Joseph,Charles DE LA LANDE DE CALAN
Parents
Parents inconnus.
Union(s) et enfant(s)
- Marié le 22 mai 1912 (mercredi), Sibiril, 29250, Finistère, Bretagne, FRANCE, avec Agnes,Anne-Marie,Joseph AUDREN DE KERDREL 1891-1914
Événements
- 28 mai 1885 :
-
Naissance - Paris, ÎLE-de-FRANCE, France
Sources : acte de naissance n° 706
- 1905 :
-
Autre événement : Military service - Paris, 75000, Île-de-France, FRANCE, 2ème bureau
Sources : registre matricule n° 517
- 22 mai 1912 :
-
Mariage (avec Agnes,Anne-Marie,Joseph AUDREN DE KERDREL) - Sibiril, 29250, Finistère, Bretagne, FRANCE
Sources : acte de mariage n° 3
- 21 juin 1915 :
-
Décès - Vadelaincourt, 55220, Meuse, Grand Est, FRANCE
Cause : Mort des suites de blessuresSources : acte de décès
Notes
Lorsque la guerre éclata, Joseph de Calan était en core sous le coup du terrible malheur qui avait détruit son foyer. Le 11 juin 1914, était morte à Paris, huit jours après la naissance de son fils, sa jeune et charmante femme. Jamais douleur ne fut plus grande que la sienne, et ceux qui l'ont connu à ce moment, savent combien il restait accablé et désemparé.
Pendant les deux premières années de son mariage si parfaitement heureux, il avait déjà commencé à
réaliser ce qui avait été le rêve de sa jeunesse : une vie utile, une vie sociale, une vie d'apostolat à la cam pagne.
Déjà pendant ses années d'étudiant, il avait été formé à l'esprit de dévouement par sa participation aux oeuvres de jeunesse, membre assidu de la Conférence Olivaint et du Conseil de la Congrégation des jeunes gens, de la rue de Sèvres, et directeur, avec Pierre de Fontgalland, de l'oeuvre des ± Marmitons ».
Il avait pris aussitôt après son mariage et son ins tallation à Kerouzéré, une part active aux affaires de la commune de Sibiril dont il avait été nommé maire après les élections municipales de 1914.
Le comte de Mun avait encouragé ses débuts et lui témoignait une sympathie toute particulière, le consi dérant comme l'un de ceux qui devait le mieux secon der et poursuivre son action politique et sociale dans la circonscription de Morlaix.
La mort de sa femme avait détruit toutes ses espé rances, anéanti tous ses projets...
Aux premiers jours de la guerre, Joseph de Calan avait été versé à Brest dans une section militaire d'administration, mais cette vie à l'arrière ne pouvait qu'as sombrir davantage encore ses pensées. Lui-même asipirait à une mission plus active et plus conforme à ses goûts.
En 1915, il était envoyé à Calais et il faisait une demande pour passer dans le service automobile. De longs mois s'écoulèrent avant qu'il pût obtenir satis faction. Enfin, au printemps de 1916, il recevait l'an nonce de son affectation à une section automobile, la section T. M. 607, alors commandée par le Lieute nant Bazin de Jessey, un excellent ami de sa famille qui se réjouissait lui-même de l'avoir comme briga dier dans sa section.
Au début de juin 1916, la section T.-M. 607 était en voyée sur le front de Verdun. En qualité de brigadier, Joseph avait la responsabilité d'une partie du con voi. Sa première mission le conduisit dans la ville même de Verdun où il était chargé d'évacuer, sous le feu même de l'ennemi, une partie du mobilier aban donné par les habitants. Ce même jour, il rencontrait sur le bord de la route de Verdun, à la queue de Maie, l'ambulance 234 où se trouvait son frère Pierre et ils pouvaient passer ensemble quelques instants. Joseph avait retrouvé à ce moment, sa confiance en soi, son animation, son élan.Le lendemain, 21 juin, il était chargé d'effectuer à Souilly, là où se trouvait l'Etat-Major de la 2e armée, un transport de munitions. C'était le jour même où venait d'être ouverte la nouvelle gare de Souilly. On était à l'un des moments les plus critiques de la ba taille de Verdun et il est aisé de comprendre ce que pouvait être l'encombrement des gares militaires du front.
