Marie GATEAU ◉ Sosa : 191

Marie GATEAU

◉ Sosa : 191 · génération 8

  • Née le 24 novembre 1808 (jeudi) - Moulins-Engilbert, 58290, Nièvre, Bourgogne, FRANCE
  • Décédée le 7 août 1874 (vendredi) - Clermont, 60157, Oise, Hauts-de-France, FRANCE, à l'âge de 65 ans
  • journalière
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Parents

Union(s) et enfant(s)

Frères et sœurs

Événements

24 novembre 1808 :
Naissance - Moulins-Engilbert, 58290, Nièvre, Bourgogne, FRANCE
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\f0\fs24 \cf0 page 406/851}
1er août 1836 :
Publication des bans (avec François BALOUZAT) - Isenay, 58290, Nièvre, Bourgogne, FRANCE
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\f0\fs24 \cf0 page 880/1024 }
22 août 1836 :
Mariage (avec François BALOUZAT) - Isenay, 58, Nievre, FRANCE
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\f0\fs24 \cf0 page 887/1024}
15 février 1863 :
Publication des bans (avec Pierre SAUVANET) - Limanton, 58290, Nièvre, Bourgogne, FRANCE
22 février 1863 :
Publication des bans (avec Pierre SAUVANET) - Limanton, 58290, Nièvre, Bourgogne, FRANCE
14 mai 1866 :
Titre - Nevers, 58000, Nièvre, Bourgogne, FRANCE
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\deftab720
\pard\tx220\tx720\pardeftab720\li720\fi-720\sa240\partightenfactor0
\ls1\ilvl0
\f0\b\fs24 \cf0 {\listtext \uc0\u8226 }\expnd0\expndtw0\kerning0
\outl0\strokewidth0 \strokec2 L'affaire :
\f1\b0 Marie Gateau, n\'e9e \'e0 Moulins-Engilbert en 1808, a \'e9t\'e9 jug\'e9e en mai 1866 par la
\f0\b Cour d'assises de la Ni\'e8vre
\f1\b0 \'e0 Nevers. Elle \'e9tait accus\'e9e d'une s\'e9rie d'empoisonnements \'e0 l'arsenic (son mari Fran\'e7ois Balouzat en 1857, plusieurs de ses enfants, un pensionnaire nomm\'e9 Sauvanet, et un petit-fils).\uc0\u8232
\f2\fs22 \cb3 Unknown Gender History+\'a02\cb1 \uc0\u8232
\f1\fs24 \uc0\u8232 \
\ls1\ilvl0
\f0\b \kerning1\expnd0\expndtw0 \outl0\strokewidth0 {\listtext \uc0\u8226 }\expnd0\expndtw0\kerning0
\outl0\strokewidth0 \strokec2 La condamnation :
\f1\b0 Reconnue coupable par le jury (avec des circonstances att\'e9nuantes), elle a \'e9t\'e9 condamn\'e9e aux
\f0\b travaux forc\'e9s \'e0 perp\'e9tuit\'e9
\f1\b0 en mai 1866.\uc0\u8232
\f2\fs22 \cb3 Lorraine+\'a01\cb1 \uc0\u8232
\f1\fs24 \uc0\u8232 \
\pard\pardeftab720\sa280\partightenfactor0

\f0\b\fs28 \cf0 2. Son incarc\'e9ration et son d\'e9c\'e8s (1874)\
\pard\pardeftab720\sa240\partightenfactor0

\f1\b0\fs24 \cf0 En tant que femme condamn\'e9e \'e0 une peine afflictive et infamante de longue dur\'e9e sous le Second Empire, elle a \'e9t\'e9 incarc\'e9r\'e9e \'e0 la
\f0\b maison centrale de Clermont
\f1\b0 (dans l'Oise), qui servait de prison centrale pour femmes. Elle y est effectivement d\'e9c\'e9d\'e9e quelques ann\'e9es plus tard, le
\f0\b 7 ao\'fbt 1874
\f1\b0 .\
}
17 mai 1866 :
Domicile - Nevers, 58000, Nièvre, Bourgogne, FRANCE
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\f0\fs20 \cf0 Condamn\'e9e aux travaux forc\'e9s \'e0 perp\'e9tuit\'e9e.\
\pard\tx560\tx1120\tx1680\tx2240\tx2800\tx3360\tx3920\tx4480\tx5040\tx5600\tx6160\tx6720\pardirnatural\partightenfactor0
\cf0 \
\pard\pardeftab720\partightenfactor0

