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Étienne DE SABRAN ◉ Sosa : 8 238
Parents
- Claude SABRAN 1520-1560
- Simone DE MOLETTE MORANGIES ~1520-~1550
Union(s) et enfant(s)
-
Marié le 13 juin 1570, Villefort, 48800, Lozère, Occitanie, France, avec
Lucrèce D'ALTIER DE BORNE 1545->1636
dont
- Jeanne DE SABRAN 1575-1643
Frères et sœurs
- Étienne DE SABRAN 1540-1614
- Claude SABRAN ~1546-1617
Événements
- 1540 :
-
Naissance
Naissance, décès: Géneanet, généalogie de Jean Louis Rieu
- 2 mai 1567 :
-
Contrat de mariage (avec Lucrèce D'ALTIER DE BORNE) - chez Maitre Jean Portanier, notaire à Villefort., Villefort, 48800, Lozère, Occitanie, France
Un contrat de mariage a été rédigé entre Etienne de Sabran et Lucrèce d’Altier de Borne le 22 avril 1567 chez Maitre Jean Portanier, notaire à Villefort.
Sources: Géneanet, généalogie de Jean Louis Rieu - 13 juin 1570 :
-
Mariage (avec Lucrèce D'ALTIER DE BORNE) - Villefort, 48800, Lozère, Occitanie, France
ou le 24/4
- 20 mai 1614 :
-
Décès - Le Bleymard, 48190, Lozère, Occitanie, France
Naissance, décès: Géneanet, généalogie de Jean Louis Rieu
Notes
Etienne de Sabran est né vers 1540 au Bleymard, en Lozère. Source : généanet, généalogie de Jean Louis Rieu. Lucrèce d’Altier de Borne est née vers 1545 au château du Champ, à Altier, en Lozère. Source : généanet, généalogie de Jean Louis Rieu.
En 1567, un certain Jacques de Lobeyrac, écuyer, menait joyeuse vie au Bleymard, se livrant à toutes sortes de dissipations et paraissant même avoir tenu un tripot. Des témoins faisaient état de danses et de jeux publics, de cortèges masqués et déguisés, tout cela en dépit des ordonnances royales. Le propriétaire de la maison où résidait Lobeyrac n’était autre qu’Etienne de Sabran, seigneur des Alpies, qui, effrayé de la licence de son locataire et craignant de supporter les conséquences de ses manquements aux édits, fit sommer Lobeyrac de devoir ce cesser ses errements. Comme toujours en pareille situation, le coupable envoya promener le « barbon », déclarant qu’il supporterait les conséquences de ses actes, et qu’il entendait faire ce qu’il ui plaisir dans sa maison.
Il en résulta un acte de protestation d’Etienne de Sabran devant notaire. Chez Maitre Jean Baptiste, notaire à Villefort (archives de La Lozère, 3E 1773, p 38/39), a été rédigé le 6 février 1567, un acte de protestation pour Estienne de Sabran, escuyer , seigneur des Alpiers.
L’an mil cinq cens soixante sept et le sixième jour du moys de février, au lieu du Bleymar et devant la maison de mestre Jehan Malechane, notere, par devant moy notere royal soubzsigné, et en la présence des tesmoingz cy bas nommez, s’est présenté mestre Jehan Ricoard, lequel pour au nom et comme ayant charge expresse comme a dict de noble Estienne De Sabran, seigneur des Alpiers, son mestre, ayant la presence de Jacques De Lobeyrac, escuyer habitant du dict Bleymar , parlant à lui, a exposé
et remonstré comme le Roy nostre sire , pour certaines bonnes raisons et considérations, luy et son conseil mouvans depuis peu de temps en ça, avoit par ses editcz , avoit fait prohiber et deffendre toutes dances publicques, aussi de ne porter en aucun temps , dagues, pistolletz ne autres harnoys invasibles, mesures tant que seroient demeurans, en leurs maisons et habitations, et ce sur certaines et grandes peines , contenues ausdictz edictz depuis publiez par tout ce royaulme , ausquelz nul ne doibt prethendre cause d’ignorance.
Et pour aultant qu’il estoit venu à la notice du dict seigneur son mestre que le dict de Lobeyrac ordinairement tenoit en la maison où il habite, appartenant à son dict mestre, tambourins et dances publicquement à tous allans et venans, faisant avec ce journellement desguiser et masquer plusieurs personnages lesquelz faisoit marcher en bravades avec les tambourins par les rues du dict Bleymar , luy toujours assistant tout premier comme leur cappitaine et conducteur, et ce tant de nuet que de
jour, et outre ce entretenoit il ordinairement en la dicte maison jeuz publicques prohibés aussi et deffendus, faisant et commetant par ce journellement plusieurs insollences et actes reprouvez et expréssément interdicts par les dictz edictz et ordonnances royaulx; aux fins de tenir les subjectz du dict seigneur en bonne paix et tranquillité et de tant que le dict seigneur son mestre en pourroit estre reprins pour l’advenir comme telz actes rebelles soy commettans ordinairement en sa maison
par le dict Lobeyrac ayant de tousjours entretenu de son cousté soigneusement les edictz et ordonnances de son seigneur, désirant perseverer pour l’advenir comme son loyal serviteur et subject, l’a requis instamment voulloir garder et observer les
dictz edictz et ce faisant désister de entretenir aulcunes dances en public dans sa dicte maison ny aulcun jeuz publicques et de tout cesser de toutes aultres insollences qu’il a acoustumé fere, estant du tout desbordé et habandonné à toutes voluptez , aultrement en cas de reffus a protesté contre luy de tous despens, dommaiges et interestz et peine corporelle que son dict mestre pourroit encourrir comme faisant telz actes en sa maison, et de le faire declarer rebelle et desobeyssant au Roy
et perturbateur du faict et repos publicque et aultrement estre puny des peines contenues auxdictz edictz.
Lequel de Lobeyrac entendue la dicte requisition, a dict que si pour raison de ce advenoit aulcun inconvenient et peine, il la repareroit pour le dict de Sabran, mais que pour ce il ne se desisteroit et feroit dans sa maison tout ce qui lui plairoit.
Le dict Ricoard au dict nom, a dict et protesté comme dessus et d’avoir recours au Roy nostre sire, pour par luy et son conseil y estre preveu, et du tout en a requis acte à moi dict notere soubzsigné pour sa descharge et de son dict mestre, que lui ay octroyée.
Fait ou que dessus, presens : mestre Estienne Folcher, Barthelemy Cayroche, Pierre du Cros, Pierre Morel, Jehan Jordan du dict Bleymar et moi Jehan Baptiste notere royal soubzsigné. Baptiste (*)
Un contrat de mariage a été rédigé entre Etienne de Sabran et Lucrèce d’Altier de Borne le 22 avril 1567 chez Maitre Jean Portanier, notaire à Villefort.
Les catholiques et les protestants cohabitaient au Bleymard et cela n'allait pas sans heurts et querelles de toute sortes. Cité dans "biographies lozériennes par Félix Remize", le 4 octobre 1567, noble Étienne de Sabran, protestant , réunit les principaux habitants du Bléymard dans la salle haute de sa maison. Il leur expose l'état de discorde où se trouve le village, par suite de la différence de religion. Protestants et catholiques, au sortir du prêche ou de la messe se moquent les uns des
autres, s'insultent, s'outragent et provoquent des désordres les uns et les autres, par vengeance ou inimitié, appellent des compagnies de soldats qui pillent, volent, et trouvent partout des receleurs prêts à acheter le produit des rapines. Étienne de Sabran demande qu'on organise une police chargée de maintenir l'ordre et de ne laisser entrer que des troupes munies d'une commission régulière. On dresse des statuts d'union et on nomme douze syndics, six catholiques et six protestants, bien
que ceux-ci soient en minorité.
Voici le contenu précis de l’acte. Chez Maitre Jean Baptiste, notaire à Villefort (archives de La Lozère, 3E 1773, p 190/194), a été rédigé le 4 octobre 1567 un accord politique pour l’entretenement d’une paix, unyon et reppos tant pour une religion que aultre, contenant l’ordre que sera doresnavant tenu et observé pour le passaige et nourriture de la gendarmerye passant et repassant, avec creation de doutze sindicz et depputez, passé entre les habitans de Bleymard.
L’an mil cinq cens soixante sept et le quatriesme jour du moy d’octobre, très chrestien prince Charles, par la grace de Dieu roy en France regnant, au lieu du Bleymar et dans la salle haulte de la maison de noble Estienne de Sabran, seigneur des Alpiers, illec estans congregez, assemblez et domparans en personne led. Noble Estienne de Sabran, noble Gabriel de Sabran son oncle, maistres Blaize de Sabran, Jehan Reversat, Estienne et Anthoine Fabres, freres, Jehan Vinhal lieutenant, Jehan Mallechane notaire, Anthoine des Ayfres praticien, Anthoine Mothon, Estienne Folchier, Guillaume Mazel, Guillaume Baldit, Estienne Beys, filz de feu Jehan, Estienne Beys, filz d’Estienne, Michel Fabre, filz de feu Blaize, Claude Talon, Michel Beys vieulx, Michel Beys jeune, Jehan Daude, Barthelemy Cayroche, Jehan Martin, filz de feu Michel, Vidal Ranc, Guillaume Donzel, Jacques Guollabert, Guillaume Bonel, charpentier, Anthoine Chambon vieulx, Anthoine Folchier, Durant Leynadier, François Deveze,
Anthoine Bès, Raymond Maleval, Guillaume Folchier, Jehan Privat, Jehan Maurin, Jehan Pontier ponteyro, André Paulet, Baethelemy dict Jacques Bays vieulx, Privat Alegre, Jehan Pontier bastier, Guillaume Chambon, Anthoine Beys filz de feu Armand, Anthoine Beys guasquet, Anthoine Berengier, Jehan Durant bastier, Michel Sollier, Claude Vidal, Pierre Grefuelhe, Anthoine Sochon, Jehan Jordan, Pierre Vidal, Pierre Moret, Barthelemy Folchier, Jehan Assenat, Blaize Roux, Barthelemy Reynal, Michel Sabran, Anthoine Labrou, Pierre Bonet, Estienne Corregier, Barthelemy Rebol, Vidal Vincens et Jehan Gibert, tous faisans la plus grande et sayne partie des habitans dud. Bleymar, ausquelz en la presence de moy notaire soubzigné et des tesmoingz cy bas nommez, a esté expozé et remonstré par la parolle et orguane dud. noble Estienne de Sabran, comme led. Villaige du Bleymar estoit grandement peuplé et muny de beaucoup d’habitans y receans et domicillians, et tant gens literez de qualité que artizans et aultres de basse qualité et condition, dans lequel villaige ou son paroisse y avoit ordinaire exercisse, suyvant l’eedict du roy, de deux religions, sçavoir les ungz soustenans et exerceans la religion chrestienne et eglize reformée, les aultres et le plus grand nombre exerceans et soustenans le party de l’eglize romaine, et parce que en faisant chacun son devoir et exerceant sa religion entre aulcunes, y avoit journellement rixes, querelles et esmotions, reprochans et desdaignans les ungz les aultres en leur exercisse et religion par rizées et mocqueryes, les ungz en sortans des prieres et presches ordinaires, et les aultres en sortant d’ouyr la messe, chose grandement scandaleuse et odieuse à veoir et ouyr, le tout procedans
de telles particularitez et differences de religion, dont ne s’en pouvoit ensuyvre par ung juste jugement de Dieu que tout malheur s’il n’y avoit prompte reformation tellement policée que telz mocqueurs et seditieux ne soyent punys de ce qu’ilz ont fait par le passé et que pourroient faire pour l’advenir, à quoy estoit très requis et nécessaire principalement pourveoir et remedier ; d’ailleurs aud. Villaige avoit aultre grand desordre et desbordement touchant le passaige, nourriture et entretenement de la gendarmerye, ordinairement y passant et repassant, pour autant que les ungz, pour le mauvais voulloir et inimittié qu’ilz ont contre les aultres, tachent et procurent par tous moyens possibles leur ruyne et destructionde lad. Gendarmerye, et pour ce executer font venir et acheminer aud. Villaige plusieurs compaignyes de soldatz tant d’une religion que d’aultre, par lesquels sont souventesfoys battuz et tourmentez, et après leurs biens et maisons vollez et pillez, et quepys est, après telle pillerye acheptent eulx mesmes des soldatz les meubles, marchandises et denrées desrobées, et encore pys toutes compaignyes de soldatz, estans avec ou sans chiefz et cappitaines, entrent ordinairement aud. Villaige du Bleymar, le plus souvent sans avoir commission ne charge, et pour si peu de monde qu’ilz soyent, soy rendent maistres et lesd. Habitans en telle subgestion et servitude qu(ilz n’ozent bouger ne soy plaindre en aulcune maniere, le tout procedans de l’inimitié et hayne qu’ilz ont les ungz contre les aultres, sans qulcun accord, unyon, amour ne fraternité ; et plusieurs aultres insollences, ruynes et dissipations se font et comettent jurnellement aud. villaige par faulte de police et bon reglement, à quoy aussi estroit fort requis et nécessaire pourveoir, et pour ce respect faire et créer syndicz et procureurs telz que sera advisé gens de bon sens et preudhomye et tant d’une religion que de l’aultre qui commanderont et serviront de chiefs et veillans ordinairement au faict politicque, par quoy a dict led. Seigneur des Alpiers à l’heure et lieu presens avoir fait appeler par la voix du sergent ordinaire dud. Bleymar la presente assemblée, pour tous ensemble et d’ung commun accord remedier et pourveoir promptement à tout ce dessus, à telle fin que, en lieu de telz desordres, discordz et noyses ordinaires, une paix et tranquillité perpetuelz soyent introduictz et instituez entre iceulx, desquelz avoyr entendue led. Seigneur la voix et de l’ung après l’aultre qui auroient dict uniformement et sans discrepance qu’ilz estoient en ferme voulloir et intention de y pourveoir et que ce estoit leur principal dessein de vivre doresnavant en paix et bonne unyon, au moyen de quoy, après que led.
