Abel BERGAIGNE

Abel BERGAIGNE

  • Né le 31 août 1838 (vendredi) - Vimy, PAS-de-CALAIS, Hauts-de-France, France
  • Décédé le 11 août 1888 (samedi) - La Grave, 05320, Hautes-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, FRANCE, à l'âge de 49 ans
  • orientaliste, membre de l'académie des inscriptions, professeur à la faculté des Lettres de Paris, membre de l'Institut
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Parents

Union(s) et enfant(s)

Événements

31 août 1838 :
Naissance - Vimy, PAS-de-CALAIS, Hauts-de-France, France
9 octobre 1877 :
Mariage (avec Marie LEHUGEUR) - Paris, 75000, Île-de-France, FRANCE, 5ème arrondissement
Sources : acte de mariage n° 678
12 juillet 1887 :
Autre événement : Honors - Paris, 75000, Île-de-France, FRANCE
11 août 1888 :
Décès - La Grave, 05320, Hautes-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, FRANCE
Il est alors domicilié à Paris et en vacances à La Grave. Il était parti seul pour effectuer une excursion dans la Vallée de Fréaux, séparée de La Grave par la Romanche. En escaladant les rochers des Planchets, son pied glissa sur un tapis de mousse qui se détacha. Son piolet ne put le retenir. Il fit une chute de 87 mètres pour rebondir sur un rocher en contrebas et terminer sa course dans un ravin. Transporté à l'hôtel où il séjournait, il y décédait le 6 août après-midi à 15 heures.

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Sources : acte de décès n° 13

Notes

Orientaliste Français et Indianiste de grande réputation - Membre de l'Académie des Inscriptions. Il est dit "Membre de l'Institut" lors de son décès en 1888.
Une place d'Arras porte son nom.
Il fait ses études à Evreux puis à Amiens et passe le concours de l'Enregistrement en 1857 et enlève la première place (il a alors 19 ans). Il reprendra ensuite les études littéraires.
Engagé volontaire lors de la guerre de 1870, enrôlé dans les bataillons de marche.

Répétiteur de sanscrit à l'école des hautes études, professeur de sanscrit et de grammaire comparée à la Sorbonne. "Le Bâhmini-Vilâsa" (texte et trad.) 1872, "Les Dieux souverains de la religion védique", "La Religion védique..." 1878-83, "Nâgânanda" 1879, "Les Inscriptions sanscrites du Cambodge" 1882, "Chronologie de l'ancien royaume khmêr" 1884, "Manuel pour étudier la langue sanscrite" 1884, etc. Ac. des inscriptions 1855.

Philologue et indianiste, mort d'un accident de montagne; Il avait été dirigé par son père vers l'administration des finances, mais bien que reçu premier au concours pour l'Enregistrement, il n'y fit qu'un stge asez court. Il vint à Paris, fut formé à la philologie par M.Hauvette-Besnault; pis linguistique indo-europenne et les antiquités religieuses de l'inde devinrent alors son domaine de prédilecion; En 1868 il fut nommé à l'Ecole des hautes études, répétiteur de Sanscrit, et la société asiatique publia un de ses premiers essais, " La chronologie dans la formation des langues indo-germaniques" qui inaugura la Bibliothèque de l'Ecole des hautes études. En 1877, il devint maître de conférence áa la faculté des lettres de Paris, tout en conservant son enseignement à l'Ecole des hautes études, et de nombreux articles insérés dans les "Mémoires de la Sociétés de linguistique" marquent la suite de ses recherches sur le sanscrit et la grammaire comparée. Il a mis en lumière l'unitédes langues indo-européennes et leurs liens de parenté. Son "Essai sur la construction grammaticale considérée dans son développement historique en sanscrit, en grec, en latin, dans les langues romanes et dans les langues germaniques" fut couronné, en 1873 par l'Académkie des inscriptions et belles-lettres.
Après la soutenance de sa thèses de doctorat, il avait traduit "Nâgânqnda, ou la" joie des sepents"; un peu plus tard, il entreprit la traduction de l'oeuvre célèbre de Câlidasa , "Sakountalâ" . En 1855, il fut élu à L'académie des inscriptions belles-lettres et nommé titulaire d'une châine de sanscrit et de grammaire comparée des langues indo-européennes crée spécialement pour lui à la Sorbonne.
Il a publié des travaux d'une valeur exceptionnelle. Son ouvrage sur la "Religion védique d'après les hymnes du Rig-Véda, 3 vol, parus de 1877 à 1883, dont le premier fut sa thèse de doctorat sous le titre "Les dieux souverains de la religon védique", causa d'abord quelque étonnment en contestant l'antiquité fabuleuse du Rig-Véda et en montrant son caractère sacerdotal et liturgique. Son "Manuel pour étudider la langue sanscrite"; 1884, et le "manuel pour étudier lesanscrit védique", 1890, sont une importante contribution à la linguistique et à l'histoire. Il a écrit aussi des "Recherches sur l'histoire de la Samhita du Rig-Véda, 1886. Il avait été associé à M.Barth pour l'édition de inscriptions sanscrites découvertes au Cambodge et se proposait une traduction du Rig-Véda que la mort... Il avait écrit des vers...