\f1\fs32 \cf2 \cb3 \expnd0\expndtw0\kerning0
Mention marginale\'a0:\cb1 \
\cb3 (16 mai 1866\cb1 \
\cb3 G\'e2teau Marie\cb1 \
\cb3 Veuve Balouzat\cb1 \
\cb3 Adjonction d\'92un 13\'b0\cb1 \
\cb3 jur\'e9)\cb1 \
\
\cb3 Appel ayant \'e9t\'e9 fait du proc\'e8s soumis aujourd\'92hui \'e0 la d\'e9cision de la Cour contre\cb1 \
\cb3 Marie Gateau, veuve Balouzat, M(onsieur) le procureur imp\'e9rial, avant qu\'92il fut proc\'e9d\'e9 au\cb1 \
\cb3 tirage du jurt de jugement, a expos\'e9 que les d\'e9bats de cette affaire devaient \'eatre\cb1 \
\cb3 n\'e9cessairement d\'92une longue dur\'e9e et a requis en cons\'e9quence qu\'92il plaise \'e0 la Cour ordonner\cb1 \
\cb3 qu\'92il serait tir\'e9 un jur\'e9 suppl\'e9mentaire, conform\'e9ment aux dispositions de l\'92article 394 du\cb1 \
\cb3 code d\'92instruction criminelle.\cb1 \
\cb3 La d\'e9fense a d\'e9clar\'e9 s\'92en rapporter \'e0 la (\'a0\'85) de la Cour.\cb1 \
\cb3 Sur quoi, la Cour, apr\'e8s en avoir d\'e9lib\'e9r\'e9, conform\'e9ment \'e0 la loi,\cb1 \
\cb3 Consid\'e9rant que la longueur de l\'92affaire rend n\'e9cessaire l\'92adjonction d\'92un jur\'e9\cb1 \
\cb3 suppl\'e9ant, qui puisse remplacer l\'92un des douze jur\'e9s en cas d\'92emp\'eachement avant la cl\'f4ture\cb1 \
\cb3 de l\'92affaire\'a0;\cb1 \
\cb3 Vu l\'92article 394 du code d\'92instruction criminelle\cb1 \
\cb3 Ordonne qu\'92ind\'e9pendamment des douze jur\'e9s n\'e9cessaires pour le jugement de l\'92affaire,\cb1 \
\cb3 il en sera tir\'e9 un autre qui assistera aux d\'e9bats, jusqu\'92\'e0 la d\'e9cision de l\'92affaire.\cb1 \
\cb3 Fait et rendu publiquement \'e0 Nevers, les jours, mois et an que dessus.\cb1 \
\
\cb3 Leboeuf G. Sauty. Pr\'e9sident Robert\cb1 \
\cb3 Milleret\cb1 \
\
\
\
\cb3 (17 mai 1866\cb1 \
\cb3 Gateau Marie\cb1 \
\cb3 Travaux forc\'e9s\cb1 \
\cb3 \'e0 perpetuit\'e9)\cb1 \
\
\cb3 S\'e9ance publique de la cour d\'92assises du d\'e9partement de la Ni\'e8vre, tenue au\cb1 \
\cb3 palais de justice \'e0 Nevers, par M(onsieur) Annet Gustave Sauty, conseiller \'e0 la cour imp\'e9riale de\cb1 \
\cb3 Bourges, nomm\'e9 pour pr\'e9sider les assises de la Ni\'e8vre, pendant le 2\'e8me session en 1866, suivant\cb1 \
\cb3 ordonnance du ministre de la justice en date du douze f\'e9vrier 1866, et par messieurs Philibert\cb1 \
\cb3 Robert et Nicolas Leboeuf, juges au tribunal civil de Nevers, nomm\'e9s pour assister le\cb1 \
\cb3 pr\'e9sident des assises par ordonnance de M. le premier pr\'e9sident de la cour imp\'e9riale de\cb1 \