Seigneur a eue sur ce conference et adviz avec les principaux gens literez dud. villaige, ont faictz et dressez certains artcles et statutz, escripvant moy notaire soubsigné que sont telz et dont la teneur s’ensuyt : Articles et statutz accordrez entre les mannans et habitans du Bleymar touchant la police et pour vivre et soy entretenir doresenavant en bonne paix, unyon et tranquillité, suyvant l’eedict et voulloir du roy nostre sire, s’ensuyvent :
En premier lieu a esté convenu et accordé d’ung commun accord et amyable que doresenavant les ungz avec les aultres, sans difference de religion, se contiendront en paix et amytié, uzans des libertez permises par les edictz du roy nostre sire, sans
estre resserchez en l’exercisse de leur religion, et ce sur les peines contenues en l’eedict du roy.
Item pareillement a été accordé que ou et quant se tienneroit aulcuns y contrevenans, qu’il sera permys aux aultres luy accourir sus pour le metre entre les mains des officiers dudit lieu qui après le puniront selon ses demerites sans aucune esmotion pour pretexte d’aulcune religion, ains consentiront à la punition de telz coupables et seditieux. ` Item et pour l’observation de telle fraternité et unyon on depputé, sçavoir de la part de ceulx de la religion reformée maistre Jehan Reversat, Estienne et Anthoine Fabres, Jehan Pelissier, André Paulet et moy notaire soubzsigné, et de la part de la religion romaine maistres Estienne Beys, filz à feu Jehan, Jehan Reynalh, Anthoine Moret, Pierre Mazaudier, Jehan Durand et Michel Sollier, pour tous ensemble adviser et soy prendre guardre à ce que nul ne contrevienne à ce dessus, et des contrevenans en advertir les officiers et leur sommer en faire justice promptement, et en cas de reffus proteste par acte de notaire.
Item ont accordé que chacun, sans scandalle de son voysin ne trouble aud. villaige, pourra libremment servir au party qu’il vouldra tenir, sans que pour cella luy soyt loysible prendre argument d’exercer aulcune cruaulté en l’endroit d’aulcun habitant dudit villaige, pour pretexte de luy estre ennemy ou aultrement, et ce sur les peines contenues en l’eedict du roy et aultres que de droict.
Item, et pour limiter la charge desdits depputez, leur sera enjoinct et commandé expressement, où et quant se feroit bruict d’aulcun passaige de gendarmerye, qu’ilz seront tenus aller au devant des compaignyes pour et avec les cappitaines soy informer de leur commission, et si leur commision n’est chargée de pouvoir habiter et entrer audit villaige après l’avoir communicquée aux habitans remonstrer ausd. Cappitaines la raison du deny et reffus de les laisser entrer par deffault de charge, et
cen ce et tout ce qu’ilz se pourroient treuver foibles pourront requerir les habitans qu’ilz pourront treuver pour lui assister et à quoy ne pourra aulcun desd. Habitans reffuzer ny denyer après une seulle requisition, à peine de dix livres tournoi et aultres que de droict.
Item, et au cas que aulcune compaignye serait logé pour l’advenir audit villaige du Bleymar, d’une religion ou d’aultre, et que , pour la dissolution des soldatz advient saccaigement ou pillaige de aulcunes maisons dudit villaige, ne pourra aulcun desdits habitans receller aulcuns meubles ny aultres choses par achept des soldatz ny autrement, sur la peine d’estre punys comme larrons et recelleurs.
Item ne sera permys à aulcun donner aulcun adevertissement de parolle ne par excript aux ennemys sur peine de la vye.
Item est deffendu à tous hostelliers et aultres habitans dud. Bleymard ne loger aulcuns estrangiers portans armes, passé leur disnée ou souppée, sans en adcertir lesd. Depputez, à peine d’estre punys de la peine que telz estrangiers auroient meritée, en cas qu’ilz seroient treuvez traistres aud. villaige. Item et au cas que pour l’avenir se dresseroit estappe aud. villaige pour le vivre et entretement d’aulcuns soldatz ou aultres munitions de guerre que la comission receue par les depputez, seront tenuz icelle communicquer aux habitans pour tous ensemble y pourveoir comme de raison.
Desquels articles après avoir faicte lecture ez presences et audiances de toute l’assemblée et en vulgaire et entendu langaige, après les avoir ouys et entendus de poinct à poinct comme on dict, ont dict et affermé tous ensemble que telz accordz et
articles voulloient et entendoyent ilz dosrenavant tenir, garder et observer sans à jamais en rien y derroger ne contrevenir comme revenans à leur grand proufict, utilité, repos, tranquillité et unyon, tant de leurs personnes que biens, et iceulx de poinct en poinct pour cest effect ont approuvez, ratifiez emologuez et confirmez selon leur forme et teneur et avec ce que les syndicz et depputez y denommez ou la plus grande partye d’iceulx presens et telle charge acceptans pour eulx et les absens ont promis et juré à toute l’assemblée, levans leurs mains à Dieu, de bien et fidellement exercer la charge contenue ausdits articles et du tout leur pouvoir veiller ententifvement à faire tenir, garder et observer lesd. Artcles et statutz sans en rien y enfraindre ny derroger, sur peine que, où se trouveroit le contraire, d’estre punys comme traistres et desloyaulx aux bien et repos publicques et perturbateurs d’icelles et d’aultres peines que de droict, voullans et entendans iceulx habitans lesdits Articles et tout le contenu en ce contract avoir et obtenir à jamais aultant de vertu, valleur et efficace, comme si des choses y contenues avoit esté donnée sentence diffinitive par leur juge competent, de laquelle n’eust esté appellée ains acquiesée et passée en force de chose jugée, confirmée par arrest de la souveraine court de parlement de Thoulouse, de laquelle sont ressortissans; et pour plus grande fermetté et perpetuelle asseurance des choses y contenues, lesdits Habitans et chaclcun d’eulx pour son regard, de nouveau sans revocation aulcune, ont faictz et constituez leurs advocatz et procureurs en la court et siege presidial de Nysmes Messieurs maistres Pierre et Charles Rozelz, Favyer, de Leuzière, Villars et
chalcun d’eulx pour et en leur nom requerir l’auctorisation dud. et present accord, et ilz, et les leurs, à jamais estre condempnez de le tenir et observer et à ceste effect estre registrez ez actes et registres de lad. Court et en ce et qu’en deppend faire toutes actes, requisitions necessaires, avec puissance de substituer ellection dedomicille,promesse d’avoir la procedure agreable de rellever et avec toutes aultres clausulles requises et necessaires, pour lesquelles et tout le contenu en ce contract tenir et observer à jamais sans en rien y contrevenir, ont les ungs envers les aultres respectivement obligez, ypothecquez et soubmys leurs biens quelzconques, meubles, immeubles, presens et advenir,les soubmettant aux rigueurs des courtz presidial susd. et conventions royaulx de Nysmes, petit seel de Montpellier, ordinaire de la baronye du Tornel, comme du comté et bailliaige de Givauldan et à chaculne d’icelles, et ainsin l’ont derechief juré en la forme que dessus, en vertu duquel jurement ont renuncé et renuncent à tousdroictz et loix à ce contraires desquelles se pourroient ayder pour contrevenir à ce dessus, et du tout ont requis et demandé instamment à moy notaire soubzsigné en forme de chartre publicque que leur ay octroyé. Faict et passé où que dessus, presens et appelez en tesmoingz maistre Guillaume Seguin de Barre, diacre, habitant aud. Bleymar, Barthelemy Bragier, Maurice Recolin de Malavielhe, Guillaume Fayet du Felgas, et moy Jehan Baptiste, notaire
royal
soubzsigné...............................................................................Le Bleymard 1567, n, st., 6 février 1567 .
Noble Etienne de Sabran, seigneur des Alpies fils de feu Claude de Sabran, et demoiselle Lucresse d’Altier, fille à noble Jehan d’Altier, seigneur du Champ ont reçu la bénédiction nuptiale le 27 avril 1570 dans le temps de Villefort après que les annonces aient été faites le 24 avril 1570.
Source : archives protestantes de Villefort, 4 E 198/29, p 10/19.
La même annonce du mariage a été faite dans les registres catholiques de la paroisse. Source : archives catholiques de Villefort, 1 MI EC 198/1, 1568-1618, p 13/63.
