Chava TAUBER
Parents
- Israël Avraham TAUBER ~1880-
- Matel ROZENSON †1905
Union(s) et enfant(s)
-
Avec
Leib Hersch BORENSZTAJN (BORENSTEIN) 1905-1944
dont
- Jean BORENSTEIN 1931-1944
Frères et sœurs
- Chava TAUBER 1903-1944
- Rachel TAUBER
- Fiche privée
- Fiche privée
Demi-frères et demi-sœurs
- Laja TAUBER 1910-2000 (par Israël Avraham TAUBER)
- Aron TAUBER 1914-1997 (par Israël Avraham TAUBER)
- Fiche privée
- Fiche privée
Événements
- 18 octobre 1903 :
-
Naissance - Kurow, Powiat Suski, Petite-Pologne, POLOGNE
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\f0\fs20 \cf0 Le nom est \'e9crit TAUBEROWNA sur l\'92acte de naissance de son fils Jean.} - 1931 :
- Recensement - Paris 18 Buttes-Montmartre, 75018, Paris, Île-de-France, FRANCE, 38 rue Ramey
- 1936 :
- Recensement - Paris 18 Buttes-Montmartre, 75018, Paris, Île-de-France, FRANCE, 38 rue Ramey
- 1940 :
- Autre événement : Residence - Prades, 66500, Pyrénées-Orientales, Occitanie, FRANCE, 1 route Nationale
- février 1944 :
- Autre événement : Residence - Campoussy, 66730, Pyrénées-Orientales, Occitanie, FRANCE, Palmes
- juin 1944 :
- Autre événement : Arrestation
- 22 juin 1944 :
- Autre événement : Internement - Drancy, 93700, Seine-Saint-Denis, Île-de-France, FRANCE
- 30 juin 1944 :
-
Autre événement : Déportation - Drancy, 93700, Seine-Saint-Denis, Île-de-France, FRANCE
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\f0\fs20 \cf0 Convoi n\'b0 76} - 5 juillet 1944 :
- Décès - Auschwitz, POLAND
- Titre : MORTE EN DEPORTATION
Notes
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\cocoatextscaling0\cocoaplatform0{\fonttbl\f0\fnil\fcharset0 AvenirNextCondensed-Italic;\f1\fnil\fcharset0 AvenirNextCondensed-Bold;\f2\fnil\fcharset0 AvenirNextCondensed-Regular;
\f3\fnil\fcharset0 Georgia;\f4\fswiss\fcharset0 ArialMT;}
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}
\deftab720
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\f0\i\fs24 \cf0 Etude r\'e9alis\'e9e dans le cadre de l'histoire des habitants du 38 rue Ramey Paris 18\'e8me\
Merci de me contacter si vous avez des informations sur ces personnes\
\
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\f1\i0\b \cf0 M\'e9morial de la Shoah - 17 juillet 2022\
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\f2\b0 \cf0 Cahier de mutations de Drancy - F_9_5787 - fichier nomm\'e9 010_ cahier d\'92entr\'e9es du 9/4/1944 au 5/7/1944\
Arrivants de Perpignan le 7 juin 1944 : \
- GRUNBERG Robert - Matricule n\'b0 23723 - 18.4\
- ATTEIA Isaac - Matricule n\'b0 23724 - 18.4\
- BORENSTEIN Leib - Matricule n\'b0 23725 - 18.4 \
- BORENSTEIN Jean - Matricule n\'b0 23726 - 18.4\
- BORENSTEIN Szlava - Matricule n\'b0 23727 - 18.4
\f1\b \
\f2\b0 - BORENSZTAJN n\'e9e GRUMBERG H\'e9l\'e8ne - Matricule n\'b0 23728 - 18.2\
\
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{\field{\*\fldinst{HYPERLINK "https://israelmordokhai.blogspot.com/2021/08/"}}{\fldrslt
\f0\i \cf0 https://israelmordokhai.blogspot.com/2021/08/}}
\f0\i \
\pard\pardeftab720\partightenfactor0
{\field{\*\fldinst{HYPERLINK "https://israelmordokhai.blogspot.com/2022/06/comme-une-sorte-de-rencontre-de-trois.html"}}{\fldrslt \cf0 https://israelmordokhai.blogspot.com/2022/06/comme-une-sorte-de-rencontre-de-trois.html}}\
\
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\f2\i0 \cf0 Ce qui est arriv\'e9 \'e0 la famille Tauber,\
traduction en fran\'e7ais chaleureusement fournie par Philippe Michard.\
En parall\'e8le du sort amer de la Hassidout de Pulawy et Sokolov, et de la communaut\'e9 juive dans la bourgade de Pulawy, au Sud-est de la Pologne.\
Je d\'e9crirai ce qu\'92il en est de ma famille, la famille Tauber, dans ses liens avec la Pologne et Isra\'ebl, en soulignant l\'92esprit qui inspirait la communaut\'e9 dans laquelle cette famille a v\'e9cu, communaut\'e9 dont les dirigeants \'e9taient les petits-fils et arri\'e8res-petits fils du Rabbi de Kotsk dans les ann\'e9es 1895-1914.\
Cette description de la vie de cette famille et de la hassidout \'e0 laquelle elle s'est li\'e9e, est indissociable du drame suite auquel on ne trouve plus aujourd'hui \'e0 Pulawy ni de survivants Tauber, ni de hassidim\'85ni le moindre juif. Je fais cette description et tente de d\'e9celer chez les survivants et \'e0 travers les \'e9crits qu'ils ont laiss\'e9s la marque de ce drame, et du traumatisme qu'il a occasionn\'e9.\
Les Juifs se sont install\'e9s \'e0 Pulawy au cours du 17i\'e8me si\'e8cle, \'e0 l\'92invitation, semble-t-il de la famille princi\'e8re Kastoriski, lign\'e9e polonaise tr\'e8s pr\'e9sente dans l'histoire de la Pologne, dont les fils ont \'e9difi\'e9 \'e0 cet endroit un palais et, apr\'e8s une courte p\'e9riode, le premier Mus\'e9e national de Pologne. Avec le temps, les fils Kastoriski ont d\'fb \'e9migrer eux-m\'eames en France lorsque le Mus\'e9e passa au pouvoir de Kracovie, et c\'92est ainsi qu\'92a pris fin l\'92\'e2ge d\'92or de la ville de Pulawy. Elle est revenue aux dimensions d\'92une petite bourgade, \'e0 laquelle les Juifs ont apport\'e9 la croissance \'e9conomique jusqu\'92\'e0 la crise \'e9conomique des ann\'e9es 30 du 20\'e8me si\'e8cle. \
Les \'e9crits concernant Pulawy d\'e9crivent quantit\'e9 d\'92\'e9v\'e8nements concernant les Juifs dans la ville \'e0 la fin du 19i\'e8me si\'e8cle, et leur implication d\'e9terminante dans le d\'e9veloppement \'e9conomique de la ville. Sont d\'e9crits aussi des activit\'e9s sur le plan municipal, et aussi autour de la communaut\'e9 \'e9tudiante lorsque la ville a transform\'e9 son acad\'e9mie en accordant une part au d\'e9veloppement de l\'92Institut Polytechnique et la Facult\'e9 d\'92Agriculture au d\'e9but des ann\'e9es 20. Les Juifs \'e9taient alors 70 % de la population totale, ils \'e9taient repr\'e9sent\'e9s au conseil municipal dans une proportion de 25 % du conseil, et ils prenaient une part dans l\'92activit\'e9 encore plus importante dans les humanit\'e9s li\'e9es \'e0 la vie des \'e9tudiants (logement, habillement, cuisine et prix des denr\'e9es alimentaires).Dans les temps d\'92apr\'e8s la seconde guerre mondiale, Pulawy s\'92est d\'e9velopp\'e9e \'e0 nouveau, jusqu\'92\'e0 l\'92agglom\'e9ration actuelle (autour de 50000 habitants) qui n\'92a plus aucun lien avec la jud\'e9\'eft\'e9.\
Au cours du 18\'e8me si\'e8cle, il y avait l\'e0 une communaut\'e9 juive r\'e9duite, centr\'e9e autour d\'92une rue principale dirig\'e9e vers la ville de Lublin qui se trouvait \'e0 environ 30 kms, et dont le nom polonais \'e9tait Ulica Lubelska.\
La majeure partie des documents les concernant montre cette rue comme symbole de la pr\'e9sence juive dans le lieu, d\'92abord sur les dessins puis sur les photos et les cartes postales.\
Ha\'efm Isra\'ebl Morgenstern \'e9tait le petit-fils du fondateur de la hassidout de Kotsk, le \'ab\'a0s\'e9raphin de Kotsk\'a0\'bb Menahem Mendel Morgenstern qui naquit dans la vile de Kotsk dans l\'92ann\'e9e 5600 (1840), non loin de Pulawy. Il apprit beaucoup chez les enseignants et les rabbins et surtout chez son grand-p\'e8re, et s'installa \'a0en 1895 dans la ville de Pulawy, \'e9tant d\'e9j\'e0 connu et appr\'e9ci\'e9, en partie du fait de son livre \'ab Chalom Yeroushala\'efm\'a0\'bb, bien qu'il n\'92\'e9tait alors pas encore publi\'e9. C\'92est l\'e0 qu\'92il fonda la Hassidout de Pulawy, vers laquelle converg\'e8rent de nombreux hassidim du sud-est de la Pologne, et parmi eux Rabbi Yankeleh Tauber et son meilleur compagnon Moch\'e9 Mayer Teitelbaum de la ville de Sidlowitz\'a0, g\'e9ographiquement et id\'e9ologiquement proche de Pchiskha, au Sud de Varsovie. De cette ville de Pchiskha, lieu d\'92entre les plus inspir\'e9s, sortirent la hassidout de Kotsk et celle de Pulawy, sous l'impulsion du \'ab\'a0Juif saint\'a0\'bb et \'a0de Rabbi Simkheh Bounem \'ab\'a0Rabbi joyeux de ses enfants\'a0\'bb, chez qui \'e9tudia en son temps le premier Admor, le \'ab\'a0S\'e9raphin de Kotsk\'a0\'bb\'a0; au d\'e9but du 19\'e8mesi\'e8cle.\
De Yankeleh Tauber, naquirent quatre enfants, deux d\'92entre eux \'e9taient Isra\'ebl Abraham, et Ha\'efm (1880) qui re\'e7urent comme chacun, semble-t-il, des noms inspir\'e9s par les noms de l\'92Admor. Les deux autres n\'92ont rien laiss\'e9\'a0: pas de descendants et aucune trace ; la Shoah en a voulu ainsi.\
Le premier Admor de Pulawy, rabbi Ha\'efm Ysra\'ebl Morgenstern, installa une cour de hassidim vivante et joyeuse, et exer\'e7ait son influence spirituelle et morale sur ceux qui suivaient ses chemins. La cour trouva tout naturellement sa place dans la longue maison, devanture, \'e9tage et grande arri\'e8re-cour, le long d\'92Ulica Lubelska, la maison-m\'eame qui fut pendant de longues ann\'e9es le symbole de la jud\'e9\'eft\'e9 de Pulawy. Dans cette cour ma grand-m\'e8re Rachel jouait avec son fr\'e8re et ses s\'9curs, en compagnie des nombreux enfants de la cour hassidit. La maison est encore debout mais il n'y reste plus un seul juif.\
Isra\'ebl Avraham Tauber qui naquit, semble-t-il, en 1880 dans la bourgade voisine de Kourov, se maria \'e0 Matel Rozenson. Apr\'e8s la mort de celle-ci (en 1905), il \'e9pousa en secondes noces Hana Teitelbaum, la fille de Moch\'e9 Mayer Teitelbaum, et se joint aux Hassidim proches de l\'92Admor, \'e0 l\'92int\'e9rieur de cette m\'eame maison. La maison se tenait entre Ulica Lubelska et le terrain connu comme \'ab\'a0le sable \'bb, (car alors et jusqu\'92\'e0 ce qu\'92il soit construit, il \'e9tait sablonneux, d\'e9sertique). Aujourd\'92hui, il est appel\'e9 ulica Piskowa, la rue du sable,\'a0 et sur deux \'e9tages, qui incluaient plusieurs espaces, partag\'e9s selon les besoins communautaires, en Beith Midrash pour une part principale, pour commercer (comme on peut le voir sur l\'92image) dans une seconde partie (celle du rez-de-chauss\'e9e, tourn\'e9e vers la rue principale), et comme logement du groupe des Hassidim, et entre eux, la famille Tauber pour la derni\'e8re partie\'a0; il reste des photographies anciennes sur lesquelles on voit aussi des ch\'e8vres, on peut donc supposer qu\'92il y avait aussi l\'e0 une bergerie, un poulailler etc.\cf2 \cb3 \expnd0\expndtw0\kerning0
\
\cf0 \cb1 \kerning1\expnd0\expndtw0 Sur la photo de la rue datant de 1924, on voit quelques personnes de la maison, certains sur les balcons, certains \'e0 c\'f4t\'e9 de la maison, parmi eux des enfants. Il est possible que se trouvent entre eux unou plusieurs descendants d\'92Isra\'ebl Abraham Tauber.\
En 1924, Yechezkel et Rachel, les deux premiers enfants d\'92Isra\'ebl Abraham, n\'92\'e9taient d\'e9j\'e0 plus \'e0 Pulawy. Yechezkel, l\'92ain\'e9 d\'92Isra\'ebl Abraham, qui \'e9tait n\'e9 quand celui-ci \'e9tait \'e2g\'e9 de 18 ans seulement, \'e9tait d\'e9j\'e0 mari\'e9 \'e0 la fille de sa tante (s\'9cur de l\'92\'e9pouse de Yankeleh) Nehoumaleh Gliqlikh, et ils habitaient \'e0 Lublin. Yechezkel servit dans l\'92arm\'e9e polonaise. Ils mirent au monde Chmil-Menache et vivaient \'e0 Lublin. Leur vie se termina avec la Shoah\uc0\u8234 .\uc0\u8236 \
Rachel n\'92aimait pas l\'92id\'e9e de se marier dans la famille et surtout, elle n\'92\'e9tait pas d\'92accord qu\'92ils la marient \'e0 Ha\'efm, son cousin, comme c\'92\'e9tait programm\'e9. Elle demanda \'e0 aller \'e0 la grande ville. Ses parents, qui s\'92effor\'e7aient de trouver un accord, obtinrent pour elle un travail et un logement chez des clients, la famille Heinsdorf, qui avaient un magasin d\'92articles coloniaux, dans la rue Carmelitsa, au c\'9cur du quartier juif (qui deviendrait un jour le ghetto) de Varsovie. C\'92est l\'e0 qu\'92elle rencontra Chlomo Fliederbaum, qui \'e9tait le neveu par alliance de Jacob Heinsdorf et qui travaillait alors au magasin, elle partir avec lui s'installer en Eretz Isra\'ebl, et c\'92est l\'e0 qu\'92elle se maria avec lui, dans la ville de Tel-Aviv, l\'92ann\'e9e 1926.\
Avant le d\'e9part de Shlomo, le couple passa par Pulawy - o\'f9 Shlomo re\'e7ut des mains d'Isra\'ebl Avraham un set de makhzorim qui lui fut cher jusqu'au dernier jour, puis il partit seul, et une fois le visa pour Rachel obtenu, elle le rejoint.\
Sa demi-s\'9cur, Lonia, raconte comment tous les hassidim et les membres de la famille accompagn\'e8rent Rachel avec des chants, des tambours et des danses, jusqu\'92\'e0 la gare de chemin de fer\'a0: elle s\'92en allait en Palestine\'a0! Elle montait en Terre d\'92Isra\'ebl\'a0! Comme pour suivre les paroles de l\'92Admor, Ha\'efm Isra\'ebl\'a0!\
