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Eudon II DE PORHOET ◉ Sosa : 3 654 802
Eudon II DE PORHOET
◉ Sosa : 3 654 802
- Né après 1115 - Josselin, 56091, Morbihan, Bretagne, FRANCE
- Décédé le 14 janvier 1179 - Paris, 75000, Paris, Île-de-France, FRANCE
- Vicomte de Rennes, Comte de Porhoët, Duc consort et régent de Bretagne du chef de sa femme (1148-1156)
Parents
- Geoffroy Ier DE PORHOET 1080-1148
- Agnès Havoise DE BRETAGNE ~1090-1118
Union(s) et enfant(s)
-
Marié en 1147, avec
Berthe Ière DE BRETAGNE 1119-1156
dont
- Geoffroi DE PORHOET †>1155
- Adélaide DE PORHOET †1220
-
Marié vers 1165, avec
Jeanne DE LEON ~1135-~1205
dont
- Eléonore DE PORHOET 1165->1243
- Eudon III DE PORHOET 1165-1231
- Hervé DE PORHOET
- Alice DE PORHOET
Frères et sœurs
- Amicie DE PORHOET 1110-1182
- Eudon II DE PORHOET >1115-1179
- Joscelin DE PORHOET †>1153
- Etienne DE PORHOET †>1164
- Alain Ier LA ZOUCHE †1190
Demi-frères et demi-sœurs
- Hugues Ier DE MATHEFELON ~1104-1160 (par Agnès Havoise DE BRETAGNE)
Événements
- après 1115 :
-
Naissance - Josselin, 56091, Morbihan, Bretagne, FRANCE
https://fr.wikipedia.org/wiki/Eudon_II_de_Porho%C3%ABt
Eudon II de Porhoët, également appelé Éon ou Eudes de Porhoët, est né au début du XIIe siècle et est mort vers 1180. Il est le fils de Geoffroi, vicomte de Porhoët, et de son épouse Hadvise. L'ancienne vicomté du Porhoët est situé au centre de la Bretagne dans la région de Pontivy-Josselin-Ploërmel et de La Trinité-Porhoët.
Eudon II, fils de Geoffroy, succéda à son père en qualité de vicomte de Porhoët.
Eudon avait un frère nommé Etienne, comme lui fils de Geoffroy. Stephanus de Castro Goscelini (Revue de Bretagne et Vendée, août 1872). On voit un acte signé d'Eudon II en 1109 : Eudone filin Goffredi (ibid).
Dans un acte de 1151, Eudon II se dit fils de Geoffroy. Rogaverunt me monachi ut eis quas dam consuetudinem, quas eis Gaufredus pater meus, dederat, confirmarem (Lobineau, pr., col. 157).
Vers 1147, Eudon épousa Berthe, fille d’Alain III, duc de Bretagne, veuve d'Alain le noir, comte de Richemond, de la maison de Penthièvre, et par ce mariage devint, à la mort de son beau-père, l’année suivante, prétendant à la couronne ducale.
Ses prédécesseurs dans le grand fief de Porhoët s’étaient contentés du titre de vicomte ; il prit celui de comte. Il fut un grand batailleur et eut d’abord de grands succès dans les armes. Pendant quelques années, il fut, de fait, duc de Bretagne. Mais son compétiteur, Conan le petit, ayant appelé les Anglais, la fortune d'Eudon baissa rapidement.
En 1170, dit la chronique de Montfort, la Bretagne tout entière se trouva subjuguée par Henri, roi d’Angleterre. Le château de Josselin fut incendié par ses ordres, et ensuite détruit jusqu’aux fondements. Ses habitants partirent pour l’exil, et le comte Eudon fut chassé de son duché (Dom Morice, Preuves Tome 1er, col. 153).
En 1174, dit la même chronique, il revint de son exil, et commença à reconquérir ses terres (ibid).
Nous le retrouvons, en 1184, à l’assise du duc Geoffroy ; après cela il disparut de l’histoire.
Eudon II était certainement un homme extraordinaire, que les auteurs ont appelé « le dernier des Bretons ».
***
Eudon II, vicomte de Rennes, comte de Porhoët, fameux par les guerres qu'il eut à soutenir pendant tout le cours de sa vie, et qu'il soutint avec beaucoup de valeur, a épousé en 1147, Berthe, fille de Conan III, duc de Bretagne, et de Mathilde, fille naturelle de Henry 1er, roi d'Angleterre, mariage sans armes à la naissance, mais dont les avantages furent mis par la fortune à si haut prix, qu'il n'est pas aisé de décider s'il lui a été plus utile que funeste.
Berthe était veuve d'Alain le noir, comte de Richemont, fils d'Etienne, comte de Penthièvre et de Havoise, comtesse de Guingamp, et de ce mariage, elle avait deux enfants, savoir Conan qui fut duc, quatrième du nom et Constance qui épousa Alain III, vicomte de Rohan. Elle avait, un frère nommé Hoël, qui jusqu'en 1148, reconnu pour légitime, semblait naturellement devoir succéder au duché. Mais cette année Conan III, dans son testament, le désavoua, et déclara Berthe et Eudon son époux, héritiers de tous ses Etats. Cette déclaration fut pour la province une source intarissable de malheurs. Elle fut suivie d'une guerre civile, qui après avoir causé la perte une infinité de braves gens, aboutit enfin à dépouiller les seigneurs bretons de leurs prérogatives, et à faire passer la couronne de Bretagne sur la tête d'un étranger.
Dès que Conan fut mort, Eudon, en conséquence du testament de ce duc, son beau-père, fut couronné à Rennes par Alain, évêque de cette ville, tous les prélats et barons bretons qui se trouvaient à cette cérémonie, lui firent hommage de leurs terres, et le reconnurent pour leur légitime seigneur.
Il n'en fut pas de même pour le reste de la province. Hoël, élevé dès son enfance parmi les Nantais, avait porté, du vivant de son père, le titre de comte de Nantes, on est quoi que ce prince n'eût rien de recommandable que sa naissance, c'en fut assez pour les Nantais, pour se déclarer en sa faveur. Non seulement la ville, mais tous le comté le regarda comme légitime héritier du duché. Les habitants de Quimper, disent quelques historiens, suivirent leur exemple. Soutenue des peuples de ces deux cantons, Hoël déclara à Eudon, une guerre qui dura plusieurs années. Son parti était assez fort, et ses droits sur le duché n'étaient pas sans fondement. Mais il fit voir, par une conduite molle et sans vigueur, que si son père avait eu tort de le déshériter pour des soupçons sur lequel le public n'était pas obligé de le croire, il avait pu au moins quelques raisons de ne pas le juger propre au gouvernement.
Un adversaire redoutable pour Eudon, fut Conan, fils aîné de la duchesse Berthe, et par conséquent, son héritier présomptif. Mais, Eudon, en vertu de son mariage avec la duchesse Berthe et du testament du duc son beau-père, était en possession du duché. Toute la province, sauf Nantes et peut-être Quimper, l'avait reconnu comme souverain. Il avait d'ailleurs un fils, de son mariage avec Berthe, et il n'était pas homme à céder ses droits et ceux de son fils.
Conan, après lui avoir inutilement exposé avec respect les droits qu'il prétendait avoir dans le duché, et l'avoir ensuite fait sommer de lui remettre la couronne, résolut de la lui enlever par la force. Il courut aux armes, et bientôt, tous les jeunes seigneurs se rendirent auprès de lui avec un grand nombre de chevaliers et de gens de guerre.
Du côté d'Eudon étaient Henry, comte de Penthièvre, Alain de DINAN, Hervé de LEON, André de VITRE, Raoul de FOUGERES, Jean de DOL, et plusieurs autres vieux seigneurs, qui lui avaient fait serment de fidélité le jour de son couronnement. Il se donna entre les deux partis une bataille, qu'on dit avoir été sanglante. Eudon fut vainqueur, et Conan, mis en fuite, passa en Angleterre. Pendant qu'il était cependant dans cette cour, le roi Étienne mourut, et eût pour successeur Henry D'Anjou. Ce fut pour Conan un grand sujet de joie et de consolation. Henry, cousin germain de la duchesse Berthe, sa mère, lui promit tous les secours dont il aurait besoin pour chasser Eudon de son trône. En attendant les effets de cette promesse, Conan alla visiter le comté de Richemont, qui faisait partie de la succession de son père, et y séjourna quelque temps.
Cependant Eudon, prévoyant l'orage dont il était menacé, assembla des troupes de toutes parts, attaqua les nantais, qui, depuis son avancement à La couronne, n'avaient cessé de lui faire la guerre ; il ravagea une partie de leur territoire, passa la Loire, et vint camper à Rezé près de l'embouchure de la Sèvre. Son dessein était de surprendre les ennemis qui ne l'attendaient que du côté du nord. Mais Hoël, averti de cette marche, fit embarquer des troupes, et vint fondre la nuit sur le camp d'Eudon, qui, quoique surpris, se défendit avec tant de courage, qu'il forçat les ennemis à repasser la rivière. Ils y perdirent dans cette attaque plusieurs chevaliers de marque, et un grand nombre de gendarmes. On conjoncture qu'Hoël, après cet échec, fut obligé de traiter avec Eudon, qui pour n'avoir plus rien à démêler avec les Nantais lui accorda volontiers la paix. La chronique de Paimpont, place cet événement au mois de décembre 1154.