Ils ont eu ensemble les enfants suivants :
1. Jeanne de Sabran, fille d’Etienne de Sabran et de Lucrèce d’Altier de Borne, est décédée avant le 27 août 1636. Elle s’est mariée le 14 janvier 1615 avec Paul Deleuze, écuyer, seigneur du Vialla.décédé après le 27 août 1636. Ils ont eu une fille
Lucrèce, née à Bourg-Saint-Andéol et décédée avant le 27 août 1636.
2. Anne de Sabran, fille d’Etienne de Sabran et de Lucrèce d’Altier de Borne, née au Bleymard et décédée après 1662. Elle s’est mariée vers le 20 mai 1595 avec Jean de La Garde de Malbosc (archives de l’Ardèche, Antoine Félines, notaire à Villefort, 3 E 4153), né à la Tour de Gravières et décédé avant 1610. Ils ont eu ensemble les enfants suivants : Antoine de la Garde de Malbosc, seigneur de Malbosc, conseigneur du mandement de Naves, décédé le 9 février 1654 à Chambonas en Ardèche et inhumé le 10 février 1654 dans l’église de Gravières (archives de l’Ardèche, Les Vans, 1632-1670, vue 116/312) ; Claude de la Garde de Malbosc, décédé après juillet 1633 (Généanet, généalogie de Jean Louis Rieu) et marié avec Georges Desaifres, sieur du
Roure en 1645, bailli du mandement de la Garde Guerin, seigneur de la Panderie, notaire à Sainte Marguerite Lafigère, né vers 1575 à Prévenchères et décédé après le 7 avril 1662.
3. Marie de Sabran, fille d’Etienne de Sabran et de Lucrèce d’Altier de Borne, est née au Bleymard et est décédée le 22 juin 1658 à Rachas ou la Molette, à Prévenchères et a été inhumée dans le cimetière de l’église de Prévenchères. Elle s’est mariée le 7 octobre 1611 avec Rust Bastide, noble, écuyer, seigneur de Buisson (contrat de mariage chez Maitre André Giraudon, notaire du Bleymard, archives de Lozère, 3 E 7003, mariage religieux, 4 E 027/1, p 7/11), né vers 1585 à Prévenchères, décédé
entre le 17 mars 1642 et le 13 mars 1643 au Rochas, à Prévenchères et inhumé dans le cimetière de la paroisse de Prévenchères.
4. Jeanne de Sabran, fille d’Etienne de Sabran et de Lucrèce d’Altier de Borne, l’aïeule de Josyane Pagès, née vers 1575 au Bleymard et décédée le 23 octobre 1637 au Bleymard.
5. Olympe de Fayet, fille d’Etienne de Sabran et de Lucrèce d’Altier de Borne, est née vers 1580 au Bleymard et est décédée entre 1645 et 1551 à La Molle, paroisse de Prévenchères. Elle s’est mariée le 2 novembre 1603 à Prévenchères avec Pierre Baldit, écuyer, sieur de Mirandol en 1638 né en 1580 à Prévenchères et décédé avant août 1644 à La Molette à Prévenchères, après avoir signé un contrat de mariage chez Maitre Jean Chaldos, notaire (archives de Lozère, 3 E 591-185).
Etienne de Sabran fut seigneur des Alpies, de Bonnete et autres places, noble, écuyer, et procureur du Baron du Tournel. Il fut également le bailli du Gévaudan Son blason était le suivant :
Dans le chartrier du château du champ (Yannick Chassin du Guerny, inventaire du chartrier du Champ, 1973, p 28/365) est cité le règlement de la dot de Lucrèce de Borne d'Altier, femme d'Etienne de Sabran, seigneur des Alpiés et la rétrocession du domaine des Bonetes et les rentes, cédées en 1538 par Jean de Borne d'Altler à Claude de Sabran, bailli du Gévaudan, puis réclamés par Antoine de Borne d'Altier, seigneur du Champ, comme héritier substitué de feu Jean, son aieul, par suite des décès
sans enfants de feux Louis et Antoine de Borne d'Altier, le second prêtre, premiers héritiers. I y eut un procès qui conduisit à des transactions et à des accords entre Antoine de Borne d'Altier et Jacques de Léautoing, seigneur de Chamenssac, comme mari d'Anne de Sabran, fille de feu Claude, 1597. Entre Claude et Etienne de Sabran, 1588 ; avec François de la Rochette, seigneur de la Bastide, mari d'Anne de Sabran.
Messire Etienne de Sabran, gentilhomme de la Reine Mère, seigneur des Alpies, bailli du Gévaudan, adresse au roi une requête de 1585, dans laquelle il expose à Sa Majesté que l'érection de la sénéchaussée de Mende est préjudiciable à sa charge de bailli. En 1585, le roi Henri III écrit une lettre qui donne ordre aux trésoriers généraux de France, de payer la somme de 600 écus à Messire de Sabran, en dédommagement de son autorité.
Etienne de Sabran participe aux États du Gévaudan à Mende du 23 au 26 novembre 1593 comme procureur du baron du Tournel.
Le roi Henri IV a convoqué les Etats Généraux à Mende les 11 juin et 12 juin 1594 sous la présidence d’Adam de Heurtelou, évêque. Noble Etienne de Sabran y est envoyé par le baron du Tournel, pour la baronnie de Cénaret. Les états s'assemblèrent par mandement des commissaires qui avaient présidé pour le roi aux états généraux de Beaucaire, et entendirent lecture d'une copie •collationnée de la commission de Sa Majesté, portant demande des deniers nécessaires à l'entretien d'un certain nombre
de gendarmes chargés d'accompagner le connétable de Montmorency, dans son voyage à la cour de France. MM. d'Hauteville et de Chaudesaigues s'y présentèrent de la part du comte d'Apchier, agissant comme sénéchal et gouverneur du Gévaudan pour le parti de l'union. Ils exposèrent -que dans son intention sincère de ne pas augmenter les maux du pays, le seigneur d'Apchier, scrupuleux observateur de la trève, n'avait même pas voulu réprimer par les armes les tentatives faites par les royalistes sur Saint-Chély et le Malzieu, dans la crainte que de nouvelles hostilités n'amenassent la ruine complète des habitants du diocèse ; que pour ôter tout sujet de contestations, il priait les états, conformément aux conventions réglées entre les ducs de Joyeuse et de Montmorency, de désigner des commissaires qui, d'accord avec ses délégués, fixeraient la délimitation des terres sur lesquelles chaque parti aurait séparément à faire lever ses propres impositions. L'assemblée, heureuse de voir enfin s'approcher le terme de si longues dissensions, pria M. le vicaire général pour l'église, le seigneur de Barre pour la noblesse, et M. de Chanoilhet pour le tiers état, d'accepter cette mission. M. de Fosseuse observa, que nonobstant les avis reçus du comte d'Auvergne et du connétable lui-même, sur les dispositions pacifiques du seigneur d'Apchier, H croyait utile de tenir les garnisons sur un pied respectable. Mais les états après avoir fait rappeler les députés du seigneur d'Apchier, pour leur faire jurer en son nom qu'il ne serait rien entrepris «de contraire à la trève, furent d'avis de réduire le nombre de gendarmes cantonnés dans la province, et prièrent M. de Fosseuse de n'exiger pour la garde de la citadelle de Mende que cinquante hommes, qui pourraient être, du reste, suppléés par la milice bourgeoise. On discuta ensuite les comptes de construction de cette même citadelle. Les états ayant lieu de soupçonner que les travaux n'avaient pas été conduits avec toute l'économie désirable, décidèrent que la somme destinée à en solder les dépenses ne serait imposée qu'après mûr examen ; que quant à celle réclamée par les propriétaires expropriés, il serait alloué à ces derniers une indemnité de logement de trois d'Auvergne y pour les approvisionnements fournis, en 1586, à l’armée du duc de Joyeuse. On arrêta que le roi, étant à Vannée, valait mieux attendre le moment où Sa Majesté se trouverait à Lyon, et qu'alors les commis du diocèse désigneraient ceux dentr'eux qui devraient accompagner monseigneur Adam; qu'en attendant, M. Jean Dumas, lieutenant au baillage, voudrait bien procéder à une information précise de l'état de ruine et de misère qui pesait sur le pays, et que s'il était vrai qu'on dût croire
à une pacification définitive, les députés demanderaient à Sa Majesté de faire raser toutes les citadelles, forteresses ou forts, comme n'étant plus bons -qu'à entretenir la défiance et de lourds frais de garnison.
Etienne de Sabran participa également aux Etats Généraux réunis à Mende, toujours sous la présidence d’Adam de Heurtelou, évêque, du 23 au 26 novembre, pour le compte du baron de Tournel.
Le Roi Henri IV a convoqué les Etats Généraux à Chanac, du 12 juin au 17 juin 1597 en présence d’Adam de Heurtelou, évêque et président, de Pierre de Guilleminet, commissaire principal. De Picheron, gentilhomme ordinaire de la chambre, bailli de Gévaudan et De Fornel, syndic. Voici le texte de la convocation signé par le roi Henri IV : « Très chers et »bien amez ayant ordonné la convocation et assemblée des estats de » notre pays de Languedoc en notre ville de Beziers du xxvne jour » d'octobre prochainement venant et à cette fin faict expedié nos lettres et commissions pour ce requises et nécessaires nous vous en avons bien voullu donner advis par la présente à ce que vous ayet à vous y trouver pour ouir les remonstrances et réquisitions qui vous seront faictes par nos depputez sur icelles nous donne la satisfaction que nous nous sommes toujours promis de votre fidélité et dévotion au bien de nos affaires et repos de notre royaume. Et à ce nous » vous prions ne faire faulte car
tel est notre plaisir ». Donné à Montitreuil le 27ème jour d'aoust 1596. Signé HENRY. Contresigné FORGET.» Parmi les représentants de la noblesse, noble Etienne de Sabran représentait le baron de Cénaret. Le duc de Ventadour, lieutenant général en
Languedoc, pour le connétable de Montmorency, avait assemblé, au mois de décembre 1596, les états généraux de la partie de la province placée sous son commandement, afin de leur communiquer, avec la demande d'octroi, les lettres-patentes par lesquelles Henri IV, conformément à son édit de Folembrai, prescrivait la démolition des forts et citadelles. Fosseuse, renfermé dans Mende, ayant refusé d'obtempérer aux ordres du roi, les états particuliers de Gévaudan se réunirent à Chanac, comme ne pouvant délibérer en liberté dans une ville soumise au régime militaire. Quand le présideut leur eut fait connaitre le peu de succès des démarches de Messieurs de Spondeillan et Gondin, envoyés par le duc de Ventadour, pour engager Fosseuse à l'obéissance, M. de Picheron donna lecture des instructions adressées au duc par le roi, qui, instruit de l'obstination de Fosseuse, révoquait ce dernier de tous ses pouvoirs, et ordonnait d'assembler un corps de troupes pour l'assiéger et Ie forcer à évacuer la ville de Mende. Les états voulant tenter une dernière fois de ramener le rebelle par la voie de la douceur, prièrent MM. de Gibertes, de Bressoles et Dumas, de se rendre auprès de lui pour appuyer les ouvertures de MM. de Spondeillan et Gondin; mais ceux-ci n'ayant obtenu qu'une trève de dix jours, pendant laquelle, moyennant trois cents -écus qui lui seraient comptés, il promettait de ne point inquiéter le pays, on décida que MM. d'Ispagnhac et de Gibertes iraient s'entendre avec le duc de Ventadour, et le supplieraient d'aviser à ce que force restât à la volonté du roi. Monseigneur Adam exhorta l'assemblée à prendre toutes les mesures propres à assurer la prompte réduction de la place, dès qu'on saurait la décision de M. de Ventadour ; et il fut arrêté que vingt mille écus seraient employés à la levée de six compagnies, à l'achat de deux cents setiers de blé, trois charges de poudre, une charge de corde à mèche, deux quintaux de plomb, et à la construction de six blockaus, où s'établiraient les troupes jusqu'à l'arrivée de l'armée d'opération, pour l'entretien de laquelle il fut imposé la somme de quinze mille écus ; les barons d'Apchier et de Peyre se chargèrent de réunir en Rouergue et en Velay quelques pièces de canon qu'on joindrait à celles qu'ils se firent forts d'obtenir du vicomte de Polignac et du marquis de Canilhac. Le député du chapitre et le consul de Mende ayant déclaré qu'ils avaient reçu de leurs concitoyens Ie mandat impératif de ne consentira aucune voie coercitive contre la ville, se retirèrent de l'assemblée, comme ne devant point prendre part à une délibération, pour laquelle ils étaient privés de leur libre arbitre. Jean du Roure, avocat, s'étant présenté aux états, pour les requérir, au nom du sénéchal de Nîmes, de vouloir bien faire enregistrer les arrêts du conseil des 12 août 1596, et 15 janvier 1597, qui supprimaient la sénéchaussée de Mende, Le baillage de Gévaudan reprit l'exercice de ses anciennes attributions ; dans la même séance, on installa le sieur Martin Bazalgette, de Langogne, comme prévôt de la maréchaussée, en remplacement du capitaine Virgile, démissionnaire.
