Fernand Paul GRAUSEM ◉ Sosa : 6

Fernand Paul GRAUSEM

◉ Sosa : 6 · génération 3

  • Né le 2 janvier 1912 (mardi) - Saint-Omer, 62500, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
  • Décédé le 9 janvier 1985 (mercredi) - Saint-Omer, 62500, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE, Fiche décès 3Q38-2773, à l'âge de 73 ans
  • Boulanger, préparateur en teinture, tanneur
↗ Partager
Facebook WhatsApp X E-mail

Parents

Union(s) et enfant(s)

Frères et sœurs

Événements

2 janvier 1912 :
Naissance - Saint-Omer, 62500, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
Déclarant : Julien Félix GRAUSEM 1883-1963
Source : Acte EC N Grausem Fernand Paul 02-01-1912
1921 :
Recensement - Saint-Omer, 62500, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE, 13 rue louis noël
Mentionné(e) (Participant(e)) : Julien Félix GRAUSEM 1883-1963 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Blanche Louise Eugénie MARCQ 1882-1969 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Raymonde Blanche Julienne GRAUSEM 1910-2003 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Fernand Paul GRAUSEM 1912-1985 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Suzanne Jeanne GRAUSEM 1914-1952 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Marie-Thérèse GRAUSEM 1916-1996 · Mentionné(e) (Participant(e)) : René Gaston GRAUSEM 1919-1993 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Joseph Alexis Célestin MARCQ 1851-1932
Source : www.archivespasdecalais.fr/, Recensement Saint-omer sud 1921 p29
1926 :
Recensement - Saint-Omer, 62500, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE, 12 rue louis noël
Mentionné(e) (Participant(e)) : Julien Félix GRAUSEM 1883-1963 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Blanche Louise Eugénie MARCQ 1882-1969 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Raymonde Blanche Julienne GRAUSEM 1910-2003 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Fernand Paul GRAUSEM 1912-1985 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Suzanne Jeanne GRAUSEM 1914-1952 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Marie-Thérèse GRAUSEM 1916-1996 · Mentionné(e) (Participant(e)) : René Gaston GRAUSEM 1919-1993 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Pierre Nicolas GRAUSEM 1923-1989 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Jacques André GRAUSEM 1923-1971
Source : www.archivespasdecalais.fr/, Recensement Saint-omer sud 1926 p45-46
13 juillet 1930 :
Autre événement : Article de journal - Aire-sur-la-Lys, 62120, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
1931 :
Recensement - Lambres, 62120, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
Chez son patron Derache Eugène boulanger.
Source : www.archivespasdecalais.fr/, Recensement Lambres 1931 p3
29 juillet 1932 :
Autre événement : Article de journal - Saint-Omer, 62500, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
31 août 1932 :
Autre événement : Article de journal - ?, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
Source : Championnat du Nord de la FGSPF
4 septembre 1932 :
Autre événement : Article de journal - Saint-Omer, 62500, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
entre 15 avril 1933 et 29 mars 1934 :
Service militaire - ?, 150ème régiment d'infanterie N° matricule 3997
150ème régiment d'infanterie N° matricule 3997
Source : Dossier matricule Grausem Fernand n° 193
4 août 1935 :
Autre événement : Article de journal - Lille, 59000, Nord, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
1936 :
Recensement - Saint-Omer, 62500, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE, rue louis noël
Mentionné(e) (Participant(e)) : Julien Félix GRAUSEM 1883-1963 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Blanche Louise Eugénie MARCQ 1882-1969 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Fernand Paul GRAUSEM 1912-1985 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Marie-Thérèse GRAUSEM 1916-1996 · Mentionné(e) (Participant(e)) : René Gaston GRAUSEM 1919-1993 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Pierre Nicolas GRAUSEM 1923-1989 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Jacques André GRAUSEM 1923-1971 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Mireille Madeleine GRAUSEM 1926-1996
18 septembre 1937 :
Mariage (avec Germaine Marcelle DEBAST) - Saint-Omer, 62500, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
Source : Acte EC M Grausem Fernand Debast Germaine 18-09-1937
entre 2 septembre 1939 et 20 mai 1940 :
Autre événement : Campagne militaire
Campagne contre les allemands au 6ème RTM
Source : Dossier matricule Grausem Fernand n° 193
19 mai 1940 :
Autre événement : Bataille militaire - Landrecies, 59550, Nord, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
19 mai 1940 forêt de Mormal

IV OPERATIONS DE LA 5e D.I.N.A. DANS LA FORET DE MORMAL

Journée du 19 mai

Situation dans la nuit du 18 au 19

Le 19 mai, vers O heures, le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. est convoqué au P.C. Ve CA à Blaregnies. Il y reçoit les indications suivantes, confirmées quelques heures après par écrit.

Le 5e CA doit se replier à la fin de la journée du 19 mai, sur la position jalonnée par la lisière nord-est de la forêt de Mormal Bavay la position fortifiée de la frontière nord.

P.C. du 5e C.A. le 19 au soir : Artres
P.C. de la 5ème D.I.N.A. : Englefontaine

La situation est imprécise à Maubeuge défendue par des éléments de S.F.M. ; l’ennemis emble en mesure d’y agir en force.

Des infiltrations ennemies sont signalées dans la forêt de Mormal.

Mission de la 5ème D.I.N.A.

Nettoyer la forêt de Mormal pour assurer la couverture face au S.E. de la future Zone de stationnement du Ve CA.

Cette mission terminée, regrouper la Division en réserve de C.A. dans la région d’Englefontaine

Moyens

La 5ème D.I.N.A. dispose pour l’exécution de cette mission :

1° - de ses moyens organiques, à l’exception :
a) des éléments détachés (GRDI 95 et détachement Marioge)
b) des troupes du S/Secteur du 14e zouaves qui assureront pendant toute la journée du 19 sur la position de la Trouille, la défense de la totalité du secteur de la 5ème D.I.N.A.

2° - d’éléments de renforcement, savoir :
Infanterie :
3e R.T.M. (à 2 Btn) de la 43e D.I. Ce régiment est actuellement en cours de mouvement dans la région au sud du bois de la Lanière. Son emplacement initial pour l’opération sur la forêt de Mormal est à fixer par entente directe entre le Cdt de la 5ème D.I.N.A. et le Cdt du 43e D.I. dont le P.C. est à Feignies.

Chars :
- 1 escadron de Somua du 29e dragons motorisé (réduit à une vingtaine de chars
- 1 Btn de chars R35, d’effectifs réduits

Le Cdt. des unités de chars viendront à Aulnoye prendre les ordres du Cdt. de la 5ème D.I.N.A.

Réunion des Moyens

Infanterie

Le 6e R.T.M. (à 2 Btn) est immédiatement disponible.

La mise en place du 24e R.T.T. est subordonnée à sa relève … par le 14e zouaves qui est lui-même en secteur.

Dès son retour à son P.C. à Aulnoye (ndlr : il est dit plus haut que le P.C. est à Englefontaine ?), le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. donne par téléphone au 14e zouaves des indications préparatoires (ultérieurement confirmées par écrit) pour l’exécution de cette relève. Mais le 24e R.T.T. n’est informé de sa nouvelle mission que par la réception de l’ordre écrit, les transmissions étant momentanément interrompues avec le régiment. Il en résulte que le 24e R.T.T. ne peut commencer son mouvement, après avoir achevé la relève et fait changer les hommes, qu’à 10 heures.

La région de Rouveroy, Villers Sire Nicole, où est stationné ce régiment est à 20 km des lisières Nord-Est de cette forêt, objectif final de la 5ème D.I.N.A. La largeur moyenne de la zone à nettoyer est de 8 kms.

Il est donc certain que la mission de la 5ème D.I.N.A. ne pourra pas être achevée le 19. Deux jours seront nécessaires pour cette opération même si les résistances rencontrées sont faibles.

Au début de la matinée liaison est faite avec le 43e D.I. Le 3e R.T.M. est dirigé au Gros Chêne P.C. initial du Cdt de l’I.D./5NA, chargé par le Cdt de la Division de mettre en place des éléments qui doivent participer au nettoyage de la forêt.

Chars

Le Cdt. des Btn de Chars du 39 B.C.C./R 35 venu au début du jour au P.C. de la division à Aulnoye fait connaître :

1° - que son Btn est stationné à l’est des bois de la Lanière dans la région Goegnies-Chaussée

2° - que ses chars sont à bout d’essence et qu’il n’y a pas de moyens de les ravitailler avant de longs délais.

Le Cdt de la division prescrit au chef de Btn de ravitailler au moins quelques chars nécessaires pour appuyer dans les laies forestières la progression de l’Infanterie. Ces chars devront être dirigés sur le P.C. de l’I.D./5NA. à Gros Chêne, qui assurera leur mise en place.

Le Colonel Baruteau, Cdt le 29e Dragon fait connaître qu’il ne dispose que d’une vingtaine de chars Somua dont l’approvisionnement en essence est également faible mais à la rigueur suffisant pour l’opération prévue sur la forêt de Mormal. Ces chars sont stationnés à l’ouest du bois de la Lanière.

Artillerie

Les deux groupes du 22e R.A.C. (I et II/RAC) qui doivent participer aux opérations de la forêt de Mormal commencent à manœuvrer à 6 heures partant de la région de Havay. Cdt. de la 5ème D.I.N.A.

Renseignements sur la situation

Les délais nécessaires à la mise en place des troupes seront utilisés à préciser la situation de nos forces et de celles de l’ennemi.

Les liaisons prises avec le Cdt. de la D.L.M. (général Bougrain P.C. La Longueville) avec le Général Cdt. le 43e D.I. (général Vernillat P.C. Feignies) et avec le général Cdt. le S.F. de Maubeuge (Général Béjard, P.C. La Longueville) permettent de préciser le situation comme il suit :

a) Maubeuge est occupé par l’ennemi qui s’efforce d’en déboucher au Nord et à l’Ouest ;

b) A l’Est de Maubeuge le détachement Marioge assure la défense de la région Boussois, Assevent et interdit à l’ennemi le débouché de Maubeuge sur les axes : Maubeuge – Assevent – Vieux Reng.

c) Au Nord de Maubeuge, la 43e D.I. interdit les débouchés de Bettignies et de Feignies.

d) Au Nord-Ouest et à l’Ouest de Maubeuge, les éléments du S.F. de Maubeuge renforcés de quelques éléments de la 2e D.I.M. et de la 4e D.I. sont vivement pressés par l’ennemi sur les axes Maubeuge, La Longueville et Haumont-La Longueville.

e) Pas de renseignements sur la présence éventuelle de l’ennemi dans la forêt de Mormal ou sur les axes Berlaimont Bavay et Landrecies Englefontaine, Le Quesnoy.

Instructions du Cdt. de la 5ème D.I.N.A..

1° - se renseigner au plus tôt sur la situation dans la région de Berlaimont et dans celle de Landrecies.

2° - dans une opération préliminaire dégager la zone La Longueville Hargnies pour permettre la mise en place de la division face aux lisières N.E. de la forêt de Mormal.

3 ° - nettoyer pendant la journée du 19 la partie nord de la forêt de Mormal en faisant effort par la lisière nord-ouest.