\cb3 Bourges du 20 f\'e9vrier 1866, en pr\'e9sence de M. de B\'e9naugue (?), procureur imp\'e9rial et assist\'e9s\cb1 \
\cb3 de M (quatre mots ray\'e9s) Jean Baptiste Milleret, commis greffier, le jeudi dix\cb1 \
\cb3 sept mai mil huit cent soixante six.\cb1 \
\
\cb3 Vu (?) par la cour\'a0: 1\'b0 l\'92arr\'eat portant accusation et renvoi devant la cour d\'92assises\cb1 \
\cb3 de la Ni\'e8vre, rendu par la cour imp\'e9riale s\'e9ante \'e0 Bourges le quatorze avril 1866 contre\cb1 \
\cb3 Marie G\'e2teau, veuve de Fran\'e7ois Balouzat, \'e2g\'e9 de 57 ans, journali\'e8re, n\'e9e \'e0 Moulins-\cb1 \
\cb3 Engilbert, demeurant au village des Servallots, commune de Limanton\'a0;\cb1 \
\cb3 2\'b0 L\'92ordonnance de prise de corps d\'e9cern\'e9e contre elle par le m\'eame arr\'eat\'a0;\cb1 \
\cb3 3\'b0 L\'92acte d\'92accusation dress\'e9 en ex\'e9cution dudit arr\'eat par m(onsieur) le procureur g\'e9n\'e9ral pr\'e8s la\cb1 \
\
\
\
\
\
\cb3 page 2\cb1 \
\cb3 mention marginale\'a0:\cb1 \
\cb3 ( Pourvoi du 18 mai 1866\cb1 \
\cb3 rejet\'e9 le 7 juin 1866)\cb1 \
\
\
\cb3 cour imp\'e9riale de Bourges, le dix sept avril 1866, portant en r\'e9sum\'e9\'a0: Marie\cb1 \
\cb3 G\'e2teau veuve de Fran\'e7ois Balouzat est accus\'e9e d\'92avoir\'a0: 1\'b0 dans le courant du mois de\cb1 \
\cb3 mars 1857, au village des Servallots, commune de Limanton, volontairement attent\'e9 \'e0 la vie de\cb1 \
\cb3 Fran\'e7ois Balouzat, son mari, en lui administrant une substance pouvant donner la mort plus\cb1 \
\cb3 ou moins promptement\'a0; 2\'b0 dans le courant de septembre 1863, et au m\'eame lieu, volontairement\cb1 \
\cb3 attent\'e9 \'e0 la vie du nomm\'e9 Sauvanet, en lui administrant une substance pouvant donner la mort\cb1 \
\cb3 plus ou moins promptement\'a0; 3\'b0 le huit d\'e9cembre 1864, et encore au m\'eame lieu, volontairement\cb1 \
\cb3 attent\'e9 \'e0 la vie de Jean Mazon, son petit-fils, en lui administrant une substance pouvant donner\cb1 \
\cb3 la mort plus ou moins promptement.\cb1 \
\cb3 Vu \'e9galement la d\'e9claration du jury portant\'a0: sur la premi\'e8re question, non. Et sur chacune\cb1 \
\cb3 des deux autres, oui \'e0 la majorit\'e9. Oui \'e0 la majorit\'e9 il y a des circonstances att\'e9nuantes.\cb1 \
\cb3 Nevers le 17 mai 1866, le chef du jury, Bouteret (?), le pr\'e9sident des assises, Sauty, le greffier,\cb1 \
\cb3 Milleret.\cb1 \
\cb3 La cour, apr\'e8s avoir entendu monsieur le procureur imp\'e9rial en ses r\'e9quisitions, l\'92accus\'e9e\cb1 \
\cb3 et son conseil en leurs moyens et observations, et apr\'e8s en avoir d\'e9lib\'e9r\'e9 conform\'e9ment o\cb1 \
