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Geoffroy IV DE CHATEAUBRIAND ◉ Sosa : 7 328 824

Geoffroy IV DE CHATEAUBRIAND

◉ Sosa : 7 328 824

  • Né le 22 janvier 1216 - Châteaubriant, 44036, Loire-Atlantique, Pays de la Loire, FRANCE
  • Décédé le 30 mars 1263 - Châteaubriant, 44036, Loire-Atlantique, Pays de la Loire, FRANCE, à l'âge de 47 ans
  • Seigneur de Châteaubriant et de Candé (1244-1263) - chevalier, Croisé en 1248, capitaine commandant en chef des croisés bretons
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Parents

Union(s) et enfant(s)

Événements

22 janvier 1216 :
Naissance - Châteaubriant, 44036, Loire-Atlantique, Pays de la Loire, FRANCE
Baron de Châteaubriant, baron de Candé et sénéchal de La Mée, seigneur de Candé La Mée

neveu de Geoffroy III

Baron de Candé et châtelain de Vioreau (seigneurie dâÇÖAbbaretz). Suivant l'exemple de son oncle il rend hommage à Louis IX. Seigneur de Candé. Seigneur de Vioreau. Seigneur de Châteaubriant 1233-1263.
Le plus célèbre des barons de Châteaubriant au XIIIe siècle fut sans contredit Geoffroy IV. Il était neveu du seigneur précédent, fils de son frère, nommé également Geoffroy. Né en 1216, suivant le Cartulaire de Béré, il se trouva à, l'âge de dix-sept ans à la tête d'une des plus importantes seigneuries de Bretagne, et il ne tarda pas à se montrer à la hauteur de sa position. Plusieurs fois caution pour le nouveau duc de Bretagne, Jean Ier dit le Roux, notamment à Pontoise, en 1238, et deux ans plus tard, lorsque ce prince prêta le serment ordinaire au roi de France, Geoffroy IV vit de bonne heure augmenter sa fortune déjà considérable, par un héritage de la maison de La Guerche, issue des sires de Châteaubriant. En effet, Isabeau de Châteaubriant, dite de la Guerche, fille du fondateur de la Primaudière, avait épousé Guillaume de Thouars, seigneur de Candé ; mais n'ayant point d'enfants, ces deux époux laissèrent à leur cousin, le seigneur de Châteaubriant, leurs terres de Candé, le Lyon d'Angers, Chalain et Chanseaux (3). Cependant les croisades enflammaient de nouveau les coeurs. Pierre Mauclerc, redevenu simple chevalier, de duc qu'il avait été, était à peine de retour d'une première expédition en Palestine (1239-1240) que le roi Saint-Louis entreprit lui-même un voyage en Terre-Sainte. Autour de ce grand roi se pressèrent naturellement bon nombre de gentilshommes ; et tout ce que la France contenait de plus distingué dans la noblesse comme dans le clergé voulut prendre la croix, à l'exemple de Louis IX. Parmi les grands vassaux de la couronne, on remarquait Jean Ier, duc de Bretagne, et Pierre Mauclerc, son père ; et au nombre des hauts barons bretons, on distinguait le seigneur de Châteaubriant. Geoffroy IV s'embarqua donc avec le roi et Pierre Mauclerc en 1248, mais le duc Jean ne put partir avec eux. On sait quel fut le sort de cette funeste expédition d'Egypte, mais on admire encore aujourd'hui, après six siècles écoulés, l'intrépidité que déploya l'armée française à la Massoure. Parmi les guerriers qui s'y distinguèrent au milieu de tant de héros, notons avec un légitime orgueil notre ancien duc Pierre Mauclerc, expiant dans les guerres saintes les déplorables fautes de sa politique passée, et notre baron Geoffroy IV, dont le nom demeure glorieusement