Au fil des jours, maintenant enceinte, et du fait de la situation \'e9conomique difficile dans le pays, elle chercha \'e0 gagner Paris, et c\'92est l\'e0 que naquit Matel (Mathilde) en 1927, et Iteleh (Ir\'e8ne) en 1931, et l\'e0 que, les uns apr\'e8s les autres, la rejoignirent
\f1\b sa s\'9cur Hava (et son mari, Bernard Bornstein, qui, lui aussi venait de Pulawy)
\f2\b0 , ses demis-s\'9curs Slava et Lonia , toutes deux \'e9galement mari\'e9es \'e0 des natifs de Pulawy et plus tard son demi-fr\'e8re Aaron, qui s\'92appellerait ensuite Arnold.\'a0\
Comme l\'92a racont\'e9 Lonia (n\'e9e en 1910) rencontr\'e9e \'e0 la fin de sa vie en France, son grand-p\'e8re, Rabbi Moch\'e9 Mayer Teitelbaum, m\'eame s\'92il gagnait sa vie avec Yankeleh Tauber dans le commerce et la distribution r\'e9gionale de la farine et dans la minoterie, ne quittait pour ainsi dire jamais la maison d\'92\'e9tude. Au contraire de Yankeleh qui passait beaucoup de temps au magasin de la famille, peut-\'eatre dans un espace de ce m\'eame immeuble, Moch\'e9 Me\'efr \'e9tudiait. Selon le souvenir de Lonia (un souvenir probablement inexact puisqu'il est en contradiction avec la halakha\'85mais elle avait alors seulement 6 ans) il ne sortit pas de la maison d\'92\'e9tude m\'eame pour enterrer sa femme, Deborah (de la maison Kirchenblatt), en Tichri de l\'92ann\'e9e 1916. Le jour de la disparition de son \'e9pouse, Moch\'e9 resta \'e0 la maison d\'92\'e9tude fit une longue oraison fun\'e8bre au passage du convoi, mais ne sortit pas avec les hassidim qui portaient la d\'e9pouille, et il les laissa l\'92enterrer pendant qu\'92il se plongeait dans son \'e9tude selon l\'92enseignement de l\'92Admor.\
C\'92\'e9taient d\'e9j\'e0 les derniers jours de la hassidout de Pulawy. Le premier Admor, Rabbi Ha\'efm Isra\'ebl avait d\'e9j\'e0 disparu \'e0 l\'92\'e2ge de 65 ans, en 1906. Il laissait derri\'e8re lui le \'ab\'a0Chalom Yeroushala\'efm\'a0\'bb qui n\'92\'e9tait toujours pas publi\'e9, un autre livre qui ne le fut jamais, et aussi des cahiers r\'e9unis en un livre par les soins d\'92un de ses fils. Ses fils poursuivirent son chemin mais pour quelques ann\'e9es seulement.\
Lorsqu\'92il \'e9tait encore en vie, et alors qu\'92il n\'92\'e9tait pas encore \'e9lev\'e9 au statut de r\'e9f\'e9rence, le livre \'ab\'a0Chalom Yeroushala\'efm\'a0\'bb \'e9tait d\'e9j\'e0 central pour l\'92Admor et ses Hassidim.\'a0 Le kountrass(recueil) \'ab\'a0Chalom Yeroushala\'efm\'a0\'bb (comme il \'e9tait qualifi\'e9 dans nombre de lieux), \'e9tait un livre tr\'e8s particulier, parmi les premiers livres hassidim sionistes, si ce n\'92est le premier. L\'92Admor avait investi beaucoup d\'92\'e9nergie dans le mouvement sioniste qui vivait ses premiers jours en ce 19\'e8me si\'e8cle. Il cr\'e9a une association, le \'ab\'a0faisceau des mille\'a0\'bb comme l\'92expression de son id\'e9e centrale qui, dans sa bouche, pourrait amener le Messie si vingt mille juifs montaient vers la Terre d\'92Isra\'ebl, et selon les statuts de laquelle l\'92Admor prenait \'e0 sa charge que mille hassidim r\'e9unissent chacun 1000 roubles.\
Rabbi Ha\'efm envoya la brochure \'e0 de nombreux Admorim dans tous les coins de la Pologne et le monde juif, et re\'e7ut des r\'e9actions positives, par exemple de l' Admor de Gour, l' auteur du \'ab\'a0Sfat \'e9m\'e9t\'a0\'bb, des r\'e9actions moins positives, et m\'eame des r\'e9actions d\'92opposition absolue, et cela surtout du c\'f4t\'e9 de l\'92Admor de Rodozin. Avec l\'92aide de son fils, Rabbi Isaac Zelig, qui deviendrai l\'92Admor de Soqolov, il r\'e9colta de l\'92argent, qu\'92il envoya au baron de Rotshild \'85qui refusa la proposition et la demande d\'92\'eatre associ\'e9 \'e0 ce groupe et renvoya l\'92argent \'e0 l\'92envoyeur.\
Au m\'eame moment, sa fille mourut le soir de son mariage, et sa femme aussi tomba malade d\'92une maladie incurable. Ces trois facteurs renforc\'e8rent la duret\'e9 des critiques envers un mouvement sioniste insolite comme l\'92\'e9tait le sien, et oppos\'e8rent \'e0 l\'92Admor un obstacle difficile \'e0 franchir pour l\'92avenir du projet. Il semble que contre l\'92avis de tous, et en particulier, de ses fils qui voyaient dans les malheurs qui lui \'e9taient compt\'e9s les signes divins que ce projet allait contre les voies de Dieu, l\'92Admor proposa d\'92interpr\'e9ter autrement la situation\'a0: celle-ci, selon son entendement, n\'92\'e9tait pas emp\'each\'e9e du fait du caract\'e8re du projet- caract\'e8re r\'e9volutionnaire comme tout ce qu\'92il \'e9tait \'96mais parce qu\'92un homme qui s\'92est engag\'e9 \'e0 une mitsva sans parvenir \'e0 remplir son engagement est passible de mort. D\'92une fa\'e7on ou d\'92une autre, la situation imposa \'e0 l\'92Admor d\'92abandonner ses efforts et ses voies, et peut-\'eatre cela entra\'eena-t-il sa mort. Rabbi Ha\'efm Isra\'ebl f\'fbt enterr\'e9 dans la ville de Pulawy et il n\'92est aujourd\'92hui aucune trace du lieu de sa s\'e9pulture\'a0; plus tard, le cimeti\'e8re a \'e9t\'e9 profan\'e9 et abandonn\'e9,par deux fois\'a0: La premi\'e8re par les envahisseurs nazis, la seconde par le pouvoir communiste stalinien.\'a0\
Ses fils le Rabbi Moch\'e9 Mord\'e9kha\'ef, rabbi Yosef, et Rabbi Isaac Zelig, et ses fr\'e8res Rabbi Tsvi Hirsch de Qilouva, auteur du \'ab\'a0hat\'e9ret tsvi\'a0\'bb, poursuivirent son chemin et la Hassidout de Kotsk. Le premier f\'fbt investi comme Admor de Pulawy apr\'e8s la mort de son p\'e8re et poursuivit dans ses voies au milieu de difficult\'e9s \'e9videntes. Les fils \'e9taient en d\'e9saccord avec l'id\'e9e que la r\'e9demption pourrait advenir au milieu de l\'92\'e9mergence de Juifs qui ne gardaient pas les mitsvot, se d\'e9marquant ainsi du chemin que leur p\'e8re avait trac\'e9, bien plus ouvert qu'eux sur ce sujet, et rabbi Moch\'e9 Mord\'e9kha\'ef eut le triste privil\'e8ge de \'ab\'a0fermer\'a0\'bb la hassidout en quittant Pulawy pour Varsovie en 1915, du fait d\'92un grand incendie de Pulawy et de la premi\'e8re guerre mondiale. Rabbi Moch\'e9 Mordekha\'ef disparut \'e0 Varsovie en 1939, tr\'e8s peu avant la shoah, comme Admour de Pulawy, mais il n\'92a laiss\'e9 personne qui aurait suivi son chemin\'85 en particulier du fait des \'e9v\'e8nements de la seconde guerre mondiale et de la Shoah. Il laissa derri\'e8re lui un livre au nom de \'ab\'a0Midrash Moch\'e9\'a0\'bb commentaire de toute la Torah, \'e9crits sur base de ses drashot hebdomadaires.\
hmouel Ha\'efm Landau (1892-1928) qui \'e9tait \'e0 la t\'eate du mouvement hapohel hamizrahi en terre d\'92Isra\'ebl, connu de la communaut\'e9 sous ses initiales comme le Chahal, \'e9tait parmi les \'e9l\'e8ves qui avaient suivi clairement la voie du premier Admor, et cela fait de cet homme comme l'illustration de ce qu\'92il est advenu de la pens\'e9e de l'admor :les uns la quittent en adh\'e9rant au mouvement sioniste nationaliste, les autres la quittent et abandonnent au passage tout mode de vie religieux.\
Il faut dire que sa pens\'e9e n\'92\'e9tait pas tant sioniste, qu'en phase avec celle du Rabbi de Kotsk, ce qui veut aussi dire \'a0extr\'e9miste. L\'92Admor de Kotsk ne sut \'eatre aussi \'ab\'a0invelt\'a0\'bb que \'ab\'a0aussveldt\'a0\'bb, c\'92est-\'e0-dire qu\'92il ne r\'e9ussit pas en \'e9tant aussi plong\'e9 dans sa recherche de la v\'e9rit\'e9, dans son isolement et sa rupture, \'e0 assumer\'a0 son r\'f4le de guide engag\'e9 dans la vie de tous les jours, li\'e9 \'e0 ses hassidim et disponible\'a0\'a0pour r\'e9pondre \'e0 leurs questions, et peut-\'eatre son fils \'e9tait-il ainsi. M\'eame si un tel portrait ne s'accorde pas avec le charisme du Rabbi Ha\'efm Isra\'ebl, que suivit la majorit\'e9 des hassidim de Kotsk quand il partit fonder la hassidout de Pulawy.\
Son second fils, Rabbi Isaac Zelig Morgenstern passa \'e0 la ville de Sokolov et servit l\'e0 comme Admor des hassidim de Sokolov. Il disparut en 1929 et son fils qui suivit son chemin p\'e9rit \'e0 Auschwitz. Quelques-uns de ses huit enfants parvinrent en Isra\'ebl.\
Son fr\'e8re Rabbi Tsvi Hirsh publia cependant un livre du nom de \'ab\'a0hat\'e9ret tsvi\'a0\'bb (la couronne de Tsvi) qui contient des passages qu\'92il a \'e9crit avec l\'92aide du premier Admor, Rabbi Ha\'efm Isra\'ebl. Il \'ab\'a0Chalom Y\'e9rouchala\'efm\'a0\'bb, quelques lettres et quelques drashot publia aussi le livre Le reste d\'92Isra\'ebl (Ch\'e9harit Yisra\'ebl) et en particulier les suppl\'e9ments \'e0 \
Il semble que Midrash Moch\'e9 et Ater\'e9t Tsvi furent publi\'e9s \'e0 Varsovie dans les ann\'e9es trente. Au cours des vingt derni\'e8res ans,I ils ressortirent \'e0 l\'92instigation de ses descendants de la hassidout de Kotsk install\'e9s en Isra\'ebl.\
La famille Tauber adopta, semble-t-il, son admiration pour le sionisme d\'92une part, et les id\'e9es de la Haskala et du socialisme d\'92autre part. Tandis que Yehezkel et Chlomo, le fils a\'een\'e9 et le dernier fils d\'92Isra\'ebl Abraham, choisirent de rester en Pologne, et disparurent dans la Shoah, ensemble avec leur p\'e8re, tous les autres fr\'e8res et s\'9curs quitt\'e8rent la Pologne.\
Sur la photo qui a \'e9t\'e9 prise en Pologne pendant les ann\'e9es 20 du si\'e8cle dernier, on voit des membres du mouvement sioniste, et parmi eux, Lonia Tauber, Slava Tauber, Yoshua Milrad qui devint son mari, et encore plusieurs Juifs de Pulawydont probablement certains sont n\'e9s dans des familles hassidim, et d\'92autres Juifs qui n\'92\'e9taient pas affili\'e9s \'e0 une cour hassid.\'a0\
l semble que Midrash Moch\'e9 et Ater\'e9t Tsvi furent publi\'e9s \'e0 Varsovie dans les ann\'e9es trente. Au cours des vingt derni\'e8res ans, ils ressortirent \'e0 l\'92instigation de ses descendants de la hassidout de Kotsk install\'e9s en Isra\'ebl.\
La famille Tauber adopta, semble-t-il, son admiration pour le sionisme d\'92une part, et les id\'e9es de la Haskala et du socialisme d\'92autre part. Tandis que Yehezkel et Chlomo, le fils a\'een\'e9 et le dernier fils d\'92Isra\'ebl Abraham, choisirent de rester en Pologne, et disparurent dans la Shoah, ensemble avec leur p\'e8re, tous les autres fr\'e8res et s\'9curs quitt\'e8rent la Pologne.\
Comme on l\'92a dit, Rachel monta en Erets Isra\'ebl, et cela, semble-t-il \'e9tait plus sous l\'92influence de la s\'9cur de Salomon Maltcha et de son mari Y\'e9hiel Buszyn qui y allaient eux, surtout au nom d\'92un id\'e9al socialiste.\'a0 Ya\'efr aussi, son demi-fr\'e8re, monta en Isra\'ebl et arriv\'e9 en Eretz, se joint au kibboutz Kyriat Anavim, et il n\'92est pas certain que cela ait \'e9t\'e9 un choix sioniste mais plut\'f4t celui du moment, en pleine seconde guerre mondiale, et de la m\'eame fa\'e7on, il n\'92est pas \'e9vident de savoir combien la d\'e9cision de rejoindre le kibboutz \'e9tait le fruit d\'92une d\'e9cision id\'e9ologique personnelle ou celle de l\'92agence juive ou du bureau de l\'92int\'e9gration qui l'a fait passer l\'e0 d'autorit\'e9 apr\'e8s le camps d\'92Atlit o\'f9 \'e9taient accueillis alors les immigrants arriv\'e9s en Terre d\'92Isra\'ebl.\'a0\
cela, semble-t-il \'e9tait plus sous l\'92influence de la s\'9cur de Salomon Maltcha et de son mari Y\'e9hiel Buszyn qui y allaient eux, surtout au nom d\'92un id\'e9al socialiste.\'a0 Ya\'efr aussi, son demi-fr\'e8re, monta en Isra\'ebl et arriv\'e9 en Eretz, se joint au kibboutz Kyriat Anavim, et il n\'92est pas certain que cela ait \'e9t\'e9 un choix sioniste mais plut\'f4t celui du moment, en pleine seconde guerre mondiale, et de la m\'eame fa\'e7on, il n\'92est pas \'e9vident de savoir combien la d\'e9cision de rejoindre le kibboutz \'e9tait le fruit d\'92une d\'e9cision id\'e9ologique personnelle ou celle de l\'92agence juive ou du bureau de l\'92int\'e9gration qui l'a fait passer l\'e0 d'autorit\'e9 apr\'e8s le camps d\'92Atlito\'f9 \'e9taient accueillis alors les immigrants arriv\'e9s en Terre d\'92Isra\'ebl.\
Ensuite, Lonia et son mari, Eva et son mari, Slava et son mari Yehochua, et Arnold, ses s\'9curs et son fr\'e8re, s\'92associ\'e8rent \'e0 Rachel et Salomon en France. Slava et son mari Yehochua pass\'e8rent quelque temps de France puis partirent en Isra\'ebl, non du fait d\'92un choix d\'e9lib\'e9r\'e9 mais parce que les\'a0Fran\'e7ais de les y ont pouss\'e9s\'85en les expulsant. Ils s\'92install\'e8rent \'e0 Tel Aviv, Dvorah, leur premi\'e8re fille, se maria \'e0 cette \'e9poque avec Aminadav Hermoni, le premier fils qui naquit dans le kibboutz Sarid dans la vall\'e9e d\'92Yzr\'e9el, et ils v\'e9curent l\'e0 jusqu\'92\'e0 leur mort. En 1935, Rachel prit ses deux filles, Mathilde et Ir\'e8ne pour aller revoir la Pologne. Son but \'e9tait double\'a0: visiter la famille et montrer ses filles, mais aussi encourager ceux qui restaient en Pologne \'e0 quitter ce pays pour se joindre \'e0 la famille en France.\'a0\
