est canonisée par le pape Nicolas Ier au IXème siècle.
http://www.histoirdefrance.fr/reines/reinmero.htm
Merci à Philippe PALACIN (Généanet) pour le texte suivant :
Evenement Source : Planète Généalogie ) Sainte Bathilde d'Ascagnie et de Chelles Reine, régente des Francs, moniale à Chelles. n. ca 626. d. 30 janvier 680. Née en Angleterre, elle était fille de Sisoigne, prince d'Ascagnie. Enlevée encore enfant par des corsaires danois, Bathilde fut vendue comme esclave au maire du palais du royaume de Neustrie, Erchinoald, qui avait l'intention de l'épouser. Mais, remarquée par Clovis II (634-657), roi de Neustrie et de Bourgogne, il l'épouse en 651. Elle deviendra l'habile et prudente conseillère de ce roi maladif dont elle eut trois fils qui régnèrent: Clotaire III, roi de Neustrie et de Bourgogne, Childéric II, roi d'Austrasie, et Thierry III qui succéda à Clotaire III. Veuve pendant leur minorité, elle devint régente du royaume (656-664), conseillée par les saints Éloi et Léger. Elle gouverna avec sagesse, malgré les épreuves et les intrigues de palais : l'ambition de la famille de Pépin d'Héristal en Austrasie et la mort d'Erchinoald, son fidèle et prudent protecteur et serviteur. La disparition de ce dernier précipita les malheurs de la régente dont les talents et les efforts ne suffirent pas à assurer les projets. On rapporte qu'elle aimait les évêques comme ses pères et les religieux comme ses frères. Généreuse avec les pauvres, à l'écoute des malheureux, des veuves et des orphelins, présidant à l'éclosion du monachisme, elle fonda hôpitaux et monastères dont ceux de Corbie (657) et de Chelles (660). Elle ne ménagera pas sa peine pour le rachat des captifs, la suppression de l'esclavage, le maintien de la paix et l'établissement d'un juste impôt. Offensée par le meurtre de l'évêque de Paris, Sigebrand, à l'instigation d'Ebroïn devenu maire du palais, et déçue de ne pas pouvoir mieux protéger ses amis des menées de ce comploteur, elle est forcée de laisser les embarras du pouvoir et le royaume en 664 pour se retirer à l'abbaye royale de Chelles. Elle avait alors trente et un ans et y resta jusqu'à la fin de sa vie, occupée aux plus simples besognes, se vouant au secours des malades et des pauvres, dans l'humilité, l'abaissement volontaire et la soumission à l'abbesse Bertille. "Il me semble, disait-elle, que le plus grand bonheur qui puisse m'arriver, c'est d'être foulée aux pieds de tout le monde." À sa mort dont elle eut la vision, le 30 janvier 680, ses consoeurs virent monter son âme au Ciel. Canonisée au IXe siècle par le pape Nicolas Ier, elle est la sainte patronne des enfants. Le monastère de Chelles garde sa châsse ainsi que celle de saint Eloi. Fête universelle le 26 janvier. Le 30, en France. Son culte est répandu dans les Iles Britanniques. --- : Evenement Juste avant sa mort, Bathilde d'Ascanie a une vision : une échelle d'or appuyée sur l'autel de la vierge l'attend pour la mener au ciel. Cette échelle figure dans les armoiries de l'abbaye, puis de la ville de Chelles. Bathilde meurt le 30 janvier 680 à l'abbaye de Chelles. Elle y est inhumée dans un sarcophage de pierre
***
https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article2214
Comme Radegonde, Bathilde fut canonisée ; comme cette reine, elle finit dans un monastère une vie commencée dans la captivité, et dont une partie s’écoula sur le trône ; mais une grande nuance marque le caractère de ces deux femmes. Sainte Radegonde, d’une âme ferme et d’un génie élevé, tourna toute son énergie vers les moyens de quitter le trône, et ne déploya ses rares talents que dans le gouvernement de son monastère. Sainte Bathilde, douée des vertus les plus douces, et qui semblait ne vivre que pour la modestie et l’humilité, fut appelée à gouverner et ne s’ensevelit dans le cloître que pour échapper aux embarras du pouvoir.