Axe d’attaque – Obies carrefour de la Grande Carrière, Carrefour de Chene La Guerre

Objectifs successifs :
- route forestière Les Caches, Aulnoye
- voie ferrée Le Quesnoy, Berlaimont

Objectifs éventuels : ne pourront sans doute pas être atteints avant le 20.
- route le Quesnoy, clairière de Locquignol Maroilles
- route Englefontaine Landrecies

Dispositif initial prescrit par le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. pour le nettoyage de la forêt de Mormal :
- 3 régiments accolés de la droite à la gauche
- 24e R.T.T. (2 Btn. en 1° échelon, 1 Btn. en 2e Echelon)
- 6e R.T.M. (2 Btns en 1° échelon)
- 3e R.T.M. (1 Btn. En 1° échelon 1 Btn. en 2e échelon)

Limites des zones d’action :
- entre 24e R.T.T et 6e R.T.M. : Obies, carrefour de la Grande Carrière Carrefour du Chêne La Guerre (cette limite au 24e R.T.T)
- entre 6e R.T.M. et 3e R.T.M. : La Grande Rue (nord de Quene au Leu) Les Grandes Patures (sud de Locquignol) (cette limite au 6e R.T.M.)

Chars
Chars Somua employés aux missions de reconnaissance définies ci-dessous :
Chars R 35 accompagnement de l’Infanterie le long des lisières forestières appuient par priorité la progression du 24e R.T.T.

Artillerie
… Groupe appui direct du 24e R.T.T.
… Groupe appui direct du 3e R.I.M.

Reconnaissances en direction des ponts de Berlaimont et de Landrecies

Le Cdt de la 5ème D.I.N.A. ne possédait aucun élément d’infanterie motorisée pouvant accompagner les chars Somua pour participer à l’exécution urgente des reconnaissances des lisières de la forêt de Mormal et des ponts de Berlaimont et de Landrecies.

Mais, vers 10 heures, se présente à son P.C. à Aulnoye le Cdt. de l’Escadron moto du GR 95 qui avait participé jusqu’au 19 aux opérations du détachement Marioge et avait reçu, le 19 au matin, du Lt. Colonel Marioge l’ordre de rallier la 5ème D.I.N.A. Cet escadron était réduit à la valeur de 2 petits pelotons.

2 Reconnaissances comprenant, chacune, 1 peloton moto et la ½ des chars Somua disponibles sont dirigées :
- l’une par les lisières Est et S.E. de la forêt de Mormal vers le pont de Berlaimont.
- l’autre par les lisières S.O. et Ouest de la forêt de Mormal vers le pont de Landrecies avec mission :

1°) de reconnaître ces lisières
2°) de nettoyer les résistances légères qui s’y trouveraient et au cas de résistance importante de retarder leur progression jusqu’à l’arrivée de l’infanterie de la 5ème D.I.N.A.
3°) de pousser, si les résistances sont faibles, jusqu’aux ponts de Berlaimont et de Landrecies et d’en assurer provisoirement la garde.
4°) compte-rendu à adresser en arrivant sur les Rocades : lisière N.E. de la forêt de Mormal route Le Quesnoy, Berlaimont, Rte Englefontaine Landrecies.

Opérations préliminaires pour dégager la base de départ

En attendant l’arrivée du 24e R.T.T. il est urgent de dégager au sud de La Longueville, menacée par la progression ennemie.

Le 6e R.T.M. (à 2 Btns) appuyé par les 2 groupes d’artillerie du 22e R.AC. est chargé de cette opération préliminaire qui a lieu à partir de 13 h 30.

- 1 Btn engagé en direction La Longueville Neuf Mesnil, parvient à refouler l’ennemi et à lui interdire les débouchés de Neuf Mesnil

- 1 Btn engagé en direction La Longueville Vieux Mesnil parvient sans perte jusqu’à cette dernière localité qu’il occupe sans être vivement pressé par l’ennemi



I / Situation vers 16 heures 30

Direction de la forêt de Mormal

Le Colonel Oger Cdt l’I.D./5NA (P.C. Gros Chene) rend compte vers 16 heures 30 de la situation suivante.

a) Reconnaissances
La reconnaissance dirigée sur Berlaimont n’a pas rencontré de résistance aux lisières N.E. de la forêt, mais parvenue au nord de Pont sur Sambre elle a du se replier devant des forces supérieures sur Vieux Mesnil, où elle a été recueillie par le Bataillon du 6e R.T.M. qui a occupé cette localité.

Dégagement de la base de départ
La situation est complètement rétablie dans la région au Sud de La

a) Longueville. Mais le Btn. du 6e R.T.M. engagé sur Neuf Mesnil a subi de très fortes pertes au contact de l’ennemi, il ne pourra être dégagé avant la nuit.

Le Btn. du 6e R.T.M. qui occupe Vieux Mesnil peut, au contraire, être relevé en laissant la garde du village aux éléments du S.F.M. l’ennemi étant peu pressant dans cette direction.

b) Mise en place des troupes

La progression du 24e R.T.T. en direction de le Gros Chêne Obies est très lente : terrain extrêmement coupé qui retarde la marche et rend les transmissions et les liaisons précaires.

Le 3e R.T.M. couvert sur son flanc gauche par les actions du 6e R.T.M. sur Neuf Mesnil et Vieux Mesnil a été dirigé sur Cera-au-Leu ( ? probablement Quene-au-Leu).

Le nombre de chars disponibles ne dépasse pas une trentaine, partie en Somua du 29e Dragons, déjà employés aux reconnaissances faites, parie en R5 destinés à appuyer l’infanterie dans le nettoyage des laies forestières.

En raison de cette situation de l’infanterie et des chars, le Cdt l’I.D./5NA estime nécessaire de resserrer le dispositif sur la droite et d’articuler les feux en 2 groupements accolés.



A droite :

24e R.T.T. dans le dispositif initialement prévu
- 2 Btns en 1er échelon (appuyés par les chars R.35)
- 1 Btn. en 2eme échelon

A gauche :
aux ordres du Lt. Colonel Cdt. le 3e R.T.M.
-6e R.T.M. réduit à la valeur de 1Btn en 1er échelon
-3e R.T.M. - à 2 bataillons- en 2e échelon.



II/ situation au Nord-Est de Maubeuge

La situation semble s’aggraver dans la région Assevent Boussois tenue par le détachement Marioge. Bien que ce détachement ne soit pas placé sous les ordres de la 5ème D.I.N.A., le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. ne peut se désintéresser d’éléments qui dépendent organiquement de la Division.

Or, le repli à la nuit de l’ensemble des forces françaises sur la position prévue par l’ordre du Ve CA (lisières N.E. de la forêt de Mormal – Bavay, position fortifiée de



la frontière du Nord, risque de mettre le détachement en situation difficile si ses mouvements ne sont pas coordonnés avec ceux des troupes voisines.

Le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. demande, dans ce but au Cdt. de la 3e D.I.N.A. stationnée à Feignies de ne pas exécuter son repli à la nuit, sans en informer le détachement Marioge et pris les mesures nécessaires pour lui permettre de se replier (1).





(1) Cette demande écrite a été remise personnellement par le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. au Chef d’EM de la 49e ( ?) DI venu à son PC à Aulnoye, en insistant sur son importance. Le Chef d’EM de la 43e ( ?) DI donne une réponse l’assurant que le détachement Marioge ne saurait être oublié en raison des services que sa résidence dans la région d’Assevent a apporté à la défense. – Par suite des circonstances que j’ignore, ni ordre ni renseignement relatif au repli des Forces Françaises n’est parvenu au Lt-Colonel Marioge. Après avoir résisté jusqu‘au 21 ce détachement complètement encerclé a dû mettre bas les armes après avoir épuisé tous ses moyens de défense (voir rapport particulier du Lt-Colonel Marioge).

(suit une ligne illisible se terminant par Villers Sire Nicole)





Situation en direction du N.E. (Position de la Trouille)

Dans le secteur tenu par le 14e zouaves et le 1er B.M. l’ennemi n’est pas encore au contact. Le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. estime que l’appui du I/22e R.A.C. ne lui est pas indispensable. Il prescrit à un groupe de rejoindre son Régiment dans la région du Gros Chêne.

Il prescrit en outre au Lt-Colonel Galtier Cdt le 14e zouaves de laisser un détachement dans la région d’Havay jusqu’à minuit pour y recevoir éventuellement le détachement Marioge si celui-ci est contraint par l’ennemi d’effectuer un repli dans cette direction (1).

1) Ce détachement de recueil est effectivement resté en place jusqu’ au ? mai , 1 heure. Les ordres pour le repli des troupes en ligne sur la position de la Trouille ont été donnés par le Général Cdt la 12e D.I. sur l’ordre de qui le 14e zouaves devait être placé pour l’exécution de ce mouvement.

Direction de Le Quesnoy

A partir de 16 heures, parviennent au P.C. de la 5ème D.I.N.A. à Aulnoye des renseignements assez confus sur la Zone de stationnement de Le Quesnoy :
- route obstruée par des destructions effectuées par des unités
françaises du génie,
- violents bombardements aériens des colonnes du 5e C.A. dirigées sur
cette zone,
- attaque de ces colonnes par des engins blindés ennemis.

Ces renseignements sont apportés par des hommes de troupe provenant des éléments des différents services, dirigés, dés la journée du 19 sur cette zone de stationnement. Bien qu’il soit impossible au Cdt. de la 5ème D.I.N.A. de vérifier l’exactitude ces renseignements semblent urgent le nettoyage de la forêt de Mormal d’où peuvent venir les infiltrations ennemies signalées dans la région de Le Quesnoy.

Le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. décide de quitter le P.C. d’Aulnoye et de se rendre au P.C. de l’I.D./5NA pour accélérer dans toute la mesure du possible cette opération de nettoyage.

Il prescrit au Cdt. l’I.D./5NA de rejoindre la zone de cantonnement de Le Quesnoy sur laquelle avait été antérieurement dirigé le 222e R.A. et les services de la Division pour se renseigner sur la situation, sur les modifications éventuelles de stationnement qu’aurait pu prescrire le 5e C.A. et sur les mesures de sécurité qui pourraient s’imposer.

Occupation par la 5ème D.I.N.A des lisières Nord de la forêt de Mormal

Ayant rejoint vers 18 heures le P.C. du Colonel Oger vers la côte 160 (1200 mètres N. de Quene au Leu), le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. obtient confirmation des renseignements précédents.

La lisière Nord de la forêt de Mormal semble être inoccupée par l’ennemi. Seule, quelques éléments ennemis sont signalés vers la corne N.O. Les retards dans l’occupation de cette lisère ne proviennent que des difficultés du terrain.

Après être resté une heure environ à ce P.C. où les renseignements ne parviennent que lentement, le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. décide de laisser provisoirement au Cdt. de l’I.D./5NA le commandement des éléments chargés de nettoyer, avant la nuit, la partie Nord de la forêt de Mormal (opération qui en dehors des retards de terrain paraît ne présenter que peu de difficultés) et de se renseigner personnellement auprès du Cdt du Ve C.A. sur la situation dans la zone de le Quesnoy et sur les modifications que cette situation peut entraîner sur le cantonnement et la mission de la 5ème D.I.N.A.

