🌳 Généalogie Messier-Grausem
par domimessier
🏛️ Mémoire vivante
Toutes les personnes
Rechercher dans tous les arbres
Raymond Henri Joseph MAENHAUT
Parents
- Henri Gaston Joseph MAENHAUT 1893-1960
- Madeleine Zoé Joseph DUCOURANT 1901-1984
Frères et sœurs
- Robert Alfred Maurice MAENHAUT 1921-1953
- Raymond Henri Joseph MAENHAUT 1924-1944
Événements
- 12 mars 1924 :
-
Naissance - Vermelles, 62980, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
Témoin : Henri Gaston Joseph MAENHAUT 1893-1960MAENHAUT Raymond
Une plaque apposée au lycée Ribot de Saint-Omer ; sa tombe fictive au Mémorial de la Ferté-Saint-Aubin (Loiret)
Raymond Maenhaut est né à Vermelles le 12 mars 1924. Après de solides études primaires, il est lycéen à Saint-Omer, puis au Lycée Henry IV de Paris où il prépare l'école nationale de la France d'Outre-Mer. On est alors en 1943 et c'est dans cette école qu'il entre dans le résistance. il fait partie du groupe "Liberté", organe de protection d'un réseau de Londres "Velites Thermopyles". Il participe au sein de ce groupe à la sécurité des messagers de Londres et organise les relais d'évacuation des agents brûlés vers les maquis des Haute-Corrèze. Par ailleurs, avec ses camarades, il participe à un entraînement très poussé, dans le but de la Libération.
Le 6 juin 1944, au moment du débarquement, le groupe reçoit l'ordre de gagner les maquis corréziens. Il part le lendemain et gagne la Sologne où ils sont hébergés à la ferme du By. Mais ce que l'on ne sait pas, c'est que les activités et les mouvements de ce groupe sont connus depuis près de six mois des Allemands du fait d'un traître, André P. , agent secret de la Gestapo. Le soir du 9 juin, Raymond Maenhaut se trouve ainsi en compagnie de vingt-neuf autres camarades à la ferme du By, commune de la Ferté Saint Aubin. Déjà dans l'après-midi, le groupe a été alerté par l'arrivée d'un civil français dont l'attitude a paru suspecte.
Au petit matin du 10 juin, les jeunes gens sont brutalement tirés du sommeil par l'individu de la veille, accompagné de deux miliciens (les miliciens sont des Français collaborant avec l’ennemi) et d'une douzaine d'Allemands. pas moyen de se défendre ! Les jeunes maquisards n'ayant pas été armés.
Vers huit heures 30, ordre est donné aux étudiants de jeter leurs papiers et objets personnels dans la cour, pour y mettre le feu. Et les Allemands emmènent un premier groupe à sept cents mètres de la ferme. Sous une pluie fine, les mains attachées derrière le dos, ils cheminent deux par deux. Impossible de fuir. Ils sont ainsi poussés vers une sapinière où on les massacre six par six. L'un d'eux, Lucien Schmandt, sortira miraculeusement indemne de la fusillade et pourra raconter cette triste épopée.
Le sous-lieutenant Raymond Maenhaut recevra la Légion d'Honneur à titre posthume[1].
[1] Bibliographie :
Lesage René, Notes généalogiques sur la famille Lesage-Maenhaut, CHHP, 1980
L. SCHMANDT : J'ai été fusillé
G. L'HERBIER-MONTAGNON : La couronne t'attend . Chapitre : le massacre des innocents , pp 67- 87, 1er trimestre 1946
M. JUNOT : La libération du Loiret, p 16
R. ARON : Histoire de l'Epuration , p 561, 1967Sources :- Tombe Maenhaut Henri-Ducourant Madeleine
- Acte EC D Maenhaut Raymond Henri Joseph 10-06-1944
- Acte EC N Maenhaut Raymond Henri Joseph 12-03-1924
- 10 juin 1944 :
-
Décès - La Ferté-Saint-Aubin, 45240, Loiret, Centre, FRANCE
Sources :
- Tombe Maenhaut Henri-Ducourant Madeleine
- Acte EC D Maenhaut Raymond Henri Joseph 10-06-1944
- 1945 :
-
Autre événement : Dossier administratif de résistant - Vincennes, 94300, Val-de-Marne, Île-de-France, FRANCE, Cote GR 16 P 382578
MAENHAUT Raymond
Né le 13 février 1924 à Vermelles (Pas-de-Calais), exécuté sommairement le 10 juin 1944 à La Ferté-Saint-Aubin (Loire) ; étudiant parisien ; résistant du réseau Vélite-Thermopyles
Raymond Maënhaut était le fils d’Henri Maënhaut, combattant de 1914-1918, garde-barrière sur la ligne de chemin de fer entre Auchy-les-Mines et Vermelles (Pas-de-Calais), et de Madeleine Zoé Ducourant, dont un oncle, Jules Ducourant, curé de Vermelles de son état, avait été fusillé le 12 octobre 1914 par les Allemands. Ils étaient domiciliés Route d’Auchy-les-Mines à Vermelles.