Les circonstances dont Joseph de Calan devait être victime sont rappelées dans cette lettre de son frère, écrite au lendemain même de cet affreux accident à son cousin Charles :Pierre de Calan à Charles de Calan.
Ambulance 234-secteur 24, le 24 juin 1916,
± Mon cher Carl,
± Tu sais sans doute déjà notre malheur ! Ayant été le seul de la famille à revoir notre pauvre Joseph, je ne veux pas laisser à un autre le soin de te parler de lui et des circonstances de sa mort. Un tel malheur est vraiment déconcertant et nous avons besoin de nous abandonner entièrement entre les mains de la Providence, seule juge de notre destinée ici-bas ! Qui nous dit d'ailleurs que notre cher Joseph qui avait tant souffert de la perte de sa charmante femme n'avait pas fait lui-même le sacrifice de sa vie !
± J'avais passé avec lui toute l'après-midi de lundi dernier 19 juin. Le lieutenant de sa section-automo bile, M. Bazin de Jessey, avait bien voulu le déposer lui-même à mon ambulance et ne venir l'y rechercher que le soir. Je l'avais trouvé très content de sa situa tion nouvelle, en très bonne santé, heureux d'être dans l'action et venu volontairement sur le front. Il prenait intérêt au commandement qu'il avait comme briga dier d'une partie de son convoi. C'est en cette qua lité qu'il se trouvait mercredi matin dans une gare avec sept camions pour un chargement de munitions. Il avait lui-même fait arrêter ses voitures et mis pied à terre quand survint un officier, de service à la gare, qui donna au conducteur de la voiture de tête l'ordre de reculer immédiatement. Joseph se trouvait à ce moment avec un de ses chauffeurs entre la première et la deuxième voiture distantes d'un mètre seulement l'une de l'autre. Ils ne furent pas prévenus de la ma noeuvre et quand ils s'en aperçurent et essayèrent de sauter de côté il était trop tard. Joseph seul fut atteintet pris entre les deux camions, il eut la colonne ver tébrale brisée. Quand on parvint à le dégager, il avait perdu connaissance. Transporté au poste de secours voisin, on put le ramener momentanément à la vie par des piqûres de caféine et un bon Père Assomp-tionniste, infirmier de ce poste, put lui donner les der niers sacrements. Joseph eut encore la force de réciter à haute voix son acte de contrition.
« II mourait trois quarts d'heure après l'accident, 1e 21 juin à midi 1/2.
± M. de Jessey, prévenu lui aussi trop tard pour le revoir vivant, vint immédiatement me chercher à mon ambulance, distante de quelques kilomètres seulement du lieu de l'accident. J'ai pu revoir mon pauvre frère à l'Hôpital de Vadelaincourt (Meuse)où on l'avait conduit. Il n'était nullement défiguré et ne portait aucune blessure extérieure. C'est au cimetière militaire voisin de cet hôpital qu'il reposera jusqu'à la fin de cette affreuse guerre.et pris entre les deux camions, il eut la colonne ver tébrale brisée. Quand on parvint à le dégager, il avait perdu connaissance. Transporté au poste de secours voisin, on put le ramener momentanément à la vie par des piqûres de caféine et un bon Père Assomp-tionniste, infirmier de ce poste, put lui donner les der niers sacrements. Joseph eut encore la force de réciter à haute voix son acte de contrition.
± II mourait trois quarts d'heure après l'accident, 1e 21 juin à midi 1/2.
± M. de Jessey, prévenu lui aussi trop tard pour le revoir vivant, vint immédiatement me chercher à mon ambulance, distante de quelques kilomètres seulement du lieu de l'accident. J'ai pu revoir mon pauvre frère à l'Hôpital de Vadelaincourt (Meuse)où on l'avait conduit. Il n'était nullement défiguré et ne portait aucune blessure extérieure. C'est au cimetière militaire voisin de cet hôpital qu'il reposera jusqu'à la fin de cette affreuse guerre.cordiale et tristement émue. Voudrais-tu transmettre ma lettre à ta chère mère, si toutefois elle n'est pas déjà partie pour Saint-Brieuc, où je serais heureux de la savoir auprès des miens chez la bonne tante Esther. Pour moi, je ne puis songer à avoir de per mission en ce moment.