\cb3 la loi\'a0:\cb1 \
\cb3 Consid\'e9rant que les faits d\'e9clar\'e9s constants par le jury constituent un crime passible\cb1 \
\cb3 et punissable des peines port\'e9es aux articles 301 et 302 du code p\'e9nal, mais que le jury ayant\cb1 \
\cb3 admis des circonstances att\'e9nuantes, il y a lieu de modifier la peine et de faire en m\'eame temps\cb1 \
\cb3 l\'92application de l\'92article 463 du m\'eame code de tous lesquels articles lecture a \'e9t\'e9 donn\'e9e par le\cb1 \
\cb3 pr\'e9sident et qui sont ainsi nomm\'e9s\'a0:\cb1 \
\cb3 art 301 - est qualifi\'e9 empoisonnement tout attentat \'e0 la vie d\'92une personne (\'85)\cb1 \
\cb3 art 302 \'96 sont coupables d\'92assassinat de personne (\'85)\cb1 \
\cb3 art 463 \'96 les peines pr\'e9vues par la loi contre celui ou celle des accus\'e9s reconnus\cb1 \
\cb3 coupables en faveur de qui le jury aura d\'e9clar\'e9 les circonstances att\'e9nuantes seront modifi\'e9es\cb1 \
\cb3 ainsi qu\'92il suit\'a0: si la peine prononc\'e9e par la loi est la mort, la cour appliquera la peine\cb1 \
\cb3 des travaux forc\'e9s \'e0 perp\'e9tuit\'e9, ou celle des travaux forc\'e9s \'e0 temps.\cb1 \
\cb3 Et vu ce qui (\'85) des articles 365, 368 et 375 du code d\'92instruction criminelle,\cb1 \
\cb3 la cour condamne Marie G\'e2teau , veuve de Fran\'e7ois Balouzat, aux travaux forc\'e9s\cb1 \
\cb3 \'e0 perp\'e9tuit\'e9, la condamne en outre \'e0 rembourser \'e0 l\'92\'c9tat tous les frais (\'85) la\cb1 \
\cb3 poursuite et la punition du crime ordonne -(\'85) les dits frais r\'e9gler \'e0 la somme de\cb1 \
\cb3 cent soixante seize francs quinze centimes, non compt\'e9s vingt cinq francs poursuitefrais de poste.\cb1 \
\
\cb3 Ordonne que le pr\'e9sent arr\'eat soit (?) imprim\'e9, affich\'e9 et ex\'e9cut\'e9 \'e0 la diligence de monsieur\cb1 \
\cb3 procureur imp\'e9rial.\cb1 \
\
\cb3 Fait et rendu publiquement \'e0 Nevers les jour, mois et an que dessus.\cb1 \
\
\cb3 Leboeuf G. Sauty, pr\'e9sident Robert\cb1 \
\cb3 Milleret}
8 juillet 1866 :
Autre événement : Acquisition - Nevers, 58000, Nièvre, Bourgogne, FRANCE
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\f0\fs24 \cf0 Elle quitte la maison d\'92arr\'eat pour rejoindre la maison centrale pour femme de CLERMONT dans l\'92Oise.}
7 août 1874 :
Décès - Clermont, 60157, Oise, Hauts-de-France, FRANCE
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\f0\fs24 \cf0 - page 215/551\
\
- table succession et absences, est d\'e9c\'e9d\'e9e \'e0 la maison centrale}

