🌳 Jean-Marc LEGER
par kiwa76
🏛️ Éclaireur des temps anciens
Toutes les personnes
Rechercher dans tous les arbres
Clovis Ier DE FRANCIE ◉ Sosa : 239 521 498 464
Clovis Ier DE FRANCIE
◉ Sosa : 239 521 498 464
- dit « Le Grand »
- Né en 466 - Tournai, 7500, Hainaut, Wallonie, BELGIQUE
- Baptisé le 26 décembre 496 - Reims, 51100, Marne, Champagne-Ardenne, FRANCE
- Décédé le 29 novembre 511 - Paris, 75000, Paris, Île-de-France, FRANCE
- Inhumé - Paris, 75000, Paris, Île-de-France, FRANCE
- Roi des Francs saliens puis roi de tous les Francs de 481 à 511
Parents
- Childéric Ier DE FRANCIE 436-481
- Basine II DE THURINGE 435-491
Union(s) et enfant(s)
-
Marié le 4 septembre 484, Reims, 51100, Marne, Champagne-Ardenne, FRANCE, avec
Evochilde Herule DE COLOGNE 470-510
dont
- Thierry Ier DE REIMS 485-534
-
Marié le 1er janvier 493, Soissons, 02200, Aisne, Picardie, FRANCE, avec
Clothilde DE BURGONDIE 475-545
dont
- Ingomer DE FRANCIE 494-494
- Clodomir Ier DE FRANCIE ~495-524
- Childebert Ier DE FRANCIE ~497-558
- Clotaire Ier DE FRANCIE 498-561
- Clothilde DE FRANCIE 502-531
Frères et sœurs
- Chrotlinde DE BURGONDIE 452-500
- Clovis Ier DE FRANCIE 466-511
- Alboflede DE FRANCIE ~466-535
- Richarius DE FRANCIE 468-?
- Audoflede DE FRANCIE 469-534
- Lamdechidle DE FRANCIE 472-508
- Ringomer DE FRANCIE 475-?
Demi-frères et demi-sœurs
- Berthaire DE THURINGE †531 (par Basine II DE THURINGE)
Événements
- 466 :
-
Naissance - Tournai, 7500, Hainaut, Wallonie, BELGIQUE
https://fr.wikipedia.org/wiki/Clovis_Ier
Biographie : https://www.jesuismort.com/tombe/clovis#tombe
Clovis Ier, en latin Chlodovechus, seule forme contemporaine écrite attestée, peut-être en francique reconstitué *Hlodowig, né vers 466 et mort à Paris le 27 novembre 511, est roi des Francs saliens, puis roi de tous les Francs de 481 à 511.
Titre
Roi des Francs
481/482 (à 15 ans)– 27 novembre 511
Prédécesseur Childéric Ier
Successeur Thierry Ier (roi de Reims)
Clodomir (roi d'Orléans)
Childebert Ier (roi de Paris)
Clotaire Ier (roi de Soissons)
486 : Clovis bat Syagrius, général romain, près de Soissons. C'est la fin de l'occupation romaine en Gaule.
496 : bataille de Tolbiac (Zulpich près de Cologne ) entre Clovis et les alamans. Avec celle-ci, Clovis assure son prestige, et selon son biographe, Grégoire de Tours, c'est là qu'il décide de se faire baptiser. Contre les burgondes, il n'arrive pas à les battre, mais seulement à s'en faire des alliés.
507 : bataille de Vouillé. Elle mine le pouvoir wisigoth en Gaule, Clovis récupérant une partie de l'Aquitaine. aurait fondé l'abbaye de Sarlat
***
http://www.histoire-france-web.fr/roismero/clovis1.htm
Suivant les scribes de l'époque, le prénom Clovis qui dans sa forme moderne est équivalent à Louis peut se lire Chlodovic, Chlodovicus, Chlodovech, Chlodewig
A la mort de Childéric en 481 Clovis lui succède, il a 15 ans. Il reçoit une lettre de l'Evêque de Reims Rémi dans laquelle il apparaît que Clovis est reconnu par la classe dirigeante gallo-romaine comme administrateur de la Belgique Seconde ( soumise à Rome la Belgique fut divisée en trois parties, la Germanie au nord avec Cologne comme ville principale, la Belgique première à l'est avec Trèves , et la Belgique seconde à l'ouest avec Reims) Bien que Clovis soit païen il lui est recommandé de servir la communauté chrétienne, d'honorer ses évêques et de toujours s'incliner devant leurs conseils.( la carte est empruntée au site : http://clovis1er.free.fr/481heritage.htm)
A cette époque la polygamie n'était pas rare en Germanie (les Hérules sont un peuple germanique) aussi il ne faut pas s'étonner de voir trois épouses à Clovis en même temps Clotilde fut son épouse principale. On voit cependant que lors du décès de Clovis, Thierry fils d'une épouse secondaire eut droit à sa part.
Il épouse en 493 Clotilde nièce du roi des Burgondes Gondebaud. Ce dernier est monté sur le trône après avoir tué l'ancien roi, son frère, le père de Clotilde. Il a aussi noyé sa mère et décapité ses deux frères, sa sœur est entrée au couvent et Clotilde s'est réfugiée à Genève. Gondebaud n'ose pas refuser la main de Clotilde au puissant Clovis, cependant il se méfie de Clovis et de ses ambitions. Clotilde, elle, est satisfaite de ce mariage. Les anneaux sont échangés à distance et Clotilde se prépare à partir accompagnée de lourds chariots. Cependant un conseiller de Gondebaud suggère à celui-ci de demander l'avis du Basileus ( roi de Byzance dont Gondebaud est admiratif ). Craignant un revirement elle enfourchera un cheval et rejoindra Clovis à Troyes à bride abattue.
Elle fait baptiser ses enfants. Le premier , Ingomir (ou Ingomer) naît en 493 et meurt immédiatement après le baptême, le dieu de Clotilde aux yeux de Clovis semble plutôt maléfique mais en 494 un second fils naît Clodomir qui sera baptisé et il vivra jusqu'à l'âge de 29 ans. Clotilde va permettre à Clovis de découvrir l'amitié des grands évêques lettrés de Provence, les communautés monastiques et lui permet de construire l'image du royaume. Le royaume de Clovis va devenir immense et les Francs vont être en nombre insuffisant pour le tenir Clovis converti pourrait s'appuyer sur l'église ses prêtres et ses évêques.
Il détruit le royaume Romain de Syagrius (486) qui avait pour capitale Soisson. Syagrius vaincu s'enfuit et trouve refuge chez le roi des Wisigoths Alaric 2 mais celui-ci, craignant Clovis, lui livre Syagrius qui le fait décapiter. (plusieurs sites tentent de relater la mort de Syagrius , décapité, un coup d'épée, étranglé, égorgé,,, tout y passe, ce qui semble certain c'est qu'il a été assassiné) .
Dés 495 Clovis est à Tours où il va honorer la sépulture de Martin le saint des Gaules, à cette occasion il aurait évoqué son intention de se baptiser sans en fixer la date. Son épouse catholique Clotilde l'aurait convaincu de se convertir à la religion catholique.
Il soumet les Alamans, victoire de Tolbiac en 496, Tolbiac est aujourd'hui Zülpich petite ville au sud ouest de Cologne. C'est à la suite de cette victoire inespérée au cours de laquelle il avait invoqué le dieu de Clotilde qu'il prend la décision de se convertir au catholicisme. Roi des Francs, païen, contrairement aux autres peuplades qui avaient épousé l'hérésie Arienne, sa conversion au catholicisme en 496 (date incertaine peut être 498) va lui permettre d'obtenir l'aide de l'épiscopat mais aussi il va apparaître comme le champion protecteur de cette religion qui en avait grand besoin .
