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Jean-Marie,François DE HAUTECLOCQUE
Jean-Marie,François DE HAUTECLOCQUE
- Né le 11 février 1893 (samedi) - Fontainebleau, 77300, Île-de-France, FRANCE
- Décédé le 27 septembre 1957 (vendredi) - Bermicourt, 62130, Pas-de-Calais, Hauts-de-France, FRANCE, à l'âge de 64 ans
- ambassadeur au Brésil, en Belgique, au Portugal, Résident général de France en Tunisie
Parents
- Henri,Marie,François,Xavier DE HAUTECLOCQUE 1862-1914
- Geneviève DE LA CROIX DE CASTRIES 1864-1918
Union(s) et enfant(s)
-
Marié le 27 octobre 1920 (mercredi), Paris, 75000, Île-de-France, FRANCE, 8ème arrondissement, avec
Denise,Radegonde,Marie-Madeleine CONTY 1901-1987
dont
- Nicole DE HAUTECLOCQUE 1922-2010
- Jacqueline DE HAUTECLOCQUE 1924-1951
- Françoise DE HAUTECLOCQUE 1925-?
- Huguette DE HAUTECLOCQUE 1926-2009
- Fiche privée
- Fiche privée
- Fiche privée
Frères et sœurs
- François,Marie-Gustave,Constantin DE HAUTECLOCQUE 1888-1956
- Marie-Renée DE HAUTECLOCQUE 1890-1975
- Valentine,Marie-Joseph DE HAUTECLOCQUE 1891-1945
- Jean-Marie,François DE HAUTECLOCQUE 1893-1957
Événements
- 11 février 1893 :
-
Naissance - Fontainebleau, 77300, Île-de-France, FRANCE
Source : acte de naissance n° 40
- 27 octobre 1920 :
-
Mariage (avec Denise,Radegonde,Marie-Madeleine CONTY) - Paris, 75000, Île-de-France, FRANCE, 8ème arrondissement
Source : acte de mariage n° 1479
- 23 juillet 1925 :
-
Autre événement : Distinction - Paris, 75000, Île-de-France, FRANCE
Cause : chevalier de la légion d'honneur
https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/notice/181825 - 25 février 1938 :
-
Autre événement : Distinction - Paris, 75000, Île-de-France, FRANCE
Cause : officier de la légiion d'honneur
- 26 août 1947 :
-
Autre événement : Distinction - Paris, Île-de-France, France
Cause : commandeur de la légion d'honneur
- 10 octobre 1953 :
-
Autre événement : Distinction - Paris, Île-de-France, France
Cause : grand officier de la légion d'honneur
- 27 septembre 1957 :
- Décès - Bermicourt, 62130, Pas-de-Calais, Hauts-de-France, FRANCE
Notes
Grièvement blessé au cours de la 1ére guerre mondiale, il est fait chevalier de la légion d'honneur à titre militaire.
Médaille de la Résistance
A l'issue de la guerre, il entame une carriére au sein du ministére des affaires étrangères et sera élevé à la dignit d'ambassadeur de France.
Ambassadeur de France, résident général de France à Tunis, attaché d'ambassade à Rio, à Berne, à Istanbul, à Bucarest, à l'administration centrale
Hors cadre à la disposition du Haut Commissariat en Syrie, ministre plénipotentionnaire, chef du service des Oeuvres, ambassadeur à Ottawa, à Bruxelles
Ambassadeur à Bruxelles puis résident général à Tunis depuis janvier 1952, il n'a cessé de manisfester les plus hautes conceptions des devoirs incombant aux missions dont il était chargé. Au moment où prennent fin ses fonctions de résident général de Tunis, la plaque de Grand Officier viendrait consacrer la confiance et l'estime dans lesquels le tient le gouvernement et récompenser les éminents services qu'il a rendus au pays
Conseiller d'ambassade délégué à Damas
Conseiller d'ambassade de 1ère classe le 10/08/1939 puis secrétaire général du Haut Commissariat en Syrie, il a été nommé ministre plénipotentiaire de 2ème classe le 26/08/1940
Chef du service des Oeuvres, le 27/02/1941, il a été, sur sa demande, mis à la disposition du service de Vichy. Arrêté par la milice, il réussit à s'évader, et lors de la libération, il fut un des premiers agents du département à réorganiser le ministère des Affaires Etrangères à Paris. Ambassadeur de France, le 21/11/1944, il dirige depuis cette date la représentaiton de la France au Canada
Il a été pendant 6 ans, le conseiller de la Légation de France à Bucarest où, par son expérience, des affaires roumaines, par sa compétence en matière économiques et financières, il a rendu de très grands services. Il a dirigé ce poste à plusieurs reprises en qualité de chargé d'affaires à l'entière satisfaction du département
Chargé à la sous-direction d'Afrique des affaires tunisiennes et éthiopiennes, il y a apporté, avec son sens aigu des réalités, une collaboration très appréciées qu'il a fait récemment désigner pour les fonctions de délégué auprès du gouvernement libanais du Haut Commissaire de la République à Beyrouth
A géré avec distinction en 1929 l'ambassade de France au Brésil
Cousin du général Philippe Leclerc de Hauteclocque, il est blessé et fait prisonnier en 1916 et termine la Première Guerre mondiale comme officier. Bachelier en droit, il intègre la carrière diplomatique comme attaché d'ambassade à Rio de Janeiro le 1er septembre 1919. Successivement troisième secrétaire d'ambassade à Buenos Aires, puis deuxième secrétaire à Berne, il est chargé des fonctions de premier secrétaire à Istanbul en 1927 puis, titulaire en 1929, il est nommé à Bucarest le 1er juin 1930.