Notes

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\deftab720
\pard\pardeftab720\qc\partightenfactor0

\f0\fs28 \cf0 COUR D\'92ASSISE DE LA NI\'c8VRE
\fs24 \
(Correspondance particuli\'e8re de la Gazette des Tribunaux)\
Pr\'e9sidence de M. Santy, conseiller \'e0 la Cour imp\'e9riale de Bourges.\
\pard\pardeftab720\qc\partightenfactor0

\i \cf0 Audiences des 16 et 17 mai 1866
\i0 \
\
\pard\pardeftab720\qc\partightenfactor0

\b \cf0 TRIPLE EMPOISONNEMENT.
\b0 \
\pard\pardeftab720\qj\partightenfactor0
\cf0 \
\pard\pardeftab720\fi567\ri-998\qj\partightenfactor0
\cf0 Cette affaire, la plus grave de la session, avait amen\'e9 au Palais-de-Justice une affluence consid\'e9rable d\'92auditeurs. Le drame horrible qui doit se d\'e9rouler devant la Cour d\'92assises excite vivement la curiosit\'e9 publique\'a0 ; on se demande quel en sera le r\'e9roulement.\
Sur deux tables, plac\'e9es non loin de la Cour, on remarque divers appareils scientifiques et plusieurs fioles contenant des acides ou r\'e9actifs et des produits chimiques de diff\'e9rentes nature, qui ont d\'fb servir aux exp\'e9riences des hommes de l\'92art. Dans une caisse d\'92une assez grande dimension se trouvent plusieurs vases renfermant des d\'e9tritus cadav\'e9riques qui ont \'e9t\'e9 soumis \'e0 l\'92analyse des experts.\
Le si\'e8ge du minist\'e8re public est occup\'e9 par le procureur imp\'e9rial de Berranger. M Girerd est assis au banc de la d\'e9fense.\
Les gendarmes am\'e8nent l\'92accus\'e9e. C\'92est une femme de cinquante-sept ans, maigre et de petite taille\'a0 ; ces traits n\'92offrent d\'92ailleurs rien de remarquable\'a0 ; sa mise est celle des habitants de la campagne.\
Apr\'e8s les formalit\'e9s d\'92usage, le greffier donne lecture de l\'92acte d\'92accusation, ainsi con\'e7u\'a0 :\
Marie G\'e2teau, aujourd\'92hui \'e2g\'e9e de cinquante-sept ans, \'e9pousa, il y a environ trente ans, le nomm\'e9 Fran\'e7ois Balouzat et avait d\'e9j\'e0 la r\'e9putation d\'92une femme de mauvaises m\'9curs, et sa conduite, apr\'e8s son mariage devint de plus scandaleuse. Elle donna le jour durant cette union, \'e0 six enfants dont un seul, la femme Mazon, mis e nourrice loin de sa m\'e8re, est encore vivant. Des cinq autres, l\'92un est mort en naissant, et quatre ont succomb\'e9 dans les premiers mois de leur naissance, d\'92une fa\'e7on si subite et si inattendue, qu\'92\'e0 chaque d\'e9c\'e8s l\'92opinion publique, douloureusement \'e9mue, inclinait vers la pens\'e9e d\'92un crime.\
Rien, au surplus, ne venait prot\'e9ger la m\'e8re contre ces tristes soup\'e7ons\'a0 : la m\'e9chancet\'e9 de son caract\'e8re \'e9tait en effet notoire et l\'92on allait jusqu\'92\'e0 croire aux dires de plusieurs t\'e9moins, capable d\'92accomplir les plus criminelles actions. Elle attribuait,e n coutre, al mort de ses enfants \'e0 une cause uniforme, aux convulsions, plus connues sans les campagnes sous le nom de catarrhe, et cette affreuse maladie, qui d\'92ordinaire est l\'92occasion pour la m\'e8re, lorsqu\'92elle s\'92empare de son enfant, d\'92une douleur qui r\'e9unit promptement autour d\'92elle les soins empress\'e9s de ses voisins, n\'92avait jamais \'e9t\'e9 divulgu\'e9e dans le village.\
La femme Balouzat avait cru devoir assister seule \'e0 toutes ces agonies, et, seule aussi, elle avait voulu ensevelir tous ces cadavres.\
Sa conduite envers son mari \'e9tait \'e9galement l\'92objet de l\'92attention g\'e9n\'e9rale. La m\'e9sintelligence la plus grande, se traduisant au dehors par de fr\'e9quentes querelles, r\'e9gnait entre les \'e9poux. Fran\'e7ois Balouzat, d'une sant\'e9 d\'e9licate et d\'92un naturel enclin \'e0 la paresse, travaillait peu et devenait ainsi une charge plut\'f4t qu\'92une source d\'92aisance pour le m\'e9nage, tout en restant un obstacle aux d\'e9r\'e8glements de sa femme.\