Le 18 septembre 1598, Etienne de Sabran, seigneur d'Alpiés, a signé un acte vente des droits seigneuriaux et censives dans le mandement d'Altier par en faveur de Jean Hérail, seigneur de Bresis.
Le 14 février 1599, Jean Gaspard de Châteauneuf et Alexandre, son fils, donnent pouvoir à Etienne de Sabran, du Bleymard, de vendre la baronnie de Saint-Remèze à Antoine de Beauvoir du Roure, seigneur de Saint-Briz, saint-Just, baron d’Aiguèze, au prix de 6000 écus valant 18000 livres (1 373 043,86 euros).
Le 3 octobre 1605, François Coronat affermit sa grange à la baronne de la Trémolière, dame d’ALlenc, représentée par son procureur noble Etienne de Sabran, seigneur des Alpies. Il lui arrentait : « une sienne maison contenant chambre et grenier au-dessus, appelée la chambre neuve, et outre ce, toute sa grange neuve et curtil y joignant appelé de Masson, à la charge que ledit seigneur des Alpies, sera tenu faire mettre une petite porte, pour faire son entrée du cousié dudit curtil, sans pourvoir passer ni repasser par les autres maisons dudit Coronat, et ce pour le temps et terme d’un an seulement », au prix de 18 livres.
Etienne de Sabran participa à la réunion des Etats Généraux à Mende, toujours sous la présidence d’Adam de Heurtelou, évêque, du 28 novembre au 1er décembre 1606, sous les couleurs du baron de Tournel.
Le 22 novembre 1612, chez Maitre Guillaume Duroux, notaire de Chasserades (archives de la Lozère, Guillaume Duroux, notaire de Chasseradès, 3 E 7524, p 107), Etienne de Sabran, seigneur des Alpiés, en son château de Bleymard, constitue son procureur Maitre Guillaume "Chabanitix » ?, praticien, habitant du lieu de , paroisse de St Amand ..........de feu Madame Hélix Dumas veuve de feu noble Antoine de Sabran quand vivait bailli du Gévaudan , la somme de .......
Etienne Sabran est l’héritier universel de sa grand-mère paternelle Marguerite de Chaste.
La famille de Sabran, après son mariage, a vécu dans le château du Champ. Situé sur un petit promontoire rocheux qu’enserre la rivière l’Altier, ledit château est à proximité de la route départementale 901, un peu avant Altier en venant de Mende, le château du Champ fait l’admiration de tous les touristes de passage.
Il est constitué d’un seul bâtiment plutôt massif de trois étages. Il est remarquable par ses poivrières qui couvrent les tours. L’une d’elles est couronnée d’un chemin de ronde. Le site du château du Champ est classé depuis 1942. Les façades, les toitures et le parc du Château ont fait l’objet d’une inscription sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en date du 14 avril 1965. Le château est situé dans le Parc National des Cévennes. L’origine du château remonte à la fin du XIIIe siècle. On assure cependant qu’il aurait été construit à l’emplacement d’un très ancien site d’habitation. Les documents rapportent que la terre d’Altier se trouvait indivise entre les puissants seigneurs de Randon et plusieurs membres cadets
de la famille d’Altier, qui se partageaient le ‘’ castrum ‘’ du village situé sur les hauteurs du grand Altier et dont on peut encore voir les ruines de nos jours.
Il devait en résulter de nombreux points de discorde entre les officiers du Randon dont la seigneurie était dominante et les autres coseigneurs, si bien que l’un d’entre eux décida de se retirer et alla construire sa maison forte sur des terres qu’il possédait en propre, le long de la rivière sur l’emplacement actuel du château du Champ.
Une première mention du Champ date de 1277, à l’occasion d’un hommage servi par les frères Pierre et Gaucelin d’Altier au seigneur de Randon, dans lequel il déclare entre autres le mas « del campo ». C’est le fils de Gaucelin, Raymond d’Altier, qui
entreprend la construction du nouveau château, laquelle peut se situer entre 1288 et 1308.
C’est à cette date que son épouse rédigea ses dernières volontés ‘’ al cham ‘’ Plus tard, le 20 août 1322, Raymond d’Altier reçoit donation de Guillaume de Randon, seigneur du Luc, pour la haute justice du Champ nouvellement fortifié, et lui en sert l’hommage.
Les d’Altier conserveront le Champ pendant trois générations, la famille tombant en quenouille avec Delphine d’Altier, héritière des terres du Champ, de la Felgère et du Serres, deux autres seigneuries situées en Uzège. Delphine s’allia d’abord à son cousin Louis d’Altier, unique descendant d’une autre branche de la famille, qui était demeurée au château du Grand Altier. Louis d’Altier mourut peu après sans enfant, si bien que Delphine se trouva héritière d’un nouveau patrimoine et réunissait tous les biens des deux lignées d’Altier, séparées depuis le XIIIe siècle. Delphine d’Altier convola en secondes noces avec Armand de Borne, chevalier, qui appartenait au diocèse du Puy. Il en résultera la création d’une nouvelle maison d’Altier,
solidement implantée au Champ pour une douzaine de générations (jusqu’en 1812). Les successeurs de Delphine d’Altier portèrent d’abord seulement le nom d’Altier puis à la fin du XIVe siècle on retrouve le nom de Borne accolé au patronyme d’Altier.
Au XVIIIe siècle, la forme de Borne d’Altier prévaut et s’y ajoute encore le patronyme des Budos : de brillantes alliances contractées avec la noblesse provinciale, il faut d’abord relever en 1497 le mariage de Jean de Borne d’Altier avec la fille aînée de Thibault de Budos, baron de Portes, qui les apparentera avec les Montmorency et plus tard avec les princes de Conti. Cette alliance leur ouvrait la perspective d’un héritage réputé fabuleux chez les Cévenols pour lesquels le mirage du château de Portes a toujours été d’un puissant attrait. Les unions postérieures se firent avec des maisons plus locales. On trouve les Yzarn de Castanet, dont le château se trouve à quelques kilomètres du Champ, les Molette de Morangiès, les d’Albignac, les Bardon du Choizal de Mende, qui apportèrent aux d’Altier leur château sur le Causse de Sauveterre, et surtout les Malbosc du Miral. Jean Antoine Hercule de Borne d’Altier, quadragénaire et sans enfant de deux précédents mariages, se décida pour une troisième union en 1743 avec une voisine, Mlle du Miral, à peine âgée de 20 ans, laquelle se trouva avec le décès de son frère plus jeune, héritière d’une partie des biens. (Le château de Miral se trouve au sud du Mont Lozère sur la route reliant Florac au Pont de Montvert).
Charles Jean-Baptiste Victor de Borne, comte d’Altier, marquis du Champ, monte sur l’échafaud le 9 juillet 1794. Son fils aîné émigre. Sous la Révolution, les tours furent rasées, les terres et le château furent saisis et vendus en 1796 comme bien national. En 1812, le dernier descendant des Borne d’Altier mourut sans postérité après avoir racheté le château à sa Tante qui l’avait elle-même racheté à l’administration afin qu’il reste toujours dans la famille. La succession arriva au petit cousin, Jules de Chapelain, sous préfet de Marvejols. A la troisième génération des Chapelain, Joseph n’eut que des filles et le Champ se transmis dans les familles Raguenet de Saint Albin (1905), Gourcy (1919), puis Varin d’Ainvelle (1928). C’est en
1981, devant l’ampleur, l’urgence et le coût des travaux à réaliser que Madeleine Varin d’Ainvelle décida de créer, avec 17 de ses neveux et nièces, une SCI avec pour but de restaurer et de faire vivre ce patrimoine familial et Lozérien. Depuis 1985, l’ensemble des toitures du château et de ses tours ont été reconstruites avec des lauzes du Tournel. La réfection de la toiture des communs du château durant l’hiver 2005/2006 a marqué la dernière étape de ces travaux de rénovation. Chaque année le château peut se visiter lors des journées européennes du patrimoine.
Etienne de Sabran est décédé entre le 22 novembre 1612 et le 6 avril 1630 au Bleymard et est inhumé dans la chapelle Saint Jean au Bleymard.
Le 6 avril 1630, Chez Maitre Antoine Martin, notaire à Prévenchères (archives de la Lozères, Martin, notaire à Prévenchères, 3 E 2084-24, 1630-1633) a été rédigé le testament de Demoiselle Lucresse d’Altier, veuve de feu noble Etienne de Sabran, Seirgneur des Alpiès. Elle désire une sépulture au cimetière de Saint Jean du Bleymard, elle lègue aux pauvres 30 livres, cite Jeanne, Olympe , Anne ses filles, Jeanne, veuve du Seineur du Mazel , Marie, sa fille, femme de Rust Bastide du Rachas , reçoit outre les 300 livres par elle donner à son contrat de mariage, recoit 200 livres qui lui sont due par ledit Sieur Bastide , cites Jean , Anne , Jeanne Bastide, ses phizelains enfants de ladite Marie qui recoivent 20 livres chacun. L’acte a été
rédigé à Prévenchères dans la maison du Sieur de la Pandarié (relevé par Jean Louis Rieu).