A Noël ( mais l'année est incertaine 496-497-498?) il est baptisé à Reims par l'évêque Rémi , le futur Saint Rémi ( "Courbe la tête avec humilité, Sicambre; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré") ainsi que sa sœur Alboflède et 3000 de ses guerriers qui le suivront dans sa démarche. (Les Sicambres sont des peuples germaniques qui se sont fondus dans les Francs au 3ème siècle). Il semble que la traduction des paroles de l'évêque ne soit pas correcte au lieu de "courbe la tête" il faudrait entendre "dépose tes colliers" autrement dit n'ai plus confiance en tes amulettes.(l'Histoire de France de Jean Joseph Julaud)
Clovis s'empare ainsi de tout le pays entre la Somme et la Loire.
Clovis est alors le seul chef d'Etat de tout l'occident qui fût catholique. On évalue à 6 000 le nombre de ses guerriers. Il réduit les Burgondes, victoire de Dijon (500). Le peuple burgonde est évalué à environ 25 000 , hommes, femmes et enfants..
Il entreprend une campagne contre les Wisigoths au sud de la Loire coordonnée avec l'Empereur d'Orient Anastase dont la flotte croise sur les côtes italiennes afin d'empêcher les Goths de Théodoric de leur porter secours. Après sa victoire sur les Wisigoths à Vouillé (NO de Poitiers) en 507, il étend le royaume des Francs (Saliens et Ripuaires) jusqu'à la Garonne et devient maître de toute la Gaule. Les Wisigoths ne conservent plus que la Septimanie (bande côtière autour du golfe du lion) et doivent se retirer en Espagne où il établissent leur capitale à Barcelone d'abord puis à Tolède. C'est, l'intervention de Théodoric le grand roi des Ostrogoths qui l'empêchera d'atteindre la Méditerranée. Clovis avait beaucoup de respect pour Théodoric, il nommera son premier fils Thierry, autre forme de Théodoric en son honneur et lui donnera sa sœur en mariage .
Rentrant de cette glorieuse expédition il rencontre à Tours les envoyés de l'Empereur Anastase qui lui remettent un document qui légitime le royaume de Clovis et le nome Consul honoraire.
Il parviendra à faire l'unité en réunissant Francs Saliens et Ripuaires et en éliminant ( physiquement ) tous ceux qui pouvaient contester sa suprématie: la famille de Sigibert (Sighebert) chef des Francs de la région de Cologne, Chararic chef salien rival et son fils, Ragnachar chef des Francs de Cambrai ainsi que son frère Righomer etc .
En juillet 511 Clovis réunit un grand concile à Orléans
Trente deux évêques sur 64 que compte la Gaule y participent. Il y est confirmé le droit d'asile des églises. Les églises sont inviolables, tout malfaiteur , quel qu'il soit qui trouve refuge dans une église ne peut être saisi. Il ne pourra être élargi que lorsque promesse est donnée par la victime de se contenter d'une compensation pécuniaire, voir les exemples cité dans le document sur la loi salique
Sont évoqués les règles sur la moralité du clergé. L'obligation pour le clergé de dire la messe le dimanche et surtout de l'obligation de la répartition des revenus perçus en trois : un tiers pour la vie des ecclésiastiques, un tiers pour les pauvres et un tiers pour l'entretien des églises. Petit à petit la répartition des rôles s'effectue entre le roi et l'église.
A sa mort, en 511, son royaume considéré à l'époque comme une propriété privée est partagé entre ses 4 fils.
La première conversion d'un roi barbare est d'importance pour l'église. La Gaule d'alors est essentiellement païenne et les peuples germaniques ont épousé la religion catholique arienne qualifiée d'hérésie. Qu'un jeune roi conquérant se range sous la bannière de l'église catholique ne peut que l'aider à propager sa doctrine. Pour Clovis l'opération ne sera pas sans bénéfice, il se fait d'un coup des alliés dans tous les camps, tous les catholiques en terre ennemie sont autant de ses partisans ce qui, sans nul doute, l'aidera dans ses conquêtes futures.
Le royaume ne possédait aucune autre administration que l'entourage du Roi et bien que celui ci fut itinérant , il choisit Paris comme capitale en 508. Celle ci n'en fut pas pour autant changée mais comme il choisit cette ville pour se faire enterrer, Paris en devint plus prestigieux détrônant Tours et Trèves.
Entre 508 et 511 Clovis édicte le "Pactus Legis Salicae" ou loi salique c'est un ensemble de 64 articles de loi qui doivent éviter les vengeances et les vendettas entre familles. C'est après la loi wisigothique le plus ancien code écrit pour un royaume barbare. Le texte n'est pas un texte de guerriers qui viennent d'envahir la Gaule mais un texte plus adapté à des paysans ou des éleveurs. Rien de chrétien dans ce texte ce qui fait penser à l'adaptation de textes plus anciens.
Sainte Geneviève née à Nanterre en 422, sur les conseils de Saint germain l'Auxerrois se consacra à Dieu. L'histoire dit qu'elle protégea Paris de l'invasion des Huns par ses prières. Suivant ses conseils, Clovis fit bâtir l'église Saint pierre Saint Paul qui s'appellera plus tard Sainte Geneviève. Reconstruite, c'est maintenant le Panthéon. Cette sainte fut inhumée le 3 janvier 513 . Elle est la patronne de Paris.
Clovis sera inhumé sur la Montagne Sainte Geneviève.
La monnaie est toujours le sou d'or (solidus) de l' empereur romain Constantin 1er (272 - 337) que les ateliers Francs vont frapper jusqu'en 539. Pour fixer les grandeurs à cette époque, un bœuf vaut 2 sous, une vache 3 sous et un cheval 12 sous.
Le mythe de Clovis s'est magnifié au cours des années, passant d'un chef d'une bande de pillards à un roi bon et juste, un Saint Louis. Charlemagne sera sacré Empereur en 800 à Noël jour anniversaire du baptême de Clovis. Louis le pieux prend ce nom en souvenir de Clovis qui aurait lui même pris ce nom après son baptême, le pape Etienne 4 octroie à Philippe 1er le titre de Très Chrétien en référence explicite à Clovis etc.. Même la fleur de Lys , qui apparaîtra sur les armes royales sous Robert le Pieux (966-1031), lui est attribuée. A la veille de la bataille de Vouillé (507) Clovis trouve en suivant une biche un gué sur la Vienne révélé par des lys. Il arbore la fleur en gage de victoire puis la prend pour emblème.
***
https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article2272
Roi des Francs, né en 466, il succéda, l’an 481, à son père Childéric. À cette époque, la Gaule, qui, depuis soixante ans, avait été en proie à des irruptions dévastatrices, avait vu s’établir dans son sein diverses nations barbares, différentes par leur origine, leurs mœurs et leur langage ; des États rivaux s’y étaient nouvellement formés.
Le plus étendu et le plus puissant de tous était celui des Wisigoths, qui occupaient les belles contrées situées entre la Loire et les Pyrénées, et qui avaient subjugué la plus grande partie de l’Espagne. Après eux, le royaume le plus considérable était celui des Bourguignons, qui, au sud-est, possédaient toute la portion que baigne le Rhône et ses affluents. Entre la Loire et la Somme, diverses cités, faisant partie de l’Armorique, avaient formé entre elles une courageuse confédération.
Le centre de cette portion, qui était aussi celui de toute la Gaule, appartenait aux Gaulois-Romains, qui avaient résisté aux barbares d’au delà du Rhin, et qui, sous des chefs choisis parmi eux ou devenus héréditaires, reconnaissaient encore la suprématie des successeurs des Césars, devenus incapables de les protéger contre les dangers qui les menaçaient.
A l’est, sur les bords du Rhin, et au nord de la Somme, se trouvaient les belliqueuses tribus des Francs et des Allemands, qui obéissaient à divers chefs indépendants et souvent ennemis les uns des autres. Clovis était le chef de la tribu des Francs-Saliens, qui s’était fixée dans la Ménapie, restreinte, dans les derniers temps de l’empire romain, au diocèse de Tournai, lequel comprenait alors aussi ceux de Bruges, de Gand et d’Ypres, qu’on en a séparés depuis. Ce territoire était renfermé entre la mer et l’Escaut, qui le bornait à l’orient et au midi ; il était resserré à l’ouest par le pays des Morini, ou les diocèses de Térouanne et de Boulogne, qu’occupait une autre tribu des Francs, commandée par Cararic.