Avant son départ, il prescrit au Cdt de l’I.D./5NA de pousser le plus rapidement possible dans la forêt dès qu’il se sera assuré de la possession des lisières afin d’atteindre avant la nuit la voie ferrée Berlaimont Le Quesnoy en vus d’assurer une sécurité suffisante aux éléments des autres divisions qui doivent au cours de la nuit occuper la ligne lisière Nord de la forêt de Mormal, Bavay et d’interdire à l’ennemi l’utilisation de la route Berlaimont – Le Quesnoy.

Après le départ du Cdt de la Division, la progression continue, mais le gros des Btns de 1er échelon retardé par le terrain et les résistances rencontrées à la corne N.O. de la forêt de Mormal, parviennent trop tard à la lisère Nord de cette forêt (entre 20 h 30 et 21 h 30).) Le Cdt. de l’I.D./5NA estime qu’il n’est plus possible d’atteindre la voie ferrée avant la nuit noire.

Il décide de passer la nuit aux lisières nord de la forêt dans le dispositif prévu pour la progression du lendemain.

Eléments de tête ne dépassant pas la route forestière Les Caches Aulnoye

Gros et Artillerie aux lisières N.E. de la forêt (l’Infanterie assurant la sécurité de l’artillerie au cours de la nuit)
P.C. de l’I.D./5NA en bordure de la forêt au S.O. d’Obies

La progression doit reprendre le lendemain à 3 heures

B / nuit du 19 au 20 mai.

Vers 20 h. le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. accompagné de son Chef d’E.M. le Lt-Colonel de Gournay et du capitaine Neaud de l’E.M. se dirige, en voiture, par Bavay et Orsinval sur le P.C. du Ve C.A. qui avait été installé à Artres.

Il est suivi de deux autres voitures transportant des officiers d’E.M. ou des services de la 5ème D.I.N.A qui doivent rejoindre la zone de stationnement des services de la 5ème D.I.N.A. dans la région sud de Le Quesnoy.

Gros retard à la traversée de Bavay obstrué par des destructions. Dans toute la région entre Bavay et Orsinval, nombreuses traces de bombardements aériens. Ni habitant ni soldat visibles dans les villages traversés. Longues files de voitures civiles ou militaires abandonnées sur la route avec ou sans leur attelage. Pas un seul tué ou blessé.

Il y a eu manifestement panique, mais en dehors des effets des bombardements aériens, aucune trace de combat.

Parvenu à la tombée de la nuit à la bifurcation entre Orsinval et Villers Pol, la voiture croise un civil qui observe la route.

Le Cdt de la Division et les Officiers de sa voiture descendent pour l’interroger. Aussitôt se dévoile un poste ennemi dont le civil était sans doute l’indicateur.

Grâce au sang-froid du Lt-Colonel de Gournay qui prévient à voix basse le conducteur et celui de ce dernier qui démarre brusquement en marche arrière, toutes portières ouvertes les Officiers peuvent sauter dans la voiture en marche et échapper par la route transversale avant que le tir du poste ennemi soit réglé.

Mais les deux autres voitures qui suivent celles du Cdt de Division sont aussitôt mises hors d’usage par le tir ennemi. Leurs occupants peuvent s’échapper à travers champs, mais au cours de la nuit ils sont capturés par d’autres postes ennemis en essayant de rejoindre la Division (1).

Pensant qu’il s’agissait là d’une embuscade d’un poste ennemi isolé, le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. décide de faire un détour pour rejoindre le P.C. du Ve C.A. à Artres par Jenlain et Préseau. En arrivant à 100 m de l’entrée de Jenlain, un nouveau poste ennemi est aperçu aux lisières du village. La voiture fait marche arrière puis demi-tour et presque aussitôt après, à vive allure, croise une auto-mitrailleuse ennemie sans lui laisser le temps de l’identifier.

Poursuivie par des motocyclistes et une auto-mitrailleuse la voiture doit pour leur échapper se jeter à travers champs derrière l’église d’Arsoval (Orsinval ?)

Suffisamment renseigné sur la présence d’assez nombreux éléments ennemis dans la région de Le Quesnoy le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. décide de rejoindre à pied sa division dans la forêt de Mormal avec le Lt-Colonel de Gournay, le Capitaine Neaud et le conducteur de la voiture abandonnée.

Ayant atteint, puis suivi la voie ferrée Le Quesnoy-Berlaimont, ils constatent à l’entrée dans la forêt de Mormal que cette voie ferrée n’est pas encore occupée par la 5ème D.I.N.A. comme ils l’espéraient, mais par des postes ennemis dont on aperçoit, à quelques mètres, les voies de l’un d’entre eux.

(1) Renseignements fournis par le Capitaine Porcher de l’E.M. de la 5ème D.I.N.A. fait prisonnier dans ces circonstances.



Au point du jour, ils parviennent à traverser la ligne des postes ennemis grâce au sang-froid du Lt-Colonel de Gournay et du Capitaine Neaud qui abattit presqu’à bout portant la sentinelle qui leur barrait la route vers la cote 145 (1 Km N.E. de Maison Rouge). Ils rejoignent la 5ème D.I.N.A. en entrant dans la forêt de Mormal par le village de Les Caches. Ils apprennent que les premiers éléments de cette Division viennent de dépasser la voie ferrée et se dirigent vers la carrière de Locquignol.

Au même moment, le Lt-Colonel Zalay Cdt le 22e R.A. non prévenu de la présence d’éléments ennemis dans la région de Le Quesnoy se rendait par la route forestière au carrefour de la Grande Carrière. Jolimetz à Bousies pour y reconnaître les cantonnements assignés à son Régiment. Il était accompagné de son personnel de reconnaissance.

En arrivant au carrefour de Jolimetz, il est accueilli par le feu violent des postes allemands qui occupaient le carrefour (3 canons de 77, 2 canons anti-chars et de nombreuses mitraillettes et mitrailleuses. La reconnaissance du Lt-Colonel Zalay perd 5 tués dont le Lieutenant Pavjca (ou Pavica ?), 7 blessés dont le Lieutenant Antonietti et le S. Lieutenant Laugevin. Le reste du personnel de la reconniassnce y compris le Lt-Colonel Zalay est fait prisonnier par l’ennemi.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

20 mai attaque de Locquigol

Journée du 20 mai

A/ Situation le 20 mai à 7 heures.

Le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. rejoint, vers 7 heures, au carrefour de la Grande Carrière le Cdt. de l’ID/5NA qui lui rend compte des faits suivants :

1° - le mouvement de progression dans la forêt de Mormal a repris, dès 3 heures, dans le dispositif fixé la veille.
Le Btn. de droite du 24e R.T.T. (II/24) a refoulé la résisatnce ennemie le long des lisières N.O. Mais il est actuellement arrêté devant une résistance vers la cote 145 (1 Km N.E. de Maison Rouge) (1

2° - Le Btn de gauche du 24e R.T.T. (I/24) et le 6e R.T.M. (réduit par les pertes de la veille à la valeur de 1 Btn) ont pu progresser sans difficulté jusqu’au au carrefour de la Grande Carrière. Ils y ont été assaillis par des auto-mitrailleuses et motocyclistes qui se sont repliés après une ½ heure de combat.
La progression continue en direction de la clairière de Locquignol.

3° - le III/24R.T.T.tient un 2e échelon derrière le Btn de droite du 24e R.T.T. achevant le nettoyage des lisières.

4° - Le 3e R.T.M. est très en retard derrière le 6e R.T.M. soumis à de très violents bombardements de l’aviation ennemie, 1 de ses chefs de Btn a été (?) en voiture il continue à exercer son commandement.

1) Point d’appui ennemi dont le Capitaine Neaud avait, quelques heures avant abattu une des sentinelles.



B/ - Instructions du Colonel Cdt. de la 5ème D.I.N.A.

La reconnaissance effectuée au cours de la nuit, dans la région de Le Quesnoy a permis de constater que cette région était occupée par des éléments très mobiles mais de faibles effectifs.

Le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. ignore si l’occupation de cette zone par le Ve C.A. a été différée par suite d’une panique de nos arrières ou d’un ordre de commandement.

Mais, quelles que soient les dispositions prévues par le Commandement, il estime que la mission qu’il a reçue relative au nettoyage de la forêt de Mormal doit être remplie.

Si, en effet, le Commandement décide de réoccuper la région de Le Quesnoy, la possession de la forêt de Mormal permettra d’appuyer efficacement son action.

Si, au contraire, la gravité de la situation a contraint les forces françaises à se replier sur Valenciennes, l’action de la 5ème D.I.N.A. sur la forêt de Mormal permettra de retarder pendant la journée du 20 l’arrivée de renforts ennemis par les axes Berlaimont, Le Quesnoy et Landrecies - Le Quesnoy et dégagera le flanc sud du 5e C.A. en attirant sur la forêt de Mormal les élements ennemis déjà stationnés dans la région de Le Quesnoy.

Le Cdt. de la 5ème D.I.N.A. décide en conséquence de poursuivre, au cours de la journée du 20, le nettoyage de la forêt de Mormal, puis sa mission remplie, si le repli définitif des forces françaises se confirme, de déboucher par surprise en fin de journée en lisières Ouest et de rejoindre les forces françaises au cours de la nuit.

C/ Ordres donnés pour la reprise de la progression.

1° - le 3e R.T.M. occupera les lisières S.E. de la forêt de Mormal de Berlaimont, en vue
- d’empêcher l’ennemi de déboucher de Berlaimont
- de permettre à 1 groupe d’artillerie de se déployer en arrière de ces lisières et de prendre sou son feu les colonnes ennemies qui seraient perçues dans la région de Berlaimont – Maroilles – Dampierre.

2° - le 24e R.T.T. achèvera avec 1 Btn appuyé par des chars R.35 le nettoyage des lisières N.O. de la forêt de Mormal afin de permettre à 2 groupes d’artillerie d’agir sur les éléments mobiles qui seraient vus dans la région de Le Quesnoy.

3° - Les autres éléments, savoir
I/24e R.T.T. (en Ier échelon
6e R.T.M. réduit à 1 Btn (en Ier échelon
III/24e R.T.T. (en 2eme échelon)
poursuivront leur progression en direction clairière de Locquignol Englefontaine, en vue d’interdire à l’ennemi l’accès de la route Landrecies Le Quesnoy.

Ce groupement sera appuyé par les Somua et les derniers groupes du 22e R.A.

D./ - Attaque de la clairière de Locquignol.

En arrivant à la cote 153 à l’entrée de la clairière de Locquignol, le 6e R.T.M. est attaqué par des éléments d’infanterie ennemis appuyés par des engins blindés.

Il reçoit du Cdt. de l’ID/5NA l’ordre d’enlever la cote 153 et de s’y maintenir jusqu’à l’arrivée du 24e R.T.T.

Le 6e R.T.M. parvient à refouler l’ennemi de la cote 153 mais il est à ce moment débordé par des infiltrations ennemies sur son flanc gauche.

Le Cdt. de la Division donne l’ordre au Cdt. de l’ID/5NA d’engager sur le flanc ennemi le Btn disponible du 24e R.T.T.

Mais en raison des résistances rencontrées aux lisières N.O. de la forêt, le Btn de tête de la Division (du 24e régiment ?) est à ce moment en échelon, la (?) gauche en avant.