Le 27 août 1636 chez Maitre Jean André, notaire à Cubieres (archives de la Lozère, Jean André, notaire à Cubieres, 2 E 7557-107), acte relevé par Jean Louis Rieu, a été rédigé le testament de Delmoiselle Lucresse d Altier du lieu du Bleymard, veuve
de feu noble Etienne de Sabran, Seigneur des Alpiès, malade, demande une sépulture au cimetiere du Bleymard, dans le tombeau de ses prédécesseurs. Elle lègue à l’église et aux pauvres, à Pierre Bastide, son filleul, fils de Sieur Rus Bastide et Demoiselle Marie de Sabran, sa fille, 30 livres, à Lucrèce Deleuze aussi, sa filleule, fille du Sieur du Villar et de feu Demoiselle Jeanne de Sabran, sa fille, 30 livres, à Anne Bastide aussi, sa filleule, fille dudit Rus et de ladite Sabran 30 livres. Son héritier universel est noble Antoine de la Garde, Seigneur de Malbosc. L’acte a été rédigé au Bleymard dans la maison de la testatrice. Signature de la testatrice.
Lucrèce d’Altier de Borne est décédée entre le 27 août 1636 et 1640. Elle fut inhumée dans la chapelle Saint Jean au Bleymard.
En 1567, un certain Jacques de Lobeyrac, écuyer, menait joyeuse vie au Bleymard, se livrant à toutes sortes de dissipations et paraissant même avoir tenu un tripot. Des témoins faisaient état de danses et de jeux publics, de cortèges masqués et déguisés, tout cela en dépit des ordonnances royales. Le propriétaire de la maison où résidait Lobeyrac n’était autre qu’Etienne de Sabran, seigneur des Alpies, qui, effrayé de la licence de son locataire et craignant de supporter les conséquences de ses manquements aux édits, fit sommer Lobeyrac de devoir ce cesser ses errements. Comme toujours en pareille situation, le coupable envoya promener le « barbon », déclarant qu’il supporterait les conséquences de ses actes, et qu’il entendait faire ce qu’il ui plaisir dans sa maison.
Il en résulta un acte de protestation d’Etienne de Sabran devant notaire. Chez Maitre Jean Baptiste, notaire à Villefort (archives de La Lozère, 3E 1773, p 38/39), a été rédigé le 6 février 1567, un acte de protestation pour Estienne de Sabran, escuyer , seigneur des Alpiers.
L’an mil cinq cens soixante sept et le sixième jour du moys de février, au lieu du Bleymar et devant la maison de mestre Jehan Malechane, notere, par devant moy notere royal soubzsigné, et en la présence des tesmoingz cy bas nommez, s’est présenté mestre Jehan Ricoard, lequel pour au nom et comme ayant charge expresse comme a dict de noble Estienne De Sabran, seigneur des Alpiers, son mestre, ayant la presence de Jacques De Lobeyrac, escuyer habitant du dict Bleymar , parlant à lui, a exposé
et remonstré comme le Roy nostre sire , pour certaines bonnes raisons et considérations, luy et son conseil mouvans depuis peu de temps en ça, avoit par ses editcz , avoit fait prohiber et deffendre toutes dances publicques, aussi de ne porter en aucun temps , dagues, pistolletz ne autres harnoys invasibles, mesures tant que seroient demeurans, en leurs maisons et habitations, et ce sur certaines et grandes peines , contenues ausdictz edictz depuis publiez par tout ce royaulme , ausquelz nul ne doibt prethendre cause d’ignorance.
Et pour aultant qu’il estoit venu à la notice du dict seigneur son mestre que le dict de Lobeyrac ordinairement tenoit en la maison où il habite, appartenant à son dict mestre, tambourins et dances publicquement à tous allans et venans, faisant avec ce journellement desguiser et masquer plusieurs personnages lesquelz faisoit marcher en bravades avec les tambourins par les rues du dict Bleymar , luy toujours assistant tout premier comme leur cappitaine et conducteur, et ce tant de nuet que de
jour, et outre ce entretenoit il ordinairement en la dicte maison jeuz publicques prohibés aussi et deffendus, faisant et commetant par ce journellement plusieurs insollences et actes reprouvez et expréssément interdicts par les dictz edictz et ordonnances royaulx; aux fins de tenir les subjectz du dict seigneur en bonne paix et tranquillité et de tant que le dict seigneur son mestre en pourroit estre reprins pour l’advenir comme telz actes rebelles soy commettans ordinairement en sa maison
par le dict Lobeyrac ayant de tousjours entretenu de son cousté soigneusement les edictz et ordonnances de son seigneur, désirant perseverer pour l’advenir comme son loyal serviteur et subject, l’a requis instamment voulloir garder et observer les
dictz edictz et ce faisant désister de entretenir aulcunes dances en public dans sa dicte maison ny aulcun jeuz publicques et de tout cesser de toutes aultres insollences qu’il a acoustumé fere, estant du tout desbordé et habandonné à toutes voluptez , aultrement en cas de reffus a protesté contre luy de tous despens, dommaiges et interestz et peine corporelle que son dict mestre pourroit encourrir comme faisant telz actes en sa maison, et de le faire declarer rebelle et desobeyssant au Roy
et perturbateur du faict et repos publicque et aultrement estre puny des peines contenues auxdictz edictz.
Lequel de Lobeyrac entendue la dicte requisition, a dict que si pour raison de ce advenoit aulcun inconvenient et peine, il la repareroit pour le dict de Sabran, mais que pour ce il ne se desisteroit et feroit dans sa maison tout ce qui lui plairoit.
Le dict Ricoard au dict nom, a dict et protesté comme dessus et d’avoir recours au Roy nostre sire, pour par luy et son conseil y estre preveu, et du tout en a requis acte à moi dict notere soubzsigné pour sa descharge et de son dict mestre, que lui ay octroyée.
Fait ou que dessus, presens : mestre Estienne Folcher, Barthelemy Cayroche, Pierre du Cros, Pierre Morel, Jehan Jordan du dict Bleymar et moi Jehan Baptiste notere royal soubzsigné. Baptiste (*)
Un contrat de mariage a été rédigé entre Etienne de Sabran et Lucrèce d’Altier de Borne le 22 avril 1567 chez Maitre Jean Portanier, notaire à Villefort.
Les catholiques et les protestants cohabitaient au Bleymard et cela n'allait pas sans heurts et querelles de toute sortes. Cité dans "biographies lozériennes par Félix Remize", le 4 octobre 1567, noble Étienne de Sabran, protestant , réunit les principaux habitants du Bléymard dans la salle haute de sa maison. Il leur expose l'état de discorde où se trouve le village, par suite de la différence de religion. Protestants et catholiques, au sortir du prêche ou de la messe se moquent les uns des
autres, s'insultent, s'outragent et provoquent des désordres les uns et les autres, par vengeance ou inimitié, appellent des compagnies de soldats qui pillent, volent, et trouvent partout des receleurs prêts à acheter le produit des rapines. Étienne de Sabran demande qu'on organise une police chargée de maintenir l'ordre et de ne laisser entrer que des troupes munies d'une commission régulière. On dresse des statuts d'union et on nomme douze syndics, six catholiques et six protestants, bien
que ceux-ci soient en minorité.
Voici le contenu précis de l’acte. Chez Maitre Jean Baptiste, notaire à Villefort (archives de La Lozère, 3E 1773, p 190/194), a été rédigé le 4 octobre 1567 un accord politique pour l’entretenement d’une paix, unyon et reppos tant pour une religion que aultre, contenant l’ordre que sera doresnavant tenu et observé pour le passaige et nourriture de la gendarmerye passant et repassant, avec creation de doutze sindicz et depputez, passé entre les habitans de Bleymard.
L’an mil cinq cens soixante sept et le quatriesme jour du moy d’octobre, très chrestien prince Charles, par la grace de Dieu roy en France regnant, au lieu du Bleymar et dans la salle haulte de la maison de noble Estienne de Sabran, seigneur des Alpiers, illec estans congregez, assemblez et domparans en personne led. Noble Estienne de Sabran, noble Gabriel de Sabran son oncle, maistres Blaize de Sabran, Jehan Reversat, Estienne et Anthoine Fabres, freres, Jehan Vinhal lieutenant, Jehan Mallechane notaire, Anthoine des Ayfres praticien, Anthoine Mothon, Estienne Folchier, Guillaume Mazel, Guillaume Baldit, Estienne Beys, filz de feu Jehan, Estienne Beys, filz d’Estienne, Michel Fabre, filz de feu Blaize, Claude Talon, Michel Beys vieulx, Michel Beys jeune, Jehan Daude, Barthelemy Cayroche, Jehan Martin, filz de feu Michel, Vidal Ranc, Guillaume Donzel, Jacques Guollabert, Guillaume Bonel, charpentier, Anthoine Chambon vieulx, Anthoine Folchier, Durant Leynadier, François Deveze,
Anthoine Bès, Raymond Maleval, Guillaume Folchier, Jehan Privat, Jehan Maurin, Jehan Pontier ponteyro, André Paulet, Baethelemy dict Jacques Bays vieulx, Privat Alegre, Jehan Pontier bastier, Guillaume Chambon, Anthoine Beys filz de feu Armand, Anthoine Beys guasquet, Anthoine Berengier, Jehan Durant bastier, Michel Sollier, Claude Vidal, Pierre Grefuelhe, Anthoine Sochon, Jehan Jordan, Pierre Vidal, Pierre Moret, Barthelemy Folchier, Jehan Assenat, Blaize Roux, Barthelemy Reynal, Michel Sabran, Anthoine Labrou, Pierre Bonet, Estienne Corregier, Barthelemy Rebol, Vidal Vincens et Jehan Gibert, tous faisans la plus grande et sayne partie des habitans dud. Bleymar, ausquelz en la presence de moy notaire soubzigné et des tesmoingz cy bas nommez, a esté expozé et remonstré par la parolle et orguane dud. noble Estienne de Sabran, comme led. Villaige du Bleymar estoit grandement peuplé et muny de beaucoup d’habitans y receans et domicillians, et tant gens literez de qualité que artizans et aultres de basse qualité et condition, dans lequel villaige ou son paroisse y avoit ordinaire exercisse, suyvant l’eedict du roy, de deux religions, sçavoir les ungz soustenans et exerceans la religion chrestienne et eglize reformée, les aultres et le plus grand nombre exerceans et soustenans le party de l’eglize romaine, et parce que en faisant chacun son devoir et exerceant sa religion entre aulcunes, y avoit journellement rixes, querelles et esmotions, reprochans et desdaignans les ungz les aultres en leur exercisse et religion par rizées et mocqueryes, les ungz en sortans des prieres et presches ordinaires, et les aultres en sortant d’ouyr la messe, chose grandement scandaleuse et odieuse à veoir et ouyr, le tout procedans
de telles particularitez et differences de religion, dont ne s’en pouvoit ensuyvre par ung juste jugement de Dieu que tout malheur s’il n’y avoit prompte reformation tellement policée que telz mocqueurs et seditieux ne soyent punys de ce qu’ilz ont fait par le passé et que pourroient faire pour l’advenir, à quoy estoit très requis et nécessaire principalement pourveoir et remedier ; d’ailleurs aud. Villaige avoit aultre grand desordre et desbordement touchant le passaige, nourriture et entretenement de la gendarmerye, ordinairement y passant et repassant, pour autant que les ungz, pour le mauvais voulloir et inimittié qu’ilz ont contre les aultres, tachent et procurent par tous moyens possibles leur ruyne et destructionde lad. Gendarmerye, et pour ce executer font venir et acheminer aud. Villaige plusieurs compaignyes de soldatz tant d’une religion que d’aultre, par lesquels sont souventesfoys battuz et tourmentez, et après leurs biens et maisons vollez et pillez, et quepys est, après telle pillerye acheptent eulx mesmes des soldatz les meubles, marchandises et denrées desrobées, et encore pys toutes compaignyes de soldatz, estans avec ou sans chiefz et cappitaines, entrent ordinairement aud. Villaige du Bleymar, le plus souvent sans avoir commission ne charge, et pour si peu de monde qu’ilz soyent, soy rendent maistres et lesd. Habitans en telle subgestion et servitude qu(ilz n’ozent bouger ne soy plaindre en aulcune maniere, le tout procedans de l’inimitié et hayne qu’ilz ont les ungz contre les aultres, sans qulcun accord, unyon, amour ne fraternité ; et plusieurs aultres insollences, ruynes et dissipations se font et comettent jurnellement aud. villaige par faulte de police et bon reglement, à quoy aussi estroit fort requis et nécessaire pourveoir, et pour ce respect faire et créer syndicz et procureurs telz que sera advisé gens de bon sens et preudhomye et tant d’une religion que de l’aultre qui commanderont et serviront de chiefs et veillans ordinairement au faict politicque, par quoy a dict led. Seigneur des Alpiers à l’heure et lieu presens avoir fait appeler par la voix du sergent ordinaire dud. Bleymar la presente assemblée, pour tous ensemble et d’ung commun accord remedier et pourveoir promptement à tout ce dessus, à telle fin que, en lieu de telz desordres, discordz et noyses ordinaires, une paix et tranquillité perpetuelz soyent introduictz et instituez entre iceulx, desquelz avoyr entendue led. Seigneur la voix et de l’ung après l’aultre qui auroient dict uniformement et sans discrepance qu’ilz estoient en ferme voulloir et intention de y pourveoir et que ce estoit leur principal dessein de vivre doresnavant en paix et bonne unyon, au moyen de quoy, après que led.
