Seraphin Joseph BERQUIN

Seraphin Joseph BERQUIN

  • Né le 15 janvier 1853 (samedi) - Gijverinkhove, West-Vlaanderen, Belgique
  • Décédé le 31 juillet 1927 (dimanche) - La Panne, BELGIQUE, à l'âge de 74 ans
  • Antiquaire
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Parents

Parents inconnus.

Union(s) et enfant(s)

Événements

15 janvier 1853 :
Naissance - Gijverinkhove, West-Vlaanderen, Belgique
Le 09.09.2006 ==> http://www.rene.berquin.name

Biographie de Séraphin BERQUIN - 1853-1927
et de Cyriel BERQUIN - 1887-1977

(D'après les récits transmis par Cyriel, le plus jeune fils de Séraphin et Rosalie)

Séraphin Berquin, né à Gijverinkhove en 1853, et Amélie Rosalie Lips, née en 1857 dans le village voisin de Beveren sur l'Yser, s'y marièrent en 1878. Ils eurent au total 9 enfants, parmi lesquels 3 moururent en bas âge. Parmi les 6
qui atteignirent l'âge adulte, l'aîné était Kamiel (père de Georges et grand-père de Georgette, Paule et Monique). Puis vinrent Stéphanie, Henri (père d'Albert et Micheline), Eugénie, Emma, et ensuite le plus jeune, Cyriel (père de
Willy et Jean).

Peu après leur mariage, Séraphin et Rosalie s'établirent à Gijverinkhove, Dorpstraat n° 23, la dernière maison de cette rue qui allait vers la Kruisstraat, et tous leurs enfants naquirent dans cette maison. C'était un magasin de tissus et d'alimentation à l'enseigne «In den Ouden Krinkel ...houdt men hier winkel» (Au Vieux Tournant ... ici on tient un magasin).
Quand Cyriel eut environ un an Séraphin vendit cette vieille maison, et acheta la «maison de la Comtesse» qui se trouvait au milieu du village. La maison de la «Comtesse de Nieuport» était une grande maison, et le notaire obtint les pleins pouvoirs pour la vendre lors de son décès. Il y avait peu d'amateurs pour une si vaste demeure : Séraphin et le brasseur Morlion en achetèrent chacun une partie.

Au début de sa vie de couple, Séraphin exerça nombre de métiers en plus de la maison de commerce : négociant en lin, aubergiste, etc. Peu à peu, encouragé par le baron Merghelynck qui était occupé à rassembler des collections pour son musée d'Ieper, il se lança dans le commerce d'antiquités. Comme Séraphin aimait sillonner les routes et connaissait beaucoup de paysans, c'était pour lui l'enfance de l'art ramener de bonnes affaires à la maison. Mais cela ne faisait
pas toujours l'affaire de Rosalie, qui devait veiller à ce qu'il y ait toujours assez d'argent pour que chacun ait son nécessaire, et elle devait nettoyer toutes ces antiquités, car Séraphin n'avait pas de temps pour cela . Sa devise était : «Un corbeau qui vole capture plus qu'un corbeau assis» . Il fallait qu'il voie du monde.

Donc, lorsque Cyriel eut à peu près un an, ce fut le déménagement vers cette grande maison. C'était en plein hiver, il neigeait, et les garçons aidaient avec un traîneau. Les deux maisons étaient à une portée de flèche l'une de l'autre.
Cyriel a toujours été l'enfant gâté par ses frères et soeurs, ce qui lui donnait le privilège de se glisser sous le manteau de sa mère pour aller à la messe ou aller prier à la «Kattekapelleke», la petite chapelle aux chats.
Rosalie était très croyante et allait souvent à la petite chapelle pour obtenir l'un ou l'autre bienfait ou une grâce. Elle n'a pas toujours eu la vie facile avec son « antiquaire » et ses nombreux enfants.
Alors que Cyriel était encore un tout petit enfant, il avait déjà le commerce dans le sang. Lorsque c'était la kermesse, il posait sa petite table devant la maison, et vendait des cigarettes «maison», par 3 ou 5 pièces. Il avait peint lui-même une pancarte en couleurs sur laquelle on voyait un petit bonhomme qui soufflait une fumée bleue avec comme légende « goûtez donc cela ».
Il avait un don artistique, et un jour il eut à peindre une nouvelle enseigne au libellé «Aunage». En ce temps, l'unité de mesure pour les tissus n'était pas le mètre, mais l'aune. Le français était alors la langue de l'avenir, d'autant plus que Gijverinkhove n'était qu'à quelques kilomètres de la frontière française. Pendant que Cyriel était occupé à peindre la pancarte, le bourgmestre vint près de lui et lui demanda : «Mais mon petit Cyriel, Qu'est ce que cela veut bien dire, Aunage ?». C'était évidemment une question trop difficile, et Cyriel ne put que hausser les épaules et se mordre les lèvres.