Henry II n'eût pas plutôt réglé ses affaires, qu'il passa la mer, et vint en France, rendre au roi, l'hommage auquel il était obligé pour les provinces et les seigneuries qu'il possédait dans le royaume. Avant que le remplir ce devoir, il s'acquitta de la parole il avait donné par Conan, Il le mit à la tête d'un fort considérable contingent de troupes et le renvoya en Bretagne. A l'arrivée de ce prince, non seulement tous les seigneurs, qui l'avait secouru l'année précédente furent le joindre, mais encore Raoul, baron de Fougères, Robert de Montfort, Hugues, son fils, et quelques autres seigneurs, qui auparavant avait été du parti de son concurrent.
Conan commença par se rendre maître des châteaux d'Hédé et de Montmuron. De là il alla mettre le siège devant Rennes, cette ville était abondamment fournie de munitions de guerre et de bouche, et Eudon y avait mis une garnison capable de tenir longtemps. La difficulté de l'entreprise n'épouvanta pas Conan. Il lui paraissait d'une extrême importance d'avoir de son côté la capitale du duché, et il résolu de ne rien négliger pour l'emporter.
Eudon n'était pas moins intéressé à garder cette place que Conan à s'en emparer. Il le vint attaquer dans son camp. Le combat fut dur et opiniâtre. Il y perdit quantité de chevaliers et de seigneurs, et Eudon fut contraint de prendre la fuite, après avoir perdu la plus grande partie de son armée. La défaite fut suivie de la réduction de la place, dont la garnison se rendit, peu de jours après, par composition.
Pendant que Conan entrait dans Rennes, victorieux et triomphant, Eudon travaillait à rassembler les débris de son armée et à lever de nouvelles troupes. Il courait pour cela d'un canton dans l'autre, lorsqu'il eut le malheur de rencontrer Raoul de FOUGERES, qui l'attaqua et le fit prisonnier. Au bruit de cette nouvelle, tous les seigneurs se rassemblèrent autour de Conan. Ils le reconnurent comme duc de Bretagne, et lui firent hommage de leurs terres. Il n'y eût que Jean de DOL, qui demeura fidèle à Eudon, et qui soutint son parti jusqu'à sa mort.
Quelques reconnaissances que témoigna le nouveau duc à Raoul de FOUGERES pour le service important il lui avait rendu, ce seigneur ne pouvant étouffer dans son coeur les obligations essentielles qu'il avait à Eudon, et l'union étroite dans laquelle ils avaient toujours vécus ensemble, fut sensiblement touché des disgrâces de son ancien seigneur et ami. Il ne pût se défendre de rendre la liberté. Le garant de tous ces faits, c'est Robert du MONT, auteur contemporain, qui dit qu'ils sa passèrent courant de l'année 1156.
PORHOET, abandonné de presque tous ses amis, se réfugia en France. Louis VII, lui fit l'accueil du monde le plus gracieux. Ce prince se disposait alors à réduire quelques seigneurs du pays Lionnois (Lyonnais) qui s'étaient révoltés. Il avait besoin d'un chef sur la valeur et l'expérience duquel il pouvait compter, et comme Eudon possédait ces deux qualités à un haut degré, il fut choisi préférable ment à tous les seigneurs de la Cour. Plus heureux dans cette guerre qu'il ne l'avait été en combattant pour ses propres intérêts, il défît les rebelles et fit prisonnier le comte de Macon qui était à leur tête. De retour auprès du roi, il attendit que le temps dissipât la tempête qui s'était élevée contre lui dans sa patrie.
La mort de la duchesse, sa femme changea la face des affaires. On ne sait pas précisément l'année où mourût cette princesse, mais la nécrologie de Fontevraud en marque le jour : le 30 novembre y lit-on, mourût Berthe, duchesse de Bretagne, mère de Mme Adélaïde, notre abbesse. Ce ne fut pas du moins avant 1158, car cette année, elle fit une donation au monastère de St Métaize avec le consentement du duc Conan son fils.
Depuis ce temps-là, on voit PORHOET nommé par Robert du MONT et dans quelques chroniques, comte de Vannes et de Cornouaille, soit que par un traité, Conan lui eût cédé ces deux comtés pour la part de la succession de Berthe, soit qu'Eudon s'en fut emparé. L'Histoire ne nous fournit rien de plus qui puisse fixer nos incertitudes. On n'est pas plus certain de l'année où ce comte épousa en secondes noces Aliénor, fille de Guyomarch, seigneur de Léon, que quelques auteurs nomment Jeanne de LEON. M. de MISSIRIEN met ce mariage en 1160, et D. ROBINEAU en 1164, mais l'un et l'autre, sans preuves.
Par cette nouvelle alliance, Eudon détacha Hervé, vicomte de Léon, et Guyomarch, son fils des intérêts de du duc Conan IV et les mis dans les siens. Jean de DOL qui lui avait gardé une fidélité constante et inviolable, était mort en juillet 1162. Il avait laissé Iseult, sa fille unique et toutes ses terres sous la garde de Raoul de FOUGERES, son beau-frère. Celui-ci, pour mettre les biens de sa pupille hors d'insultes, fit d'abord fortifié Dol et Combourg. Quittant ensuite le parti de Conan, il rentra dans celui de PORHOET.
Nouvelle ligue, nouvelle guerre. Les trois seigneurs unis pillèrent et ravagèrent les terres du duc. Tous plient sous les efforts de leurs armes. Le duc, trop faible pour faire face, implore le secours du roi d'Angleterre. Henry, ne pouvant l'appuyer en personne, donne ordre à Richard de HORNET, son connétable en Normandie, d'assembler tous les barons de la province et de les mener à Conan. Richard entre en Bretagne au mois d'août 1169, ses forces jointes à celle du duc, il se rend maitre du château de Combourg et de la ville de Dol, où Henry, établi pour son sénéchal Jean de Soligné père de Harsculfe, qui devint par la suite seigneur de Dol par son mariage avec l'héritière de cette maison.
Après la perte de Combourg et de Dol, Raoul de FOUGERES, pour se venger gagna quelques seigneurs de Bretagne et du Maine. Il forma une ligue, offensive et défensive contre Henry et contre le duc, et il est aisé de juger que PORHOET et LEON, son beau-père ne se défendirent pas d'y entrer. Conan, épouvanté, eût recours à son protecteur ordinaire, sans penser au péril auquel un petit prince s'exposait on peut en appelant à sa défense une puissance qui lui était si supérieure, il pria Henry de venir à son secours. Ce monarque passe en Normandie, assemble ses troupes, en Bretagne, et met le siège devant la ville de Fougères. Les assiégés firent une assez longue résistance, mais enfin ils furent contraints de se rendre et la place fut rasée. Après cet exploit, Henry porta ses forces contre le vicomte de Thouars, qui s'était aussi révolté contre lui dans le Poitou, et remporta encore tout l'avantage de cette expédition. La défaite de ces deux seigneurs jeta la consternation parmi leurs alliés qui les quittèrent, de peur d'être enveloppés dans leur malheur. Et la campagne si heureuse mettait Henry en état d'exécuter le projet qu'il avait sur la Bretagne. Il n'en laissa pas échapper l'occasion. Héritier des comtes d'Anjou, il ne possédait l'Anjou, le Maine, et la Touraine ; L'aquitaine lui avait été apportée en mariage par Aliénor sa femme, et en qualité d'héritier de Geoffroy d'Anjou, que les Nantais abandonnant Hoël, avait choisi pour leur seigneur, ils étaient maîtres de la ville et du comté de Nantes. Sur ces titres, son ambition s'était flattée qu'un jour à la Bretagne entière ferait partie de ces états. Il n'avait pas rien négligé est alors pour mettre cette grande province dans sa maison. Il ne parvint à ses fins par un mariage. Quoique Geoffroy son 3e fils n'eut que 8 ans, et que Constance, fille unique de Conan n'eut que 4 ou 5 ans, il ne laissa que de proposer cette alliance. Conan redoutant la puissance d'un si grand roi ne prit pas seulement le jeune au temps de réfléchir sur le sort qu'il faisait à sa maison. Il fut stipulé dans le traité, attendu la grande jeunesse du prince et de la princesse, ils n'entreraient en possession de tout le duché de Bretagne qu'après la mort de Conan et d'Eudon, et que jusqu'à ce temps, ils ne jouiraient que des revenus du comté de Nantes.