attaché aux plus beaux souvenirs des croisades. Cependant la nouvelle de la ruine de l'armée française à la Massoure était parvenue jusqu'en Bretagne ; on ne tarda pas à y connaître la mort de Pierre Mauclerc et celle du baron de Vitré. Le bruit se répandit également que Geoffroy de Châteaubriand avait succombé, ainsi que beaucoup d'autres chevaliers croisés. Sibylle, que notre jeune seigneur avait épousée avant de prendre la croix, revêtit alors ses vêtements de deuil et pleura son mari. Trompée ainsi par des bruits mensongers, elle était encore dans les larmes lorsque Geoffroy IV remit le pied en Bretagne. Tout joyeux, le brave baron accourut vers Châteaubriant, et, dans son empressement d'embrasser une épouse chérie " estant tout prêt de son chasteau, il le fit savoir à sa femme. " Quelle ne fut pas alors l'agréable surprise de Sibylle ? " Remplie d'allégresse à la nouvelle d'un événement si inattendu, " la dame de Châteaubriant accourt au devant de Geoffroy, mais, hélas ! " à la rencontre et accollade, ajoute naïvement du Paz, ceste bonne dame trépassa de joie entre ses bras ; témoignage de la parfaite amitié qu'elle portait à son seigneur, mari et époux (4). " Ainsi se changea subitement en deuil le joyeux retour du baron de Châteaubriant (1250). Cette mort extraordinaire de Sibylle est confirmée par plusieurs historiens. Geoffroy IV avait vu par lui-même en Orient les bienfaits qu'y répandait l'Ordre des Pères de la Sainte-Trinité, fondé pour le rachat des captifs chrétiens, et il savait par sa propre expérience quelle était la misère des prisonniers chez les Musulmans. Aussi, de retour dans son château, s'empressa-t-il de fonder un monastère pour les religieux de cet ordre. Ce fut sur le chemin qui conduit de la ville de Châteaubriant au prieuré de Béré que le pieux croisé construisit ce nouveau couvent. Geoffroy assigna aux Pères de la Sainte-Trinité la somme de deux cents livres de rente sur ses forges des forêts de Juigné et de Teillay (août 1252) (5). La tradition rapporte que le seigneur de Châteaubriant fit inhumer le corps de sa femme Sibylle dans l'église conventuelle du prieuré ou hôpital de la Trinité ; il fit ensuite représenter sur les vitraux de cette église toutes les circonstances de la mort singulière de sa fidèle épouse ; le P. du Paz étant à Châteaubriant en 1602 y vit encore ces verrières historiques, comme il l'affirme dans son histoire. Geoffroy IV épousa, quelque temps après, Aumur ou Amaurye de Thouars, fille du vicomte de Thouars, seigneur de Talmont et d'Agnès de Laval. Désormais ce seigneur ne figure plus dans l'histoire que par ses testaments. Etant un jour dans son château de Vioreau, situé dans la forêt de ce nom, non loin de Châteaubriant, Geoffroy fit un premier testament, à une époque indéterminée. Mais au mois de septembre 1262, il en fit un second, sans annuler le premier. Ce dernier testament est un des titres les plus curieux de l'histoire du temps ; qu'on me permette donc d'en faire l'analyse (1). Le seigneur de Châteaubriant commence par obliger ses exécuteurs testamentaires à payer ses dettes et à réparer les dommages qu'il a pu faire à autrui ; il leur laisse à cet effet deux cents livres de rentes sur ses forêts de Juigné et de Teillay, et mille livres à prendre sur ses meubles