Placide,François,Joseph DE BAILLIENCOURT

Placide,François,Joseph DE BAILLIENCOURT

  • Né le 8 février 1750 (dimanche) - Béthune, 62400, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
  • Décédé le 30 septembre 1810 (dimanche) - Douai, 59500, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE, à l'âge de 60 ans
  • homme de fief du Hainaut, notaire royal de Flandres et d’Artois à Douai, officier municipal à Douai, adjoint au maire de Douai, Président de la Commission des Grâces
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Parents

Union(s) et enfant(s)

Frères et sœurs

Événements

8 février 1750 :
Naissance - Béthune, 62400, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
30 mai 1775 :
Mariage (avec Guislaine,Gratienne PREVOST) - Arras, 62000, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE
30 septembre 1810 :
Décès - Douai, 59500, Nord-Pas-de-Calais, FRANCE

Notes

a succédé à Me Delevacq en 1775 ; émigré sous la Révolution,
puis radié de la liste des émigrés en 1802

Placide est orphelin de mère à 9 ans et orphelin de père à 14 ans. Il effectue ses études à Arras5.

Placide Bailliencourt exécute un stage notarial chez Me Prévost à Arras, qui deviendra plus tard son beau-père ou son beau-frère5.

Selon une source6, le 15 juillet 1775, il ouvre une étude de notaire (6e office) à Béthune. Puis, la même année, il est homme de fief du Hainaut et admis à exercer l'office de notaire royal des Flandres et d'Artois à Douai6; il s'agit du sixième office notarial de la ville5.

Il épouse le 30 mai 1775 à Arras, église Sainte-Marie-Madeleine, après contrat de mariage du 26 mai 17756 Marie Ghislaine6 Gratienne Prévost (1753-1832). Le couple a 77 enfants, dont Jérôme Jean Baptiste Placide (17817-18507), futur président du tribunal de commerce de Valenciennes, et Rodolphe (1791-1857) qui sera adjoint au maire et notaire impérial à Douai1.

Placide Bailliencourt meurt à Douai le 30 septembre 1810, à l'âge de 60 ans2.

Une loi de 1825 a mis en place une commission chargée d'examiner les droits des anciens propriétaires ou de leurs ayants droit dont les biens ont été confisqués ou aliénés au moment de la Révolution française. Les enfants de Placide de Bailliencourt, à cette date ils sont cinq, ont saisi cette commission qui tranche en mai 1826 et leur accorde une indemnisation

Lors du déclenchement de la Révolution française, Placide Bailliencourt se montre favorable aux nouvelles idées, il se fait inscrire dans la garde bourgeoise de la ville de Douai puis est nommé membre de son comité. À ce titre, en novembre 1789, suite à la découverte d'une prétendue conspiration visant à attenter à la vie du roi, dénoncée par une demoiselle Mellez9, le chevalier de Fredy, maréchal de camp, commandant de la place de Douai, charge Placide Bailliencourt d'enquêter2.

En 1790, il est élu officier municipal de Douai, adjoint au maire1, président de la commission des grâces6 et se distingue en tant que défenseur de l'Université de Douai. Le 2 septembre 179010, le directoire du district de Douai demande à la municipalité de dresser l'inventaire des titres et meubles des institutions dépendant du clergé séculier et régulier. L'Université et les séminaires et collèges qui en dépendent font partie de la demande, l'ensemble étant à tort considéré comme appartenant à l'ordre du clergé, et devant se voir appliquer les mesures anti-cléricales prises par l'Assemblée nationale constituante. Placide Bailliencourt fait une première réponse le 12 septembre 179011 selon laquelle ces établissements n'ont aucun caractère ecclésiastique et sont d'une grande utilité pour le département. Pour la ville de Douai, l'université est essentielle et constitue même sa principale ressource par l'attraction qu'elle exerce12. Le directoire du département reprend la question à son tour et revient à la charge 22 octobre 1790. Placide de Bailliencourt se remet à l'ouvrage et travaille plusieurs semaines d'affilée avec le recteur et les professeurs des quatre facultés douaisiennes, des collèges et des séminaires de l'université pour rédiger la réponse. Une de ses filles se souvenait des années plus tard que durant un ou deux mois, un grand nombre de prêtres et d'écrivains travaillaient avec son père et lui fournissaient des renseignements13. Placide Bailliencourtdresse le 29 novembre 179014 l'inventaire demandé des collèges et maisons d'éducation de tous types et niveaux destinées à l'enseignement. Un nouvel envoi au département, fait le 11 décembre 179015, pour exposer de nouveau l'utilité de l'Université de Douai, va permettre de prolonger de quelques années son existence, elle ne fermera qu'en 17932.

Il rédige en outre un mémoire sur l'état de l'instruction publique dans le département. Son travail publié en novembre 1790 va susciter un grand intérêt2. Ernest Lavisse rend hommage à l'auteur dans un article publié en 188616. Les détails fournis par Placide de Bailliencourt, entre autres, sur le nombre d'élèves par faculté, sont réutilisés dans un livre consacré en 1892 à la fondation de l'Université de Douai17 et dans une autre œuvre beaucoup plus récente en 199818.

En revanche, lors d'une autre enquête lancée en 1792, la ville de Douai ne va pas utiliser le travail de Placide de Bailliencourt, et il en sera de même dans d'autres questionnaires sur la situation scolaire intervenus ultérieurement19.

En 1791, des incidents éclatent dans la ville de Douai, suite à l'arrestation d'une personnalité accusée d'accaparer les grains. Le 15 mars 1791, le maire et les officiers municipaux rendus responsables du désordre sont décrétés d'arrestation. Prévenu à temps, Placide Bailliencourt s'enfuit à Tournai avec d'autres membres de la municipalité5. Le calme revenu, il revient à Douai et se fait délivrer 14 avril 1792 un passeport régulier lui permettant d'exercer sa charge de notaire tout en demeurant éloigné de la ville et de voyager dans les Pays-Bas autrichiens5. Mais fin septembre 1792, il est inscrit sur la liste des émigrés et ses biens saisis2. On ne tient pas compte du mémoire en défense qu'il rédige pour expliquer sa présence à l'étranger par la gestion de ses affaires20.

Il demeure à Mons puis gagne Middelbourg après la prise de la ville de Wallonie par les troupes républicaines en 179220. En 179520 il gagne Dortmund en Westphalie où sa famille peut le rejoindre2, et enfin Hambourg20.

En 1802, il se risque à revenir à Paris et y rencontre Merlin de Douai, alors procureur général près la Cour de cassation. Merlin de Douai avait fait un stage bénévole dans l'étude de Placide Bailliencourt, avant de devenir, entre autres, avocat dunotaire, au Parlement de Flandres2.

Suite à une intervention de Merlin de Douai, Placide de Bailliencourt peut se faire radier de la liste des émigrés et peut rentrer à Douai. Mais ses biens ont été dispersés et son étude de notaire est détenue par un nouveau titulaire2.

Merlin de Douai intervient de nouveau pour que Placide puisse ouvrir une nouvelle étude2 le 10 avril 180320.

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