Suzanne DE HENIN LIETARD

Suzanne DE HENIN LIETARD

  • Née en 1603
  • Décédée le 6 novembre 1652 (mercredi) - Pontoise, 95500, Val-d'Oise, Île-de-France, FRANCE
  • Religieuse
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Parents

Frères et sœurs

Événements

1603 :
Naissance
6 novembre 1652 :
Décès - Pontoise, 95500, Val-d'Oise, Île-de-France, FRANCE

Notes

Née en 1603, elle perdit sa mère à l'âge de cinq ans. Elle reçut une éducation brillante et passa quelque temps à la Cour. Mais elle prit tout à coup du goût pour le cloître, et se retira dans un couvent de Capucines. Son frère voulant s'opposer à son dessein, elle se fit enlever par une confidente et conduire à Port-Royal. Elle y fit profession à l'âge de 22 ans, en fut élue prieure, puis exerça successivement la méme charge à Argensoles, à Gif et à l'Escrache ; elle fut ensuite nommée abbesse de Lieu-Dieu. (Hist, de la fondation de Maubuisson. —Gall. Chr.)

Marie Suireau, abesse de Maubuisson, manifesta l'intention de se retirer, et résigna l'abbaye à Suzanne de Hénin-Liétard, abbesse de Lieu-Dieu. La nouvelle abbesse avait été choisie par la Mère Angélique : elle devait donc être animée du plus pur esprit de Port-Royal. Cela n'empêcha point les Dames de Maubuisson, lorsqu'elles apprirent le départ de la Mère des Anges, de se livrer à des manifestations aussi flatteuses pour elle que décourageantes pour celle qui devait la remplacer. Quand Madame Suzanne se présenta aux portes du monastère, personne ne voulut la recevoir. On tint le chapitre pour la cérémonie de l'investiture ; la Dame chantre et les autres professes se refusèrent à entonner le Te Deum, que deux ou trois novices, plus timides, psalmodièrent sur le ton du De Profundis. Le délégué du P. Général voulut leur faire un discours ; sa voix fut couverte aux premiers mots par les sanglots des religieuses. La nouvelle abbesse alla s'asseoir ensuite dans la chaire du chœur, pour y recevoir les promesses d'obéissance. Ici la résistance passive s'accusa plus encore : on passa deux heures entières à parlementer avec les sœurs, et presque sans résultat; de temps à autre, l'une d'elles venait baiser la main de la supérieure, mais sans proférer une parole. A la fin, la pauvre Dame, interdite et désespérée, fondit en larmes à son tour et tomba évanouie. On l'emporta dans sa chambre, et la cérémonie fut remise après le départ de Madame Suireau. Marie des Anges, revenue à Port-Royal, en fut élue abbesse triennale; continuée dans ces fonctions, elle mourut le 10 décembre 1658, à l'âge de 59 ans. (2)
Suzanne de Hénin-Liétard était vraiment digne de succéder à Marie des Anges, et par son zèle pour la réforme et par son ardente charité. En I650, le prix du blé s'éleva jusqu'à quarante livres le setier. L'abbesse voulut qu'on donnât à tous les pauvres gens qui se présenteraient, que l'on continuât aux pauvres honteux les charités accoutumées et qu'on en augmentât le nombre si l'on en connaissait de nouveaux . Pour faire gagner leur vie aux ouvriers indigents, elle entreprit le défrichement du grand clos de la maison. Ce vaste terrain, abandonné et devenu le repaire d'insectes venimeux, fut labouré et planté de vignes; tous les jours, plus de soixante personnes, employées à ce travail, étaient nourries par l'abbaye et recevaient un salaire. « A cètte époque, dit M. de la Forest, la France était livrée aux horreurs de la guerre civile connue sous le nom de la Fronde. Madame de Hénin, qui ne trouvait pas sa communauté en sureté dans l'abbaye, où elle étoit sans défense, résolut de la transporter dans la ville de Pontoise jusqu'à la fin des troubles. »
Elle obtint un sauf-conduit de la duchesse d'Aiguillon, Dame engagiste de Pontoise, et loua dans la ville la célèbre hôtellerie des Deux-Anges. « Afin que sa communauté ne perdît rien de son recueillement ordinaire, et qu'elle pût remplir ses devoirs accoutumés, elle fit disposer d'avance cette maison, de sorte que dès l'instant que ses religieuses y entrèrent, les grilles et les tours étaient faits ; le Saint - Sacrement fut exposé ; elles y chantèrent l'office divin et y suivirent les exercices réguliers avec autant d'exactitude qu'elles auraient pu faire à Maubuisson méme.» On a conservé la mémoire d'une action de Madame de Hénin dans cette maison de Pontoise, que nous rapporterons comme une preuve de la ferveur de son zèle pour le maintien de la régularité. Un jour, les novices, croyant devoir y jouir d'un peu plus de liberté que dans l'abbaye, s'avisèrent de parler et de se réjouir, quelque temps après la récréation finie. Madame de Hénin l'apprend, va au noviciat, fait dire les coulpes, et après avoir repris ces jeunes filles, se fait donner la discipline par la dernière des professes.» Louis XIV, la reine et toute la Cour faisoient alors leur séjour à Pontoise. Le roi désirant de voir l'abbaye de Maubuisson, Madame de Hénin s'y transporta, à la fin du mois d'octobre, avec la plus grande partie de ses religieuses. Elle reçut le roi et toute sa Cour à la grande porte de l'église, à la tête de sa communauté, avec les cérémonies d'usage. De retour à Pontoise, quelques jours après, elle y tomba malade et mourut le huitième jour de sa maladie, 6 novembre 1652, à l'âge de quarante-neuf ans.» (L'abbaye de Maubuisson, histoire et cartulaire, par A. Dutilleux, J. Depoin)

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