Par suite de l’urgence de la situation, le Cdt. de l’ID/5NA apporte à l’ordre donné par le Cdt. de la Division les modalités d’exécution suivantes.

Le I/24e R.T.T. qui en échelon arrière, est à droite du 6e R.T.M. se portera à la gauche du 6e R.T.M. pour couvrir le flan ennemi.

Le II/24e R.T.T. se portera à la place du I/24e R.T.T. à droite et à hauteur du 6e R.T.M.

Le nettoyage des lisières N.O. sera achevé par le III/24e R.T.T. (Bt,. de 2e échelon).

Pendant l’exécution de ce mouvement, le groupe d’artillerie chargé d’appuyer la progression en direction Locquignol – Englefontaine échelonne ses pièces en profondeur dans la laie forestière pour renforcer la défense anti-chars.

Après un large fléchissement du 6e R.T.M., qui, débordé sur son flanc gauche, doir abandonner la cote 153, le front se stabilise à 500 m. environ à l’ouest de la voie ferrée grâce à l’intervention du I/24e R.T.T. et aux artilleries du 22e R.A.C. qui laissent approcher les engins blindés à moins de 100 mètres de leur première pièce et ouvrent brusquement le feu par surprise mettant au 1er coup le char ennemi de tête hors de combat. Les autres chars se replient, masqués par le bois.

E) – Situation à 14 heures.

A 14 heures, la situation est entièrement rétablie à l’intérieur de la forêt.

Le II/24e R.T.T., dont la Cie est restée accrochée par l’ennemi aux lisières N.O. de la forêt, a pu se déployer à la droite du 6e R.T.M.

Le III/24e R.T.T. achève le nettoyage des lisières N.O. jusqu’à la bifurcation de Jolimetz. Mais ces résistances n’ont pas encore permis au groupe des 75 qui devait agir sur Le Quesnoy de se déployer à ces lisières.

Devant le 6e R.T.M., l’ennemi semble s’être replié en ne laissant à son contact qu’un faible élément appuyé par des engons blindés qui occupent encore la cote 153 de la clairière de Locquignol.

Le 3e R.T.M., déployé aux lisières des bois, face à Berlaimont en interdit le débouché mais est assez violemment bombardé.

Le peloton motocycliste, maintenu aux lisières Nord de la forêt de Mormal signale qu’il n’y a plus de trace d’aucune force française dans la région de Bavay ; des éléments ennemis, venus de la direction de Maubeuge, sont parvenus dans la région au sud de Ba vay. Ils commencent à s’infiltrer dans la forêt de Mormal par la lisière Nord.

Des camions ennemis sont signalés dans la région d’Englefontaine en marche vers Le Quesnoy.

F.) – Décision prise par le Cdt de la 5ème D.I.N.A.

Il semble évident que les forces françaises se sont repliées en totalité sur Valenciennes, abandonnat définitivement la région de Le Quesnoy.

Le Cdt de la 5ème D.I.N.A. décide :

1° - de s’emparer de la lisière ouest de la forêt de Mormal face à Englefontaine.

2° - d’en déboucher par surprise au début de la nuit qui rendra impuissante les engins blindés ennemis. De petites actions de détail résolument exécutées suffiront à les refouler.

3° - d’atteindre, avant la fin du jour, la croupe située entre le ravin de l’Ecaillon et de la Seille qui protègeront les flancs de la division contre les engins motorisés ennemis et de rejoindre les forces françaises par un des nombreux ponts de la région de Denain.

Le faible nombre d’impédimenta des éléments de la division opérant dans la forêt de Mormal (6 Btns d’Infanterie sans leurs équipages et 3 groupes de 75 avec un seul GR) rend possible cette opération pourvu qu’elle soit exécutée par surprise par des voies de communication peu fréquentée sur lesquelles l’ennemi ne dispose sans doute que de faibles forces.

G./ - Ordres donnés par le Cdt de la 5ème D.I.N.A.

1° Nettoyage de la clairière de Locquignol et de la corne S.O. de la forêt de Mormal

Sera exécuté par les I et III/24e R.T.T. appuyés par les Somua disponibles aux ordres du Cdt Guillebaud Cdt le 24e R.T.T. L’opération commence à 19 heures afin de parvenir à la corne S.O. de la forêt de Mormal à la tombée de la nuit.

Cette lisière atteinte, poussera jusqu’au village d’Englefontaine et s’y installera définitivement face au S.O. pour couvrir dans cette direction le débouché de la Division et former ensuite son arrière-garde.

2° débouché des bois.

Sera effectué, dès que la lisière, et le village d’ Englefontaine seront occupés par nos troupes. Ce débouché aura lieu dans le dispositif suivant :

a) Avant-garde (aux ordres du Cdt Guillebaud Cdt le 24e R.T.T.) :
- I et II/24e R.T.T.
- Batterie antichar de 47 n°655 (à 2 sections)
- 5 chars Somua
- 1 groupe de 75 du 22e R.A.C.

b) Gros (aux ordres du Cdt. de l’ID/5NA)
- 6e R.T.M. (réduit à 1 Btn)
- reliquat de chars non employés dans les détachements de sûreté
- 2 groupes de 75 du 22e R.A.C. (moins 1 section maintenue à l’arrière garde)
- voitures de blessés
- 3e R.T.M. à 2 Btns.
Des éléments d’infanterie et quelques chars seront intercalés entre chaque batterie pour assurer leur sécurité au cours de la nuit.

c) Arrière-garde (aux ordres du Cdt Leveque Cdt le III/24e R.T.T.) :
- III/24e R.T.T.
- 1 section de 75
- 3chars R35

d) Flanc garde assurées
- à Englefontaine, par le détachement destiné à constituer ultérieurement l’arrière-garde,
- à Raucourt ( ?) par un faible élément d’infanterie et 2 chars Somua
- vers la Grande Route d’Englefontaine le Quesnoy par 2 groupes comprenant chacun un petit élément d’infanterie et 2 chars Somua surveillant de part et d’autre de l’axe de marche de la colonne la direction d’Englefontaine et de Le Quesnoy.
Leur mission remplie, ces éléments passeront aux ordres du Cdt de l’arrière-garde.

e) – Le Cdt de la Division marche derrière l’avant-garde.

f) - Axe de marche
Bifurcation 1 km NE du clocher d’Englefontaine, Ghissinies, Verchain, Thiant.

H – exécution du nettoyage de la corne S.O. de la forêt de Mormal

La clairière de Locquignol attaquée par les I et II/24e R.T.T. accolés tombe rapidement malgré la présence de quelques engins blindés et de pièces anti-chars ennemies qui se replient durant l’intervention de nos premiers chars.

La lisière du bois est aussitôt atteinte sans difficulté et le village d’Englefontaine occupé vers 22 heures par la III/24e R.T.T.

La division qui, au cours de cette opération préliminaire avait été regroupée dans l’ordre de marche, commence aussitôt à déboucher

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

21 mai Ghissignies Rouvignies

Nuit du 20 au 21 mai et journée du 21 mai

Le débouché de l’avant-garde de la forêt de Mormal s’exécute sans encombre et sans résistance importante, quelques engins ennemis se replient après échange de coups de feu.

Mais, à mesure que la Division progresse, de nombreux fusiliers allemands jalonnent sur ses deux flans sa progression.

L’avant-garde, parvenue vers 1 h. 30 au passage en dessous de Ghissinies est arrêtée par une ancienne barricade française abandonnée, protégée par des mines et des obstacles anti-chars.

Les mines sont enlevées, l’obstacle déblayé et déposé sur les bas cotés de la chaussée. L’avant-garde s’écoule alors normalement.

La tête du gros se présente à 2 h. Il reste encore plus d’une heure de nuit. Le débouché de la Division de la forêt de Mormal semble assuré.

Mais un de nos chars du gros de la colonne dont le conducteur aborde trop vite la pente sinueuse de la route à l’entrée du passage en-dessous ( ?), déboîte à droite de la chaussée et fait exploser une mine qui n’avait pas été enlevée sur le bas coté. Le char qui le suit déboite à gauche et s’empale sur un énorme pieu, formidable obstacle anti char qui avait été retiré sur le bas coté gauche de la route. Les 2 chars immobilisés barrent complètement la chaussée.

Pendant plus d’une heure, toute la colonne est à nouveau arrêtée tandis qu’on s’efforce de dégager la chaussée en déplaçant à l’aide des quatre chars ceux qui barrent la route.

L’avant-garde est pendant ce temps arrêtée aux lisières N.O. de Ghissignies pour former tête de pont à l’Ouest de ce passage en dessous.

Au point du jour, la chaussée est entièrement dégagée et l’artillerie qui, pendant l’arrêt avait serré sur la batterie de tête, parvient enfin à passer.

A ce moment, de nombreux nuages de poussières qui se déplacent de l’est vers l’Ouest, au Nord de et au Sud de Ghissignies semblent indiquer l’arrivée d’éléments motorisés ennemis.

Au Nord, une colonne semble se diriger de Le Quesnoy vers St. Martin et essayé de couper la route de l’avant-garde et essaye de couper la route de l’avant-garde.

Au sud, la situation est moins visible, la crête où passe la route d’Englefontaine à Le Quesnoy barre l’horizon et laisse apercevoir de hauts nuages de poussières en direction d’Englefontaine.

Après le passage de l’artillerie et des premiers éléments du 6e R.T.M., une interruption se produit dans la colonne.

Cette interruption se prolongeant, le Cdt de la 5e D.I.N.A. donne l’ordre à une section de chars de faire demi-tour et de se porter jusqu’à la route d’Englefontaine à Le Quesnoy pour voir la situation et éventuellement aider le reste de la colonne à se dégager. Mais les chars sont à bout d’essence. Il faut rechercher des bidons dans Ghissignies pour les ravitailler et lorsque une heure après 2 chars sont en mesure de remplir cette mission, ils ne possèdent encore qu’une quantité d’essence leur procurant une capacité de manœuvre très limitée.

Le Cdt de la 5e D.I.N.A. prescrit alors au Cdt de l’ID/5NA de constituer avec les éléments du 6e R.T.M. déjà parvenus à Ghissignies un échelon de recueil à la voie ferrée pour y recevoir les autres éléments du gros et l’arrière garde dans le cas où ceux-ci seraient vivement pressés par l’ennemi.

Ces dispositions prises à Ghissignies le Cdt de la 5e D.I.N.A. décide de laisser au Cdt de l’ID/5NA le soin de regrouper les éléments attardés et de rejoindre lui-même l’avant-garde et l’artillerie qui doivent être au contact de la colonne ennemie motorisée signalée en marche de Le Quesnoy vers St. Martin.

En traversant le village de St. Martin, la voiture du Cdt de la Division croise un motocycliste allemand qui n’a pas le temps de l’identifier, accélère l’allure et défile à pleine vitesse devant un escadron motorisé ennemi rangé dans le pré d’une ferme, qui surpris le laisse passer et tente vainement ensuite de le faire poursuivre par une auto mitrailleuse.

Le Commandant de la 5e D.I.N.A. suivant l’axe de la marche de la Division parvient à Roussignies sur l’Escaut (ndlr : très certainement Rouvignies) sans rencontrer ni avant-garde ni artillerie, ni aucune trace de combat.