On ne sait rien de la naissance de Bathilde. Amenée enfant en Neustrie par des pirates danois, elle fut achetée comme esclave par le maire Erchinoald. Elle avait été enlevée sur les côtes de l’Angleterre. Plus tard on a dit qu’elle était du sang royal des Saxons, mais rien ne vient à l’appui de cette supposition, ni dans les traditions des rois de l’Heptarchie, ni dans nos chroniques. Elle grandit sous les yeux de la femme d’Erchinoald qui l’avait prise en grande affection ; à l’âge de quatorze ans sa beauté était déjà digne d’admiration, et Clovis II en devint épris.
Lorsque Erchinoald vit que la passion du jeune roi prenait un caractère sérieux, il pensa que l’ascendant de Bathilde pourrait être utile au prince, et conserver aussi celui du maire. Il encouragea Clovis dans la pensée d’élever Bathilde au trône. Un honneur si peu attendu n’altéra pas la modestie de Bathilde, rien ne changea dans ses manières, elle ne fit servir son crédit qu’au soulagement des pauvres et au bien de la piété. Le mariage eut lieu en 651.
Peu de temps après son union avec Clovis qui n’avait encore que dix-sept ans, ce roi fut atteint d’une maladie de langueur, qui altéra les facultés de son esprit et lui fit peu à peu perdre presque entièrement la raison. Bathilde, si jeune elle-même, consulta dans ce malheur la piété et la bonté de son cœur ; elle laissa au maire Erchinoald la partie la plus difficile de l’autorité, elle se réserva le soin de veiller attentive auprès du roi et d’adoucir son malheur ; autour d’elle tout respira la décence : point de scandale, point de division. Elle avait pour tous de douces paroles, elle accordait les grâces au nom du roi, elle faisait agréer ses refus par des manières agréables.
Bathilde, respectée et chérie, maintenait tout en paix autour d’elle, et n’aurait eu d’autre douleur que celle de voir l’état pénible du roi, si un dérangement dans les saisons n’eût amené la famine dans les états de Clovis. Bathilde persuada Clovis de faire servir au soulagement des pauvres, quelques-unes des richesses de l’église de Saint-Denis ; à sa voix on enleva une voûte de pur argent construite par Dagobert Ier pour le tombeau des trois martyrs Denis, Rustique et Éleuthère.
L’abbé de Saint-Denis lui-même, Agulf, fut chargé d’en distribuer le prix ; mais la reine, qui avait fait servir aux besoins pressants des pauvres cet argent consacré à l’ornement des autels, voulut offrir un dédommagement à l’abbaye. Clovis II tint un plaid où, par le libre concours des leudes, il régla que l’abbaye de Saint-Denis ne relèverait d’aucun évêque, que son abbé porterait la crosse et la mitre, qu’il aurait le rang et la dignité de prélat, et que le monastère serait maître exclusif et perpétuel, sans redevance ni partage, de toutes les choses qui étaient actuellement en sa possession ou qu’il pourrait acquérir.
C’est ainsi que Bathilde agrandit le pouvoir de cette abbaye célèbre, au sein de laquelle ont été élevés plusieurs de nos rois, et d’où sont sortis des hommes illustres. Le nom de Suger seul rendrait l’abbaye de Saint-Denis recommandable ; les travaux des religieux de Saint-Denis nous ont fourni des chroniques précieuses.
Le règne de Clovis devait en outre être marqué par le commencement de la grande lutte entre l’Austrasie et la Neustrie. On a vu ces provinces souvent hostiles ; il faudra que leurs prétentions croissent jusqu’à ce que le génie de Charlemagne, en les réunissant pour un temps, jette les fondements de leur force respective, et qu’il en sorte à la fin deux grandes puissances, la France et l’Allemagne.
Sigebert venait de mourir en Austrasie (656) ; la piété et la vertu de ce roi l’avaient rendu l’objet de la vénération et de l’amour des peuples. Les talents de Pepin de Landen avaient longtemps fait la force de l’Austrasie ; mais quand Pepin était, son fils Grimoald avait mis l’intrigue et l’habileté à la place de la force et de la loyauté, affirmant après la naissance de Dagobert qu’il avait secrètement fait adopter son propre fils par Sigebert avant la naissance de ce même Dagobert. Mais à peine l’acte avait-il été signé (vers 652) que la reine Himnechilde, femme de Sigebert, devint mère d’un fils nécessairement destiné au trône, et que Sigebert en mourant recommanda à Grimoald ; l’adoption devenait nulle.