Il avait au sud le riche pays des Nervii, ou le diocèse de Cambrai, possédé également par une tribu de Francs, dont le roi, nommé Ragnacaire, parent de celui des Francs-Saliens, faisait sa résidence à Cambrai. Celle de Clovis était à Tournai, où l’on a trouvé le tombeau de son père Childéric au XVIIe siècle. Déjà sous ce dernier roi, et plus anciennement sous Clodion, les Francs-Saliens, plus audacieux que les autres tribus de la même nation, avaient fait des irruptions dans le pays des Gaulois-Romains, et avaient tenté de s’y établir ; mais des forces supérieures les avaient forcés de se retirer dans leurs forêts et leurs marais, et d’y emporter leur butin.
Il est remarquable que leur pays était la plus froide, la plus inculte et la moins fertile portion des Gaules. Clovis résolut de tenter une nouvelle expédition, et il envoya déclarer la guerre à Syagrius, qui avait reçu de ses ancêtres, comme par héritage, la ville et le diocèse de Soissons, et qui, décoré par l’empereur du titre de comte ou de patrice, commandait aux tristes restes de la seconde Belgique. Syagrius, fils du célèbre Aétius, adoré des Romains, respecté des barbares par sa justice et sa grandeur d’âme, accepta le défi hostile de Clovis, qui, dans un langage déjà chevaleresque, lui avait fait dire de fixer le jour et le lieu de la bataille. Clovis, assisté de Ragnacaire, roi de Cambrai, sur le territoire duquel il se trouvait forcé de passer, marcha contre Syagrius.
Les Romains ne purent soutenir le choc impétueux des Francs, dont le nombre ne se montait pas au delà de 5 000. Ce combat mémorable eut lieu près de l’ancienne abbaye de Nogent, à environ trois lieues au nord de Soissons, qui devint ainsi la première capitale du nouveau royaume des Francs-Saliens, l’an 486 de l’ère chrétienne. Syagrius se retira à Toulouse, à la cour d’Alaric, et les lâches conseillers du fils du puissant Euric, encore mineur, livrèrent l’illustre fugitif à Clovis, qui le redemanda, et qui fit mettre à mort cet infortuné roi des Romains, comme l’appelle Grégoire de Tours.
Au milieu de la férocité de mœurs qui caractérisait sa nation, Clovis déploya, dès les premiers temps de la conquête, une politique inconnue à ses prédécesseurs : il ménagea le culte des vaincus, il chercha même à se concilier l’amitié des chefs de cette religion, dont l’influence était alors toute-puissante sur les Gaulois-Romains, qui formaient la base de la population des contrées qu’il venait de soumettre. Aussi la légende prétendit-elle que saint Remi, évêque de Reims, ayant fait réclamer auprès de lui un vase d’une grandeur et d’une beauté remarquable : « Suivez-moi dans Soissons, dit le roi aux députés de l’évêque, là nous devons partager le butin, et si le sort me donne ce vase, je vous le rendrai. »
Clovis demande à ses guerriers rassemblés dans Soissons que ce vase soit remis ; les Francs, pleins de respect et d’amour pour leur chef, lui répondent unanimement qu’il peut choisir dans le butin ce qui lui conviendra. Un seul, plus audacieux, fend le vase avec sa hache ou francisque, en disant : « Tu n’auras rien que le sort n’en ait décidé. » Aussitôt tous les regards des Francs, immobiles d’étonnement, se dirigent sur Clovis. Lui, dissimulant son indignation, prend tranquillement le vase brisé et le remet aux députés ; mais ce même soldat s’étant trouvé un an après au champ de Mars, ou à la revue, avec des armes mal en ordre, Clovis lui fendit la tête avec sa francisque, en disant : « C’est ainsi que tu frappas le vase dans Soissons. »
Toutes les villes de la seconde Belgique se soumirent à Clovis. Les Parisiens, auxquels les premières conquêtes des Francs avaient fait éprouver une longue disette dont ils ne furent soulagés que par le courage de sainte Geneviève, imitèrent, en 493, l’exemple des cités environnantes, et ouvrirent aussi leurs portes aux Francs. Clovis, dans la dixième année de son règne, agrandit encore ses domaines vers l’est, en s’emparant de la Tongrie (le diocèse de Liège). Les Allemands, la plus féroce des tribus de la Germanie, qui s’étaient établis dans les provinces modernes d’Alsace et de Lorraine, attaquèrent, en 496, les Francs-Ripuaires, possesseurs du territoire de Cologne, et alliés de Clovis.
Le roi des Francs-Saliens marche aussitôt contre ces audacieux agresseurs, remporte sur eux une victoire complète, et s’empare du territoire qu’ils occupaient, Théodoric, roi d’Italie, qui avait épousé Alboflède, sœur de Clovis, écrivit au roi des Francs pour le complimenter sur sa victoire, et pour intercéder en même temps auprès de ce terrible vainqueur en faveur des chefs allemands fugitifs qui s’étaient réfugiés à sa cour.
Afin de le fléchir plus facilement, il lui envoya en même temps d’Italie un chanteur célèbre, et habile à s’accompagner de la guitare, que Clovis lui avait demandé avec instances. Les Wisigoths étaient les peuples de la Gaule les plus redoutables pour les Francs-Saliens, et Clovis, afin de pouvoir leur résister avec plus d’avantage, chercha à se concilier les Bourguignons en demandant la main d’une princesse de leur sang : c’est ainsi qu’il épousa Clotilde, nièce du roi Gondebaud. Elle était belle, et l’amour serra les nœuds que la politique avait formés.
Élevée dans la foi catholique, au milieu d’une cour arienne, ses vœux, son devoir et son intérêt la portaient à faire tous ses efforts pour convertir son époux païen. Clovis écoutait favorablement la voix de l’amour et de la religion, lorsque la mort de son fils aîné, qu’il avait laissé baptiser, vint réveiller ses craintes superstitieuses. Il se laissa cependant persuader pour son second enfant, qui reçut aussi le baptême, et, dans la guerre avec les Allemands, dont nous avons parlé, se voyant près de succomber, il invoqua hautement le Dieu de Clotilde et des chrétiens ; il l’appela à son secours, et aussitôt la victoire se tourna de son côté.
Après cet événement, il ne fut pas difficile à l’éloquent saint Remi de persuader à un homme du caractère de Clovis que le Dieu qui gagnait les batailles et qu’adorait Clotilde était le seul Dieu tout-puissant, le seul qu’il fallût reconnaître. Clovis fut donc converti à la foi catholique, et les raisons politiques qui le forçaient de suspendre sa profession de foi publique furent levées lorsque après avoir harangué ses Francs, il les trouva disposés à le suivre aux fonts baptismaux avec la même joie qu’ils montraient lorsqu’il s’agissait de l’accompagner aux combats.
La cérémonie se fit à Reims, le 25 décembre 496, avec toute la pompe et la magnificence que l’habile évêque crut devoir déployer aux regards étonnés de ses barbares néophytes. La rue par où les Francs devaient passer était tapissée d’étoffes peintes ou d’un blanc éclatant ; dans l’intérieur de l’église, les plus doux parfums répandaient dans l’air une odeur céleste ; la cire embaumée brillait, et éblouissait les yeux par d’innombrables lumières. Le nouveau Constantin s’avança vers le baptistère ; l’évêque, en lui présentant la croix, et en versant sur lui l’eau salutaire, lui dit : « Sicambre, baisse la tête, et désormais adore ce que tu brûlais, et brûle ce que tu adorais. »
Il est certain, d’après le témoignage de saint Remi même, que ce saint évêque, à l’exemple de ce que l’Ancien Testament nous apprend des rois juifs, ajouta à la cérémonie du baptême celle du sacre, et qu’il oignit Clovis d’une huile bénite ; mais la pieuse action de cette fiole, apportée du ciel par une colombe blanche, et qui, sous le nom de sainte ampoule, a servi au sacre de nos rois, n’a été inventée que 360 ans après, par Hincmar, évêque de Reims : 3 000 guerriers et un grand nombre de femmes, parmi lesquelles se trouvaient les deux sœurs de Clovis, Alboflède et Landechilde, se firent baptiser en ce jour mémorable. Clovis, en sortant des fonts baptismaux, se trouvait dans le monde chrétien le seul souverain catholique : l’empereur Anastase avait admis des erreurs dangereuses sur l’incarnation divine ; les autres rois d’Italie, d’Afrique, d’Espagne et des Gaules s’étaient laissé entraîner à l’hérésie d’Arius.