Conseiller d'ambassade, il est chargé de fonction comme chef de division à l'administration centrale Afrique-Levant le 9 novembre 1935. Attaché au Haut-commissariat au Levant en 1937, il en devient le secrétaire général le 21 août 19401.
En mars 1939, des manifestations nationalistes éclatent à Alep et Damas. Constatant que la police syrienne ne parvient pas à maintenir l'ordre à Damas, Hauteclocque, délégué par Gabriel Puaux, décide le 18 mars de recourir aux armes et charge l'armée d'investir les points clés de la ville. Un certain nombre de meneurs sont arrêtés et l'ordre, en effet, revient2
Peu après, il est rappelé en France par le régime de Vichy, où il devient chef de service des œuvres en février 1941, puis s'occupe du Secours national en 1942. Arrêté comme otage le 18 mars 1944 en raison de sa parenté avec le général Leclerc3, ils'évade en mai 1944. Le 25 août, il retrouve à Paris son cousin (Philippe Leclerc) et l'embrasse sur les marches de l'Hôtel de ville3. Il réintègre la carrière diplomatique comme délégué du gouvernement provisoire à Bruxelles en septembre 1944. Le21 novembre 1945, il est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire au Canada ; il reçoit la médaille de la Résistance le 31 mars 1947.
Le 16 décembre 1947, il est nommé ambassadeur en Belgique. Il y est remarqué par Maurice Schumann, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, qui le fait nommer résident général de France en Tunisie le 24 décembre 1951
Le 13 janvier 1952, dans un contexte de situation politique troublée en France et d'aspirations nationalistes croissantes dans le protectorat français de Tunisie, il arrive à Tunis à bord du croiseur Le Mercure5. La Tunisie qu'il découvre est encore sous le choc de la note du 15 décembre 1951 proclamant que « les rapports futurs de nos deux pays ne peuvent être fondés que sur la reconnaissance du caractère définitif du lien qui les unit »6 alors que le gouvernement tunisien mené par M'hamed Chenik tentait de négocier l'évolution des institutions tunisiennes vers l'autonomie interne du pays.
Dès son arrivée, Hauteclocque demande que sa visite au monarque tunisien, Lamine Bey, se fasse en dehors de la présence des ministres tunisiens qu'il ne veut plus reconnaître. Celui-ci refuse évidemment et marque sa réprobation ; l'audience a donc lieu en présence du gouvernement Chenik au complet7. Le résident général est de retour le surlendemain, ayant appris que deux ministres tunisiens, Salah Ben Youssef et Hamadi Badra, étaient à Paris pour y déposer une requête au siège de l'Organisation des Nations unies (ONU) afin que celle-ci examine la situation politique dans le pays. Hauteclocque en exige le retrait, le rappel immédiat des deux ministres qui l'ont déposée et leur révocation ; il n'obtient cependant satisfaction sur aucunede ses demandes8.