Le maire proclama le jeune Dagobert, mais, au bout de quelques mois, de lamentables récits coururent parmi le peuple sur un mal étrange dont la vie de l’enfant était menacée ; bientôt on annonça sa mort, bien qu’il fût toujours vivant ; on fit des funérailles solennelles ; toute l’Austrasie pleura, car les Austrasiens avaient vu, avec une grande joie, naître un fils à Sigebert, et la mort de ce jeune enfant leur faisait redouter l’autorité des rois de Neustrie. Ils étaient en proie à ces inquiétudes, lorsqu’on entendit avec étonnement publier l’adoption que Sigebert avait faite autrefois du fils de Grimoald.
Si les leudes d’Austrasie craignaient la réunion avec la Neustrie, ils ne voyaient pas sans jalousie l’élévation de Grimoald ; dans ce premier moment de surprise ils consentirent à reconnaître son fils Childebert, mais bientôt les plus mécontents formèrent une imposante faction contre lui. Erchinoald, toujours maire de Neustrie, entretenait de loin ces mécontentements ; quand il jugea le moment favorable, il arma la Neustrie. Bathilde crut devoir soutenir courageusement les droits de son mari et de ses fils.
Mais au moment où Grimoald se préparait à combattre, les Austrasiens armés pénètrent tumultueusement dans sa tente, l’enlevèrent lui et le jeune Childebert, son fils, et le livrèrent à Erchinoald (657) ; les armées d’Austrasie et de Neustrie, confondues et mêlées, firent éclater leur joie sans aucune effusion de sang. Grimoald, conduit à Paris, fut mis à mort. On ne sait ce que devint son fils : resta-t-il sur le trône d’Austrasie avant d’être tué en 662 ? Clovis II s’empara-t-il de ce trône, réunissant ainsi la Neustrie et l’Austrasie, celles-ci étant gouvernées par Erchinoald, le maire du Palais ? Quoi qu’il en soit, Clovis mourut cette même année 657.
Une légende forgée au XIIe siècle et dite des énervés de Jumièges, longtemps accréditée mais dont on sait aujourd’hui qu’elle est fausse, prétend que Clovis II et Bathilde auraient condamné deux de leurs fils pour s’être révoltés contre leur autorité paternelle et royale, « à perdre la force et la vertu de leurs corps ». La reine « tantost fit admener devant elle ses deux enfants, et leur fit cuyre les jarrets ». Au XVIe siècle, Ronsard fait allusion à cette barbarie de Bathilde dans les visions prophétiques du quatrième livre de sa Franciade :
Leur mère adonc, ah ! mère sans merci !
Fera bouillir leurs jambes, et ainsi, Tous meshaignez, les doit jeter en Seine.
La légende se poursuit en disant que les pauvres princes, après avoir souffert cette opération cruelle avec résignation, renoncèrent pour l’avenir à toute participation dans les affaires du monde, et consacrèrent tout leur temps aux prières et aux pratiques de charité. Or, « le roy qui regardoit ses enfants que nulle fois se levoient, mais toujours se seoient, en eust pitié au cœur ; et un jour vint à la royne pour lui découvrir sa pensée, et lui dit : Ah ! à Dame, comme pourrions-nous voir toute notre vie, ne endurer la tribulation de nos enfants ; et d’autre part, comme endurerons-nous que nous les séparons et ôtons d’avec nous, et que nous ne les voyons jamais ? »
De leur côté, les princes demandaient avec instance qu’on les laissât se retirer loin du palais dans quelque sainte maison pour y faire pénitence. La reine fut d’avis de se rendre à leur désir, et elle dit au roi que cette affaire regardant la Providence, il fallait remettre les princes à la merci de Dieu. « Pourtant, très cher sire, continua-t-elle, il serait convenable que leur fissiez faire une nef en scainne [seine], si bonne et si grande que leur vivre et leur vêture puisse être avec eux ; puis les deux enfants se metteront dedans, et un serviteur qui les servira ; et quand notre seigneur les aura conduits où son bon plaisir sera, le serviteur reviendra et nous dira le pays et le lieu de leur habitation. »
La tradition rapporte que le conseil de Bathilde fut exactement suivi : on manda des ouvriers qui construisirent incontinent « la nef comme la royne l’avoit désirée, y faisans chambrettes et habitations telles qui leur appartenait pour eux et pour leurs choses. » Bientôt, tout étant disposé pour leur départ, les deux jeunes gens, pleins de confiance dans le ciel, s’embarquèrent en présence du peuple assemblé, et quittèrent la rive. La barque les porta en Normandie, « en un lieu qui étoit environné de grandes montagnes pleines de fosses et de roches. Près de là où la nef étoit, et où elle avoit pris port, avoit un lieu que ceux du pays appelait Jumyères. » Le bateau descendit donc jusqu’à la presqu’île où saint Philibert venait de fonder le monastère de Jumièges. Les moines recueillirent les énervés, et à leur mort, leur firent élever un tombeau.