Combien de fois pendant leur enfance ses fils Willy et Jean n'avaient-ils pas entendu leur père Cyriel raconter sa jeunesse ; lorsque le brasseur Cordenier rentrait saoul en pleine nuit et se défoulait stupidement en sortant les chevaux de
l'écurie en en les faisant courir autour de la place avec sa cravache jusqu'à ce que l'écume leur sorte des naseaux, et que tout le village soit réveillé. Combien de fois n'a-t-il pas raconté que lorsqu'il avait 12 ou 14 ans il pouvait accompagner son père dans le tilbury (voiture à 2 roues et une capote) ; mais lorsqu'il arrivait que Séraphin reste accroché à l'une ou l'autre auberge pour boire une pinte et s'occuper de commerce et de vantardises, Cyriel devait rester dans le tilbury et soigner le cheval. Il ne faisait jamais froid à l'auberge ...
On a donc dit que Cyriel avait quelque peu le tempérament artistique, et c'était bien vrai, car plus tard il sculpta des meubles lui-même.
Mais il n'était pas amateur de sport, car en ce temps il n'était question que de travail, et Séraphin trouvait toutes les occasions pour mettre ses garçons à l'ouvrage : élaguer des arbres, scier du bois, arracher des patates, nettoyer des meubles, astiquer des cuivres anciens, etc., etc.

Terminons ici l'évocation de ses primes années, pour passer aux années de jeunesse de Cyriel Berquin.
A 19 ans, il trouve qu'il n'y a pas assez d'avenir pour lui à Gijverinkhove, et part pour Antwerpen travailler chez les Pères. A cette époque, sa soeur Eugénie avait un job à Antwerpen, auprès de la firme Tits : Jenny avait alors 21 ans et était assez fière, disons même prétentieuse, et s'il arrivait qu'ils se rencontrent en ville, Cyriel devait marcher quelque peu en arrière, parce qu'elle était gênée de sa tenue peu soignée avec son tablier.
Plus tard, il travailla chez Pottin à Bruxelles, mais il ne savait pas ce qu'étaient les «rognons», et lorsqu'on lui demandait de livrer des «nijren», il ne comprenait pas plus.
Quant à ses sorties, Cyriel était plus discret : cela s'est sans douté passé sans vagues, mais on ne sait jamais ...

Et ainsi se passa sa jeunesse ... jusqu'à son arrivée à De Panne, où son père Séraphin construisait une maison, au coin du Marché et de la Visserslaan. Avec son frère Henri, une charrette et un mulet, Cyriel travaille jour et nuit pour terminer le bâtiment.
Ensuite, il s'associa avec son frère Henri pour tenir un commerce d'antiquités.
Quelque temps après, Henri et Cyriel se séparent, car Henri épousa Julie Raeckelboom en 1911 et conserva le commerce, tandis que Cyriel, âgé de 24 ans, épouse Anastasie Patyn. Anastasie était la bonté personnifiée : elle rayonnait de bonheur quand elle pouvait aider quelqu'un ou faire plaisir. Elle était aimée de tous, avait un caractère très sensible et partageait la peine des autres. Malheureusement, elle quitta prématurément les siens et mourut en 1935.
Willy naquit en 1912 un an après leur mariage, dans la maison au coin du marché.
Cyriel installa dans cette même maison un important commerce d'épices et de boissons : le commerce tournait bien car Cyriel était dans ses meilleurs années : tous les hôtels de De Panne étaient ses clients et chaque semaine il partait au port de Dunkerque avec sa charrette et son cheval pour faire provision de produits coloniaux : cacao, café, raisins secs, conserves, etc., de même que les vins et alcools français, le tout muni des «passavants» et tous les documents réglementaires.