Comme en Syrie, Hauteclocque ordonne l'arrestation des dirigeants nationalistes et interdit la tenue du congrès de leur parti, le Néo-Destour. Le pays s'embrase aussitôt au point que le résident général en est réduit à demander au bey, le 24 janvier, de lancer un appel au calme, tout en renonçant à demander la démission du gouvernement Chenik. Lamine Bey refuse tant que Habib Bourguiba et ses compagnons sont emprisonnés9. Ce n'est que le début de l'escalade : le ratissage du cap Bon commencele 28 janvier. Le rapport d'une commission d'enquête dénonçant les destructions des maisons et l'exécution d'une trentaine d'habitants est diffusé dans différents organismes dépendant de l'ONU et de la Ligue arabe10.
Le 25 mars 1952, après avoir demandé en vain à Lamine Bey de le rencontrer en tête-à-tête, Hauteclocque se résigne à le voir en présence des ministres tunisiens dont il exige le renvoi. Sa demande ayant à nouveau été rejetée, tous les ministres sont arrêtés le soir même, internés à Kébili et leurs domiciles perquisitionnés11. Le président de la République française, Vincent Auriol, contacté par le monarque tunisien refuse de condamner le coup de force. Ce dernier se résigne à signer le décret de nomination de Slaheddine Baccouche au poste de Grand vizir
Il faut treize jours de tractations pour former le nouveau ministère. Hédi Nouira, membre du Néo-Destour et considéré comme un nationaliste modéré, est contacté ; son refus lui vaut d'être arrêté et interné à son tour13. Beaucoup d'autres refusent,on se rabat donc sur des hommes peu suspects de nationalisme.
Les manifestations et les sabotages se succèdent. Lamine Bey refuse tout appel au calme tant que les milliers de Tunisiens internés n'ont pas été libérés. Afin de faire pression sur lui, sa fille, la princesse Zakia, est arrêtée le 29 avril et accusée d'avoir monté une organisation de sabotage avec son amie Rafia Bornaz14. On interdit même à son médecin, le docteur Mohamed Ben Salem (qui est aussi son gendre), de lui rendre visite alors que son affection pulmonaire s'aggrave15.
En l'absence d'un gouvernement de négociations tel que l'avait été le gouvernement Chenik, les réformes sont préparées à Paris16 et remises au palais beylical le 28 juillet par Hauteclocque qui insiste pour obtenir une approbation rapide. Mais le monarque refuse et convoque trois jours plus tard quarante personnalités tunisiennes de toutes opinions politiques pour connaître leur avis sur le projet présenté. Au bout d'un mois de débats et de consultations auprès de diverses catégories sociales et politiques, le bey remet au résident général une lettre à l'attention de Vincent Auriol, lui annonçant son refus de signer le projet de réformes
C'est l'impasse totale : la situation sécuritaire du pays se dégrade de plus en plus et les attentats se succèdent. En réaction, l'organisation de la Main rouge, prend pour cible des nationalistes. Le 5 décembre, ils assassinent le leader syndicaliste Farhat Hached. Loin de rechercher les meurtriers, la police procède à l'éloignement de Mahmoud Messadi qui avait pris la succession du syndicaliste assassiné18.
Hauteclocque profite de l'élimination de ce proche de Lamine Bey pour accentuer la pression sur le monarque et le forcer à signer le projet de réformes refusé en septembre. Mohamed Salah Mzali est ainsi fermement prié de quitter Tunis pour Monastir. Quand il tente d'appeler son souverain, il se rend bien vite compte que le palais est isolé : toutes les liaisons téléphoniques ont été coupées19. Privé de ses soutiens, affaibli par la sub-occlusion qui s'est déclenché à l'annonce du meurtre de Farhat Hached20, le vieil homme cède et, le 20 décembre 1952, signe deux décrets de réformes relatifs aux conseils de caïdats et aux municipalités
Pour le résident général, c'est une grande victoire : cela fait plus de deux ans que les gouvernements tunisiens refusent de signer cette réforme des municipalités qui doit modifier de fond en comble la désignation des membres des conseils municipaux en instaurant des élections municipales ouvertes aux électeurs français et tunisiens22. Pour les nationalistes qui refusent toute réforme ayant pour conséquence de répartir la souveraineté tunisienne entre les Tunisiens et les Français, c'est inacceptable. C'est pourquoi ils appellent au boycott des élections qui doivent se tenir le 3 mai 1953. Devant cette menace, les candidats tunisiens ne sont pas nombreux, d'autant que les nationalistes lancent une campagne de terreur contre ceux qu'ils considèrent comme des traîtres à leur pays. Entre le 1er mars et le 31 mai, trente attentats ont lieu, au cours desquels huit candidats aux élections, hautes personnalités ou membres du service d'ordre sont tués et sept blessés23. Les résultats du vote sont catastrophiques pour le résident général : seize communes sur 69 n'ont pu constituer leur conseil municipal faute de candidats tunisiens. On est donc obligé de revenir aux anciennes méthodes en nommant d'office les conseillers municipaux manquants