Quelque Avantage qu'Henry tirât de ce traité, son ambition et son avarice n'en furent pas appauvries, la timidité et la faiblesse de Conan l'enhardirent à entreprendre quelque chose de plus. Il leur demanda le duché de Bretagne et le lâche Conan n'eut pas la force de le lui refuser. Il ne se réserva que le comté de Guingamp. Ce traité conclu à Thouars en 1166. Les seigneurs bretons, du parti de Conan, firent hommage au roi d'Angleterre, qui, incontinent après, vint à Rennes, prit possession du duché, et disposa en souverain de toutes les charges. Rappelé par les Affaires en Normandie, il prit la route de Combourg et de Dol, et en passant visita ces deux places, qui, l'année précédente avaient une été réduites sous son obéissance.
Eudon et ses alliés ne crurent pas devoir se soumettre à ce traité, qui avait été fait sans leur participation, et dont ils étaient la victime. Henry n'eut pas plutôt le pied hors de Bretagne, que reprenant les armes ils firent les dégâts sur les terres que Conan s'était réservées et sur celles qu'il avait cédé au roi d'Angleterre. Le prince se défendit d'abord avec assez de succès ; mais effrayé en du nombre et de la valeur de ceux qui l'attaquaient, il dépêcha en Angleterre pour avertir le roi de la situation où il se trouvait. Le monarque irrité et résolu de s'approprier une bonne fois la possession de la Bretagne, passa la mer, attaqua d'abord le vicomte de Léon, s'empara des places qu'il avait en basse Bretagne, et fit brûler à ses yeux la plus considérable de ses forteresses. Après toutes ces pertes, il ne restait au vicomte d'autres ressources que de se soumettre au vainqueur. Il lui fit hommage, et à Eudon, obligé de céder au plus fort, fit sa paix avec le roi, et lui donna pour otages Alix sa fille et de la duchesse Berthe.
Cette paix apparente ne dura qu'autant qu'Henry demeura dans la province. À peine en fut-il sorti pour aller en Normandie, où la mort de Mathilde, sa mère l'appelait, qu'Eudon, secouant le joug qu'il avait été forcé de subir, forma une nouvelle ligue dans laquelle il engagea le vicomte de Thouars et plusieurs barons d'aquitaine, Olivier de DINAN et Rolland son cousin, Geoffroy de MONFORT, et autres seigneurs bretons. Le roi Louis VII, par zèle pour les intérêts d'Eudon approuva cette ligue et promis aux seigneurs qui y étaient entré de ne faire aucune paix avec le roi d'Angleterre sans les comprendre dans le traité. Les seigneurs confédérés lui promirent la même chose de leur côté, et lui donnèrent des otages pour garantir leur bonne foi.
Henry, informé des pratiques secrètes qui se tramaient contre lui en Bretagne, n'attaqua point Eudon par la force, il tacha de le gagner par des promesses. Mais ce prince ne donna point dans le piège. Aussi inflexible aux caresses du roi qu'il avait été ferme amis de tenir tête tant qu'il avait pu, il ne se laissa pas entamer et persista constamment à défendre ses droits. Henri fut piqué au vif et chercha le moyen de se venger d'un ennemi qui semblait le maîtriser.
Il avait en sa puissance la princesse Alix, qui, quelque temps auparavant, lui avait été donnée en otage, et quoique Alix, comme fille d'Eudon et de Berthe, fut sa cousine germaine parce que Berthe et Henry été enfant de deux soeurs. Ni le droit des gens, ni la liaison du sang, ni la religion, ni le respect dû à une personne d'un si haut rang, ne suis capable de mettre un frein à la rage dont il était transporté. Il se venge du père en ravissant l'honneur à la fille. On ne peut exprimer la douleur dont PORHOET fut pénétré en apprenant l'injure atroce qu'Henry lui avait faite. Il fit retentir la province de ces plaintes, il anima quantité de seigneurs à entrer dans ses justes ressentiments, et tous ensembles protestèrent que la vengeance serait aussi éclatante que l'outrage était criant. Mais Henry ne leur donnât pas le temps de se préparer à la guerre. La conférence pour laquelle il était venu joindre Louis VII entre Pacy et Meulant, ne fut pas plutôt terminée, qu'à la tête une armée il marcha en Bretagne avec la diligence qui lui était ordinaire, attaque Eudon, ravage le pays de Porhoët, y met tout, à feu et à sang, assiège le château de Josselin, et le renverse de fond en comble ; en les villes de Vannes et d'Auray, qu'il fait fortifier, et confisque enfin le comté de vannes et la moitié du comté de Cornouaille.
Eudon, mis hors d'état de lui nuire, s'avança du côté de Dinan, sur la route il mit garnison dans le château d'Hédé, qui lui fut rendu par Geoffroy de Montfort, rasa celui de Tinténiac, et alla mettre le siège devant Becherel, petite ville du domaine de Roland de Dinan. La situation de cette place est avantageuse et d'abord difficile. Henry la battit pendant plusieurs jours et il s'en rendit que par le secours des machines dont on se servait alors dans l'attaque des places fortes. C'est pour cela qu'après l'avoir prise il la fit fortifier, afin de tenir le pays dans le respect. Il eut bien voulu former le siège du château de Lebon, mais il n'en eut pas le temps. Il se contenta de ravager les bords de la Rance jusqu'aux portes de Saint Malo.
La fête de saint Jean-Baptiste approchait, et c'était le jour où finissait une trêve conclue entre Henry et Louis VII l'année précédente. Pour prévenir ce jour, le roi d'Angleterre pris la route de la Ferté-Bernard, où il devait conférer avec Louis. De peur qu'on ne portât à ce prince des plaintes contre lui, en passant par le Maine, il défendit aux seigneurs qui vinrent le saluer, de se trouver à la conférence, et il ordonna d'arrêter les seigneurs Bretons et Poitevins qui voudraient y assister. Les Manceaux aussi mécontents d'Henry que les Poitevins et les Bretons, se firent un devoir de ne pas exécuter un ordre dont l'inexécution pouvait produire de bons effets pour les uns et pour les autres. Ils allèrent et laissèrent aller à la Ferté-Bernard tous ceux qui passèrent par chez eux.
PORHOET et DINAN s'y distinguèrent. Ils se plaignirent avec force des injustices, des violences, des usurpations, et surtout de la mauvaise foi du roi d'Angleterre. Le premier s'étendit en particulier sur l'affront insigne qu'il en avait reçu en la personne de sa fille. Il lui reprocha le crime énorme qu'il avait commis en déshonorant sa proche parente, il se récria sur la foi des otages il avait qu'il avait violé ; en un mot il le traita, la comme le méritait un traitre, un perfide, un adultère, un incestueux. Les plaintes de ces seigneurs ne contribuèrent pas peu à rendre la conférence inutile.
Les deux rois se séparèrent sans avoir rien terminé. La guerre se continua, en mais elle ne dura guère que six mois. Il y eu une seconde conférence tenue à Montmirail dans le Perche, le jour de l'Épiphanie. Les deux rois y réglèrent leurs différends, et le traité de paix, qui fut dressé, semblait annoncer un avenir tranquille. Le roi de France n'oublia pas la parole qu'il avait donnée aux seigneurs bretons et poitevins, qu'il ne conclurait rien que le roi d'Angleterre ne leur rendit ses bonnes grâces, et ne fut convenu de tous ce qu'ils ne jugeraient nécessaires tant pour la sûreté de leur personnes, que pour la conservation de leurs biens. Henry, qui ne s'accommodait avec le roi de France que pour être plus en état de réduire les seigneurs particuliers, qui mettaient obstacle à ses usurpations, consentit à tout ce qu'on voulut, bien entendu qu'il n'observerait par la suite que ce qui conviendrait à ses intérêts.
En effet, après avoir terminé ses affaires en Poitou, Guyenne, et en Normandie il vint en décembre 1270 tenir sa cour à Nantes accompagné de Geoffroy, son troisième fils, qui avait été reconnu Duc de Bretagne et couronné à Rennes au mois de mai dernier par Etienne, évêque de cette ville. Les prélats et les barons, avaient assisté à cette cérémonie, lui avaient fait hommage et serment de fidélité. Mais comme plusieurs, soit à dessin, soit pour des raisons légitimes, ne s'étaient pas présentés, Henry sous prétexte de recevoir leur hommage parcourut le duché avec Geoffroy son fils et Conan. C'est alors qu'on reconnut quels avaient été les motifs qui l'avait porté à signer le traité de Montmirail, et quel fond on devait faire sur ses promesses. Il traita les seigneurs avec plus de hauteur que jamais.
Eudon fut celui de tous contre lequel Henry fit éclater le plus son ressentiment. Après avoir porté le fer et le feu dans toutes ses terres, il le contraignit de se rendre à discrétion. Ensuite il le traduisit par un tribunal de juges il avait établi à Rennes, et le fit condamner, comme rebelle, à perdre tous ses biens qu'il possédait sur son domaine. Louis VII appris bien sûr la dureté et la violence dont usait Henry à l'égard d'Eudon et de ses alliés, mais il se contenta de déplorer leurs malheurs. Tout ce qu'il fit de plus, fut de recevoir Eudon à la cour, lorsque ce dernier, dépouillé de tous ses états, alla chercher en France, un asile contre la mauvaise fortune. Les habitants de Josselin furent aussi chassés et la ville fut changée en une affreuse solitude.
Conan IV, dont la lâcheté avait plongé la province dans cet abime de maux, étant mort au mois de juillet 1171, Eudon se hâta de retourner en Bretagne pour y faire valoir les droits que le contrat de mariage passé entre Geoffroy et Constance lui donnait de nouveaux sur le duché. Mais Henry à la tête de ses troupes y arriva presque aussitôt le lui, et n'eut pas de peine à dissiper un parti qui ne commençait que de naître. Il contraignit Eudon de se réfugier en France pour la troisième fois, et afin qu'il ne reste plus à ce prince aucun prétexte à revenir en Bretagne, il adjugea tout le duché à Geoffroy quoique ce jeune prince n'eut pas encore épousé l'héritière. Il lui donna encore les comtés de Guingamp et de Richemont, et ne laissa rien à Eudon, si ce n'est peut-être le comté de PORHOET.
Ce n'était pas seulement les seigneurs particuliers qui y avait à se plaindre de Henry, les princes même ses enfants n'avait pas lieu d'en être plus content. En 1170, il avait fait couronner Henry, son fils aîné, roi d'Angleterre, il avait aussi fait couronner reine, la princesse son épouse, mais il ne leur avait point assigné de quoi soutenir l'éclat de leur dignité. Quelques seigneurs mécontents de Henry, firent honte au jeune roi de vivre dans la dépendance. Ils lui insinuèrent de demander, pour se tirer de cet indigne état, ou l'Angleterre, où la Normandie, et de peur qu'il ne craignit un refus, ils lui firent sentir qu'en ce cas il trouverait de l'appui en France. Le jeune roi, trop docile à ce pernicieux conseil, se présenta devant son père, fit la demande qu'on lui avait suggérée, et n'étant point favorablement écouté, prend les armes, et entraîne dans son parti, Geoffroy, duc de Bretagne et Richard, ses frères. Il était à craindre pour Henry II, que les Bretons ne s'attachassent à leur Duc, et ne profitassent d'une occasion si belle, pour se soustraire à son obéissance. Mais ce prince à la prudence duquel rien n'échappait envoya ordre aux barons de se rendre auprès de sa personne.
Quelques seigneurs se conformèrent à cet ordre, mais Raoul de Fougères, loin d'y obéir, fit une diligence extrême pour rétablir son château. PORHOET, SAINT HILAIRE, CHESTRE, PATRI, et plusieurs autres seigneurs se joignirent à Raoul. On peut voir dans Christophe de Bretagne les exploits de cette nouvelle ligue. Eudon après être resté quelque temps dans le camp des confédérés, les quitta pour aller rebâtir son château de Josselin. Il s'empara ensuite du château de Ploërmel, et se remit en possession des comtés deux Vannes et de Cornouaille, mais né digne de la grande fortune, il n'était pas né pour en jouir.
Henry, en 1179, fit la paix avec ses enfants, et leur assigna des revenus. Il donna au jeune roi une pension annuelle de 13 000 Marc de Anjou avec deux châteaux en Normandie ; à Richard la moitié des revenus du Poitou avec deux places non fortifiée dans le même pays ; et enfin à Geoffroy, la moitié du duché de Bretagne en attendant qu'il fut en âge d'épouser Constance. Ce traité daté du 29 septembre, fut conclu entre Tours et Amboise.
Après que Richard et Geoffroy lui eurent fait hommage des revenus et des places qu'il venait de leur accorder, il envoya le premier en Poitou et le second en Bretagne pour y faire exécuter les articles du traité, et ensuite il partit pour l'Angleterre avec son fils aîné. Aussitôt que Geoffroy fut arrivé en Bretagne, il fit abattre toutes les fortifications qui avaient été faites pendant les troubles, et reprit sur PORHOET, Vannes, Auray, Ploërmel, et la moitié du comté de Cornouailles. L'autre moitié de cette terre été du domaine du comte et on la lui laissa, et par la il se trouva réduit à son ancien patrimoine. Eudon, après cette dernière disgrâce ne pensa plus qu'à terminer dans le repos une vie si longtemps traversée. Il assista en 1183 à l'assemblée tenue à Rennes, où fut dressé le fameux règlement communément appelé l' « assise du comte de Geoffroy », et qui ordonne que les fiefs de haubert ne se partageraient plus, et que les ainés pourvoiraient à la subsistance des cadets selon leur pouvoir, on ne sait il survécut longtemps à cette assemblée, mais depuis il n'est plus parler de lui nulle part. Le jour de sa mort est marqué au 17 juin dans la nécrologie de Fontevraud, et au 18 du même mois dans celui de Montfort, en ces termes : le 18 de juin, mourut monseigneur Eudon, comte de Bretagne, il avait fondé pendant son règne l'abbaye de Lantenac sous la seigneurie de la Chaze, terre dépendante du comté de PORHOET. La charte de fondation n'est pas datée, mais comme Eudon fut chassé de Bretagne par Conan en l'an 1133, il faut que cette charte ait été dressée en 1153 ou 1154 pour le plus tard. D'ailleurs GOSOFREDUS, évêque de Saint-Brieuc était présent à cette fondation. Ce prélat fut fait archevêque de Tours en 1157. La fondation de Lantenac est donc antérieure à cette translation. On trouve plusieurs autres monuments de la piété de comte Eudon dont il sera parlé lorsque l'occasion s'en présentera.
Les enfants d'Eudon et de Berthe
1. Geoffroy, il est qualifié fils d'Eudon, duc de Bretagne, dans une donation faite par ce prince à l'abbaye de Savigny, ordre de Cîteaux, l'an 1144. C'est le seul acte où il soit fait mention de cet enfant.
2. Adelide, qui fut envoyée dès sa plus tendre jeunesse à la cour du roi d'Angleterre, où elle demeura jusqu'à l'âge de 30 ans. Alors dieu lui ayant fait connaître le néant des choses humaines, elle se retira à l'abbaye de Fontevraud, et il prit l'habit religieux. Son mérite rare et sa piété singulière la firent élire successivement grande prieure et Abbesse de ce monastère. C'est dans cette dernière fonction qu'elle termina heureusement sa vie mortelle, laissant à ses religieuses une grande idée de la sainteté. Sa mort est marquée dans leur nécrologie en ces termes : Adelide de Bretagne, Abbesse de Fontevraud mourût le 29 octobre.
3. Alix, qui d'abord donné par son père en otage à Henry II, roi d'Angleterre, et déshonorée par ce prince, fut ensuite mariée avec Guy de MAUVOISIN, seigneur de Rosny, dont elle eut deux enfants :
a. Alix, qui épousa Guillaume le BOUTEILLER de SENLIS, 2ème du nom, chevalier seigneur de Chantilly, de Courteuil et de Montmélian.
b. Guy de MAUVOISIN, fut partagé en 1234 par Raoul de FOUGERES, Héritier de la Maison de PORHOET, par Mahaut, sa mère. En vertu de ce partage, Guy de MAUVOISIN renonça à toutes les prétentions qu'il avait tant sur la succession du comte Eudon, que sur celles d'Eudon, fils du comte, et Raoul de FOUGERES s'obligea à lui payer la somme de 2500 livres tournois en argent, en lui donner 200 livres de rente, dont l'assise serait faite sur les terres qu'il possédait en Normandie sous les fiefs de l'abbaye du mont saint-michel est sous ceux de la comtesse de Boulogne. Cette transaction fut confirmée par le roi Saint-Louis en 1234 et par Pierre, duc de Bretagne en 1236. Guy de MAUVOISIN la ratifia encore en 1238. Ont
Les enfants d'Eudon et d'Aliénor de LEON
4. Eudon 3ème du nom qui suit
5. Henry, qui est appelé frère d'Eudon III dans les une charte de l'abbaye de Bonrepos, où on lit ces mots : « Eudo filius comitis, et Henricus qui est frater ejus. Quelques-uns ont lu : « Hervous »
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MORICE, Pierre-Hyacinthe manuscrit BNF NAF 3065, Histoire généalogique des maisons de PORHOET et de ROHAN (1701), chapitre V
Eudon II, vicomte de Rennes, comte de Porhoët, fameux par les guerres qu'il eut à soutenir pendant tout le cours de sa vie, et qu'il soutint avec beaucoup de valeur, a épousé en 1147, Berthe, fille de Conan III, duc de Bretagne, et de Mathilde, fille naturelle de Henry 1er, roi d'Angleterre, mariage sans armes à la naissance, mais dont les avantages furent mis par la fortune à si haut prix, qu'il n'est pas aisé de décider s'il lui a été plus utile que funeste.