Ce projet rencontra l\'92opposition d\'92Isra\'ebl Abraham et de sa femme Hana qui consid\'e9raient que la vie en France impliquait surtout l\'92assimilation. Ils choisirent de rester \'e0 Pulawy, Salomon et sa femme et leurs enfants rest\'e8rent avec eux. Seul Ya\'efr fut convaincu au point de quitter la Pologne pendant la guerre. Peut-\'eatre ce d\'e9bat id\'e9ologique au sein de la famille transpara\'eet sur la photo prise au moment de la visite de Rachel \'e0 Pulawy. Isra\'ebl Abraham etsa femme Hana y apparaissent v\'eatus en hassidim traditionnels pendant que les autres sont \'e0 l\'92occidentale, et non selon la tradition.\
La fin des juifs de Pulawy intervint le 26 d\'e9cembre 1939. Les Allemands d\'e9clar\'e8rent la guerre et conquirent la Pologne le 1ier septembre 1939. Le 3 du m\'eame mois ils entr\'e8rent dans Pulawy, le motif de cette rapidit\'e9 \'e9tant semble-t-il strat\'e9gique, parce que la ville se situait entre la Russie et Varsovie, et que les Allemands voulaient garder la fronti\'e8re orientale de la Pologne\
Le 6 du mois, ils bombard\'e8rent la synagogue, et au d\'e9but d\'92octobre, fond\'e8rent le ghetto qui \'e9tait le second, apr\'e8s celui de Lodz, qu\'92ils \'e9tablissaient en Pologne.\
Les membres de la famille Tauber, r\'e9unis avec d\'92autres nombreuses familles fuirent vers le village de Baranov, sans s\'92\'e9loigner trop \'a0de Pulawy, et y demeur\'e8rent l\'e0 pendant un certain temps. Ya\'efr a racont\'e9 leur fuite \'e0 travers la for\'eat, lui avec son p\'e8re sur son dos, et tandis qu'il sentait les larmes de celui-ci dans son cou. Le grand-p\'e8re Yankele n\'92\'e9tait d\'e9j\'e0 plus en vie, tu\'e9 par balle dans le magasin familial par des soldats allemands.\
Au d\'e9but du mois de d\'e9cembre, les Allemands ferm\'e8rent le ghetto de Pulawy, \'e0 leur mani\'e8re habituelle, impitoyable et violente. Beaucoup de Juifs moururent pendant ces \'e9v\'e8nements. Sauf ceux qui r\'e9ussirent l'exode, \'e0 pieds,par un climat effroyable - des gens se souviennent que la temp\'e9rature passait alors 30\'b0 sous z\'e9ro \'96 les autres furent execut\'e9s ou pouss\'e9s vers un b\'e2timent non chauff\'e9 o\'f9 ils moururent de froid. Le ghetto \'e9tait trop petit, les allemands regroupaient alors les juifs en ghettos plus grands, d'o\'f9 ils les envoy\'e8rent par la suite au camp de Sobibor, d\'92o\'f9 ne revint pas un seul des Juifs de la ville de Pulawy\'85 Jusqu\'92\'e0 ce jour.\
En juillet 1943, Lonia envoya \'e0 ses parents une carte postale \'e0 leur adresse de Baranov, carte au texte poignant "\'eates-vous encore en vie ?
\f1\b nous avons appris qu'il ne reste d\'e9j\'e0 plus de survivants de la famille Borenstein
\f2\b0 \'85r\'e9pondez-nous o\'f9 nous mourrons d'angoisse\'85", carte qui lui revint avec cette mention\'a0: \'ab\'a0Il n\'92y en a plus de vivants\'a0\'bb \'e9crite par la poste polonaise. C\'92est par cette voie que les membres de la famille qui\'e9taient en France surent le sort de ceux qui \'e9taient rest\'e9s en Pologne.\'a0\
La majeure partie de la ville, avec le Rav Mendel (ornement), tel le capitaine du navire en perdition, rest\'e8rent sur les lieux, furent pris vers l' autre ghetto et n\'92en revinrent pas.\
La maison du rav fut transform\'e9e en usine de paraffine, c\'92est dire un camp de travail pour une part, et une \'e9curie pour les chevaux allemands d\'92autre part. Cette maison n\'92a pas \'e9t\'e9 d\'e9truite et elle existe encore jusqu\'92aujourd\'92hui, comme nous l\'92a \
La seconde maison qui a surv\'e9cu \'e0 ces \'e9v\'e8nements est celle de la cour des hassidim.\
De nombreuses autres maisons, et entre elles celle de ce restaurant, qui abritait une brasserie de fabrication de bi\'e8re qui appartenait \'e0 deux fr\'e8res juifs dont le nom n\'92est pas parvenu jusqu\'92ici montr\'e9 par le pasteur Yaroslav Bator \'a0le jour de notre visite \'e0 Pulawy \'e0 la fin du mois de juillet 2019.\
Sort \'e9trange que celui des hassidim de Pulawy : Il reste leur maison, leurs descendants sont \'e9parpill\'e9s dans les courants du monde juif, et tout de leurs Admors a disparu.\
Et moi le petit, je pensais que si je cherchais, j\'92allais trouver et je r\'e9v\'e8lerai \'85 leurs pens\'e9es, celles du premier Admor de Pulawy, ou du second Admor, ou de ceux qui sortirent de Pulawy, au sujet de ce qui leur est arriv\'e9.\
Mais quand donc \'a0un Admor a-t-il d\'e9crit ses pens\'e9es sur ce qui lui est arriv\'e9 personnellement\'a0? Ces Admorim l\'e0 ont \'e9crit une litt\'e9rature \'e9norme et riche, aussi difficile \'e0 conqu\'e9rir qu'une forteresse, et il reste aussi des brochures, des comptes et des lettres, m\'eame des carnets. Mais ils tra\'eetaient de la Tora, et des f\'eates juives, et de sujets talmudiques (sougiot), sujets de pri\'e8re, sujets intellectuels de tous ordres mais non, jamais \'f4 grand jamais de sujets "humains" ni d\'92\'e9motions ou d'angoisse de vie et de mort\'a0. Un chercheur d\'92aujourd\'92hui trouverait difficilement m\'eame des jugements ou des avis sur des questions de soci\'e9t\'e9, ou de politique, tous th\'e8mes vis-\'e0-vis desquels ils \'e9prouvaient une horreur sup\'e9rieure \'e0 tout.\
Rabbi Yssakhar Chlomo Teichtal \'e9crivit dans son recueil \'ab\'a0Une m\'e8re joyeuse de ses enfants\'a0\'bb, ses pens\'e9es sur les \'e9v\'e8nements de la Shoah, mais il s\'92agissait d\'92un livre th\'e9orique \'96 malgr\'e9 l\'92enthousiasme messianique \'96 et pas de ses propres pens\'e9es, pas un journal de ce qu\'92il \'e9prouvait.\
Et pas plus ceux qui \'e9tait sortis de Pulawy ou les descendants de la famille Tauber\'a0:ils n\'92\'e9crivirent pas. Ceux qui \'e9taient en Pologne jusqu\'92\'e0 la seconde guerre mondiale disparurent dans la Shoah et il est certain que de ceux-l\'e0, il n\'92est pas rest\'e9 une seule ligne. M\'eame s\'92ils ont \'e9crit, on (peut) douter s\'92il reste de cela un seul lambeau. Et ceux qui ont surv\'e9cu ont \'e9t\'e9 frapp\'e9s de mutisme, comme on a pu le voir partout. Depuis quand les survivants de la Shoah ont commenc\'e9 \'e0 raconter ce qu\'92ils avaient v\'e9cu\'a0? Seulement ces vingt ou trente derni\'e8res ann\'e9es. Mon propre p\'e8re, qui \'e9tait tout \'e0 fait sain d\'92esprit, bien qu'orphelin de sa m\'e8re par la Shoah, a attendu quarante ans avant de me parler pour la premi\'e8re fois de cela \'85\
Et m\'eame aujourd\'92hui, les chercheurs, les philosophes, historiens, consacrent leurs travaux \'e0 des courants de pens\'e9e, pas \'e0 des \'e9motions. Celles-ci restent, semble-t-il r\'e9serv\'e9es au divan du psychanalyste\'85pour lequel la plupart n'ont que peu de consid\'e9ration\
Du fauteuil o\'f9 je suis assis, en retrait du divan, je n'ai aucun doute que le \'ab\'a0S\'e9raphin de Kotsk\'a0\'bb ne s\'92est pas enferm\'e9 pour des raisons individualistes ou seulement pour rechercher la v\'e9rit\'e9. Il m\'92est difficile depenser que le second Admor de Pulawy qui partit de cette ville pour Varsovie, et a abandonn\'e9 sa cour lorsque la ville br\'fblait, a fait cela pour des raisons id\'e9ologiques, et je n\'92ose pas imaginer qu\'92il ait consid\'e9r\'e9 l\'92\'e9criture de \'ab\'a0Chalom Y\'e9rouchala\'efm\'a0\'bb comme autre chose qu'un \'e9crit intellectuel simplement.\
Au vingti\'e8me et vingt-et-uni\'e8me si\'e8cle, l\'92\'e9tude de la pens\'e9e et les d\'e9couvertes des neurosciences nous ont enseign\'e9 que les \'e9v\'e8nements de la vie influencent les r\'e9actions des humains, si ce n'est la construction m\'eame de leur personnalit\'e9. L\'92homme qui a \'e9prouv\'e9 des \'e9v\'e8nements traumatiques est susceptible d'en \'eatre impr\'e9gn\'e9 au point de lui occuper toute sa t\'eate et de teindre tout son mode de vie, comme si le traumatisme avait lepouvoir\'a0 de g\'e9n\'e9rer des individus aux vies enti\'e8rement marqu\'e9es par le traumatisme. Un tel homme ne vivra pas et ne dormira pas de fa\'e7on normale mais aura au contraire une vie de cauchemar \'e0 l\'92\'e9tat de veille comme de sommeil. Mais m\'eame celui qui est affect\'e9 par les \'e9v\'e8nements traumatiques et qui semble les avoir surmont\'e9s, est aussi massivement influenc\'e9 et teint\'e9 par eux. Il ne semble pas qu\'92il soit possible de s\'e9parer ces h\'f4tes ind\'e9sirables de la vie de l\'92homme qui les a v\'e9cus. C\'92est pourquoi, il ne s\'92agit pas de choix id\'e9ologique d\'92enfermement quand c'est le fait d'un homme qui a v\'e9cu un traumatisme : c'est ce qu'il fait pour sortir du trauma. L\'92humain est ainsi fait qu'il peut parfois trouver en lui les voies pour surmonter le trauma et l\'92affronter par des moyens cognitifs, en se plongeant par exemple profond\'e9ment dans un sujet particulier, en \'e9crivant par exemple un livre th\'e9orique. Et si ce livre est \'e9crit sur un sujet particulier, qui sort de l\'92ordinaire ou s\'92il est \'e9crit sous une forme particuli\'e8re, radicale par exemple, il y aura \'e0 voir dans le choix de ce sujet ou dans le style de cette \'e9critureune manifestation particuli\'e8re de l\'92\'e9l\'e9ment \'e9motionnel vital ou traumatique.\
Un homme ne part pas, ne s\'92enferme pas dans sa chambre pour des raisons id\'e9ologiques seulement, surtout s\'92il a travers\'e9 auparavant ainsi des \'e9v\'e8nements traumatiques difficiles. Il est possible d\'92imaginer que s\'92il dispose d\'92une aptitude voire une foi qui le portent \'e0 la solitude, les \'e9v\'e8nements renforceront chez lui cette aptitude ou cette foi. Mais ce n\'92est pas de la neutralit\'e9 ou de la tranquillit\'e9 de l'existence qu\'92une telle id\'e9e vient au jour, elle est issue pr\'e9cis\'e9ment \'85 de la d\'e9tresse. C\'92est dire que l\'92homme traumatis\'e9 s\'92enferme pour sortir de ses traumatismes de vie.\
Un exemple de cela \'e0 mes yeux est illustr\'e9 par les Pirk\'e9\'ef de rabbi Eliezer. M\'eame si la lecture historico critique des Ecritures consid\'e8re ce livre comme un \'ab\'a0livre tardif\'a0\'bb, c\'92est-\'e0-dire un livre qui n\'92a pas \'e9t\'e9 \'e9crit par Rabbi Eliezer lui-m\'eame mais beaucoup plus tard, l'observation attentive de \'a0l\'92\'e9motion qui teinte tout ce livre, met en difficult\'e9 cette th\'e9orie-l\'e0. \'a0Ce livre rassemble au-del\'e0 des sujets qu'il tra\'eete, l\'92histoire personnelle de Rabbi Eliezer, et il est impossible de ne pas voir \'a0qu'il \'e9taient, avant de devenir un ma\'eetre, quelqu'un qui a \'e9t\'e9 rejet\'e9 de la maison de son p\'e8re, qui en \'e9tait \'e0 se mettre en conflit avec tous les membres de sa famille, quelqu'un de qui nous apprenons par maints et maints exemples talmudiques qu'il \'e9tait massivement en conflit avec ses pairs, avec tous ceux de sa g\'e9n\'e9ration, au point de se faire exclure par eux, et il n\'92est pas possible de lire ce livre sans ressentir la composante \'e9motionnelle de celui qui l\'92a \'e9crit. C\'92est l\'92\'e9criture d\'92un homme enferm\'e9, qui ne souffre pas la controverse, l\'92\'e9criture d\'92un homme bless\'e9.\
Il est possible d'essayer d'avancer que Moch\'e9 M\'e9\'efr Teitelbaum et Yankele Tauber ont quitt\'e9 Sidlovietz au profit de Pulawy pour des raisons id\'e9ologiques, mais la lecture de l'histoire de ce lieu conduit aussit\'f4t aussi vers l'hypoth\'e8se de traumatisme. Et certains vous diront que dans les ann\'e9es 1870, ann\'e9es florissantes de naissance du hassidisme, de nombreux Juifs passaient ainsi de lieu en lieu, pas seulement pour des raisons n\'e9gatives li\'e9es \'e0 l\'92antis\'e9mitisme, mais aussi pour suivre un ou l\'92autre guide, ce sera peut-\'eatre le signe qu'ils font le choix de donner plus de poids aux id\'e9es qu'au v\'e9cu.\
Et il y a plusieurs t\'e9moignages de la venue du premier Admor , Rabbi Ha\'efm Isra\'ebl Morgenstern\'a0 \'e0 Pulawy, suivi de nombreux Juifs de plusieurs villes. Certains \'e9crivent que la majeure partie des Hassidim de Kotsk se rassembl\'e8rentautour de lui, comme si la raison principale de tous ces mouvements de population \'e9tait l'enthousiasme.\
Mais il est plus difficile de pr\'e9tendre que les descendants de la famille Tauber quitt\'e8rent Pulawy pour des raisons id\'e9ologiques, sioniste ou autre seulement. Evidemment, une partie d\'92entre eux \'96 si ce n\'92est la majorit\'e9- cherch\'e8rent d\'92abord \'e0 quitter la Pologne, et il est possible de consid\'e9rer que la raison principale tenait \'e0 cette vie au sein d\'92un peuple \'e0 l\'92origine de pogroms r\'e9currents d\'e9j\'e0 nombreux avant qu\'92\'e9clate la seconde guerre mondiale.\
Et parmi eux , certains comme ma grand-m\'e8re ont r\'e9ussi malgr\'e9 le trauma \'e0 agir de fa\'e7on d\'e9termin\'e9e, tandis que d'autres, \'e9cras\'e9s par l'impact n'ont trouv\'e9 comme ressource pour poursuivre leur vie que l'\'e9vitement, l'enfermement ou le silence.\
Notre monde a bien chang\'e9 depuis l\'92arriv\'e9e du Rabbi Ha\'efm Isra\'ebl Morgenstern dans la bourgade de Pulawy. Tellement qu\'92essayer d\'92en parler donne le vertige. Il n\'92y avait pas d\'92\'e9lectricit\'e9 dans les rues ni dans les maisons, pas de moyens de locomotion, pas de r\'e9frig\'e9rateurs et pas d\'92ordinateurs, et bien s\'fbr pas de traitements de texte sur des tablettes et pas de t\'e9l\'e9phones, ni dans les maisons et encore moins de mobiles pour chacun. Et il n\'92\'e9tait pas d\'92\'e9tat juif souverain, et le mythe du Juif errant \'e9tait fix\'e9 autant aux yeux des Go\'efm qu\'92aux yeux des Juifs.\
C\'92est pourquoi, nous ne devons pas \'eatre surpris qu\'92il ne soit pas venu \'e0 l\'92esprit de ceux qui ont v\'e9cu dans l\'92\'9cil du cyclone de pr\'e9dire ce qui allait arriver et de penser au sens de la vie et \'e0 la psychologie dans ces \'e9v\'e8nements qui venaient d\'92ailleurs. Le peuple \'e9tait simplement occup\'e9 \'e0 sa survie, et ses dirigeants, les intellectuels, \'e9taient occup\'e9s \'e0 dispenser les fruits d\'92un progr\'e8s qui lui \'e9tait \'e9tranger, technologique politique et social. Les rabbins, eux, s\'92inqui\'e9taient d\'92apporter au peuple sa spiritualit\'e9 et n'ont pas toujours su veiller \'e0 cela de la fa\'e7on la plus \'e9clair\'e9e.\
Aujourd\'92hui, et ceci largement depuis Sigmund Freud, le monde occidental a entre ses mains les outils de la psychologie, l\'92observation de soi, la pens\'e9e de l\'92"autre", qui les aident \'e0 m\'e9nager leur place aux \'e9motions, aux traumas et \'e0 leur influence mutuelle, des uns sur les autres.\
Les rabbins, et en particulier ceux du monde conservatif, r\'e9ussiront-ils \'e0 b\'e9n\'e9ficier des progr\'e8s de la pens\'e9e ? certains laissent un espoir, d'autres sont loin de pouvoir le faire.\
Il semble qu\'92il ne soit pas facile pour l'individu en g\'e9n\'e9ral, les chercheurs en sciences sociales et morales (histoire, philosophie, sociologie, g\'e9ographie), et aussi chercheurs en m\'e9decine en particulier, de faire place \'e0 l\'92\'e9l\'e9ment \'e9motionnel des sympt\'f4mes qui affectent un homme, et d'int\'e9grer ce param\'e8tre \'e0 leurs \'e9tudes, mais il est apparemment encore moins facile pour les rabbins de faire place \'e0 cet \'e9l\'e9ment-l\'e0.\
C\'92est pourquoi, j\'92ai trouv\'e9 peu de donn\'e9es pour r\'e9pondre \'e0 mes questions au sujet du traumatisme individuel et social de tout ce qui est survenu aux Hassidim de Pulawy en g\'e9n\'e9ral et \'e0 la famille Tauber en particulier.\
La Hassidout de Pulawy et celle de Kotsk ont disparu. Les Juifs de Pulawy se sont \'e9vanouis. Ainsi la grande partie de leurs \'9cuvres. Les descendants de la famille Tauber sont assez nombreux, la plupart en Isra\'ebl, quelques-uns en France, ce sont des donn\'e9es.\
Et il est en effet possible de conclure de ce qui est survenu \'e0 la hassidout d\'92un c\'f4t\'e9 et d\'92un autre c\'f4t\'e9 \'e0 la famille Tauber avec cette note factuelle.\
Il para\'eet beaucoup plus int\'e9ressant et profond de m\'ealer les observations d\'92\'e9l\'e9ments \'e9motionnels \'e0 tout cela. J\'92ai essay\'e9 de le faire dans ce texte, par la force des circonstances, et surtout par celle de mon imaginaireet de mon analyse personnelle.\
Ahim Habanim Semha a \'e9t\'e9 \'e9crit par le Rabbi Yisachar Shlomo Teichtal, publi\'e9 en 1943 \'e0 Budapest. Le titre vient des Psaumes et signifie \'ab\'a0Un m\'e8re joyeuse de ses enfants \'85\'a0\'bb (Psaume 113, 9\'a0: \'ab\'a0Il donne une maison \'e0 celle qui \'e9tait st\'e9rile, il en fait une m\'e8re joyeuse au milieu de ses enfants. Louez l\'92Eternel\'a0\'bb (Segond) Teichtal a grandi comme un fid\'e8le anti-Sioniste Hassid du Munkatsher Rebbe. Cependant, pendant l\'92Holocauste, Rabbi Teichtal changea de position pour celle qu\'92il \'e9pousa dans sa jeunesse. Le produit physique de cette introspection est le livre Eim HaBanim Semeicha, dans lequel il se r\'e9tracte en particulier de ses pr\'e9c\'e9dents points de vue, et argumente au contraire que la vraie r\'e9demption viendra uniquement si le peuple juif se rassemble et reconstruit le pays d\'92Isra\'ebl. Beaucoup de ses coreligionnaires virent le livre avec scepticisme, certain allant loin au point de bannir Rabbi Teichtal de leurs synagogues. Dans le livre, Rabbi Teichtal critique s\'e9v\'e8rement les Haredim\'a0 pour le refus de soutenir les implantations en terre d\'92Isra\'ebl. Quand il a \'e9t\'e9 \'e9crit, il s\'92agissait d\'92une critique acerbedes institutions juives orthodoxes en particulier Agoudat Isra\'ebl\'a0; sous l'instigation de l'admor Satmar, fr\'e8re de l'auteur, le livre a \'e9t\'e9 enterr\'e9. Un exemplaire a soudain fait surface ds les ann\'e9es 70, et a alors \'e9t\'e9 largement r\'e9\'e9dit\'e9 par l'institut du rav Kook.\
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ao\'fbt 2019\
voyage aux sources polonaises - 4\'e8me volet\
De cette date commen\'e7a le d\'e9clin de la pr\'e9sence juive \'e0 Pulawy dont notre famille contient l\'92illustration et l\'92\'e9ventail : Isra\'ebl Avraham Tauber naquit en 1880 \'e0 Pulawy (en fait, ici subsiste une petite enigme : lui et sesenfants du premier mariage naquirent apparemment \'e0 Kurow, bourgade toute proche, je ne comprends pas ce d\'e9tail), alors Nova Alexandryi parce que sous domination russe , \'e9pousa Matl Rozenson et mit au monde Hazkel en 1898, puis Rachel en 1900, Etl en 1901, Eva en 1903 et Nahman en 1906. Puis elle mourut et Isra\'ebl se remaria avec Hanna la fille de Moshe Mayer Teitelbaum, de qui il eut Slava, Lonia, Ya\'efr, Arnold et Shlomo.\
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Isra\'ebl tenait la graineterie qu\'92avait ouvert Yankeleh, Moshe Mayer \'e9tait actif dans le commerce de la farine, poss\'e9dait des moulins et vendait dans toute la r\'e9gion...mais sa journ\'e9e se d\'e9roulait enti\'e8rement dans le bet hamidrash, aux c\'f4t\'e9s de Yankeleh son ami que tous surnommaient \'ab rabbi Tarfon \'bb. M\'eame le jour o\'f9 mourut Ytel sa femme, il fit le hesped depuis le bet hamidrash mais n\'92alla pas jusqu\'92au cimeti\'e8re. Ses enfants ne rest\'e8rent pas des hassdim. Son a\'een\'e9 Hazkel se laissa cependant marier \'e0 la mode hassidique avec une cousine, mais servit dans l\'92arm\'e9e, s\'92installa \'e0 Lublin et v\'e9cut en juif hiloni. Rachel refusa de se laisser marier, exigea de partir \'e0 Varsovie o\'f9 elle rencontra Salomon, alors que les deux \'e9taient hilonim. Lonia, Ya\'efr, Slava et Arnold fr\'e9quent\'e8rent les groupes sionistes qui se d\'e9veloppaient \'e0 Pulawy. Slava rencontra Yehoshoua Milrad, lui aussi de Pulawy, Eva rencontra Bernard Borenszteijn, lui aussi de Pulawy.\
Rachel et Salomon \'e9taient partis en Palestine en 1925. Salomon \'e9tait parti le premier, avait stationn\'e9 six mois \'e0 Trieste puis ayant r\'e9ussi \'e0 atteindre Ha\'effa, avait envoy\'e9 un visa \'e0 Rachel. Lonia a racont\'e9 comment les hassidim de Pulawy l\'92ont accompagn\'e9e \'e0 la gare en chantant : \'ab elle partait pour eretz Isroel ! \'bb.\
Rachel et Salomon se mari\'e8rent \'e0 Tel Aviv en 1926 ( \'e0 rosh hodesh Iyar) mais \'e9migr\'e8rent pour Paris en fin1926/d\'e9but 1927. Les y rejoignirent Slava et Yehoshua, Eva et Bernard, puis Lonia suivie de Yankeleh Frydman, aussi de Pulawy, qui l\'92\'e9pousa \'e0 Paris. Arnold ne quitta Pulawy qu\'92en 1935, Ya\'efr ne quitta/fuit qu\'92en 1939, et Isra\'ebl Avraham, et sa femme Hanna, et leur fils Shlomo firent partie de ceux parmi les juifs de Pulawy qui finirent leurs jours d\'e9port\'e9s \'e0 Sobibor.\
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Il semble qu\'92ainsi que cela apparait sur la photo de groupe en 1935, lors du voyage de Rachel accompagn\'e9e de ses deux filles Mathilde et Ir\'e8ne, alors qu\'92elle tentait sans succ\'e8s de leur faire quitter Pulawy, n\'92\'e9taient plus hassid qu\'92Isra\'ebl et sa femme. Alors qu\'92il a encore le couvre-chef typique et est boutonn\'e9 droite sur gauche, et sa femme la t\'eate couverte d'une perruque, tous les autres sur la photo sont v\'eatus \'e0 l'occidentale.\
Mais ils habitaient encore la \'ab cour \'bb du rebbe, telle qu\'92elle est d\'e9crite dans le livre de Pulawy...et nous d\'e9couvrons cette cour dont j\'92avais cru avoir lu qu\'92elle avait \'e9t\'e9 d\'e9truite en m\'eame temps que la synagogue.!!\
Le b\'e2timent qui longe encore aujourd\'92hui la route d\'92acc\'e8s \'e0 Pulawy, qui s\'92appelait alors Lubelsky, est le batiment de 300 m de long d\'e9crit dans le yzker buch, qui abritait le bet midrach et les maisons des proches du rebbe, dont Yankele, Isra\'ebl, Moshe Mayer et les autres.\
Il a encore le fronton triangulaire qu\'92on voit sur les photos de l\'92\'e9poque, dont le pasteur nous montre un exemplaire. Nous ne trouvons trace d\'92aucune mezouza, mais il y a encore les entr\'e9es vers la cour int\'e9rieure.\
\'c0 certains endroits, subsiste un pavage ancien, du c\'f4t\'e9 int\'e9rieur subsiste l\'92aspect d\'92\'e9poque, d\'92une autre maison aussi en briques, que je croyais avoir \'e9t\'e9 d\'e9truite par les allemands et qui est face \'e0 nos yeux.\
\'a0Tandis que Jaroslav parle, un habitant sort sur le balcon au premier \'e9tage et me lance un \'ab shalom \'bb spontan\'e9 et \'e9mu (je suis en kipa). Nous \'e9changeons des signes d\'92amiti\'e9.\
Jaroslav nous emm\'e8ne encore au \'ab nouveau \'bb cimeti\'e8re, en bordure du cimeti\'e8re catholique, o\'f9 seule une pierre monument atteste de la pr\'e9sence jadis d\'92un cimeti\'e8re juif. Il ne reste rien, et il pr\'e9cise que ce sont les nazis qui ont d\'e9truit, mais les sovi\'e9tiques communistes qui ont ensuite accompli le travail et nettoy\'e9 la place. Il nous montre l\'92endroit o\'f9 \'e9tait enterr\'e9 le kozker, nous voyons le creux dans lequel les allemands ont abattu ceuxdes juifs qui n\'92ont pas \'e9t\'e9 d\'e9port\'e9s \'e0 Sobibor, en compagnie des polonais qui avaient \'e9t\'e9 jug\'e9s traitres et avaient tent\'e9 de combattre l\'92occupant, et nous voyons les quelques tombes juives parmi les soldats natifs de Pulawy tomb\'e9s au front. Il raconte qu\'92il sait avec certitude o\'f9 \'e9tait le cimeti\'e8re et les tombes parce que c\'92est un ami \'e0 lui qui a achet\'e9 le terrain pour en faire un garage, et quand il a creus\'e9 pour am\'e9nager, il atrouv\'e9 des ossements, qu\'92il a enterr\'e9s, Jaroslav disant le kaddish, le rabbin n\'92ayant pas daign\'e9 honorer la c\'e9r\'e9monie de sa pr\'e9sence.\
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Puis il nous emm\'e8ne dans la derni\'e8re partie de la visite, au \'ab vieux \'bb cimeti\'e8re, qui est aujourd\'92hui rien moins qu\'92un cimeti\'e8re de carrosserie..rien ne permet de distinguer qu\'92un jour il y eut l\'e0 un cimeti\'e8re, alors qu\'92il nous indique de la main o\'f9 \'e9tait la bet tahara, et les limites du cimeti\'e8re. Il est inquiet, demande que l\'92on s\'92en aille avant que quelqu\'92un ne vienne lui chercher querelle, peut-\'eatre nous prendre \'e0 parti...tandisqu\'92il raconte encore comment les pierres tombales ont servi \'e0 faire la rue attenante, et comment certaines ont \'e9t\'e9 trouv\'e9es par la suite par des ouvriers de terrassement, tandis qu\'92en creusant, des habitants ont trouv\'e9 des ossements. Il nous montre deux photos de pierres tombales qui ont un jour \'e9t\'e9 expos\'e9es dans le mus\'e9e de Pulawy, aujourd\'92hui ferm\'e9.\
Cette \'e9mouvante rencontre s\'92ach\'e8ve au caf\'e9 qui appartenait jadis aux deux fr\'e8res\'a0juifs qui tenaient une fabrique de vinaigre, et nous nous s\'e9parons avec la promesse de rester en contact, de l\'92accueillir s\'92il vient en Isra\'ebl, et de contribuer \'e0 la c\'e9r\'e9monie comm\'e9morative-exposition qu\'92il a l\'92intention d\'92organiser pour les 80 ans de la trag\'e9die, le 28 d\'e9cembre prochain.
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\f0\i\fs24 \cf0 Etude r\'e9alis\'e9e dans le cadre de l'histoire des habitants du 38 rue Ramey Paris 18\'e8me\
Merci de me contacter si vous avez des informations sur ces personnes\
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\f1\i0\b \cf0 M\'e9morial de la Shoah - 17 juillet 2022\
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\f2\b0 \cf0 Cahier de mutations de Drancy - F_9_5787 - fichier nomm\'e9 010_ cahier d\'92entr\'e9es du 9/4/1944 au 5/7/1944\
Arrivants de Perpignan le 7 juin 1944 : \
- GRUNBERG Robert - Matricule n\'b0 23723 - 18.4\
- ATTEIA Isaac - Matricule n\'b0 23724 - 18.4\
- BORENSTEIN Leib - Matricule n\'b0 23725 - 18.4 \
- BORENSTEIN Jean - Matricule n\'b0 23726 - 18.4\
- BORENSTEIN Szlava - Matricule n\'b0 23727 - 18.4
\f1\b \
\f2\b0 - BORENSZTAJN n\'e9e GRUMBERG H\'e9l\'e8ne - Matricule n\'b0 23728 - 18.2\
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{\field{\*\fldinst{HYPERLINK "https://israelmordokhai.blogspot.com/2022/06/comme-une-sorte-de-rencontre-de-trois.html"}}{\fldrslt \cf0 https://israelmordokhai.blogspot.com/2022/06/comme-une-sorte-de-rencontre-de-trois.html}}\
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\f2\i0 \cf0 Ce qui est arriv\'e9 \'e0 la famille Tauber,\
traduction en fran\'e7ais chaleureusement fournie par Philippe Michard.\
En parall\'e8le du sort amer de la Hassidout de Pulawy et Sokolov, et de la communaut\'e9 juive dans la bourgade de Pulawy, au Sud-est de la Pologne.\
Je d\'e9crirai ce qu\'92il en est de ma famille, la famille Tauber, dans ses liens avec la Pologne et Isra\'ebl, en soulignant l\'92esprit qui inspirait la communaut\'e9 dans laquelle cette famille a v\'e9cu, communaut\'e9 dont les dirigeants \'e9taient les petits-fils et arri\'e8res-petits fils du Rabbi de Kotsk dans les ann\'e9es 1895-1914.\
Cette description de la vie de cette famille et de la hassidout \'e0 laquelle elle s'est li\'e9e, est indissociable du drame suite auquel on ne trouve plus aujourd'hui \'e0 Pulawy ni de survivants Tauber, ni de hassidim\'85ni le moindre juif. Je fais cette description et tente de d\'e9celer chez les survivants et \'e0 travers les \'e9crits qu'ils ont laiss\'e9s la marque de ce drame, et du traumatisme qu'il a occasionn\'e9.\
Les Juifs se sont install\'e9s \'e0 Pulawy au cours du 17i\'e8me si\'e8cle, \'e0 l\'92invitation, semble-t-il de la famille princi\'e8re Kastoriski, lign\'e9e polonaise tr\'e8s pr\'e9sente dans l'histoire de la Pologne, dont les fils ont \'e9difi\'e9 \'e0 cet endroit un palais et, apr\'e8s une courte p\'e9riode, le premier Mus\'e9e national de Pologne. Avec le temps, les fils Kastoriski ont d\'fb \'e9migrer eux-m\'eames en France lorsque le Mus\'e9e passa au pouvoir de Kracovie, et c\'92est ainsi qu\'92a pris fin l\'92\'e2ge d\'92or de la ville de Pulawy. Elle est revenue aux dimensions d\'92une petite bourgade, \'e0 laquelle les Juifs ont apport\'e9 la croissance \'e9conomique jusqu\'92\'e0 la crise \'e9conomique des ann\'e9es 30 du 20\'e8me si\'e8cle. \
Les \'e9crits concernant Pulawy d\'e9crivent quantit\'e9 d\'92\'e9v\'e8nements concernant les Juifs dans la ville \'e0 la fin du 19i\'e8me si\'e8cle, et leur implication d\'e9terminante dans le d\'e9veloppement \'e9conomique de la ville. Sont d\'e9crits aussi des activit\'e9s sur le plan municipal, et aussi autour de la communaut\'e9 \'e9tudiante lorsque la ville a transform\'e9 son acad\'e9mie en accordant une part au d\'e9veloppement de l\'92Institut Polytechnique et la Facult\'e9 d\'92Agriculture au d\'e9but des ann\'e9es 20. Les Juifs \'e9taient alors 70 % de la population totale, ils \'e9taient repr\'e9sent\'e9s au conseil municipal dans une proportion de 25 % du conseil, et ils prenaient une part dans l\'92activit\'e9 encore plus importante dans les humanit\'e9s li\'e9es \'e0 la vie des \'e9tudiants (logement, habillement, cuisine et prix des denr\'e9es alimentaires).Dans les temps d\'92apr\'e8s la seconde guerre mondiale, Pulawy s\'92est d\'e9velopp\'e9e \'e0 nouveau, jusqu\'92\'e0 l\'92agglom\'e9ration actuelle (autour de 50000 habitants) qui n\'92a plus aucun lien avec la jud\'e9\'eft\'e9.\
Au cours du 18\'e8me si\'e8cle, il y avait l\'e0 une communaut\'e9 juive r\'e9duite, centr\'e9e autour d\'92une rue principale dirig\'e9e vers la ville de Lublin qui se trouvait \'e0 environ 30 kms, et dont le nom polonais \'e9tait Ulica Lubelska.\
La majeure partie des documents les concernant montre cette rue comme symbole de la pr\'e9sence juive dans le lieu, d\'92abord sur les dessins puis sur les photos et les cartes postales.\
Ha\'efm Isra\'ebl Morgenstern \'e9tait le petit-fils du fondateur de la hassidout de Kotsk, le \'ab\'a0s\'e9raphin de Kotsk\'a0\'bb Menahem Mendel Morgenstern qui naquit dans la vile de Kotsk dans l\'92ann\'e9e 5600 (1840), non loin de Pulawy. Il apprit beaucoup chez les enseignants et les rabbins et surtout chez son grand-p\'e8re, et s'installa \'a0en 1895 dans la ville de Pulawy, \'e9tant d\'e9j\'e0 connu et appr\'e9ci\'e9, en partie du fait de son livre \'ab Chalom Yeroushala\'efm\'a0\'bb, bien qu'il n\'92\'e9tait alors pas encore publi\'e9. C\'92est l\'e0 qu\'92il fonda la Hassidout de Pulawy, vers laquelle converg\'e8rent de nombreux hassidim du sud-est de la Pologne, et parmi eux Rabbi Yankeleh Tauber et son meilleur compagnon Moch\'e9 Mayer Teitelbaum de la ville de Sidlowitz\'a0, g\'e9ographiquement et id\'e9ologiquement proche de Pchiskha, au Sud de Varsovie. De cette ville de Pchiskha, lieu d\'92entre les plus inspir\'e9s, sortirent la hassidout de Kotsk et celle de Pulawy, sous l'impulsion du \'ab\'a0Juif saint\'a0\'bb et \'a0de Rabbi Simkheh Bounem \'ab\'a0Rabbi joyeux de ses enfants\'a0\'bb, chez qui \'e9tudia en son temps le premier Admor, le \'ab\'a0S\'e9raphin de Kotsk\'a0\'bb\'a0; au d\'e9but du 19\'e8mesi\'e8cle.\
De Yankeleh Tauber, naquirent quatre enfants, deux d\'92entre eux \'e9taient Isra\'ebl Abraham, et Ha\'efm (1880) qui re\'e7urent comme chacun, semble-t-il, des noms inspir\'e9s par les noms de l\'92Admor. Les deux autres n\'92ont rien laiss\'e9\'a0: pas de descendants et aucune trace ; la Shoah en a voulu ainsi.\
Le premier Admor de Pulawy, rabbi Ha\'efm Ysra\'ebl Morgenstern, installa une cour de hassidim vivante et joyeuse, et exer\'e7ait son influence spirituelle et morale sur ceux qui suivaient ses chemins. La cour trouva tout naturellement sa place dans la longue maison, devanture, \'e9tage et grande arri\'e8re-cour, le long d\'92Ulica Lubelska, la maison-m\'eame qui fut pendant de longues ann\'e9es le symbole de la jud\'e9\'eft\'e9 de Pulawy. Dans cette cour ma grand-m\'e8re Rachel jouait avec son fr\'e8re et ses s\'9curs, en compagnie des nombreux enfants de la cour hassidit. La maison est encore debout mais il n'y reste plus un seul juif.\
Isra\'ebl Avraham Tauber qui naquit, semble-t-il, en 1880 dans la bourgade voisine de Kourov, se maria \'e0 Matel Rozenson. Apr\'e8s la mort de celle-ci (en 1905), il \'e9pousa en secondes noces Hana Teitelbaum, la fille de Moch\'e9 Mayer Teitelbaum, et se joint aux Hassidim proches de l\'92Admor, \'e0 l\'92int\'e9rieur de cette m\'eame maison. La maison se tenait entre Ulica Lubelska et le terrain connu comme \'ab\'a0le sable \'bb, (car alors et jusqu\'92\'e0 ce qu\'92il soit construit, il \'e9tait sablonneux, d\'e9sertique). Aujourd\'92hui, il est appel\'e9 ulica Piskowa, la rue du sable,\'a0 et sur deux \'e9tages, qui incluaient plusieurs espaces, partag\'e9s selon les besoins communautaires, en Beith Midrash pour une part principale, pour commercer (comme on peut le voir sur l\'92image) dans une seconde partie (celle du rez-de-chauss\'e9e, tourn\'e9e vers la rue principale), et comme logement du groupe des Hassidim, et entre eux, la famille Tauber pour la derni\'e8re partie\'a0; il reste des photographies anciennes sur lesquelles on voit aussi des ch\'e8vres, on peut donc supposer qu\'92il y avait aussi l\'e0 une bergerie, un poulailler etc.\cf2 \cb3 \expnd0\expndtw0\kerning0
\
\cf0 \cb1 \kerning1\expnd0\expndtw0 Sur la photo de la rue datant de 1924, on voit quelques personnes de la maison, certains sur les balcons, certains \'e0 c\'f4t\'e9 de la maison, parmi eux des enfants. Il est possible que se trouvent entre eux unou plusieurs descendants d\'92Isra\'ebl Abraham Tauber.\
En 1924, Yechezkel et Rachel, les deux premiers enfants d\'92Isra\'ebl Abraham, n\'92\'e9taient d\'e9j\'e0 plus \'e0 Pulawy. Yechezkel, l\'92ain\'e9 d\'92Isra\'ebl Abraham, qui \'e9tait n\'e9 quand celui-ci \'e9tait \'e2g\'e9 de 18 ans seulement, \'e9tait d\'e9j\'e0 mari\'e9 \'e0 la fille de sa tante (s\'9cur de l\'92\'e9pouse de Yankeleh) Nehoumaleh Gliqlikh, et ils habitaient \'e0 Lublin. Yechezkel servit dans l\'92arm\'e9e polonaise. Ils mirent au monde Chmil-Menache et vivaient \'e0 Lublin. Leur vie se termina avec la Shoah\uc0\u8234 .\uc0\u8236 \
Rachel n\'92aimait pas l\'92id\'e9e de se marier dans la famille et surtout, elle n\'92\'e9tait pas d\'92accord qu\'92ils la marient \'e0 Ha\'efm, son cousin, comme c\'92\'e9tait programm\'e9. Elle demanda \'e0 aller \'e0 la grande ville. Ses parents, qui s\'92effor\'e7aient de trouver un accord, obtinrent pour elle un travail et un logement chez des clients, la famille Heinsdorf, qui avaient un magasin d\'92articles coloniaux, dans la rue Carmelitsa, au c\'9cur du quartier juif (qui deviendrait un jour le ghetto) de Varsovie. C\'92est l\'e0 qu\'92elle rencontra Chlomo Fliederbaum, qui \'e9tait le neveu par alliance de Jacob Heinsdorf et qui travaillait alors au magasin, elle partir avec lui s'installer en Eretz Isra\'ebl, et c\'92est l\'e0 qu\'92elle se maria avec lui, dans la ville de Tel-Aviv, l\'92ann\'e9e 1926.\
Avant le d\'e9part de Shlomo, le couple passa par Pulawy - o\'f9 Shlomo re\'e7ut des mains d'Isra\'ebl Avraham un set de makhzorim qui lui fut cher jusqu'au dernier jour, puis il partit seul, et une fois le visa pour Rachel obtenu, elle le rejoint.\
Sa demi-s\'9cur, Lonia, raconte comment tous les hassidim et les membres de la famille accompagn\'e8rent Rachel avec des chants, des tambours et des danses, jusqu\'92\'e0 la gare de chemin de fer\'a0: elle s\'92en allait en Palestine\'a0! Elle montait en Terre d\'92Isra\'ebl\'a0! Comme pour suivre les paroles de l\'92Admor, Ha\'efm Isra\'ebl\'a0!\
Au fil des jours, maintenant enceinte, et du fait de la situation \'e9conomique difficile dans le pays, elle chercha \'e0 gagner Paris, et c\'92est l\'e0 que naquit Matel (Mathilde) en 1927, et Iteleh (Ir\'e8ne) en 1931, et l\'e0 que, les uns apr\'e8s les autres, la rejoignirent
\f1\b sa s\'9cur Hava (et son mari, Bernard Bornstein, qui, lui aussi venait de Pulawy)
\f2\b0 , ses demis-s\'9curs Slava et Lonia , toutes deux \'e9galement mari\'e9es \'e0 des natifs de Pulawy et plus tard son demi-fr\'e8re Aaron, qui s\'92appellerait ensuite Arnold.\'a0\
Comme l\'92a racont\'e9 Lonia (n\'e9e en 1910) rencontr\'e9e \'e0 la fin de sa vie en France, son grand-p\'e8re, Rabbi Moch\'e9 Mayer Teitelbaum, m\'eame s\'92il gagnait sa vie avec Yankeleh Tauber dans le commerce et la distribution r\'e9gionale de la farine et dans la minoterie, ne quittait pour ainsi dire jamais la maison d\'92\'e9tude. Au contraire de Yankeleh qui passait beaucoup de temps au magasin de la famille, peut-\'eatre dans un espace de ce m\'eame immeuble, Moch\'e9 Me\'efr \'e9tudiait. Selon le souvenir de Lonia (un souvenir probablement inexact puisqu'il est en contradiction avec la halakha\'85mais elle avait alors seulement 6 ans) il ne sortit pas de la maison d\'92\'e9tude m\'eame pour enterrer sa femme, Deborah (de la maison Kirchenblatt), en Tichri de l\'92ann\'e9e 1916. Le jour de la disparition de son \'e9pouse, Moch\'e9 resta \'e0 la maison d\'92\'e9tude fit une longue oraison fun\'e8bre au passage du convoi, mais ne sortit pas avec les hassidim qui portaient la d\'e9pouille, et il les laissa l\'92enterrer pendant qu\'92il se plongeait dans son \'e9tude selon l\'92enseignement de l\'92Admor.\
C\'92\'e9taient d\'e9j\'e0 les derniers jours de la hassidout de Pulawy. Le premier Admor, Rabbi Ha\'efm Isra\'ebl avait d\'e9j\'e0 disparu \'e0 l\'92\'e2ge de 65 ans, en 1906. Il laissait derri\'e8re lui le \'ab\'a0Chalom Yeroushala\'efm\'a0\'bb qui n\'92\'e9tait toujours pas publi\'e9, un autre livre qui ne le fut jamais, et aussi des cahiers r\'e9unis en un livre par les soins d\'92un de ses fils. Ses fils poursuivirent son chemin mais pour quelques ann\'e9es seulement.\
Lorsqu\'92il \'e9tait encore en vie, et alors qu\'92il n\'92\'e9tait pas encore \'e9lev\'e9 au statut de r\'e9f\'e9rence, le livre \'ab\'a0Chalom Yeroushala\'efm\'a0\'bb \'e9tait d\'e9j\'e0 central pour l\'92Admor et ses Hassidim.\'a0 Le kountrass(recueil) \'ab\'a0Chalom Yeroushala\'efm\'a0\'bb (comme il \'e9tait qualifi\'e9 dans nombre de lieux), \'e9tait un livre tr\'e8s particulier, parmi les premiers livres hassidim sionistes, si ce n\'92est le premier. L\'92Admor avait investi beaucoup d\'92\'e9nergie dans le mouvement sioniste qui vivait ses premiers jours en ce 19\'e8me si\'e8cle. Il cr\'e9a une association, le \'ab\'a0faisceau des mille\'a0\'bb comme l\'92expression de son id\'e9e centrale qui, dans sa bouche, pourrait amener le Messie si vingt mille juifs montaient vers la Terre d\'92Isra\'ebl, et selon les statuts de laquelle l\'92Admor prenait \'e0 sa charge que mille hassidim r\'e9unissent chacun 1000 roubles.\
Rabbi Ha\'efm envoya la brochure \'e0 de nombreux Admorim dans tous les coins de la Pologne et le monde juif, et re\'e7ut des r\'e9actions positives, par exemple de l' Admor de Gour, l' auteur du \'ab\'a0Sfat \'e9m\'e9t\'a0\'bb, des r\'e9actions moins positives, et m\'eame des r\'e9actions d\'92opposition absolue, et cela surtout du c\'f4t\'e9 de l\'92Admor de Rodozin. Avec l\'92aide de son fils, Rabbi Isaac Zelig, qui deviendrai l\'92Admor de Soqolov, il r\'e9colta de l\'92argent, qu\'92il envoya au baron de Rotshild \'85qui refusa la proposition et la demande d\'92\'eatre associ\'e9 \'e0 ce groupe et renvoya l\'92argent \'e0 l\'92envoyeur.\
Au m\'eame moment, sa fille mourut le soir de son mariage, et sa femme aussi tomba malade d\'92une maladie incurable. Ces trois facteurs renforc\'e8rent la duret\'e9 des critiques envers un mouvement sioniste insolite comme l\'92\'e9tait le sien, et oppos\'e8rent \'e0 l\'92Admor un obstacle difficile \'e0 franchir pour l\'92avenir du projet. Il semble que contre l\'92avis de tous, et en particulier, de ses fils qui voyaient dans les malheurs qui lui \'e9taient compt\'e9s les signes divins que ce projet allait contre les voies de Dieu, l\'92Admor proposa d\'92interpr\'e9ter autrement la situation\'a0: celle-ci, selon son entendement, n\'92\'e9tait pas emp\'each\'e9e du fait du caract\'e8re du projet- caract\'e8re r\'e9volutionnaire comme tout ce qu\'92il \'e9tait \'96mais parce qu\'92un homme qui s\'92est engag\'e9 \'e0 une mitsva sans parvenir \'e0 remplir son engagement est passible de mort. D\'92une fa\'e7on ou d\'92une autre, la situation imposa \'e0 l\'92Admor d\'92abandonner ses efforts et ses voies, et peut-\'eatre cela entra\'eena-t-il sa mort. Rabbi Ha\'efm Isra\'ebl f\'fbt enterr\'e9 dans la ville de Pulawy et il n\'92est aujourd\'92hui aucune trace du lieu de sa s\'e9pulture\'a0; plus tard, le cimeti\'e8re a \'e9t\'e9 profan\'e9 et abandonn\'e9,par deux fois\'a0: La premi\'e8re par les envahisseurs nazis, la seconde par le pouvoir communiste stalinien.\'a0\
Ses fils le Rabbi Moch\'e9 Mord\'e9kha\'ef, rabbi Yosef, et Rabbi Isaac Zelig, et ses fr\'e8res Rabbi Tsvi Hirsch de Qilouva, auteur du \'ab\'a0hat\'e9ret tsvi\'a0\'bb, poursuivirent son chemin et la Hassidout de Kotsk. Le premier f\'fbt investi comme Admor de Pulawy apr\'e8s la mort de son p\'e8re et poursuivit dans ses voies au milieu de difficult\'e9s \'e9videntes. Les fils \'e9taient en d\'e9saccord avec l'id\'e9e que la r\'e9demption pourrait advenir au milieu de l\'92\'e9mergence de Juifs qui ne gardaient pas les mitsvot, se d\'e9marquant ainsi du chemin que leur p\'e8re avait trac\'e9, bien plus ouvert qu'eux sur ce sujet, et rabbi Moch\'e9 Mord\'e9kha\'ef eut le triste privil\'e8ge de \'ab\'a0fermer\'a0\'bb la hassidout en quittant Pulawy pour Varsovie en 1915, du fait d\'92un grand incendie de Pulawy et de la premi\'e8re guerre mondiale. Rabbi Moch\'e9 Mordekha\'ef disparut \'e0 Varsovie en 1939, tr\'e8s peu avant la shoah, comme Admour de Pulawy, mais il n\'92a laiss\'e9 personne qui aurait suivi son chemin\'85 en particulier du fait des \'e9v\'e8nements de la seconde guerre mondiale et de la Shoah. Il laissa derri\'e8re lui un livre au nom de \'ab\'a0Midrash Moch\'e9\'a0\'bb commentaire de toute la Torah, \'e9crits sur base de ses drashot hebdomadaires.\
hmouel Ha\'efm Landau (1892-1928) qui \'e9tait \'e0 la t\'eate du mouvement hapohel hamizrahi en terre d\'92Isra\'ebl, connu de la communaut\'e9 sous ses initiales comme le Chahal, \'e9tait parmi les \'e9l\'e8ves qui avaient suivi clairement la voie du premier Admor, et cela fait de cet homme comme l'illustration de ce qu\'92il est advenu de la pens\'e9e de l'admor :les uns la quittent en adh\'e9rant au mouvement sioniste nationaliste, les autres la quittent et abandonnent au passage tout mode de vie religieux.\
Il faut dire que sa pens\'e9e n\'92\'e9tait pas tant sioniste, qu'en phase avec celle du Rabbi de Kotsk, ce qui veut aussi dire \'a0extr\'e9miste. L\'92Admor de Kotsk ne sut \'eatre aussi \'ab\'a0invelt\'a0\'bb que \'ab\'a0aussveldt\'a0\'bb, c\'92est-\'e0-dire qu\'92il ne r\'e9ussit pas en \'e9tant aussi plong\'e9 dans sa recherche de la v\'e9rit\'e9, dans son isolement et sa rupture, \'e0 assumer\'a0 son r\'f4le de guide engag\'e9 dans la vie de tous les jours, li\'e9 \'e0 ses hassidim et disponible\'a0\'a0pour r\'e9pondre \'e0 leurs questions, et peut-\'eatre son fils \'e9tait-il ainsi. M\'eame si un tel portrait ne s'accorde pas avec le charisme du Rabbi Ha\'efm Isra\'ebl, que suivit la majorit\'e9 des hassidim de Kotsk quand il partit fonder la hassidout de Pulawy.\
Son second fils, Rabbi Isaac Zelig Morgenstern passa \'e0 la ville de Sokolov et servit l\'e0 comme Admor des hassidim de Sokolov. Il disparut en 1929 et son fils qui suivit son chemin p\'e9rit \'e0 Auschwitz. Quelques-uns de ses huit enfants parvinrent en Isra\'ebl.\
Son fr\'e8re Rabbi Tsvi Hirsh publia cependant un livre du nom de \'ab\'a0hat\'e9ret tsvi\'a0\'bb (la couronne de Tsvi) qui contient des passages qu\'92il a \'e9crit avec l\'92aide du premier Admor, Rabbi Ha\'efm Isra\'ebl. Il \'ab\'a0Chalom Y\'e9rouchala\'efm\'a0\'bb, quelques lettres et quelques drashot publia aussi le livre Le reste d\'92Isra\'ebl (Ch\'e9harit Yisra\'ebl) et en particulier les suppl\'e9ments \'e0 \
Il semble que Midrash Moch\'e9 et Ater\'e9t Tsvi furent publi\'e9s \'e0 Varsovie dans les ann\'e9es trente. Au cours des vingt derni\'e8res ans,I ils ressortirent \'e0 l\'92instigation de ses descendants de la hassidout de Kotsk install\'e9s en Isra\'ebl.\
La famille Tauber adopta, semble-t-il, son admiration pour le sionisme d\'92une part, et les id\'e9es de la Haskala et du socialisme d\'92autre part. Tandis que Yehezkel et Chlomo, le fils a\'een\'e9 et le dernier fils d\'92Isra\'ebl Abraham, choisirent de rester en Pologne, et disparurent dans la Shoah, ensemble avec leur p\'e8re, tous les autres fr\'e8res et s\'9curs quitt\'e8rent la Pologne.\
Sur la photo qui a \'e9t\'e9 prise en Pologne pendant les ann\'e9es 20 du si\'e8cle dernier, on voit des membres du mouvement sioniste, et parmi eux, Lonia Tauber, Slava Tauber, Yoshua Milrad qui devint son mari, et encore plusieurs Juifs de Pulawydont probablement certains sont n\'e9s dans des familles hassidim, et d\'92autres Juifs qui n\'92\'e9taient pas affili\'e9s \'e0 une cour hassid.\'a0\
l semble que Midrash Moch\'e9 et Ater\'e9t Tsvi furent publi\'e9s \'e0 Varsovie dans les ann\'e9es trente. Au cours des vingt derni\'e8res ans, ils ressortirent \'e0 l\'92instigation de ses descendants de la hassidout de Kotsk install\'e9s en Isra\'ebl.\
La famille Tauber adopta, semble-t-il, son admiration pour le sionisme d\'92une part, et les id\'e9es de la Haskala et du socialisme d\'92autre part. Tandis que Yehezkel et Chlomo, le fils a\'een\'e9 et le dernier fils d\'92Isra\'ebl Abraham, choisirent de rester en Pologne, et disparurent dans la Shoah, ensemble avec leur p\'e8re, tous les autres fr\'e8res et s\'9curs quitt\'e8rent la Pologne.\
Comme on l\'92a dit, Rachel monta en Erets Isra\'ebl, et cela, semble-t-il \'e9tait plus sous l\'92influence de la s\'9cur de Salomon Maltcha et de son mari Y\'e9hiel Buszyn qui y allaient eux, surtout au nom d\'92un id\'e9al socialiste.\'a0 Ya\'efr aussi, son demi-fr\'e8re, monta en Isra\'ebl et arriv\'e9 en Eretz, se joint au kibboutz Kyriat Anavim, et il n\'92est pas certain que cela ait \'e9t\'e9 un choix sioniste mais plut\'f4t celui du moment, en pleine seconde guerre mondiale, et de la m\'eame fa\'e7on, il n\'92est pas \'e9vident de savoir combien la d\'e9cision de rejoindre le kibboutz \'e9tait le fruit d\'92une d\'e9cision id\'e9ologique personnelle ou celle de l\'92agence juive ou du bureau de l\'92int\'e9gration qui l'a fait passer l\'e0 d'autorit\'e9 apr\'e8s le camps d\'92Atlit o\'f9 \'e9taient accueillis alors les immigrants arriv\'e9s en Terre d\'92Isra\'ebl.\'a0\
cela, semble-t-il \'e9tait plus sous l\'92influence de la s\'9cur de Salomon Maltcha et de son mari Y\'e9hiel Buszyn qui y allaient eux, surtout au nom d\'92un id\'e9al socialiste.\'a0 Ya\'efr aussi, son demi-fr\'e8re, monta en Isra\'ebl et arriv\'e9 en Eretz, se joint au kibboutz Kyriat Anavim, et il n\'92est pas certain que cela ait \'e9t\'e9 un choix sioniste mais plut\'f4t celui du moment, en pleine seconde guerre mondiale, et de la m\'eame fa\'e7on, il n\'92est pas \'e9vident de savoir combien la d\'e9cision de rejoindre le kibboutz \'e9tait le fruit d\'92une d\'e9cision id\'e9ologique personnelle ou celle de l\'92agence juive ou du bureau de l\'92int\'e9gration qui l'a fait passer l\'e0 d'autorit\'e9 apr\'e8s le camps d\'92Atlito\'f9 \'e9taient accueillis alors les immigrants arriv\'e9s en Terre d\'92Isra\'ebl.\
Ensuite, Lonia et son mari, Eva et son mari, Slava et son mari Yehochua, et Arnold, ses s\'9curs et son fr\'e8re, s\'92associ\'e8rent \'e0 Rachel et Salomon en France. Slava et son mari Yehochua pass\'e8rent quelque temps de France puis partirent en Isra\'ebl, non du fait d\'92un choix d\'e9lib\'e9r\'e9 mais parce que les\'a0Fran\'e7ais de les y ont pouss\'e9s\'85en les expulsant. Ils s\'92install\'e8rent \'e0 Tel Aviv, Dvorah, leur premi\'e8re fille, se maria \'e0 cette \'e9poque avec Aminadav Hermoni, le premier fils qui naquit dans le kibboutz Sarid dans la vall\'e9e d\'92Yzr\'e9el, et ils v\'e9curent l\'e0 jusqu\'92\'e0 leur mort. En 1935, Rachel prit ses deux filles, Mathilde et Ir\'e8ne pour aller revoir la Pologne. Son but \'e9tait double\'a0: visiter la famille et montrer ses filles, mais aussi encourager ceux qui restaient en Pologne \'e0 quitter ce pays pour se joindre \'e0 la famille en France.\'a0\
Ce projet rencontra l\'92opposition d\'92Isra\'ebl Abraham et de sa femme Hana qui consid\'e9raient que la vie en France impliquait surtout l\'92assimilation. Ils choisirent de rester \'e0 Pulawy, Salomon et sa femme et leurs enfants rest\'e8rent avec eux. Seul Ya\'efr fut convaincu au point de quitter la Pologne pendant la guerre. Peut-\'eatre ce d\'e9bat id\'e9ologique au sein de la famille transpara\'eet sur la photo prise au moment de la visite de Rachel \'e0 Pulawy. Isra\'ebl Abraham etsa femme Hana y apparaissent v\'eatus en hassidim traditionnels pendant que les autres sont \'e0 l\'92occidentale, et non selon la tradition.\
La fin des juifs de Pulawy intervint le 26 d\'e9cembre 1939. Les Allemands d\'e9clar\'e8rent la guerre et conquirent la Pologne le 1ier septembre 1939. Le 3 du m\'eame mois ils entr\'e8rent dans Pulawy, le motif de cette rapidit\'e9 \'e9tant semble-t-il strat\'e9gique, parce que la ville se situait entre la Russie et Varsovie, et que les Allemands voulaient garder la fronti\'e8re orientale de la Pologne\
Le 6 du mois, ils bombard\'e8rent la synagogue, et au d\'e9but d\'92octobre, fond\'e8rent le ghetto qui \'e9tait le second, apr\'e8s celui de Lodz, qu\'92ils \'e9tablissaient en Pologne.\
Les membres de la famille Tauber, r\'e9unis avec d\'92autres nombreuses familles fuirent vers le village de Baranov, sans s\'92\'e9loigner trop \'a0de Pulawy, et y demeur\'e8rent l\'e0 pendant un certain temps. Ya\'efr a racont\'e9 leur fuite \'e0 travers la for\'eat, lui avec son p\'e8re sur son dos, et tandis qu'il sentait les larmes de celui-ci dans son cou. Le grand-p\'e8re Yankele n\'92\'e9tait d\'e9j\'e0 plus en vie, tu\'e9 par balle dans le magasin familial par des soldats allemands.\
Au d\'e9but du mois de d\'e9cembre, les Allemands ferm\'e8rent le ghetto de Pulawy, \'e0 leur mani\'e8re habituelle, impitoyable et violente. Beaucoup de Juifs moururent pendant ces \'e9v\'e8nements. Sauf ceux qui r\'e9ussirent l'exode, \'e0 pieds,par un climat effroyable - des gens se souviennent que la temp\'e9rature passait alors 30\'b0 sous z\'e9ro \'96 les autres furent execut\'e9s ou pouss\'e9s vers un b\'e2timent non chauff\'e9 o\'f9 ils moururent de froid. Le ghetto \'e9tait trop petit, les allemands regroupaient alors les juifs en ghettos plus grands, d'o\'f9 ils les envoy\'e8rent par la suite au camp de Sobibor, d\'92o\'f9 ne revint pas un seul des Juifs de la ville de Pulawy\'85 Jusqu\'92\'e0 ce jour.\
En juillet 1943, Lonia envoya \'e0 ses parents une carte postale \'e0 leur adresse de Baranov, carte au texte poignant "\'eates-vous encore en vie ?