Le pont de Roussignies (ndlr : très certainement Rouvignies) est tenu par des éléments de la 4e Division d’Infanterie. L’ordre de mise à fau est déjà donné. Le Commandant de la 5e D.I.N.A. obtient que l’exécution de cet ordre soit différé jusqu’à la rentrée de sa division. Pas de renseignement sur l’artillerie et l’avant-garde de la 5e D.I.N.A.

Le Cdt de la 5e D.I.N.A.apprend que le P.C. de la 12e D.I.M. est à Valenciennes. Il décide de s’y rendre aussitôt en vue :

- D’obtenir que la mise à feu du dispositif de mine sur le pont de l’Escaut, entre Denain et Valenciennes soit (sauf exigence absolue) différé jusqu’à la rentrée de la 5e D.I.N.A.

- De se renseigner sur la situation générale et sur la situation particulière des éléments de la 5e D.I.N.A. qui n’avaient pas participé à l’opération dans la forêt de Mormal.

- D’obtenir des renseignements sur la rentrée éventuelle par un autre pont de l’avant-garde et de l’artillerie du détachement de Mormal.

Le Général Jansen lui apprend que les forces françaises défendent l’Escaut, que les éléments de la 5e D.I.N.A. qui n’ont pas participé à l’opération dans la forêt de Mormal ont été regroupés à l’ouest de Denain (P.C. Abscon) et que le P.C. du Ve C.A. est à Raches. Pas de nouvelle de l’avant-garde et de l’artillerie du détachement de la forêt de Mormal.

Le Commandant de la 5e D.I.N.A. retourne à Rouvignies, retraverse l’Escaut et reprend en sens inverse l’itinéraire de la division.

En arrivant à l’entrée de Monchaux (ndlr : sur Ecaillon) il croise son avant-garde qui en débouche.

Le Cdt Guillebaud lui rend compte des faits suivants :

Les éléments des II/24e R.T.T. et l’artillerie avaient été séparés du I/24e R.T.T. par l’obstruction des chars au passage en dessous de Ghissignies sont passés par Vertain, au lieu de prendre l’itinéraire par St. Martin.

En arrivant sur le terrain d’aviation de Vertain, la tête de la colonne d’artillerie a été brusquement assaillie par quelques engins blindés ennemis. Grâce au sang froid des artilleurs du 22e R.A.C. qui mirent rapidement 3 chars ennemis hors de combat, la colonne a pu se dégager, mais 8 canons privés de leurs attelages ont du être abandonnés sur le terrain. Le reste du mouvement s’est effectué sans incident.

Le 24e R.T.T. ,moins le btn d’arrière garde non encore rentré et le 22e R.A.C sont alors dirigés vers la zone de stationnement de la division à l’ouest de Denain où se trouvai déjà le 14e Zouaves, le 1er B.M., la Batterie antichars, le 22e R.A. et les services de la division qui n’avaient pas participé à l’opération sur la forêt de Mormal.

Espérant que les éléments retardataires laissés à l’Est de Ghissignies ne comprenaient presque plus que de l’infanterie et des chars parviendraient eux aussi à se dégager et à rejoindre les lignes françaises, non pendant la journée, au moins au cours de la nuit, le Cdt de la D.I.N.A. se rend au P.C. du Ve C.A. à Raches pour y rendre compte de la situation sur sa division et recevoir de nouveaux ordres.

Au cours de l’après-midi et dans la matinée du lendemain arrivent peu à peu, par petits paquets, quelques éléments du reste de la colonne, en particulier le Colonel OGER Cdt l’ID/5NA et le Cdt LEVEQUE qui commandait l’arrière garde.

Le Colonel OGER rend compte des faits suivants : …1/4 d’heure environ après le départ de Ghissignies du Commandant de la 5e D.I.N.A. le village a été très violemment bombardé par l’aviation et l’artillerie ennemies, les défenseurs ont été pris à revers par une attaque d’engins blindés venant de l’ouest.

Le Colonel OGER était informé en même temps que le reste de la colonne avait été violemment attaqué par des engins blindés et essayait de rejoindre les lignes françaises par petits groupes.

Ayant réussi à regrouper une centaine de tirailleurs à l’ouest de Ghissignies vers 8 heures, il s’était replié à travers champs, poursuivi par des engins blindés et des motocyclistes ennemis.

Après avoir marché à la boussole toute la journée du 21 et la nuit du 21 au 22, il était parvenu, en évitant les localités, à se frayer un passage à travers les postes ennemis et à repasser l’Escaut le 22 au matin au pont détruit de Bouchain. Il ramenait avec lui une centaine de tirailleurs du 6e R.T.M. provenant de Ghissignies et quelques isolés du reste de la colonne qui l’avait rejoint en cours de route. Il était accompagné de ses officiers d’E.M. la Capitaine Rosset et le Lieutenant Grosbon.

Le Cdt LEVEQUE fournit les renseignements suivants sur le reste de la colonne.

Après le débouché de ses éléments de tête, le mouvement du gros de la colonne, à la sortie de la forêt de Mormal s’était effectué très lentement par suite des incidents qui avaient retardé l’avant-garde (rencontre d’engins ennemis isolés). La colonne avait été complètement immobilisée à partir de 1 heure (embouteillage de l’avant-garde, puis de l’artillerie au passage en dessous de Ghissignies.

Vers 3 heures (au moment où le passage venait enfin d’être rétabli … de Ghissignies) une colonne motorisée ennemie (environ 150 véhicule et de nombreux motocyclistes venant du N.E. et se dirigeant sur le carrefour de Poix du Nord ; 5 km sud de Ghissignies) a barré la route aux éléments qui n’avaient pas encore débouché de la forêt.

Pendant ce temps, le III/24e R.T.T. était harcelé à Englefontaine par des automitrailleuses et des armes automatiques isolées.

Le 3e R.T.M. ne parvient à déboucher de la forêt qu’à 7 heures. Il se déploie face au N.O. à droite et à gauche de la route Englefontaine Le Quesnoy, mais pris sous un feu violent, d’infanterie et d’artillerie, il ne peut progresser.

Après avoir attendu jusqu’à 7 heures 45, à Englefontaine pour permettre le déploiement du 3e R.T.M., le Cdt LEVEQUE décide de forcer le passage à droite du 3e R.T.M. appuyé par les 3 chars qui lui restent.

Cette opération s’effectue avec les 9e et 11e Cies en 1er échelon, 10e Cie en 2e échelon, les mitrailleuses sont réparties entre les Cies d’infanterie.

La mise en place s’effectue sans difficulté et l’attaque débouche … heures. Elle progresse en direction du N.O. et traverse les éléments de (tête ?) du 3e R.T.M.

A l’arrivée sur le plateau, les unités sont soumises à un très violent tir d’arrêt de 105, 2 chars sont mis hors de combat. Les éléments de tête réussissent à franchir le passage par petits paquets, mais les Cies du 1er échelon, disloquées par ce barrage, subissent de fortes pertes. La Cie de 2e échelon, mélangées aux éléments du 3e R.T.M., ne progresse plus. Les éléments qui ont franchi le barrage sont poursuivis par des motocyclistes et par des tirs d’artillerie ennemis. Ils poursuivent le mouvement par petits paquets en direction d’Haspres et parviennent à franchir l’Escaut le 22 au matin à Denain et Bouchain.

Des isolés du 6e R.T.M. font connaître que le Cdt THOMAS Cdt. le 6e R.T.M. a pu également se frayer un passage à travers les lignes ennemies et s’est efforcé de rejoindre avec ses hommes, par petits paquets, le canal de l’Escaut. Mais son arrivée est vainement attendue. Aucun des tirailleurs du 3e R.T.M. n’a pu rejoindre les lignes françaises et y apporter des renseignements sur ces 2 Bataillons.

L’après-midi du 21 et le matin du 22 sont employés à reconstituer la Division désormais réduite comme éléments combattants aux unités ci-après :

Infanterie (1) :

14e zouaves (à 3 Btns n’ayant subi que de faibles pertes)
24e R.T.T. (à 2 Btns, les survivants du 3e Btn sont répartis, reste les autres Btns pour les recompléter).
1 Cie du 6e R.T.M. (une centaine d’hommes environ)
1er Btn de mitrailleurs (n’a subi que de faibles pertes).

Chars (2) :

Le détachement réduit à environ 18 chars, partie S.O.M.U.A., partie R 35

Artillerie (3) :

22e R.A. (à 2 groupes)
222e R.A. (n’a subi que de faible pertes)
10e Bie antichars divisionnaires (au complet)
655 Bie A chars (à 4 pièces).

1) Le 14e zouaves avait fait mouvement dans la nuit du 19 au 20 avec le 1er B.M. et le 10e antichars, de la position de la Trouille vers la Région Nord de Valenciennes conformément aux ordres qui lui avaient été donnés par la 12e D.I.M. Il était cantonné depuis le 20 à Escaudin.

2) Ces chars sont remis à la disposition du V e C.A.

3) Le 22e R.A.C. a perdu 8 canons à Vertain et 2 canons avec l’arrière-garde à Englefontaine. Les 2 pièces restantes sont affectées au 222e R.A. comme pièces antichar.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

BATAILLE DE LA FORËT DE MORMAL

Message par ROCO le Mar 22 Déc - 14:56

Le 19 mai à 0 heure, le colonel Mesny, commandant de la 5
D.I.N.A., reçoit la mission de nettoyer la fôtet de Mormal pour assurer, face
au sud-est, la couverture de la future zone d'action du V C.A.. En fin de
mission, la division se regroupera, en réserve de corps d'armée, dans la région
d'Englefontaine.


Il disposera à cet effet :


- des moyens organiques de la 5 D.I.N.A., à l'exception :


- du 14 Zouaves, en couverture sur la Trouille,


- du II/6 R.T.M. au détachement Marioge,


- du groupe de 75 en appui direct du 14 Zouaves,


- du régiment de 155 court, dirigé sur la future position:


- des renforts suivants : 3 R.T.M., deux compagnies du 39
B.C.C., 29 Dragons


19 mai


Situation de chacune de ses formations.


Le 6 R.T.M., réduit aux I et III/6, en réserve de division à
Aulnois, est immédiatement disponible.


Le 24 R.T.T., engagé sur la position de la Trouille, doit
être relevé par une partie du 24 Zouaves; il ne sera guère disponible avant 10
heures.


Le 3 R.T.M., actuellement au nord-est de Maubeuge, ne
rejoindra que dans l'après-midi; et au passage à Feignies, le I/3 R.T.M. sera
retenu pour assurer la défense de cette localité.


En outre, l'escadron moto du 95 G.R.D.I. renvoyé par le
lieutenant-colonel Marioge, réduit à deux petits pelotons, rejoindra en fin de
matinée.


Le 29 Dragons s'est regroupé à l'ouest du bois de la Lanière
(1 km sud d'Aulnois). Il a subi des pertes et se trouve à court de carburant.
Le groupe d'escadrons Somua ne pourra donner qu'une vingtaine de chars pour
l'opération. Quant au groupe d'escadrons Hotchkiss, certains de ses pelotons
sont réduits à 3 ou 2 chars.