Berthe était veuve d'Alain le noir, comte de Richemont, fils d'Etienne, comte de Penthièvre et de Havoise, comtesse de Guingamp, et de ce mariage, elle avait deux enfants, savoir Conan qui fut duc, quatrième du nom et Constance qui épousa Alain III, vicomte de Rohan. Elle avait, un frère nommé Hoël, qui jusqu'en 1148, reconnu pour légitime, semblait naturellement devoir succéder au duché. Mais cette année Conan III, dans son testament, le désavoua, et déclara Berthe et Eudon son époux, héritiers de tous ses Etats. Cette déclaration fut pour la province une source intarissable de malheurs. Elle fut suivie d'une guerre civile, qui après avoir causé la perte une infinité de braves gens, aboutit enfin à dépouiller les seigneurs bretons de leurs prérogatives, et à faire passer la couronne de Bretagne sur la tête d'un étranger.
Dès que Conan fut mort, Eudon, en conséquence du testament de ce duc, son beau-père, fut couronné à Rennes par Alain, évêque de cette ville, tous les prélats et barons bretons qui se trouvaient à cette cérémonie, lui firent hommage de leurs terres, et le reconnurent pour leur légitime seigneur.
Il n'en fut pas de même pour le reste de la province. Hoël, élevé dès son enfance parmi les Nantais, avait porté, du vivant de son père, le titre de comte de Nantes, on est quoi que ce prince n'eût rien de recommandable que sa naissance, c'en fut assez pour les Nantais, pour se déclarer en sa faveur. Non seulement la ville, mais tous le comté le regarda comme légitime héritier du duché. Les habitants de Quimper, disent quelques historiens, suivirent leur exemple. Soutenue des peuples de ces deux cantons, Hoël déclara à Eudon, une guerre qui dura plusieurs années. Son parti était assez fort, et ses droits sur le duché n'étaient pas sans fondement. Mais il fit voir, par une conduite molle et sans vigueur, que si son père avait eu tort de le déshériter pour des soupçons sur lequel le public n'était pas obligé de le croire, il avait pu au moins quelques raisons de ne pas le juger propre au gouvernement.
Un adversaire redoutable pour Eudon, fut Conan, fils aîné de la duchesse Berthe, et par conséquent, son héritier présomptif. Mais, Eudon, en vertu de son mariage avec la duchesse Berthe et du testament du duc son beau-père, était en possession du duché. Toute la province, sauf Nantes et peut-être Quimper, l'avait reconnu comme souverain. Il avait d'ailleurs un fils, de son mariage avec Berthe, et il n'était pas homme à céder ses droits et ceux de son fils.
Conan, après lui avoir inutilement exposé avec respect les droits qu'il prétendait avoir dans le duché, et l'avoir ensuite fait sommer de lui remettre la couronne, résolut de la lui enlever par la force. Il courut aux armes, et bientôt, tous les jeunes seigneurs se rendirent auprès de lui avec un grand nombre de chevaliers et de gens de guerre.
Du côté d'Eudon étaient Henry, comte de Penthièvre, Alain de DINAN, Hervé de LEON, André de VITRE, Raoul de FOUGERES, Jean de DOL, et plusieurs autres vieux seigneurs, qui lui avaient fait serment de fidélité le jour de son couronnement. Il se donna entre les deux partis une bataille, qu'on dit avoir été sanglante. Eudon fut vainqueur, et Conan, mis en fuite, passa en Angleterre. Pendant qu'il était cependant dans cette cour, le roi Étienne mourut, et eût pour successeur Henry D'Anjou. Ce fut pour Conan un grand sujet de joie et de consolation. Henry, cousin germain de la duchesse Berthe, sa mère, lui promit tous les secours dont il aurait besoin pour chasser Eudon de son trône. En attendant les effets de cette promesse, Conan alla visiter le comté de Richemont, qui faisait partie de la succession de son père, et y séjourna quelque temps.
Cependant Eudon, prévoyant l'orage dont il était menacé, assembla des troupes de toutes parts, attaqua les nantais, qui, depuis son avancement à La couronne, n'avaient cessé de lui faire la guerre ; il ravagea une partie de leur territoire, passa la Loire, et vint camper à Rezé près de l'embouchure de la Sèvre. Son dessein était de surprendre les ennemis qui ne l'attendaient que du côté du nord. Mais Hoël, averti de cette marche, fit embarquer des troupes, et vint fondre la nuit sur le camp d'Eudon, qui, quoique surpris, se défendit avec tant de courage, qu'il forçat les ennemis à repasser la rivière. Ils y perdirent dans cette attaque plusieurs chevaliers de marque, et un grand nombre de gendarmes. On conjoncture qu'Hoël, après cet échec, fut obligé de traiter avec Eudon, qui pour n'avoir plus rien à démêler avec les Nantais lui accorda volontiers la paix. La chronique de Paimpont, place cet événement au mois de décembre 1154.
Henry II n'eût pas plutôt réglé ses affaires, qu'il passa la mer, et vint en France, rendre au roi, l'hommage auquel il était obligé pour les provinces et les seigneuries qu'il possédait dans le royaume. Avant que le remplir ce devoir, il s'acquitta de la parole il avait donné par Conan, Il le mit à la tête d'un fort considérable contingent de troupes et le renvoya en Bretagne. A l'arrivée de ce prince, non seulement tous les seigneurs, qui l'avait secouru l'année précédente furent le joindre, mais encore Raoul, baron de Fougères, Robert de Montfort, Hugues, son fils, et quelques autres seigneurs, qui auparavant avait été du parti de son concurrent.
Conan commença par se rendre maître des châteaux d'Hédé et de Montmuron. De là il alla mettre le siège devant Rennes, cette ville était abondamment fournie de munitions de guerre et de bouche, et Eudon y avait mis une garnison capable de tenir longtemps. La difficulté de l'entreprise n'épouvanta pas Conan. Il lui paraissait d'une extrême importance d'avoir de son côté la capitale du duché, et il résolu de ne rien négliger pour l'emporter.
Eudon n'était pas moins intéressé à garder cette place que Conan à s'en emparer. Il le vint attaquer dans son camp. Le combat fut dur et opiniâtre. Il y perdit quantité de chevaliers et de seigneurs, et Eudon fut contraint de prendre la fuite, après avoir perdu la plus grande partie de son armée. La défaite fut suivie de la réduction de la place, dont la garnison se rendit, peu de jours après, par composition.
Pendant que Conan entrait dans Rennes, victorieux et triomphant, Eudon travaillait à rassembler les débris de son armée et à lever de nouvelles troupes. Il courait pour cela d'un canton dans l'autre, lorsqu'il eut le malheur de rencontrer Raoul de FOUGERES, qui l'attaqua et le fit prisonnier. Au bruit de cette nouvelle, tous les seigneurs se rassemblèrent autour de Conan. Ils le reconnurent comme duc de Bretagne, et lui firent hommage de leurs terres. Il n'y eût que Jean de DOL, qui demeura fidèle à Eudon, et qui soutint son parti jusqu'à sa mort.
Quelques reconnaissances que témoigna le nouveau duc à Raoul de FOUGERES pour le service important il lui avait rendu, ce seigneur ne pouvant étouffer dans son coeur les obligations essentielles qu'il avait à Eudon, et l'union étroite dans laquelle ils avaient toujours vécus ensemble, fut sensiblement touché des disgrâces de son ancien seigneur et ami. Il ne pût se défendre de rendre la liberté. Le garant de tous ces faits, c'est Robert du MONT, auteur contemporain, qui dit qu'ils sa passèrent courant de l'année 1156.
PORHOET, abandonné de presque tous ses amis, se réfugia en France. Louis VII, lui fit l'accueil du monde le plus gracieux. Ce prince se disposait alors à réduire quelques seigneurs du pays Lionnois (Lyonnais) qui s'étaient révoltés. Il avait besoin d'un chef sur la valeur et l'expérience duquel il pouvait compter, et comme Eudon possédait ces deux qualités à un haut degré, il fut choisi préférable ment à tous les seigneurs de la Cour. Plus heureux dans cette guerre qu'il ne l'avait été en combattant pour ses propres intérêts, il défît les rebelles et fit prisonnier le comte de Macon qui était à leur tête. De retour auprès du roi, il attendit que le temps dissipât la tempête qui s'était élevée contre lui dans sa patrie.
La mort de la duchesse, sa femme changea la face des affaires. On ne sait pas précisément l'année où mourût cette princesse, mais la nécrologie de Fontevraud en marque le jour : le 30 novembre y lit-on, mourût Berthe, duchesse de Bretagne, mère de Mme Adélaïde, notre abbesse. Ce ne fut pas du moins avant 1158, car cette année, elle fit une donation au monastère de St Métaize avec le consentement du duc Conan son fils.
Depuis ce temps-là, on voit PORHOET nommé par Robert du MONT et dans quelques chroniques, comte de Vannes et de Cornouaille, soit que par un traité, Conan lui eût cédé ces deux comtés pour la part de la succession de Berthe, soit qu'Eudon s'en fut emparé. L'Histoire ne nous fournit rien de plus qui puisse fixer nos incertitudes. On n'est pas plus certain de l'année où ce comte épousa en secondes noces Aliénor, fille de Guyomarch, seigneur de Léon, que quelques auteurs nomment Jeanne de LEON. M. de MISSIRIEN met ce mariage en 1160, et D. ROBINEAU en 1164, mais l'un et l'autre, sans preuves.
Par cette nouvelle alliance, Eudon détacha Hervé, vicomte de Léon, et Guyomarch, son fils des intérêts de du duc Conan IV et les mis dans les siens. Jean de DOL qui lui avait gardé une fidélité constante et inviolable, était mort en juillet 1162. Il avait laissé Iseult, sa fille unique et toutes ses terres sous la garde de Raoul de FOUGERES, son beau-frère. Celui-ci, pour mettre les biens de sa pupille hors d'insultes, fit d'abord fortifié Dol et Combourg. Quittant ensuite le parti de Conan, il rentra dans celui de PORHOET.
Nouvelle ligue, nouvelle guerre. Les trois seigneurs unis pillèrent et ravagèrent les terres du duc. Tous plient sous les efforts de leurs armes. Le duc, trop faible pour faire face, implore le secours du roi d'Angleterre. Henry, ne pouvant l'appuyer en personne, donne ordre à Richard de HORNET, son connétable en Normandie, d'assembler tous les barons de la province et de les mener à Conan. Richard entre en Bretagne au mois d'août 1169, ses forces jointes à celle du duc, il se rend maitre du château de Combourg et de la ville de Dol, où Henry, établi pour son sénéchal Jean de Soligné père de Harsculfe, qui devint par la suite seigneur de Dol par son mariage avec l'héritière de cette maison.
Après la perte de Combourg et de Dol, Raoul de FOUGERES, pour se venger gagna quelques seigneurs de Bretagne et du Maine. Il forma une ligue, offensive et défensive contre Henry et contre le duc, et il est aisé de juger que PORHOET et LEON, son beau-père ne se défendirent pas d'y entrer. Conan, épouvanté, eût recours à son protecteur ordinaire, sans penser au péril auquel un petit prince s'exposait on peut en appelant à sa défense une puissance qui lui était si supérieure, il pria Henry de venir à son secours. Ce monarque passe en Normandie, assemble ses troupes, en Bretagne, et met le siège devant la ville de Fougères. Les assiégés firent une assez longue résistance, mais enfin ils furent contraints de se rendre et la place fut rasée. Après cet exploit, Henry porta ses forces contre le vicomte de Thouars, qui s'était aussi révolté contre lui dans le Poitou, et remporta encore tout l'avantage de cette expédition. La défaite de ces deux seigneurs jeta la consternation parmi leurs alliés qui les quittèrent, de peur d'être enveloppés dans leur malheur. Et la campagne si heureuse mettait Henry en état d'exécuter le projet qu'il avait sur la Bretagne. Il n'en laissa pas échapper l'occasion. Héritier des comtes d'Anjou, il ne possédait l'Anjou, le Maine, et la Touraine ; L'aquitaine lui avait été apportée en mariage par Aliénor sa femme, et en qualité d'héritier de Geoffroy d'Anjou, que les Nantais abandonnant Hoël, avait choisi pour leur seigneur, ils étaient maîtres de la ville et du comté de Nantes. Sur ces titres, son ambition s'était flattée qu'un jour à la Bretagne entière ferait partie de ces états. Il n'avait pas rien négligé est alors pour mettre cette grande province dans sa maison. Il ne parvint à ses fins par un mariage. Quoique Geoffroy son 3e fils n'eut que 8 ans, et que Constance, fille unique de Conan n'eut que 4 ou 5 ans, il ne laissa que de proposer cette alliance. Conan redoutant la puissance d'un si grand roi ne prit pas seulement le jeune au temps de réfléchir sur le sort qu'il faisait à sa maison. Il fut stipulé dans le traité, attendu la grande jeunesse du prince et de la princesse, ils n'entreraient en possession de tout le duché de Bretagne qu'après la mort de Conan et d'Eudon, et que jusqu'à ce temps, ils ne jouiraient que des revenus du comté de Nantes.
Quelque Avantage qu'Henry tirât de ce traité, son ambition et son avarice n'en furent pas appauvries, la timidité et la faiblesse de Conan l'enhardirent à entreprendre quelque chose de plus. Il leur demanda le duché de Bretagne et le lâche Conan n'eut pas la force de le lui refuser. Il ne se réserva que le comté de Guingamp. Ce traité conclu à Thouars en 1166. Les seigneurs bretons, du parti de Conan, firent hommage au roi d'Angleterre, qui, incontinent après, vint à Rennes, prit possession du duché, et disposa en souverain de toutes les charges. Rappelé par les Affaires en Normandie, il prit la route de Combourg et de Dol, et en passant visita ces deux places, qui, l'année précédente avaient une été réduites sous son obéissance.
Eudon et ses alliés ne crurent pas devoir se soumettre à ce traité, qui avait été fait sans leur participation, et dont ils étaient la victime. Henry n'eut pas plutôt le pied hors de Bretagne, que reprenant les armes ils firent les dégâts sur les terres que Conan s'était réservées et sur celles qu'il avait cédé au roi d'Angleterre. Le prince se défendit d'abord avec assez de succès ; mais effrayé en du nombre et de la valeur de ceux qui l'attaquaient, il dépêcha en Angleterre pour avertir le roi de la situation où il se trouvait. Le monarque irrité et résolu de s'approprier une bonne fois la possession de la Bretagne, passa la mer, attaqua d'abord le vicomte de Léon, s'empara des places qu'il avait en basse Bretagne, et fit brûler à ses yeux la plus considérable de ses forteresses. Après toutes ces pertes, il ne restait au vicomte d'autres ressources que de se soumettre au vainqueur. Il lui fit hommage, et à Eudon, obligé de céder au plus fort, fit sa paix avec le roi, et lui donna pour otages Alix sa fille et de la duchesse Berthe.
Cette paix apparente ne dura qu'autant qu'Henry demeura dans la province. À peine en fut-il sorti pour aller en Normandie, où la mort de Mathilde, sa mère l'appelait, qu'Eudon, secouant le joug qu'il avait été forcé de subir, forma une nouvelle ligue dans laquelle il engagea le vicomte de Thouars et plusieurs barons d'aquitaine, Olivier de DINAN et Rolland son cousin, Geoffroy de MONFORT, et autres seigneurs bretons. Le roi Louis VII, par zèle pour les intérêts d'Eudon approuva cette ligue et promis aux seigneurs qui y étaient entré de ne faire aucune paix avec le roi d'Angleterre sans les comprendre dans le traité. Les seigneurs confédérés lui promirent la même chose de leur côté, et lui donnèrent des otages pour garantir leur bonne foi.
Henry, informé des pratiques secrètes qui se tramaient contre lui en Bretagne, n'attaqua point Eudon par la force, il tacha de le gagner par des promesses. Mais ce prince ne donna point dans le piège. Aussi inflexible aux caresses du roi qu'il avait été ferme amis de tenir tête tant qu'il avait pu, il ne se laissa pas entamer et persista constamment à défendre ses droits. Henri fut piqué au vif et chercha le moyen de se venger d'un ennemi qui semblait le maîtriser.
Il avait en sa puissance la princesse Alix, qui, quelque temps auparavant, lui avait été donnée en otage, et quoique Alix, comme fille d'Eudon et de Berthe, fut sa cousine germaine parce que Berthe et Henry été enfant de deux soeurs. Ni le droit des gens, ni la liaison du sang, ni la religion, ni le respect dû à une personne d'un si haut rang, ne suis capable de mettre un frein à la rage dont il était transporté. Il se venge du père en ravissant l'honneur à la fille. On ne peut exprimer la douleur dont PORHOET fut pénétré en apprenant l'injure atroce qu'Henry lui avait faite. Il fit retentir la province de ces plaintes, il anima quantité de seigneurs à entrer dans ses justes ressentiments, et tous ensembles protestèrent que la vengeance serait aussi éclatante que l'outrage était criant. Mais Henry ne leur donnât pas le temps de se préparer à la guerre. La conférence pour laquelle il était venu joindre Louis VII entre Pacy et Meulant, ne fut pas plutôt terminée, qu'à la tête une armée il marcha en Bretagne avec la diligence qui lui était ordinaire, attaque Eudon, ravage le pays de Porhoët, y met tout, à feu et à sang, assiège le château de Josselin, et le renverse de fond en comble ; en les villes de Vannes et d'Auray, qu'il fait fortifier, et confisque enfin le comté de vannes et la moitié du comté de Cornouaille.
Eudon, mis hors d'état de lui nuire, s'avança du côté de Dinan, sur la route il mit garnison dans le château d'Hédé, qui lui fut rendu par Geoffroy de Montfort, rasa celui de Tinténiac, et alla mettre le siège devant Becherel, petite ville du domaine de Roland de Dinan. La situation de cette place est avantageuse et d'abord difficile. Henry la battit pendant plusieurs jours et il s'en rendit que par le secours des machines dont on se servait alors dans l'attaque des places fortes. C'est pour cela qu'après l'avoir prise il la fit fortifier, afin de tenir le pays dans le respect. Il eut bien voulu former le siège du château de Lebon, mais il n'en eut pas le temps. Il se contenta de ravager les bords de la Rance jusqu'aux portes de Saint Malo.