\f1\b nous avons appris qu'il ne reste d\'e9j\'e0 plus de survivants de la famille Borenstein
\f2\b0 \'85r\'e9pondez-nous o\'f9 nous mourrons d'angoisse\'85", carte qui lui revint avec cette mention\'a0: \'ab\'a0Il n\'92y en a plus de vivants\'a0\'bb \'e9crite par la poste polonaise. C\'92est par cette voie que les membres de la famille qui\'e9taient en France surent le sort de ceux qui \'e9taient rest\'e9s en Pologne.\'a0\
La majeure partie de la ville, avec le Rav Mendel (ornement), tel le capitaine du navire en perdition, rest\'e8rent sur les lieux, furent pris vers l' autre ghetto et n\'92en revinrent pas.\
La maison du rav fut transform\'e9e en usine de paraffine, c\'92est dire un camp de travail pour une part, et une \'e9curie pour les chevaux allemands d\'92autre part. Cette maison n\'92a pas \'e9t\'e9 d\'e9truite et elle existe encore jusqu\'92aujourd\'92hui, comme nous l\'92a \
La seconde maison qui a surv\'e9cu \'e0 ces \'e9v\'e8nements est celle de la cour des hassidim.\
De nombreuses autres maisons, et entre elles celle de ce restaurant, qui abritait une brasserie de fabrication de bi\'e8re qui appartenait \'e0 deux fr\'e8res juifs dont le nom n\'92est pas parvenu jusqu\'92ici montr\'e9 par le pasteur Yaroslav Bator \'a0le jour de notre visite \'e0 Pulawy \'e0 la fin du mois de juillet 2019.\
Sort \'e9trange que celui des hassidim de Pulawy : Il reste leur maison, leurs descendants sont \'e9parpill\'e9s dans les courants du monde juif, et tout de leurs Admors a disparu.\
Et moi le petit, je pensais que si je cherchais, j\'92allais trouver et je r\'e9v\'e8lerai \'85 leurs pens\'e9es, celles du premier Admor de Pulawy, ou du second Admor, ou de ceux qui sortirent de Pulawy, au sujet de ce qui leur est arriv\'e9.\
Mais quand donc \'a0un Admor a-t-il d\'e9crit ses pens\'e9es sur ce qui lui est arriv\'e9 personnellement\'a0? Ces Admorim l\'e0 ont \'e9crit une litt\'e9rature \'e9norme et riche, aussi difficile \'e0 conqu\'e9rir qu'une forteresse, et il reste aussi des brochures, des comptes et des lettres, m\'eame des carnets. Mais ils tra\'eetaient de la Tora, et des f\'eates juives, et de sujets talmudiques (sougiot), sujets de pri\'e8re, sujets intellectuels de tous ordres mais non, jamais \'f4 grand jamais de sujets "humains" ni d\'92\'e9motions ou d'angoisse de vie et de mort\'a0. Un chercheur d\'92aujourd\'92hui trouverait difficilement m\'eame des jugements ou des avis sur des questions de soci\'e9t\'e9, ou de politique, tous th\'e8mes vis-\'e0-vis desquels ils \'e9prouvaient une horreur sup\'e9rieure \'e0 tout.\
Rabbi Yssakhar Chlomo Teichtal \'e9crivit dans son recueil \'ab\'a0Une m\'e8re joyeuse de ses enfants\'a0\'bb, ses pens\'e9es sur les \'e9v\'e8nements de la Shoah, mais il s\'92agissait d\'92un livre th\'e9orique \'96 malgr\'e9 l\'92enthousiasme messianique \'96 et pas de ses propres pens\'e9es, pas un journal de ce qu\'92il \'e9prouvait.\
Et pas plus ceux qui \'e9tait sortis de Pulawy ou les descendants de la famille Tauber\'a0:ils n\'92\'e9crivirent pas. Ceux qui \'e9taient en Pologne jusqu\'92\'e0 la seconde guerre mondiale disparurent dans la Shoah et il est certain que de ceux-l\'e0, il n\'92est pas rest\'e9 une seule ligne. M\'eame s\'92ils ont \'e9crit, on (peut) douter s\'92il reste de cela un seul lambeau. Et ceux qui ont surv\'e9cu ont \'e9t\'e9 frapp\'e9s de mutisme, comme on a pu le voir partout. Depuis quand les survivants de la Shoah ont commenc\'e9 \'e0 raconter ce qu\'92ils avaient v\'e9cu\'a0? Seulement ces vingt ou trente derni\'e8res ann\'e9es. Mon propre p\'e8re, qui \'e9tait tout \'e0 fait sain d\'92esprit, bien qu'orphelin de sa m\'e8re par la Shoah, a attendu quarante ans avant de me parler pour la premi\'e8re fois de cela \'85\
Et m\'eame aujourd\'92hui, les chercheurs, les philosophes, historiens, consacrent leurs travaux \'e0 des courants de pens\'e9e, pas \'e0 des \'e9motions. Celles-ci restent, semble-t-il r\'e9serv\'e9es au divan du psychanalyste\'85pour lequel la plupart n'ont que peu de consid\'e9ration\
Du fauteuil o\'f9 je suis assis, en retrait du divan, je n'ai aucun doute que le \'ab\'a0S\'e9raphin de Kotsk\'a0\'bb ne s\'92est pas enferm\'e9 pour des raisons individualistes ou seulement pour rechercher la v\'e9rit\'e9. Il m\'92est difficile depenser que le second Admor de Pulawy qui partit de cette ville pour Varsovie, et a abandonn\'e9 sa cour lorsque la ville br\'fblait, a fait cela pour des raisons id\'e9ologiques, et je n\'92ose pas imaginer qu\'92il ait consid\'e9r\'e9 l\'92\'e9criture de \'ab\'a0Chalom Y\'e9rouchala\'efm\'a0\'bb comme autre chose qu'un \'e9crit intellectuel simplement.\
Au vingti\'e8me et vingt-et-uni\'e8me si\'e8cle, l\'92\'e9tude de la pens\'e9e et les d\'e9couvertes des neurosciences nous ont enseign\'e9 que les \'e9v\'e8nements de la vie influencent les r\'e9actions des humains, si ce n'est la construction m\'eame de leur personnalit\'e9. L\'92homme qui a \'e9prouv\'e9 des \'e9v\'e8nements traumatiques est susceptible d'en \'eatre impr\'e9gn\'e9 au point de lui occuper toute sa t\'eate et de teindre tout son mode de vie, comme si le traumatisme avait lepouvoir\'a0 de g\'e9n\'e9rer des individus aux vies enti\'e8rement marqu\'e9es par le traumatisme. Un tel homme ne vivra pas et ne dormira pas de fa\'e7on normale mais aura au contraire une vie de cauchemar \'e0 l\'92\'e9tat de veille comme de sommeil. Mais m\'eame celui qui est affect\'e9 par les \'e9v\'e8nements traumatiques et qui semble les avoir surmont\'e9s, est aussi massivement influenc\'e9 et teint\'e9 par eux. Il ne semble pas qu\'92il soit possible de s\'e9parer ces h\'f4tes ind\'e9sirables de la vie de l\'92homme qui les a v\'e9cus. C\'92est pourquoi, il ne s\'92agit pas de choix id\'e9ologique d\'92enfermement quand c'est le fait d'un homme qui a v\'e9cu un traumatisme : c'est ce qu'il fait pour sortir du trauma. L\'92humain est ainsi fait qu'il peut parfois trouver en lui les voies pour surmonter le trauma et l\'92affronter par des moyens cognitifs, en se plongeant par exemple profond\'e9ment dans un sujet particulier, en \'e9crivant par exemple un livre th\'e9orique. Et si ce livre est \'e9crit sur un sujet particulier, qui sort de l\'92ordinaire ou s\'92il est \'e9crit sous une forme particuli\'e8re, radicale par exemple, il y aura \'e0 voir dans le choix de ce sujet ou dans le style de cette \'e9critureune manifestation particuli\'e8re de l\'92\'e9l\'e9ment \'e9motionnel vital ou traumatique.\
Un homme ne part pas, ne s\'92enferme pas dans sa chambre pour des raisons id\'e9ologiques seulement, surtout s\'92il a travers\'e9 auparavant ainsi des \'e9v\'e8nements traumatiques difficiles. Il est possible d\'92imaginer que s\'92il dispose d\'92une aptitude voire une foi qui le portent \'e0 la solitude, les \'e9v\'e8nements renforceront chez lui cette aptitude ou cette foi. Mais ce n\'92est pas de la neutralit\'e9 ou de la tranquillit\'e9 de l'existence qu\'92une telle id\'e9e vient au jour, elle est issue pr\'e9cis\'e9ment \'85 de la d\'e9tresse. C\'92est dire que l\'92homme traumatis\'e9 s\'92enferme pour sortir de ses traumatismes de vie.\
Un exemple de cela \'e0 mes yeux est illustr\'e9 par les Pirk\'e9\'ef de rabbi Eliezer. M\'eame si la lecture historico critique des Ecritures consid\'e8re ce livre comme un \'ab\'a0livre tardif\'a0\'bb, c\'92est-\'e0-dire un livre qui n\'92a pas \'e9t\'e9 \'e9crit par Rabbi Eliezer lui-m\'eame mais beaucoup plus tard, l'observation attentive de \'a0l\'92\'e9motion qui teinte tout ce livre, met en difficult\'e9 cette th\'e9orie-l\'e0. \'a0Ce livre rassemble au-del\'e0 des sujets qu'il tra\'eete, l\'92histoire personnelle de Rabbi Eliezer, et il est impossible de ne pas voir \'a0qu'il \'e9taient, avant de devenir un ma\'eetre, quelqu'un qui a \'e9t\'e9 rejet\'e9 de la maison de son p\'e8re, qui en \'e9tait \'e0 se mettre en conflit avec tous les membres de sa famille, quelqu'un de qui nous apprenons par maints et maints exemples talmudiques qu'il \'e9tait massivement en conflit avec ses pairs, avec tous ceux de sa g\'e9n\'e9ration, au point de se faire exclure par eux, et il n\'92est pas possible de lire ce livre sans ressentir la composante \'e9motionnelle de celui qui l\'92a \'e9crit. C\'92est l\'92\'e9criture d\'92un homme enferm\'e9, qui ne souffre pas la controverse, l\'92\'e9criture d\'92un homme bless\'e9.\
Il est possible d'essayer d'avancer que Moch\'e9 M\'e9\'efr Teitelbaum et Yankele Tauber ont quitt\'e9 Sidlovietz au profit de Pulawy pour des raisons id\'e9ologiques, mais la lecture de l'histoire de ce lieu conduit aussit\'f4t aussi vers l'hypoth\'e8se de traumatisme. Et certains vous diront que dans les ann\'e9es 1870, ann\'e9es florissantes de naissance du hassidisme, de nombreux Juifs passaient ainsi de lieu en lieu, pas seulement pour des raisons n\'e9gatives li\'e9es \'e0 l\'92antis\'e9mitisme, mais aussi pour suivre un ou l\'92autre guide, ce sera peut-\'eatre le signe qu'ils font le choix de donner plus de poids aux id\'e9es qu'au v\'e9cu.\
Et il y a plusieurs t\'e9moignages de la venue du premier Admor , Rabbi Ha\'efm Isra\'ebl Morgenstern\'a0 \'e0 Pulawy, suivi de nombreux Juifs de plusieurs villes. Certains \'e9crivent que la majeure partie des Hassidim de Kotsk se rassembl\'e8rentautour de lui, comme si la raison principale de tous ces mouvements de population \'e9tait l'enthousiasme.\
Mais il est plus difficile de pr\'e9tendre que les descendants de la famille Tauber quitt\'e8rent Pulawy pour des raisons id\'e9ologiques, sioniste ou autre seulement. Evidemment, une partie d\'92entre eux \'96 si ce n\'92est la majorit\'e9- cherch\'e8rent d\'92abord \'e0 quitter la Pologne, et il est possible de consid\'e9rer que la raison principale tenait \'e0 cette vie au sein d\'92un peuple \'e0 l\'92origine de pogroms r\'e9currents d\'e9j\'e0 nombreux avant qu\'92\'e9clate la seconde guerre mondiale.\
Et parmi eux , certains comme ma grand-m\'e8re ont r\'e9ussi malgr\'e9 le trauma \'e0 agir de fa\'e7on d\'e9termin\'e9e, tandis que d'autres, \'e9cras\'e9s par l'impact n'ont trouv\'e9 comme ressource pour poursuivre leur vie que l'\'e9vitement, l'enfermement ou le silence.\
Notre monde a bien chang\'e9 depuis l\'92arriv\'e9e du Rabbi Ha\'efm Isra\'ebl Morgenstern dans la bourgade de Pulawy. Tellement qu\'92essayer d\'92en parler donne le vertige. Il n\'92y avait pas d\'92\'e9lectricit\'e9 dans les rues ni dans les maisons, pas de moyens de locomotion, pas de r\'e9frig\'e9rateurs et pas d\'92ordinateurs, et bien s\'fbr pas de traitements de texte sur des tablettes et pas de t\'e9l\'e9phones, ni dans les maisons et encore moins de mobiles pour chacun. Et il n\'92\'e9tait pas d\'92\'e9tat juif souverain, et le mythe du Juif errant \'e9tait fix\'e9 autant aux yeux des Go\'efm qu\'92aux yeux des Juifs.\