Le fils aîné de l’Église, ou plutôt le seul fils de l’Église, fut donc reconnu comme le sauveur de la foi, le souverain légitime ; et le succès de ses armes fut affermi par l’influence d’un clergé nombreux, riche, puissant et opprimé par les autres princes. Ce fut cette conversion de Clovis, et la protection qu’il accordait à la religion, plus que la crainte de ne pouvoir lui résister, qui engagèrent les cités d’Armorique, en l’an 497, à se soumettre à lui, et qui réunirent à son royaume des pays si vastes et si fertiles, et des peuples si valeureux.
Ainsi il ne restait plus dans les Gaules que deux grandes puissances rivales de celle des Francs que Clovis venait d’établir, c’étaient les Bourguignons et les Wisigoths. Pour combattre avec succès la plus faible des deux, Clovis conclut deux traités d’alliance offensive, l’un avec Théodoric, son beau-frère, roi d’Italie et des Ostrogoths ; l’autre avec Godegisèle, frère de Gondebaud, et mécontent du partage qu’il avait dans la Bourgogne. Gondebaud, dont les États s’étendaient alors depuis les Vosges jusqu’aux Alpes et à la mer qui baigne les murs de Marseille, pour diminuer le nombre des prétendants à la souveraineté, avait fait périr deux de ses frères, dont l’un était le père de Clotilde.
Cependant sa politique imparfaite permettait encore à Godegisèle, le plus jeune de ses frères, de posséder la principauté de Genève. Gondebaud fut alarmé de l’esprit de mécontentement et de révolte que fit éclore dans ses états la conversion de Clovis. Le roi de Bourgogne assembla à Lyon les évêques catholiques et ariens, et s’efforça en vain de les concilier ; ce fut dans ces circonstances critiques qu’il se vit forcé de se défendre contre Clovis, et qu’il lui présenta la bataille sur les bords de la petite rivière d’Ousche, près de Dijon. La désertion de Godegisèle, qui, avant le combat, se rangea du côté de Clovis avec ses Bourguignons, força Gondebaud de s’enfuir, d’abandonner au vainqueur Lyon et Vienne, et de se renfermer dans Avignon.
Les longueurs du siège de cette ville, et une habile négociation, conduite par Arède, engagèrent Clovis à donner la paix à Gondebaud. Le roi des Francs força celui des Bourguignons à pardonner et même récompenser la trahison de son frère. Clovis retourna dans ses Etats avec les dépouilles des riches provinces qu’il avait traversées en vainqueur. Mais son triomphe fut bientôt troublé par la perfidie de Gondebaud, qui, malgré la foi due aux traités, fit périr Godegisèle. Le roi de Bourgogne épargna cependant les Francs renfermés dans Vienne avec son frère, au nombre de 5 000, et il les envoya prisonniers à Alaric, qui les établit dans les environs de Toulouse.
Clovis, qui soupçonnait la sincérité de Theodoric à son égard, et qui craignait d’avoir à se défendre contre les Wisigoths, fut assez sage pour résister à son juste ressentiment ; il accepta l’alliance du roi de Bourgogne, qui s’engagea, par un nouveau traité, à l’aider de son armée en cas de guerre.
Ce fut vers ce temps, en l’an 507, que Clovis choisit Paris pour capitale de son royaume ; ce petit chef-lieu d’un des moindres peuples de la Gaule, resserré dans une île entre deux bras de la Seine, s’était ressenti de la prospérité générale de cette contrée sous le gouvernement des Romains ; ses habitants, dont le sévère Julien louait la simplicité rustique, et dont il se plaisait à opposer la frugalité et les habitudes laborieuses, à la mollesse, au luxe et à la débauche de la superbe Antioche, s’étaient enrichis par le commerce et la navigation des rivières qui les entouraient, et par le séjour temporaire des empereurs.
Quelques édifices romains que l’on avait construits au sud et hors de l’enceinte de la ville contrastaient par une heureuse et nouvelle magnificence avec les modestes habitations entassées, sans beaucoup d’ordre, sur les deux rives du fleuve. C’est dans un de ces édifices, qui subsistait en grande partie au XIIIe siècle, et qui se trouve désigné, dans des actes des Xe et XIe siècles, sous le nom de Thermes (bains) et de palais des Thermes, qu’on prétend que Clovis fit sa résidence ; mais cette assertion, répétée par presque tous les historiens de la ville de Paris, est dénuée de preuves.
Il est plus certain que, vers l’an 507, sur le sommet de la montagne au pied de laquelle se trouvait cet édifice, et sur l’emplacement d’un cimetière des Romains, Clovis, au milieu des arbres et des vignes, jeta les premiers fondements de l’église des Saints Apôtres (Saint-Pierre et Saint-Paul), qui depuis a reçu le nom de Sainte-Geneviève.
Cependant les Wisigoths et les Francs s’observaient mutuellement ; des discussions ne tardèrent pas à s’élever sur leurs limites respectives. D’abord elles parurent pouvoir être réglées à l’amiable ; Clovis et Alaric se virent dans une petite île de la Loire, près d’Amboise. Ils se fêtèrent mutuellement, s’embrassèrent, se séparèrent en se prodiguant les protestations d’une amitié fraternelle.
Ces apparences étaient trompeuses ; et c’est en vain que Théodoric chercha par des lettres à négocier avec Clovis, Gondebaud et Alaric, pour prévenir une rupture. Le roi des Francs, tout en feignant pour le puissant roi d’Italie une déférence filiale, hâta ses préparatifs, et, sachant que Théodoric était menacé par l’empereur Anastase et avait besoin de toutes ses troupes, il assembla les chefs de son armée à Paris, et leur dit : « Souffrirons-nous que des ariens, des hérétiques possèdent les plus belles portions des Gaules ? Marchons contre eux, emparons-nous de leurs fertiles provinces, et partageons-les entre nous. »
Tous répondent qu’ils sont prêts à le suivre et jurent de laisser croître leur barbe jusqu’à ce qu’ils aient vaincu Alaric. Les exhortations de la belle et pieuse Clotilde enflammèrent encore le courage de ces guerriers pour cette saine entreprise. Les Francs, qui s’étaient avancés sur les bords de la Vienne, dont l’autre rive était couverte par le camp des Wisigoths, crurent voir un signe visible de la protection du ciel, dans l’indication qui leur fut donnée par une biche d’un endroit où la rivière était guéable, ils en profitèrent pour traverser le fleuve, et forcèrent les Wisigoths à la retraite.
Enfin la bataille se livra dans le champ de Voclade, à dix milles et au midi de Poitiers, près de Champagné Saint-Hilaire et de Vivonne, entre les deux petites rivières de Vonne et de Clonère. Après un sanglant combat, où le fils de Sidoine Apollinaire perdit la vie, à la tête des nobles d’Auvergne, où Clovis tua de sa propre main Alaric son rival, et où lui-même manqua de périr d’un coup de lance, les Wisigoths furent entièrement défaits.
La conquête de l’Aquitaine fut le résultat de cette bataille. Angoulême ouvrit ses portes à Clovis ; il prit ses quartiers d’hiver à Bordeaux, enleva les trésors qui se trouvaient à Toulouse et les envoya à Paris. Il pénétra jusqu’aux confins de l’Espagne, rétablit partout les honneurs de l’Église catholique, fixa une colonie de Francs en Aquitaine, et délégua à ses lieutenants la tâche, en apparence facile, de détruire les restes de la puissance des Wisigoths ; mais le sage Théodoric ne le permit pas, et put encore s’opposer avec succès à l’ambition de Clovis. Ses valeureux Ostrogoths marchèrent eu secours d’une nation qui n’était, en quelque sorte, qu’une branche de la leur.