Seigneur a eue sur ce conference et adviz avec les principaux gens literez dud. villaige, ont faictz et dressez certains artcles et statutz, escripvant moy notaire soubsigné que sont telz et dont la teneur s’ensuyt : Articles et statutz accordrez entre les mannans et habitans du Bleymar touchant la police et pour vivre et soy entretenir doresenavant en bonne paix, unyon et tranquillité, suyvant l’eedict et voulloir du roy nostre sire, s’ensuyvent :
En premier lieu a esté convenu et accordé d’ung commun accord et amyable que doresenavant les ungz avec les aultres, sans difference de religion, se contiendront en paix et amytié, uzans des libertez permises par les edictz du roy nostre sire, sans
estre resserchez en l’exercisse de leur religion, et ce sur les peines contenues en l’eedict du roy.
Item pareillement a été accordé que ou et quant se tienneroit aulcuns y contrevenans, qu’il sera permys aux aultres luy accourir sus pour le metre entre les mains des officiers dudit lieu qui après le puniront selon ses demerites sans aucune esmotion pour pretexte d’aulcune religion, ains consentiront à la punition de telz coupables et seditieux. ` Item et pour l’observation de telle fraternité et unyon on depputé, sçavoir de la part de ceulx de la religion reformée maistre Jehan Reversat, Estienne et Anthoine Fabres, Jehan Pelissier, André Paulet et moy notaire soubzsigné, et de la part de la religion romaine maistres Estienne Beys, filz à feu Jehan, Jehan Reynalh, Anthoine Moret, Pierre Mazaudier, Jehan Durand et Michel Sollier, pour tous ensemble adviser et soy prendre guardre à ce que nul ne contrevienne à ce dessus, et des contrevenans en advertir les officiers et leur sommer en faire justice promptement, et en cas de reffus proteste par acte de notaire.
Item ont accordé que chacun, sans scandalle de son voysin ne trouble aud. villaige, pourra libremment servir au party qu’il vouldra tenir, sans que pour cella luy soyt loysible prendre argument d’exercer aulcune cruaulté en l’endroit d’aulcun habitant dudit villaige, pour pretexte de luy estre ennemy ou aultrement, et ce sur les peines contenues en l’eedict du roy et aultres que de droict.
Item, et pour limiter la charge desdits depputez, leur sera enjoinct et commandé expressement, où et quant se feroit bruict d’aulcun passaige de gendarmerye, qu’ilz seront tenus aller au devant des compaignyes pour et avec les cappitaines soy informer de leur commission, et si leur commision n’est chargée de pouvoir habiter et entrer audit villaige après l’avoir communicquée aux habitans remonstrer ausd. Cappitaines la raison du deny et reffus de les laisser entrer par deffault de charge, et
cen ce et tout ce qu’ilz se pourroient treuver foibles pourront requerir les habitans qu’ilz pourront treuver pour lui assister et à quoy ne pourra aulcun desd. Habitans reffuzer ny denyer après une seulle requisition, à peine de dix livres tournoi et aultres que de droict.
Item, et au cas que aulcune compaignye serait logé pour l’advenir audit villaige du Bleymar, d’une religion ou d’aultre, et que , pour la dissolution des soldatz advient saccaigement ou pillaige de aulcunes maisons dudit villaige, ne pourra aulcun desdits habitans receller aulcuns meubles ny aultres choses par achept des soldatz ny autrement, sur la peine d’estre punys comme larrons et recelleurs.
Item ne sera permys à aulcun donner aulcun adevertissement de parolle ne par excript aux ennemys sur peine de la vye.
Item est deffendu à tous hostelliers et aultres habitans dud. Bleymard ne loger aulcuns estrangiers portans armes, passé leur disnée ou souppée, sans en adcertir lesd. Depputez, à peine d’estre punys de la peine que telz estrangiers auroient meritée, en cas qu’ilz seroient treuvez traistres aud. villaige. Item et au cas que pour l’avenir se dresseroit estappe aud. villaige pour le vivre et entretement d’aulcuns soldatz ou aultres munitions de guerre que la comission receue par les depputez, seront tenuz icelle communicquer aux habitans pour tous ensemble y pourveoir comme de raison.
Desquels articles après avoir faicte lecture ez presences et audiances de toute l’assemblée et en vulgaire et entendu langaige, après les avoir ouys et entendus de poinct à poinct comme on dict, ont dict et affermé tous ensemble que telz accordz et
articles voulloient et entendoyent ilz dosrenavant tenir, garder et observer sans à jamais en rien y derroger ne contrevenir comme revenans à leur grand proufict, utilité, repos, tranquillité et unyon, tant de leurs personnes que biens, et iceulx de poinct en poinct pour cest effect ont approuvez, ratifiez emologuez et confirmez selon leur forme et teneur et avec ce que les syndicz et depputez y denommez ou la plus grande partye d’iceulx presens et telle charge acceptans pour eulx et les absens ont promis et juré à toute l’assemblée, levans leurs mains à Dieu, de bien et fidellement exercer la charge contenue ausdits articles et du tout leur pouvoir veiller ententifvement à faire tenir, garder et observer lesd. Artcles et statutz sans en rien y enfraindre ny derroger, sur peine que, où se trouveroit le contraire, d’estre punys comme traistres et desloyaulx aux bien et repos publicques et perturbateurs d’icelles et d’aultres peines que de droict, voullans et entendans iceulx habitans lesdits Articles et tout le contenu en ce contract avoir et obtenir à jamais aultant de vertu, valleur et efficace, comme si des choses y contenues avoit esté donnée sentence diffinitive par leur juge competent, de laquelle n’eust esté appellée ains acquiesée et passée en force de chose jugée, confirmée par arrest de la souveraine court de parlement de Thoulouse, de laquelle sont ressortissans; et pour plus grande fermetté et perpetuelle asseurance des choses y contenues, lesdits Habitans et chaclcun d’eulx pour son regard, de nouveau sans revocation aulcune, ont faictz et constituez leurs advocatz et procureurs en la court et siege presidial de Nysmes Messieurs maistres Pierre et Charles Rozelz, Favyer, de Leuzière, Villars et
chalcun d’eulx pour et en leur nom requerir l’auctorisation dud. et present accord, et ilz, et les leurs, à jamais estre condempnez de le tenir et observer et à ceste effect estre registrez ez actes et registres de lad. Court et en ce et qu’en deppend faire toutes actes, requisitions necessaires, avec puissance de substituer ellection dedomicille,promesse d’avoir la procedure agreable de rellever et avec toutes aultres clausulles requises et necessaires, pour lesquelles et tout le contenu en ce contract tenir et observer à jamais sans en rien y contrevenir, ont les ungs envers les aultres respectivement obligez, ypothecquez et soubmys leurs biens quelzconques, meubles, immeubles, presens et advenir,les soubmettant aux rigueurs des courtz presidial susd. et conventions royaulx de Nysmes, petit seel de Montpellier, ordinaire de la baronye du Tornel, comme du comté et bailliaige de Givauldan et à chaculne d’icelles, et ainsin l’ont derechief juré en la forme que dessus, en vertu duquel jurement ont renuncé et renuncent à tousdroictz et loix à ce contraires desquelles se pourroient ayder pour contrevenir à ce dessus, et du tout ont requis et demandé instamment à moy notaire soubzsigné en forme de chartre publicque que leur ay octroyé. Faict et passé où que dessus, presens et appelez en tesmoingz maistre Guillaume Seguin de Barre, diacre, habitant aud. Bleymar, Barthelemy Bragier, Maurice Recolin de Malavielhe, Guillaume Fayet du Felgas, et moy Jehan Baptiste, notaire
royal
soubzsigné...............................................................................Le Bleymard 1567, n, st., 6 février 1567 .
Noble Etienne de Sabran, seigneur des Alpies fils de feu Claude de Sabran, et demoiselle Lucresse d’Altier, fille à noble Jehan d’Altier, seigneur du Champ ont reçu la bénédiction nuptiale le 27 avril 1570 dans le temps de Villefort après que les annonces aient été faites le 24 avril 1570.
Source : archives protestantes de Villefort, 4 E 198/29, p 10/19.
La même annonce du mariage a été faite dans les registres catholiques de la paroisse. Source : archives catholiques de Villefort, 1 MI EC 198/1, 1568-1618, p 13/63.
Ils ont eu ensemble les enfants suivants :
1. Jeanne de Sabran, fille d’Etienne de Sabran et de Lucrèce d’Altier de Borne, est décédée avant le 27 août 1636. Elle s’est mariée le 14 janvier 1615 avec Paul Deleuze, écuyer, seigneur du Vialla.décédé après le 27 août 1636. Ils ont eu une fille
Lucrèce, née à Bourg-Saint-Andéol et décédée avant le 27 août 1636.