et sur son bois de Vioreau, réservant toutefois une partie de ce bois pour l'entretien de son manoir du même nom. S'occupant ensuite de pieuses fondations, il confirme et augmente les rentes du monastère de la Trinité ; lui concède plusieurs beaux droits, et fonde, dans l'église de ce prieuré, une chapellenie pour le repos de l'âme de sa première femme, Sibylle. Puis, il lègue de fortes sommes à l'abbaye de Saint-Nicolas d'Angers, à la fabrique de Saint-Pierre de Rennes, à d'autres abbayes d'Anjou, et à de nombreux couvents de dominicains. Au prieuré de la Primaudière, il laisse 10 livres de rente sur sa terre de Chalain ; à l'abbaye de Melleray, il assigne 21 livres de rente, afin qu'à l'avenir, les religieux de ce monastère puissent manger du pain de froment ; à Saint-Martin de Teillay, il laisse 50 livres de rente, et aux Templiers un cheval du même prix de 50 livres, somme considérable à cette époque. Il nomme dom Sauvage, prieur de Béré, l'un de ses exécuteurs testamentaires, et veut que l'église de Notre-Dame de Châteaubriant soit achevée à ses dépens. Geoffroy s'occupe ensuite de sa famille. A sa femme Amaurye de Thouars il lègue 500 livres de rente pour sa part de mobilier, outre sa dot et sa terre patrimoniale. Selon les lois du pays, il laisse sa baronnie de Châteaubriant toute entière à son fils aîné Geoffroy, mais il donne à ses autres enfants, d'une façons générale, ses terres de Chalain, Candé et le Lyon d'Angers. Il fait de plus quelques donations particulières à plusieurs d'entre eux ; ainsi son fils Brient, nommé son exécuteur testamentaire, reçoit les revenus des deux forges de Juigné et de Teillay et sa fille Guyote a 50 livres et deux charretées de vin. Notre baron n'oublie point ses vassaux : il répète encore qu'il veut qu'après sa mort justice soit faite à tous ; si son père a causé quelques dommages, notamment dans les paroisses de Joué et de Saint-Aubin, il ordonne qu'on les répare immédiatement (2). Quant aux tailles, c'est-à-dire aux impôts levés sur ses sujets, il défend qu'on les augmente, et ordonne même qu'on les réduise, comme elles étaient sous son prédécesseur, s'il lui est arrivé d'en augmenter quelques-unes ; il renonce même à certains impôts qu'il prélevait dans la paroisse de Bain, et abandonne à tous ses vassaux ses droits dits de blé sur les cours d'eau de sa seigneurie (3). Ce remarquable testament de Geoffroy IV, scellé de dix-huit sceaux, fut spécialement confié aux soins du grand-maître des Templiers d'Aquitaine. On voit dans cet acte tout un côté du moyen-âge se révélant à nous. Le seigneur de Châteaubriant s'y montre, non comme un de ces farouches tyrans rêvés par nos romanciers modernes, mais, au contraire, comme un pieux chrétien, un bon père de famille, un seigneur soucieux du bonheur de ses vassaux. On n'y trouve ni trace d'une dévotion pusillanime, ni apparence d'une trop grande rigueur dans l'exercice du droit d'aînesse, ni preuve des vexations imaginaires employées, dit-on, par les hauts barons à l'égard de leurs sujets. Aussi cette page de l'histoire de Châteaubriant m'a-t-elle paru si intéressante, que j'ai cru devoir la publier dans tout son développement. Geoffroy IV mourut peu de temps après avoir fait son testament, le 29 mars 1263, suivant le Cartulaire de la Primaudière