Cette union troubl\'e9e, durait cependant depuis plus de vingt ann\'e9es\'a0 ; mais le poids devait en sembler d\'92autant plus lourd \'e0 Marie G\'e2teau, que l\'92\'e2ge n\'92avait pas chez elle, amorti l\'92ardeur des passions. Plus que jamais, au contraire, elle paraissait vouloir donner carri\'e8re \'e0 ses d\'e9testables penchants, et c\'92est dans ces circonstances que dans la matin\'e9e du 10 mars 1857, elle annon\'e7a que, d\'92un air effront\'e9, dit un t\'e9moin, \'e0 un petit gar\'e7on du village, la mort de Fran\'e7ois Balouzat, son mari. Le bruit s\'92en r\'e9pandit promptement, et causa une surprise extr\'eame. L\'92avant veille au soir, le d\'e9funt \'e9tait rentr\'e9 chez lui avec toutes les apparences d\'92une bonne sant\'e9, et, comme pour ses quatre enfants, on avait appris sa mort avant sa maladie\'a0 ; la femme Balouzat se r\'e9serva encore le triste soin d\'92\'eatre seule \'e0 l\'92ensevelir, et trops de circonstances suspectes rappelaient ainsi d\'92anciens soup\'e7ons, pour qu\'92il ne s\'92en manifest\'e2t pas de nouveaux. Ils s\'92empar\'e8rent aussit\'f4t des esprits, mais la rumeur accusatrice fut toute locale et resta ignor\'e9e de la justice comme celles qui l\'92avait pr\'e9c\'e9d\'e9.\
Apr\'e8s ce d\'e9c\'e8s, la veuve Balouzat accueillit chez elle un nomm\'e9 Sauvanet, avec lequel elle entretenait d\'e9j\'e0 des relations intimes. Cet homme \'e9tait infirme, d\'92un esprit faible et fut bient\'f4t compl\'e8tement domin\'e9. Elle convoitait son modeste avoir, et voyant ses facult\'e9s baisser de jour en jour, elle obtint de lui, le 26 f\'e9vrier 1863, \'e0 l\'92aide de pressantes sollicitations, d\'92\'eatre institu\'e9e sa l\'e9gataire universelle. Sauvanet \'e9tait cependant loin d\'92\'eatre heureux avec cette femme, elle le querellait souvent, le laissait manquer de tout et allait m\'eame jusqu\'92\'e0 le frapper. Plus d\'92un fois les voisins charitables, le prenant en piti\'e9, l\'92avaient attir\'e9 chez eux pour lui donner \'e0 manger\'a0 ; mais \'e0 partir de l\'92\'e9poque du testament, les mauvais traitements prirent un caract\'e8re plus odieux et il fut presque enti\'e8rement s\'e9questr\'e9.\
La raison de ce malheureux s\'92alt\'e9ra sensiblement sous l\'92influence de cette s\'e9questration, et son admission dans une maison d\'92ali\'e9n\'e9s ayant \'e9t\'e9 prononc\'e9e, il allait quitter le domicile de la femme Balouzat et compromettre par son d\'e9part le b\'e9n\'e9fice de son testament, lorsque le 22 septembre 1863, on apprit qu\'92il \'e9tait mort. Nul n\'92avait connu sa maladie et nul, non plus, n\'92assista \'e0 son ensevelissement. Aussi ce nouvel et myst\'e9rieux d\'e9c\'e8s ajouta-t-il un soup\'e7on inconnu de la justice.\
Quelque temps apr\'e8s, la fille unique de la veuve Balouzat \'e9pousa le nomm\'e9 Fran\'e7ois Mazon, et les deux \'e9poux s\'92install\'e8rent au domicile de l\'92accus\'e9e. Cette communaut\'e9 ne devait pas tarder \'e0 \'eatre funeste au nouveau m\'e9nage. Mazon voyait avec une extr\'eame r\'e9pugnance la veuve balouzat, dont il r\'e9prouvait les m\'9curs scandaleuses, et qu\'92il redoutait me \'e0 raison des bruits inqui\'e9tants qui avaient couru sur elle. Il cru s\'92apercevoir, en outre, qu\'92elle cherchait, ob\'e9issant \'e0 sa perversit\'e9 naturelle, \'e0 semer dans son m\'e9nage des germes de discorde. De son cot\'e9, l\'92accus\'e9e manifestait publiquement pour son gendre les plus mauvais sentiments\'a0 : un jour qu\'92un t\'e9moin lui rapportait qu\'92en traversant une rivi\'e8re, Mazon avait failli p\'e9rir\'a0 : \'ab\'a0 Que le bon Dieu veuille donc bien en avancer l\'92heure\'a0 !\'a0 \'bb s\'92\'e9cria-t-elle. Plus tard, rencontrant le nomm\'e9 Paumier, elle lui dit \'ab\'a0 que son gendre \'e9tait un canaillerie, qu\'92elle paierait tout ce qu\'92il faudrait pour s\'92en d\'e9barrasser, \'ab\'a0 et elle finit par lui proposer une certaine quantit\'e9 de bl\'e9\'a0 \'bb\'a0 s\'92il voulait se charger de la tuer\'a0 \'bb. Aussi Mazon, qui connaissait les mauvaises dispositions de sa belle-m\'e8re, se tenait dans un perp\'e9tuelle d\'e9fiance et ne lui permettait pas de pr\'e9parer ses aliments.\
