Jean BERETTE

Jean BERETTE

  • Né le 26 mars 1926 (vendredi) - Pau, 64445, Pyrénées Atlantiques, Nouvelle-Aquitaine, France
  • Décédé le 10 juin 2014 (mardi) - Arros-de-Nay, 64054, Pyrénées Atlantiques, Nouvelle-Aquitaine, France, à l'âge de 88 ans
  • Maire d'Arros-Nay de 1983 à 1995
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Parents

Union(s) et enfant(s)

Événements

26 mars 1926 :
Naissance - Pau, 64445, Pyrénées Atlantiques, Nouvelle-Aquitaine, France
10 juin 2014 :
Décès - Arros-de-Nay, 64054, Pyrénées Atlantiques, Nouvelle-Aquitaine, France

Notes

BERETTE Jean
Publié le 4 février 2015 par Josette Raillard


M. Jean Berette
ARROS NAY
Témoignagerecueilli le 30 octobre 2012..


Né le 26 mars 1926.
Ce témoignage dun évadé de France en 1943 outre quelques données sur les motivations, les conditions de départ, concerne pour lessentiel sa participationà la 2ème D.B. du Maréchal Leclerc et à son odyssée de la Grande Bretagne à lAutriche entre 1944 et 1945.
En 1940, à 14 ans, le témoin a le certificat détudes et commence à travailler dans un restaurant puis, en 1941, comme apprenti maçon. Il ne parle pas dun milieu familial particulièrement porté sur la vie politique. Il vit à Pau où il est frappé par lafflux des réfugiés. A partir de 1942, avec dautres camarades, il est particulièrement révolté par la présence des Allemands. De leur propre initiative, ce petit groupe dadolescents coupe même une ligne téléphonique reliant la Kommandantur sur le boulevard des Pyrénées en mars 1943.
Cest dans cet état desprit anti-allemand quils vont voir leur ancien instituteur, M. Baradat, dont lenseignement passé a pu leur faire penser quil était proche de la Résistance. Le projet dévasion vers lEspagne est alors évoqué et M. Baradat leur propose, à linsu des parents, guides et itinéraires. Du fait de leur jeunesse ils ne sont pas concernés par le S.T.O.
L évasion:
Elle commence le 3 mars 1943 par Mauléon sous la conduite de M. Blaskies. Ils rejoignent un groupe denviron 70 personnes de natures et dorigines diverses dont un petit nombre de jeunes locaux entre autres fuyant le S.T.O. Cest à cette occasion quil rencontrera M. Lucien Boyrie (témoignage recueilli sur le site). Le trajet seffectue dans la neige pour la partie haute le groupe passe par la forêt dIrraty et le Pic des Escaliers. Lévasion est difficile: rencontre dune patrouille allemande, cache nécessaire, division temporaire du groupe etc.
Arrêtés par la garde civile, ils finissent à la prison de Pampelune, à 12 ou 13 par cellule, ils se regroupent par affinités, Lyonnais, Palois, Oloronais mais les conditions dinternement sont difficiles: peu de nourriture, pas dinformations sur leur devenir, pas de colis, pas de service de la Croix Rouge. Après cette détention de 2 mois, ils sont conduits en train dans les environs de Vigo puis vers Madrid où ils sont pris en charge par la Croix Rouge. Ils sembarqueront pour lAfrique du Nord sur le bateau ±Sidi Brahim début novembre 1943, après 7 mois dinternement. Un autre bateau est souvent utilisé pour ces transferts (échange de phosphates et de nourriture contre des prisonniers),il sagit du ±Gouverneur Lépineque prendra L. Boyrie.
LAfrique du Nord:
Ils arrivent à Rabat en novembre 1943 et sont accueillis par musique militaire et recruteurs. M. Berette choisit la 2ème D.B. du général Leclerc, attiré par une vision mythique, il rentre dans le 12ème Régiment de Cuirassés, fait ±ses classes, passe tous les permis de conduire (il na pourtant que 17 ans), et devient conducteur de char, poste quil occupera pendant toute sa campagne dans la 2ème D.B. M. Bérette définit une ambiance très particulière dans cette unité, originale par rapport à dautres unités il insiste sur lhumanité, la simplicité de Leclerc et une discipline dure mais librement consentie. Autour du 20 novembre 1943, ils sont transférés à Casablanca parmi leurs officiers, des républicains espagnols. De Casablanca, ils gagnent la Grande Bretagne en avril 1944.