Les Francs, aidés des Bourguignons, ne purent s’emparer d’Arles, ni de Carcassonne, et furent repoussés partout avec perte. Cet échec engagea Clovis à écouter des propositions de paix. Il paraît que ce fut à cette époque que le pays alors appelé province de Marseille, depuis la mer jusqu’à la Durance, qui appartenait aux Bourguignons, fut cédé aux Ostrogoths ; on ne laissa aux Wisigoths que la Septimanie, comprenant une étroite étendue de territoire le long de la côte, depuis le Rhône jusqu’aux monts Pyrénées ; mais, depuis ces montagnes jusqu’à la Loire, la vaste Aquitaine fut définitivement réunie au royaume des Francs, avec d’autant plus de facilité que, par les intelligences qu’il s’était pratiquées dans le pays, Clovis avait eu l’art de faire désirer aux Gaulois-Romains sa domination.
Ce fut après avoir terminé cette conquête importante, que Clovis reçut et accepta les honneurs du consulat, qui lui furent conférés par l’empereur Anastase. Le roi des Francs, plaçant un diadème sur sa tête, parut dans l’église de Saint-Martin de Tours, revêtu d’une tunique et d’un manteau de pourpre, et fut salué par la multitude des noms de consul et d’auguste. Les Gaulais-Romains ne se crurent plus désormais soumis à la force, à une autorité légitime qu’ils étaient habitués à respecter, et les Francs révéraient dans leur chef un titre qui rappelait la majesté de la république, et que les empereurs même s’honoraient de porter.
Après avoir tout fait pour la gloire et l’établissement de sa nation, Clovis sembla tourner toutes ses idées vers l’affermissement de son autorité personnelle. L’histoire du vase brisé dans Soissons nous a prouvé qu’elle était faible dans tout ce qui ne concernait pas le commandement ou la discipline militaire ; mais, après les vastes conquêtes des Francs, le chef qui les avait conduits à la victoire acquit sur eux une autorité d’autant plus grande, qu’ils devaient davantage à son génie, et, que se trouvant disséminés sur un grand territoire, il leur était plus difficile de se réunir.
Cependant le roi des Francs crut encore nécessaire, pour consolider ce pouvoir nouveau et étrange, d’avoir recours à la perfidie et à la cruauté. Les chefs les plus puissants, qui auraient pu prétendre à soutenir leur antique indépendance, ceux qui, par leur naissance, leur rang et leur influence, pouvaient aspirer au commandement suprême, furent indignement assassinés.
Clovis s’empara des Etats de Cararic et le fit mettre à mort, sous prétexte qu’il était resté neutre lors de son expédition contre Syagrius. Clodéric, par les suggestions de Clovis, assassine son père Sigibert, roi de Cologne et des Ripuariens, et Clovis venge ce parricide en faisant assassiner Clodéric par ses propres serviteurs et en réunissant ses Etats aux siens. Clovis tue de sa propre main Ragnacaire, roi de Cambrai, qui lui avait été si utile dans sa première expédition, ainsi que Richarius son frère, et s’approprie leurs Etats. Il en agit de même avec Regnomer, autre frère de Ragnacaire, qui commandait au Mans. Le saint évêque de Tours raconte froidement toutes ces horreurs ; et il ajoute, avec une simplicité qui a aussi son énergie : « Après avoir fait toutes ces choses, Clovis mourut à Paris. »
En effet, Clovis n’avait que 45 ans lorsqu’il termina une carrière dont de sanglantes souillures n’ont pu effacer la gloire. Vingt-cinq ans après sa mort, le royaume des Bourguignons tomba au pouvoir des Francs ; les Ostrogoths furent obligés de leur céder Arles et Marseille ; l’empereur Justinien légitima, en quelque sorte, leur conquête, en leur concédant la souveraineté des Gaules. Depuis cette époque (536), ils jouirent du privilège de célébrer à Arles les jeux du cirque, et, par un privilège plus grand encore, les monnaies frappées par leurs rois eurent un cours légal dans tout l’empire, avantage qui fut refusé au puissant monarque de Perse.
Clovis, la première année de sa conversion au christianisme, fit mettre dans un meilleur ordre, et peut-être fit traduire du teuton en latin, la loi salique. Ce code, qui paraît avoir été rédigé pour la première fois lorsque les Francs étaient encore au delà du Rhin, ne régissait que les Francs-Saliens. Par une politique très sage et même alors nécessaire, Clovis permit que les différents peuples qui habitaient ses Etats conservassent leurs lois : ainsi les Gaulois-Romains étaient régis par le code théodosien ; les Wisigoths, par ce même code, extrait et modifié par Alaric ; les Bourguignons, par la loi gombette : de là l’origine de la diversité des coutumes, qui prévalut depuis en France.
Clovis, dans la dernière année de son règne, assembla un concile à Orléans, et c’est de ce premier acte de sa souveraineté, en matière ecclésiastique, que dataient les droits exclusifs et non communs aux autres souverains catholiques que les rois de France réclamaient contre les papes : ainsi, gloire, empire, religion, lois, usages, naissance d’une grande capitale, tout, pour les Français, commence avec le règne de Clovis.
Ce règne a duré 30 ans, Clovis étant mort le 27 novembre 511. Il fut enterré à l’église des Saints-Apôtres (Sainte-Geneviève), qu’acheva Clotilde, qui lui survécut. Le prétendu tombeau de Clovis, que l’on voyait au milieu du chœur de cette église, n’était qu’un cénotaphe érigé par les moines au XIIIe siècle. Dans le seul diplôme authentique qui nous reste de lui, et qui est de l’an 510, il se qualifie de Francorum Rex, vir inluster. Clovis laissa quatre fils : Thierry, Clodomir, Childebert, Clotaire, qui se partagèrent ses Etats, et une fille nommée Clotilde, mariée l’an 520 à Amalric, roi d’Espagne.
***
Merci à Philippe PALACIN (Généanet) pour le texte suivant :
À la mort de son père, en 481 ou 482, Clovis hérite d'un royaume qui correspond à la Belgique seconde (à peu près la région de Tournai en actuelle Belgique), petite province située entre la mer du Nord, l'Escaut et le Cambrésis, soit un territoire allant de Reims jusqu'à Amiens et Boulogne, à l'exception de la région de Soissons, qui est contrôlée par Syagrius. Les Francs saliens (en jaune) et rhénans ou ripuaires (en orangé) dans la première moitié du Ve siècle.
Clovis prend la tête du royaume franc salien. Le titre de « roi » (en latin rex) n'est pas nouveau : il est notamment dévolu aux chefs de guerre des nations barbares au service de Rome. Ainsi, les Francs, anciens fidèles serviteurs de Rome, n'en demeurent pas moins des Germains, des barbares païens, bien éloignés par leur mode de vie des Gaulois romanisés par près de cinq siècles de domination et d'influence romaine.
Clovis n'est alors âgé que de quinze ans et rien ne prédispose ce petit chef barbare parmi tant d'autres à supplanter ses rivaux. Les historiens ont longtemps débattu sur la nature de la prise du pouvoir par Clovis. Au XVIIIe siècle, ils s'affrontent sur l'interprétation d'une lettre de l'évêque Remi de Reims. Montesquieu, dans l'Esprit des lois, penche pour une conquête du royaume par les armes, alors que l'abbé DubosNote 5 prône la dévolution, par l'Empire romain finissant, de la Belgique seconde à la famille mérovingienne. Aujourd'hui, cette dernière thèse l'emporte.
À la lumière des événements postérieurs, sa réussite militaire doit évidemment à ses qualités personnelles de chef (« astutissimus »), mais au moins autant à l'acquisition depuis longtemps par les siens de l'expérience romaine de la guerre — la discipline exigée de ses soldats lors de l'épisode de Soissons en témoigne, tout comme la tombe de son père Childéric — et à sa conversion au christianisme et, à travers celle-ci, son alliance avec les élites gallo-romaines.