C\'92est pourquoi, nous ne devons pas \'eatre surpris qu\'92il ne soit pas venu \'e0 l\'92esprit de ceux qui ont v\'e9cu dans l\'92\'9cil du cyclone de pr\'e9dire ce qui allait arriver et de penser au sens de la vie et \'e0 la psychologie dans ces \'e9v\'e8nements qui venaient d\'92ailleurs. Le peuple \'e9tait simplement occup\'e9 \'e0 sa survie, et ses dirigeants, les intellectuels, \'e9taient occup\'e9s \'e0 dispenser les fruits d\'92un progr\'e8s qui lui \'e9tait \'e9tranger, technologique politique et social. Les rabbins, eux, s\'92inqui\'e9taient d\'92apporter au peuple sa spiritualit\'e9 et n'ont pas toujours su veiller \'e0 cela de la fa\'e7on la plus \'e9clair\'e9e.\
Aujourd\'92hui, et ceci largement depuis Sigmund Freud, le monde occidental a entre ses mains les outils de la psychologie, l\'92observation de soi, la pens\'e9e de l\'92"autre", qui les aident \'e0 m\'e9nager leur place aux \'e9motions, aux traumas et \'e0 leur influence mutuelle, des uns sur les autres.\
Les rabbins, et en particulier ceux du monde conservatif, r\'e9ussiront-ils \'e0 b\'e9n\'e9ficier des progr\'e8s de la pens\'e9e ? certains laissent un espoir, d'autres sont loin de pouvoir le faire.\
Il semble qu\'92il ne soit pas facile pour l'individu en g\'e9n\'e9ral, les chercheurs en sciences sociales et morales (histoire, philosophie, sociologie, g\'e9ographie), et aussi chercheurs en m\'e9decine en particulier, de faire place \'e0 l\'92\'e9l\'e9ment \'e9motionnel des sympt\'f4mes qui affectent un homme, et d'int\'e9grer ce param\'e8tre \'e0 leurs \'e9tudes, mais il est apparemment encore moins facile pour les rabbins de faire place \'e0 cet \'e9l\'e9ment-l\'e0.\
C\'92est pourquoi, j\'92ai trouv\'e9 peu de donn\'e9es pour r\'e9pondre \'e0 mes questions au sujet du traumatisme individuel et social de tout ce qui est survenu aux Hassidim de Pulawy en g\'e9n\'e9ral et \'e0 la famille Tauber en particulier.\
La Hassidout de Pulawy et celle de Kotsk ont disparu. Les Juifs de Pulawy se sont \'e9vanouis. Ainsi la grande partie de leurs \'9cuvres. Les descendants de la famille Tauber sont assez nombreux, la plupart en Isra\'ebl, quelques-uns en France, ce sont des donn\'e9es.\
Et il est en effet possible de conclure de ce qui est survenu \'e0 la hassidout d\'92un c\'f4t\'e9 et d\'92un autre c\'f4t\'e9 \'e0 la famille Tauber avec cette note factuelle.\
Il para\'eet beaucoup plus int\'e9ressant et profond de m\'ealer les observations d\'92\'e9l\'e9ments \'e9motionnels \'e0 tout cela. J\'92ai essay\'e9 de le faire dans ce texte, par la force des circonstances, et surtout par celle de mon imaginaireet de mon analyse personnelle.\
Ahim Habanim Semha a \'e9t\'e9 \'e9crit par le Rabbi Yisachar Shlomo Teichtal, publi\'e9 en 1943 \'e0 Budapest. Le titre vient des Psaumes et signifie \'ab\'a0Un m\'e8re joyeuse de ses enfants \'85\'a0\'bb (Psaume 113, 9\'a0: \'ab\'a0Il donne une maison \'e0 celle qui \'e9tait st\'e9rile, il en fait une m\'e8re joyeuse au milieu de ses enfants. Louez l\'92Eternel\'a0\'bb (Segond) Teichtal a grandi comme un fid\'e8le anti-Sioniste Hassid du Munkatsher Rebbe. Cependant, pendant l\'92Holocauste, Rabbi Teichtal changea de position pour celle qu\'92il \'e9pousa dans sa jeunesse. Le produit physique de cette introspection est le livre Eim HaBanim Semeicha, dans lequel il se r\'e9tracte en particulier de ses pr\'e9c\'e9dents points de vue, et argumente au contraire que la vraie r\'e9demption viendra uniquement si le peuple juif se rassemble et reconstruit le pays d\'92Isra\'ebl. Beaucoup de ses coreligionnaires virent le livre avec scepticisme, certain allant loin au point de bannir Rabbi Teichtal de leurs synagogues. Dans le livre, Rabbi Teichtal critique s\'e9v\'e8rement les Haredim\'a0 pour le refus de soutenir les implantations en terre d\'92Isra\'ebl. Quand il a \'e9t\'e9 \'e9crit, il s\'92agissait d\'92une critique acerbedes institutions juives orthodoxes en particulier Agoudat Isra\'ebl\'a0; sous l'instigation de l'admor Satmar, fr\'e8re de l'auteur, le livre a \'e9t\'e9 enterr\'e9. Un exemplaire a soudain fait surface ds les ann\'e9es 70, et a alors \'e9t\'e9 largement r\'e9\'e9dit\'e9 par l'institut du rav Kook.\
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ao\'fbt 2019\
voyage aux sources polonaises - 4\'e8me volet\
De cette date commen\'e7a le d\'e9clin de la pr\'e9sence juive \'e0 Pulawy dont notre famille contient l\'92illustration et l\'92\'e9ventail : Isra\'ebl Avraham Tauber naquit en 1880 \'e0 Pulawy (en fait, ici subsiste une petite enigme : lui et sesenfants du premier mariage naquirent apparemment \'e0 Kurow, bourgade toute proche, je ne comprends pas ce d\'e9tail), alors Nova Alexandryi parce que sous domination russe , \'e9pousa Matl Rozenson et mit au monde Hazkel en 1898, puis Rachel en 1900, Etl en 1901, Eva en 1903 et Nahman en 1906. Puis elle mourut et Isra\'ebl se remaria avec Hanna la fille de Moshe Mayer Teitelbaum, de qui il eut Slava, Lonia, Ya\'efr, Arnold et Shlomo.\
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Isra\'ebl tenait la graineterie qu\'92avait ouvert Yankeleh, Moshe Mayer \'e9tait actif dans le commerce de la farine, poss\'e9dait des moulins et vendait dans toute la r\'e9gion...mais sa journ\'e9e se d\'e9roulait enti\'e8rement dans le bet hamidrash, aux c\'f4t\'e9s de Yankeleh son ami que tous surnommaient \'ab rabbi Tarfon \'bb. M\'eame le jour o\'f9 mourut Ytel sa femme, il fit le hesped depuis le bet hamidrash mais n\'92alla pas jusqu\'92au cimeti\'e8re. Ses enfants ne rest\'e8rent pas des hassdim. Son a\'een\'e9 Hazkel se laissa cependant marier \'e0 la mode hassidique avec une cousine, mais servit dans l\'92arm\'e9e, s\'92installa \'e0 Lublin et v\'e9cut en juif hiloni. Rachel refusa de se laisser marier, exigea de partir \'e0 Varsovie o\'f9 elle rencontra Salomon, alors que les deux \'e9taient hilonim. Lonia, Ya\'efr, Slava et Arnold fr\'e9quent\'e8rent les groupes sionistes qui se d\'e9veloppaient \'e0 Pulawy. Slava rencontra Yehoshoua Milrad, lui aussi de Pulawy, Eva rencontra Bernard Borenszteijn, lui aussi de Pulawy.\
Rachel et Salomon \'e9taient partis en Palestine en 1925. Salomon \'e9tait parti le premier, avait stationn\'e9 six mois \'e0 Trieste puis ayant r\'e9ussi \'e0 atteindre Ha\'effa, avait envoy\'e9 un visa \'e0 Rachel. Lonia a racont\'e9 comment les hassidim de Pulawy l\'92ont accompagn\'e9e \'e0 la gare en chantant : \'ab elle partait pour eretz Isroel ! \'bb.\
Rachel et Salomon se mari\'e8rent \'e0 Tel Aviv en 1926 ( \'e0 rosh hodesh Iyar) mais \'e9migr\'e8rent pour Paris en fin1926/d\'e9but 1927. Les y rejoignirent Slava et Yehoshua, Eva et Bernard, puis Lonia suivie de Yankeleh Frydman, aussi de Pulawy, qui l\'92\'e9pousa \'e0 Paris. Arnold ne quitta Pulawy qu\'92en 1935, Ya\'efr ne quitta/fuit qu\'92en 1939, et Isra\'ebl Avraham, et sa femme Hanna, et leur fils Shlomo firent partie de ceux parmi les juifs de Pulawy qui finirent leurs jours d\'e9port\'e9s \'e0 Sobibor.\
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Il semble qu\'92ainsi que cela apparait sur la photo de groupe en 1935, lors du voyage de Rachel accompagn\'e9e de ses deux filles Mathilde et Ir\'e8ne, alors qu\'92elle tentait sans succ\'e8s de leur faire quitter Pulawy, n\'92\'e9taient plus hassid qu\'92Isra\'ebl et sa femme. Alors qu\'92il a encore le couvre-chef typique et est boutonn\'e9 droite sur gauche, et sa femme la t\'eate couverte d'une perruque, tous les autres sur la photo sont v\'eatus \'e0 l'occidentale.\
Mais ils habitaient encore la \'ab cour \'bb du rebbe, telle qu\'92elle est d\'e9crite dans le livre de Pulawy...et nous d\'e9couvrons cette cour dont j\'92avais cru avoir lu qu\'92elle avait \'e9t\'e9 d\'e9truite en m\'eame temps que la synagogue.!!\
Le b\'e2timent qui longe encore aujourd\'92hui la route d\'92acc\'e8s \'e0 Pulawy, qui s\'92appelait alors Lubelsky, est le batiment de 300 m de long d\'e9crit dans le yzker buch, qui abritait le bet midrach et les maisons des proches du rebbe, dont Yankele, Isra\'ebl, Moshe Mayer et les autres.\
Il a encore le fronton triangulaire qu\'92on voit sur les photos de l\'92\'e9poque, dont le pasteur nous montre un exemplaire. Nous ne trouvons trace d\'92aucune mezouza, mais il y a encore les entr\'e9es vers la cour int\'e9rieure.\
\'c0 certains endroits, subsiste un pavage ancien, du c\'f4t\'e9 int\'e9rieur subsiste l\'92aspect d\'92\'e9poque, d\'92une autre maison aussi en briques, que je croyais avoir \'e9t\'e9 d\'e9truite par les allemands et qui est face \'e0 nos yeux.\
\'a0Tandis que Jaroslav parle, un habitant sort sur le balcon au premier \'e9tage et me lance un \'ab shalom \'bb spontan\'e9 et \'e9mu (je suis en kipa). Nous \'e9changeons des signes d\'92amiti\'e9.\
Jaroslav nous emm\'e8ne encore au \'ab nouveau \'bb cimeti\'e8re, en bordure du cimeti\'e8re catholique, o\'f9 seule une pierre monument atteste de la pr\'e9sence jadis d\'92un cimeti\'e8re juif. Il ne reste rien, et il pr\'e9cise que ce sont les nazis qui ont d\'e9truit, mais les sovi\'e9tiques communistes qui ont ensuite accompli le travail et nettoy\'e9 la place. Il nous montre l\'92endroit o\'f9 \'e9tait enterr\'e9 le kozker, nous voyons le creux dans lequel les allemands ont abattu ceuxdes juifs qui n\'92ont pas \'e9t\'e9 d\'e9port\'e9s \'e0 Sobibor, en compagnie des polonais qui avaient \'e9t\'e9 jug\'e9s traitres et avaient tent\'e9 de combattre l\'92occupant, et nous voyons les quelques tombes juives parmi les soldats natifs de Pulawy tomb\'e9s au front. Il raconte qu\'92il sait avec certitude o\'f9 \'e9tait le cimeti\'e8re et les tombes parce que c\'92est un ami \'e0 lui qui a achet\'e9 le terrain pour en faire un garage, et quand il a creus\'e9 pour am\'e9nager, il atrouv\'e9 des ossements, qu\'92il a enterr\'e9s, Jaroslav disant le kaddish, le rabbin n\'92ayant pas daign\'e9 honorer la c\'e9r\'e9monie de sa pr\'e9sence.\
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Puis il nous emm\'e8ne dans la derni\'e8re partie de la visite, au \'ab vieux \'bb cimeti\'e8re, qui est aujourd\'92hui rien moins qu\'92un cimeti\'e8re de carrosserie..rien ne permet de distinguer qu\'92un jour il y eut l\'e0 un cimeti\'e8re, alors qu\'92il nous indique de la main o\'f9 \'e9tait la bet tahara, et les limites du cimeti\'e8re. Il est inquiet, demande que l\'92on s\'92en aille avant que quelqu\'92un ne vienne lui chercher querelle, peut-\'eatre nous prendre \'e0 parti...tandisqu\'92il raconte encore comment les pierres tombales ont servi \'e0 faire la rue attenante, et comment certaines ont \'e9t\'e9 trouv\'e9es par la suite par des ouvriers de terrassement, tandis qu\'92en creusant, des habitants ont trouv\'e9 des ossements. Il nous montre deux photos de pierres tombales qui ont un jour \'e9t\'e9 expos\'e9es dans le mus\'e9e de Pulawy, aujourd\'92hui ferm\'e9.\
Cette \'e9mouvante rencontre s\'92ach\'e8ve au caf\'e9 qui appartenait jadis aux deux fr\'e8res\'a0juifs qui tenaient une fabrique de vinaigre, et nous nous s\'e9parons avec la promesse de rester en contact, de l\'92accueillir s\'92il vient en Isra\'ebl, et de contribuer \'e0 la c\'e9r\'e9monie comm\'e9morative-exposition qu\'92il a l\'92intention d\'92organiser pour les 80 ans de la trag\'e9die, le 28 d\'e9cembre prochain.
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