En témoignage de sa véracité, les moines montraient avant la Révolution, dans l’abbaye de Jumièges, un tombeau que le Père Duplessis a décrit en ces termes : « Il est élevé de deux pieds environ au-dessus du pavé, et représente en relief deux jeunes seigneurs âgés de seize ou dix-sept ans au plus, couchés de leur longueur sur le dos. Leur habillement est noble : ce sont de longues robes qui leur descendent jusqu’aux pieds ; la tunique intérieure, fermée sur la poitrine avec une boucle ou une agrafe de pierreries, laisse le cou entièrement découvert ; ils ont la tête nue, ceinte en forme de diadème, d’un bandeau semé par intervalle de pierres précieuses ; leur chevelure frisée et bouclée ne descend guère au-dessous des oreilles ; enfin, leur chaussure était liée vers la cheville du pied simplement ; mais l’intérieur de cette espèce de brodequin ne parait plus, parce que les pieds ont été brisés. »
A cette description , on peut ajouter ce que rapporte dom Langlois dans son Brief Recueil des antiquités de Jumièges : « Sur ce tombeau sont les deux figures et effigies de ces deux fils, eslevez en sculpture fort antique, vestus de longs habits diaprez et parsemez de fleurs de lys sans nombre, en la façon des anciens roys. » Enfin, sur la base du mausolée, on lisait une épitaphe en vers latins, qui résumait l’histoire des énervés.
Le savant Mabillon, loin de défendre la tradition, chercha à établir que les deux personnages représentés sur le tombeau étaient Tassillon duc de Bavière, et son fils Théodon, confinés dans un monastère pour avoir voulu soulever les Huns contre Charlemagne. De son côté, le Père Duplessis émit le soupçon que ces deux effigies pouvaient être celles des enfants de Carloman (maire du Palais d’Austrasie entre 741 et 747), fils aîné de Charles Martel et frère de Pépin le Bref.
Guillaume de Jumièges, qui écrivait une histoire de l’abbaye au onzième siècle, ne fait aucune mention de l’aventure des énervés. Il est impossible ensuite de supposer le mausolée antérieur au sac de Jumièges par les soldats de Hastings, qui commirent les plus épouvantables dégâts dans ce monastère, dont le sol encombré de ruines resta désert pendant près de soixante ans. D’ailleurs, si l’on étudie le style du tombeau, d’après le souvenir de ceux qui l’ont vu, d’après les gravures qui le représentent, le caractère des figures, les vêtements et les ornements des deux statues, ne peuvent être attribués qu’à un artiste du treizième siècle. La tête dont nous donnons la représentation suffit pour asseoir un jugement à cet égard.
Cette légende des énervés de Jumièges est donc une fable. Au demeurant, lorsque Clovis II mourut en 657, son fils aîné, Clotaire, avait cinq ans, ce qui exclut toute possibilité d’une révolte... Enfin, Clovis II ne se fit jamais pèlerin en terre sainte, et ses trois fils, qui jamais ne furent moines, régnèrent. Ceci n’empêchera pas le célèbre Jules Michelet de faire au XIXe siècle de ce récit le symbole de la décadence des Mérovingiens !