± Pierre. »
ORDRE DU CHEF DE GROUPE
Le Lieutenant commandant le Groupe adresse un dernier adieu et un souvenir ému au Brigadier de Calan qui nous laisse à tous, l'exemple d'un soldat discipliné, ayant toujours fait son service avec vail lance. Il emporte avec lui l'estime de tous seschefs et de tous ses camarades.
Le Lieutenant Streicher demeure convaincu que son souvenir restera un exemple et que tous continueront dans
l'avenir à travailler avec le même dévouementà la tâche commune.
Allocution du Lieutenant Bazin de Jessey sur la tombe du Brigadier Joseph de Calant le 23 juin 1916.
± Mon cher Calan,
± Je ne veux pas que votre tombe se referme sans vous dire, comme chef et comme ami, quelques mots d'adieu profondément tristes et émus.
± Vous êtes venu au front sur votre demande, voulant prendre une part plus active que vous n'étiez obligé de le faire à la tâche commune. Dieu a agréé votre sacrifice et tout de suite, il vous a réuni à celle que vous pleuriez depuis deux ans et vers qui mon tait chaque jour votre pensée.
« Vous êtes mort au champ d'honneur, dans l'accomplissement d'un devoir commandé, devoir d'ap parence modeste mais noble et fécond puisqu'il vous permettait de collaborer étroitement avec vos frères à la défense de cette région de Verdun. Et mon coeur se brise en pensant que je ne rendrai à vos chers pa rents qu'un cercueil, alors qu'ils vous avaient confié à mon affection et que je n'ai pas su vous conserver à la leur.
± Je leur adresse mes plus respectueuses et mes plus profondes sympathies, dans leur immense douleur, sans oublier vos frères et soeurs auxquels vous étiez si intimement uni, ni votre fils qui aura trop peu connu le plus tendre des pères et n'aura pas eu le temps de profiter des leçons de votre coeur et de votre intelligence. Au moins resterez-vous pour lui, un modèle constant de vertus, d'élévation de caractère, de dévouement au bien. Que Dieu vous donne, mon cher ami, la récompense que vous avez méritée pour votre vie si droite si noble et qu'il vous donne au ciel la place qu'il réserve, nous en avons la foi absolue, à ceux qui ineurent pour la plus belle des causes, pour le triomphe du droit et le salut de la Patrie.
± Adieu ! »
Pendant les deux premières années de son mariage si parfaitement heureux, il avait déjà commencé à
réaliser ce qui avait été le rêve de sa jeunesse : une vie utile, une vie sociale, une vie d'apostolat à la cam pagne.
Déjà pendant ses années d'étudiant, il avait été formé à l'esprit de dévouement par sa participation aux oeuvres de jeunesse, membre assidu de la Conférence Olivaint et du Conseil de la Congrégation des jeunes gens, de la rue de Sèvres, et directeur, avec Pierre de Fontgalland, de l'oeuvre des ± Marmitons ».
Il avait pris aussitôt après son mariage et son ins tallation à Kerouzéré, une part active aux affaires de la commune de Sibiril dont il avait été nommé maire après les élections municipales de 1914.
Le comte de Mun avait encouragé ses débuts et lui témoignait une sympathie toute particulière, le consi dérant comme l'un de ceux qui devait le mieux secon der et poursuivre son action politique et sociale dans la circonscription de Morlaix.
La mort de sa femme avait détruit toutes ses espé rances, anéanti tous ses projets...
Aux premiers jours de la guerre, Joseph de Calan avait été versé à Brest dans une section militaire d'administration, mais cette vie à l'arrière ne pouvait qu'as sombrir davantage encore ses pensées. Lui-même asipirait à une mission plus active et plus conforme à ses goûts.