Dans le courant du mois de novembre 1864, la femme Mazon accoucha d\'92un fils, que son mari entoura des soins les plus tendres\'a0 ; mais bient\'f4t ce pauvre enfant devint un nouveau sujet de querelles entre el gendre et la belle-m\'e8re\'a0 : la veuve Balouzat avait dit : qu\'92elle ne voudrait pas pour tout au monde voir \'ab\'a0 un enfant qui viendrait de ce gars-l\'e0\'85,\'a0 \'bb. et cependant elle s\'92obstinait, dans le but d\'92irriter Fran\'e7ois Mazon, \'e0 vouloir prendre un soin exclusif du nouveau-n\'e9.\
Dans la soir\'e9e du 8 d\'e9cembre, elle lui pr\'e9para seule un peu de bouillie dont elle lui fit manger une partie. Elle le d\'e9posa ensuite dans son berceau, pr\'e8s de sa m\'e8re encore alit\'e9e, et elle ne tarda pas, ainsi que son gendre, \'e0 aller se coucher. Vers le milieu de la nuit, l\'92enfant se r\'e9veille et cri\'a0 ; il semblait en proie \'e0 des coliques et se tordait. Le p\'e8re se l\'e8ve, le calme en lui donnant un peu de bouillie du soir, et comme il faisait froid, le place dans le lit aupr\'e8s de sa femme. Sur les quatre heures du matin, alors que tout \'e9tait tranquille et que rien ne semblait de nature \'e0 solliciter l\'92attention de la veuve Balouzat, cette femme cependant, qui couchait dans la chambre contigu\'eb, interpelle sa fille pour savoir comment va l\'92enfant. La femme Mazon passe alors sa main sur la figure du petit gar\'e7on, et sentant que ses joues sont froides, elle crie d\'92allumer la chandelle, et l\'92on reconna\'eet bient\'f4t que le malheureux enfant avait cess\'e9 de vivre. Peu de temps apr\'e8s, son cadavre \'e9tait bleu\'e2tre et marqu\'e9 de plaques violac\'e9es. La grand-m\'e8re,qui seule paraissait avoir pr\'e9vu cette triste fin, vit encore l\'e0 une mort caus\'e9e par les convulsions ou le catarrhe\'a0 ; mais de tristes soup\'e7ons travers\'e8rent l\'92esprit du pauvre p\'e8re et circul\'e8rent encore dans le village.\
Ce ne fut cependant qu\'92environ huit mois apr\'e8s que la justice par un concours de circonstances providentielles, fut inform\'e9e de toutes ces rumeurs et put intervenir. Les cadavres du jeune Mazon, de Sauvanet et de Balouzat furent successivement exhum\'e9s avec le plus grand soin, et la moiti\'e9 des mati\'e8res recueillies fut soumise \'e0 l\'92examen de trois hommes de l\'92art pris dans l\'92arrondissement. Ils trouv\'e8rent dans les restes des trois cadavres de l\'92arsenic en proportions consid\'e9rables.\
Trois chimistes \'e9minents de Paris, MM. Tardieu, Boudet et Roussin, appel\'e9s ) leur tour \'e0 analyser la seconde moiti\'e9 des mati\'e8res cadav\'e9riques, attest\'e8rent la pr\'e9sence du m\'eame toxique dans les d\'e9bris humains trouv\'e9s dans les cercueils du jeune Mazon et de Sauvanet\'a0 ; mais ils affirm\'e8rent n\'92avoie pas d\'e9couvert d\'92arsenic dans les mati\'e8res provenant du cercueil de Balouzat. La contradiction sur ce point n\'92\'e9tait cependant qu\'92apparente\'a0 ; car ces trois chimistes, apr\'e8s avoir pris connaissance des proc\'e8s-verbaux de experts de la localit\'e9, rendirent un complet hommage \'e0 la mani\'e8re dont il avait \'e9t\'e9 op\'e9r\'e9 et d\'e9clar\'e8rent que les mati\'e8res extraites du cercueil de Balouzat et soumises \'e0 leur examen, ne contenant aucuns d\'e9bris humains, il pouvait se faire que la portion que les premiers experts s\'92\'e9taient attribu\'e9e en contint au contraire, et leur e\'fbt ainsi donn\'e9 un r\'e9sultat qu\'92il leur \'e9tait \'e0 eux impossible d\'92obtenir.\