A la mort de Clovis II, Bathilde prit la régence sans que personne songeât à la lui disputer. D’abord elle ne vit point d’autres ennemis à redouter que ceux que lui suscitait en Austrasie la famille de Pépin ; car Grimoald avait laissé un neveu, Pépin d’Héristal, fils de Begge et d’Anségise (Begge était fille de Pépin de Landen). Pour empêcher les amis de Pépin de prendre trop d’influence en Austrasie, la sage Bathilde fit reconnaître à Metz son fils Childéric II ; et, comme la reine Himnechilde, veuve de Sigebert, était naturellement intéressée à réprimer l’ambition de Pépin et qu’elle avait une fille dont l’alliance avec Childéric II pourrait un jour cimenter l’union de la Neustrie et de l’Austrasie, Bathilde confia à cette reine le soin de son fils. Elle choisit Wload pour maire du palais d’Austrasie.
L’activité et la prudence marquèrent toutes les démarches de la reine : elle gouverna la Neustrie pour son fils Clotaire III, et laissa l’Austrasie aux soins de son nouveau maire Wload (on ne sait si à cette époque, Childebert l’Adopté était toujours vivant et officiellement sur le trône d’Austrasie) ; mais tandis qu’elle méditait d’utiles réformes, elle eut la douleur de perdre l’homme éclairé auquel elle devait son élévation ; Erchinoald mourut.
On s’étonne en étudiant les événements de ce temps, que l’histoire ne se soit pas arrêtée davantage sur les services d’Erchinoald dont la modération, l’équité, la douceur rendirent la Neustrie heureuse pendant la minorité de deux rois ; on ne parle ordinairement de lui que pour rappeler l’adresse avec laquelle il ménagea le mariage de son esclave avec le roi, et on impute à sa seule ambition un acte qui lui assurait le pouvoir. Quand il serait vrai qu’un motif d’intérêt personnel n’eût pas été étranger à ses vues d’avenir, ne devrait-on pas louer l’habileté qui lui fit deviner le mérite de Bathilde, et la sagesse avec laquelle il l’aida dans son gouvernement ? La prudence d’Erchinoald eut une si grande part à la paix du règne de Clovis II et à celle du commencement de la régence de Bathilde sous Clotaire III, que tous les efforts et tous les talents de la reine ne purent prévenir les malheurs qui vinrent après lui.
Bathilde aurait voulu donner la mairie du palais à Leudésic, fils d’Erchinoald ; mais Leudésic était d’un caractère faible, les leudes restaient incertains, et les artifices d’un homme dont personne ne contestait le talent prévalurent auprès d’eux. Cet homme se nommait Ébroïn. Dans les premiers temps, le respect qu’inspirait Bathilde contraignit Ébroïn à travailler de concert avec elle dans des vues pacifiques ; mais de jour en jour l’ambition du maire se trahissait : la reine chercha autour d’elle quel appui elle trouverait pour l’aider dans le bien, et choisit Léodgar (canonisé plus tard sous le nom de saint Léger), neveu de l’évêque Dodon, prêtre pieux et docte, sévère dans ses vertus, persévérant dans ses projets, qui déplut aussitôt à Ébroïn, mais dont il fallut que celui-ci souffrît et ménageât le crédit ; car Bathilde conservait encore son ascendant sur les leudes et sur le peuple.
Elle s’en servit pour le bonheur de tous. D’abord elle voulut abolir les distinctions de races qui tendaient à s’affaiblir de jour en jour et qui ne se maintenaient plus que par les lois de Clovis, lois que le mélange des familles rendait difficiles à appliquer. Entre les vexations qui depuis la conquête pesaient sur les vaincus, il y avait un cens que payait toute personne née de race gauloise : les pères exposaient ou vendaient leurs enfants pour se soustraire à l’impôt. Sainte Bathilde abolit ce cens.