2. Anne de Sabran, fille d’Etienne de Sabran et de Lucrèce d’Altier de Borne, née au Bleymard et décédée après 1662. Elle s’est mariée vers le 20 mai 1595 avec Jean de La Garde de Malbosc (archives de l’Ardèche, Antoine Félines, notaire à Villefort, 3 E 4153), né à la Tour de Gravières et décédé avant 1610. Ils ont eu ensemble les enfants suivants : Antoine de la Garde de Malbosc, seigneur de Malbosc, conseigneur du mandement de Naves, décédé le 9 février 1654 à Chambonas en Ardèche et inhumé le 10 février 1654 dans l’église de Gravières (archives de l’Ardèche, Les Vans, 1632-1670, vue 116/312) ; Claude de la Garde de Malbosc, décédé après juillet 1633 (Généanet, généalogie de Jean Louis Rieu) et marié avec Georges Desaifres, sieur du
Roure en 1645, bailli du mandement de la Garde Guerin, seigneur de la Panderie, notaire à Sainte Marguerite Lafigère, né vers 1575 à Prévenchères et décédé après le 7 avril 1662.
3. Marie de Sabran, fille d’Etienne de Sabran et de Lucrèce d’Altier de Borne, est née au Bleymard et est décédée le 22 juin 1658 à Rachas ou la Molette, à Prévenchères et a été inhumée dans le cimetière de l’église de Prévenchères. Elle s’est mariée le 7 octobre 1611 avec Rust Bastide, noble, écuyer, seigneur de Buisson (contrat de mariage chez Maitre André Giraudon, notaire du Bleymard, archives de Lozère, 3 E 7003, mariage religieux, 4 E 027/1, p 7/11), né vers 1585 à Prévenchères, décédé
entre le 17 mars 1642 et le 13 mars 1643 au Rochas, à Prévenchères et inhumé dans le cimetière de la paroisse de Prévenchères.
4. Jeanne de Sabran, fille d’Etienne de Sabran et de Lucrèce d’Altier de Borne, l’aïeule de Josyane Pagès, née vers 1575 au Bleymard et décédée le 23 octobre 1637 au Bleymard.
5. Olympe de Fayet, fille d’Etienne de Sabran et de Lucrèce d’Altier de Borne, est née vers 1580 au Bleymard et est décédée entre 1645 et 1551 à La Molle, paroisse de Prévenchères. Elle s’est mariée le 2 novembre 1603 à Prévenchères avec Pierre Baldit, écuyer, sieur de Mirandol en 1638 né en 1580 à Prévenchères et décédé avant août 1644 à La Molette à Prévenchères, après avoir signé un contrat de mariage chez Maitre Jean Chaldos, notaire (archives de Lozère, 3 E 591-185).
Etienne de Sabran fut seigneur des Alpies, de Bonnete et autres places, noble, écuyer, et procureur du Baron du Tournel. Il fut également le bailli du Gévaudan Son blason était le suivant :
Dans le chartrier du château du champ (Yannick Chassin du Guerny, inventaire du chartrier du Champ, 1973, p 28/365) est cité le règlement de la dot de Lucrèce de Borne d'Altier, femme d'Etienne de Sabran, seigneur des Alpiés et la rétrocession du domaine des Bonetes et les rentes, cédées en 1538 par Jean de Borne d'Altler à Claude de Sabran, bailli du Gévaudan, puis réclamés par Antoine de Borne d'Altier, seigneur du Champ, comme héritier substitué de feu Jean, son aieul, par suite des décès
sans enfants de feux Louis et Antoine de Borne d'Altier, le second prêtre, premiers héritiers. I y eut un procès qui conduisit à des transactions et à des accords entre Antoine de Borne d'Altier et Jacques de Léautoing, seigneur de Chamenssac, comme mari d'Anne de Sabran, fille de feu Claude, 1597. Entre Claude et Etienne de Sabran, 1588 ; avec François de la Rochette, seigneur de la Bastide, mari d'Anne de Sabran.
Messire Etienne de Sabran, gentilhomme de la Reine Mère, seigneur des Alpies, bailli du Gévaudan, adresse au roi une requête de 1585, dans laquelle il expose à Sa Majesté que l'érection de la sénéchaussée de Mende est préjudiciable à sa charge de bailli. En 1585, le roi Henri III écrit une lettre qui donne ordre aux trésoriers généraux de France, de payer la somme de 600 écus à Messire de Sabran, en dédommagement de son autorité.
Etienne de Sabran participe aux États du Gévaudan à Mende du 23 au 26 novembre 1593 comme procureur du baron du Tournel.
Le roi Henri IV a convoqué les Etats Généraux à Mende les 11 juin et 12 juin 1594 sous la présidence d’Adam de Heurtelou, évêque. Noble Etienne de Sabran y est envoyé par le baron du Tournel, pour la baronnie de Cénaret. Les états s'assemblèrent par mandement des commissaires qui avaient présidé pour le roi aux états généraux de Beaucaire, et entendirent lecture d'une copie •collationnée de la commission de Sa Majesté, portant demande des deniers nécessaires à l'entretien d'un certain nombre
de gendarmes chargés d'accompagner le connétable de Montmorency, dans son voyage à la cour de France. MM. d'Hauteville et de Chaudesaigues s'y présentèrent de la part du comte d'Apchier, agissant comme sénéchal et gouverneur du Gévaudan pour le parti de l'union. Ils exposèrent -que dans son intention sincère de ne pas augmenter les maux du pays, le seigneur d'Apchier, scrupuleux observateur de la trève, n'avait même pas voulu réprimer par les armes les tentatives faites par les royalistes sur Saint-Chély et le Malzieu, dans la crainte que de nouvelles hostilités n'amenassent la ruine complète des habitants du diocèse ; que pour ôter tout sujet de contestations, il priait les états, conformément aux conventions réglées entre les ducs de Joyeuse et de Montmorency, de désigner des commissaires qui, d'accord avec ses délégués, fixeraient la délimitation des terres sur lesquelles chaque parti aurait séparément à faire lever ses propres impositions. L'assemblée, heureuse de voir enfin s'approcher le terme de si longues dissensions, pria M. le vicaire général pour l'église, le seigneur de Barre pour la noblesse, et M. de Chanoilhet pour le tiers état, d'accepter cette mission. M. de Fosseuse observa, que nonobstant les avis reçus du comte d'Auvergne et du connétable lui-même, sur les dispositions pacifiques du seigneur d'Apchier, H croyait utile de tenir les garnisons sur un pied respectable. Mais les états après avoir fait rappeler les députés du seigneur d'Apchier, pour leur faire jurer en son nom qu'il ne serait rien entrepris «de contraire à la trève, furent d'avis de réduire le nombre de gendarmes cantonnés dans la province, et prièrent M. de Fosseuse de n'exiger pour la garde de la citadelle de Mende que cinquante hommes, qui pourraient être, du reste, suppléés par la milice bourgeoise. On discuta ensuite les comptes de construction de cette même citadelle. Les états ayant lieu de soupçonner que les travaux n'avaient pas été conduits avec toute l'économie désirable, décidèrent que la somme destinée à en solder les dépenses ne serait imposée qu'après mûr examen ; que quant à celle réclamée par les propriétaires expropriés, il serait alloué à ces derniers une indemnité de logement de trois d'Auvergne y pour les approvisionnements fournis, en 1586, à l’armée du duc de Joyeuse. On arrêta que le roi, étant à Vannée, valait mieux attendre le moment où Sa Majesté se trouverait à Lyon, et qu'alors les commis du diocèse désigneraient ceux dentr'eux qui devraient accompagner monseigneur Adam; qu'en attendant, M. Jean Dumas, lieutenant au baillage, voudrait bien procéder à une information précise de l'état de ruine et de misère qui pesait sur le pays, et que s'il était vrai qu'on dût croire
à une pacification définitive, les députés demanderaient à Sa Majesté de faire raser toutes les citadelles, forteresses ou forts, comme n'étant plus bons -qu'à entretenir la défiance et de lourds frais de garnison.
Etienne de Sabran participa également aux Etats Généraux réunis à Mende, toujours sous la présidence d’Adam de Heurtelou, évêque, du 23 au 26 novembre, pour le compte du baron de Tournel.
Le Roi Henri IV a convoqué les Etats Généraux à Chanac, du 12 juin au 17 juin 1597 en présence d’Adam de Heurtelou, évêque et président, de Pierre de Guilleminet, commissaire principal. De Picheron, gentilhomme ordinaire de la chambre, bailli de Gévaudan et De Fornel, syndic. Voici le texte de la convocation signé par le roi Henri IV : « Très chers et »bien amez ayant ordonné la convocation et assemblée des estats de » notre pays de Languedoc en notre ville de Beziers du xxvne jour » d'octobre prochainement venant et à cette fin faict expedié nos lettres et commissions pour ce requises et nécessaires nous vous en avons bien voullu donner advis par la présente à ce que vous ayet à vous y trouver pour ouir les remonstrances et réquisitions qui vous seront faictes par nos depputez sur icelles nous donne la satisfaction que nous nous sommes toujours promis de votre fidélité et dévotion au bien de nos affaires et repos de notre royaume. Et à ce nous » vous prions ne faire faulte car
tel est notre plaisir ». Donné à Montitreuil le 27ème jour d'aoust 1596. Signé HENRY. Contresigné FORGET.» Parmi les représentants de la noblesse, noble Etienne de Sabran représentait le baron de Cénaret. Le duc de Ventadour, lieutenant général en
Languedoc, pour le connétable de Montmorency, avait assemblé, au mois de décembre 1596, les états généraux de la partie de la province placée sous son commandement, afin de leur communiquer, avec la demande d'octroi, les lettres-patentes par lesquelles Henri IV, conformément à son édit de Folembrai, prescrivait la démolition des forts et citadelles. Fosseuse, renfermé dans Mende, ayant refusé d'obtempérer aux ordres du roi, les états particuliers de Gévaudan se réunirent à Chanac, comme ne pouvant délibérer en liberté dans une ville soumise au régime militaire. Quand le présideut leur eut fait connaitre le peu de succès des démarches de Messieurs de Spondeillan et Gondin, envoyés par le duc de Ventadour, pour engager Fosseuse à l'obéissance, M. de Picheron donna lecture des instructions adressées au duc par le roi, qui, instruit de l'obstination de Fosseuse, révoquait ce dernier de tous ses pouvoirs, et ordonnait d'assembler un corps de troupes pour l'assiéger et Ie forcer à évacuer la ville de Mende. Les états voulant tenter une dernière fois de ramener le rebelle par la voie de la douceur, prièrent MM. de Gibertes, de Bressoles et Dumas, de se rendre auprès de lui pour appuyer les ouvertures de MM. de Spondeillan et Gondin; mais ceux-ci n'ayant obtenu qu'une trève de dix jours, pendant laquelle, moyennant trois cents -écus qui lui seraient comptés, il promettait de ne point inquiéter le pays, on décida que MM. d'Ispagnhac et de Gibertes iraient s'entendre avec le duc de Ventadour, et le supplieraient d'aviser à ce que force restât à la volonté du roi. Monseigneur Adam exhorta l'assemblée à prendre toutes les mesures propres à assurer la prompte réduction de la place, dès qu'on saurait la décision de M. de Ventadour ; et il fut arrêté que vingt mille écus seraient employés à la levée de six compagnies, à l'achat de deux cents setiers de blé, trois charges de poudre, une charge de corde à mèche, deux quintaux de plomb, et à la construction de six blockaus, où s'établiraient les troupes jusqu'à l'arrivée de l'armée d'opération, pour l'entretien de laquelle il fut imposé la somme de quinze mille écus ; les barons d'Apchier et de Peyre se chargèrent de réunir en Rouergue et en Velay quelques pièces de canon qu'on joindrait à celles qu'ils se firent forts d'obtenir du vicomte de Polignac et du marquis de Canilhac. Le député du chapitre et le consul de Mende ayant déclaré qu'ils avaient reçu de leurs concitoyens Ie mandat impératif de ne consentira aucune voie coercitive contre la ville, se retirèrent de l'assemblée, comme ne devant point prendre part à une délibération, pour laquelle ils étaient privés de leur libre arbitre. Jean du Roure, avocat, s'étant présenté aux états, pour les requérir, au nom du sénéchal de Nîmes, de vouloir bien faire enregistrer les arrêts du conseil des 12 août 1596, et 15 janvier 1597, qui supprimaient la sénéchaussée de Mende, Le baillage de Gévaudan reprit l'exercice de ses anciennes attributions ; dans la même séance, on installa le sieur Martin Bazalgette, de Langogne, comme prévôt de la maréchaussée, en remplacement du capitaine Virgile, démissionnaire.