son corps fut déposé dans l'église priorale de la Trinité, qu'il avait fondée, auprès de sa première femme Sibylle. En 1663, on voyait encore, dans " l'enclos du balustre du maître-autel, un monument enfoncé dans le mur, à la hauteur de quatre pieds et demy de terre, du costé de l'épistre.... ce monument soustient la figure d'un homme, au côté duquel est un bouclier chargé des armes de Chasteaubriant, et nous a dit un des religieux de la Trinité présent, qu'au dessous dudit monument, il y avait une cave ou charnier où repose le corps qui est représenté par ladite figure (4). " Nous croyons volontiers que le tombeau de ce chevalier inhumé près du maître-autel était celui du fondateur de la Trinité. Les armoiries représentées sur le tombeau de Geoffroy IV nous amènent naturellement à parler du blason des sires de Châteaubriant. Les premiers seigneurs de notre ville portèrent dans leurs armes un papelloné ou plutôt des plumes de paon sans nombre, comme le témoignent les sceaux de Geoffroy II, en 1199, et de Geoffroy III, en 1214 et en 1217, publiés par D. Morice. Le P. du Paz prétend toutefois que le même Geoffroy III portait de gueules à des pommes de pin sans nombre, et qu'un sceau ainsi blasonné était attaché à l'acte de fondation de la Primaudière (1207). Il se peut que ce savant généalogiste ait pris pour des pommes de pin le papelloné dont les bénédictins nous ont conservé la figure dans trois sceaux différents ; il se peut aussi que Geoffroy III ait changé de sceau, comme D. Lobineau avoue que le faisaient parfois les seigneurs de cette époque. Quoi qu'il en soit des premières armoiries de Châteaubriant, Geoffroy IV reçut de Saint-Louis, en récompense de sa valeur et de sa fidélité, le plus glorieux blason. Ce roi lui accorda, ainsi qu'à ses descendants, la permission de porter les armes royales de France, les fleurs de lys alors sans nombre, sauf le champ qu'il fit de gueules (5). Et faisant allusion à cette couleur rouge qui, dans le fond de l'écusson, remplaçait l'azur du blason royal, les seigneurs de Châteaubriant prirent pour devise cette magnifique parole
" notre sang teint les bannières de France, " constant témoignage de la reconnaissance et du dévouement de nos barons à l'égard de leurs rois (6). Geoffroy IV avait eu six enfants de ses deux mariages, sans que nous sachions de quel lit sortît chacun d'eux, sauf l'aîné qui naquit certainement de Sibylle. Ces enfants étaient : 1° Geoffroy V, qui lui succéda ; - 2° Brient, chevalier, mentionné dans le testament de son père ; - 3° Jean, chevalier, qui vivait en 1286 ; - 4° Sibylle, mariée à Maurice de Belleville, seigneur de la Garnache et de Montaigu ; - 5° Marquise ; - 6° Enfin, Guyote dont on ignore l'alliance probablement peu fortunée, comme l'insinue le testament de Geoffroy IV, qui ordonne à cette dame de rejoindre son mari. La veuve du baron de Châteaubriant, Amaurye de Thouars, se remaria avec un chevalier nommé Olivier de l'Isle, et Geoffroy V ajouta à son douaire, en 1266, cent livres de rente quil avait coutume de prendre " en la bourse de monseigneur le roy de Sicile ", et trente livres de rente sur " sa châtellenie de la Flèche. " (7). sources: mastrec34
15 juillet 1247 :
Mariage (avec Sybille DE LA GUERCHE)
dont
H Briand CHÂTEAUBRIANT 1233-1301 Avec Jeanne DE BEAUFORT 1230-
H Geoffroy V DE CHÂTEAUBRIAND 1237-1284 Avec Belle-Assez DE THOUARS 1237-1284
F Marguerite DE CHÂTEAUBRIAND Avec Guillaume 1er DE ROCHEFORT
F Aliette DE CHÂTEAUBRIAND Avec François DU PLESSIS
30 mars 1263 :
Décès - Châteaubriant, 44036, Loire-Atlantique, Pays de la Loire, FRANCE
Inhumé - Monastère de Béré