Elle racheta en outre tous les enfants que leurs mères avaient mis en esclavage, et elle fit une loi sévère pour empêcher de vendre désormais ou d’acheter des esclaves. Bathilde avait été vendue comme esclave ; elle s’en souvint. L’abolition de cette charge fut le dernier acte important de l’administration de cette bonne reine. Vers 660 un événement fâcheux l’engagea à abandonner le gouvernement quelque temps après. A la mort du dernier évêque d’Autun, deux compétiteurs s’étaient en effet disputé le siège épiscopal, et avaient poussé leurs débats jusqu’à se défier en duel : l’un tua l’autre ; le second fut exilé ; et ce scandale, qui avait divisé la ville, demandait une main ferme et prudente pour être réparé.
Bathilde jugea que Léodgar était seul capable de ramener la paix ; elle lui fit accepter le siège d’Autun en 661. La confiance qu’elle avait eue ne fut pas trompée. Léodgar adoucit les esprits, affermit les peuples dans la piété, donna l’exemple de la vertu ; mais la difficulté même de la position exigeait sa présence à Autun et son éloignement de la cour. La reine, qui lui avait adjoint dans le conseil Sigebrand, évêque de Paris, espérait encore contenir le génie d’Ébroïn. Mais les artifices secrets du maire étaient près de porter leur fruit. Sigebrand, dont la calomnie a voulu flétrir le caractère, n’eut d’autre tort que celui de manquer de discrétion et de modestie. Il était fier de la confiance royale ; il connaissait le mauvais vouloir du maire : il offensa par sa vanité la susceptibilité des leudes, et par ses imprudences il donna prise à la malignité de leurs discours.
Ébroïn sut se servir de leur jalousie pour se défaire de son rival. Un jour que l’évêque venait de quitter la cour pour se rendre dans son évêché de Paris, la reine voit tout à coup entrer chez elle des hommes couverts de sang. C’étaient les principaux de ses leudes. Ces hommes insolents lui disent : « Ne reconnais-tu pas ce sang ? C’est celui de l’évêque Sigebrand, dont les conseils te séduisaient ; toi-même, ô reine ! qu’as-tu à faire ici ? Ne peux-tu laisser le roi à la garde de ses leudes, et le palais n’est-il pas suffisamment gouverné par le suaire Ébroïn ? »
L’audace de ce crime imprima dans le cœur de la reine une horreur si profonde, elle avait si peu mérité cet outrage, qu’elle se sentit offensée dans ses sentiments les plus clins. Elle reconnut l’influence d’Ébroïn ; elle ne crut pas devoir soutenir la lutte ; elle aima mieux abandonner le pouvoir dans lequel elle n’avait jamais vu que l’accomplissement de ses devoirs comme épouse, comme reine et comme mère ; déjà quand elle avait nommé Léodgar à l’évêché d’Autun, c’était en partie pour le soustraire aux menées d’Ébroïn, et pour ne pas laisser plus longtemps en présence l’un de l’autre deux hommes opposés de sentiments et tous deux incapables de céder : l’un, parce qu’il avait l’audace du crime ; l’autre, parce qu’il portait dans ses censures l’inflexibilité d’une vertu rigide. Le meurtre de Sigebrand apprit à la reine que son autorité serait désormais impuissante pour protéger ses amis.
Elle quitta la grandeur avec joie, car bien souvent, au milieu des ennuis que lui donnait le soin de déjouer les complots d’Ébroïn, elle s’était promis que dès qu’elle le pourrait, elle descendrait du trône et consacrerait tous ses jours à la piété. Elle laissa le royaume à son maire en 664 ; et en Bourgogne, dans une jolie vallée, où la reine Clotilde avait autrefois fondé le monastère de Chelles (transformé par Bathilde en abbaye royale et doté d’une basilique en 662), elle alla prendre le voile et vivre comme la plus humble des religieuses. Entre toutes les vertus religieuses, c’est l’humilité et l’abaissement volontaire que sainte Bathilde parut embrasser avec le plus de zèle, car on la voit soumise à l’abbesse Bertille, préférer les œuvres les plus basses et se plaire à servir ses sœurs. De cette retraite elle employa les dons qu’elle avait reçus de Clovis II à fonder aussi le monastère de Corbie, et à faire des donations à d’autres établissements religieux. Elle fut canonisée par le pape Nicolas Ier au IXe siècle.