Le 39 B.C.C., stationné à l'est du bois de la Lanière, est
encore plus démuni; une dizaine de chars R35 seulement pourront être engagés.


Vu les distances à parcourir jusqu'aux lisières nord de la
fôret; il faudra étaler l'opération sur les journées du 19 et du 20.


La décision du colonel Mesny.


Il a peu de renseignements sur l'ennemi et sur la situation.


Il sait que Maubeuge est occupé par l'ennemei, mais que le
détachement Marioge tient à l'est Boussois et Assevent; que la 43 D.I. tient au
nord de Bettignies et Feignes; qu'à l'ouest enfin, la 101 D.I.F. et quelques
éléments de la 2 D.L.M. et de la 4 D.I. sont pressés sur les axes de Maubeuge-La
Longueville et Haumont-La Longueville. Il n'a aucun renseignement sur la
présence éventuelle de l'ennemi en forêt de Mormal ou sur les axes
Berlaimont-Bavay et Landrecies-Le Quesnoy.


Le colonel Mesny, décide de nettoyer , dès le 19, la partie nord
de la forêt jusqu'à la voie ferrée Berlaimont-Le Quesnoy, en faisant effort par
l'ouest, et d'achever le nettoyage le 20.


Sujet: Re: combats de la forêt de MORMAL Lun 14 Déc - 14:11


En ce qui concerne l'état de la forêt ces 17 et 18 mai
Albert Sorel: Le chemin de croix p90:" L'ennemi en sillonnait déjàla
partie sud de ses colonnes légéres motorisées et des coups de feu
retentissaient çà et là,tandis que la partie nord était soumise à un
bombardement très violent.Le long des routes,sous les arbres,dans le taillis et
les clairières,une multitude de réfugiés stationnaient
hagards,épuisés,lamentables.........Au loin s'élevaient d'immenses colonnes de
fumées et de flammes".


Guy Chapmann dans "Why France collapsed" (6
semaines de campagne Arthaud 1972 )


" Commandant de la 5ième DINA le général Mesny retira
le 24ième régiment tunisien du bois de la lanière,envoya à la Longueville les 2
bataillons restant du 6ième marocain et reçut en renfort de la 43ièmeDI 2
bataillons du 3ième marocain,s'y ajoutèrent un bataillon de R35 plus quelques
chars du 29ième dragon arrivés de Hargnies au nord est de la forêt.Le premier
objectif fixé:la voie ferrée Berlaimont- Le Quesnoy.