Hauteclocque se venge de son échec en faisant arrêter Mohamed Masmoudi à Paris le 13 mai et Hédi Nouira à Tunis le 15 mai. Tous deux sont libérés le mois suivant sur ordre du ministère français des Affaires étrangères21. Ce désaveu n'empêche pas lerésident général de faire pression sur Vincent Auriol pour qu'il lui permette d'exécuter les condamnés à mort tunisiens le plus vite possible, ce que refuse avec indignation le président français25. Le gouvernement français réalise enfin que la politique menée à Tunis est vouée à l'échec, d'autant que le calme n'est toujours pas revenu dans le pays avec la fin des élections. Le 2 septembre 1953, Jean de Hauteclocque est finalement rappelé à Paris, même si l'instabilité politique à Paris retarde l'arrivée de son successeur qui ne sera à Tunis que le 26 septembre
Après avoir quitté la Tunisie, Jean de Hauteclocque est nommé à son dernier poste diplomatique, comme ambassadeur au Portugal et y travaille jusqu'à sa mort
Médaille de la Résistance
A l'issue de la guerre, il entame une carriére au sein du ministére des affaires étrangères et sera élevé à la dignit d'ambassadeur de France.
Ambassadeur de France, résident général de France à Tunis, attaché d'ambassade à Rio, à Berne, à Istanbul, à Bucarest, à l'administration centrale
Hors cadre à la disposition du Haut Commissariat en Syrie, ministre plénipotentionnaire, chef du service des Oeuvres, ambassadeur à Ottawa, à Bruxelles
Ambassadeur à Bruxelles puis résident général à Tunis depuis janvier 1952, il n'a cessé de manisfester les plus hautes conceptions des devoirs incombant aux missions dont il était chargé. Au moment où prennent fin ses fonctions de résident général de Tunis, la plaque de Grand Officier viendrait consacrer la confiance et l'estime dans lesquels le tient le gouvernement et récompenser les éminents services qu'il a rendus au pays
Conseiller d'ambassade délégué à Damas
Conseiller d'ambassade de 1ère classe le 10/08/1939 puis secrétaire général du Haut Commissariat en Syrie, il a été nommé ministre plénipotentiaire de 2ème classe le 26/08/1940
Chef du service des Oeuvres, le 27/02/1941, il a été, sur sa demande, mis à la disposition du service de Vichy. Arrêté par la milice, il réussit à s'évader, et lors de la libération, il fut un des premiers agents du département à réorganiser le ministère des Affaires Etrangères à Paris. Ambassadeur de France, le 21/11/1944, il dirige depuis cette date la représentaiton de la France au Canada
Il a été pendant 6 ans, le conseiller de la Légation de France à Bucarest où, par son expérience, des affaires roumaines, par sa compétence en matière économiques et financières, il a rendu de très grands services. Il a dirigé ce poste à plusieurs reprises en qualité de chargé d'affaires à l'entière satisfaction du département
Chargé à la sous-direction d'Afrique des affaires tunisiennes et éthiopiennes, il y a apporté, avec son sens aigu des réalités, une collaboration très appréciées qu'il a fait récemment désigner pour les fonctions de délégué auprès du gouvernement libanais du Haut Commissaire de la République à Beyrouth
A géré avec distinction en 1929 l'ambassade de France au Brésil
Cousin du général Philippe Leclerc de Hauteclocque, il est blessé et fait prisonnier en 1916 et termine la Première Guerre mondiale comme officier. Bachelier en droit, il intègre la carrière diplomatique comme attaché d'ambassade à Rio de Janeiro le 1er septembre 1919. Successivement troisième secrétaire d'ambassade à Buenos Aires, puis deuxième secrétaire à Berne, il est chargé des fonctions de premier secrétaire à Istanbul en 1927 puis, titulaire en 1929, il est nommé à Bucarest le 1er juin 1930.
Conseiller d'ambassade, il est chargé de fonction comme chef de division à l'administration centrale Afrique-Levant le 9 novembre 1935. Attaché au Haut-commissariat au Levant en 1937, il en devient le secrétaire général le 21 août 19401.
En mars 1939, des manifestations nationalistes éclatent à Alep et Damas. Constatant que la police syrienne ne parvient pas à maintenir l'ordre à Damas, Hauteclocque, délégué par Gabriel Puaux, décide le 18 mars de recourir aux armes et charge l'armée d'investir les points clés de la ville. Un certain nombre de meneurs sont arrêtés et l'ordre, en effet, revient2
Peu après, il est rappelé en France par le régime de Vichy, où il devient chef de service des œuvres en février 1941, puis s'occupe du Secours national en 1942. Arrêté comme otage le 18 mars 1944 en raison de sa parenté avec le général Leclerc3, ils'évade en mai 1944. Le 25 août, il retrouve à Paris son cousin (Philippe Leclerc) et l'embrasse sur les marches de l'Hôtel de ville3. Il réintègre la carrière diplomatique comme délégué du gouvernement provisoire à Bruxelles en septembre 1944. Le21 novembre 1945, il est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire au Canada ; il reçoit la médaille de la Résistance le 31 mars 1947.
Le 16 décembre 1947, il est nommé ambassadeur en Belgique. Il y est remarqué par Maurice Schumann, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, qui le fait nommer résident général de France en Tunisie le 24 décembre 1951
Le 13 janvier 1952, dans un contexte de situation politique troublée en France et d'aspirations nationalistes croissantes dans le protectorat français de Tunisie, il arrive à Tunis à bord du croiseur Le Mercure5. La Tunisie qu'il découvre est encore sous le choc de la note du 15 décembre 1951 proclamant que « les rapports futurs de nos deux pays ne peuvent être fondés que sur la reconnaissance du caractère définitif du lien qui les unit »6 alors que le gouvernement tunisien mené par M'hamed Chenik tentait de négocier l'évolution des institutions tunisiennes vers l'autonomie interne du pays.
Dès son arrivée, Hauteclocque demande que sa visite au monarque tunisien, Lamine Bey, se fasse en dehors de la présence des ministres tunisiens qu'il ne veut plus reconnaître. Celui-ci refuse évidemment et marque sa réprobation ; l'audience a donc lieu en présence du gouvernement Chenik au complet7. Le résident général est de retour le surlendemain, ayant appris que deux ministres tunisiens, Salah Ben Youssef et Hamadi Badra, étaient à Paris pour y déposer une requête au siège de l'Organisation des Nations unies (ONU) afin que celle-ci examine la situation politique dans le pays. Hauteclocque en exige le retrait, le rappel immédiat des deux ministres qui l'ont déposée et leur révocation ; il n'obtient cependant satisfaction sur aucunede ses demandes8.
Comme en Syrie, Hauteclocque ordonne l'arrestation des dirigeants nationalistes et interdit la tenue du congrès de leur parti, le Néo-Destour. Le pays s'embrase aussitôt au point que le résident général en est réduit à demander au bey, le 24 janvier, de lancer un appel au calme, tout en renonçant à demander la démission du gouvernement Chenik. Lamine Bey refuse tant que Habib Bourguiba et ses compagnons sont emprisonnés9. Ce n'est que le début de l'escalade : le ratissage du cap Bon commencele 28 janvier. Le rapport d'une commission d'enquête dénonçant les destructions des maisons et l'exécution d'une trentaine d'habitants est diffusé dans différents organismes dépendant de l'ONU et de la Ligue arabe10.
Le 25 mars 1952, après avoir demandé en vain à Lamine Bey de le rencontrer en tête-à-tête, Hauteclocque se résigne à le voir en présence des ministres tunisiens dont il exige le renvoi. Sa demande ayant à nouveau été rejetée, tous les ministres sont arrêtés le soir même, internés à Kébili et leurs domiciles perquisitionnés11. Le président de la République française, Vincent Auriol, contacté par le monarque tunisien refuse de condamner le coup de force. Ce dernier se résigne à signer le décret de nomination de Slaheddine Baccouche au poste de Grand vizir
Il faut treize jours de tractations pour former le nouveau ministère. Hédi Nouira, membre du Néo-Destour et considéré comme un nationaliste modéré, est contacté ; son refus lui vaut d'être arrêté et interné à son tour13. Beaucoup d'autres refusent,on se rabat donc sur des hommes peu suspects de nationalisme.