Le 18 septembre 1598, Etienne de Sabran, seigneur d'Alpiés, a signé un acte vente des droits seigneuriaux et censives dans le mandement d'Altier par en faveur de Jean Hérail, seigneur de Bresis.
Le 14 février 1599, Jean Gaspard de Châteauneuf et Alexandre, son fils, donnent pouvoir à Etienne de Sabran, du Bleymard, de vendre la baronnie de Saint-Remèze à Antoine de Beauvoir du Roure, seigneur de Saint-Briz, saint-Just, baron d’Aiguèze, au prix de 6000 écus valant 18000 livres (1 373 043,86 euros).
Le 3 octobre 1605, François Coronat affermit sa grange à la baronne de la Trémolière, dame d’ALlenc, représentée par son procureur noble Etienne de Sabran, seigneur des Alpies. Il lui arrentait : « une sienne maison contenant chambre et grenier au-dessus, appelée la chambre neuve, et outre ce, toute sa grange neuve et curtil y joignant appelé de Masson, à la charge que ledit seigneur des Alpies, sera tenu faire mettre une petite porte, pour faire son entrée du cousié dudit curtil, sans pourvoir passer ni repasser par les autres maisons dudit Coronat, et ce pour le temps et terme d’un an seulement », au prix de 18 livres.
Etienne de Sabran participa à la réunion des Etats Généraux à Mende, toujours sous la présidence d’Adam de Heurtelou, évêque, du 28 novembre au 1er décembre 1606, sous les couleurs du baron de Tournel.
Le 22 novembre 1612, chez Maitre Guillaume Duroux, notaire de Chasserades (archives de la Lozère, Guillaume Duroux, notaire de Chasseradès, 3 E 7524, p 107), Etienne de Sabran, seigneur des Alpiés, en son château de Bleymard, constitue son procureur Maitre Guillaume "Chabanitix » ?, praticien, habitant du lieu de , paroisse de St Amand ..........de feu Madame Hélix Dumas veuve de feu noble Antoine de Sabran quand vivait bailli du Gévaudan , la somme de .......
Etienne Sabran est l’héritier universel de sa grand-mère paternelle Marguerite de Chaste.
La famille de Sabran, après son mariage, a vécu dans le château du Champ. Situé sur un petit promontoire rocheux qu’enserre la rivière l’Altier, ledit château est à proximité de la route départementale 901, un peu avant Altier en venant de Mende, le château du Champ fait l’admiration de tous les touristes de passage.
Il est constitué d’un seul bâtiment plutôt massif de trois étages. Il est remarquable par ses poivrières qui couvrent les tours. L’une d’elles est couronnée d’un chemin de ronde. Le site du château du Champ est classé depuis 1942. Les façades, les toitures et le parc du Château ont fait l’objet d’une inscription sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en date du 14 avril 1965. Le château est situé dans le Parc National des Cévennes. L’origine du château remonte à la fin du XIIIe siècle. On assure cependant qu’il aurait été construit à l’emplacement d’un très ancien site d’habitation. Les documents rapportent que la terre d’Altier se trouvait indivise entre les puissants seigneurs de Randon et plusieurs membres cadets
de la famille d’Altier, qui se partageaient le ‘’ castrum ‘’ du village situé sur les hauteurs du grand Altier et dont on peut encore voir les ruines de nos jours.
Il devait en résulter de nombreux points de discorde entre les officiers du Randon dont la seigneurie était dominante et les autres coseigneurs, si bien que l’un d’entre eux décida de se retirer et alla construire sa maison forte sur des terres qu’il possédait en propre, le long de la rivière sur l’emplacement actuel du château du Champ.
Une première mention du Champ date de 1277, à l’occasion d’un hommage servi par les frères Pierre et Gaucelin d’Altier au seigneur de Randon, dans lequel il déclare entre autres le mas « del campo ». C’est le fils de Gaucelin, Raymond d’Altier, qui
entreprend la construction du nouveau château, laquelle peut se situer entre 1288 et 1308.
C’est à cette date que son épouse rédigea ses dernières volontés ‘’ al cham ‘’ Plus tard, le 20 août 1322, Raymond d’Altier reçoit donation de Guillaume de Randon, seigneur du Luc, pour la haute justice du Champ nouvellement fortifié, et lui en sert l’hommage.
Les d’Altier conserveront le Champ pendant trois générations, la famille tombant en quenouille avec Delphine d’Altier, héritière des terres du Champ, de la Felgère et du Serres, deux autres seigneuries situées en Uzège. Delphine s’allia d’abord à son cousin Louis d’Altier, unique descendant d’une autre branche de la famille, qui était demeurée au château du Grand Altier. Louis d’Altier mourut peu après sans enfant, si bien que Delphine se trouva héritière d’un nouveau patrimoine et réunissait tous les biens des deux lignées d’Altier, séparées depuis le XIIIe siècle. Delphine d’Altier convola en secondes noces avec Armand de Borne, chevalier, qui appartenait au diocèse du Puy. Il en résultera la création d’une nouvelle maison d’Altier,
solidement implantée au Champ pour une douzaine de générations (jusqu’en 1812). Les successeurs de Delphine d’Altier portèrent d’abord seulement le nom d’Altier puis à la fin du XIVe siècle on retrouve le nom de Borne accolé au patronyme d’Altier.
Au XVIIIe siècle, la forme de Borne d’Altier prévaut et s’y ajoute encore le patronyme des Budos : de brillantes alliances contractées avec la noblesse provinciale, il faut d’abord relever en 1497 le mariage de Jean de Borne d’Altier avec la fille aînée de Thibault de Budos, baron de Portes, qui les apparentera avec les Montmorency et plus tard avec les princes de Conti. Cette alliance leur ouvrait la perspective d’un héritage réputé fabuleux chez les Cévenols pour lesquels le mirage du château de Portes a toujours été d’un puissant attrait. Les unions postérieures se firent avec des maisons plus locales. On trouve les Yzarn de Castanet, dont le château se trouve à quelques kilomètres du Champ, les Molette de Morangiès, les d’Albignac, les Bardon du Choizal de Mende, qui apportèrent aux d’Altier leur château sur le Causse de Sauveterre, et surtout les Malbosc du Miral. Jean Antoine Hercule de Borne d’Altier, quadragénaire et sans enfant de deux précédents mariages, se décida pour une troisième union en 1743 avec une voisine, Mlle du Miral, à peine âgée de 20 ans, laquelle se trouva avec le décès de son frère plus jeune, héritière d’une partie des biens. (Le château de Miral se trouve au sud du Mont Lozère sur la route reliant Florac au Pont de Montvert).
Charles Jean-Baptiste Victor de Borne, comte d’Altier, marquis du Champ, monte sur l’échafaud le 9 juillet 1794. Son fils aîné émigre. Sous la Révolution, les tours furent rasées, les terres et le château furent saisis et vendus en 1796 comme bien national. En 1812, le dernier descendant des Borne d’Altier mourut sans postérité après avoir racheté le château à sa Tante qui l’avait elle-même racheté à l’administration afin qu’il reste toujours dans la famille. La succession arriva au petit cousin, Jules de Chapelain, sous préfet de Marvejols. A la troisième génération des Chapelain, Joseph n’eut que des filles et le Champ se transmis dans les familles Raguenet de Saint Albin (1905), Gourcy (1919), puis Varin d’Ainvelle (1928). C’est en
1981, devant l’ampleur, l’urgence et le coût des travaux à réaliser que Madeleine Varin d’Ainvelle décida de créer, avec 17 de ses neveux et nièces, une SCI avec pour but de restaurer et de faire vivre ce patrimoine familial et Lozérien. Depuis 1985, l’ensemble des toitures du château et de ses tours ont été reconstruites avec des lauzes du Tournel. La réfection de la toiture des communs du château durant l’hiver 2005/2006 a marqué la dernière étape de ces travaux de rénovation. Chaque année le château peut se visiter lors des journées européennes du patrimoine.
Etienne de Sabran est décédé entre le 22 novembre 1612 et le 6 avril 1630 au Bleymard et est inhumé dans la chapelle Saint Jean au Bleymard.
Le 6 avril 1630, Chez Maitre Antoine Martin, notaire à Prévenchères (archives de la Lozères, Martin, notaire à Prévenchères, 3 E 2084-24, 1630-1633) a été rédigé le testament de Demoiselle Lucresse d’Altier, veuve de feu noble Etienne de Sabran, Seirgneur des Alpiès. Elle désire une sépulture au cimetière de Saint Jean du Bleymard, elle lègue aux pauvres 30 livres, cite Jeanne, Olympe , Anne ses filles, Jeanne, veuve du Seineur du Mazel , Marie, sa fille, femme de Rust Bastide du Rachas , reçoit outre les 300 livres par elle donner à son contrat de mariage, recoit 200 livres qui lui sont due par ledit Sieur Bastide , cites Jean , Anne , Jeanne Bastide, ses phizelains enfants de ladite Marie qui recoivent 20 livres chacun. L’acte a été
rédigé à Prévenchères dans la maison du Sieur de la Pandarié (relevé par Jean Louis Rieu).
Le 27 août 1636 chez Maitre Jean André, notaire à Cubieres (archives de la Lozère, Jean André, notaire à Cubieres, 2 E 7557-107), acte relevé par Jean Louis Rieu, a été rédigé le testament de Delmoiselle Lucresse d Altier du lieu du Bleymard, veuve
de feu noble Etienne de Sabran, Seigneur des Alpiès, malade, demande une sépulture au cimetiere du Bleymard, dans le tombeau de ses prédécesseurs. Elle lègue à l’église et aux pauvres, à Pierre Bastide, son filleul, fils de Sieur Rus Bastide et Demoiselle Marie de Sabran, sa fille, 30 livres, à Lucrèce Deleuze aussi, sa filleule, fille du Sieur du Villar et de feu Demoiselle Jeanne de Sabran, sa fille, 30 livres, à Anne Bastide aussi, sa filleule, fille dudit Rus et de ladite Sabran 30 livres. Son héritier universel est noble Antoine de la Garde, Seigneur de Malbosc. L’acte a été rédigé au Bleymard dans la maison de la testatrice. Signature de la testatrice.
Lucrèce d’Altier de Borne est décédée entre le 27 août 1636 et 1640. Elle fut inhumée dans la chapelle Saint Jean au Bleymard.