En 1915, il était envoyé à Calais et il faisait une demande pour passer dans le service automobile. De longs mois s'écoulèrent avant qu'il pût obtenir satis faction. Enfin, au printemps de 1916, il recevait l'an nonce de son affectation à une section automobile, la section T. M. 607, alors commandée par le Lieute nant Bazin de Jessey, un excellent ami de sa famille qui se réjouissait lui-même de l'avoir comme briga dier dans sa section.
Au début de juin 1916, la section T.-M. 607 était en voyée sur le front de Verdun. En qualité de brigadier, Joseph avait la responsabilité d'une partie du con voi. Sa première mission le conduisit dans la ville même de Verdun où il était chargé d'évacuer, sous le feu même de l'ennemi, une partie du mobilier aban donné par les habitants. Ce même jour, il rencontrait sur le bord de la route de Verdun, à la queue de Maie, l'ambulance 234 où se trouvait son frère Pierre et ils pouvaient passer ensemble quelques instants. Joseph avait retrouvé à ce moment, sa confiance en soi, son animation, son élan.Le lendemain, 21 juin, il était chargé d'effectuer à Souilly, là où se trouvait l'Etat-Major de la 2e armée, un transport de munitions. C'était le jour même où venait d'être ouverte la nouvelle gare de Souilly. On était à l'un des moments les plus critiques de la ba taille de Verdun et il est aisé de comprendre ce que pouvait être l'encombrement des gares militaires du front.
Les circonstances dont Joseph de Calan devait être victime sont rappelées dans cette lettre de son frère, écrite au lendemain même de cet affreux accident à son cousin Charles :Pierre de Calan à Charles de Calan.
Ambulance 234-secteur 24, le 24 juin 1916,
± Mon cher Carl,
± Tu sais sans doute déjà notre malheur ! Ayant été le seul de la famille à revoir notre pauvre Joseph, je ne veux pas laisser à un autre le soin de te parler de lui et des circonstances de sa mort. Un tel malheur est vraiment déconcertant et nous avons besoin de nous abandonner entièrement entre les mains de la Providence, seule juge de notre destinée ici-bas ! Qui nous dit d'ailleurs que notre cher Joseph qui avait tant souffert de la perte de sa charmante femme n'avait pas fait lui-même le sacrifice de sa vie !
± J'avais passé avec lui toute l'après-midi de lundi dernier 19 juin. Le lieutenant de sa section-automo bile, M. Bazin de Jessey, avait bien voulu le déposer lui-même à mon ambulance et ne venir l'y rechercher que le soir. Je l'avais trouvé très content de sa situa tion nouvelle, en très bonne santé, heureux d'être dans l'action et venu volontairement sur le front. Il prenait intérêt au commandement qu'il avait comme briga dier d'une partie de son convoi. C'est en cette qua lité qu'il se trouvait mercredi matin dans une gare avec sept camions pour un chargement de munitions. Il avait lui-même fait arrêter ses voitures et mis pied à terre quand survint un officier, de service à la gare, qui donna au conducteur de la voiture de tête l'ordre de reculer immédiatement. Joseph se trouvait à ce moment avec un de ses chauffeurs entre la première et la deuxième voiture distantes d'un mètre seulement l'une de l'autre. Ils ne furent pas prévenus de la ma noeuvre et quand ils s'en aperçurent et essayèrent de sauter de côté il était trop tard. Joseph seul fut atteintet pris entre les deux camions, il eut la colonne ver tébrale brisée. Quand on parvint à le dégager, il avait perdu connaissance. Transporté au poste de secours voisin, on put le ramener momentanément à la vie par des piqûres de caféine et un bon Père Assomp-tionniste, infirmier de ce poste, put lui donner les der niers sacrements. Joseph eut encore la force de réciter à haute voix son acte de contrition.
« II mourait trois quarts d'heure après l'accident, 1e 21 juin à midi 1/2.