Les manifestations et les sabotages se succèdent. Lamine Bey refuse tout appel au calme tant que les milliers de Tunisiens internés n'ont pas été libérés. Afin de faire pression sur lui, sa fille, la princesse Zakia, est arrêtée le 29 avril et accusée d'avoir monté une organisation de sabotage avec son amie Rafia Bornaz14. On interdit même à son médecin, le docteur Mohamed Ben Salem (qui est aussi son gendre), de lui rendre visite alors que son affection pulmonaire s'aggrave15.
En l'absence d'un gouvernement de négociations tel que l'avait été le gouvernement Chenik, les réformes sont préparées à Paris16 et remises au palais beylical le 28 juillet par Hauteclocque qui insiste pour obtenir une approbation rapide. Mais le monarque refuse et convoque trois jours plus tard quarante personnalités tunisiennes de toutes opinions politiques pour connaître leur avis sur le projet présenté. Au bout d'un mois de débats et de consultations auprès de diverses catégories sociales et politiques, le bey remet au résident général une lettre à l'attention de Vincent Auriol, lui annonçant son refus de signer le projet de réformes
C'est l'impasse totale : la situation sécuritaire du pays se dégrade de plus en plus et les attentats se succèdent. En réaction, l'organisation de la Main rouge, prend pour cible des nationalistes. Le 5 décembre, ils assassinent le leader syndicaliste Farhat Hached. Loin de rechercher les meurtriers, la police procède à l'éloignement de Mahmoud Messadi qui avait pris la succession du syndicaliste assassiné18.
Hauteclocque profite de l'élimination de ce proche de Lamine Bey pour accentuer la pression sur le monarque et le forcer à signer le projet de réformes refusé en septembre. Mohamed Salah Mzali est ainsi fermement prié de quitter Tunis pour Monastir. Quand il tente d'appeler son souverain, il se rend bien vite compte que le palais est isolé : toutes les liaisons téléphoniques ont été coupées19. Privé de ses soutiens, affaibli par la sub-occlusion qui s'est déclenché à l'annonce du meurtre de Farhat Hached20, le vieil homme cède et, le 20 décembre 1952, signe deux décrets de réformes relatifs aux conseils de caïdats et aux municipalités
Pour le résident général, c'est une grande victoire : cela fait plus de deux ans que les gouvernements tunisiens refusent de signer cette réforme des municipalités qui doit modifier de fond en comble la désignation des membres des conseils municipaux en instaurant des élections municipales ouvertes aux électeurs français et tunisiens22. Pour les nationalistes qui refusent toute réforme ayant pour conséquence de répartir la souveraineté tunisienne entre les Tunisiens et les Français, c'est inacceptable. C'est pourquoi ils appellent au boycott des élections qui doivent se tenir le 3 mai 1953. Devant cette menace, les candidats tunisiens ne sont pas nombreux, d'autant que les nationalistes lancent une campagne de terreur contre ceux qu'ils considèrent comme des traîtres à leur pays. Entre le 1er mars et le 31 mai, trente attentats ont lieu, au cours desquels huit candidats aux élections, hautes personnalités ou membres du service d'ordre sont tués et sept blessés23. Les résultats du vote sont catastrophiques pour le résident général : seize communes sur 69 n'ont pu constituer leur conseil municipal faute de candidats tunisiens. On est donc obligé de revenir aux anciennes méthodes en nommant d'office les conseillers municipaux manquants
Hauteclocque se venge de son échec en faisant arrêter Mohamed Masmoudi à Paris le 13 mai et Hédi Nouira à Tunis le 15 mai. Tous deux sont libérés le mois suivant sur ordre du ministère français des Affaires étrangères21. Ce désaveu n'empêche pas lerésident général de faire pression sur Vincent Auriol pour qu'il lui permette d'exécuter les condamnés à mort tunisiens le plus vite possible, ce que refuse avec indignation le président français25. Le gouvernement français réalise enfin que la politique menée à Tunis est vouée à l'échec, d'autant que le calme n'est toujours pas revenu dans le pays avec la fin des élections. Le 2 septembre 1953, Jean de Hauteclocque est finalement rappelé à Paris, même si l'instabilité politique à Paris retarde l'arrivée de son successeur qui ne sera à Tunis que le 26 septembre
Après avoir quitté la Tunisie, Jean de Hauteclocque est nommé à son dernier poste diplomatique, comme ambassadeur au Portugal et y travaille jusqu'à sa mort