Eugene,Antonin DE MANDAT GRANCEY

Eugene,Antonin DE MANDAT GRANCEY

  • Né le 28 mars 1831 (lundi) - Paris, 75000, Île-de-France, FRANCE, 1er arondissement
  • Décédé le 2 décembre 1870 (vendredi) - Champigny-sur-Marne, VAL-de-MARNE, Île-de-France, France, à l'âge de 39 ans
  • officier de carrière, lieutenant-colonel
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Parents

Parents inconnus.

Union(s) et enfant(s)

Événements

28 mars 1831 :
Naissance - Paris, 75000, Île-de-France, FRANCE, 1er arondissement
Sources : acte de naissance
17 janvier 1863 :
Mariage (avec Delie,Louise,Marie-Gabrielle DE RIFFARDEAU DE RIVIERE) - Paris, 75000, Île-de-France, FRANCE, 8ème arrondissement
Sources : acte de mariage n° 21
2 décembre 1870 :
Décès - Champigny-sur-Marne, VAL-de-MARNE, Île-de-France, France
Cause : tué à la batille de Champagny-sur-Marne
Mort pour la France, au combat. Officier de la Légion d'Honneur en date du 6 novembre 1870, il était alors Lieutenant-colonel au 10ème Régiment mobile en Côte d'Or.

Notes

Eugène de Mandat Grancay fait l'école navale et est nommé aspirant le 1/8/1849. Promu enseigne de vaisseau le 8/3/1854, il fait la campagne de Crimée et sert notamment aux batteries débarquées pour le siège de Sébastopol. Il rejoint ensuite l'Asie et sert en Chine et en Cochinchine comme officier d'ordonnance de l'amiral de Genouilly. Promu Lieutenant de vaisseau, il demissionne de l'armée peu après son retour en France et sert au ministere de la marine. Il était décoré de la Légion d'Honneur, du medjidié, de l'Ordre de Pie et de l'Order de Saint Ferdinand d'Espagne.

En 1870, il rejoint l'armée comme commandant le bataillon des mobiles de la Côte d'Or, et reçoit le grade de Lieutenant Colonel à l'arrivée du corps à Paris.

Lors du combat de Bagneux, le 14 octobre 1870, il se distingue à la tête de ses hommes, il est promu Colonel et recoit la croix d'officier de la Légion d'Honneur. Lors des batailles de Campigny / Villiers, fin novembre 1870, il a de nouveau l'occasion de se distinguer. Le matin du 2/12/1870, les troupes du Wurtemberg contre attaquent sur le village de Champigny : "Les grands gardes de la Côte d'Or , complètement surpris par l'irruption soudaine de l'ennemi, se replient en désordre, bousculant les compagnies qui viennent les relever... Quelques incendies allumés par les projectiles au milieu du campement des mobiles augmentent le trouble, la confusion... Une partie des hommes se sauvent vers Champigny et se précipitent sur la route de Joinville. Les Allemands serrent de près les nôtres, pénètrent dans l'enclos de la Platrière et envahissent le plateau du signal. [...] Le colonel de Grancey, après avoir ralliè plusieurs centaines d'hommes de son régiment de la Côte d'Or, se porteintrépidement du côté de la Plâtrière... Dès les premièrs pas, il tombe mortellement blessé " (Ducrot- La défense de Paris"

Parmi les hommes morts les armes à la main en défendant Paris, il en est un qui attire les regards. Le ggénéral Trochu, dans un discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 19 juin 1871, disait : "de Grancey fut un héros parmi nos gardes nationales mobiles"