La fête de saint Jean-Baptiste approchait, et c'était le jour où finissait une trêve conclue entre Henry et Louis VII l'année précédente. Pour prévenir ce jour, le roi d'Angleterre pris la route de la Ferté-Bernard, où il devait conférer avec Louis. De peur qu'on ne portât à ce prince des plaintes contre lui, en passant par le Maine, il défendit aux seigneurs qui vinrent le saluer, de se trouver à la conférence, et il ordonna d'arrêter les seigneurs Bretons et Poitevins qui voudraient y assister. Les Manceaux aussi mécontents d'Henry que les Poitevins et les Bretons, se firent un devoir de ne pas exécuter un ordre dont l'inexécution pouvait produire de bons effets pour les uns et pour les autres. Ils allèrent et laissèrent aller à la Ferté-Bernard tous ceux qui passèrent par chez eux.
PORHOET et DINAN s'y distinguèrent. Ils se plaignirent avec force des injustices, des violences, des usurpations, et surtout de la mauvaise foi du roi d'Angleterre. Le premier s'étendit en particulier sur l'affront insigne qu'il en avait reçu en la personne de sa fille. Il lui reprocha le crime énorme qu'il avait commis en déshonorant sa proche parente, il se récria sur la foi des otages il avait qu'il avait violé ; en un mot il le traita, la comme le méritait un traitre, un perfide, un adultère, un incestueux. Les plaintes de ces seigneurs ne contribuèrent pas peu à rendre la conférence inutile.
Les deux rois se séparèrent sans avoir rien terminé. La guerre se continua, en mais elle ne dura guère que six mois. Il y eu une seconde conférence tenue à Montmirail dans le Perche, le jour de l'Épiphanie. Les deux rois y réglèrent leurs différends, et le traité de paix, qui fut dressé, semblait annoncer un avenir tranquille. Le roi de France n'oublia pas la parole qu'il avait donnée aux seigneurs bretons et poitevins, qu'il ne conclurait rien que le roi d'Angleterre ne leur rendit ses bonnes grâces, et ne fut convenu de tous ce qu'ils ne jugeraient nécessaires tant pour la sûreté de leur personnes, que pour la conservation de leurs biens. Henry, qui ne s'accommodait avec le roi de France que pour être plus en état de réduire les seigneurs particuliers, qui mettaient obstacle à ses usurpations, consentit à tout ce qu'on voulut, bien entendu qu'il n'observerait par la suite que ce qui conviendrait à ses intérêts.
En effet, après avoir terminé ses affaires en Poitou, Guyenne, et en Normandie il vint en décembre 1270 tenir sa cour à Nantes accompagné de Geoffroy, son troisième fils, qui avait été reconnu Duc de Bretagne et couronné à Rennes au mois de mai dernier par Etienne, évêque de cette ville. Les prélats et les barons, avaient assisté à cette cérémonie, lui avaient fait hommage et serment de fidélité. Mais comme plusieurs, soit à dessin, soit pour des raisons légitimes, ne s'étaient pas présentés, Henry sous prétexte de recevoir leur hommage parcourut le duché avec Geoffroy son fils et Conan. C'est alors qu'on reconnut quels avaient été les motifs qui l'avait porté à signer le traité de Montmirail, et quel fond on devait faire sur ses promesses. Il traita les seigneurs avec plus de hauteur que jamais.
Eudon fut celui de tous contre lequel Henry fit éclater le plus son ressentiment. Après avoir porté le fer et le feu dans toutes ses terres, il le contraignit de se rendre à discrétion. Ensuite il le traduisit par un tribunal de juges il avait établi à Rennes, et le fit condamner, comme rebelle, à perdre tous ses biens qu'il possédait sur son domaine. Louis VII appris bien sûr la dureté et la violence dont usait Henry à l'égard d'Eudon et de ses alliés, mais il se contenta de déplorer leurs malheurs. Tout ce qu'il fit de plus, fut de recevoir Eudon à la cour, lorsque ce dernier, dépouillé de tous ses états, alla chercher en France, un asile contre la mauvaise fortune. Les habitants de Josselin furent aussi chassés et la ville fut changée en une affreuse solitude.
Conan IV, dont la lâcheté avait plongé la province dans cet abime de maux, étant mort au mois de juillet 1171, Eudon se hâta de retourner en Bretagne pour y faire valoir les droits que le contrat de mariage passé entre Geoffroy et Constance lui donnait de nouveaux sur le duché. Mais Henry à la tête de ses troupes y arriva presque aussitôt le lui, et n'eut pas de peine à dissiper un parti qui ne commençait que de naître. Il contraignit Eudon de se réfugier en France pour la troisième fois, et afin qu'il ne reste plus à ce prince aucun prétexte à revenir en Bretagne, il adjugea tout le duché à Geoffroy quoique ce jeune prince n'eut pas encore épousé l'héritière. Il lui donna encore les comtés de Guingamp et de Richemont, et ne laissa rien à Eudon, si ce n'est peut-être le comté de PORHOET.
Ce n'était pas seulement les seigneurs particuliers qui y avait à se plaindre de Henry, les princes même ses enfants n'avait pas lieu d'en être plus content. En 1170, il avait fait couronner Henry, son fils aîné, roi d'Angleterre, il avait aussi fait couronner reine, la princesse son épouse, mais il ne leur avait point assigné de quoi soutenir l'éclat de leur dignité. Quelques seigneurs mécontents de Henry, firent honte au jeune roi de vivre dans la dépendance. Ils lui insinuèrent de demander, pour se tirer de cet indigne état, ou l'Angleterre, où la Normandie, et de peur qu'il ne craignit un refus, ils lui firent sentir qu'en ce cas il trouverait de l'appui en France. Le jeune roi, trop docile à ce pernicieux conseil, se présenta devant son père, fit la demande qu'on lui avait suggérée, et n'étant point favorablement écouté, prend les armes, et entraîne dans son parti, Geoffroy, duc de Bretagne et Richard, ses frères. Il était à craindre pour Henry II, que les Bretons ne s'attachassent à leur Duc, et ne profitassent d'une occasion si belle, pour se soustraire à son obéissance. Mais ce prince à la prudence duquel rien n'échappait envoya ordre aux barons de se rendre auprès de sa personne.
Quelques seigneurs se conformèrent à cet ordre, mais Raoul de Fougères, loin d'y obéir, fit une diligence extrême pour rétablir son château. PORHOET, SAINT HILAIRE, CHESTRE, PATRI, et plusieurs autres seigneurs se joignirent à Raoul. On peut voir dans Christophe de Bretagne les exploits de cette nouvelle ligue. Eudon après être resté quelque temps dans le camp des confédérés, les quitta pour aller rebâtir son château de Josselin. Il s'empara ensuite du château de Ploërmel, et se remit en possession des comtés deux Vannes et de Cornouaille, mais né digne de la grande fortune, il n'était pas né pour en jouir.
Henry, en 1179, fit la paix avec ses enfants, et leur assigna des revenus. Il donna au jeune roi une pension annuelle de 13 000 Marc de Anjou avec deux châteaux en Normandie ; à Richard la moitié des revenus du Poitou avec deux places non fortifiée dans le même pays ; et enfin à Geoffroy, la moitié du duché de Bretagne en attendant qu'il fut en âge d'épouser Constance. Ce traité daté du 29 septembre, fut conclu entre Tours et Amboise.
Après que Richard et Geoffroy lui eurent fait hommage des revenus et des places qu'il venait de leur accorder, il envoya le premier en Poitou et le second en Bretagne pour y faire exécuter les articles du traité, et ensuite il partit pour l'Angleterre avec son fils aîné. Aussitôt que Geoffroy fut arrivé en Bretagne, il fit abattre toutes les fortifications qui avaient été faites pendant les troubles, et reprit sur PORHOET, Vannes, Auray, Ploërmel, et la moitié du comté de Cornouailles. L'autre moitié de cette terre été du domaine du comte et on la lui laissa, et par la il se trouva réduit à son ancien patrimoine. Eudon, après cette dernière disgrâce ne pensa plus qu'à terminer dans le repos une vie si longtemps traversée. Il assista en 1183 à l'assemblée tenue à Rennes, où fut dressé le fameux règlement communément appelé l' « assise du comte de Geoffroy », et qui ordonne que les fiefs de haubert ne se partageraient plus, et que les ainés pourvoiraient à la subsistance des cadets selon leur pouvoir, on ne sait il survécut longtemps à cette assemblée, mais depuis il n'est plus parler de lui nulle part. Le jour de sa mort est marqué au 17 juin dans la nécrologie de Fontevraud, et au 18 du même mois dans celui de Montfort, en ces termes : le 18 de juin, mourut monseigneur Eudon, comte de Bretagne, il avait fondé pendant son règne l'abbaye de Lantenac sous la seigneurie de la Chaze, terre dépendante du comté de PORHOET. La charte de fondation n'est pas datée, mais comme Eudon fut chassé de Bretagne par Conan en l'an 1133, il faut que cette charte ait été dressée en 1153 ou 1154 pour le plus tard. D'ailleurs GOSOFREDUS, évêque de Saint-Brieuc était présent à cette fondation. Ce prélat fut fait archevêque de Tours en 1157. La fondation de Lantenac est donc antérieure à cette translation. On trouve plusieurs autres monuments de la piété de comte Eudon dont il sera parlé lorsque l'occasion s'en présentera.