Il est donc av\'e9r\'e9 d\'e9sormais que Balouzat, Sauvanet et le jeune Mazon sont morts empoisonn\'e9s\'a0 ; et si, de ces constatations irr\'e9futables, on rapproche les circonstances qui ont entour\'e9 ces trois d\'e9c\'e8s, il en ressort avec une \'e9clatante \'e9vidence que ce triple crime, accompli dans une m\'eame maison, ne peut avoir eu d\'92autre auteur que la veuve Balouzat. Elle proteste il est vrai, de son innocence\'a0 ; mais elle seule a assist\'e9 aux derniers moments de son mari et de Sauvanet, et elle avait int\'e9r\'eat, pour s\'92affranchir des charges qu\'92il lui imposaient et des obstacles qu\'92ils apportaient \'e0 sa mauvaise conduite, \'e0 les faire dispara\'eetre.\
Quant au jeune Mazon, non contente d\'92affirmer qu\'92elle est rest\'e9e \'e9trang\'e8re \'e0 sa mort, elle cherche \'e0 d\'e9tourner les soup\'e7ons sur son gendre qui, le dernier, faite le remarqu\'e9, \'e0 pris soin de cet enfant\'a0 ; mais tout proteste contre cette d\'e9testable incrimination\'a0 ; l\'92amour du p\'e8re pour son enfant et l\'92absence de toute esp\'e8ce d\'92int\'e9r\'eat, tandis qu\'92au contraire les indignes propos de l\'92accus\'e9e indique assez, qu\'92impuissante \'e0 tromper la vigilante d\'e9fiance de son gendre, elle ait r\'e9solu de la frapper dans ce qu\'92il avait de plus cher et essay\'e9 de rompre ainsi tout lien entre des \'e9poux dont ses man\'9cuvres avaient d\'e9j\'e0 r\'e9ussi \'e0 gravement compromettre l\'92union.\
En cons\'e9quence, Marie G\'e2teau, veuve de Fran\'e7ois Balouzat, est accus\'e9e d\'92avoir\'a0 :\
1\'b0 Dans le courant du mois de mars 1857, au village des Devallots, commune de Limanton,volontairement attent\'e9 \'e0 la vie de Fran\'e7ois Balouzat, son mari, en lui administrant une substance pouvant donner la mort plus ou moins promptement\'a0 ;\
2\'b0 Dans le courant du mois de septembre 1863, et au m\'eame lieu, volontairement attent\'e9 \'e0 la vie du nomm\'e9 Sauvanet, en lui administrant une substance pouvant donner la mort plus ou moins promptement\'a0 ;\
3\'b0Le 8 d\'e9cembre 1864, et encore au m\'eame lieu, volontairement attent\'e9 \'e0 la vie de Jean Mazon, son petit-fils, en lui administrant une substance pouvant donner la mort plus ou moins promptement\'a0 ;\
Crimes pr\'e9vus et punis par les articles 301 et 302 du Code P\'e9nal.\
M. le Pr\'e9sident proc\'e8de ensuite \'e0 l\'92interrogatoire de l\'92accus\'e9e, qui nie \'e9nergiquement tous les faits qui lui sont reproch\'e9s.\
Apr\'e8s audition des t\'e9moins, M\'a0 ; le Procureur imp\'e9rial de Berranger prend la parole, et, dans un r\'e9quisitoire admirable de logique et de clart\'e9, d\'e9veloppe les moyens \'e0 l\'92appui de l\'92accusation, et fait ressortir dans un langage saisissant les charges accablantes qui p\'e8sent sur l\'92accus\'e9e. Le r\'e9quisitoire de l\'92\'e9loquent magistrat n\'92a pas dur\'e9 moins de deux heures.\
M\'b0 Girerd pr\'e9sente ensuite la d\'e9fense de la veuve Balouzat.\
Apr\'e8s le r\'e9sum\'e9 de M. le pr\'e9sident, les jur\'e9s entrent dans la salle de leurs d\'e9lib\'e9rations\'a0 ; au bout d\'92une demi-heure, ils rapportent un verdict n\'e9gatif sur la premi\'e8re question, affirmatif sur les deux autres, et mitig\'e9 par les circonstances att\'e9nuantes.\
La Cour, apr\'e8s avoir d\'e9lib\'e9r\'e9, condamne Marie G\'e2teau\'a0 ; veuve Balouzat, \'e0 la peine de travaux forc\'e9s \'e0 perp\'e9tuit\'e9. (article tir\'e9 de la Gazette des Tribaunaux du 24/05/1866).\
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-Article \'e9galement dans le \'ab\'a0Messager du Midi\'a0\'bb N\'b0 145 en date du 27/05/1866 (page2).}

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