± M. de Jessey, prévenu lui aussi trop tard pour le revoir vivant, vint immédiatement me chercher à mon ambulance, distante de quelques kilomètres seulement du lieu de l'accident. J'ai pu revoir mon pauvre frère à l'Hôpital de Vadelaincourt (Meuse)où on l'avait conduit. Il n'était nullement défiguré et ne portait aucune blessure extérieure. C'est au cimetière militaire voisin de cet hôpital qu'il reposera jusqu'à la fin de cette affreuse guerre.et pris entre les deux camions, il eut la colonne ver tébrale brisée. Quand on parvint à le dégager, il avait perdu connaissance. Transporté au poste de secours voisin, on put le ramener momentanément à la vie par des piqûres de caféine et un bon Père Assomp-tionniste, infirmier de ce poste, put lui donner les der niers sacrements. Joseph eut encore la force de réciter à haute voix son acte de contrition.
± II mourait trois quarts d'heure après l'accident, 1e 21 juin à midi 1/2.
± M. de Jessey, prévenu lui aussi trop tard pour le revoir vivant, vint immédiatement me chercher à mon ambulance, distante de quelques kilomètres seulement du lieu de l'accident. J'ai pu revoir mon pauvre frère à l'Hôpital de Vadelaincourt (Meuse)où on l'avait conduit. Il n'était nullement défiguré et ne portait aucune blessure extérieure. C'est au cimetière militaire voisin de cet hôpital qu'il reposera jusqu'à la fin de cette affreuse guerre.cordiale et tristement émue. Voudrais-tu transmettre ma lettre à ta chère mère, si toutefois elle n'est pas déjà partie pour Saint-Brieuc, où je serais heureux de la savoir auprès des miens chez la bonne tante Esther. Pour moi, je ne puis songer à avoir de per mission en ce moment.
± Pierre. »
ORDRE DU CHEF DE GROUPE
Le Lieutenant commandant le Groupe adresse un dernier adieu et un souvenir ému au Brigadier de Calan qui nous laisse à tous, l'exemple d'un soldat discipliné, ayant toujours fait son service avec vail lance. Il emporte avec lui l'estime de tous seschefs et de tous ses camarades.
Le Lieutenant Streicher demeure convaincu que son souvenir restera un exemple et que tous continueront dans
l'avenir à travailler avec le même dévouementà la tâche commune.
Allocution du Lieutenant Bazin de Jessey sur la tombe du Brigadier Joseph de Calant le 23 juin 1916.
± Mon cher Calan,
± Je ne veux pas que votre tombe se referme sans vous dire, comme chef et comme ami, quelques mots d'adieu profondément tristes et émus.
± Vous êtes venu au front sur votre demande, voulant prendre une part plus active que vous n'étiez obligé de le faire à la tâche commune. Dieu a agréé votre sacrifice et tout de suite, il vous a réuni à celle que vous pleuriez depuis deux ans et vers qui mon tait chaque jour votre pensée.
« Vous êtes mort au champ d'honneur, dans l'accomplissement d'un devoir commandé, devoir d'ap parence modeste mais noble et fécond puisqu'il vous permettait de collaborer étroitement avec vos frères à la défense de cette région de Verdun. Et mon coeur se brise en pensant que je ne rendrai à vos chers pa rents qu'un cercueil, alors qu'ils vous avaient confié à mon affection et que je n'ai pas su vous conserver à la leur.
± Je leur adresse mes plus respectueuses et mes plus profondes sympathies, dans leur immense douleur, sans oublier vos frères et soeurs auxquels vous étiez si intimement uni, ni votre fils qui aura trop peu connu le plus tendre des pères et n'aura pas eu le temps de profiter des leçons de votre coeur et de votre intelligence. Au moins resterez-vous pour lui, un modèle constant de vertus, d'élévation de caractère, de dévouement au bien. Que Dieu vous donne, mon cher ami, la récompense que vous avez méritée pour votre vie si droite si noble et qu'il vous donne au ciel la place qu'il réserve, nous en avons la foi absolue, à ceux qui ineurent pour la plus belle des causes, pour le triomphe du droit et le salut de la Patrie.
± Adieu ! »