Le 22 décembre 1855, il aviat alors 17 ans, il demanda et obtint, le 24, l'autorisation de travailler dans le bureau de l'Enregistrement d'Arras, n'ayant pas encore 18 ans pour concourir, et dans l'intervalle des loisirs que lui laissait l'administration, il préparait son BAC, travaillant à la fois chez un notaire et chez un avoué.
A ce moment, sa mère était veuve. Pour l'administration, ce candidat était très laborieux, d'une éducation très bonne, n'ayant pas fait d'études de droit mais connaissant l'allemand, d'un caractère très doux, d'une conduite excellente, d'une intelligence très développée, d'une aptitude remarquable, d'une bonne santé et exempt d'infirmités. Ces heureuses qualités lui avait conquis l'affection de son directeur. Pendant les 6 années, qu'il appartint au service de l'Enregistrement, il eut à faire plusieurs intérims. Dans l'un de ces postes qu'il occupa temporairement, il fit la connaissance d'un curé de campagne, qui savait suffisament les langues orientales pour en enseigner les éléments.
Abel prit goût à l'étude de ces langues, et c'est ainsi qu'il est devenu, en persévérant le célèbre professeur de sanscrit.

La mère d'Abel s'était retiré à Fontainebleau. Il passa près d'elle tout le mois de septembre 1860, en vertu d'un congé que l'administration lui avait accordé, sa conduite et son travail étant déclarés très satisfaisants. Au moment, le plus inattendu, Abel écrivit à Fontainebleau, le 22 mai 1861, l'importante lettre ci-après à son directeur d'Arras :
"Pardonnez moi de vous apprendre de cette manière, une détermination qui vous intéresse, parce qu'elle m'intéresse moi-même gravement, et que vous avez toujours eu pour moi une bienveillance de père. Je viens d'envoyer ma démission à l'administration avec l'approbation de ma mère, à qui j'en parlais depuis plus de 10 mois, bien qu'elle ne m'ait donné son consentement que depuis quelques jours. Je n'aurais jamais eu le courage de vous la présenter, parce que je prévoyais de votre part desconseils que je n'aurai pas pu suivre, mais qu'il m'avait trop coûter de repousser. J'ai donc profité d'une absence de quelques jours comme vous l'apprend la clôture de cette lettre, pour faire connaître ma détermination à monsieur le directeur général.
Moi aussi, je me serai cru capable d'une monstrueuse ingratitude, si je ne vous avais pas fait part le jour même. Ce voyage, du reste, se rattachait à notre résolution, car c'est ici que nous devons fixer notre nouvelle résidence. Je n'ignore pas que je serai taxé d'enfantillage par tous ceux qui me connaissent. A cela, je n'ai absolument rien à répondre, parce que le point de vue auquel se place est différent du mien. Mais, je crois me justifier, en disant que, dans l'intention où elle était de ne pas se séparer de moi, il serait beaucoup moins agréable pour elle, d'aller s'enterrer bien plus loin de sa famille dans quelques villages des Alpes ou des Pyrénées.
Je renonce à occuper ce qu'on appelle une position ; mais j'en étais arrivé au point où l'idée d'un but à poursuivre et même à atteindre dans l'administration, m laissait dans une indifférence absolue. Vous avouerez vous même que, dans ces dispositions, le travail auquel j'étais destiné, m'aurait toujours paru insipide. Je pense, d'ailleurs, que vous me connaissez assez, monsieur le directeur, pour penser que la paresse n'est pas le mobile qui m'a déterminé ; je ne renonce à ma carrière que pour mo'ccuper d'études plus attrayante dans une aisance modeste qui suffit à mon ambition car plutôt que d'être un rentier désoeuvré, comme j'en connais tant, j'aimerai mieux être commis à 1200 francs toute ma vie.
Ne dites pas, je vous prie, que je changerai avec l'âge ; il y a cinq ans que je pensais comme aujourd'hui, je dirai même, si je ne craignais pas d'être ridicule que je puis trouverdans tous mes souvenirs d'enfance, le germe de ma détermination actuelle, parce ce que mes goûts étaient déjà
J'écris aujourd'hui à mes camarades Bigour et Boniface, pour qu'ils aient à faire valoir, chacun de leur côté, les droits qu'ils peuvent avoir à me remplacer. Je ne pense qu'ALbert doive encore rester à Arras cette année, en tous les cas, puis-jecroire suffisant de vous prévenir qu'il en soit ce que vous en voudrez.
Veuillez présenter mes respects à madame Ste Amour et me croire, toujours dans l'avenir comme dans le passé, le plus sincèrement dévoué de tous ceux que vous traitez comme vos enfants"

Cette démission fut accordée par le directeur général le 3 juin suivant

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