Les attaques incessantes de l'aviation retardèrent
l'infanterie qui montait occuper ses positions de départ et ce n'est qu'à la
tombée de la nuit qu'elle s'ébranla.Ayant atteint leur objectif,les troupes
s'arrêtèrent et attendirent le jour.Le 3ième marocain qui se trouvait à gauche
du dispositif envoya un de ses bataillons effectuer la jonction avec les
garnisons de casemates de Pont-sur-Sambre.De leur côté,les Allemands reçurent
des renforts entre Berlaimont et Locquignol et réussirent à encercler la droite
du dispositif français.Mesny décida alors de se frayer un passage à travers
Englefontaine à la faveur de la nuit.Le nombre de blindés dont il disposait
s'était amenuisé tant en fonction des pertes que du manque de carburant;;on
récupéra l'essence des éclopés et on la partagea équitablement pour les valides
et, le 20 au soir,la colonne Mesny se mit en route.En tête les tunisiens
,suivis du 6ième marocain,le 3ième fermait la marche. Englefontaine fut
rapidement atteint,mais uneconfusion de noms fit que l'avant garde s'engagea
sur une mauvaise route....Après une courte escarmouche au cours de laquelle les
canons français détruisirent quelques chars allemands,la plus grande partie de
la colonne réussit à franchir la ligne de l'Escaut au cours de la soirée du
21.Une partie du 3ième marocain cependant ne parvint pas à traverser Engle
fontaine avant l'aube;peu nombreux furent ceux de cette arrière garde qui
parvinrent à s'échapper."
entre 20 mai 1940 et 6 juin 1940 :
Autre événement : Route de la captivité - Landrecies, 59550, Nord, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE, Landrecies, La Capelle, Macon, Chimay, Mariembourg, bourg avec une briquetterie, Doische, Givet, Beauraing, sans doute encore à pied jusqu'à Trèves puis en train jusqu'à Fursterberg sur Oder
SUR LA ROUTE DE LA CAPTIVITE
Ce récit est extrait du livre Pî 8 de l'abbé Charpentier.
Journées du 20 au 31 mai 1940 (Belgique - France - Belgique)
Vers 4 heures du matin (nous sommes le 20 mai), nous sortons tous de la cave en tenue militaire française, avec nos armes, et nous filons à travers la campagne. Nous apercevons, au loin, dans ce pays plat, des colonnes allemandes qui montent vers le front le long de toutes les routes et chemins. Toute la journée, nous réussissons à les éviter. Finalement vers 16 heures, longeant les haies, les bouchures et la lisière des bois, nous débouchons tous les cinq d'un chemin creux pour traverser une route. A ce moment un peloton d'une quarantaine de soldats allemands à bicyclette nous aperçoit, nous reconnaît et nous ordonne impérativement de nous rendre. "Halt! Halt! Françoze! ". Que faire sinon obtempérer ? Nous n'avons aucune chance, la fuite étant suivie de la mort certaine pour tous, nous rendons alors nos armes. Ordre nous est donné de suivre la tête du peloton, une bonne moitié des cyclistes couvrant l'arrière de notre colonne. Il fait très chaud et nous devons faire du pas de course pour suivre les bicyclettes pendant des kilomètres, avant d'atteindre un village. Enfin arrivés, exténués, un soldat allemand a pitié de nous et nous offre une bouteille de champagne... chaude. Enfin, chargés dans un camion peu de temps après, nous nous retrouvons dans un pré, bien gardés par des militaires allemands en poste et armés de mitrailleuses. Dans ce pré se trouvent plusieurs milliers de nos camarades, comme nous prisonniers, prostrés ou révoltés, mais ne pouvant subir que leur sort... . La nuit tombe.
Nous dormons sur l'herbe, tant bien que mal et au petit matin du 21 mai, après nous avoir alignés en file indienne, les Allemands nous dépouillent de tout: couteaux, fourchettes, rasoirs, briquets, allumettes... . Et nous voilà partis, marchant le long d'une route, ayant parcourus dans la journée environ 25 km sans aucune pause, avant d'arriver à La Capelle, épuisés; nous n'avons rien mangé depuis deux jours, à part les pissenlits que nous ramassons le long de la route durant notre marche. Avec des camarades, nous parlons de la route que nous venons de faire et de la révolte qui monte en nous lorsque certains de nos camarades, qui ne peuvent plus suivre et supplient qu'on les abandonne, sont tués par les Allemands, certains sont malades, d'autres épuisés de fatigue. Ces graves incidents n'ont pas durée longtemps et ne furent pas monnaie courante mais j'ai été témoin de quelques scènes atroces que je veux oublier. Après une nuit froide où il nous est impossible de fermer l'œil, nous dormons toute la journée du 22 mai. Nous sommes des milliers, éparpillés dans cette prairie, ne sachant pas ce que l'on va faire de nous. Nous avons une soif ardente et sommes complètement déshydrater. Enfin une pluie fine se met à tomber dès que le soir descend. Pour tout abri, nous n'avons que notre capote, mais la pluie du ciel est la bienvenue. Dans nos mains, paumes en l'air formant une coupe, nous recueillons avidement l'eau qui étanche notre soif. Tard le soir, juste avant la nuit, nous recevons chacun deux ou trois petits bouts de lard que nous mangeons comme des animaux.
Les Allemands ont dû être fort surpris de l'afflux de prisonniers qui se rendaient. Ils ne prévoyaient certainement pas la décomposition presque totale de l'armée française. L'intendance pour accueillir un tel nombre d'hommes demande d'énormes efforts et beaucoup de temps pour la mettre sur pied. C'est ce que nous pensons et ce raisonnement nous permet, dans une certaine mesure, de nous résigner à notre condition. Le jeudi 23 mai, la nuit a été très fraîche, il a plu sans arrêt, pluie fine et pénétrante. Des milliers de prisonniers continuent d'arriver, certains exténués, malades, n'ayant rien à manger et ayant fait de longues marches. Parqués comme du bétail, entourés de mitrailleuse, allongés sur l'herbe, détrempés, épuisés; en état de léthargie faute de nourriture, nous dormons. Il nous est impossible d'envisager une évasion car nous sommes trop faibles.
Le 25 mai, nous sommes soudainement réveillés à 4 heures du matin. Quelque chose à dû se passer! Nous attendons jusqu'à 8 heures, et recevons chacun un morceau de fromage. Nous quittons La Capelle vers 9h30, par un soleil brûlant, nous parcourons 30 km à pied, et arrivons à Mâcon, petite bourgade à 8 km de Chimay, en Belgique. Encore une fois, je suis témoin de graves incidents. Parmi ces milliers de prisonniers, marchant en colonne le long des routes, encadrés de troupes allemandes armées, certains hommes très affaiblis ne peuvent suivre et sont abattus. Nous n'osons, plus regarder en arrière. Certains vomissent de dégoût, personne ne se révolte, les voix sont éteintes, notre troupeau est de plus en plus amorphe et abêti, la marche est très pénible. Certains habitants des villages que nous traversons, pris de pitié, nous offrent de l'eau mais, très souvent, nos gardes renversent les seaux. C'est un défilé pitoyable d'hommes hirsutes, sales, barbus, dont les vêtements militaires en désordre sont défraîchis, fripés. Nous campons de nouveau dans un pré à bestiaux. Le soir, mon repas consiste en sept caramels que l'on nous a distribués et quelques pissenlits arrachés le long des routes et dont j'ai rempli mes poches pendant notre marche forcée. Afin de me faire un oreiller et de dormir plus confortablement, je coupe de l'herbe et la met en tas. Je suis un privilégié, étant en bonne santé et jusqu'ici résistant aux intempéries, à la pluie, au soleil et au manque de nourriture. Beaucoup de prisonniers se laissent aller, n'ont plus au découragement mais à l'abandon total de leur corps, de leur vie, de leur sort.
De nouveau, le 26 mai, nous sommes réveillés à 4 heures du matin. Le départ est pour 9 heures, un camarade partage avec moi, un peu de farine et de maïs volés mangés tel quel! La pluie encore, les hommes tombent tout le long de la route, résignés comme des bêtes allant à l'abattoir! Ayant traversé Chimay, village totalement désert, nous arrivons enfin à Marienbourg sous un violent orage. Je ne m'occupe même pas de l'heure qu'il peut être. La plupart s'étendent, je devrais dire se laissent tomber, dans l'herbe détrempée. Aucun aliment ne nous est distribué pour dîner. La pluie est cependant une bénédiction, elle me permet, comme aux plus vaillants, de me laver un peu, sans savon bien entendu.
Voilà une semaine que nous sommes en captivité, la plupart ne savent plus quel jour de la semaine, inconscients des heures, se laissent totalement aller à l'abandon d'eux-mêmes. Nous nous couchons dans l'herbe détrempée, nos vêtements imbibés d'eau. Vers 2 heures du matin, une pluie torrentielle nous réveille et nous n'avons aucun endroit pour nous abriter. Debout, couchés, allongés, les hommes sont résignés. Dans la matinée, on nous sert enfin un peu de soupe chaude! Dans de l'eau claire nage un morceau de bœuf que nous dévorons littéralement. A part l'eau du ciel, rien d'autre pour se laver depuis une semaine. Vers midi, nous reprenons notre marche, vers quel camp d'internement, nul ne le sait! En fin tant bien que mal, nous arrivons à l'orée d'un bourg et sommes parqués dans une briqueterie. Nous sommes un peu rassurés, nous allons pouvoir nous sécher un peu, peut-être trouver de l'eau et serons à l'abri de la pluie et du vent. Ainsi se passe la journée morne du 27 mai, pendant laquelle personne n'a ri, peut de paroles ont été échangées, les gestes demeurent mesurés, les yeux éteints.
Le 28 mai 1940, nous sommes réveillés à 6 heures du matin. A jeun, et toujours à pied, immense troupeau de 20 000 hommes étiré sur la route, nous parcourons 18 km jusqu'au bourg de Douasche où nous faisons une pause d'une heure. Pendant cette marche, j'ai pu arracher des betteraves et cueillir des orties, enfoncés dans mes poches pour faire une soupe ce soir.
Pendant la pause, je dévore un morceau de betterave crue. Nous reprenons notre marche vers 14 heures. A ce moment, une énorme averse nous détrempe complètement. L'eau traverse nos capotes, rentre par nos cols de chemises, coule le long de nos calots ou de nos cheveux, rentre dans nos souliers... René Dufour et Roger Barillot nous quittent, ils ne peuvent plus marcher et préfèrent mourir, ils sont évacués par camions. Notre troupeau fait halte dans un champ pour la nuit, il est 19 heures. Deux camarades et moi-même mangeons le reste de la betterave et buvons un verre d'eau de pluie, qui continue de tomber une partie de la soirée. Epuisé, j'ai oublié les orties et la soupe dont je rêvais ! Les orties sont restées dans mes poches, je pense à ma famille qui ignore ce que je fais où je suis. La nuit est froide, dormir dans des vêtements trempés devient presque une habitude mais certains des hommes dont la santé est plus fragile n'y résistent pas.
Comme d'habitude nous sommes réveillés, si l'on peut dire, car la plupart de nous somnolent seulement, lorsque soudain un café noir non sucré, le jus, nous est apporté. Je ne sais plus comment il nous fut amené, je n'y fis pas attention, quelqu'un cria : "le jus ! Le jus est là". Je vois de grandes bassines en métal contenant un café très clair. Fort heureusement j'ai encore mon quart, que beaucoup ont perdu et que bien naturellement je partage avec les autres. Vers 7 heures nous quittons Douasches. Après avoir parcouru 18 kilomètres à pied, un arrêt de 5 minutes que nous aurions souhaité d'une heure au moins, nous passons par Givet où nous revoyons la France, pour arriver à Beauraing en Belgique. Les hommes sont de plus en plus las, ils n'en peuvent plus, vers 11 heures du soir, du son cuit dans de l'eau nous est donné, au moins c'est une pattée chaude.
J'ai cassé la monture de mes lunettes entre les deux verres, heureusement l'un de nous, que je ne connais pas, a dans ces poches un peu de chatterton, et je peux les arranger tant bien que mal. Hélas le menu du soir ne nous est pas présenté, rien à manger ! J'en suis réduit à dévorer une betterave crue. Il pleut, et je me couche à même le sol, mouillé jusqu'aux os... Tant pis, je sécherai demain en marchant sou le soleil de mai. Ce matin, 30 mai, je suis heureux de retrouver Pierre Barillet et Roger Dufour; ils furent transportés par camion jusqu'à Beauraing, le 28 mai. Ils se portent mieux, ont repris quelques forces, mais sont toujours très affaiblis. J'ai assez bien dormi malgré la très grande fraîcheur humide de la nuit. Au réveil, une douzaine de gars de la Cie de moto du 95° et moi-même confectionnons une soupe aux orties et à la betterave dans un bouteillon de l'armée, espèce de marmite sans anses. L'eau venait d'un ruisseau qui coulait en bordure du village. Campant dans un champ, en lisière d'une "bouchure", nous pouvons faire un feu et l'entretenir jusqu'à 21 heures. Ce feu nous réconforte, nous voilà une douzaine, assis autour du feu, les yeux plongés dans les flammes, regardant fixement la braise, pas un mot n'est prononcé. Pendant cette nuit du 31 mai 1940, bien couvert par une capote séchée, j'ai très bien dormi et puis, on s'habitue !
Vers 5 heures du matin, nous confectionnons, mes camarades et moi-même, un bouillon composé d'orties, de feuilles de frêne, de ronces et quelques petits morceaux de betterave, nous avions préservé notre feu de la veille en l'entourant de pierres et en concentrant la cendre. Nous formons de petits groupes, par affinités, groupes de 5 ou 6 hommes, faits d'anciennes amitiés, de rencontres fortuites, par le fait d'être de la même province ou de la même ville et quelquefois, comme cela m'est arrivé, de la même école, du même séminaire, du même régiment. Les petits groupes se soutiennent, forment une cellule à l'intérieur de laquelle tous les membres s'entraident du mieux qu'ils peuvent.
Journées du 1er au 6 juin 1940 ( Belgique - Luxembourg - Allemagne)
Vers 10 heures, j'aborde un officier allemand qui parle français et lui demande s'il est possible, en tant que prête, de rencontrer le curé de Beauraing. Je discute, j'argumente, mais cette requête lui semble difficile à approuver. Avant de partir, soi disant pour consulter ses supérieurs, il me donne un peu de riz cuit, restant de sa gamelle. Je ne l'ai jamais revu et son cadeau dut être la compensation qu'il m'offrait. Hier, il est arrivé plusieurs milliers de nouveaux prisonniers, aujourd'hui, il en arrive des milliers d'autres. Il est impossible de savoir combien nous sommes. Peut-être vingt mille ? L'atmosphère est lourde, lourde de silence, rompu de temps en temps par une espèce de bourdonnement. Personne ne chante, peu parlent et pour très peu de temps.
Ce soir, notre repas est composé de riz de son, sorte de pattée pour chien, assortie de quatre biscuits de guerre pour chacun. Nous nous couchons à la nuit tombée après un temps très frais. Nous nous réveillons vers 3 heures du matin, ce matin 1er juin 1940. Le réveil se fait toujours de bouche à oreille, .. Vocabulaire succinct, bref, nous informant qu'il faut partir. Il fait froid, nous avons tous, semble-t-il mal dormi. Lorsque notre groupe entend dire qu'il faut cent volontaires pour travailler au Luxembourg. Nous nous débrouillons pour en faire partie mais seul Marcel Artigot du 95° reste en arrière et nous le quittons avec de grands regrets. Le pauvre gars est las, fatigué, en mauvaise santé, il est en fait très mal au point. Nous embarquons dans deux camions, serrés comme des sardines et après deux kilomètres environ, on nous ordonne de descendre. Et là, nous nous sentons revivre à l'odeur du café servi à volonté, à la vue des biscuits de guerre et d'une boule de pain pour trois, c'est le paradis, quel bonheur après dix jours de famine. Nous dévorons, insatiables, sous le regard des soldats allemands qui s'amusent en nous lançant biscuits et cigarettes comme à des chiens. Tout cela manque de dignité mais nous n'en avons cure, le sentiment de honte ne nous effleure même plus.
Nous remontons en camion à 6 heures, après une dizaine de kilomètres, nous sommes transbordés dans des camions plus confortables. Nous passons par Welin, Libin, Neufchâteau, Marienghange, rentrons au Luxembourg et arrivons au village de Riseldange. Le long de la route, j'aperçois des ponts sautés, certains réparés hâtivement, d'autres remplacés par des ponts du génie militaire allemand, des avions abattus, écrasés, .... Enfin, nous voilà désignés pour travailler : Charger des trains de munitions camouflées au milieu d'un bois, de lourdes caisses, toute la journée. Notre groupe de cent hommes est divisé en deux équipes, chaque équipe doit charger 16 wagons. Vers 18 heures, nous descendons au village je salue le curé, nous sommes nourris par les civils, qui ont organisé, sur la demande des allemands, un repas fort copieux composé d'une soupe à la viande de bœuf et de très bon pain frais. Vers 19 heures, nous repartons continuer notre chargement et travaillons jusqu'à 22 heures. De nouveau avant de nous coucher, un léger repas nous est servi. A 23 heures, nous nous couchons dans une grange sur un peu de paille, au sec, heureux d'avoir échappé à l'enfer de Beauraing. Ce dimanche 2 juin, nous sommes réveillés à 4 heures du matin. Je n'ai pas assez dormi, après le dur travail d'hier, mais la nourriture aidant, je me sens plus frais, plus hardi. Avant de repartir au travail, un peu de pain et un excellent chocolat sans sucre sont distribués à chacun de nous. Toute la journée, nous chargeons et déchargeons des caisses de munitions, travail éreintant pour un homme peu habitué tel que moi, les caisses sont excessivement lourdes. Vers 11 heures, on nous sert du riz et de la viande de bœuf avec des pommes de terre, nous voilà content et rassasiés. Nous travaillons jusqu'à minuit, à 22 heures le dîner consiste en un quart de lait froid venu directement d'une ferme et une minuscule tranche de pain. Après quoi, complètement épuisé, nous regagnons notre grange pour dormir.
Lundi 3 juin, lever à 5 heures 30, après une très bonne nuit, hélas, il n'y a pas de petit déjeuner et nous avons très faim car nous travaillons très durement et dépensons beaucoup d'énergie. Jusqu'à 10 heures du matin, nous ne faisons rien sinon brosser la paille collée à nos vêtements et trouver de l'eau pour nous rafraîchir le visage. On nous sert alors, sur place, un peu de purée de pommes de terres avec une tranche de pain que nous dévorons avant de monter en camion, pour parcourir environ 30 kilomètres et prendre un train à Ettelbruck. Nous descendons à la gare de Trèves, pour atteindre le camp, il nous a fallu monter péniblement une longue côte très raide, les hommes n'en peuvent plus. Ce camp qui s'avère de transition, semble très organisé. Nous y trouverons des milliers de prisonniers, tous français et quantité d'officiers. Les soldats prisonniers huent les officiers, leur disant : "voyez nous sommes tous ensemble maintenant, vous et nous et entre nous il n'y a plus de différence, nous avons tout perdu la guerre, à cause de vous".
La faim nous tracasse, nous hante, on dirait qu'il n'y avait plus que cela d'important : Manger à sa fin. Mais ce jour là, après ce voyage pénible, nous devons dormir dans une baraque de bois sans avoir mangé et de plus dormir à même le sol. Dès le lever, ce mardi 4 juin, j'essaie d'obtenir un casse-croûte pour les hommes qui sont avec moi. Mais nous sommes en fait trop nombreux, car notre groupe de cent travailleurs s'est trouvé dans le camp au milieu de ces milliers de prisonniers, cependant nous faisons corps. A midi, je n'ai pas encore trouvé à manger, résignés nous réussissons à faire cuire quelques escargots ramassés le long des routes il y a plusieurs jours et conservés dans nos mouchoirs. Enfin vers 16 heures, une soupe très épaisse de pommes de terre, une boule de pain pour six, avec fromages et margarine, nous sont servis. Cela suffit pour nous rendre heureux et ramener un peu de sourire et de détente sur le visage des hommes.
Ce mercredi 5, dès le lever, nous apprenons que 3000 hommes du camp de Trèves doivent partir pour une autre destination, notre groupe de cent en fait partie, une boule de pain pour 5 nous est distribuée. Neuf heures trente : nous quittons Trèves par le train, ce sont des wagons de marchandises, dans lesquels nous sommes entassés. Dans le mien, nous nous comptons : 70 hommes alors que le maximum est 40, le temps est long. La chaleur est étouffante, lourde, nous sommes presque tous debout. Vers 14 heures, un garde allemand, à l'arrêt d'une petite gare, entrouvre la porte du wagon... pour la refermer presque aussitôt. Nous avons du mal à respirer, l'odeur que nous dégageons, serrés les uns contre les autres, pas lavés depuis des jours, portant des vêtements sales et fétides. Nous passons par Coblentz, traversons de nombreux tunnels,.... . Vers 15 heures, le train s'arrête, les portes s'ouvrent, nous humons l'air à pleins poumons. Comme des animaux, les gardes allemands nous jettent des boules de pain dans les wagons. Comme des chiens affamés, certains hommes s'étaient emparés des boules de pains "halte là" disent certains de mes compagnons, "nous avons avec nous un curé, c'est lui qui, équitablement, fera le partage". Tous acceptent ma médiation et désigné d'office, je me mets au travail. Ayant compté mes pains, j'en conclus qu'il y a assez de boules pour partagé : une boule pour cinq personnes. Nous nous serrons encore plus pour dormir, mais tout le monde ne peut se coucher. Je dois rester debout une grande partie de la nuit. L'odeur est nauséabonde. Au petit matin du jeudi 6 juin, je peux enfin m'allonger car certains des hommes se sont levés. Enfermés toute la journée dans notre wagon, sans manger, le train continue son chemin. Regardant par une petite lucarne du wagon, je réalise que nous passons par la banlieue de Berlin. Ayant gardé un morceau de pain dans ma poche, je le termine. Toujours cette chaleur lourde, pesante grasse et cette odeur de crasse et de sueur. Les hommes urinent dans leur quart qu'ils vident par la lucarne.
Fürstenberg sur Oder
Enfin, nous arrivons à la gare de Fürstenberg sur Oder à 18 heures, après 33 heures de trains, nous sommes devenus de pauvres hères, amorphes, las, incapables de réagir. Et portant, il nous faut encore marcher deux ou trois kilomètres pour parvenir dans un immense camp en construction qui a la réputation d'un camp disciplinaire, car les bruits, les rumeurs courent, lancés et parvenus jusqu'à nous on ne sait comment. Peu importe ! Nous verrons bien !
21 mai 1940 :
Autre événement : Capturé - Landrecies, 59550, Nord, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE, Forêt de Mormal
Faisant partie de 6ème Régiment de Tirailleurs Marocains, il est fait prisonnier le 21/05/1940 par les Allemands dans la forêt de Mormal. Ci-dessous l'historique de la 5e D.I.N.A.(Division d'Infanterie Nord Africaine) dont faisait partie le 6ème RTM.
Division de formation, série A, type nord-est.
Commandant : général Vieillard, puis général Agliany (19 avril 1940), puis colonel Mesny (16 mai 1940). Chef d'état-major, lieutenant-colonel Putinier, puis lieutenant-colonel de Gournay. Commandant l'infanterie divisionnaire colonel Mesny, puis colonel Oger (16 mai). Commandant l'artillerie divisionnaire, colonel Guillemet.
Mobilisée dans la XIVe région (Lyon, Belley), et dans la XVe (Toulon-Nîmes) avec P.C. à Valence du 2 au 8 septembre, elle fut d'abord constituée avec les 11e, 12e et 14e régiments de zouaves. En octobre 1939, le 11er fut rem- placé par le 6e tirailleurs marocains, lieutenant-colonel Marioge, puis commandant Thomas (20 mai); et le 12e fut remplacé par le 24e tirailleurs tunisiens, colonel Oger, puis commandant Guillebaud (16 mai).
La division fut rassemblée dans la zone de Pont-à-Mousson (IIIe armée, 6e C.A.), puis amenée à pied dans la région de Boulay du 13 au 15 septembre. Le 4 octobre, elle releva la 42e D.l. dans le secteur de Narbefontaine. Elle en fut retirée du 30 novembre au 3 décembre, embarquée à Pont-à-Mousson (VF) et transportée dans la région Saint-Quentin, Péronne (1e armée, 5e C.A.). Le 6 janvier 1940, elle releva la 12e division d'infanterie motorisée au nord-est d'Avesnes, secteur du S.F. Maubeuge, en liaison au nord avec la 1e division marocaine, au sud avec la 4e D.I.N.A.
Bataille de la Dyle. Le 10 mai, la division fit mouvement sur l'itinéraire Berelles, Cousoire, Thuin, Charleroi, Temploux. Le 12, elle stationna au sud-ouest de Charleroi. Le 24e tunisien fut enlevé par camions et débarqué à 19 h au nord ouest de Namur, afin d'occuper la P.R. entre Emines et Cognelée. Le 13, le deuxième tiers de la division rejoignait, le P.C. s'installait à Florennes. Le 14, la division occupait la P.R. en liaison avec l'infanterie belge, le 6e marocain était sur le ruisseau d'Houyoux, tenant les ponts sur la Meuse de Namur à Wepier. Le 15, attaquée par les blindés ennemis, la division se replia sur le ruisseau d'Houyoux et la voie ferrée Namur-Bruxelles, puis, dans la nuit, vers la région de Charleroi. Le 16, après destruction des ponts de la Sambre, elle fut regroupée à l'est de Charleroi. Un détachement commandé par le colonel Marioge et comprenant principalement le 6e marocains fut replié sur Chatelet, puis sur Avesnes, en plein dans la retraite des éléments de la 5e division d'infanterie motorisée qui refluait du secteur de gauche de la Meuse. Le 17, la division s'installait sur le canal de Charleroi, et parvenait, à la nuit, dans la région au sud-est d'Aulnois, à 10 kilomètres au nord de Bavai, avec des éléments à Boussois. Sa mission consistait à interdire le débouché de l'ennemi au nord de Maubeuge, et entre Maubeuge et Boussois. Le 18, elle occupait la position de La Trouille, entre Givry et le bois de Rouveroy. Le 6e R.T.M. livrait des combats à Boussois et Assevent.
Bataille du Nord. Le 20 mai, la division est encerclée dans la forêt de Mormal par des formations blindées ennemies, elle essaie de s'échapper dans la direction de Denain. Le 21, des accrochages se produisent vers Englefontaine, Bermerain, Saint-Martin. L'Escaut est franchi, avec pertes, vers 16 heures. Le détachement Marioge est fait prisonnier à Boussois et Assevent. Le 22, après un essai de regroupement, c'est le repli au sud-est de Douai, puis, le 24 sur le canal de la Sensée entre Arleux et le nord de Douai. Le 26, nouveau repli vers Phalempin et Wahagnies, à partir de 20 heures. Le 27, vers Haubourdin, ordre donné de brûler les drapeaux. Le 28, les éléments ayant réussi à franchir la Deule vont se regrouper à Brây-Dunes. D'autres ont été encerclés à Lille avec le groupement Molinié.
Réussiront à s'embarquer seulement 250 hommes du G.R., 700 artilleurs qui, par la suite, seront capturés à Rennes ou à Lorient. Toute l'infanterie de la division a été mise hors de combat ou faite prisonnière.
Sources :
  1. Dossier matricule Grausem Fernand n° 193
  2. BAVCC
entre 21 mai 1940 et 20 juin 1945 :
Autre événement : Captivité - Furstenberg sur Oder, ALLEMAGNE, Stalag 3 B, N° matricule 26718
Capturé le 21/05/1940 à Landrecies(Nord).
Arrivé le 06/06/1940 au Stalag IIIB de Furstenberg sur Oder actuelle ville d’Eisenhüttenstadt
Parti le 05/12/1941 au stalag IIIC à Kustrin Drzewice (sur l'Oder frontière Pologne/Allemagne).
Devenu travailleur libre en 09/1943.
Libéré et blessé par les Russes le 22/04/1945.
Rapatrié le 20/06/1945 par le centre de Lille.