Notes individuelles
En cette même année 1242, Guillaume de Thouars, n'ayant pas d'enfant, résolut de léguer tous ses biens à son cousin Geoffroy de Chateaubriant ; il demanda conseil à plusieurs seigneurs et, tous ayant approuvé sa détermination, il exécuta son projet au mois de décembre 1243.

En ces âges de foi ardente, sous le règne du plus saint de nos rois, les chevaliers aimaient à implorer la protection de Dieu et des saints, ne trouvant point indignede mettre leurs actions et leurs biens sous la sauvegarde du ciel. Guillaume de Thouars suivit cette religieuse pratique et il data ses lettres de donation du dimanche qui précédait l’anniversaire de la naissance du Sauveur. A. du Paz donne les détails suivants sur ce legs, dont le texte latin a été transcrit par dom Morice (I, 922) :

« Il y a encor une lettre datée du mesme an 1242, par laquelle Guillaume de la Roche, Olivier et Raoul de Neuville, consentent, louent et approuvent que ledit Guillaume de Thouars, seigneur de Candé, compose et fasse accord avec Geffroy, seigneur de Chasteau- Brient , à telle charge et condition que ledit seigneur de Chasteau-Brient ait et possède pour luy et ses hoirs et successeurs la terre et la seigneurie de Candé avec ses appartenances et dépendances, après le décèz dudit Guillaume, cum pactionibus proelocutis. « J'adjousteray la quatriesme (lettre) datée du dimanche devant la Nativité de Nostre Seigneur l'an 1243, par laquelle ledit Guillaume de Thouars donne, cède, quitte, delaisse et transporte audit Geffroy, seigneur de Chasteau-Brient, et à ses hoirs, et successeurs pour les causes, et avec les conditions y déclarées, les terres et seigneuries de Candé, de Chalain, du Lion d'Angers, et de Chanseaux. – (Suit le texte latin.) — Auquel acte est pendant un seau de cire ayant d’un costé un homme à cheval armé, tenant une espée nue en main ; et de l'autre costé un escusson des armes de Thouars »66. Geoffroy de Châteaubriant devait entrer en possession de tous ces fiefs et domaines immédiatement après le décès du seigneur de Candé.

En vertu des lettres de donation du mois de décembre 1243, les biens de Guillaume de Thouars passèrent à Geoffroy, quatrième du nom, onzième baron de Châteaubriant.

Né en 1216, il était fils de Geoffroy II, baron de Châteaubriant, et avait succédé en 1233 à son oncle Geoffroy III, dixième baron de Châteaubriant, qui avait épousé Béatrice de Montrevault, dont il n'eut point d'enfants. Il réunit donc en sa possession, avec la baronnie de Châteaubriant, Candé, Chanveaux, Challain et le Lion-d'Angers.

Comme son oncle Geoffroy III, il jura fidélité au roi de France, et Louis IX lui confia, en 1242, la garde du château de Pouzauges.

Quelques années plus tard, en 1248, saint Louis, accomplissant le voeu qu'il avait fait pendant sa grave maladie de 1244, partait pour la septième croisade, accompagné de ses frères et d'une grande partie de la noblesse de France. Geoffroy de Châteaubriant suivit le roi en Égypte, et perdit la liberté à la bataille de la Massoure (Mansourah).

Les détails de sa captivité et de son retour en Bretagne sont, racontés par le P. du Paz dans un style aussi naïf que touchant : « Estant agé de 33 ans, l’an 1249, il fist le voyage de la Terre Saincte avec le roi- sainct Louys et Pierre de Breine, dit Mauclerc, jadis duc de Bretagne, et fut pris à la bataille de la Massore, le 8 de février l'an 1250, en laquelle furent aussi pris les dits roy Louys et Pierre Mauclerc, et demeura prisonnier entre les Sarrazins quelques années, puis fut délivré, sa rançon ayant esté payée. Il s'en revint en Bretagne et estant près de son chasteau, il le fist sçavoir à sa femme, laquelle alla promptement au devant de luy, et à la rencontre et accolade, cette bonne dame trespassa de joye entre ses bras. Tesmoignage de la vraye, parfaite, et intime amitié qu'elle portoit à son seigneur, mary et espoux. Cela estoit representé au vitrail de l'église priorale des religieux de l'Ordre de la Trinité, qu'on nomme autrement de la Rédemption des Captifs, qu'on dit en France Mathurins, féodée depuis par ledit Geoffroy, en mémoire qu'il avoit esté prisonnier, et racheté par le moyen des dits religieux. Et s'y voyoit encore l'an 1602, lorsque je visitois les tiltres restans ès Archives de Chasteau-Brient. »

Sur l'emplacement actuel de la gare de Châteaubriant s'élevait autrefois une croix érigée, dit-on, par le page entre les mains duquel Sibille expira en embrassant son époux. Le Bulletin archéologique de l'Association Bretonne (1883, 3e série, tome II), renferme à ce sujet la note suivante : « Cette croix, récemment déplacée et dont on espérait retrouver quelques débris propres à en fixer la date, a complètement disparu. »

Mais si le monument du page n'existe plus, le souvenir de sa douce maîtresse subsiste toujours ; sa mémoire sera conservée comme un modèle de l'amour conjugal, digne de ces temps héroïques.