Ainsi, le règne de Clovis s'inscrit-il plutôt dans la continuité de l'Antiquité tardive que dans le Haut Moyen Âge pour de nombreux historiens. Il contribue cependant à forger le caractère original de cette dernière période en donnant naissance à une première dynastie de rois chrétiens et, en raison de son acceptation par les élites gallo-romaines, en créant un pouvoir original en Gaule. Extension du royaume vers le sud
Trois puissances exercent leur domination au sud du royaume de Clovis, les Wisigoths au sud-ouest, les Burgondes au sud-est et plus loin, en Italie, les Ostrogoths. Clovis noue des alliances successives pour continuer l'expansion de son royaume sans avoir à affronter une coalition hostile face à lui. Renversements d'alliances entre Burgondes et Wisigoths
Pendant les années 490, les Francs de Clovis mènent au moins deux expéditions militaires vers le royaume wisigoth de Toulouse (en 496 et 498). Le général wisigoth Suatrius ne peut empêcher les Francs de s'emparer de la cité de Burdigala dont il est peut-être le gouverneur. Il est capturé par les Francs et sort de l'histoire à ce moment.
En 495, Théodoric, roi d'Italie, épouse Audofleda, sœur de Clovis Ier, dont il essaie de contenir l'ambition croissante. L'année suivante, il s'accorde avec Clovis pour que celui-ci ne poursuive pas au-delà du Danube les Alamans. Théodoric protège d'ailleurs les rescapés en les installant dans la première Rhétie. Il a ainsi l'avantage de repeupler une contrée et d'acquérir des vassaux.
En 499, Clovis s'allie au roi burgonde de Genève, Godégisile, qui veut s'emparer des territoires de son frère Gondebaud77. Afin de sécuriser ses territoires à l'ouest, en 500, Clovis signe un pacte d'alliance avec les Armoricains (peuplades gauloises de la péninsule bretonne et du rivage de la Manche)78 et les Bretons.
Après la bataille de Dijon et sa victoire sur les Burgondes de Gondebaud, Clovis contraint ce dernier à abandonner son royaume et à se réfugier à Avignon. Cependant, le roi wisigoth Alaric II se porte au secours de Gondebaud et persuade ainsi Clovis d'abandonner Godégisèle. Clovis et Gondebaud se réconcilient et signent un pacte d'alliance pour lutter contre les Wisigoths.
Pour manifester l'équilibre de ses alliances, en 502, son fils Thierry épouse en premières noces une princesse rhénane, dont il a Thibert Ier, roi de Reims († 548), puis en secondes noces Suavegothe, fille de Sigismond, roi des Burgondes, dont il a une fille, Theodechilde. Bataille de Vouillé Article connexe : Bataille de Vouillé. Les campagnes franques en Aquitaine entre 507 et 509.
Avec l'appui de l'empereur romain d'Orient Anastase, très inquiet des visées expansionnistes des Goths chrétiens ariens, Clovis s'attaque alors aux Wisigoths qui dominent la majeure partie de la péninsule Ibérique et le sud-ouest de la Gaule (la Septimanie ou « marquisat de Gothie »), jusqu'à la Loire au nord et jusqu'aux Cévennes à l'est.
Au printemps 507, les Francs lancent leur offensive vers le sud, franchissant la Loire vers Tours, pendant que les alliés burgondes attaquent à l'est. Les Francs affrontent l'armée du roi Alaric II dans une plaine proche de Poitiers. La bataille dite de « Vouillé » (près de Poitiers), est terrible selon l'historiographie, et les Wisigoths se replient après la mort de leur roi, Alaric II, tué par Clovis lui-même en combat singulier60.
Cette victoire permet au royaume de Clovis de s'étendre en Aquitaine et d'annexer tous les territoires auparavant wisigoths entre Loire, océan et Pyrénées. Les Wisigoths n'ont d'autre solution que de se replier en Hispanie, au-delà des Pyrénées. Toutefois, les Ostrogoths de Théodoric tentent d'intervenir en faveur des Wisigoths. Ils reprennent bien la Provence après la levée à l'automne 508 du siège d'Arles ainsi que quelques parties aux Burgondes, mais l'empire d'Orient menace leurs côtes, et Clovis garde l'essentiel des anciens territoires wisigoths. Les Wisigoths ne conservent plus qu'une partie de la Septimanie — le Languedoc — et de la Provence. Renforcement du pouvoir Paris, nouvelle capitale du royaume unifié Plan de Lutèce conquise par les Francs sur les Romains par Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville.
En 509, il décide alors de faire de Paris, la ville de sainte Geneviève dont le couple royal fait remplacer l'édifice en bois qui lui est dédié par une église, sa résidence principale81, après Tournai et Soissons. C'est la première accession au statut de capitale de l'ancienne Lutèce, qui porte désormais le nom de l'ancien peuple gaulois des Parisii. Tour Clovis, vestige du XIIIe siècle de l'abbaye des Saints-Apôtres dans l'actuel lycée Henri-IV à Paris.
Ses raisons sont sans doute principalement stratégiques, la cité ayant été une ville de garnison et une résidence impériale vers la fin de l'Empire, notamment pour les empereurs Julien et Valentinien Ier. Elle bénéficie en outre de défenses naturelles et d'une bonne situation géographique83, Childéric Ier avait tenté de s'en emparer en l'assiégeant à deux reprises, sans succès. Sa localisation correspond à l'actuelle île de la Cité reliée aux rives de la Seine par un pont au nord et un deuxième pont au sud, et protégée par un rempart. En outre, un vaste et riche fisc (terre, forêt ou mine appartenant à la couronne85) l'entoure. Elle n'a qu'une importance relative : le royaume franc n'a pas d'administration, ni d'ailleurs aucun des caractères qui fondent un État moderne. Cependant, la ville de Lyon, ancienne « capitale des Gaules », perd définitivement sa suprématie politique dans l’isthme ouest-européen. Agrandissements successifs du royaume de Clovis.
Sous le règne de Clovis en tout cas, la ville ne connaît pas de changements majeurs : le patrimoine immobilier antique est conservé, parfois réaffecté. Seuls de nouveaux édifices religieux donnés par la famille royale et par l'aristocratie transforment quelque peu le paysage urbain, tel la basilique des Saints-Apôtres. Mais c'est surtout après la mort de Clovis que les premiers de ces édifices voient le jour.
Les deux années avant sa mort, Clovis s'empare du royaume franc de Sigebert le Boiteux après l'avoir fait assassiner par l'intermédiaire de son propre fils Clodéric, lequel périt à son tour après une manœuvre de Clovis, qui étend ainsi son autorité au-delà du Rhin. Clovis exécute ses cousins les rois Cararic et Ragnacaire, avec son frère Riquier, ainsi que Rignomer, dans la cité du Mans, un autre de ses frères, pour s'emparer de leurs royaumes et éviter que son royaume unifié ne soit partagé entre eux selon la coutume de la tanistrie.
Clovis est désormais le maître d'un unique royaume, correspondant à une portion occidentale de l'ancien Empire romain, allant de la moyenne vallée du Rhin (l'embouchure du Rhin est toujours aux mains des tribus frisonnes) jusqu'aux Pyrénées, tenues par les Basques. Le royaume de Clovis ne comprend toutefois pas l'île de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), ni les régions méditerranéennes, ni les vallées du Rhône et de la Saône. - 4 septembre 484 :
-
Mariage (avec Evochilde Herule DE COLOGNE) - Reims, 51100, Marne, Champagne-Ardenne, FRANCE
ou 482 ou 493
Il épouse la prinesse franque Evochilde ("épouse de second rang") en privéen "gage de paix" avec ses alliés.
Il a une union avec sa nièce DE COLOGNE Evochilde Herule (J 462-J 510) fille de sa soeur Chrotlinde de Burgondie.
dont
Thierry 1er (486 - 534)
Théodechilde
Théodeberge - 1er janvier 493 :
-
Mariage (avec Clothilde DE BURGONDIE) - Soissons, 02200, Aisne, Picardie, FRANCE
En 491, afin d'asseoir son pouvoir, Clovis Ier cherche à obtenir une l'alliance avec Gondebaud de Burgondie, Roi des Burgondes.