Il fut élevé par une mère d'une grande piété, d'une instruction exceptionnelle et d'un caractère aussi loyal que ferme. Au mois d'octobre 1847, le jeune homme fut admis à l'école navale et embarqua deux ans après sur le vaisseau Le Jemmapes qui appartenait à l'escadre de la Méditerranée.
En 1850, il partit pour l'Espagne sur le Friedland. Promu aspirant de 1ère classe, il navigua en 1852 sur les côtes d'Italie
En avril 1853, l'escadre se dirigea vers la Grèce, et, parvenu au grade d'enseigne, il fut embarqué sur la Valery. La guerre de Crimée se préparait. La France et l'Angleterre avaient amené 70000 hommes à Gallipoli et à Varna. Mais le choléra éclataau milieu d'eux et gagna la flotte
En une journée onze cas se déclarèrent à bord du Valmy. Le mal augmenta et dans une seule nuit on compta trente morts. De Grancey se fit remarquer par son sang-froid et par les soins qu'il prodigua aux malades.
Le 14 du mois de septembre, quarante mille hommes débarquaient à Yieux-Fort; le 18, l'armée était en marche et le 20 elle battait les Russes à l'Aima.
Grancey vit le feu pour la première fois le 17 octobre, lorsque le bombardement commençait. A la fin de décembre, sur sa demande, il quitta son bord pour rejoindre au camp, devant Sébastopol, les batteries de la marine.
Le voici donc officier d'artillerie et de tranchée. Il eut beaucoup à souffrir pendant que l'armée de terre combattait à alaklavaetà Inkermann. Le froid devint rigoureux et de Grancey écrivait : « Je suis obligé, pourpouvoir vous écrire, de mettre eles gants et de faire fondre mon encre à la flamme de ma bougie. »
Sa belle conduite lui valut le 28 avril la nominatiop de chevalier de la Légion d'honneur.
Après trois cent seize jours de siège et trois batailles, Sébastopol tomba au pouvoir des alUés.
« Les événements auxquels M. de Grancey avait eu la bonne fortune d'être môle activement contribuèrent à mûrir encore son esprit déjà si sérieux. Réfléchi, sage malgré ses vingt-quatre ans, il avait tout en combattant étudié avec soin les qualités et les imperfections de notre organisation militaire. La discipline de l'armée de terre le préoccupait, et les habitudes faciles de l'armée d'Afrique n'étaient pas sans lui inspirer des inquiétudes. Aussi, dès cette époque, trouve-t-on dans ses lettres l'expression très persistante de ses idées d'ordre, de disciphne et d'autorité, dont les esprits clairvoyants et vraiment élevés comprennent si bien de nos jours la haute importance»
Le 17 février 1856, M. de Grancey partait de Cherbourg pour Lisbonne sur la corvette tArièmise. Après la campagne, il obtenait le 3 août son premier congé. Le 4 février 1857, il s'embarquait sur la Némêsis pour l'expédition de Chine. Le 17 juin, il arrivait à Singapore.
A quelque temps de là , Grancey écrivait : « Nous tenons Canton — j'y suis entré à l'assaut ce matin par une échelle d'escalade, et je n'ai pas été blessé. »
Jusque-là, il avait été attaché à l'état-major de l'armée britannique. Dans cette première expédition de Chine, M. de Grancey se fit connaître des deux armées française et anglaise.
De Chine, il alla combattre en Cochinchine ; cette fois la France avait l'Espagne pour alliée. On s'empara de Tourane (1858), et l'amiral Rigault de Genouilly résolut de s'emparer de Saigon.
Lieutenant de vaisseau, de Grancey prit part aux combats qu'il fallut livrer aux Annamites.
Sa santé compromise l'obligea de rentrer en France.
« Pour la première fois depuis le début de sa carrière, M. de Grancey put passer une année au milieu des siens, et reprendre sa place dans cette société qu'il avait quittée si jeune, mais où l'élégance de ses manières, les grâces de son esprit, le charme de son caractère lui assuraient un rang distingué »
Embarqué de nouveau sur le vaisseau VImpèrial, le jeune lieutenant était à Gaëte le 22 octobre. Les graves événements dont Naples fut le théâtre sont présents à tous les esprits. M. de Grancey ne se dissimulait pas'que la révolution triomphait. Le 16 janvier 1861, trois jours avant le départ de l'escadre, il était appelé à Paris comme officier d'ordonnance du ministre de la marine, M. de Chasseloup-Laid^at.
Deux années se passèrent, entremêlées de travaux et de relations mondaines. La perspective d'une alhance qu'il désirait ardemment lui fit un devoir de donner sa démission. Après quinze ans et trois mois de services dont onze ans et demi à la mer,
L'heure vint où sa réputation d'homme instruit et laborieux se fit jour à Paris et en province. La vie politique s'ouvrait devant lui, et sa place était marquée à la chambre des députés. Une candidature officielle lui fut offerte, il la déclina.
Lorsque, dans les dernières années de l'Empire, la garde nationale mobile fut créée, M. de Grancey fut nommé chef de bataillon dans sa circonscription.

Le 27 août 1S70, il réunit ses mobiles à Dijon pour les armer et les instruire. « Nos jeunes gens, écrivait-il, ont une ardeur vraiment touchante ; pas un cri, pas une plainte, parmi ces dix-huit cents hommes. » Le 10 septembre, il venait, à la tête de son bataillon, s'enfermer dans Paris.
Une malheureuse décision du gouvernement républi- cain ordonnait que les officiers de la mobile seraient élus par leurs soldats. Grancey protesta contre cette mesure, mais son bataillon le proclama lieutenant-colonel.
Le 23 septembre, le régiment de la Côte-d'Or, commandé par M. de Grancey et qui formait le lO*" de marche, se rendait aux avant-postes. Il prit position sur la route d'Orléans, en face de Bagneux, dans la région de Chevilly, d'Arcueil, des Hautes-Bruyères, de Clamart, de Montrouge et de Châtillon, où l'on se battait sans cesse.Le moral inaltérable du chef, son sang-froid que rien ne pouvait troubler, son coup d'oeil infaillible firent bientôt un corps d'élite du 10" régiment de marche. Avare du
sang de ses soldats, toujours à leur tête au plus fort du danger, il était adoré de ses hommes, et tenu en la plus haute estime par ses supérieurs. C'est ainsi que, peu de jours après le combat de Chevilly, on lui confia le commandement supérieur des avant-postes occupés par plus de deux mille hommes appartenant la plupart aux meilleures troupes de l'armée de Paris
(35" et 42e de ligne) et soutenus par une assez nombreuse artillerie.
Le colonel de Grancey écrivait le 30 septembre : « Dans une reconnaissance, j'ai eu sept officiers sur viufft et un tués ou blessés. » Le 1" octobre : « Nous avons eu, à Chevilly, huit oflîciers et vingt-cinq sous-officiers ou soldats tués ou blessés. »

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