La Grande Bretagne:
Ils débarquent sur la côte est, à Hull. Pendant plusieurs mois, ils sentrainent au combat sous le contrôle dofficiers anglais, autour des villages proches, notamment avec des Polonais de la Division Anders. Fin juillet 1944, ils sembarquent pour la Normandie.
Lodyssée de la 2ème D.B., la campagne de France.
La 2ème D.B. débarque près de Barville, à Utah Beach, M. Bérette est toujours conducteur de char, ici des Shermans, chars US robustes construits à un grand nombre dexemplaires. Parmi les premiers villages traversés: Sainte-Mère-lEglise. La première ville libérée est Alençon, le témoin ne décrit pas le quotidien des combats. Il parle de linconscience enthousiaste de très jeunes soldats comme lui (18ans) et de leur soumission à la fatalité sans grande peur particulière. Il ne se met pas en valeur, son récit reste dune grande sobriété. On le sent marqué par lépisode où son chef de char, jeune père de famille, est tué sous ses yeux alors quil était penché à lextérieur de lhabitacle. Plus tard, leur char sera détruit.
La 2ème D.B. se dirige sur Paris, appuyée par linfanterie U.S. et des fusillers marins, la capitale est atteinte le 26 août 1944. Il se rappelle de la liesse populaire de cette libération, conforme à limagerie traditionnelle. Ils vont rester 8 jours dans la capitale au Blanc-Mesnil. Après un blocage dans la forêt de Meudon, la division se dirige vers lAlsace: libération de Strasbourg.Il participe avec le Lieutenant F. Garnier à la prise de la Kommandantur. Dans limpossibilité de passer le Rhin, ils font mouvement vers le sud (Fessenheim) puis remontent sur Strasbourg pour le franchissement du Rhin. Rencontre avec la 1ère armée, accueil enthousiaste et liesse de la population particulièrement marquée par ses années de guerre et reconnaissante à légard de la 2ème D.B.
Voir dans les pièces jointes, le récit ±nous avons pris Strasbourg écrit par F. Garnier qui cite le témoin.
Après lépisode alsacien, sans en comprendre vraiment la raison, son unité est transportée par train vers la poche de Royan. La ville est détruite, ils ne combattent pas, ±cest une promenade (mai 1945).
Nouveau mouvement vers le nord après cet épisode ±inutile, un mois en Allemagne (mai, juin 1945) au milieu dune population servile qui ne manifeste pas dhostilité.
LIndochine.
Pour M. Bérette et ses camarades, la guerre va se poursuivre en Indochine, au Nord Vietnam et au Tonkin. Démobilisé en 1947, il restera dans ce pays jusquen 1950.
La 2èmeD.B. démobilisée, notre témoin se rengagera dans larmée en 1951 et y restera jusquen 1964: Afrique, Madagascar Blessé, il finira dans ladministration militaire.
La mémoire de la 2ème D.B. jusquà aujourdhui.
Lamicale de la 2èmeD.B. survivra évidemment au Maréchal Leclerc. M. Bérette en restera jusquà aujourdhui un membre actif. Lassociation des anciens de la 2ème D.B. restera fidèle à lesprit de la division, pour tous ses membres: aide et fraternité, réunions, commémorations, anniversaires, une ±famille.
M. Bérette reste aujourdhui particulièrement sensible aux commémorations alsaciennes célébrées environ tous les 5 ans où la population des témoins a été remplacée par leurs descendants pour rendre aux anciens survivants de la division des hommages et une reconnaissance dans une ferveur unique qui lémeut encore aujourdhui. En 2012, il reste 23 survivants de cette aventure.
M. Bérette revenu à la vie civile restera fidèle à son engagement pour la collectivité puisquil sera maire de son village dArros Nay pour deux mandats de 1983 à 1995.

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