Les enfants d'Eudon et de Berthe
1. Geoffroy, il est qualifié fils d'Eudon, duc de Bretagne, dans une donation faite par ce prince à l'abbaye de Savigny, ordre de Cîteaux, l'an 1144. C'est le seul acte où il soit fait mention de cet enfant.
2. Adelide, qui fut envoyée dès sa plus tendre jeunesse à la cour du roi d'Angleterre, où elle demeura jusqu'à l'âge de 30 ans. Alors dieu lui ayant fait connaître le néant des choses humaines, elle se retira à l'abbaye de Fontevraud, et il prit l'habit religieux. Son mérite rare et sa piété singulière la firent élire successivement grande prieure et Abbesse de ce monastère. C'est dans cette dernière fonction qu'elle termina heureusement sa vie mortelle, laissant à ses religieuses une grande idée de la sainteté. Sa mort est marquée dans leur nécrologie en ces termes : Adelide de Bretagne, Abbesse de Fontevraud mourût le 29 octobre.
3. Alix, qui d'abord donné par son père en otage à Henry II, roi d'Angleterre, et déshonorée par ce prince, fut ensuite mariée avec Guy de MAUVOISIN, seigneur de Rosny, dont elle eut deux enfants :
a. Alix, qui épousa Guillaume le BOUTEILLER de SENLIS, 2ème du nom, chevalier seigneur de Chantilly, de Courteuil et de Montmélian.
b. Guy de MAUVOISIN, fut partagé en 1234 par Raoul de FOUGERES, Héritier de la Maison de PORHOET, par Mahaut, sa mère. En vertu de ce partage, Guy de MAUVOISIN renonça à toutes les prétentions qu'il avait tant sur la succession du comte Eudon, que sur celles d'Eudon, fils du comte, et Raoul de FOUGERES s'obligea à lui payer la somme de 2500 livres tournois en argent, en lui donner 200 livres de rente, dont l'assise serait faite sur les terres qu'il possédait en Normandie sous les fiefs de l'abbaye du mont saint-michel est sous ceux de la comtesse de Boulogne. Cette transaction fut confirmée par le roi Saint-Louis en 1234 et par Pierre, duc de Bretagne en 1236. Guy de MAUVOISIN la ratifia encore en 1238. Ont
Les enfants d'Eudon et d'Aliénor de LEON
4. Eudon 3ème du nom qui suit
5. Henry, qui est appelé frère d'Eudon III dans les une charte de l'abbaye de Bonrepos, où on lit ces mots : « Eudo filius comitis, et Henricus qui est frater ejus. Quelques-uns ont lu : « Hervous »
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Mariage (avec Berthe Ière DE BRETAGNE)
dont
H Amice De Porhoët ca 1140-
H Eudes III (Eudon) De Porhoët 1148-ca 1234 Avec Marguerite De Fougères ca 1170-1241 dont
F Eléonore (Aliénor) De Porhoët ca 1205-1251 Mariée le 25 août 1220 (mardi), La Trinité-Porhoët, Morbihan, Bretagne, France, avec Alain V De Rohan ca 1192-1242 dont :
F Jeanne De Rohan 1226-1289
H Alain VI De Rohan 1232-1304
F Tiphaine De Rohan 1240-1298/
F Mabille De Rohan 1235-
H Geoffroy De Rohan †1271/
F Villaine (Vilaine) De Rohan ca 1220-1262
F Alice (Alipse, Alix) De Rohan ca 1225-1280
F Philippa De Rohan ca 1228-
Eléonore (Aliénor) De Porhoët ca 1205-1251 Mariée vers 1243 avec Pierre IV (Guillaume) De Thouars (De Chemillé) 1204-1255 dont :
F Denise De Chemillé ca 1230-1269
H Thomas De Chemillé 1246..1248-1317
Eudes III (Eudon) De Porhoët 1148-ca 1234 Marié avant 1180 avec Eléonore, Aliénor De Léon ca 1150-1220 dont
F Alix De Porhoët 1182-ca 1235 Mariée en 1201, La Trinité-Porhoët, Morbihan, Bretagne, France, avec Guy I(III) De Mauvoisin ca 1170-1215 dont :
F Marie De Mauvoisin ca 1205-ca 1240
H Guy II (V) De Mauvoisin 1201-1252
F Alix (Aélis) De Mauvoisin †/1247
F Agnès De Mauvoisin 1201-1242
H Guillaume IV De Mauvoisin †/1303
F Mathilde De Porhoët ca 1184-ca 1239 Mariée vers 1204, Guilliers, Morbihan, Bretagne, France, avec Geoffroy Ier De Fougères ca 1180-1212 dont :
H Raoul III De Fougères ca 1205-ca 1256
F Jeanne De Porhoët ca 1187-ca 1279 Avec Olivier Ier De Montauban-De-Bretagne ca 1190-ca 1258 dont :
H Olivier III De Montauban (De Bretagne) †ca 1303
H Alain Ier De Montauban (De Bretagne) ca 1210-1285
F Amicie De Porhoet ca 1135-1157 Avec Guillaume Ier De Montfort Gaël (De Gaël) /1106-1157 dont
H Geoffroy I De Montfort 1150-1181 Marié vers 1180 avec sosa Gervaise De Say ca 1150-1205 dont :
H Guillaume De Montfort ca 1180-ca 1235
H Raoul IV De Montfort Sur Meu /1181-ca 1233
H Godefroy De Montfort ca 1157- Avec Hermine De Rohan ca 1175-
H Geoffroi De Porhoët †1155/
F Adélaïde (Alix) De Porhoët (De Bretagne) †1220
H Etienne De Penthièvre /1156- Avec Havoise De Guingamp ca 1160- dont
F Marguerite De Penthièvre /1195- Avec Pierre II De Kergorlay ca 1175- dont :
H Hervé II De Kergorlay 1210-1269
F Annette (Aliette, Anne) De Kergorlay ca 1240-1285/ - vers 1165 :
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Mariage (avec Jeanne DE LEON)
ou 1162
Robert de Torigny mentionne le mariage, en 1167 de "comes Eudes" and "Guihunmanus filius Hervei vicecomes Leonensis? filiam" mais ne la nomme pas. (Chronique de Robert de Torigny I, 1167) Selon les sources, elle serait appelée Jeanne ou Aliénor .
La date de 1179 pour le mariage d'Eudon de PORHOET n'est pas crédible.
MORICE dans son histoire de la Maison de PORHOET dit que c'est suite à son mariage avec Jeanne Aliénor de LEON, que Eudon de PORHOET a pu s'allier avec la Maison de LEON. Il s'en suit une nouvelle coalition. Après la mort de Jean de DOL, en juillet 1162, son beau-frère et tuteur de sa file Iseult, Raoul de FOUGERES, fortifie Dol et Combourg, avant de rejoindre la coalition qui se met à ravager les terres de Conan IV de BRETAGNE. Celui-ci fait appel à Henry II Plantagenet, ce qui leur permet de prendre la ville de Dol. Le site de la ville de Dol fixe cette bataille en 1164.
L'ensemble de ces faits amènent à envisager une date de mariage entre Eudon de PORHOET et Jeanne Aliénor de Léon vers 1162 et probablement avant juillet, date de la mort de Jean de DOL, qui resta fidèle toute sa vie à Eudon.
MORICE cite MISSIRIEN qui fixe ce mariage à 1160 et ROBINEAU qui le fixe à 1164, mais sans preuves d'après lui.
Un mariage en 1162 oblige à revoir la date de naissance de Jeanne Aliénor de DOL. vu l'âge d'Eudon à l'époque (45 ans) il est peu probable qu'il ait épousé une enfant ce qui amène à envisager une date de naissance pour Jeanne Aliénor de DOL vers 1145-1147.
En outre, Eudon n'a pas de fils légitime, Geoffroy est trés probablement un bâtard. Il est cité comme fils d'Eudon, duc de BRETAGNE, dans une donation que fait ce dernier à l'abbaye de Savigny en 1144, soit 3 ans avant son mariage avec Berthe de CORNOUAILLE, ou alors c'est que la date de leur mariage est antérieure. Il a besoin d'un fils légitime pour lui succéder. - 14 janvier 1179 :
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Décès - Paris, 75000, Paris, Île-de-France, FRANCE
https://fr.wikipedia.org/wiki/Eudon_II_de_Porho%C3%ABt
ou 17/06/1185 Josselin, Morbihan