Elle eut trois enfants avec Clovis II : Clotaire (né en 652 et mort en 673), qui devint roi de Bourgogne et de Neustrie sous le nom de Clotaire III ; Childéric (né en juillet 653 et mort en 675), qui devint roi d’Austrasie sous le nom de Childéric II ; Thierry (né en 654 et mort en 691), qui disputa la Bourgogne et la Neustrie à son frère Childéric II lorsque celui-ci s’en empara à la mort de Clotaire III, et qui devint roi des Francs sous le nom de Thierry III.
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sclave devenue reine des Francs, épouse de Clovis II, Bathilde (v.630-680) influe sur la politique du royaume puis exerce la régence. Elle s’efforce de maintenir la paix et fait interdire la vente d’esclaves sur ses terres.
Bathilde, statue dans les jardins du luxembourgNée vers 626, Bathilde serait la fille de Sisoigne prince d’Ascainie, seigneur de Saxe, mais aucune preuve ne vient étayer cette filiation. Elle n’est encore qu’une enfant lorsque est capturée par des corsaires anglais au service d’un roi anglo-saxon que son père a attaqué. Bathilde est réduite à l’esclavage et vendue à Erchinoald (aussi nommé Archambaud) en 642. Ce dernier est le maire du palais du roi Clovis II. De retour en Gaule, Erchinoald met Bathilde au service de son épouse. La jeune Anglo-Saxonne se fait remarquer par sa douceur, ses grâces, son esprit, sa beauté, autant que par la sagesse de sa conduite. Le maire du palais, à la mort de son épouse, envisage de se remarier avec Bathilde. La jeune femme n’a aucune envie de devenir l’épouse de son maître et s’en va se plaindre à Clovis II alors âgé de 12 ans. Tout en écoutant les supplications de Bathilde, le roi est séduit par sa beauté et sa douceur. Il décide donc de l’affranchir et de l’épouser lui-même. L’union a lieu en 649. Bathilde et clovisSi certains seigneurs du royaume sont choqués de voir Clovis II épouser une esclave plus âgée que lui (Clovis II est né vers 635), l’Eglise accepte le choix du roi à une époque où elle se désole de voir des grands seigneurs tromper leur épouse légitime qu’on leur a imposé. Au moins dans ce cas, Clovis a pris pour reine qui il souhaitait.
Bathilde donna cinq enfants à son époux dont trois furent rois :
- Clotaire (né en 652 et mort en 673), qui devint roi de Bourgogne et de Neustrie sous le nom de Clotaire III,
- Childéric (né en juillet 653 et mort en 675), qui devint roi d’Austrasie sous le nom de Childéric II,
- Thierry (né en 654 et mort en 691), qui disputa la Bourgogne et la Neustrie à son frère Childéric II lorsque celui-ci s’en empara à la mort de Clotaire III, et qui devint roi des Francs sous le nom de Thierry III.
Sainte Bathilde, enluminure (Abbaye de Corbie)Clovis II meurt jeune le 31 octobre 657 vers 22 ans. Erchinoald continua de gouverner et Batilde, dont la sainteté inspirait aux Francs un extrême respect, est associée au gouvernement. Elle devient régente au nom de ses fils. Elle va alors tenter de réunifier le royaume autour de son aîné Clotaire III au détriment des deux autres. Le peuple aime énormément Bathilde pour sa simplicité et sa droiture. Durant sa régence, la reine abolit la coutume qui permet aux seigneurs d’avoir des esclaves et interdit la vente des enfants. Sans doute Bathilde a-t-elle été traumatisée par son expérience personnelle. Elle combat la simonie dans le clergé et s’intéresse beaucoup au développement des abbayes et fonde celles de Corbie, de Chelles ainsi que plusieurs hôpitaux.
En 659, le maire du palais Erchinoald meurt et est remplacé par Ebroïn. Ce dernier est un homme puissant, avide et brutal. Il commence par charger d’impôts le peuple et exige la montée sur le trône du second fils de Bathilde, Thierry III. Clotaire conserve la Neustrie. Les Austrasiens ne voulant pas le reconnaître, Batilde envoya à Metz son second fils, Childéric II, auquel les Francs donnèrent pour tuteur le duc de Wulfoald, qu'ils firent maire du palais d'Austrasie. Ce partage paraît avoir eu lieu en l'an 660. On ne sait rien avec certitude sur la régence de Batilde, mais elle voit le royaume se diviser à son grand regret.