Il lui demande la main de sa nièce Clotilde de Burgondie.
L'accord est passé.
Clovis Ier épouse à Lyon en 493 Clotilde de Burgondie.Mariage officiel de premier rang.
Leurs enfants sont :
Ingome (mort en 494),
Clodomir Ier (vers 495-25 juin 524), Roi d'Orléans,
Childebert Ier (495-558), Roi de Paris,
Clothachar ou Clotaire Ier, dit le Vieux, (497-10 novembre 561), Roi des Francs,
Clotilde de France ou de Francie (498 ou 502-531) qui épousera Amalaric Ier de Wisigothie, Roi des Wisigoths.
Clovis Ier le païen entre alors dans un milieu très romanisé et de religion catholique.
Il tombe sous l'influence de Rémi, évêque de Reims.
Il devine l'intérêt de se rallier les Gallo-romains en adoptant leur religion.
Sa femme Clotilde, princesse burgonde et pieuse catholique, le pousse à se convertir, de même que Geneviève, une sainte femme auxquels les Parisiens sont reconnaissants de les avoir préservés des Huns.
Mais lui-même hésite.
Selon les croyances de son peuple, il bénéficie d'une ascendance divine dont atteste sa chevelure blonde qui n'a jamais connu le ciseau.
Il se demande s'il n'a pas plus à perdre qu'à gagner en se convertissant.
Clotilde de Burgondie obtient de le faire baptiser, mais le voit mourir aussitôt.
Clovis le lui reproche : C'est votre Dieu, dit-il à Clotilde, qui est la cause de la mort de l'enfant; si je l'avais consacré aux miens, il vivrait encore. - 26 décembre 496 :
-
Baptême - Reims, 51100, Marne, Champagne-Ardenne, FRANCE
Le baptème de Clovis (entre 496 et 506) 498 ou 499
Baptisé par Saint Rémi (Evêque de Reims de 459 à 533)
"Dépose tes colliers, fier Sicambre"
Baptème de Clovis Baptème de Clovis
C'est un des événements les plus importants de la monarchie française car il fonde le succès des souverains francs et, après eux, celui des Capétiens en même temps qu'une forte puissance catholique. Il est difficile de dater la conversion de Clovis, qui domine des tribus religieusement divisées puisque, à côté des Gallo-Romains catholiques, les Wisigoths et les Burgondes sont ariens (hérétiques), et les Alamans et les Francs eux-mêmes, des païens.
Est-ce à la suite de grands miracles qu'il a vus à Tours sur le tombeau de saint Martin que Clovis demande le baptême, ou bien, comme le prétend plus généralement la tradition, à la suite d'un voeu qu'il a fait lors d'un combat contre les Alamans ?
Au moment où son armée va être défaite, Clovis aurait ainsi invoqué le Dieu de son épouse, la chrétienne Clotilde : ½O Jésus-Christ ! si tu m'accordes la victoire sur ces ennemis, je croirai en Toi et je me ferai baptiser en Ton nom...»
Quoi qu'il en soit, Clovis se fait baptiser entre 496 et 506 et son exemple est suivi par l'ensemble de ses guerriers. L'influence de Clotilde est incontestable, comme celle de saint Rémi, évêque de Reims, qui le baptise très probablement à Noël avec, selon une tradition rapportée par Hincmar au XIème siècle, une huile venue miraculeusement du ciel, qui, conservée dans la Sainte Ampoule, servit dès lors au sacre des rois.
Cet acte décisif fait du roi des Francs le seul souverain catholique de l'Occident et lui donne, de ce fait, un rôle prépondérant dans un monde où les évêques représentent la seule force morale et la plus grande puissance économique du temps. Cet événement capital doit à la fois légitimer sa prise du pouvoir en Gaule et permettre la liquidation de l'hérésie arienne, qui menace alors de prévaloir.
L'Occident devient donc chrétien et cela d'autant plus que le baptême de Clovis ne peut et ne doit être isolé d'une multitude de conversions qui s'opèrent à l'aube du VIe siècle. Que cet acte personnel et indubitablement sincère soit conforme à l'intérêt politique de Clovis, c'est absolument certain puisqu'il fait du roi des Francs le défenseur du catholicisme et rallit ainsi à sa politique toute l'Eglise et toutes les populations gallo-romaines, facilitant grandement ses conquêtes et sa domination.
De la même manière, il est indiscutable que ce baptême est la manifestation de la christianisation de la Gaule et de l'Occident et que le baptême du roi des Francs devait se produire tôt ou tard.
***
Clovis Ier respecte alors la promesse faite à Clotilde de Burgondie de se convertir s'il sortait vainqueur de la campagne contre les Alamans.
Tous les rois barbares convertis avant lui s'étaient convertis à l'arianisme, une hérésie chrétienne très mal vue des Gallo-romains, massivement catholiques.
Clovis s'en distingue en adhérant à la religion catholique, l'orthodoxie chrétienne.
Le 25 décembre 496 ou 498 ou 508, Clovis Ier est baptisé à Reims avec 3 000 guerriers francs.
Alboflède de Francie est baptisée à Reims le 25 décembre 496.
Avant tous ses guerriers, il plonge dans le baptistère, une immense piscine dont les archéologues ont retrouvé les restes sous l'actuelle cathédrale.
L'évêque Rémi lance au roi la formule célèbre : "Depona colla, Sigamber !", ce qui signifie : "Dépose tes colliers (amulettes des païens), Sicambre (Autre nom donné aux Francs)" souvent comprise comme "Courbe la tête fier Sicambre …"
Médard de Noyon et Godard de Rouen assistent Rémi.
Ce baptême apaise les tensions religieuses existantes entre les Francs païens et la population gallo-romaine chrétienne.
Pour le clergé gallo-romain de l'Église catholique, qui craignait une victoire de l'hérésie arienne, la conversion de Clovis a un caractère providentiel.
Il assure à Clovis dès lors le soutien inconditionnel tant financier, politique du clergé, dans la compétition qui oppose les francs à leurs rivaux pour la domination de la Gaule.
Devant le prestige moral acquis, les populations chrétiennes des royaumes ariens voisins : Wisigoths ou Burgondes, facilitent les conquêtes ultérieures de Clovis Ier perçu comme un libérateur.
Anastase II écrit à Clovis Ier pour le féliciter de sa conversion.
On a gardé la lettre par laquelle, Avit de Vienne félicite Clovis Ier de s'être converti.Source : Gilles SURIN (suringilles ) - 29 novembre 511 :
-
Décès - Paris, 75000, Paris, Île-de-France, FRANCE
Meurt dans son lit après 3 semaines de lutte contre la maladie.
Clovis Ier s'éteint le 27 novembre 511 à Paris à l'âge de 45 ans.
Il est inhumé dans la basilique de Sainte-Geneviève à Paris.
Son règne demeure l'un des plus glorieux et des plus brillants de la dynastie mérovingienne du fait de ses glorieuses conquêtes qui l'amènent à maîtriser la majeure partie de la Gaule.
Maître de la Gaule du Nord jusqu'aux Pyrénées, Clovis Ier organise méthodiquement l'unification de son royaume.
A cette fin, il déplace sa capitale au fur et à mesure de ses conquêtes.
Sa conversion au christianisme lui vaut un prestige inégalé à l'époque.
Il tient à conserver le bréviaire d'Alaric II tout en codifiant par écrit la loi salique.
Son règne jette les bases de l'organisation et de l'administration du royaume mérovingien très puissant, agrandi et soutenu par l'Église qu'il lègue à ses fils.
Tous les rois qui succédèrent à Clovis portèrent le titre de roi des Francs et non de roi de la partie de la Gaule qu'ils dirigeaient.
Cela souligne une certaine conception de l'unité franque malgré les divisions politiques.
Clovis Ier et ses aïeux ont conquis et étendu le royaume mérovingien qui est donc considéré comme un gigantesque patrimoine foncier familial soumis à la loi salique.