Le P. du Paz dit que saint Louis donna à Geoffroy de Châteaubriant « en reconnaissance de sa valeur au fait des armes, pour luy et ses successeurs, permission et privilège de porter les fleurs de lys d'or au lieu des pommes de pin d'or sans nombre en champ de gueule, pour ses armes. » Divers auteurs ont cru que Geoffroy avait été honoré de cette distinction à l'occasion de la croisade ; mais, dès 1242, il portait les nouvelles armoiries que lui avait concédées Louis IX. Son aveu pour la garde du château de Pouzauges, daté de cette même année, et conservé aux Archives nationales, porte un sceau en cire brune, sur double queue, représentant un écu fleurdelisé.

Jusqu'à saint Louis, les armes des Châteaubriant étaient de gueules semé de pommes de pin d'or, ou de gueules papelonné (plumes de paon) d'or. Les sceaux de Geoffroy 1er (1199) et de Geoffroy III (1217) ont été reproduits par dom Lobineau et par dom Morice. Le premier figure un homme à cheval, nu et armé, avec contre—scel entièrement couvert de plumes de paon. Le sceau de 1217 représente un cavalier armé, dont la cuirasse et le bouclier sont également revêtus de plumes de paon, ainsi que le caparaçon du cheval ; le contre-scel est identique à celui de 1199.

Depuis Geoffroy IV, les Châteaubriant ont toujours porté les fleurs de lis d'or sans nombre sur champ de gueules, avec la devise : Mon sang teint les bannières de France. Leur ancienne devise était : Je sème l'or. A son retour de la croisade, au mois d'août 1252, Geoffroy fonda à Châteaubriant le prieuré de la Trinité, qu'il dota de 200 livres de rente à percevoir sur les forges des forêts de Juigné et de Teillé. L'une des fenêtres de l'église fut ornée du vitrail représentant la mort de Sibille, que du Paz vit en 1602, mais qui, depuis lors, a disparu.

Le testament de Geoffroy de Châteaubriant, daté du « samedi avant la fête de la Nativité de Notre–Dame en septembre, l'an 1262 », écrit en latin et scellé de dix-huit sceaux, renferme de nombreuses dispositions. En voici les principales, telles qu'elles sont rapportées par le P. du Paz : « Il lègue tous ses conquests et acquets de Candé, du Lion-d'Angers et de Chalain à ses enfants procreez de lui- et de sa seconde femme Amaurie, à laquelle il donne cinq cents livres pour toute sa part des meubles. Aux Chevaliers du Temple de Jérusalem. un cheval du pris de cinquante livres, ou cinquante livres par argent... Il lègue à l'église de Sainct-Martin de Teilley cinquante livres de rentes, à estre, prises sur la forge de Teillay. Et à l'église de Sainct-Martin du Bois cinquante livres de rente. Veut et commande que l'église de Nostre- Dame de Chasteau-Brient soit achevée, parfaite et accomplie à ses despens et sur le revenu de ses biens. Augmente la fondation du prieuré de la Primaudière de dix livres de rente, à estre prises et livrées sur le revenu de la terre de Chalain... Lègue cinquante sols de de rente à l'abbaye Sainct-Nicolas d'Angers, pour la dotation de son obit. Cinquante sols à chaque abbaye du païs d'Anjou. A chaque couvent des Frères Prescheurs et Mineurs d'Angers, Nantes et Rennes, cinquante sols... Veut et ordonne que Guiote sa fille ait cinquante livres et deux chartées de vin, lors quelle sera retournée à son mary. Et que Brient de ChasteauBrient son fils, chevalier, jouisse du revenu de ses forges, l'une estant en sa forent de Teillay, l'autre en celle de Juigné, pour les despenses et travail qu'il fera et aura à l'exécution de son testament, jusques à ce qu'il soit parfaitement et entièrement accomply. Il fonde aussi une chappelenie au prieuré de la Trinité pour prier Dieu pour le remède de l’âme de sa première femme Sibile. Et donne à Alain de Beaufort, chevalier, la moitié de ce qu'il luy devoit... »
Sources :
  1. Jean-Sebastien DELATTRE NÉ DEZOTEUX (jsaeba )
  2. Robert POISVERT (robertdiable )

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