Basdorf K°449 localisé dans cette commune et en pologne.
Basdorf est un hameau de la commune de Wandlitz dans le Land allemand de Brandebourg, situé à une trentaine de kilomètres au nord de Berlin. Le chanteur français Georges Brassens y a travaillé pendant la Seconde Guerre mondiale dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO). Il était affecté à la fabrique de moteurs d'avions Bramo (Brandenburgischen Motorenwerken), fournisseur de la Luftwaffe.
Sources :
  1. Dossier matricule Grausem Fernand n° 193
  2. http://stalag3b.free.fr/menu.htm
  3. http://stalag-iiib.fr/blog/
  4. BAVCC
5 décembre 1941 :
Autre événement : Part au Stalag IIIC - Furstenberg sur Oder, ALLEMAGNE
Il quitte le stalag IIIB pour le stalag IIIC.
Source : BAVCC
septembre 1943 :
Autre événement : Travailleur libre en Allemagne - Furstenberg sur Oder, ALLEMAGNE
Il devient travailleur libre en 09/1943.
Source : BAVCC
entre 1945 et 1946 :
Service militaire - Arras, 62000, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE, 1W31933 et 1W31934
2 registres des décisions prises par l'ONAC & VG pour l'attribution des cartes du combattant en 1945 et 1946.
Ces registres doivent ensuite renvoyer à un N° de dossier à trouver dans les cotes 2501W 1à 308.
20 juin 1945 :
Autre événement : Rapatriement - Lille, 59000, Nord, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
Il est rapatrié en France par le centre de Lille.
Source : BAVCC
1946 :
Recensement - Saint-Omer, 62500, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE, 164 rue de Dunkerque
Mentionné(e) (Participant(e)) : Germaine Marcelle DEBAST 1905-1985 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Fernand Paul GRAUSEM 1912-1985 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Gérard André Fernand GRAUSEM 1940-2024 · Mentionné(e) (Participant(e)) : Léonie Pauline DEBAST 1887-1948
Source : Recensement St-Omer 1946
1959 :
Autre événement : Acquisition - Saint-Omer, 62500, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE, rue d'Hazebrouck 3Q38 1303 a 1305+1376 à 1389
Mentionné(e) (Participant(e)) : Fernand Paul GRAUSEM 1912-1985 · Mentionné(e) (Acheteur) : Germaine Marcelle DEBAST 1905-1985
Source : Matrice PB 1911-1961 3P765-71 case 1989
9 janvier 1985 :
Décès - Saint-Omer, 62500, Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE, Fiche décès 3Q38-2773
Source : Acte EC D Grausem Fernand Paul 09-01-1985

Voir dans l'arbre