Cette dernière impose un partage équitable entre tous les héritiers directs mâles des biens du défunt.
Dès lors, en 511, le royaume est partagé équitablement entre les fils vivant de Clovis, Ingomer étant mort du vivant de son père.
Chacun des fils de Clovis a sa capitale et son royaume dans les régions réellement occupées par les Francs :
Thierry Ier de Francie, le royaume d'Austrasie, de Reims et d'Auvergne,
Clodomir Ier, le royaume d'Orléans,
Childebert Ier, le royaume de Paris et de Neustrie,
Clotaire Ier, le royaume de Soissons.
Au-delà, il n'y a que des territoires militaires; chacun des 4 rois en a sa part.
L'Austrasie, "royaume de l'Est" en dialecte franc, est la partie des domaines mérovingiens organisée autour de Metz.
C'est un royaume que traversent l'Escaut, la Meuse et le Rhin.
La Neustrie, "nouveau royaume" en dialecte franc, est un royaume organisé entre la Loire et la Meuse.
Il inclut Paris et Soissons, les capitales de Clovis et de ses fils.
Les deux royaumes ont à leur tête un roi mérovingien.
En 511, Thierry Ier de Francie, est donc couronné Roi de Reims et d'Austrasie :
il reçoit ainsi la région de Reims, de Champagne,
le pays des Ripuaires, la vallée de la Moselle avec Metz et Trèves, la Hesse franque, la région de Cologne le protectorat des Alamans, dont il hérite par sa mère, une princesse des Francs rhénans proche de la famille du feu roi Sigebert de Cologne.
il conserve également le Quercy, l'Albigeois et l'Auvergne qu'il a conquit militairement.
Childebert Ier est couronné Roi de Paris et de Neustrie.
Il obtient comme territoire Paris, les vallées de la Seine dont Melun et de la Somme, les côtes de la Manche jusqu'à la Bretagne et Bourges.
Clodomir est couronné roi d'Orléans et obtient un territoire, taillé dans l'ancien royaume de Syagrius comprenant la Loire, d'Orléans à Tours, plus les cités de Chartres, Sens, Auxerre et Poitiers.
Clotaire Ier est couronné Roi de Soissons, son royaume comprend :
les villes de Soissons, Laon, Noyon,
le vieux pays franc, soit les villes de Cambrai, Tournai,
le cours inférieur de la Meuse. -
Inhumation - Paris, 75000, Paris, Île-de-France, FRANCE
Basilique des Saints-Apôtres (aujourd'hui Sainte Geneviève)
Un gisant de Clovis Ier a été transféré dans la basilique Saint-Denis.
***
Clovis meurt à Paris le 27 novembre 5112, âgé de 45 ans. On présume qu'il est décédé d'une affection aiguë au bout de 3 semaines. Selon la tradition, il aurait été inhumé dans la basilique des Saints-Apôtres (saint Pierre et saint Paul), future église Sainte-Geneviève, qu'il avait fait construire sur le tombeau même de la sainte tutélaire de la cité, à l'emplacement de l'actuelle rue Clovis (rue qui sépare l'église Saint-Étienne-du-Mont du lycée Henri-IV).
Clovis fut inhumé, comme l'écrit Grégoire de Tours, dans le sacrarium de la basilique des Saints-Apôtres situé sous l'actuelle rue Clovis, c'est-à-dire dans un mausolée construit exprès à la manière de la sépulture qui avait accueilli l'empereur romain chrétien Constantin le Grand aux Saints-Apôtres à Constantinople, sans doute greffé sur le chevet du monument. Les sarcophages royaux furent probablement posés sur le sol et non enfouis, selon l'usage qui s'imposa dès la génération des fils de Clovis. Malgré le souhait de Clovis, la basilique ne servit pas de mausolée à la dynastie mérovingienne. On ignore ce qu'il advint des tombes du couple royal ainsi que celles de leur fille Clotilde, et leurs petits fils Thibaud et Gonthier, assassinés à la mort de Clodomir. Comme l'illustre l'exemple des tombes princières de la cathédrale de Cologne, il est possible que les sarcophages aient été enfouis dans le sous-sol au moment où un agrandissement nécessitait son arasement ; si ces travaux n'eurent pas lieu avant la seconde moitié du IXe siècle, il est possible que les tombeaux aient été pillés ou détruits à l'occasion des invasions normandes (845, 850 et 885).
L'église ne fut pas détruite ; on se contenta à chaque fois de quelques réparations. Les châsses des saints furent évacuées en lieu sûr, puis replacées après les attaques. Si l’on est informé du sort des reliques, on ignore en revanche ce qu’est devenu le tombeau de Clovis durant ces attaques normandes.
Gisant de Clovis
En 1177, se trouvait un tombeau au milieu du chœur sur lequel on lisait cette inscription : « chlodoveo magno, hujus ecclesiæ fundatori sepulcrum vulgari olim lapide structum et longo ævo deformatum, abbas et convent. meliori opere et form renovaverunt ». Un gisant du XIIIe siècle fut installé à l'emplacement du tombeau.
Ce tombeau, composé d’un socle et d’un gisant, fut restauré en 1628 par les soins du cardinal-abbé de La Rochefoucauld qui le fit placer dans la chapelle axiale rectangulaire, au fond de l’église, dans un monumental ensemble baroque en marbre. C’est ce gisant qui fut transféré en 1816 à l'église abbatiale de Saint-Denis.
Fouilles de 1807
En 1807, au moment de la démolition de l'église Sainte-Geneviève, des fouilles furent entreprises par le préfet Frochot et menées par l’administration des Domaines sous la direction des architectes Rondelet et Bourla, assistés par Alexandre Lenoir. Malgré des identifications hâtives et arbitraires, la fouille de la crypte du XIe siècle n’aboutit à aucune découverte significative. Aucun vestige ne remontait à l’époque mérovingienne. En revanche, la fouille de la nef permit la découverte de 32 sarcophages trapézoïdaux tous orientés. C’est en raison de la qualité de l’ornementation, et parce que c’était le but des fouilles et que l’emplacement correspondait au gisant du XIIIe siècle avant le transfert de 1628, que le rapport remis à l’empereur Napoléon Ier conclut à la découverte probable des sarcophages de Clovis et de sa famille.
Mais Alexandre Lenoir reconnut qu’aucune inscription ne l’attestait. L'archéologue Michel Fleury notait que la facture de ces tombeaux est plutôt à placer dans le dernier quart du VIe siècle. Ce ne devait donc pas être la sépulture de Clovis et des siens. Il devait plutôt s’agir de sépultures mérovingiennes aristocratiques placées ad sanctos, non loin de l’emplacement le plus probable du tombeau de sainte Geneviève entre les VIe et XIIe siècles. Ces sarcophages ne semblaient pas, toujours selon Michel Fleury, avoir été déplacés lors de la reconstruction du XIe siècle mais devaient plutôt être à leur emplacement d’origine.
Seize des trente-deux sarcophages furent envoyés au musée des monuments français en 1808. Ils furent perdus en 1817 lors de la dissolution du musée. De ces fouilles ne nous sont donc parvenus que quelques rares éléments et rien ne permet d'affirmer avec certitude que les tombes découvertes étaient celles de Clovis et des siens.
L'idée de relancer les fouilles avec des moyens modernes est défendue par exemple par l'historien Patrick Perrin. Il n'est pas exclu que de nouvelles fouilles à l'emplacement de la basilique disparue, le long de l'actuelle rue Clovis, entre l'église Saint-Étienne-du-Mont et le lycée Henri IV puissent apporter des informations plus précises sur le sacrarium aménagé en 511
🌳 Aussi dans d'autres arbres
Même nom, même prénom, né à peu près la même année : des cousins ont peut-être retrouvé d'autres ancêtres de cette famille.
-
DE FRANCIE CLOVIS Ier Le Grand
465 – 511
Arbre « Arbre CHRISTE-BECAT-MATEÜ » de roger64 -
DE FRANCIE Clovis Chlodovech Luduin
465 – 511
· Doornik
Arbre « 2dd7cv_0040442g77va6mjsdb8c90_A » de NP83