1914 : La guerre éclate ; les Allemands sont arrêtés à l'Yser. Sur le front, c'est la grande misère et on souffre beaucoup, mais à l'arrière on s'amuse et les affaires à De Panne ne s'en portent pas plus mal.
1917 : Cyriel est mobilisé à son tour ; le commerce est mis à l'arrêt et on craint une percée des Allemands ; le reste de la famille se réfugie à Lorient.
Il y aurait évidemment beaucoup à raconter concernant la vie de soldat de Cyriel, mais nous on ne traitera pas ce sujet ici.

1918 : Une nouvelle période commence après la guerre. Cyriel ne sait quoi commencer , il est démoralisé et ne sait à qui s'adresser. Il avait toutefois trouvé le moyen, alors qu'il séjournait à Liège, de remplir tout un wagon d'antiquités achetées çà et là. Rentré à De Panne, il vend le tout à son frère antiquaire et commence lui-même un commerce de textile au «Femina». Le Femina était la propriété de sa belle-mère : il prend un nouveau départ et se lance avec ardeur dans la mode, et la vie sociale.
1919 : Naissance d'un deuxième fils, hélas mort-né.
Cyriel se mêle maintenant de politique ... mais dans les coulisses. Il est membre du «Comité des Fêtes», du «Cercle des Intérêts matériels de La Panne», maître de cérémonie et organisateur des festivités lors de la visite du Roi. Bref, il se dépense.
1924 : Naissance de son fils Jean, un garçon vigoureux. C'était pendant les travaux de transformation du Femina, et la famille était logée quelque peu à l'étroit au deuxième étage. L'accouchement a lieu dans la pièce avant, et Willy,
qui dormait dans la chambre voisine, entendait les va-et-vient et des bruits inhabituels ...
1927 : Décès de Séraphin à l'âge de 74 ans, suivi en 1932 de son épouse Rosalie Lips à 75 ans.
1935 : Décès d'Anastasie Patyn.
1938 : Remariage de Cyriel avec Angèle Coene.

1940 : Deuxième guerre, nouvel épisode.
1943 : On craint un débarquement allié, on loue un camion de déménagement et tout le Femina, corps et biens, part pour Bruxelles, où Cyriel résidera deux ans, et où décédera sa deuxième épouse.
1945 : On retourne à De Panne, Cyriel n'avait encore que 58 ans ... il s'installe dans la villa «Spinnewiel» (rouet), sise Zeekruisdoornweg avec Marguerite, la fidèle servante de la famille.
Comme il n'est plus dans les affaires, il a beaucoup de temps, et commence à s'occuper d'immobilier. Il fait des travaux de transformation dans les villas «Fientje», «Gai Logis», «Les Sansonnets». Il acquiert successivement «Les Aubépines»
le Kasteeltje où il s'installe définitivement. Il achète le lotissement de l'église St-Pieters, et est à l'origine de l'acquisition de l'indivision Calmeyn et Joris.

Et ainsi la vie continue ...

« Qu'est-ce que j'ai bien pu fabriquer dans ma vie » est une des expressions de Cyriel. Et en effet, quand on y pense, il s'en est passé bien des choses au cours de cette vie. Mais cela ne l'a pas empêché de tenir bon .
Malgré toutes les contrariétés qu'il a dû endurer, il est resté fidèle à ses principes, sa langue, son peuple, sa religion.

Finalement, Cyriel s'éteignit en 1977, dans sa 91e année, peu après que la famille réunie ait fêté son 90e anniversaire.
16 octobre 1878 :
Mariage (avec Rosalie Amelie LIPS) - Beveren-aan-den-Ijzer, West-Vlaanderen, Belgique
31 juillet 1927 :
Décès - La Panne, BELGIQUE

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