N’acceptant pas de couvrir les crimes que le maire du palais et les grands seigneurs commettent en son nom, notamment celui de l'évêque de Paris Sigebrand, la reine est contrainte de se retirer à l’abbaye de Chelles en 664.
Quand l'heure de sa mort arriva, la "légende dorée" raconte qu'elle eut la vision d'une échelle dressée devant l'autel de la Vierge Marie, touchant ainsi le ciel et pénétrant ses secrets en compagnie des anges. Même si ce récit n'est qu'une légende, l'échelle figure aujourd'hui sur le blason de la ville de Chelles.
Ayant contracté une grave maladie, elle meurt le 30 janvier 680 ou 681, vers l'âge de cinquante ans, et fut inhumée dans un mausolée placé au fond de l'abside orientale de l'église de la Sainte-Croix près de l'abbaye de Chelles.
Le pape Nicolas Ier la canonise deux siècles plus tard et la petite esclave qui épousa un roi devint Sainte Bathilde.
En 1790, l'abbaye est fermée définitivement. Elle est vendue comme bien national en 1796, puis pillée, et détruite pendant la période révolutionnaire. Les églises Sainte-Croix et Saint-Georges, aujourd'hui réaménagées en centre de culture contemporaine, constituent avec les vestiges du cloître les derniers éléments encore visibles de l'abbaye de Chelles. Quant aux reliques de sainte Bathilde qui y étaient conservées elles furent sauvées par les habitants de Chelles et mises à l'abri dans l'église Saint-André où sa châsse se trouve toujours. - 5 février 649 :
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Mariage (avec Clovis II DE NEUSTRIE) - Chelles, 77500, Seine-et-Marne, Île-de-France, FRANCE
En 649, Clovis II prend pour épouse une esclave anglo-saxonne nommée Bathilde (626-680). Achetée à York par le maire du palais Erchinoald, elle est emmenée dans le royaume des Francs pour épouser Clovis II. Trois fils naissent de cette union :
Clotaire III (652-673), qui succède à son père comme roi de Neustrie et de Bourgogne (657-673) ;
Childéric II (653-675), qui devient roi d'Austrasie à la mort de Childebert l'Adopté (662-673), puis roi de tous les Francs à la mort de son frère aîné Clotaire III (673-675) ;
Thierry III (654-691), qui devient roi de Neustrie et de Bourgogne à la mort de son frère Clotaire III en 673. Son frère aîné Childéric II le détrône peu après. Il redevient roi de Neustrie et de Bourgogne à la mort de Childéric II (675-679), puis roi de tous les Francs
Clovis II épouse en 648 ou 649 ou en 651 Bathilde d'Ascanie. Leurs enfants sont :
Clotaire III (652-673), Roi de Neustrie et de Bourgogne,
Childéric II (653-675), Roi des Francs,
Theoderic ou Thierry III de Neustrie (vers 651 ou 655-690 ou 691), Roi des Francs, qui épousera :
en 675 Clotilde de Metz,
en 685 Dode de Hertsal.
Plus âgée que lui, Bathilde l'aurait grandement influencé pour qu'il mène le royaume d'une main ferme.
Clovis II sanctionne durement ses deux plus jeunes fils qui s'étaient rebellés contre lui. Selon la légende, dite des " énervés de Jumièges " (contée par Pierre de Ronsard), ils furent abandonnés dans une barque sur la Seine, et recueillis à l'abbaye de Jumièges. Clovis et Bathilde auraient été présents lors de leur entrée dans les ordres. - 2 février 680 :
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Décès - Chelles, 77500, Seine-et-Marne, Île-de-France, FRANCE
Décédée à l'âge de 50 ans d'une longue maladie dans le monastère où elle avait décidé de finir ses jours.
- 20 mars 685 :
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Inhumation - Chelles, 77500, Seine-et-Marne, Île-de-France, FRANCE
Eglise Sainte Croix
Son épouse Bathilde, qui fonda les monastères de Chelles et de Corbie, et qui fut canonisée, reposa au monastère de Chelles : ses reliques se trouvent toujours dans une chasse de l’église Saint-André de Chelles (77).