Lycéen à Saint-Omer, il devint étudiant en Classe Préparatoire à l’École nationale de la France d’Outre-mer au Lycée Henri IV de Paris et préparait une licence de droit.
Résistant, Jacques Maënhaut appartenait au Corps Franc « Essor » de l’ Organisation civile et militaire de la jeunesse (OCMJ) et Vélite-Thermopyles, qui pratiquait les attaques contre des centres de dossiers STO (« Faculté de Droit Paris), contre des mairies (vols de tickets), distribution de tracts et de journaux, préparation militaire, maniement des armes. A partir de septembre 1943, il fut reconnu agent P2, matricule RX 3059.
Suite aux appels codés de Radio Londres lors du débarquement allié en Normandie, de nombreux résistants lycéens et étudiants parisiens du corps franc Liberté du réseau Vélite-Thermopyles, groupe Vengeance, entreprirent de rejoindre les jours suivants un maquis de Corrèze après avoir été accueillis dans la campagne autour de La Ferté Saint-Aubin (Loiret).
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. d’Orléans commandés par l’adjudant Max Kathrein alias Schneider accompagnés de trois français firent irruption dans la ferme du By, trois résistants parvinrent à se cacher. Parmi les étudiants parisiens, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By.
L’étudiant rescapé Lucien Schmant témoigna qu’après un interrogatoire et une fouille, puis une absence d’une demi-heure pour aller chercher les instructions téléphonées de leurs supérieurs par l’intermédiaire de la gendarmerie de La Ferté-Saint-Aubin, le peloton d’exécution les fit rejoindre une clairière située à l’écart de la ferme ; un premier groupe de seize jeunes dont Raymond Maënhaut fut abattu à la mitrailleuse, puis d’une balle dans la tête, puis un deuxième groupe de treize arrêtés à la grange de La Fourmillière.
Les corps des 29 victimes furent mis en bière au cimetière de La Ferté, le 12 juin.
Le procès des gestapistes français du Loiret se déroula devant la cour de justice d’Orléans du 16 au 23 juillet 1946. Sept avaient été arrêtés et quatre en fuite furent jugés par contumace. André Parent le 16 janvier 1945 a été condamné à mort pour « intelligence avec l’ennemi » et fusillé le 7 février 1945. Lucien Lussac, principal responsable, a été condamné par la même cour le 23 juin 1946 et fusillé le 28 novembre 1946.
Raymond Maënhaut a été reconnu Mort pour la France, membre du Groupe Franc « Liberté », Maquis de Sologne du 06 au 10 juin 1944, homologué sous-lieutenant par décret du 25 octobre 1947 (JO du 1er novembre1947) puis lieutenant FFI par décret du 30 janvier 1948. (membres de la Commission Régionale à Orléans en Janvier-Février 1948 : Gentil (FTP) et Fourmillon (OCM)). Le 24 septembre 1954 le statut d’ interné résistant IR lui fut attribué..
Il a été décoré à titre posthume de la Légion d’honneur, de la Médaille de la Résistance, de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil et Citation à l’ordre du corps d’armée le 10 novembre 1945 « Sans même l’espoir de la gloire a entrepris organisation et instruction militaire en plein Paris occupé. A l’appel aux armes est parti vers les lieux où l’action était plus dangereuse mais plus efficace » (Signé Juin)
Son nom a été inscrit dans la Nécropole nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin.